S’installer en Guinée-Bissau en tant qu’expatrié : le guide complet

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Guinée-Bissau n’a rien d’un projet banal. Le pays attire une poignée d’expatriés – essentiellement des diplomates, des employés d’ONG et des experts en développement – séduits par une culture métissée, la douceur du littoral atlantique et la promesse de contribuer à la reconstruction d’un État fragile. Mais derrière l’image d’archipel paradisiaque et de capitale aux façades coloniales colorées se cache l’un des pays les plus pauvres du monde, avec une infrastructure délabrée, un système de santé défaillant et une économie ultra-dépendante de l’aide internationale.

Bon à savoir :

Ce guide offre une vision réaliste de la vie sur place pour aider à évaluer les enjeux, anticiper les difficultés et profiter des atouts du pays.

Comprendre la Guinée-Bissau avant de partir

La Guinée-Bissau se trouve en Afrique de l’Ouest, entre le Sénégal et la Guinée, avec une façade atlantique ponctuée de mangroves, de baies sableuses et d’îles. Sa capitale, Bissau, est à la fois port principal, centre administratif, militaire et industriel du pays. L’économie repose largement sur l’agriculture et la pêche, avec un produit emblématique : la noix de cajou, qui représente environ 60 % du revenu national. Le pays est le quatrième producteur africain de cajou.

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La Guinée-Bissau se classait 178ᵉ sur 188 pays dans le rapport sur le développement humain des Nations unies de 2016.

La capitale compte environ 492 000 habitants, sur une population nationale d’environ 1,86 million de personnes. Bissau concentre l’essentiel de la vie politique, économique et expatriée, mais le pays reste majoritairement rural, avec des infrastructures quasi inexistantes à l’intérieur.

Un environnement politique et sécuritaire à risques

La Guinée-Bissau traîne une réputation de « narco-État » forgée au début des années 2000, période où le pays a servi de hub de transit pour la cocaïne à destination de l’Europe. S’y ajoute une instabilité politique chronique, faite de coups d’État, de dissolutions de gouvernement et de tensions entre factions militaires.

Attention :

L’environnement sécuritaire est instable, avec des manifestations pouvant devenir violentes et des forces de sécurité aux moyens limités. De plus, de nombreuses zones rurales, notamment dans les régions de Bafata, Oio, Biombo, Quinara et Tombali, restent contaminées par des mines et des munitions non explosées. Bien que la capitale Bissau soit officiellement déclarée libre de mines, la plus grande prudence est requise dès que l’on s’éloigne des axes principaux.

La criminalité de rue est bien présente, surtout dans la capitale : vols à l’arraché, pickpockets, agressions opportunistes à proximité de l’aéroport, des marchés comme Bandim ou dans les quartiers populaires. Les étrangers peuvent être perçus comme des cibles intéressantes. La nuit, l’absence d’éclairage, de patrouilles régulières et l’état des routes accroissent les risques.

Pour autant, certains indicateurs et témoignages relayés sur des plateformes de nomades ou d’expatriés qualifient le pays de « plutôt sûr » au quotidien : peu de densité, air relativement propre, population décrite comme accueillante, liberté d’expression plutôt large. Cette apparente contradiction reflète un contexte où la violence politique et la délinquance coexistent avec une société civile généralement pacifique.

Climat, cadre naturel et qualité de vie

Le climat est de type tropical avec deux grandes saisons : une saison des pluies de juin à octobre et une saison sèche de novembre à mai. Les températures « ressenties » restent élevées toute l’année, oscillant autour de 24–25 °C entre décembre et mai, pour grimper autour de 30–31 °C en fin de saison des pluies.

