S’établir en Israël ne se résume pas à faire ses valises et réserver un vol. Entre les questions de droit au séjour, la réalité du coût de la vie, le système de santé, le marché du travail, le logement ou encore l’école pour les enfants, un projet d’expatriation dans ce pays demande une préparation minutieuse. Que vous veniez comme nouvel immigrant juif (Aliyah), salarié détaché, étudiant, investisseur ou conjoint, le cadre administratif, fiscal et pratique est très structuré… et parfois déroutant pour un nouvel arrivant.
Ce guide s’appuie sur des données récentes pour vous aider à construire un projet solide, éviter les pièges classiques et tirer parti des dispositifs d’aide disponibles.
Comprendre les différents statuts pour s’installer en Israël
Avant même de parler d’appartement ou d’emploi, il faut clarifier sur quel fondement juridique vous comptez vivre en Israël. Le pays distingue très clairement plusieurs portes d’entrée, avec des droits et obligations très différents.
Aliyah : immigrer en tant que Juif et devenir citoyen
Le terme « Aliyah » désigne l’immigration en Israël des personnes juives et de certains membres de leur famille. Tout repose sur la Loi du Retour, votée en 1950, qui donne le droit à tout Juif d’immigrer et d’obtenir la citoyenneté israélienne. Cette loi s’applique aussi aux enfants et petits‑enfants de Juifs, ainsi qu’aux conjoints de Juifs, de leurs enfants ou petits‑enfants.
La définition de « Juif » est juridique : être né d’une mère juive ou avoir effectué une conversion reconnue par les autorités israéliennes. Les conversions orthodoxes sont examinées par le Grand Rabbinat ; certaines conversions réformées ou massorti peuvent être acceptées, mais sous conditions et après contrôle.
Pour les personnes déjà liées à Israël, il existe des statuts spécifiques :
La loi israélienne distingue plusieurs statuts pour les personnes revenant s’installer dans le pays. Le **Katin Chozer** désigne un mineur né en Israël mais ayant grandi à l’étranger. L’**Ezrach Oleh** est un citoyen israélien né à l’étranger qui vient s’installer pour la première fois. Enfin, le **Toshav Chozer** est un citoyen israélien ayant vécu longtemps à l’étranger et qui fait son retour.
Ces catégories influent sur les droits financiers, la fiscalité, la couverture santé et, dans certains cas, le service militaire.
Autres voies d’immigration pour non‑Juifs
Un expatrié non éligible à la Loi du Retour peut tout de même s’installer sur une durée plus ou moins longue, mais sur la base de visas temporaires :
Présentation des principaux visas permettant de travailler, étudier, investir ou résider temporairement en Israël.
Indispensable pour tout emploi local, lié à un employeur sponsor. S’applique à divers secteurs : technologie, santé, construction, agriculture, services, journalisme, etc.
Pour suivre des études académiques, un ulpan universitaire ou des programmes d’enseignement en anglais.
Pour les procédures de regroupement familial (ex: conjoint d’un Israélien), étape avant une éventuelle résidence permanente.
Permet aux ressortissants américains d’investir de manière significative dans une entreprise israélienne et de résider avec leur famille.
Accords bilatéraux pour jeunes de 18 à 30 ans (Australie, Allemagne, Nouvelle-Zélande, etc.) pour un séjour d’un an combiné à des emplois de courte durée.
Pour les personnes éligibles à l’Aliyah (Loi du Retour) qui ne souhaitent pas encore devenir citoyens israéliens.
Pour les séjours courts, les ressortissants de nombreux pays (UE, Canada, États‑Unis, UK, Australie…) n’ont pas besoin de visa classique mais, depuis 2025, doivent obtenir une autorisation de voyage électronique ETA‑IL pour des visites jusqu’à 90 jours.
Aliyah, expatriation classique ou visa temporaire : bien choisir sa porte d’entrée
Le choix entre Aliyah, visa de travail ou autre statut ne se résume pas à une question d’identité : il a des conséquences très concrètes sur :
– la fiscalité (exonérations, obligations déclaratives, impôts sur revenus étrangers) ;
– les aides financières (Sal Klita, aides au logement, études) ;
– les droits sociaux (santé, allocations familiales, chômage) ;
– la durée et la stabilité de votre séjour.
Pour un Juif qui hésite, les réformes fiscales prévues pour 2026 rendent le calendrier particulièrement stratégique, notamment en matière de confidentialité financière et d’avantages sur les revenus en Israël. Nous y reviendrons.
