Conseils pour gérer le mal du pays en Tasmanie

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer ou étudier loin de chez soi, même dans un décor de cartes postales, peut provoquer un profond sentiment de manque. Le mal du pays ne disparaît pas simplement parce que l’on vit entouré de forêts, d’océan et d’air pur. En Tasmanie, ce tiraillement entre la beauté du lieu et la nostalgie de ce qu’on a laissé derrière soi est très fréquent, que l’on soit étudiant international, jeune travailleur, expatrié en famille ou nouvel arrivé en quête d’une vie plus calme.

80

Pourcentage d’étudiants internationaux touchés par le mal du pays selon une étude.

Dans cet article, on va parler de la réalité émotionnelle du mal du pays, puis des ressources particulières qu’offre la Tasmanie : groupes d’entraide, associations, réseaux d’expats, nature omniprésente, services de santé mentale, connexion numérique avec vos proches, et toute une constellation de festivals, marchés et activités qui peuvent éviter l’isolement. Le but n’est pas de nier ce que vous ressentez, mais de vous aider à transformer peu à peu le malaise en une forme d’« attachement » à votre nouveau chez-vous.

Comprendre le mal du pays… dans un coin du monde pourtant idyllique

Le mal du pays, c’est cette détresse émotionnelle liée au manque de ce qui nous est familier : la langue, les proches, la nourriture, les paysages, les petites habitudes quotidiennes. Les recherches le décrivent à travers une série de symptômes qui se retrouvent chez de nombreux nouveaux arrivants :

Bon à savoir :

Le mal-être en expatriation peut se manifester à plusieurs niveaux. Sur le plan émotionnel, par de la tristesse, de la solitude, un sentiment de ne pas appartenir, de l’anxiété, des envies de tout quitter ou une culpabilité de ne pas être « assez fort ». Sur le plan physique, par des troubles du sommeil, de la fatigue, des maux de tête ou de ventre, une perte d’appétit ou des nausées. Sur le plan comportemental, par un repli sur soi, de l’irritabilité, des crises de larmes, une perte de motivation ou des difficultés de concentration.

Dans un environnement rural ou isolé, comme une bonne partie de la Tasmanie, ces signes peuvent être renforcés par la distance géographique, le manque de transports, un accès parfois limité aux services et le faible nombre d’activités sociales, surtout en dehors des grandes villes.

Attention :

Les habitants des zones reculées de Tasmanie présentent davantage de troubles psychiques et des taux de suicide plus de deux fois plus élevés que dans les grandes villes australiennes, en raison de l’isolement, des difficultés d’accès aux soins et d’une culture de la discrétion sur les problèmes personnels.

Il est donc important de prendre vos émotions au sérieux. Vous n’êtes pas simplement « un peu triste » ou « pas assez adaptable ». Vous traversez un processus d’ajustement dont la courbe est bien connue : une phase d’enthousiasme à l’arrivée, suivie d’un creux de solitude, avant une lente stabilisation vers un sentiment de confort. Ce creux n’est pas un échec personnel, c’est un passage.

S’appuyer sur les réseaux d’accueil et d’intégration en Tasmanie

La bonne nouvelle, c’est que la Tasmanie s’est dotée de nombreuses structures pour accompagner les nouveaux arrivants, qu’ils soient migrants, réfugiés, étudiants ou travailleurs qualifiés. Beaucoup de ces dispositifs ne se présentent pas explicitement comme une réponse au mal du pays, mais ils sont, dans les faits, des bouées pour éviter l’isolement.

Services pour migrants et réfugiés

Plusieurs organisations ont pour mission d’aider les personnes issues de communautés culturellement et linguistiquement diverses à s’installer :

Organisation / programmeRôle principalZone / infos clés
Welcome Cultural Services (ex-MRC North)Soutien aux communautés multiculturelles, accompagnement socialNord de la Tasmanie, actif depuis 1982
Migrant Resource Centre Tasmania (MRC Tas)Aide au logement, à l’emploi, programmes pour jeunes (Multicultural Youth Tasmania), Phoenix Centre (santé mentale)Hobart, Launceston, Nord & Nord-Ouest
Phoenix CentreSoutien psychologique gratuit et confidentiel pour personnes ayant vécu torture/trauma, avec interprètesIntégré au MRC Tas, équipes à Hobart et Launceston
Multicultural Council of Tasmania (MCOT)Représentation des communautés migrantes, informations, plaidoyerÉchelle de l’État
Migration TasmaniaSuivi des nouveaux arrivants, webinaires sur l’emploi, le bien-être, inscription après visaTasmanie entière

S’inscrire, participer à leurs ateliers, passer simplement la porte d’un bureau pour poser une question : ce sont autant de gestes concrets qui cassent la solitude. Le Phoenix Centre, par exemple, offre un espace où parler de son mal du pays dans sa langue, avec l’aide d’un interprète si besoin, sans jugement et sans frais.