Le tableau ci-dessous donne une idée des températures ressenties moyennes par mois :

MoisTempérature ressentie approximativeAppréciation générale
Janvier24 °Cchaud
Février25 °Cchaud
Mars23 °Cdoux à chaud
Avril24 °Cchaud
Mai24 °Cchaud
Juin25 °Cchaud
Juillet28 °Cchaud et humide
Août31 °Ctrès chaud
Septembre31 °Ctrès chaud
Octobre31 °Ctrès chaud
Novembre30 °Cchaud
Décembre25 °Cchaud

L’air est souvent décrit comme relativement sain, mais l’humidité est forte, surtout pendant la saison des pluies, au point d’être qualifiée de « très moite » par certains voyageurs. Moustiques, risques de maladies vectorielles (paludisme, dengue) et problèmes de moisissures dans les logements font partie du quotidien.

Exemple :

La Guinée-Bissau possède des paysages côtiers remarquables, notamment l’archipel des Bijagós, classé Réserve de biosphère par l’UNESCO. Cet archipel spectaculaire, à quelques heures de bateau de Bissau, est formé de mangroves, de lagunes et de plages splendides aux eaux claires et peu fréquentées. Il abrite des communautés matriarcales et une faune exceptionnelle (dauphins, lamantins, hippopotames, tortues marines, oiseaux rares). Cependant, l’accès y est coûteux ou compliqué, et l’absence quasi totale de structure médicale rend toute évacuation sanitaire périlleuse.

Langues, religions et codes sociaux

S’intégrer en Guinée-Bissau passe d’abord par une compréhension des langues et des codes sociaux. La langue officielle est le portugais, utilisé par l’administration, les médias formels et les milieux d’affaires. Mais seuls environ 14 % des habitants, surtout les élites urbaines, le parlent réellement au quotidien, principalement à Bissau.

La langue de communication la plus répandue est le créole bissau-guinéen, le Crioulu, un créole à base portugaise. C’est la lingua franca dans les marchés, les services, au parlement, à la radio populaire. À côté, plus de 20 langues locales coexistent, chacune généralement parlée par moins de 50 000 personnes, reflétant la mosaïque ethnique du pays (Balanta, Fula, Mandinka, Manjaco, notamment).

Astuce :

Le français est relativement présent en Guinée-Bissau, enseigné comme seconde langue dans de nombreuses écoles publiques et utilisé dans certains échanges commerciaux, notamment par les commerçants mauritaniens. Pour un expatrié francophone, cela constitue un réel atout. Cependant, l’apprentissage de quelques bases de portugais (langue officielle) ou de crioulo (langue véhiculaire) est fortement recommandé pour une meilleure intégration. L’anglais, quant à lui, reste très marginal, parlé par seulement environ 2,9 % de la population.

Sur le plan religieux, environ la moitié de la population est musulmane, le reste se partageant entre christianisme et croyances animistes. L’État est officiellement laïc, et la cohabitation entre confessions est généralement pacifique. Des fêtes musulmanes comme l’Aïd el-Fitr, l’Aïd el-Adha ou le Mawlid, ainsi que des fêtes chrétiennes (Noël, Pâques) rythment l’année.

Bon à savoir :

Les interactions sociales sont fortement influencées par la philosophie Ubuntu, qui valorise la solidarité, le respect mutuel et la primauté du collectif. Le respect des aînés et l’hospitalité sont centraux. Il est important de prendre le temps pour les salutations et les nouvelles de la famille, et d’accepter les invitations à partager un thé ou un repas, car un refus abrupt peut être mal perçu. Utilisez toujours la main droite pour manger, offrir ou recevoir un objet, la gauche étant considérée comme impure dans certains contextes.

En public, l’attitude attendue est plutôt réservée : les démonstrations d’affection, surtout entre personnes de même sexe, peuvent susciter incompréhension ou hostilité. La loi ne criminalise pas explicitement les relations homosexuelles, mais le climat social est décrit comme hostile envers les personnes LGBTQ+. Dans les zones musulmanes, la tenue vestimentaire doit rester très modeste, en particulier pour les femmes, qui sont invitées à se couvrir davantage à proximité des mosquées.

Bissau, ville d’accueil des expatriés

Pour l’immense majorité des expatriés, la vie se concentre à Bissau. La ville rassemble les ministères, les ambassades, la plupart des ONG, ainsi que les rares hôtels et restaurants « internationaux ».