Le processus d’Aliyah, étape par étape
Pour ceux qui envisagent l’Aliyah, le parcours est très balisé, même si la pratique varie selon votre pays de départ et votre situation familiale.
Préparer ses documents : un marathon de 8 à 10 mois
La collecte de pièces justificatives est la partie la plus chronophage. Il est recommandé de commencer 8 à 10 mois avant la date visée. Parmi les documents quasi systématiquement exigés :
Le dossier doit inclure un passeport valide, des actes d’état civil apostillés, des preuves de judéité, un extrait de casier judiciaire, une déclaration d’état civil, des photos, un historique des séjours en Israël et les diplômes. Tous les documents doivent être originaux, légalisés et, si nécessaire, traduits.
Tous les documents non rédigés en hébreu ou en anglais doivent être traduits par un notaire. Les règles d’authentification se sont durcies ces dernières années : par exemple, certains actes de naissance new‑yorkais récents nécessitent une lettre d’« exemplification » supplémentaire.
Démarches en ligne et entretien
Une fois les documents rassemblés, la demande d’Aliyah se fait en ligne via :
– Nefesh B’Nefesh (principalement pour Amérique du Nord et UK) ;
– ou L’Agence Juive (Jewish Agency) pour le reste du monde.
Vous y remplissez un dossier détaillé et téléversez vos pièces. Un conseiller dédié vous est ensuite assigné, contacte généralement sous 2 jours ouvrés, et vous accompagne jusqu’à l’arrivée.
L’Agence Juive convoque ensuite à un entretien (en présentiel ou par visioconférence) pour :
– vérifier les originaux des documents ;
– examiner les preuves de judéité ;
– discuter de votre projet (logement, emploi, besoins spécifiques).
En cas d’acceptation, vous recevez un courriel de confirmation (« Mazal Tov ») et pouvez passer à l’étape du visa.
Visa d’Aliyah et vol
Sauf si vous détenez déjà un passeport israélien, un visa d’Aliyah est indispensable pour entrer comme immigrant. Il faut compter environ 18 jours ouvrés de traitement et le visa est valable 6 mois. Mieux vaut en faire la demande 1 à 2 mois avant le départ envisagé.
Depuis certaines régions, comme l’Amérique du Nord, les organisations Nefesh B’Nefesh et l’Agence Juive proposent des vols d’Aliyah à tarif réduit, voire entièrement gratuits. Ces aides financières se déclinent en plusieurs formules : des charters entiers réservés aux olim, des vols de groupe ou encore des « cluster flights » sur des lignes aériennes commerciales régulières.
Arrivée à l’aéroport et premières démarches
À l’aéroport Ben Gourion, un bureau dédié du ministère de l’Aliyah et de l’Intégration accueille les nouveaux arrivants. Selon votre cas (Aliyah effectuée depuis l’étranger ou changement de statut sur place), vous recevez :
– un Teoudat Zehout (carte d’identité israélienne) ou, au minimum, un numéro d’ID ;
– un Teoudat Oleh (certificat d’olé hadash) ouvrant droit aux avantages ;
– la première fraction de la Sal Klita (une partie en liquide, une partie sur carte prépayée) ;
– des informations sur la suite des démarches (santé, banque, Ulpan, etc.).
Dans la première semaine, il faut enchaîner : ouverture d’un compte bancaire, inscription auprès d’une caisse d’assurance maladie (Kupat Holim), contact avec le ministère de l’Aliyah, inscription en Ulpan.
S’installer hors Aliyah : visas de travail, d’études et programmes spéciaux
Pour les expatriés non éligibles à la Loi du Retour, tout tourne autour du type de visa.
Travailler en Israël : le visa B/1 et ses déclinaisons
Tout étranger qui souhaite travailler en Israël a besoin d’un visa B/1. C’est un visa de travail accordé à la suite d’une demande de l’employeur auprès du ministère de l’Intérieur. Le processus est assez long (4 à 14 semaines en moyenne), et souvent coûteux pour l’entreprise.
Selon le secteur, plusieurs sous‑catégories existent :
C’est le double du salaire mensuel moyen en Israël, seuil minimal de rémunération pour les experts étrangers travaillant plus de trois mois.
Le visa B/1 est toujours lié à un employeur. Changer de poste impose, en pratique, de repasser par l’administration, ce qui complique la mobilité professionnelle.
