Le marché du travail en Tasmanie : quelles opportunités pour les expatriés ?

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

La Tasmanie reste souvent dans l’ombre de Sydney ou Melbourne quand on parle d’expatriation professionnelle en Australie. Pourtant, cet État insulaire au climat tempéré et au coût de la vie plus doux est l’un de ceux qui cherchent le plus activement des talents venus de l’étranger. Vieillissement de la population, pénuries de main‑d’œuvre dans des secteurs clés, salaires désormais concurrentiels par rapport au reste du pays : tous les ingrédients sont réunis pour que la Tasmanie devienne une vraie porte d’entrée sur le marché australien.

Bon à savoir :

Cet article analyse trois aspects clés pour les expatriés : la structure économique locale, l’équilibre entre salaires et coût de la vie, ainsi que les dispositifs de migration qualifiée et les métiers en tension.

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Une petite économie… avec de grands besoins de compétences

La Tasmanie a l’économie la plus modeste des États australiens si l’on regarde le produit brut par habitant. Mais cette taille réduite ne doit pas faire oublier deux réalités importantes : la structure sectorielle est très diversifiée, et la démographie crée une pénurie de talents qui ouvre largement la porte aux expatriés.

Un peu plus de 520 000 personnes vivent sur l’île, dont environ 220 000 dans l’agglomération de Hobart. La population est vieillissante : environ 32,7 % de la main‑d’œuvre a déjà 50 ans ou plus, et les projections évoquent quelque 100 000 départs du marché du travail dans les quinze prochaines années. La Tasmanie est aussi l’État où la proportion de résidents nés à l’étranger est la plus faible du pays, ce qui renforce la tension sur certains métiers.

La croissance économique à moyen terme dépendra en partie de l’arrivée de migrants qualifiés et de nouveaux entrepreneurs. Cette orientation se traduit dans la politique de visas, mais aussi dans la façon dont l’économie se structure autour de quelques secteurs locomotives.

Les autorités locales

Les piliers de l’économie tasmanienne

Plusieurs industries portent la croissance et l’emploi au niveau de l’État :

1000000

Le tourisme en Tasmanie accueille plus d’un million de visiteurs par an.

L’agroalimentaire illustre bien ce poids économique : les seules productions de fruits rouges, légumes, cerises et pommes généraient près de 337 millions de dollars d’impact économique en 2018‑2019, tandis que la viande et les produits laitiers représentaient déjà 1,49 milliard de dollars de revenu net au début des années 2010.

À Hobart, la physionomie de l’emploi est encore plus claire. En 2023/24, la ville comptait 67 492 emplois, en forte hausse par rapport à 2018/19. Trois secteurs dominent largement : la santé et l’aide sociale (22 % des emplois), l’administration publique et la sécurité (16 %), l’éducation et la formation (près de 11 %). Les professions scientifiques, techniques et les services aux entreprises progressent eux aussi rapidement.

Cette structure est essentielle pour un expatrié : elle indique où se concentrent les offres et où les profils étrangers auront le plus de chances de trouver un emploi durable.

Salaires en Tasmanie : plus bas que Sydney, mais adaptés au coût de la vie

Un des freins classiques pour les candidats à l’expatriation en Tasmanie est l’idée que les salaires y seraient nettement inférieurs au reste du pays. Les chiffres montrent que les rémunérations sont effectivement en dessous de celles de Sydney ou Perth, mais qu’elles s’inscrivent dans un environnement où le coût de la vie – notamment le logement – est nettement plus bas.

Comment se situe la Tasmanie dans le paysage salarial australien ?

Au niveau national, les données de l’Australian Bureau of Statistics (ABS) pour 2025 donnent une moyenne hebdomadaire de 2 010 dollars pour un adulte à temps plein (hors heures supplémentaires). La Tasmanie se situe en dessous de cette valeur, avec environ 1 793 dollars par semaine pour un temps plein, ce qui en fait, avec l’Australie‑Méridionale, l’un des États les moins rémunérateurs du pays.

Sur une base annuelle, plusieurs sources indiquent un salaire moyen autour de 83 000 dollars australiens pour la Tasmanie, à comparer à plus de 100 000 dollars pour la Nouvelle‑Galles du Sud ou l’Australian Capital Territory. Les données de revenu médian confirment ce décalage : la médiane salariale en Tasmanie tourne autour de 67 600 dollars par an, quand la moyenne nationale dépasse 90 000 dollars.

