S’installer en Iran en tant qu’expatrié : mode d’emploi complet

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Iran, ce n’est pas seulement changer de pays, c’est entrer dans un univers culturel très codifié, à la fois chaleureux et déroutant, où les réalités économiques, politiques et sociales sont souvent à l’opposé des clichés. Entre coût de la vie relativement bas pour un étranger, contraintes juridiques fortes, système de santé développé et règles sociales strictes, un projet d’expatriation demande une préparation minutieuse.

Ce guide rassemble les données clés issues d’études, de statistiques et de témoignages pour aider à se faire une idée concrète de ce que signifie vivre en Iran comme expatrié, avec un focus particulier sur Téhéran, principal pôle économique et point d’entrée de la plupart des étrangers.

Comprendre le pays dans lequel on s’installe

Avec environ 91,6 millions d’habitants et une capitale de plus de 8,6 millions de résidents, l’Iran est un poids lourd démographique de la région. L’État est une République islamique, officiellement chiite, unique en son genre dans le monde musulman. Cette donnée politique et religieuse structure la vie quotidienne, la loi, l’éducation, les médias, mais aussi le code vestimentaire et les usages sociaux.

Bon à savoir :

La population est majoritairement urbaine (plus de 70 %) et jeune, avec une médiane d’âge d’environ 30 ans. Très présente sur les réseaux sociaux comme Instagram ou Telegram, cette génération coexiste avec un cadre légal conservateur. Cela crée une société à double face : un système officiel strict, et une vie sociale réelle souvent plus souple, notamment dans les grandes villes et la partie nord, plus aisée et éduquée, de Téhéran.

La langue officielle est le persan (farsi), et même si 12 % de la population environ parle anglais, cela reste insuffisant pour s’en remettre à cette langue au quotidien. Pour un expatrié, quelques bases de farsi sont rapidement utiles, ne serait-ce que pour négocier un taxi, parler au gardien de l’immeuble, comprendre un contrat ou simplement briser la glace.

La vie en Iran est aussi marquée par un climat varié : aride ou semi‑aride dans une grande partie du pays, plus humide et subtropicale sur la côte de la mer Caspienne. À Téhéran, il faut composer avec une pollution atmosphérique récurrente et parfois sévère, malgré un indice moyen qualifié de « modéré » (21,2 µg/m³) dans certaines études.

Coût de la vie et niveau de salaire : un pays bon marché… pour les étrangers

Les indicateurs de coût de la vie placent l’Iran parmi les pays où la vie est relativement peu chère à l’échelle mondiale : environ 1,95 fois moins coûteuse que la moyenne globale. Dans les classements, le pays se retrouve vers la 167ᵉ place sur 197 pour le coût de la vie, et Téhéran figure dans le top 22 % des villes les moins chères du monde. Mais ces chiffres prennent un tout autre sens lorsqu’on les rapporte aux salaires locaux.

Coût mensuel moyen

Les estimations disponibles donnent les ordres de grandeur suivants pour le pays dans son ensemble :

ProfilCoût mensuel moyen avec loyer (USD)Sans loyer (USD)
Célibataire974624
Couple1 4021 052
Famille de 4 personnes1 9511 496

Pour Téhéran, plus chère que le reste du pays mais loin d’atteindre les niveaux des grandes métropoles occidentales, les montants sont plus contenus :

ProfilCoût mensuel avec loyer (USD)Sans loyer (USD)
Célibataire684372
Famille de 4 personnes1 7151 165

En monnaie locale, certaines sources donnent des coûts en rials très élevés, signe des effets de l’inflation et de la dépréciation monétaire. Ce qu’il faut surtout retenir, c’est le différentiel entre ce que coûte la vie pour un expatrié payé par son entreprise en devise forte et ce que peut assumer un Iranien avec un salaire local.

Niveau de salaires locaux

L’écart entre dépenses typiques d’un expatrié et revenus locaux est frappant. L’Iran affiche un PIB par habitant d’environ 4 771 USD. Le salaire moyen net tourne autour de 250 USD, avec un salaire médian à Téhéran proche de 240 USD après impôts. Le salaire minimum dans la capitale gravitera aux alentours de 220 USD, alors que les données globales évoquent un salaire moyen de 450 USD selon les villes.