Étudier, faire un PVT ou un volontariat
Pour les études, le visa A/2 permet de suivre des cursus en anglais ou en hébreu (universités, écoles d’ingénieurs, ulpans académiques, programmes de yeshiva ou séminaires). De nombreux programmes « study abroad » ou « gap year » (Masa Israel Journey, universités, ONG) combinent hébergement, cours d’hébreu, assurance santé et parfois bourses.
Les jeunes adultes peuvent également bénéficier de : la formation continue, des programmes de mentorat, des opportunités de bénévolat, des stages professionnels, et d’un soutien psychologique.
– Working Holiday Visa : séjour d’un an avec possibilité de travailler jusqu’à trois mois par employeur ;
– Visa B/4 pour volontariat (kibboutz, moshav, institutions sociales, etc.).
Investisseurs et entrepreneurs
Les citoyens américains disposent d’un outil puissant : le visa B/5 investisseur, qui permet d’acheter au moins la moitié d’une entreprise israélienne, de créer des emplois locaux et de résider avec sa famille, sans durée limite prédéfinie. Il doit s’agir d’un investissement « substantiel », apprécié au cas par cas par le ministère de l’Économie.
Pour les start‑ups, le visa Innovation permet à un entrepreneur étranger d’être incubé par l’Autorité de l’Innovation dans des structures d’accueil (« landing pads »). En cas de succès du projet, un visa d’expert de cinq ans peut ensuite être demandé.
Visa Innovation pour les start-ups
Avantages financiers, fiscalité et la grande réforme de 2026
L’un des attraits majeurs d’une installation en Israël via l’Aliyah réside dans les avantages fiscaux et financiers accordés aux nouveaux immigrants. Mais ces règles sont en pleine mutation.
Sal Klita, aides au logement et avantages courants
Les nouveaux immigrants reçoivent une « Sal Klita » : un panier d’absorption versé sur 5 à 6 mois, composé d’un premier paiement à l’aéroport et de versements mensuels sur un compte bancaire israélien.
Voici un ordre de grandeur des montants annoncés pour début 2025 :
| Profil | Montant total approximatif de Sal Klita |
|---|---|
| Célibataire | ~21 194 NIS |
| Couple | ~32 000 NIS ou plus |
| Famille avec enfants | + supplément par enfant |
À cela s’ajoutent plusieurs dispositifs :
– Aide au loyer : allocation mensuelle à partir du 7ᵉ mois après l’Aliyah, jusqu’à 30 mois (montant de base autour de 363 NIS, plus élevé en zones prioritaires du Néguev ou de la Galilée).
– Réduction d’Arnona (taxe municipale) : remise de 70 à 90 % sur la première année, sur une surface limitée (en général jusqu’à 100 m²).
– Soutien aux études : prise en charge partielle ou totale des droits universitaires pour une licence (jusqu’à 27 ans) ou un master (jusqu’à 30 ans), si les études débutent dans les trois ans.
Fiscalité des nouveaux immigrants avant et après 2026
Actuellement, les immigrants bénéficient d’un régime très attractif sur les revenus du patrimoine à l’étranger :
– Exonération d’impôt pendant 10 ans sur les revenus de source étrangère (placements, loyers, dividendes, etc.) ;
– Jusqu’à fin 2025, absence d’obligation de déclaration de ces revenus étrangers, offrant une « décennie de confidentialité financière ».
À partir du 1er janvier 2026, la donne change :
L’exonération d’impôt sur 10 ans pour les revenus étrangers est maintenue. Cependant, tous les nouveaux immigrants devront désormais déclarer annuellement leurs revenus mondiaux (même exonérés) et l’ensemble de leurs actifs à l’étranger, y compris les sociétés, trusts, crypto-actifs. Cette nouvelle règle met fin à 10 ans de ‘silence fiscal’ sur le patrimoine international.
En contrepartie, une réforme présentée comme une « révolution » par le ministre des Finances introduit un avantage inédit sur les revenus de source israélienne pour ceux qui s’installent entre novembre 2025 et fin 2026 :
| Années | Taux d’imposition sur les revenus de source israélienne (jusqu’à 1 M NIS/an) |
|---|---|
| 2026–2027 | 0 % |
| 2028 | 10 % |
| 2029 | 20 % |
| 2030 | 30 % |
Au‑delà d’1 million de NIS par an, le barème ordinaire s’applique, avec toutefois des points de crédit spécifiques pour olim. L’exonération sur les revenus étrangers reste en parallèle.
