Vivre en tant qu’expatrié en Tasmanie : décoder le coût de la vie

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Tasmanie fait rêver beaucoup d’expatriés : nature omniprésente, air parmi les plus purs au monde, rythme de vie plus calme que sur le continent, accès facilité à la résidence permanente grâce au statut “régional”. Mais derrière la carte postale, une question très concrète s’impose vite : combien ça coûte réellement de vivre en Tasmanie quand on vient de l’étranger ?

Bon à savoir :

Comparée aux grandes villes australiennes comme Sydney ou Melbourne, la Tasmanie est globalement plus abordable. Cependant, elle présente des coûts supplémentaires à anticiper : des salaires généralement plus bas, une énergie chère, un marché locatif tendu et un surcoût lié à l’insularité pour les biens de consommation.

Cet article propose un décryptage détaillé, ville par ville et poste de dépenses par poste de dépenses, pour aider les futurs expatriés – étudiants, travailleurs qualifiés, familles ou retraités – à bâtir un budget réaliste avant de franchir le détroit de Bass.

Tasmanie : un cadre de vie attractif mais contrasté

La Tasmanie compte un peu moins de 570 000 habitants, dont près de 40 % concentrés autour de Hobart. Le reste se répartit entre Launceston (environ 80 900 habitants), Devonport, Burnie et une constellation de petites villes et villages, notamment sur la côte ouest, plus isolée mais nettement moins chère que l’est touristique.

Le climat est tempéré, avec quatre saisons très marquées. Les étés restent doux (17 à 23 °C en moyenne) même si des pics peuvent atteindre la trentaine de degrés, tandis que les hivers descendent régulièrement entre 3 et 11 °C. Ce détail a son importance budgétaire : chauffer une maison mal isolée pendant plusieurs mois peut alourdir sérieusement les factures d’énergie, au point de devenir l’un des coûts cachés majeurs pour les nouveaux arrivants.

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C’est la part du territoire de la Tasmanie classée en parcs nationaux et réserves naturelles.

Sur le plan macroéconomique, la Tasmanie est régulièrement présentée comme l’un des États les plus abordables d’Australie. Mais cette étiquette “pas cher” doit être relativisée. Les prix sont généralement inférieurs à ceux de Sydney ou Brisbane, l’inflation à Hobart a été particulièrement faible (1,5 % en glissement annuel fin 2024, la plus basse de toutes les capitales australiennes), mais les salaires locaux sont aussi plus modestes. En clair : un loyer plus bas ne signifie pas forcément une meilleure capacité d’épargne.

Salaires et pouvoir d’achat : un équilibre fragile

Le revenu annuel moyen en Tasmanie tourne autour de 80 000 AUD, en dessous de la plupart des grandes villes du continent. Selon diverses sources, le salaire net moyen mensuel s’établit aux alentours de 5 000 AUD, avec des chiffres un peu plus élevés dans les tableaux de comparaison (jusqu’à 7 000 AUD dans certains jeux de données), mais l’ordre de grandeur reste celui-là.

Les écarts selon les professions sont importants. Des exemples typiques illustrent la hiérarchie locale :

MétierRevenu annuel approximatif (AUD)
Infirmier(ère) diplômé(e)~107 000
Coach sportif / personal trainer~65 000
Guichetier de banque~50 000

Les secteurs qui recrutent beaucoup d’expatriés regroupent la santé, l’éducation, la construction, l’ingénierie (notamment minière), la comptabilité, la restauration/hôtellerie et le commerce de détail. Les professions très qualifiées en finance, médecine spécialisée (anesthésistes, psychiatres, chirurgiens), ingénierie minière ou magistrature offrent un niveau de rémunération nettement supérieur à la moyenne, mais elles restent évidemment minoritaires.

Exemple :

Pour un expatrié, la situation économique en Tasmanie présente un double aspect : les loyers et les dépenses courantes y sont souvent plus bas qu’à Melbourne, mais les salaires moyens y sont inférieurs et le marché de l’emploi plus restreint. Une analyse montre que le pouvoir d’achat à Melbourne est environ 4 % plus élevé qu’à Hobart, malgré un coût de la vie brut plus important. Une stratégie avantageuse consiste donc à opter pour le télétravail pour un employeur basé sur le continent ou à l’étranger, permettant ainsi de percevoir un salaire « continental » tout en dépensant en Tasmanie, ce qui améliore immédiatement la marge de manœuvre financière.