Attention :

Bien qu’en deçà de la moyenne nationale australienne (environ 98 000 $ annuels), le salaire en Tasmanie reste nettement supérieur au minimum légal, qui se situe entre 24,10 $ et 24,50 $ de l’heure, soit approximativement 930 $ à 950 $ par semaine pour un emploi à temps plein.

Autre point clé : les progressions salariales restent dynamiques à l’échelle du pays. En 2025, l’ABS a mesuré une hausse annuelle de 4,4 à 4,5 % des gains hebdomadaires moyens. Dans certains secteurs, les augmentations annuelles dépassent 5 %, portées par les pénuries de main‑d’œuvre et l’inflation. Les travailleurs qualifiés qui s’installent en Tasmanie bénéficient de ce contexte général.

Salaire moyen à Hobart et pouvoir d’achat

Pour juger de l’attractivité réelle de la Tasmanie, il faut regarder non seulement le salaire brut, mais le revenu net et son pouvoir d’achat local. Les données de coût de la vie pour Hobart indiquent un salaire net moyen compris entre 5 270 et 5 530 dollars par mois après impôt, soit plus de 63 000 dollars par an nets.

Rapporté aux dépenses typiques d’un expatrié, ce niveau de revenu est loin d’être négligeable. On peut le mettre en regard de quelques postes de dépenses à Hobart :

Poste de dépense (Hobart)Fourchette de prix (AUD)
Loyer 1 chambre centre‑ville (mois)2 320 – 2 467
Loyer 1 chambre hors centre (mois)≈ 1 766
Loyer 3 chambres centre‑ville (mois)≈ 3 364
Loyer 3 chambres hors centre (mois)≈ 2 460
Abonnement transport public (mois)105
Électricité + chauffage + eau (appartement ~85 m², mois)≈ 422
Internet illimité (60 Mbps+, mois)78 – 81
Repas simple au restaurant25 – 28
Abonnement salle de sport (mois)63 – 66

Avec un revenu net de l’ordre de 5 500 dollars, un célibataire qui loue un T1 hors centre‑ville et utilise les transports en commun dispose encore d’une marge confortable pour l’alimentation, les loisirs et l’épargne. Pour une famille, le principal poste de vigilance reste la scolarité privée internationale (jusqu’à 30 000 à 43 000 dollars par an pour une école primaire internationale), mais la scolarité publique locale reste gratuite ou très abordable.

Comparaison Hobart – Sydney : ce que voit vraiment un expatrié

La vraie force de la Tasmanie apparaît quand on compare Hobart à Sydney. En intégrant le loyer, le coût de la vie à Sydney est environ 21 à 22 % plus élevé qu’à Hobart. Le loyer seul y est plus de 60 % supérieur, et certains calculs estiment que Hobart est globalement 20 % moins chère que Sydney pour un mode de vie comparable.

Exemple :

Un indicateur synthétique montre qu’un niveau de vie nécessitant 16 000 dollars par mois à Sydney peut être maintenu avec environ 12 774 dollars à Hobart. Cela signifie qu’un expatrié peut accepter un salaire brut inférieur en Tasmanie tout en conservant un pouvoir d’achat équivalent.

Les écarts de prix sont parlants :

Comparaison de coûts (%)Sydney vs Hobart
Coût de la vie (hors loyer)+5,0 % à Sydney
Coût de la vie (avec loyer)+21,8 % à Sydney
Loyer+67,2 % à Sydney
Restaurationde –2,6 % à +10,5 % selon sources
Courses alimentaires–3,1 % à –9,8 % à Hobart selon bases de comparaison
Transport publicjusqu’à +58 % plus cher à Sydney
Pouvoir d’achat local≈ 10,6 % plus élevé à Hobart

Au final, un expatrié qui privilégie une bonne qualité de vie, un accès à la nature, un environnement plus calme et un budget maîtrisé trouve en Tasmanie un compromis attractif, même si la perspective de salaires « records » reste plutôt l’apanage de Sydney, Melbourne ou de l’Australian Capital Territory.

Où se créent les emplois en Tasmanie ?

Pour bâtir un projet professionnel crédible, il faut identifier les secteurs réellement porteurs. Les statistiques récentes sur l’emploi dans la région de Hobart et du sud de la Tasmanie, complétées par les données de visas, éclairent les domaines où les expatriés ont aujourd’hui le plus d’opportunités.

