Histoire du pays en Tasmanie : des peuples premiers à l’État insulaire moderne

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Pendant des dizaines de millénaires, bien avant que les cartes européennes n’inscrivent le nom de Van Diemen’s Land, la Tasmanie était déjà un pays habité, parcouru, raconté. L’Histoire du pays en Tasmanie, c’est d’abord celle des nations aborigènes qui y vivaient depuis au moins 35 000 à 40 000 ans, puis celle d’une colonie pénitentiaire devenue État fédéré de l’Australie, passée d’une économie de “ferme-prison” à un système industriel dominé par l’hydroélectricité, avant de se réinventer autour des services, du tourisme et du patrimoine.

Bon à savoir :

Pour comprendre la trajectoire de la Tasmanie, il faut considérer l’entrelacement de trois éléments historiques : la longue histoire aborigène, la période de colonisation britannique et de régime pénitentiaire, et enfin la construction économique et politique qui a façonné son territoire contemporain, à la fois fragile et singulier au sein de la fédération australienne.

Avant la colonisation : un pays aborigène isolé du continent

La préhistoire du pays en Tasmanie commence quand des groupes venus du sud de l’Australie franchissent, pendant les périodes glaciaires, un large pont terrestre aujourd’hui noyé sous le détroit de Bass. À l’époque, l’île n’est encore qu’un prolongement du continent. Vers 6000 av. J.-C., la montée des eaux isole définitivement ce territoire, offrant aux peuples aborigènes un cadre géographique qui restera fermé aux autres humains pendant environ 8 000 ans.

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Les traces archéologiques attestent d’une occupation humaine en Tasmanie remontant à plus de 30 000 ans.

Les chercheurs identifient alors au moins neuf nations, chacune subdivisée en plusieurs groupes familiaux. Sur la côte est, la nation d’Oyster Bay, souvent considérée comme la plus importante, rassemble une dizaine de clans pour un total de 700 à 800 personnes. Dans les hautes terres centrales, la nation de la Big River regroupe plusieurs clans et pourrait compter 400 à 500 individus. Au nord, quatre clans dominent un territoire riche en gisements d’ocre, ressource hautement symbolique utilisée pour la peinture corporelle, les gravures et les rituels.

Exemple :

Le mode de vie traditionnel repose sur une économie saisonnière de chasse, cueillette et pêche. Les groupes de 15 à 50 personnes circulent entre l’intérieur et les côtes pour exploiter les ressources marines, les animaux terrestres comme les kangourous et les plantes sauvages. Ils partagent un territoire clanique, entretiennent des relations complexes avec les clans voisins (mariages, guerres, négociations, alliances). L’outillage, en bois, pierre et os, comprend lances, massues (waddies), paniers et canots d’écorce. La spiritualité est marquée par des cérémonies, des rituels funéraires (dont la crémation) et des mythes liés aux paysages.

Les langues aborigènes de Tasmanie ont aujourd’hui disparu comme systèmes complets, mais les traces linguistiques et les traditions orales permettent d’identifier au moins trois grands ensembles linguistiques successifs. Les Européens n’en percevront que les deux derniers (Nara à l’ouest et Mara à l’est), ce qui contribuera à réduire artificiellement la complexité culturelle de ce “pays” aux yeux des colonisateurs.

Explorations européennes et premières rencontres

Sur les cartes européennes, la Tasmanie émerge tardivement. Le 24 novembre 1642, le Hollandais Abel Tasman aperçoit l’île, la baptise Anthoonij van Diemenslandt en l’honneur du gouverneur général des Indes néerlandaises et en cartographie une partie de la côte, sans se douter qu’il s’agit d’une île séparée du “grand continent austral”. Il ne rencontre alors aucun habitant.

Attention :

Les premiers contacts directs avec la Tasmanie débutent au XVIIIᵉ siècle. L’expédition française de Marion du Fresne en 1772 tourne mal, entraînant un affrontement mortel. Les expéditions suivantes, notamment celles de d’Entrecasteaux et de Baudin pour la France, et de Cook et Bligh pour la Grande-Bretagne, établissent des interactions plus pacifiques.

En 1798–1799, le navigateur Matthew Flinders, avec George Bass, réalise la circumnavigation qui prouve définitivement que Van Diemen’s Land est bien une île, séparée du continent par le futur détroit de Bass. Dans le même temps, chasseurs de phoques et baleiniers s’installent dans les eaux environnantes, dressent des campements saisonniers sur les îles du détroit. Avec eux commence un type de contact particulièrement brutal : enlèvements de femmes, violences, esclavage domestique sur les îles, mais aussi unions durables qui donneront naissance à des communautés métisses présentes jusqu’à aujourd’hui dans les îles du détroit de Bass.

Astuce :

L’exploitation intensive des phoques par de petits groupes marginaux (anciens marins, bagnards évadés) a rapidement atteint ses limites. Cette présence s’est accompagnée de violences, notamment envers les femmes aborigènes, décrites comme « tenues en esclavage », fouettées ou tuées. Ces faits ont contribué à forger, du côté aborigène, une mémoire de la violence antérieure à la colonisation organisée.