Apprendre l’anglais et décrypter la culture locale

Ne pas se sentir à l’aise dans la langue amplifie souvent le mal du pays. En Tasmanie, l’Adult Migrant English Program (AMEP) propose des cours gratuits d’anglais aux migrants éligibles, avec parfois une garde d’enfants sur place, ce qui facilite la participation des parents.

ServiceCe qu’il proposeContact / accès
AMEP via TasTAFECours d’anglais gratuits, accompagnement, garde d’enfants possibleBureau principal à Hobart (75 Campbell St, niveau 3), tél. (03) 6165 5863, mail : languages.statewide@tastafe.tas.edu.au
AMEP via Max SolutionsAccès au programme AMEP via un autre prestataireInfos via Department of Home Affairs
Cours divers à Hobart & LauncestonFormations généralistes ou spécialisées, conversation, préparation au travailTasTAFE, associations locales, université

Ces cours ne sont pas qu’un apprentissage linguistique : c’est souvent le premier endroit où l’on se fait des amis qui vivent les mêmes difficultés. Les conseils fréquemment mis en avant — lire des livres simples en anglais, regarder la télévision locale, écouter des podcasts, poser des questions sur l’argot (comme « arvo » pour « afternoon ») — ont l’air basiques, mais ils renforcent très vite votre sentiment de maîtrise du quotidien.

Astuce :

Comprendre les valeurs australiennes comme la décontraction, le « mateship » (solidarité entre amis), la modestie et l’optimisme est essentiel pour éviter les malentendus. Cela implique de saluer les inconnus, d’accepter les invitations informelles (comme un barbecue) sans formalisme excessif et de s’habituer à la franchise locale. Ces gestes facilitent l’intégration et créent du lien social.

S’inscrire dans les réseaux étudiants et de jeunes

Si vous êtes étudiant ou jeune adulte, plusieurs structures peuvent alléger le poids de la distance avec votre pays d’origine :

Services de soutien en Tasmanie

Ressources et organisations offrant un accompagnement aux étudiants et aux jeunes en Tasmanie, couvrant le soutien académique, le bien-être mental et l’intégration sociale.

Université de Tasmanie

Offre des services d’accompagnement académique et psychologique pour ses étudiants.

TasTAFE

Fournit des services de soutien aux étudiants dans le cadre de la formation professionnelle.

headspace (12–25 ans)

Espace gratuit à Hobart pour aborder la santé mentale, l’orientation et les relations sociales.

Youth Arts & Recreation Centre

Centre jeunesse à Hobart axé sur les arts et les activités récréatives.

Multicultural Youth Tasmania (MYT)

Organisation rattachée au MRC Tas, soutenant l’intégration des jeunes issus de la diversité culturelle.

Au-delà des consultations individuelles, ces structures organisent des ateliers, des activités artistiques ou sportives, et des rencontres qui brisent l’isolement, particulièrement important quand on vit dans une petite ville ou en périphérie.

Rester relié à ses proches : bien utiliser la technologie

Pour apprivoiser le mal du pays, rester en contact avec la famille et les amis restés au pays est essentiel. L’infrastructure numérique australienne est globalement solide, et la Tasmanie ne fait pas exception, même si certaines zones reculées restent moins bien couvertes.

Téléphone, internet, SIM locale : les bases à mettre en place

Les opérateurs majeurs — Telstra, Optus, Vodafone — sont présents, Telstra étant considéré comme celui qui couvre le mieux les zones rurales. Acheter une carte SIM locale dès votre arrivée (aéroport, supermarché, boutique de téléphonie, commande en ligne) simplifie tout : appels moins chers, données mobiles locales, accès facilité aux services en ligne.