Les cinq poids lourds de l’emploi

Dans la région Hobart + Sud‑Est, cinq industries concentrent plus de la moitié des emplois et progressent pour la plupart :

IndustrieEmploi (août 2023)Emploi (février 2025)Évolution récente
Santé et aide sociale25 50025 600croissance modérée après forte hausse
Administration publique et sécurité14 90015 500hausse continue
Commerce de détail14 50014 700reprise marquée en 2025
Éducation et formation13 80014 100légère baisse puis rebond
Construction13 60013 700dynamique mais plus volatile

La santé et l’action sociale, déjà premier employeur en 2023, a connu une croissance de près de 16 % en un an avant de se stabiliser à un niveau élevé en 2025. L’administration publique profite de la concentration des services de l’État à Hobart, tandis que le commerce de détail reste un gros pourvoyeur de postes, y compris pour les jeunes. L’éducation et la construction complètent ce tableau, avec des besoins récurrents en enseignants, formateurs, artisans et cadres de chantier.

Astuce :

Outre les trois principaux secteurs employeurs que sont la santé, l’administration publique et l’éducation, l’économie est également dynamisée par d’autres industries de services. Les secteurs du tourisme (incluant l’hébergement et la restauration), des services professionnels, de l’ingénierie et des technologies de l’information contribuent de manière significative au tissu économique, bien que leur volume d’emploi global reste inférieur à celui du trio de tête.

Répartition par âge et par genre : un enjeu pour les remplaçants

Les données issues du recensement montrent que certaines industries dépendent déjà fortement de travailleurs en fin de carrière. C’est particulièrement visible dans :

la santé et l’aide sociale, où près d’un cinquième des effectifs a plus de 55 ans ;

l’éducation et la formation, également très vieillissante ;

l’administration publique.

Inversement, les secteurs les plus jeunes (hébergement‑restauration, commerce de détail, construction) emploient une proportion importante de 15‑24 ans. Pour un expatrié expérimenté, cela peut signifier des postes de supervision ou des fonctions d’encadrement accessibles, à condition d’apporter des compétences managériales ou techniques pointues.

Segmentation par genre du marché du travail

Répartition des emplois entre femmes et hommes dans différents secteurs d’activité, reflétant les tendances nationales et identifiant des pistes de diversification.

Secteurs fortement féminisés

La santé et l’action sociale emploient près de 80% de femmes dans certaines sous-branches, tout comme le secteur de l’éducation.

Secteurs fortement masculinisés

La construction, le transport, certaines branches de l’industrie et des mines restent des domaines très majoritairement occupés par des hommes.

Pistes de diversification

Cette segmentation ouvre des opportunités pour la diversification de la main-d’œuvre, notamment pour les femmes qualifiées prêtes à s’installer en région.

Une économie très « petites entreprises »

Un trait souvent sous‑estimé du marché tasmanien est la domination écrasante des petites structures : 97 % des entreprises locales sont des petites sociétés. Cela signifie deux choses pour les expatriés :

l’emploi ne se trouve pas seulement dans quelques grands groupes, mais aussi dans une multitude de PME, TPE et exploitations agricoles ou touristiques ;

l’entrepreneuriat et la reprise d’entreprise constituent de vraies options, en particulier dans les zones rurales ou semi‑urbaines où l’on cherche des repreneurs pour assurer la continuité des services.

Cette réalité a été intégrée dans le programme de nomination tasmanien, qui prévoit un parcours spécifique pour les opérateurs de business (Tasmanian Business Operator) et valorise les migrants qui dirigent déjà une activité rentable sur place.

Les secteurs en tension : où les expatriés sont‑ils vraiment attendus ?

Au‑delà des grandes catégories statistiques, le gouvernement tasmanien publie des listes détaillées de métiers en pénurie via la Tasmanian Skilled Occupations List (TSOL), la Tasmanian Onshore Skilled Occupation List (TOSOL) et une « Critical Roles List ». Ces listes s’alimentent à la recherche de Jobs and Skills Australia et ciblent les métiers éligibles aux visas 190 (Skilled Nominated) et 491 (Skilled Work Regional).