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L’Iran figure parmi les dix pays où le logement est le plus difficile d’accès pour la population locale.

Logement : un poste clé dans le budget

Le logement est l’élément le plus délicat à gérer, surtout à Téhéran, officiellement la sixième ville la plus chère du pays pour se loger.

Pour se faire une idée des loyers en dollars à Téhéran :

Type de logementLocalisationLoyer mensuel moyen (USD)
1 chambre (centre-ville)Centre438,90
1 chambre (hors centre)Périphérie300,58
3 chambres (centre-ville)Centre958
3 chambres (hors centre)Périphérie627,20

Les annonces parlent par exemple de 385 USD pour un petit 40 m² au centre, 275 USD pour un équivalent moins bien situé, 699 USD pour un 80 m² à trois chambres au cœur de la ville, et 488 USD pour une version plus économique.

1528

Le prix moyen par mètre carré pour un achat immobilier dans l’hyper-centre de Téhéran est de 1 528 USD.

Charges, internet et téléphone : un coût modeste

Les charges de base (électricité, chauffage, eau, collecte des déchets) restent raisonnables pour un expatrié : une facture moyenne autour de 34 USD par mois pour un 85 m² à Téhéran. Les données plus générales parlent d’environ 92 millions de rials pour deux personnes dans un 85 m², et un peu moins de 50 millions pour un studio de 45 m², ce qui reste très compétitif en comparaison internationale.

L’accès à internet haut débit est bon marché : un forfait fixe illimité à 50–60 Mbps se facture autour de 5 à 7 USD par mois. Le mobile n’est pas en reste, avec des forfaits voix + 10 Go de données à un peu plus de 2 USD par mois, et des appels prépayés à quelques centimes d’euro la minute.

Alimentation et restaurants : bien manger pour pas cher

Les prix alimentaires sont un des gros points forts pour l’expatrié. Les marchés regorgent de fruits et légumes frais, à des tarifs variables selon les saisons, mais globalement attractifs. Du côté de Téhéran, on trouve par exemple :

Produit (environ 450 g / 1 lb)Prix moyen (USD)
Poulet (filets)1,37
Bœuf (rond)4,80
Riz blanc1,04
Œufs (12)1,10
Fromage local1,77
Pommes0,43
Bananes0,68
Tomates0,30
Pommes de terre0,26
Oignons0,23

Manger à l’extérieur reste abordable pour un étranger : un repas simple dans un restaurant bon marché coûte environ 3,50 USD, un repas pour deux dans un établissement de milieu de gamme tourne autour de 18 USD, et un menu fast‑food aux environs de 4 USD. Un cappuccino se paie à peu près 1,20 USD, une bouteille d’eau 0,46 USD.

La vie n’est pas chère pour un expatrié, mais elle l’est pour un Iranien, car les prix deviennent élevés lorsque le salaire mensuel stagne autour de 250 USD.

Commentaire sur le coût de la vie en Iran

Transports : les transports publics gagnants, la voiture un luxe

Le transport est un autre domaine où l’Iran reste très bon marché… si l’on n’achète pas de voiture importée. Le litre d’essence se vend autour de 0,42 USD à Téhéran, grâce à des subventions massives, ce qui rend la circulation en voiture très économique une fois le véhicule acquis.

Mais l’achat d’une voiture, lui, se paye cher : une Volkswagen Golf 1.5 neuve peut atteindre 60 000 USD à Téhéran, une Toyota Corolla 1.6 environ 48 000 USD. Les taxes d’importation, les restrictions et la rareté expliquent ce grand écart avec l’Occident.

Pour les déplacements du quotidien, les transports publics sont à privilégier : métro et bus sont peu coûteux et assez fiables dans les grandes villes.

Type de transport à TéhéranPrix moyen (USD)
Ticket simple bus/métro0,20
Abonnement mensuel6,00
Démarrage taxi0,50
1 mile en taxi0,48
1 h d’attente taxi3,00
Course de 8 km2,77

Les applications de VTC locales, comme Snapp, sont très répandues et encore moins chères que les taxis traditionnels.