La colonie britannique : d’un avant-poste militaire à une colonie pénitentiaire

Lorsque la Couronne britannique décide en 1803 d’installer officiellement une présence à Van Diemen’s Land, les raisons sont autant stratégiques que commerciales. Il s’agit de devancer d’éventuelles ambitions françaises dans cette partie du monde et de profiter du potentiel économique de la chasse à la baleine, du phoque, puis de l’élevage.

Le premier camp britannique se fixe à Risdon Cove, sur l’estuaire de la Derwent, sous les ordres du lieutenant John Bowen. Ce poste, installé avec une cinquantaine de personnes, mélange militaires, colons libres et forçats. L’année suivante, le lieutenant-colonel David Collins, dépêché avec un groupe plus nombreux, juge l’emplacement peu satisfaisant et fonde un nouveau camp à Sullivan’s Cove, sur la rive opposée. Ce sera Hobart Town, future Hobart. Risdon Cove est progressivement abandonné.

Parallèlement, un second foyer colonial naît au nord, vers l’embouchure de la Tamar, à Port Dalrymple, sous la houlette de William Paterson. Installé d’abord sur des sites provisoires, ce noyau se déplace finalement sur l’emplacement de l’actuelle Launceston. Pendant plusieurs années, l’île est découpée en deux entités administratives grossières, Cornwall au nord et Buckingham au sud, gérées depuis Sydney, avant d’être réunifiée et proclamée colonie distincte de la Nouvelle-Galles du Sud en 1825.

Au départ, ces établissements fonctionnent comme de véritables camps militaires. L’économie y est entièrement dirigée par l’État colonial : les terres, les bâtiments, les infrastructures appartiennent à la Couronne, les forçats sont la principale main-d’œuvre, les échanges s’effectuent en grande partie par troc via le magasin du commissariat. Il n’y a pratiquement pas de monnaie, les salaires sont rares, la quasi-totalité de la production sert à nourrir les garnisons, les convicts et une poignée de colons libres.

Ce système va évoluer rapidement à partir des années 1820, sous l’effet conjugué de l’arrivée de colons libres, de l’émancipation progressive des convicts et de l’ouverture de nouvelles zones agricoles grâce aux concessions de terres.

La machine à punir de l’Empire : la Tasmanie pénitentiaire

Van Diemen’s Land devient, durant la première moitié du XIXᵉ siècle, la pièce maîtresse du système pénal britannique dans le Pacifique. Au moment où la Nouvelle‑Galles du Sud commence à limiter la transportation, l’île se mue en principale destination des condamnés.

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Entre 1803 et 1853, environ 70 000 à 75 000 forçats furent envoyés en Tasmanie, représentant près de 40 à 45 % de tous les déportés vers l’Australie.

Le système fonctionne selon plusieurs cercles. Les condamnés à la peine “ordinaire” sont assignés à des colons ou employés dans des chantiers publics. Ceux qui récidivent ou s’illustrent par leur indiscipline sont transférés dans des stations pénales de plus en plus dures, sortes de purgatoires au sein du purgatoire : Macquarie Harbour, sur la côte ouest battue par les vents, accessible uniquement par un chenal dangereux surnommé Hell’s Gates, puis le tristement célèbre Port Arthur, au bout de la péninsule de Tasman.

À Macquarie Harbour, on coupe le pin de Huon dans un environnement d’une rudesse extrême. Les fuites sont presque impossibles et plusieurs tentatives se terminent en tragédies, parfois avec des accusations de cannibalisme. Ce climat d’horreur contribue à forger, en métropole, l’image cauchemardesque de Van Diemen’s Land. À Port Arthur, où l’on transfère les bagnards à partir de 1830, la situation est tout aussi dure mais l’organisation se veut plus “moderne”. Le bagne est à la fois un camp de travaux forcés, une usine à bois, puis à partir des années 1850 un lieu d’expérimentation des nouvelles théories pénitentiaires fondées sur l’isolement et le silence, dans des cellules où la punition se veut psychologique plus que purement corporelle. Un établissement distinct, Point Puer, est consacré aux garçons délinquants, que l’on prétend réformer par l’apprentissage et le travail.

Le bagne de Port Arthur et l’exploitation à Macquarie Harbour

Les femmes, elles, sont orientées vers des “usines de femmes”, comme celle de Cascades à Hobart ou celle de Launceston. On y gère leur travail, mais aussi leur moralité, leurs grossesses, leurs éventuels placements comme domestiques dans les foyers libres. Au total, la Tasmanie reçoit environ 13 500 femmes condamnées sur un total d’environ 25 000 pour l’ensemble de l’Australie.

Le système n’est pas figé. Au fil des décennies, il passe d’un modèle d’assignation, où les colons reçoivent directement des condamnés comme main-d’œuvre, à un système de “probation”, dans les années 1840, où les forçats doivent d’abord purger une période en équipes de travaux publics avant de pouvoir être employés contre rémunération. Cette réforme, venue après un rapport très critique sur les abus de l’assignation, se révèle coûteuse, impopulaire et contribue à nourrir la campagne anti-transportation.