L’enjeu pour un candidat à l’Aliyah est donc de choisir entre :
– s’installer avant fin 2025 pour bénéficier d’une décennie de confidentialité sur ses revenus étrangers (mais sans la nouvelle « flat tax » sur les revenus israéliens) ;
– ou à partir de 2026, accepter la transparence totale (déclarations exhaustives de tout le patrimoine mondial) en échange d’avantages massifs sur les revenus générés en Israël.
Dans tous les cas, la complexité de ces régimes plaide pour une consultation avec un fiscaliste spécialisé, d’autant plus si vous êtes citoyen d’un pays à fiscalité mondiale comme les États‑Unis.
Logement : où vivre et comment trouver un toit dans un marché tendu
Le logement est le poste le plus lourd du budget en Israël et souvent la principale source de stress à l’arrivée. Le marché est compétitif, les loyers élevés, et les pratiques assez différentes de celles de nombreux pays occidentaux.
Louer ou acheter à l’arrivée ?
La plupart des experts recommandent de louer pendant 1 à 2 ans, le temps de :
– découvrir les quartiers ;
– tester temps de trajet, écoles, communauté ;
– affiner son projet à long terme.
Pour les personnes disposant de capitaux importants (par exemple 2 millions de NIS ou plus), acheter rapidement peut toutefois permettre de profiter d’avantages fiscaux sur la taxe d’acquisition réservés aux nouveaux immigrants.
Niveaux de loyers : Tel‑Aviv, Jérusalem et villes plus abordables
À l’échelle nationale, le loyer moyen dépassait les 4 800 NIS au deuxième trimestre 2025, en hausse de 4 % sur un an. Mais les écarts entre villes sont spectaculaires.
| Ville | Loyer moyen 1 chambre centre (≈ 2025) | Niveau de coût |
|---|---|---|
| Tel Aviv | 6 000 – 9 500 NIS | Très élevé |
| Jérusalem | 4 500 – 7 000 NIS | Élevé |
| Netanya | 4 000 – 6 000 NIS | Modéré |
| Haïfa | 3 200 – 5 000 NIS | Modéré‑bas |
| Be’er Sheva | 2 800 – 3 800 NIS | Bas |
| Petites villes (Dimona, Afula, Tiberias…) | 2 000 – 3 500 NIS | Très bas |
Les comparaisons montrent que vivre à Jérusalem coûte environ 10 à 14 % moins cher qu’à Tel Aviv, loyer compris. Les achats sont encore plus contrastés : le prix au mètre carré en centre de Tel Aviv peut être 40 à 60 % plus élevé qu’à Jérusalem.
Comprendre les pratiques de location
Trouver une location suppose souvent :
Pour trouver un logement en Israël, il est essentiel de consulter les plateformes locales en hébreu (Yad2, Madlan, Nadlan), les sites en anglais (Janglo, BuyitinIsrael) et les groupes Facebook, très actifs. Il faut se préparer à des visites express, les biens pouvant être loués ou achetés en 24 à 48 heures, et accepter les conditions contractuelles standard israéliennes.
– dépôt de garantie plafonné par la loi à trois mois de loyer ou un tiers du loyer total de la période (le plus bas des deux) ;
– paiement d’un mois de loyer à l’agent immobilier (plus TVA, actuellement 18 %), si vous l’utilisez ;
– remise de 12 chèques postdatés couvrant l’année de bail ;
– prise en charge par le locataire des charges d’Arnona, électricité, eau, gaz, internet.
Un avocat spécialisé peut sécuriser la rédaction du bail, clarifier qui paie quels travaux (fuites, moisissures, réparations structurelles à la charge du propriétaire, dégâts liés à un mauvais usage à la charge du locataire), et vérifier que vous disposez bien d’un accès à la cave, au parking ou au mètre de rangement promis.
Choisir une ville et un quartier : communautés d’expatriés et styles de vie
Le choix du lieu de vie dépend de nombreux critères : environnement linguistique, ambiance religieuse ou laïque, écoles, budget, type d’emploi.
Quelques grandes tendances se dégagent :
– Tel Aviv : capitale économique et culturelle, très internationale, idéale pour jeunes actifs, profils high‑tech, créatifs. Logement très cher, vie nocturne intense, beaucoup d’anglais parlé.