Monnaie, banque et réalités économiques

La monnaie officielle est le rial iranien (IRR). Dans la vie quotidienne, on utilise aussi le toman : 1 toman équivaut à 10 rials. Les prix sont souvent annoncés en toman dans les conversations, ce qui peut désorienter au début.

Autre particularité : l’existence de plusieurs taux de change. Un taux officiel sert aux opérations d’import‑export contrôlées par l’État, tandis qu’un taux « libre » s’applique sur le marché, dans les bureaux de change et dans les transactions du quotidien. Les chiffres cités dans les études (par exemple 1 USD entre 270 000 et plus de 300 000 IRR) montrent à quel point le rial s’est fortement déprécié.

Pour un expatrié, cela signifie deux choses :

Astuce :

Pour préserver son pouvoir d’achat élevé en dollars ou en euros lors d’un séjour à l’étranger, il est crucial de suivre de près l’évolution des taux de change. Il est recommandé de privilégier systématiquement les circuits officiels (banques, bureaux de change agréés) pour échanger son argent, afin d’éviter les mauvais taux et les risques de fraude.

Ouvrir un compte bancaire : possible mais encadré

Le système bancaire iranien fonctionne sur un modèle islamique sans intérêts au sens classique, avec des produits de dépôt et d’investissement basés sur des contrats spécifiques. Les banques proposent néanmoins aux étrangers l’ouverture de comptes en rials sous certaines conditions.

Pour un résident étranger, l’ouverture d’un compte exige en général :

Attention :

Pour ouvrir un compte bancaire en Iran, il est nécessaire de présenter un passeport valide, un visa ou un permis de séjour d’une durée suffisante, ainsi qu’un justificatif d’adresse locale. Selon les cas, un permis de travail et une lettre d’introduction d’une organisation, d’une banque partenaire ou d’une ambassade peuvent également être exigés. Enfin, l’absence d’incident bancaire (comme des chèques sans provision ou des dettes) en Iran est une condition impérative.

Des comptes courant (qard al‑hasan), comptes d’épargne et dépôts à terme existent, certains rapportant l’équivalent de 10 % à 20 % d’intérêts annuels selon les formules islamiques.

Il faut toutefois garder en tête le contexte des sanctions : nombre de banques internationales refusent toute relation avec les banques iraniennes, et les cartes Visa, Mastercard ou autres ne fonctionnent pas dans le pays. L’économie est très largement basée sur le cash. Il est courant de venir avec des devises (principalement dollars ou euros) pour les convertir sur place, en respectant scrupuleusement la réglementation.

Visa, séjour et cadre légal : s’installer oui, mais pas à la légère

Le régime de visas de l’Iran est en constante évolution, et il varie fortement selon la nationalité. De nombreux voyageurs doivent obtenir un e‑visa ou un visa classique avant l’arrivée. Certains pays bénéficient d’exemptions de visa de courte durée, notamment dans la région, et tous les touristes peuvent, en principe, entrer sans visa dans les zones franches comme Kish ou Qeshm pour des séjours courts.

Certains ressortissants — notamment des pays occidentaux comme les États‑Unis, le Royaume‑Uni, le Canada, l’Australie ou certains pays européens — sont soumis à des formalités spécifiques : nécessité de passer par une agence iranienne agréée, itinéraire détaillé, parfois guide agréé obligatoire pendant tout le séjour.

Bon à savoir :

Pour un projet d’expatriation (travail, mission longue…), un visa adapté (travail, affaires, famille) est nécessaire. Le dépôt de dossier se fait généralement auprès d’une représentation iranienne à l’étranger, avec une lettre d’invitation ou un contrat de travail. La procédure peut être longue et les règles sont susceptibles de changer rapidement. Il est donc indispensable de vérifier les dernières instructions auprès du ministère iranien des Affaires étrangères ou d’une agence spécialisée.

Louer un logement : un cadre réglementaire précis

Contrairement à une idée répandue, il est possible pour un étranger de louer un appartement en Iran, mais cela obéit à des règles spécifiques.