En 1853, la dernière arrivée de convicts par le navire St Vincent marque l’arrêt officiel de la transportation. Des festivités sont organisées à Hobart et Launceston pour célébrer à la fois le cinquantenaire de la colonie et la fin de ce système pénitentiaire. Port Arthur, lui, continuera de fonctionner encore plus de vingt ans, jusqu’à la fermeture définitive du dernier grand bagne en 1877.

La “Black War” : conflit, dépossession et effondrement démographique

L’Histoire du pays en Tasmanie ne peut être séparée de la violence extrême qui accompagne la prise de contrôle coloniale. Entre les premières escarmouches du début du XIXᵉ siècle et la reddition des derniers groupes résistants en 1831–1832, l’île est le théâtre d’un conflit que l’on désigne sous le nom de Black War, parfois aussi Tasmanian War ou Vandemonian War. C’est l’un des épisodes les plus meurtriers des guerres de frontière australiennes, si l’on rapporte les pertes à la population.

Les causes sont multiples mais tiennent essentiellement à la spoliation rapide des terres de chasse et à la rupture brutale de l’équilibre démographique. Entre 1815 et 1830, la population coloniale passe de 2 000 à 24 000 personnes. L’énorme expansion ovine – environ 680 000 moutons en 1830 – occupe une grande partie des plaines fertiles, réduisant sévèrement l’accès au gibier pour les clans aborigènes. Dans le même temps, la présence de sealers et de colons provoque l’enlèvement massif de femmes et d’enfants aborigènes pour le travail ou l’exploitation sexuelle, au point que certains secteurs du nord-est ne comptent presque plus de femmes autochtones.

Face à ces agressions, les groupes aborigènes entrent dans une guerre de guérilla. Ils attaquent des huttes isolées, coupent des routes, brûlent des cultures, tuent des colons ou du bétail par embuscade. Des chefs comme Tongerlongeter (nation de la Big River), Mannalargenna, Umarrah ou encore Kikatapula (surnommé Black Tom Birch) dirigent des bandes mobiles qui connaissent parfaitement le terrain et exploitent la dispersion des implantations blanches.

Attention :

À partir de 1826, le lieutenant-gouverneur George Arthur autorise les colons à utiliser les armes, exclut les Aborigènes des zones colonisées en 1828, et instaure une loi martiale de plus de trois ans. Des milices et des ‘parties errantes’ (soldats, policiers) mènent des attaques violentes, avec des primes pour la capture d’Aborigènes : cinq livres pour un adulte, deux pour un enfant.

Les massacres se multiplient : l’affaire de Risdon Cove en 1804, où des soldats ouvrent le feu sur un grand groupe en chasse, les tueries dans le nord‑ouest, dont celle de Cape Grim en 1828, où des bergers de la Van Diemen’s Land Company jettent une trentaine d’hommes du haut des falaises. Au total, les recherches récentes avancent un bilan d’environ 1 079 morts pour la période 1823–1834, dont près de 878 Aborigènes et un peu plus de 200 colons. D’autres estimations parlent de 600 à 900 morts aborigènes, en soulignant que le nombre est probablement sous‑évalué, faute de traces complètes.

Le moment le plus spectaculaire – et le plus coûteux – de cette guerre reste la “Black Line” d’octobre–novembre 1830. Arthur rassemble environ 2 200 hommes – soldats, colons, forçats – pour former une immense chaîne humaine d’un bout à l’autre de l’île, censée “balayer” les Aborigènes vers la péninsule de Tasman. L’opération, menée sur plus de 300 kilomètres, se heurte à la météo, au relief, au manque de coordination, et ne parvient à capturer que quelques individus. Elle absorbe pourtant un budget équivalent aux recettes annuelles de la colonie, tout en renforçant la terreur ressentie par les groupes aborigènes traqués.

Bon à savoir :

Entre 1830 et 1831, George Augustus Robinson, un prédicateur mandaté par les autorités, parcourt l’île pour rencontrer les groupes aborigènes en guerre. Il leur promet protection, nourriture et la restitution de leurs terres en échange du dépôt des armes. En utilisant des intermédiaires aborigènes comme interprètes, il parvient à convaincre des clans entiers de se regrouper pour être relocalisés vers un lieu présenté comme sûr.

Le résultat, c’est la reddition progressive des derniers groupes, avec un moment symbolique le 31 décembre 1831, puis une cérémonie formelle en janvier 1832 devant Arthur. En réalité, il ne s’agit pas d’un traité entre égaux, mais de la fin d’une résistance brisée par le nombre, la faim, les maladies, la pression constante.

Flinders Island et Wybalenna : l’exil et l’épuisement

Les Aborigènes « conciliated » par Robinson sont d’abord emmenés sur la petite île de Gun Carriage (The Lagoons), puis, à partir de 1832–1833, regroupés dans un établissement permanent à Flinders Island, baptisé Wybalenna – “maisons des Noirs” dans une langue locale. Officiellement, le but est de les protéger des violences coloniales. Dans les faits, c’est un exil forcé, sur une terre inconnue, avec un climat et des ressources différents, sous un régime disciplinaire et missionnaire.