Santé, éducation et services sociaux : priorité absolue

Les données de visas sont sans ambiguïté. Sur les 490 visas de travailleurs qualifiés délivrés en Tasmanie à la fin juin 2025 (hors famille), 210 concernaient la santé et l’aide sociale. Les métiers suivants figurent parmi les plus recherchés :

infirmiers diplômés (toutes spécialités : gériatrie, médecine, soins intensifs, psychiatrie, pédiatrie, santé communautaire, bloc opératoire, etc.) ;

médecins généralistes et médecins de garde (Resident Medical Officers) ;

– spécialistes (psychiatres, urgentistes, chirurgiens de différentes disciplines, obstétriciens, gynécologues, radiologues, oncologues, etc.) ;

– pharmaciens hospitaliers et de détail ;

– physiothérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes, podologues, radiographes, technologues médicaux et autres professions paramédicales.

Ces postes exigent la plupart du temps une inscription auprès de l’Australian Health Practitioner Regulation Agency (AHPRA) ou d’un organisme d’évaluation spécifique (Australian Physiotherapy Council, Speech Pathology Australia, etc.). Une expérience en Australie ou dans des pays de « reconnaissance mutuelle » (Royaume‑Uni, Canada, Irlande, États‑Unis, Nouvelle‑Zélande, Afrique du Sud, Hong Kong) est fortement valorisée.

L’éducation suit la même logique. Les autorités tasmaniennes cherchent activement :

des enseignants de la petite enfance (Early Childhood Teachers) ;

des enseignants du primaire, du collège et du secondaire ;

des enseignants spécialisés (besoins éducatifs particuliers, handicap, etc.) ;

des formateurs professionnels (Vocational Education Teachers) et des enseignants universitaires.

Là encore, les candidats avec une expérience dans des systèmes éducatifs proches (Royaume‑Uni, Canada, États‑Unis, Nouvelle‑Zélande, Afrique du Sud, quelques pays européens et asiatiques) et un excellent niveau d’anglais sont fortement avantagés.

Agriculture, agroalimentaire et métiers de bouche

Les secteurs Agriculture, Forêt, Pêche et Agroalimentaire concentrent environ 80 visas de travailleurs qualifiés dans les dernières données, mais leur poids réel est probablement plus important si l’on inclut certains métiers classés ailleurs (transformation, logistique, maintenance industrielle).

Les listes d’occupation tasmaniennes citent une kyrielle de métiers agricoles : éleveurs bovins, ovins, caprins, producteurs de volailles, agriculteurs en polyculture‑élevage, producteurs de fruits, de noix, de légumes, viticulteurs, aquaculteurs, forestiers, agronomes, consultants agricoles, chercheurs en agronomie ou en aquaculture, etc.

Bon à savoir :

Les métiers de boulanger, pâtissier, boucher, chef et cuisinier sont très recherchés. Le développement du tourisme gastronomique dans l’État permet à ces professionnels de trouver facilement des emplois dans les hôtels, restaurants, brasseries, sites touristiques et circuits de dégustation.

Construction, ingénierie et métiers techniques

Comme dans le reste de l’Australie, la construction et l’ingénierie souffrent d’une pénurie chronique de main‑d’œuvre qualifiée. La Tasmanie n’y échappe pas. Les listes officielles incluent :

des ingénieurs civils, géotechniques, structuraux, de transport ;

des ingénieurs électriciens, mécaniques, industriels, chimistes, environnementaux, miniers, pétroliers, navals ;

– des architectes, urbanistes, géomètres, cartographes, dessinateurs techniques, techniciens en génie civil et mécanique ;

– toute la palette des métiers du bâtiment : maçons, charpentiers, menuisiers, plâtriers, carreleurs, couvreurs, plombiers, électriciens, frigoristes, peintres, vitriers, etc.

Dans certains cas, une inscription sur le registre d’Engineers Australia ou une reconnaissance de compétences par Trades Recognition Australia (TRA) est nécessaire. Les métiers de chantier ayant une forte part de pratique, les employeurs tasmaniens valorisent beaucoup l’expérience concrète et la capacité à s’adapter aux normes de sécurité australiennes.

Technologies de l’information, cybersécurité et numérique

Même si la Tasmanie n’est pas perçue comme un grand hub IT à l’échelle mondiale, le besoin en compétences numériques s’y fait sentir comme ailleurs. La TSOL fait remonter :

Professions du Numérique

Découvrez les principaux métiers spécialisés dans les technologies de l’information et de la communication, essentiels pour la transformation digitale des entreprises.