Logement : la ligne de budget décisive

Pour un expatrié, le premier choc concerne presque toujours le logement. Même si la Tasmanie reste généralement moins chère que Sydney ou Brisbane, la forte hausse des loyers sur vingt ans (plus de 178 % entre 2001 et 2021) et la rareté de l’offre dans certaines zones font grimper la facture.

Louer à Hobart, Launceston ou en région

Le marché locatif est particulièrement tendu à Hobart, où le taux de vacance est faible et la concurrence pour chaque bien reste forte. Launceston affiche elle aussi un marché serré, avec un taux de vacance autour de 1,5 %, inférieur à la moyenne nationale de 2,6 %.

Les chiffres issus de plusieurs sources permettent de comparer clairement les niveaux selon les principales zones.

Rythme hebdomadaire (données régionales moyennes)

Région / Type de bienLoyer moyen hebdomadaire (AUD)
Greater Hobart – unité 2 chambres495
Greater Hobart – maison 3 chambres550 (jusqu’à ~640 en ville)
Nord (Launceston) – unité 2 chambres350
Nord (Launceston) – maison 3 chambres480
Nord-Ouest (Devonport/Burnie) – unité 2 chambres290
Nord-Ouest (Devonport/Burnie) – maison 3 chambres415
Petites villes – maison 3 chambres~450 (plus bas sur la côte ouest)

Ces moyennes cachent des écarts sensibles à l’intérieur même des villes. À Hobart, un appartement d’une chambre en plein centre peut se négocier entre 420 et 500 AUD par semaine, alors que le même type de bien en banlieue descend vers 350–450 AUD. En Launceston, un T1 correct se situe plutôt autour de 300–400 AUD par semaine, et dans des villes comme Devonport ou Burnie on trouve encore des loyers entre 250 et 350 AUD.

Astuce :

Face à un marché immobilier tendu, la colocation est devenue une solution quasi incontournable pour les étudiants et les nouveaux arrivants disposant d’un budget limité. En partageant une maison, il est possible de réduire sa part de loyer à une fourchette de 150 à 250 AUD par semaine, soit environ 600 à 900 AUD par mois. Cette option représente une baisse significative du coût du logement par rapport à la location d’un appartement ou d’une maison entière.

Rythme mensuel (comparaison Hobart / Launceston)

Les données mensuelles issues de plateformes de type Numbeo confirment l’écart de prix entre capitale et deuxième ville.

Ville / Type de bienLoyer mensuel moyen (AUD)
Hobart – appart. 1 ch. centre-ville~2 466
Hobart – appart. 1 ch. hors centre~1 766
Hobart – appart. 3 ch. centre-ville~3 303
Hobart – appart. 3 ch. hors centre~2 377
Launceston – appart. 1 ch. centre-ville~1 634 (autres sources : 967)
Launceston – appart. 1 ch. hors centre~1 169 (autres sources : 688)
Launceston – appart. 3 ch. centre-ville~1 849 (autres sources : 1 261)
Launceston – appart. 3 ch. hors centre~1 419 (autres sources : 1 043)

Les montants varient selon les méthodologies de calcul, mais la tendance est constante : Hobart est nettement plus chère que Launceston, qui reste elle-même plus onéreuse que les centres régionaux du nord-ouest. Les analyses globales estiment d’ailleurs que Launceston est environ 20 % moins chère que Hobart, avec des loyers inférieurs de près de 60 % selon certains indicateurs.

Pour un expatrié, ce différentiel peut justifier le choix de Launceston comme base de vie, surtout si l’emploi n’impose pas absolument d’être à Hobart.

Acheter un logement : plus abordable qu’à Sydney, mais…

Le marché de l’accession à la propriété reste lui aussi beaucoup plus accessible que dans les métropoles de la côte est. Le prix médian d’une maison à Hobart tourne autour de 712 000 AUD, quand les grandes capitales dépassent largement le million dans certains quartiers.

Le prix au mètre carré

Cet indicateur illustre l’écart de valeur entre les différents biens immobiliers.