– Jérusalem : forte concentration d’« Anglos » (immigrants anglophones), grande diversité de quartiers religieux ou mixtes (Baka, German Colony, Katamon, Arnona, Har Nof, Rehavia, etc.), richesse historique et spirituelle, coût de la vie élevé, atmosphère plus conservatrice dans certains secteurs.
– Raanana, Herzliya Pituah, Modi’in : banlieues familiales ou très aisées, avec beaucoup de francophones et anglophones, bonnes écoles, parcs, logements spacieux mais coûteux.
– Netanya, Ashdod, Ashkelon : villes côtières plus abordables, avec une grande communauté francophone, particulièrement Netanya.
– Haïfa, Zichron Yaacov, Karmiel, Safed : nord plus calme, paysages superbes, coût de la vie plus doux, bonne intégration possible pour familles et retraités.
– Be’er Sheva, villes du Néguev : loyers bas, développement rapide, notamment pour le high‑tech à proximité de l’université Ben Gourion.
Pour les familles pratiquantes, des centres comme Beit Shemesh / Ramat Beit Shemesh, Efrat ou Ma’ale Adumim offrent une forte densité de communautés religieuses anglophones.
Coût de la vie : construire un budget réaliste
Israël, et particulièrement Tel Aviv, est régulièrement classé parmi les pays et villes les plus chers au monde. Le coût global de la vie est environ 1,8 fois supérieur à la moyenne mondiale et dépasse de nombreux pays européens.
Budget mensuel indicatif
En se basant sur les données récentes, on peut tracer quelques repères :
| Profil | Budget mensuel modeste recommandé (hors épargne) |
|---|---|
| Personne seule | 8 000 – 12 000 NIS |
| Couple | 12 000 – 18 000 NIS |
| Famille avec enfants | 15 000 – 25 000 NIS |
Les principaux postes :
Le loyer mensuel maximum pour un appartement de 2-3 pièces à Tel Aviv, selon les données fournies.
La restauration et les loisirs sont également coûteux : un repas dans un restaurant moyen tourne autour de 80‑150 NIS par personne, une bière en bar autour de 25‑35 NIS, une place de cinéma près de 45‑48 NIS.
Santé : un système universel performant… à connaître
Israël dispose d’un système de santé universel régi par la loi sur l’Assurance Maladie Nationale de 1995. Tous les résidents doivent être affiliés à l’une des quatre caisses de santé (Kupot Holim) : Clalit, Maccabi, Meuhedet, Leumit.
couverture de base et assurances complémentaires
La couverture obligatoire, financée par une cotisation proportionnelle au revenu (environ 3,1 % jusqu’à un plafond), donne accès à un large panier de soins : médecine générale, spécialistes, hospitalisation (générale, maternité, psychiatrie), chirurgie, traitements chroniques, médicaments listés, rééducation, soins paramédicaux, etc.
Les critiques portent surtout sur : les choix scénaristiques et la profondeur des personnages.
C’est le délai d’attente moyen en jours pour les chirurgies électives dans les hôpitaux publics, un délai encore plus long dans le sud du pays.
C’est pourquoi une grande partie de la population souscrit aussi à : la nécessité d’un changement social .
– une complémentaire auprès de sa Kupa (Bituach Mashlim), accessible sans sélection médicale ;
– voire à une assurance privée auprès de compagnies comme Harel, Migdal, Phoenix, Menora ou Clal, pour réduire les délais, choisir le chirurgien ou se faire soigner à l’étranger.
C’est le coût mensuel en shekels pour une couverture privée accessible aux familles de revenus moyens.
Droits des nouveaux arrivants
Les nouveaux immigrants (olim) bénéficient généralement :
– de 6 à 12 mois de couverture de base gratuite s’ils ne travaillent pas encore ;
– de la possibilité de s’inscrire à une Kupa dès l’aéroport ou via la poste dans les 90 jours ;
– de cartes de membre permettant d’accéder aux consultations à faible coût (co‑paiement typique de 20–40 NIS pour un spécialiste).
Les résidents temporaires (touristes, étudiants, certains travailleurs) ne sont pas couverts par le système d’État et doivent souscrire une assurance santé privée ou internationale. Leurs employeurs sont tenus de financer l’assurance pour certains statuts (travailleurs étrangers dans le soin à domicile notamment).