Bon à savoir :

À Wybalenna, les Aborigènes sont soumis à un mode de vie européen imposé (vêtements, christianisme, travail agricole ou domestique). Bien qu’un médecin soit présent, que des rations soient distribuées et qu’une instruction élémentaire soit dispensée aux enfants, le système est paternaliste et marqué par des pénuries. La population, déjà affaiblie par les conflits et les maladies vénériennes préexistantes, est décimée par des maladies infectieuses comme la grippe, la tuberculose et les affections respiratoires.

Au fil des années, les décès se succèdent, tandis que très peu d’enfants survivent. Sur environ 220 personnes amenées par Robinson, il n’en reste plus que 47 en 1847. Une commission d’enquête officielle conclut en 1839 déjà à l’échec de l’expérience, mais son rapport est enterré. Les survivants adressent même une pétition à la reine Victoria en 1847, texte remarquable parce qu’il constitue l’une des premières suppliques écrites par un groupe aborigène directement au souverain britannique. Finalement, les 47 rescapés sont transférés sur le site d’Oyster Cove, au sud de Hobart, dans les bâtiments d’une ancienne station pénitentiaire.

Dans l’imaginaire colonial, la mort de Truganini en 1876 symbolisera la disparition du “dernier/ère des Tasmaniens”. Cette idée d’extinction, largement relayée, servira à clore moralement le chapitre de la conquête et à effacer politiquement les descendants métis vivant dans les îles du détroit de Bass ou ailleurs. Pourtant, les recensements contemporains montrent une réalité tout autre : en 2016, plus de 23 000 personnes en Tasmanie se déclarent d’ascendance aborigène, signe d’une continuité identitaire malgré les ruptures démographiques et culturelles.

Le débat historiographique reste vif : beaucoup d’historiens, ainsi que Raphael Lemkin, l’inventeur du mot “génocide”, considèrent le cas tasmanien comme emblématique d’une destruction intentionnelle d’un peuple. D’autres, comme Henry Reynolds ou Nicholas Clements, soulignent l’absence de politique officielle d’extermination planifiée, tout en reconnaissant l’ampleur des violences et le caractère parfois exterminateur de certains discours de colons. En 1979, un juge de la Haute Cour australienne, Lionel Murphy, parlera d’“attempted genocide” en évoquant cette période.

Terre de convicts, colonie britannique “très britannique”

Du point de vue impérial, Van Diemen’s Land n’est pas qu’un bagne. C’est aussi une vitrine d’un certain modèle de colonisation agricole, particulièrement apprécié pour sa fertilité. Les plaines centrales, les “Midlands”, se révèlent idéales pour le blé et la laine. En 1815, la première cargaison de blé est envoyée à Sydney. En quelques décennies, l’île devient un producteur significatif de céréales et de laine fine, en particulier grâce à l’introduction de mérinos issus des élevages de John Macarthur en Nouvelle‑Galles du Sud.

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En 1830, près d’un tiers de la surface de l’île était intégré aux districts colonisés.

Dans ce contexte surgit un acteur majeur de la mise en valeur du nord‑ouest : la Van Diemen’s Land Company. Fondée à Londres en 1824 par un groupe de marchands de laine, d’industriels et de financiers, la compagnie obtient par charte royale plus de 250 000 acres de terres, puis davantage, pour développer de grands troupeaux ovins censés alimenter les filatures britanniques en laine de qualité. Installée à Circular Head, future Stanley, elle tente d’organiser une colonisation quasi féodale, avec station de direction, convicts à son service, bergers, surveillants et une emprise foncière géante. Le projet initial d’élevage intensif échoue en grande partie, les moutons périssant par milliers dans les années 1830. La société se reconvertit alors en gestion foncière, location de terres à des fermiers, exploitation forestière, puis, plus tard, en diversification industrielle et finalement en agro‑industrie laitière.

Exemple :

Dès les années 1820, Hobart s’est imposé comme un port baleinier majeur, avec une première station de chasse établie en baie de Ralphs dès 1805. L’activité a connu son apogée en 1848, avec 37 navires et plus de mille marins employés. Bien que l’industrie ait décliné par la suite, ce patrimoine maritime reste un élément fort de l’identité et de l’histoire de la Tasmanie, parallèlement à l’image agricole de la colonie.

Politiquement, Van Diemen’s Land suit une trajectoire de plus en plus autonome. En 1825, l’île cesse d’être administrée depuis Sydney et devient colonie distincte. Une assemblée législative (Legislative Council) se réunit pour la première fois en 1826. Des institutions financières locales se développent, comme la Bank of Van Diemen’s Land en 1823 ou la Launceston Bank for Savings en 1835. Le tissu urbain se densifie : Hobart et Launceston se dotent de rues tracées selon un plan de 1811, de bâtiments administratifs, d’églises, de théâtres, d’hôpitaux, de banques, d’une cour suprême (ouverte en 1824), d’une presse (Derwent Star dès 1810, puis The Mercury en 1854).