Ville / Type de bienPrix moyen au m² (AUD)
Hobart – appart. centre-ville~8 000 à 9 700
Hobart – appart. hors centre~7 250
Launceston – appart. centre-ville~5 317
Launceston – maison en banlieue~4 642

Hors des grandes agglomérations, les maisons peuvent tomber vers 500 000 AUD, voire en dessous sur la côte ouest. La Tasmanie a par ailleurs une particularité : environ 90 % du parc est constitué de maisons individuelles plutôt que d’unités ou d’appartements, ce qui influence la forme des quartiers et les coûts d’entretien (jardin, chauffage, etc.).

Les expatriés qui envisagent l’achat doivent cependant intégrer plusieurs facteurs propres à l’île : risques de problèmes d’humidité et de moisissures, qualité de construction variable, ventes “sans visite” parfois pratiquées, et perception d’une sorte de “taxe du continental” sur les acheteurs venant d’autres États. Les taux d’intérêt sur les crédits immobiliers s’établissent autour de 6,5–6,6 % sur vingt ans, un niveau qui pèse fortement sur les mensualités.

Pour les non-résidents, le cadre se durcit encore davantage avec l’obligation en règle générale d’acheter du neuf ou de l’off-plan, la nécessité d’un accord du Foreign Investment Review Board (avec des frais pouvant dépasser 14 000 AUD pour un bien à moins d’un million), et des exigences bancaires en apport plus élevées (rapports de 60–70 % de financement maximum).

Énergie, eau, internet : la rançon du climat et de l’insularité

L’un des malentendus fréquents concerne le poste “charges”. Beaucoup d’expatriés comparent les loyerts bruts et oublient que les factures d’électricité, de chauffage et d’internet peuvent grimper plus que prévu, en particulier dans des maisons anciennes mal isolées.

Les estimations convergent vers une fourchette de 150 à 250 AUD par mois pour l’électricité, le gaz et l’eau d’un foyer “standard”, mais les hivers rigoureux sur plusieurs mois peuvent ajouter environ 300 AUD supplémentaires sur la période de chauffe. Certaines sources parlent d’une facture annuelle d’électricité dépassant 1 900 AUD en moyenne.

Les chiffres détaillés pour Hobart montrent à quel point les charges peuvent peser dans le budget :

Poste de charge (Greater Hobart)Coût moyen mensuel (AUD)
Électricité / eau / gaz – appart. ~85 m²~400
Internet haut débit illimité (60 Mbps et plus)~165

Les offres internet classiques tournent cependant plus souvent autour de 65–85 AUD par mois pour une connexion NBN illimitée, et de 70 AUD en moyenne selon les sites comparatifs, les montants plus élevés correspondant à des offres très haut de gamme ou à des données extrêmes.

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C’est le prix médian mensuel en AUD d’un abonnement mobile avec appels et au moins 10 Go de données, inférieur à celui pratiqué à Sydney.

En arrière-plan, le marché de l’énergie en Tasmanie reste très encadré. Toute l’île est desservie par un seul distributeur électrique, TasNetworks, et plusieurs fournisseurs se partagent le marché (Aurora Energy, 1st Energy, CovaU, Energy Locals, Solstice). Le réseau est alimenté à plus de 80 % par l’hydroélectricité, et l’État revendique une autosuffisance en énergie renouvelable et un bilan carbone neutre. Pour autant, le prix final payé par les ménages ne reflète pas toujours ce verdissement, notamment à cause des coûts d’infrastructure et de l’insularité.

Attention :

Le gaz naturel est distribué sur l’île par un seul opérateur de réseau (Tas Gas Networks) via un pipeline depuis Victoria, avec deux fournisseurs principaux (Aurora Energy et Solstice Energy). Les nouveaux arrivants doivent s’adapter à un système de facturation combinant un abonnement journalier et une tarification à la consommation, exprimée en mégajoules (MJ).

Les ménages modestes ou les titulaires de certaines cartes de concession peuvent bénéficier de remises sur leurs factures (électricité, chauffage médical, vie assistée), mais ces dispositifs visent surtout les résidents de longue durée plutôt que les nouveaux arrivants.

Nourriture et restaurants : l’abondance locale à prix inégal

Manger en Tasmanie est souvent présenté comme un plaisir quotidien : fruits de mer, bœuf de haute qualité, vins de climat frais, produits fermiers, marchés locaux comme Salamanca Market à Hobart ou les étals en bord de route. La qualité est effectivement au rendez-vous, mais côté prix, le tableau est un peu plus nuancé.