Un texte clé, la « Loi sur la location des biens mobiliers et immobiliers », encadre cette pratique. Pour un expatrié, les points essentiels sont les suivants :

Un statut de séjour légal est indispensable (visa de long séjour, permis de résidence ou de travail).

– Le bail doit être enregistré auprès des autorités locales dans un délai d’environ 15 jours après le début de la location.

– Des autorisations supplémentaires peuvent être requises dans certains cas, par exemple une autorisation du ministère des Affaires étrangères ou de la police, surtout dans des quartiers sensibles.

– Certains secteurs, pour des raisons de sécurité ou de préservation, peuvent limiter la location à des étrangers.

Astuce :

Dans la pratique, le recours à une agence immobilière sérieuse est quasi incontournable pour un étranger, car la plupart des négociations se font en persan. Il est essentiel de vérifier que l’agence dispose du permis spécifique requis pour traiter avec des clients étrangers. Des plateformes en ligne comme Divar ou des agences spécialisées dans la clientèle internationale peuvent être utiles pour repérer des biens, mais il faut noter que la signature du contrat se déroule presque toujours physiquement, en agence.

Dépôts et garanties : un choc culturel

Le système locatif iranien repose souvent sur des dépôts très importants (« rahn ») qui viennent en partie se substituer au loyer. Il n’est pas rare qu’un propriétaire exige l’équivalent de plusieurs mois, voire d’une année de loyer en dépôt de garantie, assortis d’un loyer mensuel plus bas.

Les paiements se font couramment en liquide, par virements locaux ou par chèques post‑datés. Le « chèque post‑daté » reste un outil fréquent, ce qui peut surprendre un expatrié habitué à d’autres pratiques.

Légalement, le locataire a droit à un logement habitable et à une protection contre les expulsions arbitraires. Le propriétaire doit effectuer les réparations structurelles, alors que l’entretien courant incombe au locataire. En cas de litige, la voie normale passe par la médiation ou les tribunaux. D’où l’intérêt d’avoir un contrat rédigé de manière claire, idéalement relu par un avocat local.

Santé, assurance et soins médicaux

Le système de santé iranien est l’un des plus développés du Moyen‑Orient, avec une infrastructure moderne dans les grandes villes et une organisation structurée autour de différents niveaux de soins (centres de santé primaires, hôpitaux secondaires et tertiaires). Le ministère de la Santé et de l’Éducation médicale joue un rôle central en pilotant les hôpitaux publics et les universités médicales. À côté, des organismes comme la Sécurité sociale (SSO) gèrent leurs propres réseaux d’établissements.

Les indicateurs montrent une espérance de vie d’environ 77,7 ans, un investissement santé avoisinant 8 % du PIB et plus de 90 % de la population couverte par une forme d’assurance maladie locale. Mais cette réalité concerne surtout les citoyens iraniens.

Les options pour un expatrié

En théorie, un étranger peut accéder aux hôpitaux publics pour des tarifs relativement faibles, mais il ne bénéficie pas spontanément de la même protection sociale qu’un citoyen. Pour un expatrié, la norme est donc l’assurance privée internationale.

Exemple :

Lors de la rédaction d’un article, il est essentiel de dégager et de présenter clairement les points clés à retenir. Ces éléments principaux résument l’information la plus importante et guident le lecteur dans sa compréhension. Par exemple, dans un article technique, les points clés pourraient inclure les spécifications principales, les avantages et les cas d’utilisation recommandés.

– La plupart des entreprises qui envoient des expatriés en Iran prennent en charge une assurance santé privée internationale.

– Une police d’assurance doit couvrir les soins en Iran, mais aussi, idéalement, l’évacuation médicale vers un pays voisin en cas de besoin.

– Les hôpitaux privés de Téhéran, Chiraz ou Ispahan offrent des prestations de niveau international, avec des médecins souvent formés à l’étranger.

– Une consultation privée avec un spécialiste peut coûter autour de 50–100 USD, ce qui reste très compétitif pour un assuré, mais pèse lourd pour un patient local sans couverture.

Tourisme Médical

Le pays attire des dizaines de milliers de patients internationaux chaque année grâce à un rapport qualité-prix compétitif dans plusieurs spécialités médicales.