Analystes Métiers et Systèmes

Experts en analyse des besoins métiers et des systèmes d’information pour assurer l’alignement entre la technologie et les objectifs de l’entreprise.

Développeurs et Programmeurs

Spécialistes de la création d’applications web, logicielles et multimédias, maîtrisant divers langages et frameworks de programmation.

Ingénieurs Logiciels et DevOps

Conçoivent, développent et maintiennent des architectures logicielles robustes et assurent l’intégration continue entre développement et opérations.

Administrateurs d’Infrastructure

Gèrent et optimisent les systèmes, réseaux et bases de données pour garantir la performance, la disponibilité et la sécurité des services IT.

Spécialistes Cybersécurité

Protègent les actifs numériques grâce à des rôles variés : analyse des risques, architecture de sécurité, tests d’intrusion et gouvernance (GRC).

Ingénieurs Qualité et Support IT

Assurent la qualité des produits logiciels via des tests rigoureux et fournissent un support technique pour résoudre les incidents et problèmes.

Ces métiers s’alignent sur les tendances nationales, où les profils en cybersécurité, data science, ingénierie logicielle ou gestion de projets IT peuvent espérer des salaires parmi les plus élevés du marché, même si la prime salariale des grandes métropoles reste légèrement supérieure à celle de Hobart.

Tourisme, hôtellerie et restauration

Le tourisme est un pilier de l’économie tasmanienne, en particulier dans le sud de l’État (Hobart, péninsule de Tasman, Bruny Island) et le nord (Launceston, Cradle Mountain, côte est). Les métiers en tension y sont nombreux :

directeurs et managers d’hôtels, motels, cafés, restaurants ;

chefs cuisiniers, sous‑chefs, cuisiniers ;

personnel de salle, réceptionnistes, responsables d’événements ;

spécialistes du marketing touristique et de l’expérience client.

Des organismes comme Tourism Tasmania, Visit Northern Tasmania ou divers portails d’emploi sectoriels ont mis en place des plateformes dédiées aux emplois dans le tourisme et l’hospitalité, ce qui facilite la mise en relation entre employeurs et candidats, y compris internationaux.

Le programme de nomination de la Tasmanie : un levier puissant pour l’expatriation

Pour transformer un projet professionnel en installation durable, il ne suffit pas d’identifier un métier en tension. Il faut aussi maîtriser les voies d’accès à la résidence temporaire ou permanente. La Tasmanie dispose pour cela d’un programme de nomination très structuré, articulé autour de deux visas clés : le 190 (permanent, Skilled Nominated) et le 491 (provisoire, Skilled Work Regional).

190 vs 491 : deux portes d’entrée complémentaires

Le visa 190 est un visa de résidence permanente octroyé après nomination par un État. Il offre 5 points supplémentaires sur le barème de points utilisé par le gouvernement fédéral (âge, anglais, expérience, études, etc.). Le visa 491 est un visa régional de 5 ans, également adossé à une nomination, qui accorde 15 points et permet ensuite de prétendre à une résidence permanente via le visa 191, sous réserve d’avoir vécu et travaillé dans une zone régionale (la Tasmanie entière est classée régionale) pendant une durée donnée.

Pour les années récentes, les allocations de places accordées par Canberra à la Tasmanie témoignent de l’importance du dispositif :

Année de programmePlaces visa 190Places visa 491Total places État
2023‑246006001 200
2024‑252 1007602 860
2025‑26*813 (restantes au 8/01)535 (restantes au 8/01)

Pour 2025‑26, les chiffres mentionnés sont les places restantes à une date donnée, mais ils illustrent le volume global du programme.

2860

Le nombre de places prévues pour les travailleurs qualifiés en 2024-25, reflétant une forte augmentation par rapport à l’année précédente pour répondre à un besoin croissant de compétences.

Un système de « Registration of Interest » et de points internes

La procédure tasmanienne se déroule en deux temps. D’abord, le candidat soumet une Registration of Interest (ROI) sur la plateforme Migration Tasmania. Ensuite, s’il est jugé compétitif, il est invité à déposer une demande de nomination officielle, qui sera transmise au ministère fédéral de l’Intérieur (Department of Home Affairs) pour décision finale sur le visa.