Exemple :

De nombreux établissements publics et privés (hôtels, cafés, bibliothèques, centres commerciaux, transports) proposent un accès Wi-Fi gratuit. Des applications comme Wiman aident à localiser ces points d’accès, ce qui est particulièrement utile dans les zones à faible couverture 4G. Cependant, dans certains endroits emblématiques, comme Cradle Mountain, le réseau est principalement opéré par Telstra, ce qui peut entraîner une déconnexion forcée. Cette situation est parfois perçue positivement, comme une parenthèse salutaire loin des écrans.

Messageries et appels vidéo : recréer une présence

Les recherches montrent que les appels vidéo gratuits sont devenus un outil clé pour atténuer le sentiment de séparation. En Tasmanie, avec une connexion correcte, vous pouvez très facilement multiplier ces échanges :

Bon à savoir :

WhatsApp est fréquemment utilisé par les guides touristiques pour coordonner les groupes et convient également pour des conversations sécurisées avec vos proches. Facebook Messenger, WeChat et les réseaux sociaux en général permettent de partager des photos de votre nouvelle vie, faisant ainsi entrer un peu de la Tasmanie chez vous.

Même de simples e-mails restent précieux, notamment pour concilier des fuseaux horaires différents, et les SMS internationaux peuvent être une option économique si chacun peut recevoir des textos.

L’important est de trouver un équilibre : rester suffisamment connecté pour nourrir les liens, sans passer la moitié de vos journées à scroller les réseaux de votre pays d’origine, au risque de vous déconnecter de votre nouvelle réalité. Limiter le temps passé à comparer votre quotidien avec les photos de vos amis restés « au pays » est souvent une recommandation centrale pour ne pas nourrir la nostalgie en boucle.

Chercher activement des liens sur place : clubs, événements, communautés

Le mal du pays se renforce lorsqu’on a l’impression de vivre « à côté » de la société locale. À l’inverse, participer à la vie de la communauté tasmanienne aide à transformer une terre étrangère en territoire familier. La Tasmanie, avec sa petite population (un peu plus de 500 000 personnes), se décrit volontiers comme un endroit « connecté », où l’on se croise et se recroise, où les réseaux informels comptent beaucoup.

Clubs, associations et groupes d’intérêt

L’île regorge de structures très variées, qui offrent autant de portes d’entrée dans la société locale : clubs sportifs, associations artistiques, groupes LGBTIQA+, organisations environnementales, cercles de danse ou de jeux de rôle, etc. Participer à ce type d’activités, c’est à la fois combattre la solitude et se créer une nouvelle identité sociale, qui ne se limite pas au statut de « nouvel arrivant ».

Voici quelques exemples de lieux ou groupes cités dans les recherches, qui montrent la diversité de ce que l’on peut trouver :

Type de groupe / activitéExemple en TasmanieIntérêt pour le mal du pays
Sports & activité physiqueVan Diemen Fencing Club, Wellington Wanderers (randonnées pour communautés LGBTI), clubs de trail comme kunanyi Mountain Run côté participants, clubs locaux de foot/cricket/basketBouger, structurer la semaine, rencontrer des gens, se sentir physiquement mieux
Arts, danse, expressionDRILL (compagnie de danse pour 12–25 ans), Youth Arts & Recreation Centre, Sacred Circle Dance, ateliers de cirque (The Circus Studio)Exprimer ses émotions autrement que par les mots, faire partie d’un projet commun
Groupes LGBTIQA+Diversity Launceston, OUTspace North/North West, Pride Society of UTAS, Working It Out, LockerRoom Hobart, Limbo PartyTrouver un espace sûr si on est LGBTIQA+, éviter l’isolement identitaire
Jeunesse & socialKnights of the Shed (programmes psycho-éducatifs), Youth Arts & Recreation Centre, Home Base (5–25 ans), Car Café (groupe d’étude conduite + anglais)Créer un réseau de pairs, partager les mêmes préoccupations
Culture & loisirsclubs de lecture, ateliers de zines, clubs de jeux (Dungeons & Dragons au Queenstown Library), festivals de films, ateliers radio/écritureS’évader, s’ancrer dans une scène culturelle locale

Il ne s’agit pas de tout faire, mais de choisir un ou deux lieux où vous acceptez d’être un « nouveau » pendant quelques semaines, le temps que les visages deviennent familiers.