Chirurgie

Bénéficiez d’interventions chirurgicales de haute qualité à des prix très attractifs.

Dentisterie

Accédez à des soins dentaires professionnels et complets pour un coût avantageux.

Santé au quotidien

Les pharmacies sont nombreuses et bien fournies dans les villes et même dans beaucoup de villages. Certains médicaments sont subventionnés, d’autres non. Pour l’expatrié, quelques précautions s’imposent : conserver ses ordonnances, éviter d’importer des médicaments sans vérifier la réglementation, et penser à se renseigner sur les vaccins recommandés avant le départ.

En cas d’urgence, le 115 permet d’appeler une ambulance. Le système fonctionne plutôt correctement en ville, même si, dans certaines situations, les locaux préfèrent encore prendre un taxi pour aller à l’hôpital le plus proche.

Éducation des enfants d’expatriés : l’option quasi obligatoire des écoles internationales

L’éducation occupe une place clé dans la société iranienne, avec des dépenses publiques importantes et un taux d’alphabétisation élevé. L’école publique, gratuite jusqu’en 9ᵉ année, fonctionne toutefois exclusivement en persan, avec une forte imprégnation des valeurs islamiques et une séparation stricte des sexes.

Pour un enfant d’expatrié non persanophone, s’intégrer dans ce système public est difficile, sauf dans le cas de familles installées très longtemps ou parlant déjà la langue. La plupart des expatriés se tournent donc vers les écoles internationales ou les écoles privées pour étrangers, principalement situées à Téhéran.

Ces établissements suivent des programmes étrangers (américain, britannique, français, allemand, japonais, indien, etc.), parfois adossés au baccalauréat international (IB). Ils offrent :

Bon à savoir :

Ces établissements proposent une scolarité en anglais, français ou d’autres langues, avec des standards pédagogiques proches de ceux du pays d’origine. Ils se distinguent par des classes à effectifs restreints. Leur principal inconvénient est des frais de scolarité élevés, souvent pris en charge par l’employeur des parents.

Les coûts mentionnés dans les études illustrent cet écart :

Crèche/jardin d’enfants privé : autour de 89 USD par mois au niveau national, 124 USD par mois en moyenne à Téhéran.

École primaire internationale : environ 1 340 USD de frais annuels en moyenne dans le pays, mais jusqu’à 2 000 USD à Téhéran pour certains établissements.

Pour choisir une école, l’emplacement dans la ville, le programme (IB, Cambridge, national d’un pays donné), la langue d’enseignement et la reconnaissance des diplômes sont les critères essentiels. Compte tenu des listes d’attente, il est recommandé de démarrer les démarches plusieurs mois à l’avance.

Culture, codes sociaux et « Taarof » : l’art de la politesse à l’iranienne

La réputation d’hospitalité des Iraniens n’est pas usurpée. Les témoignages d’expatriés et de voyageurs décrivent très souvent des invitations à prendre le thé ou à dîner, des habitants curieux, chaleureux, souvent ravis d’échanger quelques mots avec un étranger. Mais cette convivialité s’inscrit dans un système de politesse sophistiqué, le fameux « Taarof ».

Taarof : refuser pour mieux accepter

Le Taarof est un ensemble de codes de politesse où l’on minimise la valeur de ce que l’on offre, et où l’on fait semblant de refuser plusieurs fois par modestie avant d’accepter. Un commerçant pourra dire d’un article qu’il « n’a pas de prix » ou qu’« il est pour vous » pour signifier sa bonne volonté, sans avoir réellement l’intention de le donner gratuitement. À table, l’hôte propose plusieurs fois de se resservir, et le convive refuse d’abord par politesse, avant d’accepter ensuite.

Bon à savoir :

Les Iraniens sont conscients que les étrangers ne maîtrisent pas leurs codes sociaux. Pour un expatrié, l’attitude essentielle est de rester respectueux et de ne pas se précipiter sur ce qui est offert. Il est également important de comprendre que, dans certaines situations, un « non » peut en réalité inviter à insister un peu, et qu’une formule comme « c’est pour vous » n’est pas toujours à prendre au pied de la lettre.