Travailler en Israël : marché de l’emploi et intégration professionnelle
Le marché du travail israélien s’est montré résilient après les chocs sécuritaires récents, avec un taux d’emploi proche des niveaux d’avant‑guerre en 2024–2025. Le salaire minimum a été relevé à environ 6 247 NIS par mois en avril 2025.
Secteurs porteurs pour expatriés
Les nouveaux arrivants anglophones ou francophones se tournent surtout vers :
Plusieurs secteurs offrent des opportunités d’emploi en Israël : la High‑tech (logiciels, cybersécurité, IA, data, SaaS) où l’anglais est courant ; la Santé (médecins, infirmiers) sous réserve de démarches de reconnaissance de diplômes ; l’Éducation pour enseigner l’anglais ; la Finance & juridique (banque, fintech) au sein de structures internationales ; et le Télétravail pour des employeurs étrangers, facilité par l’écosystème tech local.
Le gouvernement a lancé des réformes pour faciliter la reconnaissance des qualifications professionnelles, promouvoir le matching emploi avant l’arrivée et soutenir les entreprises créées par des immigrants via des allégements fiscaux.
Langue et culture du travail
Même si l’anglais est très répandu dans les milieux tech et internationaux, parler hébreu augmente clairement vos chances d’embauche et vos perspectives d’évolution. L’État offre jusqu’à 18 mois d’Ulpan gratuit après l’Aliyah, sous différentes formes (cours en ville, Ulpan kibbutz, programmes universitaires, options en ligne).
La culture professionnelle est connue pour être :
– directe et informelle (peu de hiérarchie visible, utilisation quasi systématique des prénoms) ;
– orientée vers la rapidité de décision et la recherche de solutions, avec des réunions animées où tout le monde donne son avis ;
– soucieuse de l’équilibre vie privée/vie pro, avec un vrai attachement au temps familial, aux fêtes et au Shabbat, même dans les milieux laïcs.
Éducation : de la crèche à l’université pour les enfants d’expatriés
Pour les familles, la question scolaire est souvent décisive. Le système éducatif israélien est structuré et globalement performant, mais très diversifié.
École publique, religieuse ou internationale ?
L’école est obligatoire du primaire (6 ans) à la fin du lycée (18 ans), organisée en trois niveaux (primaire, collège, lycée). L’instruction se fait majoritairement en hébreu.
On distingue plusieurs types d’établissements :
Panorama des différents types d’établissements scolaires présents en Israël, reflétant la diversité culturelle et religieuse du pays.
Majorité du système, avec un enseignement généraliste dispensé en hébreu.
Même tronc commun que les écoles laïques, avec davantage d’heures consacrées aux études juives et un cadre plus observant.
Programmes fortement centrés sur les études religieuses et les textes sacrés.
Enseignement principalement en arabe, avec un apprentissage de l’hébreu comme seconde langue.
Établissements souvent bilingues ou anglophones, suivant des programmes étrangers (américain, britannique, français) ou le Baccalauréat International (IB).
L’enseignement public est gratuit, mais les familles paient les livres, certaines activités, sorties scolaires. Des programmes de prêt de manuels existent, réduisant significativement les coûts.
Les frais de scolarité dans les écoles internationales en Israël peuvent dépasser 10 000 USD par an.
Universités et études supérieures
Israël compte plusieurs universités de rang mondial : Université hébraïque de Jérusalem, Tel Aviv University, Technion, Ben Gourion, Bar‑Ilan, etc. De nombreux cursus existent en anglais, notamment en :
– business et MBA ;
– relations internationales et sécurité ;
– études environnementales ;
– psychologie, sciences sociales ;
– certains domaines technologiques.
Les frais de scolarité pour étudiants internationaux varient grosso modo entre 28 000 et 110 000 NIS par an, selon le niveau et la discipline. Les nouveaux immigrants peuvent obtenir des exonérations significatives, voire la gratuité, via l’Autorité des Étudiants.
Banque, fiscalité et argent au quotidien
Ouvrir un compte bancaire local est indispensable pour percevoir salaire, Sal Klita, remboursements de Bituach Leumi, prélèvements de factures, etc.
Choisir sa banque et ouvrir un compte
Les grandes banques universelles sont :
– Bank Hapoalim
– Bank Leumi
– Israel Discount Bank
– Mizrahi‑Tefahot
– First International Bank of Israel (FIBI)
Des banques 100 % digitales comme Pepper (Leumi) ou One Zero se développent, mais les non‑résidents et nouveaux arrivants se heurtent encore à beaucoup de procédures en agence.