La ROI est évaluée à l’aide d’un système de points internes, distinct du barème fédéral. Ce score détermine le passage dans une catégorie de priorité :

Gold Pass : 1 000 points ou plus ;

Green Pass : 250 points ou plus ;

Orange Pass : en‑dessous de 250 points, avec un sous‑groupe « Orange Plus » pour ceux qui cumulent certains attributs (25 points ou plus d’Orange Plus).

Bon à savoir :

Les candidats sont invités selon un ordre de priorité : les profils Gold et Green sont les premiers, suivis par les candidats Orange ayant le statut « Orange Plus ». Cette approche vise à privilégier en priorité les profils jugés les plus stratégiques pour l’économie de la Tasmanie.

Parmi les attributs qui rapportent le plus de points :

un emploi en Tasmanie bien rémunéré (au moins 57 000 dollars/an) et étroitement lié à l’évaluation de compétences ;

– un métier de la liste des rôles critiques (santé, enseignement, certaines fonctions techniques) ;

– une durée de travail en Tasmanie significative (plusieurs mois voire années) ;

– un niveau d’anglais avancé (Proficient ou Superior) ;

– une entreprise personnelle rentable en Tasmanie ;

– une présence durable sur le territoire (plusieurs années de résidence).

Les quatre grandes voies de nomination

Le programme est structuré autour de plusieurs « pathways », avec des exigences différentes selon le visa ciblé (190 ou 491) :

1. Tasmanian Skilled Employment (TSE) : pour ceux qui travaillent déjà en Tasmanie. 2. Tasmanian Skilled Graduate (TSG) : pour les diplômés ayant étudié sur place. 3. Tasmanian Established Resident (TER) : pour les résidents de longue durée qui se sont déjà insérés dans le marché local. 4. Tasmanian Business Operator (TBO) : pour les entrepreneurs qui gèrent une entreprise locale.

Exemple :

Pour obtenir un visa 190 via le programme de l’emploi qualifié, il faut généralement satisfaire à plusieurs conditions précises : une durée d’emploi ou de séjour minimale, un lien démontré entre le métier exercé et l’évaluation des compétences, ainsi qu’un niveau de salaire minimum requis.

travailler en Tasmanie dans un poste directement lié à son évaluation de compétences (même groupe ANZSCO à 3 chiffres) ;

percevoir au moins 57 000 dollars par an (soit environ 28,85 dollars de l’heure) ;

– avoir cumulé 9 à 15 mois d’expérience dans cet emploi selon qu’il s’agit d’un métier prioritaire ou non.

Les critères s’assouplissent légèrement pour le 491 (durées plus courtes ou salaires légèrement supérieurs au salaire minimum national) mais restent centrés sur un ancrage réel dans le marché du travail local.

Documents et preuves : une exigence de sérieux

Comme partout en Australie, la rigueur administrative est la norme. Les candidats doivent prouver chaque élément déclaré : contrat de travail, bulletins de salaire, relevés fiscaux, relevés de superannuation, preuves de résidence (bail, factures, relevés bancaires), diplômes, évaluations de compétences, attestations de l’employeur, etc.

Le recours à un agent de migration enregistré n’est pas obligatoire, mais peut aider à sécuriser le dossier et à éviter les erreurs qui mènent au refus. Dans tous les cas, Migration Tasmania insiste sur un point : toute fausse déclaration entraîne un rejet et peut être signalée au niveau fédéral.

Vivre et travailler en Tasmanie en tant qu’expatrié : avantages, contraintes et intégration

Au‑delà des visas et des listes de métiers, l’expérience quotidienne d’un expatrié en Tasmanie se joue dans la qualité de vie, la culture du travail et la capacité à se créer un réseau.

Coût de la vie : atout majeur pour une installation durable

Nous l’avons vu, Hobart est régulièrement classée comme la capitale la moins chère d’Australie. Les prix de la restauration sont légèrement inférieurs à la moyenne nationale, les courses alimentaires autour de 10 % moins chères que dans les villes les plus chères du pays, et les transports publics bien plus abordables qu’à Sydney (un abonnement mensuel coûte moins de 105 dollars, et les tarifs unitaires restent contenus).