Certains rapports estiment que le panier de courses tasmanien coûte jusqu’à 25 % de plus que sur le continent, en raison du nombre limité de chaînes de supermarchés (pas d’Aldi sur l’île) et des frais de transport à travers le détroit de Bass. D’autres comparaisons, à l’inverse, concluent que le niveau de prix est proche voire légèrement inférieur à celui de certaines grandes villes. La réalité dépend surtout des habitudes d’achat.

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Budget hebdomadaire moyen pour les courses d’une famille de quatre en Australie selon les statistiques nationales.

Pour se faire une idée, voici des exemples de prix relevés à Launceston pour quelques produits de base :

Produit (Launceston)Prix indicatif (AUD)
Lait 1 L~1,96
Pain blanc 0,5 kg~2,37
Riz 1 kg~1,18
Œufs (12)~3,39
Fromage local 1 kg~10,60
Blanc de poulet 1 kg~7,77
Steak de bœuf 1 kg~9,70
Pommes / bananes 1 kg~2,59
Tomates 1 kg~4,79
Pommes de terre 1 kg~1,98
Oignons 1 kg~1,31

Les chaînes nationales type Woolworths ou Coles affichent des niveaux similaires à ceux du continent, tandis que des enseignes de quartier comme Hill Street Grocer sont plus haut de gamme. À l’inverse, des primeurs discount comme A-One Fruit Market à Hobart permettent des économies substantielles sur les fruits et légumes de saison.

Pour un étudiant, la façon de faire ses courses peut transformer le budget : 70–120 AUD par semaine dans les grandes surfaces classiques, 40–90 AUD dans les supermarchés asiatiques, à peine 20–50 AUD sur les marchés fermiers si l’on cuisine principalement des produits bruts.

Manger dehors : un plaisir qui se paie, surtout à Hobart

Les repas au restaurant, eux, restent chers à l’échelle d’un budget d’expatrié. Un plat dans un restaurant bon marché coûte généralement entre 18 et 20 AUD par personne, voire plus selon le quartier et le type de cuisine. Un dîner complet trois services pour deux personnes atteint facilement 90 AUD dans un établissement de gamme moyenne.

10-15

C’est le prix en dollars australiens d’un menu dans un fast-food en Australie.

Les données spécifiques à Launceston illustrent le niveau de prix :

Poste “sortir” (Launceston)Prix moyen (AUD)
Déjeuner simple (menu)~16,40
Dîner pour deux (restaurant)~68,90
Menu fast-food~8,84
Bière pression 0,5 L au pub~5,90
Cappuccino~3,07
Bouteille de vin milieu de gamme (magasin)~19,70

Hobart est généralement un cran au-dessus en termes de prix de restauration, ce qui se retrouve dans les comparaisons détaillées : les restaurants y sont donnés comme environ 16 % plus chers que ceux de Launceston.

Pour un expatrié qui souhaite profiter des cafés et restaurants sans exploser son budget, l’idée est de réserver ces sorties à une ou deux occasions hebdomadaires et de cuisiner maison le reste du temps. L’abondance de produits frais et la culture du marché rendent cet arbitrage assez agréable.

Transport : un budget à ne pas sous-estimer

La Tasmanie n’a ni métro ni réseau ferroviaire urbain. Les déplacements reposent essentiellement sur la voiture et, dans les zones urbaines, sur un réseau de bus. Ce modèle a un impact direct sur le budget des expatriés, surtout pour ceux qui s’installent en périphérie ou dans des villes moyennes.

Le coût de la voiture : indispensables mais lourds

Les études nationales sur l’accessibilité des transports montrent une situation paradoxale : Hobart a les coûts de transport globaux les plus bas parmi les grandes villes australiennes, mais ces coûts représentent la part la plus élevée du revenu des ménages. Autrement dit, on dépense moins en valeur absolue qu’à Brisbane ou Sydney, mais cela pèse davantage dans le budget.

À Hobart, les dépenses de transport moyennes sont évaluées autour de 390,60 AUD par semaine, soit plus de 20 000 AUD par an. Cela représente environ 18,4 % du revenu moyen du foyer. À Launceston, la facture annuelle atteint presque 19 000 AUD, soit 364,64 AUD par semaine, et absorbe 18,9 % des revenus, un taux d’effort encore plus élevé.

Bon à savoir :

La décomposition des coûts pour Hobart permet d’estimer le poids de la voiture.