Codes vestimentaires et comportement en public

Le code vestimentaire est un aspect non négociable de la vie en Iran, inscrit dans la loi. Pour les femmes, cela signifie : un hijab obligatoire, qui couvre les cheveux et le cou, ainsi que des vêtements amples qui ne dessinent pas la silhouette.

Cheveux couverts par un voile ou foulard en public,

Bras et jambes couverts (manteau, long manteau léger — « manteau » — ou tunique, pantalon ou jupe longue),

Tissus pouvant être colorés et modernes, surtout dans les grandes villes, mais toujours modestes.

Pour les hommes, les règles sont moins strictes, mais les shorts et les débardeurs sont exclus de l’espace public. Un pantalon long et un t‑shirt ou une chemise suffisent dans la plupart des contextes informels.

Dans les lieux de culte (mosquées en activité, sanctuaires), les exigences sont plus strictes : les femmes doivent souvent porter un chador, généralement prêté à l’entrée.

Bon à savoir :

Les contacts physiques entre hommes et femmes non mariés ou non apparentés sont très limités en public. Entre personnes du même sexe, les gestes comme les poignées de main, les accolades ou les baisers sur la joue sont courants et relèvent de l’amitié, sans la même connotation qu’ils peuvent avoir dans certains pays occidentaux.

Les formes de salutation les plus courantes sont « Salaam » ou « Salaam Aleikum ». Pour prendre congé, on entendra souvent « khoda hafez » (« que Dieu te protège »). La hiérarchie et l’âge jouent un rôle : on salue en priorité, et avec plus de formalisme, une personne plus âgée ou de rang supérieur (par exemple en utilisant « Agha » pour Monsieur et « Khanom » pour Madame devant le nom).

Religion et calendrier

L’Islam imprègne l’espace public : appel à la prière, grandes fêtes religieuses (Ramadan, Aïd, mois de deuil de Moharram, Achoura, Arbaïn), jour de repos principal le vendredi. Pendant le Ramadan, il est interdit de manger, boire, fumer ou mâcher du chewing‑gum en public pendant la journée, même pour les non‑musulmans.

Attention :

Le calendrier persan marqué par Nowruz, autour de l’équinoxe de mars, entraîne un ralentissement ou une fermeture de nombreuses administrations et entreprises sur plusieurs jours. Pour un expatrié, il est crucial d’anticiper les démarches administratives et d’éviter de planifier des échéances importantes durant cette période.

À la maison, chez les autres

Être invité dans un foyer iranien est presque une étape obligée de la vie d’expatrié. Les règles implicites sont nombreuses :

Retirer ses chaussures à l’entrée si les hôtes sont pieds nus ou en chaussons ;

Apporter un petit cadeau (fleurs, pâtisseries, chocolats) ;

– Saluer tous les membres de la famille ;

– Se laisser servir, car l’hôte insiste souvent pour resservir thé, fruits, biscuits et plats principaux.

La maison est un espace très privé, plus qu’en Occident, et l’on y observe parfois un contraste net entre les attitudes à l’intérieur (plus détendues) et celles en extérieur.

Sécurité, libertés et contraintes politiques

La question de la sécurité en Iran est paradoxale. Sur le plan criminel, de nombreux expatriés et voyageurs décrivent un sentiment de sûreté élevé dans les grandes villes : peu de vols violents, hospitalité des habitants, possibilité de se promener le soir sans crainte excessive, notamment dans les circuits touristiques classiques (Téhéran, Chiraz, Ispahan, Yazd, Kashan). Les statistiques de certains sites évoquent un indice de sécurité relativement bas pour Téhéran (35 sur 100), mais la réalité quotidienne pour un étranger prudent est loin de celle de certaines grandes métropoles d’Amérique latine ou d’Afrique.

Attention :

Le cadre politique et juridique en Iran présente des risques significatifs, incluant des arrestations arbitraires et une méfiance envers les étrangers, particulièrement ceux ayant des activités journalistiques, associatives ou politiques, ou des liens avec certains pays. De nombreux gouvernements occidentaux déconseillent officiellement les voyages ou l’installation dans le pays en raison du risque élevé de détention pour des motifs liés à la sécurité nationale.