Du bagne à l’État autonome : la naissance officielle de la Tasmanie

Au milieu du XIXᵉ siècle, l’hostilité croissante à la transportation, en Tasmanie comme dans les autres colonies, fait basculer le débat politique. La création de la Ligue anti‑transportation à Launceston en 1849, la fin de l’envoi de convicts vers la Nouvelle‑Galles du Sud en 1840, puis les critiques venues du Victoria voisin – qui accuse la Tasmanie d’exporter des “Vandemonians” récidivistes vers ses champs d’or – contribuent à l’arrêt définitif des convois en 1853.

Bon à savoir :

En 1856, la colonie de Van Diemen’s Land obtient un gouvernement responsable avec un parlement bicaméral et un Premier ministre, William Champ. Simultanément, elle change de nom pour devenir la Tasmanie, en hommage à son découvreur européen Abel Tasman, marquant symboliquement la fin de son passé pénitentiaire.

Ce changement de nom n’est pas qu’un détail cosmétique. À l’époque, “Van Diemen’s Land” évoque dans l’opinion britannique et australienne l’image d’un enfer pénitentiaire, d’une colonie criminelle marquée par la flagellation, les chaînes, la révolte. Le nouveau nom vise à rebrander le pays, à attirer des migrants libres, des investisseurs, des familles respectables. Il reflète aussi la volonté d’une partie des colons d’affirmer une identité plus “britannique respectable” qu’associée au bagne.

Données démographiques et religieuses dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle

Quelques chiffres permettent de saisir la transformation de la société coloniale. Vers 1851, la population totale est d’environ 70 000 personnes, dont un peu moins d’un quart encore sous condamnation. Trente ans plus tard, en 1881, elle atteint environ 115 700 habitants, avec un sex‑ratio encore déséquilibré (près de 61 000 hommes pour 54 500 femmes), mais une forte majorité de natifs : plus de 69 % des habitants sont nés en Tasmanie.

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Environ deux tiers de la population de la colonie au milieu du XIXᵉ siècle appartenaient à l’Église d’Angleterre, confortant son caractère ‘très britannique’.

Les infrastructures reflètent cette intégration rapide au monde britannique : ouverture de la première université de Tasmanie en 1890, adoption d’un système de vote proportionnel original (Hare‑Clark), mise en service de lignes de chemin de fer (Launceston–Deloraine en 1871, Hobart–Launceston en 1876), installation de la première ligne téléphonique et du télégraphe, fondation de musées, de bibliothèques, d’un théâtre royal (1837), interconnexion par câble sous‑marin avec le continent et même, dès 1895, mise en service d’une centrale hydroélectrique permettant l’éclairage électrique de Launceston – une première dans l’hémisphère sud.

Crises et reconversions : agriculture, mines et modernisation (1850–1939)

L’économie du pays en Tasmanie, au sortir du bagne, connaît des à‑coups spectaculaires. Les années 1850 sont marquées par un boom lié à la demande en produits agricoles et en bateaux des colonies voisines en plein rush aurifère, en particulier le Victoria. La construction navale prospère, l’exportation de blé, de viande salée, de bois se porte bien. Mais cette embellie est de courte durée.

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La valeur des importations de la Tasmanie a chuté de moitié par rapport à la décennie précédente, vers 1865.

Sur le plan social, les conséquences sont lourdes : les investissements étrangers reculent, les salaires baissent plus vite que les prix, le niveau de vie décline. Dans les années 1870, pour enrayer ce déclin, le gouvernement tasmanien emprunte massivement à Londres afin de financer des infrastructures : routes, ponts, voies ferrées, télécommunications. Parallèlement, il encourage la prospection minière.

C’est ce pari minier qui, finalement, redonne de l’oxygène à l’économie. En 1871, James “Philosopher” Smith découvre un filon d’étain à Mount Bischoff, dans le nord‑ouest. Suivent les gisements d’or (Beaconsfield en 1877, Pieman River en 1880), de argent‑plomb (Zeehan, 1882), de cuivre (Iron Blow à Mount Lyell, 1883). La côte ouest se transforme en front pionnier industriel, avec des villes minières qui grossissent rapidement, attirant une main‑d’œuvre parfois très politisée. Vers le tournant du siècle, ces centres miniers rassemblent environ 25 000 personnes.

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Année de la première fusion pyritique réussie au monde, réalisée à Mount Lyell pour traiter des minerais complexes.

Pour autant, cette prospérité n’est pas homogène ni durable. L’économie reste vulnérable aux prix internationaux des minerais. La grande crise des années 1890, avec la chute des cours et l’effondrement de la Van Diemen’s Land Bank, replonge la colonie dans une dépression profonde, marquée par un chômage élevé et l’absence de filet de sécurité social. La reprise de la fin du siècle repose à nouveau sur l’amélioration des prix miniers, mais les signes d’épuisement de certains gisements et la concurrence croissante sur le marché australien laissent entrevoir des difficultés structurelles.