Poste de dépense transport (Hobart)Coût hebdomadaire moyen (AUD)
Remboursement de prêt automobile~182,10
Immatriculation / permis / assurance CTP~23,12
Assurance tous risques~26,76
Entretien et pneus~32,33
Carburant~95,87
Transports publics~28

Les carburants sont globalement un peu plus chers que sur le continent, avec un litre d’essence sans plomb autour de 1,80–2,10 AUD en 2025, et un diesel légèrement plus cher (1,88 AUD). Dans certaines bases de données on trouve des prix au gallon (4,85–7,64 AUD), mais la conclusion reste la même : la voiture coûte cher, et la topographie vallonnée like Hobart n’aide pas à réduire la consommation.

La Tasmanie se targue pourtant d’avoir les coûts “sur route” les plus bas du pays, notamment pour ce qui est de la fiscalité automobile. Mais entre le prix d’achat (un véhicule neuf moyen dépasse désormais 50 000 AUD), la dépréciation (jusqu’à 10 000 AUD perdus la première année), l’assurance, l’entretien et les pleins, la possession d’une voiture reste l’un des principaux postes de dépenses d’un ménage.

Astuce :

Pour un expatrié, un compromis intéressant peut consister à acheter un véhicule d’occasion de petite taille ou de gamme moyenne bien choisi, souvent en dessous de 30 000 AUD, afin de réduire simultanément le coût initial, les primes d’assurance, la consommation de carburant et les intérêts d’un éventuel crédit.

Transports publics : utiles mais limités

Le réseau de bus principal, Metro Tasmania, dessert Hobart, Launceston et Burnie, avec un maillage raisonnable dans les zones centrales mais beaucoup plus clairsemé en périphérie et dans les petites villes. D’autres opérateurs privés assurent les liaisons interurbaines et certains services scolaires ou régionaux.

À Hobart, Metro gère environ 167 bus, 87 lignes et près de 1 800 arrêts, répartis en cinq zones tarifaires. À Launceston, ce sont 50 bus sur une trentaine de lignes, en deux zones, et à Burnie 14 bus sur huit lignes dans une zone unique. Malgré cet appareil, la part modale des transports publics reste extrêmement faible : à peine plus de 3 % des actifs utilisent le bus pour aller travailler, et moins de 5 % de l’ensemble des déplacements quotidiens sont réalisés en transport collectif en semaine.

Bon à savoir :

Les tarifs des transports sont relativement abordables, notamment avec des cartes intelligentes comme la Greencard ou Transportme. Un trajet urbain avec la Greencard coûte environ 3 AUD. Des réductions supplémentaires sont disponibles pour les détenteurs de cartes de concession (étudiants, seniors). Les enfants et lycéens bénéficient de tarifs forfaitaires, et certains trajets scolaires peuvent être gratuits.

Les cartes Greencard offrent une réduction de l’ordre de 20 % par rapport au paiement en espèces, et donnent accès à des plafonds journaliers de dépense dans les zones urbaines de Hobart, Launceston et Burnie. Les budgets mensuels réalistes pour un expatrié qui utilise régulièrement le bus tournent autour de 50–100 AUD, avec des estimations hebdomadaires entre 20 et 45 AUD.

Pour un étudiant ou un travailleur vivant près du centre, la combinaison marche + vélo + bus peut réellement diminuer la part du transport dans le budget. À l’inverse, un expatrié installé dans une petite ville sans réseau régulier nécessitera quasi systématiquement une voiture, avec toutes les implications financières et environnementales que cela implique.

Santé : système performant mais vigilance pour les visas temporaires

L’Australie dispose d’un système de santé mixte réputé de très bon niveau. La composante publique, Medicare, offre un accès gratuit ou fortement subventionné à de nombreux services médicaux pour les citoyens, les résidents permanents et certains titulaires de visas issus de pays liés par des accords de réciprocité. Mais beaucoup d’expatriés arrivent en Tasmanie avec des visas temporaires qui ne donnent pas d’accès plein à Medicare, ou qui exigent obligatoirement une assurance privée (étudiants, travailleurs temporaires).

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C’est le coût maximum moyen en dollars australiens pour une consultation chez un médecin généraliste à Launceston.

Les spécialistes facturent plus cher : dans le système australien, il n’est pas rare que la première consultation chez un spécialiste atteigne 150–300 AUD, même si une partie peut être remboursée par Medicare pour les résidents ou par une police d’assurance internationale pour les expatriés correctement couverts.