Festivals, marchés et événements : sortir de chez soi, même sans connaître personne

La Tasmanie possède un calendrier impressionnant de festivals et d’événements culturels, culinaires, sportifs ou communautaires, répartis dans les différentes régions (Hobart, Launceston, côte Est, Nord-Ouest, Ouest, Huon Valley, etc.). Participer à ces événements est une manière simple de se sentir plongé dans l’ambiance locale, même si l’on y va seul au début.

Parmi les plus emblématiques, on trouve :

Salamanca Market à Hobart, chaque samedi, avec plus de 300 stands de producteurs, artisans, artistes : un lieu idéal pour flâner, goûter, écouter des musiciens de rue, discuter avec des commerçants

Harvest Launceston Community Farmers’ Market, tous les samedis matin, qui rassemble producteurs locaux, stands de café et de street-food : parfait pour prendre le pouls de la communauté du Nord

– de grands festivals comme Dark Mofo, le Festival of Voices, le Tasmanian Craft Fair, Festivale à Launceston, la Taste of Summer, les nombreux événements œnologiques (Great Eastern Wine Week, Spring in the Vines, agriCULTURED, Bicheno Food & Wine Festival), les fêtes de la tulipe à Wynyard, ou encore des festivals plus intimistes comme The Unconformity à Queenstown ou Junction Arts Festival à Launceston

Ces rendez-vous sont autant d’occasions de transformer vos week-ends en découvertes plutôt qu’en après-midis à ressasser votre nostalgie devant un écran.

Bon à savoir :

Pour se repérer dans l’agenda foisonnant, le site Events Tasmania recense les manifestations financées ou soutenues. Parallèlement, les communes comme George Town ou Burnie publient leurs propres calendriers locaux, listant des événements plus modestes mais réguliers : marchés, soirées quiz, sessions de méditation, cours de yoga et ateliers parents-ados.

Groupes d’expatriés et réseaux internationaux

Si votre mal du pays est lié au fait de ne pas trouver facilement des personnes qui comprennent votre culture d’origine, les réseaux d’expats peuvent jouer un rôle clé. InterNations, par exemple, est présenté comme le plus grand réseau mondial d’expatriés, avec des communautés dans plus de 400 villes, dont une en Tasmanie (Launceston) et plusieurs en Australie. Le groupe InterNations Launceston organise des rencontres mensuelles en personne, ce qui permet de :

partager des astuces sur la vie locale

parler librement de la difficulté de vivre loin de chez soi

rencontrer des gens qui ont déjà traversé le choc culturel et peuvent rassurer sur la suite

Plus largement, de nombreux groupes Facebook centrés sur la Tasmanie — « That’s it!… I’m moving to Tassie! », « Tassie Life », « Lap of Tasmania », « Dog-Friendly Places in Tasmania », etc. — servent de lieux de discussion et de soutien informel. On y pose des questions pratiques, on partage des photos de balades, on se propose de se retrouver à un marché ou lors d’une randonnée. Pour peu qu’on ose publier un message pour dire qu’on vient d’arriver et qu’on ne connaît personne, les réponses arrivent souvent vite.

S’ancrer dans la nature : transformer le paysage en allié contre la nostalgie

L’un des atouts majeurs de la Tasmanie face au mal du pays, c’est son environnement naturel exceptionnel. Près de 45 % du territoire est protégé sous forme de parcs nationaux ou de réserves, l’île compte 19 parcs nationaux, plus de 2800 kilomètres de sentiers balisés, et une côte longue de 5400 kilomètres.

Les recherches sur la santé et les activités de plein air en Tasmanie montrent que les habitants de 15 ans et plus ont participé à environ 5 millions de sorties de nature en une seule année, représentant 14 millions d’heures d’activité physique. Au-delà de l’impact économique important (plus de 170 millions de dollars injectés dans l’économie locale, plusieurs milliers d’emplois), ces pratiques ont permis d’éviter des dépenses de santé estimées à 28 millions de dollars par an.

Bon à savoir :

La marche, la randonnée, le vélo, le kayak ou la simple contemplation d’un paysage sont des alliés sérieux pour votre bien-être mental.

Quelques pistes pour utiliser la nature comme antidote au mal du pays :

se programmer une courte promenade quotidienne, même en ville (parcs urbains, bords de rivière, petites collines locales), pour respirer, bouger, décrocher de l’écran

découvrir petit à petit les grands classiques : Cradle Mountain-Lake St Clair, Freycinet, Mount Field, Tasman Peninsula, South Coast Track pour les plus aventureux, etc.