Bon à savoir :

Avec un salaire moyen local, un expatrié peut se loger confortablement sans trop grever son budget et accéder facilement aux loisirs : restaurants, cinéma (environ 24,50 $ la séance), sports (abonnement de 60 à 70 $/mois) et activités en plein air. Cet équilibre entre revenus et dépenses offre souvent une qualité de vie supérieure à celle des grandes métropoles plus chères, à salaire équivalent.

Culture professionnelle : un style australien, décliné en version régionale

La culture de travail en Tasmanie reflète largement les codes australiens :

hiérarchie peu marquée, style de management collaboratif et consultatif ;

communication directe, recherche de solutions pragmatiques plutôt que de discours ;

– forte valorisation de l’égalité des chances et rejet du « m’as‑tu‑vu » ;

– humour omniprésent, y compris en contexte professionnel, pour détendre l’atmosphère ;

importance accordée à l’équilibre vie pro / vie perso, avec le respect du temps hors travail.

Dans un environnement régional comme la Tasmanie, ces traits se combinent à un climat souvent encore plus convivial : relations de proximité, sentiment de communauté, interactions fréquentes en dehors du travail. Pour un expatrié, cela signifie qu’il faut être à l’aise avec la franchise, le tutoiement implicite (usage des prénoms) et la relative informalité des échanges, tout en respectant le professionnalisme attendu (ponctualité, préparation, respect des délais).

Réseaux, accompagnement et intégration

Plusieurs organismes locaux et nationaux facilitent l’intégration des migrants en Tasmanie :

Soutien et opportunités en Tasmanie

Ressources et programmes clés pour les migrants et les chercheurs d’emploi en Tasmanie, couvrant l’information, le soutien social, l’aide financière et le réseautage.

Migrant Resource Centre Tasmania

Fournit des informations, des ateliers, du coaching de carrière et un soutien social aux migrants.

Multicultural Council of Tasmania

Défend les intérêts et représente les communautés issues de l’immigration.

Aides financières à l’emploi

Jobs Tasmania, le Job Ready Fund et la Rapid Response Skills Initiative offrent un soutien pour la formation, l’équipement professionnel ou la reconversion.

Réseaux professionnels et sociaux

Meetups IT à Hobart, clubs de lecture, mentorats et événements pour jeunes professionnels facilitent les rencontres et le développement de réseau.

À cela s’ajoutent des acteurs privés spécialisés dans le recrutement international vers l’Australie (Konnecting, Working In, Southern Cross Personnel, TSS Recruitment, Techforce, Adecco et d’autres). Même s’ils ne sont pas centrés exclusivement sur la Tasmanie, ils collaborent avec des employeurs locaux dans des secteurs comme l’hôtellerie‑restauration, la santé, l’ingénierie, la mécanique, l’agriculture ou l’industrie.

Pour un expatrié, se connecter dès l’arrivée à ces réseaux – ou même en amont, depuis l’étranger – est une bonne façon de comprendre les attentes des employeurs, de se familiariser avec le marché et d’accélérer la recherche d’emploi.

Tasmanie ou continent : comment arbitrer son projet d’expatriation ?

La grande question pour beaucoup de candidats reste l’arbitrage entre Tasmanie et grandes métropoles australiennes. D’un côté, Sydney, Melbourne ou Brisbane promettent des salaires plus élevés, un marché plus vaste et des carrières dans de grands groupes internationaux. De l’autre, la Tasmanie propose un accès plus direct au système de migration qualifiée, un coût de la vie abordable, un environnement naturel exceptionnel et une densité de concurrence moindre.

Pour choisir, il faut tenir compte de plusieurs paramètres.

Sur le plan financier, un salarié en Tasmanie gagne en moyenne moins qu’à Sydney, mais :

son coût de la vie est environ 15 à 25 % plus bas selon son mode de logement ;

il accède plus facilement à un visa régional (491) et à une nomination d’État (190) ;

le risque d’être « noyé » dans un marché saturé de candidats locaux et internationaux est moindre.

Bon à savoir :

Si certains secteurs comme la finance ou le conseil sont mieux représentés sur le continent, la Tasmanie offre des carrières de haut niveau dans des domaines spécifiques. La santé, l’éducation, l’agriculture, les métiers techniques, la construction et le tourisme y sont très développés. Elle propose même des niches scientifiques uniques au monde, comme la recherche polaire, l’océanographie ou les sciences du climat.