Dental, optique, soins paramédicaux sont très peu pris en charge par le système public et reposent majoritairement sur des assurances privées. En Tasmanie, plus de 15 000 personnes figurent sur les listes d’attente pour les soins dentaires publics, ce qui pousse de nombreux habitants vers le secteur privé malgré les coûts : 150–300 AUD pour une visite de routine, plusieurs centaines voire milliers de dollars pour une couronne ou un traitement lourd.

150-200

C’est le coût mensuel réaliste, en dollars australiens, d’une couverture hospitalisation de base pour un adulte en assurance santé privée en Australie.

Pour les résidents permanents ou les citoyens, la situation est plus favorable, mais ils contribuent en contrepartie via la Medicare Levy (2 % de l’impôt sur le revenu) et, pour les hauts revenus sans assurance privée, via un surtaux supplémentaire (Medicare Levy Surcharge) de 1 à 1,5 %.

Enfin, un point spécifique à la Tasmanie intéresse tous les expatriés : les ambulances sont gratuites pour les résidents à l’intérieur de l’État, mais pas au-delà. Les détenteurs de visas temporaires doivent vérifier si leur assurance couvre bien le transport médical d’urgence, certains rapatriements ou l’évacuation aérienne, souvent très onéreux en Australie.

Éducation et garde d’enfants : public abordable, privé coûteux

Les familles expatriées avec enfants doivent intégrer deux réalités : l’école publique est généralement gratuite (hors fournitures, uniformes, excursions), mais le privé peut atteindre des montants comparables aux pensions de grandes écoles internationales européennes.

Le système scolaire tasmanien suit la structure australienne, avec école primaire (Prep à Year 6), collège (Years 7–10) et lycée (Years 11–12), ces deux dernières années préparant au Tasmanian Certificate of Education (TCE) et à l’indice d’admission universitaire (ATAR). Les écoles publiques appliquent le curriculum national, et l’État gère depuis les années 1980 un programme d’accueil pour étudiants internationaux, du primaire au secondaire.

Les coûts projetés sur 13 ans de scolarité, calculés par l’indice Cost of Education de Futurity Investment Group, donnent un aperçu des ordres de grandeur pour les différentes filières en zones régionales ou éloignées de Tasmanie :

Type d’école (régional/éloigné, Tasmanie)Coût total projeté sur 13 ans (AUD)
École publique (government)~78 869
École catholique~145 870
École indépendante (privée)~251 161

À l’échelle nationale, les écoles publiques des grandes villes coûtent en moyenne plus de 120 000 AUD sur 13 ans, les catholiques près de 194 000 et les indépendantes plus de 350 000. La Tasmanie apparaît donc plutôt bien placée, notamment pour la filière publique, qui revient environ 40 000 AUD moins cher que la moyenne des métropoles.

90

Près de 90 % du coût des écoles publiques correspondent à des dépenses annexes, et non aux frais de scolarité.

Ainsi, un lycée indépendant comme The Hutchins School affiche des frais de scolarité annuels autour de 38 400 AUD pour le secondaire, auxquels s’ajoutent des frais de pensionnat d’environ 26 000 AUD par an, une contribution technologique de 580–790 AUD, sans compter uniformes (environ 1 500 AUD la première année), activités optionnelles, musique, sports, etc. Une autre institution comme St Michael’s Collegiate, également à Hobart, positionne les frais de scolarité du collège et lycée autour de 38 000 AUD, avec un internat au même niveau de prix.

Attention :

Pour les expatriés scolarisant leurs enfants dans le public en Australie, les principaux frais concernent la garde préscolaire et périscolaire (crèches, garderies, ‘out of school care’), dont l’accès et le coût varient selon les zones. Par exemple, à Launceston, une place en ‘daycare’ coûte environ 1 700 AUD par mois et une école primaire internationale près de 20 000 AUD par an. Les aides publiques dépendent du statut de résidence et du type de visa.

Enfin, pour les étudiants internationaux, les frais de scolarité s’ajoutent évidemment au coût de la vie. Un simple Certificate III peut coûter 10 000 AUD par an, sans compter le logement, les transports et la santé. Les autorités fédérales exigent d’ailleurs désormais des candidats à un visa étudiant qu’ils démontrent au moins 29 710 AUD de ressources annuelles pour leurs dépenses courantes, signe que le gouvernement reconnaît implicitement un niveau de coût de vie relativement élevé.