– tester des expériences de « bien-être extrême » comme les saunas flottants (par exemple sur le lac Derby) ou l’alternance sauna – bain froid, très en vogue, qui conjuguent nature et ressourcement physique

L’expression de « bain de forêt » (forest bathing) est souvent utilisée pour décrire ce contact prolongé avec les arbres, sans objectif sportif, juste pour ressentir une forme de calme. En Tasmanie, où certaines forêts de feuillus figurent parmi les plus hautes du monde, ce type de pratique prend une dimension particulière.

Pratique du bain de forêt en Tasmanie

Dans le même temps, être très attaché à des paysages peut aussi générer une autre forme de détresse : ce que les chercheurs appellent « solastalgie », une sorte de mal du pays ressenti chez soi, lorsque l’environnement se dégrade (feux de brousse, sécheresses, industries minières, érosion côtière). En Tasmanie, les effets du changement climatique sont déjà visibles : montée du niveau de la mer, hausse de la température de l’eau sur la côte Est, risques pour certaines espèces emblématiques comme le diable de Tasmanie ou le perroquet à ventre orange.

Prendre soin de votre santé mentale peut alors passer aussi par l’engagement : participer à une association de protection de la nature, rejoindre des projets communautaires autour de la conservation, s’informer sur les stratégies climatiques de l’État. Recréer un lien positif à votre nouveau territoire, ce que certains appellent la « topophilie », peut faire contrepoids au sentiment de perte.

Parler de ce que vous ressentez : des soutiens professionnels et communautaires

Admettre que le mal du pays vous pèse au point d’affecter votre sommeil, votre appétit, votre énergie ou vos pensées n’est pas simple, surtout dans une culture rurale parfois marquée par la discrétion et la retenue. Pourtant, les données sur la santé mentale rurale sont très claires : les habitants des zones éloignées consultent beaucoup moins les services de santé mentale subventionnés que ceux des villes (81 actes pour 1000 personnes contre 495 dans les grandes agglomérations).

Pour ne pas faire partie de cette statistique de non-recours, il est utile de connaître les ressources disponibles.

Lignes d’urgence et d’écoute

En Tasmanie comme ailleurs en Australie, le numéro d’urgence pour tout danger immédiat est le 000 (police, ambulance, pompiers). Pour des situations de crise psychologique ou de détresse intense, plusieurs lignes nationales fonctionnent 24h/24 :

ServiceNuméroPublic / rôle
Access Mental Health Service (Tasmanie)1800 332 388Ligne d’évaluation et d’orientation 24/7 pour la santé mentale en Tasmanie
Lifeline13 11 14 (+ SMS 0477 13 11 14)Prévention du suicide, écoute anonyme 24/7
Beyond Blue1300 22 4636Anxiété, dépression, idées suicidaires, soutien 24/7
Suicide Call Back Service1300 659 467Soutien spécialisé pour personnes en crise suicidaire, 24/7
Kids Helpline1800 55 1800Jeunes de 5 à 25 ans, écoute gratuite 24/7
MensLine Australia1300 78 99 78Hommes en difficulté émotionnelle, 24/7
13YARN13 92 76Ligne de crise pour Aborigènes et Insulaires du détroit de Torres, 24/7
QLife1800 184 527Soutien LGBTIQ+, tous les jours de 15h à minuit

Appeler l’une de ces lignes ne vous engage à rien d’autre qu’à parler à quelqu’un de ce que vous traversez. Pour beaucoup, c’est un premier pas plus accessible que de prendre rendez-vous chez un psychologue.

Médecins généralistes, plans de soins et thérapie

Un autre point d’entrée, souvent recommandé, est le médecin généraliste (GP). Il peut réaliser une première évaluation, discuter avec vous de votre mal du pays, vérifier s’il s’accompagne d’une dépression ou d’un trouble anxieux plus structuré, et, si nécessaire, établir un plan de traitement de santé mentale qui permet de bénéficier de séances de psychologie partiellement remboursées par Medicare (jusqu’à 20 consultations par an).