Pour un expatrié, cela implique plusieurs choses :

Attention :

Pour un séjour sans incident, il est impératif d’éviter tout commentaire public sur la politique ou la religion, notamment sur les réseaux sociaux. Il faut renoncer à photographier des sites sensibles comme les bâtiments officiels, installations militaires ou aéroports. La prudence est de mise dans les déplacements vers les zones frontalières instables (ex: régions frontalières avec le Pakistan, l’Afghanistan ou certaines zones proches de l’Irak). Enfin, il est essentiel de toujours respecter les lois locales concernant la moralité publique, la consommation d’alcool, les relations intimes et l’habillement.

Dans la vie de tous les jours, les incidents les plus fréquents qui touchent les étrangers sont finalement assez banals : pickpockets, arrachages de sacs à scooter, escroqueries par de faux policiers, accidents de la circulation. La prudence élémentaire suffit souvent à s’en prémunir.

Santé mentale, loisirs et vie sociale

La vie sociale en Iran s’organise davantage autour des foyers privés que des bars (l’alcool étant interdit) ou des boîtes de nuit. Boire un thé chez quelqu’un, faire un pique‑nique en famille dans un parc, partir en excursion dans les montagnes autour de Téhéran, ou profiter des cafés et restaurants sont les loisirs les plus fréquents.

20-22

C’est le coût mensuel en dollars d’un abonnement à une salle de sport pour un expatrié à Téhéran.

Les expatriés recherchant une communauté peuvent se tourner vers des réseaux comme InterNations ou Expat.com, qui organisent des événements, rassemblent des forums de discussions et facilitent les rencontres entre profils internationaux. Ces plateformes recensent des expatriés de toutes origines déjà installés à Téhéran ou dans d’autres villes.

Conclusion provisoire : un pays à fort contraste, une expatriation exigeante

S’installer en Iran en tant qu’expatrié, c’est composer avec un jeu de contrastes permanents. Le coût de la vie, attractif pour un salarié payé en devises, contraste avec des salaires locaux faibles et un marché du logement en crise pour les Iraniens. Un système de santé performant dans les grandes villes coexiste avec des contraintes administratives et un environnement politique instable. Un peuple réputé pour sa chaleur, sa curiosité et sa générosité évolue dans un cadre légal contraignant, notamment en matière de mœurs, de liberté d’expression et de droits individuels.

Astuce :

Pour une expatriation réussie en Iran, une préparation rigoureuse est essentielle. Il faut bien s’informer en amont sur les aspects administratifs (visas), sécuritaires, de santé et de logement. Le respect strict des lois et des codes culturels locaux est impératif. Enfin, adopter une attitude ouverte aux rencontres et aux échanges permet de découvrir la grande richesse culturelle, historique et humaine du pays et de dépasser les idées reçues.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, doté d’un patrimoine financier de plus d’un million d’euros correctement diversifié en Europe, souhaite transférer sa résidence fiscale en Iran afin d’optimiser sa charge imposable, accéder à de nouveaux marchés d’investissement (immobilier, private equity local, devises) et conserver un lien avec la France. Budget d’accompagnement : 10 000 € pour un suivi complet (analyse fiscale, formalités migratoires, structuration patrimoniale internationale), sans vente forcée d’actifs.

Après étude de plusieurs destinations (Grèce, Chypre, Émirats, Turquie), la stratégie retenue a consisté à s’installer en Iran, en tirant parti d’un coût de vie très inférieur à celui de Paris, d’une fiscalité attractive sur certains revenus étrangers, et d’opportunités immobilières à Téhéran ou dans des villes secondaires. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions FR‑IR), obtention du titre de séjour via acquisition d’un bien ou visa de long séjour, transfert de la résidence bancaire adaptée aux contraintes de sanctions, plan de rupture des liens fiscaux français (séjour >183 jours en Iran, centre d’intérêts économiques), accès à un réseau local (avocat, conseil fiscal bilingue) et restructuration patrimoniale pour sécuriser transmission, revenus et contrôle des risques (double imposition, contrôles français, risque pays, adaptation culturelle).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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