Budget mensuel : combien prévoir vraiment ?

Les différentes sources permettent de dresser quelques budgets types, à manier comme des ordres de grandeur plutôt que comme des vérités absolues, les modes de vie et les localisations faisant énormément varier les chiffres.

Expatrié seul en colocation à Launceston

Les estimations locales pour Launceston suggèrent un coût de vie total d’environ 1 660 AUD par mois pour une personne seule, sans extravagances. La ventilation indicative ressemble à ceci :

Poste de dépenseMontant mensuel estimé (AUD)
Loyer + charges~963
Nourriture~503
Transports (principalement bus)~60,50
Divers (téléphone, loisirs, santé non assurée, etc.)reste du budget

Rapporté au salaire médian net après impôt local (environ 3 422 AUD), ce budget laisse une marge permettant de couvrir environ 2,1 mois de dépenses, ce qui donne une idée de la capacité d’épargne potentielle d’un expat moyen.

1200-2000

Budget mensuel réaliste en AUD pour vivre en Tasmanie, incluant un loyer en colocation et des dépenses raisonnables.

Couple ou famille avec enfants

Pour un foyer de quatre personnes à Launceston, certaines évaluations avancent un coût total autour de 3 880 AUD par mois, incluant le logement, la nourriture et les déplacements. D’autres tableaux pour Hobart évoquent des dépenses mensuelles moyennes (logement compris) autour de 3 500–4 800 AUD selon qu’il s’agit d’un couple ou d’une famille avec deux enfants.

Les budgets affinés pour Hobart mentionnent notamment :

personne seule : entre 1 800 et 2 800 AUD par mois si l’on loue un logement indépendant ;

couple : environ 3 400–3 500 AUD par mois ;

famille de quatre : jusqu’à 4 800–5 000 AUD selon le type de logement et le niveau de consommation.

Dans ces estimations, les coûts hors loyer sont souvent évalués autour de 1 300 AUD pour une personne seule, un peu plus de 2 100 AUD pour un couple et plus de 3 100 AUD pour une famille de quatre. Le loyer devient alors le “curseur” principal : en optant pour une petite ville plutôt que Hobart, ou pour la colocation plutôt qu’une maison entière, on peut faire varier le budget global de presque 1 000 AUD par mois.

Régions : Hobart, Launceston ou les petites villes ?

Au moment de choisir où poser ses valises, un expatrié en Tasmanie arbitre presque toujours entre trois options : Hobart, Launceston ou les petites villes/régions plus isolées comme la côte ouest ou le nord-ouest (Devonport, Burnie).

Hobart concentre l’essentiel des opportunités d’emploi qualifié, une offre universitaire et hospitalière complète, et une vie culturelle dense (Dark Mofo, Mona Foma, Festival of Voices, événements sportifs et nautiques). En retour, les loyers y sont les plus élevés de l’île, certains biens à trois chambres frôlant ou dépassant 640 AUD par semaine, et de nombreux appartements 1 chambre s’affichant à 1 200–1 500 AUD par mois.

Bon à savoir :

Deuxième ville de Tasmanie et ville UNESCO de gastronomie, Launceston offre un coût de la vie plus bas qu’à Hobart, avec des loyers en moyenne 20 % moins élevés et des dépenses de restauration plus modérées. Elle bénéficie d’une excellente qualité de l’air et d’un accès facile à des vignobles et à des sites naturels majeurs comme la vallée de la Tamar et Cradle Mountain.

Les villes du nord-ouest et la côte ouest, enfin, attirent ceux qui recherchent avant tout un coût de vie minimal et une vie communautaire forte. Les loyers y sont nettement plus bas (une maison de trois chambres peut se trouver à 415 AUD par semaine) et les produits locaux (poisson, légumes, viande) restent abordables, mais les possibilités d’emploi qualifié, les services de santé spécialisés et l’offre de loisirs payants y sont plus limités. Pour un expatrié en télétravail ou un retraité, cette option peut cependant s’avérer très intéressante.

Conseils pratiques pour expatriés : éviter les mauvaises surprises

À partir de l’ensemble de ces données, quelques lignes directrices se dégagent pour qui envisage une installation en Tasmanie.