En Tasmanie, l’offre comprend :

des services de santé mentale publics (dont une unité d’hospitalisation au Royal Hobart Hospital, et des équipes de santé mentale communautaires)

– des psychologues, psychiatres, psychothérapeutes et autres professionnels en libéral, parfois regroupés dans des cliniques pluridisciplinaires

des services spécifiques pour les jeunes (headspace Hobart, par exemple), pour les personnes LGBTIQA+, pour les familles, ou pour les personnes touchées par des violences ou par les addictions

Bon à savoir :

Plusieurs organisations, telles qu’Anglicare Tasmania, Flourish, GROW Tasmania et Mental Health Families & Friends Tasmania, proposent des groupes de parole. Ces espaces permettent de partager ses difficultés, de constater que d’autres vivent des sentiments similaires (comme la perte ou la nostalgie) et d’apprendre des stratégies concrètes pour y faire face.

Ressources adaptées aux personnes issues de l’immigration

Si vous venez d’un pays où la langue dominante n’est pas l’anglais, vous pouvez craindre de ne pas trouver de professionnel parlant votre langue ou de ne pas pouvoir expliquer vos émotions dans une autre langue que la vôtre. Plusieurs dispositifs existent pour réduire cette barrière :

le Translating and Interpreting Service (TIS), service national financé par le gouvernement, que beaucoup de structures utilisent pour proposer un interprète gratuit dans plus de 150 langues

– des organisations spécialisées dans le soutien aux personnes ayant vécu des traumatismes liés à la guerre, à la torture ou à l’exil, comme le Phoenix Centre en Tasmanie, qui travaillent presque systématiquement avec des interprètes

Enfin, des plateformes comme Embrace Mental Health proposent des informations sur la santé mentale pour les personnes issues de milieux culturellement et linguistiquement divers, en tenant compte des différences de représentations et de tabous autour de ces sujets.

Organiser son quotidien : routines, finances, logement, temps d’écran

Le mal du pays se nourrit souvent de désorganisation : sommeil chaotique, repas sautés, journées sans repères, vie sociale réduite à des conversations en ligne avec le pays d’origine. À l’inverse, structurer son quotidien aide l’esprit à s’apaiser.

Quelques axes de travail reviennent régulièrement dans les recommandations des services d’accueil et des guides pour étudiants internationaux :

Astuce :

Pour faciliter votre installation en Tasmanie, maintenez une routine de sommeil stable et une alimentation régulière, intégrant des produits locaux (pommes, fromages, vins, produits de la mer) tout en conservant quelques plats familiers de votre culture. Planifiez au moins une activité sociale en présentiel par semaine (club, marché, café avec un collègue, événement culturel). Gérez votre budget pour éviter le stress financier : ouvrez un compte bancaire local, renseignez-vous sur les loyers moyens et vos droits en tant que locataire auprès du Tenants Union of Tasmania. Pour créer une activité, contactez Business Tasmania ou Workforce Australia.

Les services comme Home Base, qui accompagne les jeunes Tasmaniens de 5 à 25 ans dans des domaines aussi variés que le logement, l’éducation, la famille, les relations, l’accès aux services essentiels, peuvent aussi être des points d’appui si vous arrivez très jeune, ou si votre installation est précaire.

Limiter, autant que possible, le temps passé scotché aux nouvelles du pays d’origine sur les réseaux sociaux fait également partie des conseils récurrents. On peut rester informé via des médias australiens fiables, comme la chaîne publique ABC, tout en se ménageant des plages sans écran pour vivre pleinement son environnement actuel.

Construire des ponts entre votre culture d’origine et la Tasmanie

Gérer le mal du pays ne signifie pas « tourner la page » sur qui vous étiez avant. Au contraire, intégrer votre langue, votre cuisine, vos traditions à votre nouvelle vie en Tasmanie peut devenir une force. Les guides pour expats et étudiants étrangers insistent sur cette idée de double ancrage : maintenir des liens forts avec sa culture tout en s’ouvrant à celle du pays d’accueil.

Quelques manières concrètes de le faire :

Exemple :

Pour s’intégrer en Tasmanie, on peut cuisiner des plats de son pays d’origine pour ses nouveaux amis et découvrir ensemble des producteurs locaux comme les caves, fromageries, brasseries et marchés fermiers. Il est également possible de célébrer ses fêtes traditionnelles en les adaptant au contexte local ou en participant à des événements multiculturels organisés par le Multicultural Council of Tasmania, MRC Tas ou d’autres associations. Enfin, la participation à des festivals et marchés mêlant différentes influences, tels que les fêtes gastronomiques, festivals de musique, ou événements comme Diwali soutenus par Events Tasmania, favorise les échanges et l’enrichissement mutuel.