Pour ouvrir un compte, il faut en général :
Pour ouvrir un compte bancaire en Israël, il est nécessaire de présenter plusieurs documents : votre passeport ainsi que, si vous en possédez un, votre **Teoudat Zehout** ou Teoudat Oleh. Vous devrez également fournir une preuve d’adresse locale, telle qu’un bail ou une facture. Un numéro fiscal de votre pays d’origine est requis, et les ressortissants américains doivent en plus fournir un formulaire W‑9 en raison des accords FATCA. Enfin, une lettre de votre employeur ou de votre université peut parfois être demandée.
Les banques facturent des frais de tenue de compte, des frais par opération, des commissions de change et de virements internationaux. Certaines offrent des remises temporaires pour olim.
Pour les transferts internationaux, des services spécialisés comme Wise offrent souvent des taux plus compétitifs et des multi‑comptes en devises.
Impôts courants
En régime de croisière, les résidents fiscaux sont imposés sur leur revenu mondial selon un barème progressif (env. 10 % à 47 %), avec TVA à 17 % sur la plupart des biens et services. Les non‑résidents sont imposés uniquement sur leurs revenus de source israélienne. Israël a signé des conventions de non double imposition avec plusieurs dizaines de pays, mais il faut se renseigner au cas par cas (USA, France, Canada, etc.).
Intégration culturelle : la vie quotidienne en Israël
Au‑delà des chiffres et des formulaires, vivre en Israël, c’est entrer dans une culture à la fois chaleureuse, directe, et souvent déroutante pour un nouvel arrivant.
Communication, codes sociaux et rythme de vie
Les Israéliens sont réputés pour leur franchise : les échanges sont rapides, sans enrobage, avec beaucoup de gestes, un ton parfois élevé. Ce n’est pas (forcément) de l’agressivité, mais une recherche d’efficacité. Les conversations abordent sans complexe des sujets considérés ailleurs comme intimes : politique, religion, argent, loyers…
La convivialité est omniprésente : invitations spontanées, entraide, intérêt pour votre histoire. Les dîners se transforment souvent en repas pantagruéliques, où l’on partage salades, houmous, grillades, desserts.
Le Shabbat, observé du vendredi après-midi au samedi soir, entraîne l’arrêt de nombreux commerces et de la plupart des transports publics, particulièrement à Jérusalem et dans les villes religieuses. Même à Tel Aviv où la vie reste plus animée, les bus et trains cessent généralement de circuler à l’échelle nationale pendant cette période. Il est donc nécessaire d’anticiper et d’adapter ses courses, déplacements et rendez-vous.
Apprendre l’hébreu : un investissement indispensable
Même si l’anglais est très répandu, notamment parmi les jeunes urbains, l’hébreu reste la clé de l’intégration : pour gérer la bureaucratie, parler avec les voisins, suivre les infos locales, aider vos enfants à l’école.
Les Ulpans publics proposent des cours intensifs (5 jours par semaine, 5 heures par jour pendant 5 mois) ou des formats plus souples. Il existe aussi des Ulpans de kibboutz combinant travail et cours pour les 18‑35 ans, des programmes universitaires, des cours privés ou en ligne.
Commencer l’apprentissage avant l’arrivée, via des applications et des cours en ligne, permet d’intégrer directement des classes de niveau intermédiaire sur place. Cette anticipation accélère considérablement les progrès linguistiques.
Gérer la bureaucratie sans perdre pied
La réputation de la bureaucratie israélienne n’est pas usurpée : formulaires, files d’attente, rendez‑vous en ligne, bureaux différents (Misrad HaPnim pour la population et l’immigration, Bituach Leumi pour la sécurité sociale, municipalités pour l’Arnona)…
Quelques clés :
– toujours avoir copies et originaux de vos documents (passeport, carte d’identité, Teoudat Oleh, bail, factures) ;
– prendre rendez‑vous en ligne dès que possible ;
– se faire accompagner d’un israélien ou d’un immigrant expérimenté la première fois ;
– rejoindre des groupes WhatsApp ou Facebook d’olim de votre ville : les retours d’expérience y sont précieux.