Tableau 1 – Grandes phases économiques (1850–1939) en Tasmanie

Période approximativeMoteurs principaux de l’économieTendances majeures
1850–1858Agriculture (blé, viande), construction navale, export vers colonies aurifèresCroissance rapide, boom des exportations
1858–1870Agriculture en recul, commerce perturbéRécession, baisse des prix et des salaires
1870–1890Mines (étain, or, cuivre), infrastructures, immigrationBoom minier, essor des villes de la côte ouest
1890–1900Mines en difficulté, agriculture fatiguéeDépression, chômage, faillites bancaires
1900–1939Mines, agriculture modernisée, débuts de l’hydroélectricité, industries électro‑intensivesCroissance inégale, dépendance accrue à l’énergie et aux marchés extérieurs

Fédération australienne, dépendance financière et tournant hydroélectrique

En 1901, la colonie de Tasmanie rejoint les cinq autres colonies autogouvernées pour former le Commonwealth d’Australie. Les Tasmaniens acceptent la fédération avec enthousiasme : deux référendums organisés en 1898 puis en 1899 donnent des majorités écrasantes en faveur du projet, avec un “oui” dépassant 94 % au second scrutin, le plus fort taux de soutien de tout le continent. Plusieurs figures locales jouent un rôle clé dans l’élaboration de la Constitution, notamment Andrew Inglis Clark, juriste imprégné de droit américain dont le projet de texte inspirera largement le document final.

Mais l’entrée dans la fédération n’est pas un remède miracle aux difficultés structurelles. Au contraire, la suppression des barrières douanières intercoloniales place l’industrie tasmanienne en concurrence directe avec les manufactures plus puissantes de la Nouvelle‑Galles du Sud et de Victoria. L’État fédéral adopte des politiques douanières à vocation protectionniste favorisant ces grands centres industriels, ce qui nuit à la Tasmanie, exportatrice de produits primaires et d’une industrie naissante peu compétitive.

Bon à savoir :

Dès les années 1930, la Tasmanie, en raison de sa faible base fiscale et de ses coûts d’infrastructure élevés, devient un ‘État demandeur’ bénéficiant de subventions spéciales du Commonwealth. Pour encadrer ce système de péréquation, la Commission des subventions du Commonwealth (Commonwealth Grants Commission) est créée en 1933. Son objectif est de réduire les écarts de ressources entre les États via un principe d’égalisation fiscale, basé principalement sur les standards économiques de la Nouvelle-Galles du Sud et du Victoria.

Dans ce contexte de fragilité financière, c’est le développement massif de l’hydroélectricité qui va constituer l’axe majeur du projet économique tasmanien au XXᵉ siècle. Les premières expériences électriques, comme la centrale hydroélectrique de Duck Reach à Launceston en 1895, marquent déjà la volonté d’exploiter les ressources en eau des hauts plateaux. En 1914, le gouvernement rachète les actifs d’une compagnie privée en difficulté et nationalise la production d’électricité, donnant naissance à ce qui deviendra la Hydro‑Electric Commission (HEC).

Exemple :

À partir du début du XXe siècle, la Tasmanie a déployé une stratégie structurée de construction de barrages et de centrales hydroélectriques avec une capacité excédentaire pour attirer de grandes industries électro-intensives. Cette politique de « jumelage » s’est concrétisée par l’installation d’usines comme Electrolytic Zinc à Risdon (1916), la chocolaterie Cadbury à Claremont (1920), des filatures de laine (Kelsall and Kemp, Patons and Baldwins), puis plus tard des papeteries (Australian Newsprint Mills), du complexe d’aluminium de Bell Bay (1955), de l’usine de ferro-manganèse Temco (années 1960) et d’autres installations métallurgiques.

Tableau 2 – Exemples d’industries électro‑intensives et rôle dans l’économie

Entreprise / secteurLocalisation principalePériode d’implantation approximativeRôle économique majeur
Electrolytic Zinc (zinc)Risdon1916–1920Transformation de concentrés de zinc, exportations
Cadburys (chocolat)Claremontannées 1920Industrie agroalimentaire emblématique
Kelsall & Kemp (textiles)Launcestonannées 1920Manufacture textile
Patons & Baldwins (textiles)Launcestonannées 1920Filature et tissage de laine
Australian Newsprint MillsBoyerannées 1930Première usine au monde à produire du papier journal à partir de feuillus durs
APPM (pâtes et papiers)Burnieannées 1930Pôle majeur de l’industrie papetière
Comalco (aluminium)Bell Bayannées 1950Métallurgie de l’aluminium, exportations de métaux
Temco (ferro‑alliages)Bell Bayannées 1960Production de ferro‑manganèse

Au tournant des années 1960–1970, ce modèle dynamique atteint son apogée. L’électricité bon marché attire les investissements, les usines exportent massivement, environ 70 % de l’électricité produite est absorbée par ces grands sites industriels qui représentent à eux seuls environ 65 % de la valeur des exportations tasmaniennes au début des années 2000. La période de la seconde moitié des années 1960 jusqu’au début des années 1970 est souvent vue comme “l’âge d’or” économique de la Tasmanie, avec une croissance soutenue, un taux de chômage relativement bas et une forte identité industrielle.