Sur le plan personnel, enfin, tout dépend du style de vie recherché. La Tasmanie attire ceux qui privilégient :

un environnement plus calme, proche de la nature ;

une vie familiale où l’on peut se loger sans s’endetter sur le très long terme ;

une communauté à taille humaine où il est possible de créer rapidement un réseau.

Pour quels profils la Tasmanie est‑elle la plus favorable ?

En recoupant les listes de métiers en demande, la structure économique et les politiques de visas, plusieurs profils d’expatriés apparaissent particulièrement bien placés pour réussir leur installation en Tasmanie :

Astuce :

La Tasmanie recherche activement des professionnels dans plusieurs secteurs clés. Les profils prioritaires incluent : les professionnels de santé (infirmiers, médecins, paramédicaux, pharmaciens) maîtrisant l’anglais et ayant une expérience dans un système de santé comparable ; les enseignants et formateurs, notamment pour la petite enfance et le secondaire, avec une expérience internationale ; les ingénieurs et techniciens spécialisés dans le bâtiment, l’énergie, l’environnement, les mines ou la mer ; les experts du secteur agricole et aquacole (agronomes, agriculteurs, viticulteurs, gestionnaires) ; les professionnels expérimentés de l’hôtellerie-restauration (chefs, boulangers, pâtissiers, managers) ; les spécialistes en IT et cybersécurité prêts à travailler dans des PME ou des projets publics/universitaires ; les diplômés internationaux ayant étudié à Hobart ou Launceston et souhaitant s’insérer dans l’économie locale ; et les entrepreneurs désireux de reprendre ou développer une petite entreprise dans les secteurs du tourisme, de la restauration, des services de proximité ou de l’agroalimentaire.

Pour ces profils, la combinaison de fortes pénuries de main‑d’œuvre, de dispositifs de nomination avantageux et de conditions de vie attractives fait de la Tasmanie une option crédible, voire stratégique, pour accéder à terme à la résidence permanente australienne.

Conclusion : un marché à taille humaine, une fenêtre d’opportunité réelle

Le marché du travail en Tasmanie n’a ni la taille ni la visibilité de celui de Sydney ou Melbourne. Pourtant, pour un expatrié qui cherche un compromis entre perspectives professionnelles, accès à la résidence permanente et qualité de vie, il offre aujourd’hui une fenêtre d’opportunité réelle.

La démographie joue en faveur des nouveaux arrivants : une grande partie de la main‑d’œuvre locale approchant de la retraite, les départs attendus dans les quinze prochaines années vont maintenir la pression sur le recrutement dans la santé, l’éducation, la construction, l’agriculture, les services publics et le tourisme. Les chiffres de visas, en forte hausse, témoignent déjà de cette bascule.

Les salaires, s’ils restent en dessous de la moyenne nationale, se combinent à un coût de la vie plus doux et à un environnement urbain moins tendu. Un expatrié peut y construire un projet professionnel solide, avec des perspectives de progression réelle, sans sacrifier son temps libre ni sa vie familiale.

Enfin, la Tasmanie a construit un programme de nomination sophistiqué, qui récompense les candidats réellement investis dans l’économie locale : ceux qui travaillent déjà sur place, y étudient, y créent ou y reprennent une entreprise. Pour les expatriés prêts à s’inscrire dans la durée, à s’adapter à la culture professionnelle australienne et à développer un réseau local, c’est une porte d’entrée vers l’Australie qui mérite d’être regardée de près.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un futur retraité de 62 ans, disposant de plus d’un million d’euros de patrimoine financier bien structuré en Europe, souhaite transférer sa résidence fiscale en Tasmanie (Australie) afin d’optimiser sa fiscalité, diversifier ses investissements internationaux et conserver un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 € pour un accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, installation sur place et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après étude de plusieurs destinations (Portugal, Espagne, Grèce, Île Maurice), la stratégie retenue consiste à cibler la Tasmanie pour profiter du cadre australien : régime fiscal stable, environnement économique développé, cadre de vie naturel exceptionnel et potentiel de rendement sur l’immobilier locatif, tout en restant compatible avec la convention fiscale France–Australie. La mission inclut : audit pré‑expatriation (exit tax, risques de double résidence), obtention d’un visa long séjour adapté aux retraités, organisation de l’assurance santé locale, transfert de la résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an, centre des intérêts vitaux), intégration dans un réseau local (avocat, immigration, comptable) et ajustements patrimoniaux ciblés.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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