Cette hybridation culturelle est d’ailleurs au cœur du récit identitaire que la Tasmanie élabore depuis quelques années : un mélange de petites communautés soudées, d’héritages difficiles (histoire coloniale, sentiment de marginalisation), de fierté nouvelle, et d’ouverture progressive à la diversité, notamment envers les communautés aborigènes palawa et les populations LGBTIQA+.

Et si cela ne suffisait pas : accepter d’avoir besoin d’aide

Malgré tous vos efforts — sorties, clubs, appels aux proches, nature, cours d’anglais — vous pouvez continuer à ressentir une tristesse lourde, des angoisses persistantes, un désintérêt pour les choses que vous aimiez, ou des idées noires. Là encore, les recherches en santé mentale sont claires : il ne s’agit plus seulement de mal du pays « classique », mais possiblement de dépression ou de trouble anxieux qui réclament une prise en charge plus structurée.

Dans ces situations, il est crucial de :

Attention :

Pour un suivi complet, consultez un médecin généraliste. Pour un soutien psychologique, demandez un plan de soins en santé mentale pour accéder à des séances subventionnées. En cas de besoin immédiat, contactez Beyond Blue, Lifeline ou l’Access Mental Health Service de Tasmanie, disponibles hors heures de travail. Selon votre situation, tournez-vous vers des services spécialisés : le Phoenix Centre pour un exil traumatique, Working It Out pour des questions d’orientation ou d’identité de genre, et headspace si vous avez moins de 25 ans.

La Tasmanie dispose également de programmes ciblant les régions rurales et le monde agricole, comme Rural Alive and Well (RAW), soutenu à hauteur de plusieurs millions de dollars par le gouvernement tasmanien, qui travaille à renforcer la résilience mentale et à réduire le risque de suicide en milieu rural. Même si vous n’êtes pas agriculteur, leur approche centrée sur la communauté, la prévention et l’écoute peut être une source d’inspiration : ne pas « garder ça sous le chapeau », mais parler, demander de l’aide, s’appuyer sur les autres.

En faire une histoire de transformation… plutôt qu’un simple passage douloureux

Le mal du pays n’est pas seulement une souffrance à subir, c’est aussi, avec le temps, une expérience de transformation profonde. Beaucoup d’expatriés témoignent qu’après la phase de nostalgie intense et de remise en question, ils ont fini par trouver un équilibre : une identité élargie, des attachements multiples, un sentiment d’être « chez soi » à la fois ici et là-bas.

La Tasmanie, avec son mélange singulier de nature brute, de petites villes universitaires, de cultures aborigènes, de mouvements écologistes, d’innovations (permaculture, énergies renouvelables, technologies marines), et de communautés migrantes en croissance, peut devenir le terrain idéal pour ce type de métamorphose. Mais pour y parvenir, il faut accepter de ne pas tout affronter seul.

Reconnaître votre mal du pays, vous inscrire dans les réseaux d’accueil, tisser patiemment des liens, profiter du formidable terrain de jeu naturel, utiliser la technologie pour garder ce qui compte de votre vie d’avant tout en levant les yeux sur ce qui s’offre ici : c’est un travail de fond. Il demande du temps, parfois l’aide de professionnels, et l’acceptation qu’avoir « deux maisons » dans le cœur implique aussi d’avoir, de temps à autre, le cœur un peu fendu.

Conseils pour les expatriés

C’est justement dans cette faille que peuvent se glisser de nouvelles amitiés, un sentiment de compétence dans un nouvel environnement, une relation intime à des paysages que vous ne connaissiez pas, et, à terme, cette sensation discrète mais puissante : vous n’avez pas oublié votre pays, mais vous avez ajouté la Tasmanie à votre définition de « chez soi ».

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien étroit avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Tasmanie, Nouvelle-Zélande, Portugal, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Tasmanie pour son environnement stable, son cadre de vie sécurisé et peu densément peuplé, ainsi que la possibilité d’optimiser sa fiscalité via un statut de résident australien adapté (gestion des revenus de source étrangère, conventions fiscales). La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention du visa et de la résidence, organisation de la couverture santé locale, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors de France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, conseil en immigration bilingue) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire) afin de sécuriser durablement sa stratégie de retraite internationale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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