D’abord, disposer d’un coussin financier de trois à six mois de dépenses couvertes reste une sage précaution. Entre les frais d’installation (caution de deux à quatre semaines de loyer, deux semaines d’avance, achat de mobilier si nécessaire, dépôt de garantie pour l’énergie, premier plein d’essence, équipement de chauffage d’appoint, etc.) et le temps potentiel pour trouver un emploi adapté, les premiers mois peuvent être coûteux.

Astuce :

Avant de s’installer, il est essentiel d’anticiper l’impact de la localisation sur les dépenses de transport. Opter pour une résidence en centre-ville peut permettre de se passer de voiture ou de n’en partager qu’une seule au sein d’un couple, réduisant ainsi considérablement les coûts. À l’inverse, choisir un logement éloigné, comme un lotissement en périphérie, pour un loyer légèrement inférieur peut s’avérer plus onéreux au final, une fois pris en compte l’achat et l’entretien de deux véhicules.

Le choix du logement est tout aussi stratégique. Les maisons anciennes typiques de Tasmanie séduisent par leur charme, mais elles peuvent être de véritables gouffres à énergie l’hiver. S’intéresser à l’isolation, au type de chauffage (bois, gaz, électrique), à l’orientation et à la présence de doubles vitrages peut peser lourd dans le budget d’électricité. Il n’est pas rare que des ménages voient leur facture augmenter de 300 AUD sur une saison froide à cause d’un chauffage inefficace.

Bon à savoir :

Pour maîtriser ses dépenses alimentaires sans sacrifier la qualité, il est conseillé de combiner plusieurs circuits d’approvisionnement : les supermarchés pour les produits de base, les marchés et stands à la ferme pour les fruits et légumes de saison, et les épiceries asiatiques pour le riz, les nouilles, les sauces et certaines viandes à prix avantageux. Cette stratégie est particulièrement efficace pour les personnes qui cuisinent principalement à domicile.

Enfin, concernant la santé et l’éducation, la vigilance administrative est indispensable. Il faut s’assurer avant le départ de la couverture santé réellement applicable selon son visa (Medicare ou non, obligation d’OSHC ou d’OVHC, niveau de garantie sur les hospitalisations), et calculer précisément le coût de la garde d’enfants ou de la scolarité privée si l’on envisage ce type d’établissement.

En résumé : une île abordable, mais pas bon marché

La Tasmanie offre aux expatriés un rapport qualité de vie / coût de la vie difficile à égaler : nature omniprésente et gratuite, climat tempéré, villes à taille humaine, sécurité élevée, système de santé performant et système éducatif solide. Les loyers y restent en moyenne plus faibles que dans les métropoles continentales, la pression immobilière est réelle mais moindre qu’à Sydney, et certains postes comme les loisirs de plein air coûtent quasiment zéro.

Attention :

Malgré un coût de la vie globalement plus abordable que dans les grandes capitales, la Tasmanie présente des défis financiers spécifiques : salaires moyens plus bas, énergie chère, insularité renchérissant certains produits, marché de l’emploi étroit et nécessité fréquente d’une voiture. Une planification prudente est essentielle pour éviter la désillusion et trouver un équilibre durable.

Pour un expatrié seul, viser un budget entre 1 200 et 2 000 AUD par mois en colocation, ou 1 800–2 800 AUD pour un logement indépendant, semble réaliste selon la ville et le mode de vie. Pour un couple ou une famille, les montants montent mais restent généralement en-deçà des grandes villes australiennes à niveau de confort comparable.

Bon à savoir :

L’essentiel n’est pas de savoir si la Tasmanie est bon marché, mais si l’écart entre les revenus potentiels et les dépenses prévisibles permet d’y vivre comme souhaité. Une préparation sérieuse, une bonne compréhension des postes de coûts et une flexibilité sur la localisation et le logement permettent à de nombreux expatriés d’y parvenir.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Grèce, Chypre, Maurice, pays baltes), la stratégie retenue a consisté à cibler la Tasmanie, via le régime fiscal australien applicable aux retraités non-résidents : absence d’impôt sur la fortune, fiscalité avantageuse sur certains revenus financiers étrangers, environnement juridique stable, coût de vie inférieur à Paris dans les principales villes (Hobart, Launceston) et accès à un système de santé performant. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention d’un visa long séjour et résidence locale, détachement ou couverture santé internationale, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors de France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, agents immobiliers) et intégration patrimoniale dans une stratégie de diversification internationale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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