Sécurité, santé mentale et réalité quotidienne
L’actualité d’Israël est marquée par des enjeux sécuritaires récurrents. Pourtant, la vie quotidienne est souvent beaucoup plus paisible qu’on pourrait l’imaginer à distance. Le pays affiche un taux de criminalité modéré, et la majorité des expatriés témoignent rapidement d’un sentiment de sécurité dans leurs déplacements.
Les autorités mettent à disposition :
En Israël, l’application de la Défense passive (Home Front Command) fournit des alertes en temps réel. En cas de sirènes, les consignes varient selon la zone : à Tel Aviv ou Jérusalem, vous disposez d’environ 90 secondes pour rejoindre un espace protégé.
S’installer dans un immeuble doté d’une pièce blindée (Mamad) ou d’un abri commun est un point à vérifier sérieusement lors de la recherche de logement.
Sur le plan émotionnel, beaucoup de nouveaux arrivants passent par des phases de choc culturel, de nostalgie, parfois de remise en question. La création d’un réseau social (communautés d’olim, associations, synagogues, clubs sportifs, groupes professionnels) est essentielle pour traverser ces étapes.
Planifier son projet : un calendrier de préparation réaliste
Pour transformer un rêve d’expatriation en projet solide, il est utile d’étaler les démarches dans le temps.
On peut esquisser un calendrier type pour une installation structurée :
Pour une installation organisée en Israël, suivez ce calendrier : 12 à 10 mois avant : clarifiez votre statut (Aliyah, visa travail/études), vérifiez votre éligibilité et commencez à rassembler les documents nécessaires (actes d’état civil, preuves de judéité, casier judiciaire). 10 à 8 mois avant : déposez votre demande d’Aliyah ou de visa, initiez-vous à l’hébreu et étudiez les villes et quartiers. 6 mois avant : passez l’entretien avec l’Agence Juive ou le consulat, commencez la recherche d’emploi (réseaux, plateformes locales) et explorez le marché locatif. 3 mois avant : après l’acceptation, envisagez un voyage de repérage, ciblez quelques quartiers et listez écoles et ulpans. 1 à 2 mois avant : obtenez le visa, réservez votre vol, organisez le déménagement et préparez l’ouverture d’un compte bancaire (parfois possible à distance). Première semaine sur place : finalisez l’ouverture du compte, inscrivez-vous à une caisse maladie (Kupa), démarrez les démarches pour l’Ulpan, enregistrez-vous au ministère de l’Aliyah et inscrivez les enfants à l’école.
Ce cadre s’ajuste bien sûr selon que vous arrivez avec un contrat de travail, en tant qu’étudiant, en famille, en couple mixte ou seul.
En résumé : un projet exigeant, mais des leviers puissants
S’installer en Israël en tant qu’expatrié demande de conjuguer patience administrative, lucidité financière et souplesse culturelle. Le pays offre :
Israël offre un cadre de vie attractif pour les nouveaux immigrants, combinant qualité de vie, opportunités professionnelles et un environnement accueillant.
Un système de santé universel de haut niveau, relativement accessible à tous.
Un marché porteur, particulièrement dans les secteurs de la tech et de l’innovation.
Des bénéfices fiscaux substantiels pour les nouveaux immigrants, avec une transition vers plus de transparence prévue pour 2026.
Une grande diversité de communautés (anglophones, francophones, etc.) réparties dans tout le pays.
Un cadre de vie intense, à la fois exigeant et chaleureux.
En retour, il impose de composer avec un coût de la vie élevé, une bureaucratie parfois déroutante, une langue à maîtriser, et un contexte sécuritaire qu’il ne faut pas sous‑estimer.
Un projet d’expatriation réussi repose donc moins sur l’enthousiasme seul que sur un réalisme bien informé : se documenter, anticiper, chiffrer, s’entourer. Avec une préparation sérieuse, les dispositifs d’accompagnement (Nefesh B’Nefesh, Agence Juive, ministères, associations d’olim) permettent d’atténuer de nombreux obstacles et de transformer peu à peu un atterrissage complexe en véritable enracinement.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros, bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Israël, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler Israël pour son régime favorable aux nouveaux résidents : exonération de 10 ans sur les revenus de source étrangère, absence d’imposition déclarative sur ces revenus pendant cette période, et cadre dynamique pour investir (technologie, immobilier, capital-risque). La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention du statut de résident (visa, Alyah si éligible, achat ou location de résidence principale), coordination CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local francophone (avocat, fiscaliste, relogement) et intégration patrimoniale globale.
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