Quand l’hydro ne suffit plus : contestations, dettes et réorientation

Ce modèle, toutefois, a un coût. D’abord sur le plan financier : la construction de barrages, tunnels, routes, lignes à haute tension exige des emprunts massifs. À la fin des années 1970 et dans les années 1980, l’endettement public s’envole. Un rapport commandé à Sir Bede Callaghan en 1977 constate que l’avantage de la Tasmanie en termes de coût de l’électricité s’est largement érodé. L’idée que de nouveaux grands barrages seraient la clé de la prospérité est de plus en plus contestée.

Bon à savoir :

Dans les années 1970-1980, la montée du mouvement écologiste, catalysée par des événements comme la disparition du lac Pedder, a transformé la perception des grands projets d’aménagement. La création d’un des premiers partis verts au monde en Tasmanie et une forte mobilisation nationale et internationale ont conduit à l’abandon du projet de barrage Gordon-below-Franklin, bloqué par la Haute Cour d’Australie. La Tasmanie a reçu une compensation de 500 millions de dollars mais a dû réorienter sa politique de développement.

Au même moment, la dette publique atteint des niveaux préoccupants. Une stratégie de réduction de la dette est engagée à la fin des années 1980 et au début des années 1990, avec des effets positifs sur la notation de crédit de l’État, mais au prix de coupes et de restructurations. Le ralentissement économique national du début des années 1990 frappe durement la Tasmanie, où le chômage dépasse de 2 à 5 points le taux moyen du pays. Le tissu industriel, concentré dans quelques grands sites, est vulnérable aux chocs de demande et aux évolutions du marché mondial des métaux et du papier.

Bon à savoir :

L’élection de 1998 a été remportée par le camp s’opposant à la privatisation de la Commission hydroélectrique, garantissant son maintien dans le secteur public. Au début des années 2000, sous le gouvernement de Jim Bacon, une croissance économique portée par le tourisme et la construction a masqué une transformation structurelle déjà en cours de l’économie tasmanienne.

Une économie de services, sous perfusion fédérale et portée par le patrimoine

Depuis les années 1970, la Tasmanie a suivi la tendance des économies avancées : le secteur des services est devenu le principal employeur, reléguant à l’arrière-plan l’agriculture et l’industrie manufacturière, même si celles-ci gardent une importance en termes d’exportations. Les produits phares à l’export restent les métaux transformés, les minerais, les produits alimentaires transformés, la laine fine, les viandes, les produits de la mer, le bois et les dérivés (notamment les copeaux de bois), mais le poids relatif du tertiaire s’est nettement accru.

Bon à savoir :

L’agriculture tasmanienne s’est modernisée et diversifiée au-delà de l’élevage ovin et bovin. Elle s’est spécialisée dans des cultures à haute valeur ajoutée : le pavot à opium pour l’industrie pharmaceutique (la Tasmanie est un leader mondial), les fruits (pommes, fruits rouges, cerises), les légumes et le vin. Le boisement industriel et la production de copeaux de bois pour les papeteries asiatiques jouent également un rôle central. Ces activités s’accompagnent de conflits persistants sur la déforestation et la protection des forêts anciennes, ayant conduit à la conclusion d’un Regional Forest Agreement avec le gouvernement fédéral en 1995.

L’aquaculture, notamment le saumon, l’ormeau et le homard, a connu un essor spectaculaire, transformant certaines zones côtières en hubs agro‑industriels. Le tourisme, lui, a explosé, porté par l’image de nature préservée (Tasmanian Wilderness World Heritage Area, parcs nationaux comme Cradle Mountain–Lake St Clair ou Freycinet), par un patrimoine bâti exceptionnel lié à la période coloniale et pénitentiaire (Port Arthur, villages historiques de Ross, Evandale, Bothwell, quartiers anciens de Hobart comme Battery Point ou Salamanca Place) et plus récemment par une offre culturelle renouvelée.

Tableau 3 – Principaux secteurs économiques contemporains

SecteurExemples de productions / activitésRôle actuel
Mines et métauxZinc, plomb, argent, cuivre, or, étain (Mt Lyell, Rosebery, Beaconsfield)Pilier des exportations, dépendant des cours mondiaux
AgricultureOvins, bovins, pavot, pommes, fruits rouges, légumes, vinDiversification des revenus ruraux
Forêts & boisBois d’œuvre, copeaux, pâte à papierContribution majeure aux exportations de bois
AquacultureSaumon, ormeau, homardCroissance rapide, enjeux environnementaux
Industrie manufacturièreChocolat, papier, métallurgie, agroalimentaireHéritage de l’ère hydro‑industrielle
Services & tourismeHébergement, restauration, activités de nature, patrimoinePrincipal employeur, vecteur d’image
ÉnergieHydroélectricité, éolienQuasi autosuffisance, export potentiel d’énergie verte

Sur le plan institutionnel, la dépendance financière vis‑à‑vis de Canberra reste un trait saillant. La Tasmanie figure régulièrement parmi les États recevant des paiements de péréquation importants, calculés par la Commonwealth Grants Commission pour aligner ses capacités de dépenses sur celles d’États plus riches. Cette situation, héritage d’une base fiscale réduite, de coûts élevés par habitant pour les services publics et d’une trajectoire économique heurtée, nourrit des débats récurrents sur la gouvernance, la stratégie de développement et la diversification nécessaire de l’économie.

Le patrimoine comme ressource stratégique

Un des atouts majeurs du pays en Tasmanie aujourd’hui réside dans la richesse de son patrimoine historique et naturel. L’île compte plus de 5 000 biens inscrits à divers registres de patrimoine, du niveau local au niveau fédéral. Cette densité de sites – bâtiments publics, maisons, ponts, églises, jardins, villages entiers, mais aussi épaves, paysages culturels et vestiges industriels – reflète la précocité de la colonisation européenne et l’importance stratégique de la colonie au XIXᵉ siècle.

500000

Le patrimoine historique de la Tasmanie, incluant sites pénitentiaires et bâtiments coloniaux, attire des centaines de milliers de visiteurs annuellement.

Ce patrimoine bâti s’articule avec un patrimoine aborigène de plus en plus reconnu : sites de peintures rupestres, middens coquilliers, pièges à poissons et lieux de mémoire témoignent d’une présence humaine de plus de 40 000 ans. La création d’aires protégées, de réserves, et plus récemment l’élaboration d’une nouvelle loi sur le patrimoine culturel aborigène cherchent à mieux encadrer la protection de ces traces matérielles et immatérielles, dans un contexte où le changement climatique, notamment la montée du niveau de la mer, menace certains sites côtiers.

Bon à savoir :

La protection du patrimoine culturel historique est régie par une loi spécifique et supervisée par un Heritage Council, qui tient un registre et autorise les travaux. Des mécanismes de financement (fonds, subventions) existent pour soutenir les propriétaires. Cependant, cette gestion est confrontée à des tensions entre la conservation des sites, la pression immobilière, les impératifs de développement économique et les revendications des communautés aborigènes pour un plus grand contrôle sur leurs lieux significatifs.

Conclusion : un pays façonné par les ruptures, en quête d’équilibre

L’Histoire du pays en Tasmanie est marquée par des césures brutales : séparation géologique d’avec le continent, quasi‑anéantissement des populations aborigènes, transformation d’un territoire en laboratoire pénitentiaire, changement de nom pour rompre avec un stigmate, cycles successifs de prospérité et de crise, virage industriel autour de l’hydroélectricité, puis désenchantement et réinvention autour des services, du tourisme et du patrimoine.

Attention :

Le poids du passé colonial, avec la Black War et les déplacements forcés, interroge la mémoire collective. La mise en tourisme de sites pénitentiaires comme Port Arthur nécessite un équilibre délicat entre narration historique, respect des victimes et logique économique. Enfin, la dépendance aux aides fédérales soulève la question d’un modèle de développement plus durable et autonome pour l’île.

Dans ce contexte, le patrimoine – qu’il soit naturel, bâti, industriel ou aborigène – devient une ressource stratégique. Il est à la fois un levier pour le tourisme, un marqueur identitaire fort, un outil pédagogique pour confronter les ombres de l’histoire et un terrain de débat sur la manière de concilier conservation et usage. Que l’on pense aux villages coloniaux intacts, aux sites miniers désaffectés, aux barrages monumentaux, aux forêts anciennes ou aux îlots où survivent des traces des premières occupations humaines, la Tasmanie offre une densité d’histoires par kilomètre carré exceptionnelle.

Raconter l’Histoire du pays en Tasmanie, c’est finalement tenir ensemble ces multiples couches : celle d’un peuple aborigène ancienne parmi les plus anciennes cultures vivantes du monde, celle d’un avant‑poste militaire devenu bagne, celle d’une colonie se voulant “la plus britannique” d’Australie, celle d’un État fédéré oscillant entre ambition industrielle et contraintes structurelles, et celle d’une île qui, aujourd’hui, tente de transformer ses héritages les plus lourds en atouts pour son avenir.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour s’installer en Tasmanie (Australie), optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 € pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Portugal, Espagne, Malte, Australie), la stratégie retenue a consisté à cibler la Tasmanie pour bénéficier du cadre australien : système fiscal stable, absence d’impôt sur la fortune, environnement économique et juridique sécurisé, qualité de vie élevée, coût de vie inférieur à Sydney/Melbourne et fort potentiel immobilier locatif. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, conventions fiscales France–Australie), obtention du visa et de la résidence, couverture santé locale, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, comptable) et intégration patrimoniale internationale (analyse, restructuration et mise en place de véhicules adaptés en Australie).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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