Bissau porte encore les stigmates de la guerre civile de la fin des années 1990, qui a détruit une partie des infrastructures, dont le palais présidentiel et certains bâtiments administratifs. On y trouve toutefois un centre historique vivant, Bissau Velho, avec des bâtiments coloniaux décrépis mais colorés, des ruelles animées et quelques cafés prisés des étrangers, comme Kebra Cabana ou Prime.

Sites marquants de Bissau

Découvrez les principaux lieux d’intérêt culturel, historique et de détente dans la capitale de la Guinée-Bissau.

Forteresse d’Amura

Datant du XVIIᵉ siècle, cette forteresse surplombe une partie de la ville et abrite un musée militaire.

Musée ethnographique national

Documente et présente les cultures des différentes ethnies du pays.

Plages à proximité

Bissau dispose de plusieurs plages accessibles depuis la ville pour la détente.

Lieux de sociabilité

Des endroits où se croisent expatriés et classe moyenne locale pour se rencontrer et échanger.

Les quartiers résidentiels cités dans les annonces de location – Bissau Velho, Alto Bandim, Bairro Internacional, Enterramento, Safim – constituent le cœur de la zone de vie des étrangers. Certains logements haut de gamme offrent climatisation, gardiennage, groupes électrogènes, forages privés ou citernes pour contourner les coupures d’eau et d’électricité.

Statut légal, visas et séjour de longue durée

S’installer en Guinée-Bissau commence par la question du visa. Le pays applique un régime différencié selon les nationalités.

Les ressortissants des États membres de la CEDEAO (Bénin, Burkina Faso, Cabo Verde, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Liberia, Mali, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone et Togo) peuvent entrer sans visa pour des séjours de moins de 90 jours. Des exemptions existent également pour les titulaires de passeports diplomatiques ou de service de certains pays lusophones (Angola, Brésil, Cabo Verde, Mozambique, Portugal, São Tomé-et-Principe, Vietnam).

Pour la plupart des autres nationalités, un visa est obligatoire. Plusieurs options existent :

Types de visas pour l’Inde

L’Inde propose plusieurs types de visas pour répondre aux besoins variés des voyageurs, allant du court séjour à l’installation de longue durée.

Visa à l’arrivée

Valable jusqu’à 90 jours pour les ressortissants éligibles.

Visa électronique (e‑visa)

Pour des séjours courts de tourisme, d’affaires ou de transit.

Visas physiques

Entrée simple, multiples entrées, transit, service, diplomatique ou de courtoisie.

Visa de long séjour (VLS)

D’une durée d’un an pour les personnes souhaitant s’installer en Inde.

Le tableau suivant résume les grands types de visas utiles aux expatriés :

Type de visaUsage principalDurée possible
Tourisme / visiteSéjour court non lucratif30 à 90 jours
AffairesRéunions, prospection, missions30 à 90 jours
Visa à l’arrivéeEntrée de court séjourJusqu’à 90 jours
e‑visa (entrée simple)Tourisme / affaires30 à 90 jours
e‑visa (entrées multiples)Voyages fréquents90, 180 ou 365 jours
Visa de long séjour (VLS)Installation, travail, études1 an à compter de la délivrance

La procédure de demande d’e‑visa se fait en ligne : formulaire, téléchargement des pièces, paiement par carte, puis réception du document par courriel sous 72 heures en principe. Ce document doit être imprimé et présenté à l’arrivée, avec un passeport valable au moins six mois au-delà de l’entrée, un billet retour, une preuve d’hébergement et un certificat de vaccination contre la fièvre jaune.

Pour un visa d’affaires ou un VLS, les exigences sont plus lourdes : lettre d’invitation ou de parrainage sur papier à en‑tête d’une entreprise locale précisant le but et les dates de la mission, contrat de travail ou autorisation d’exercer une profession, preuve de moyens financiers, parfois caution de rapatriement et documents prouvant le lien familial ou l’inscription universitaire pour les conjoints ou étudiants.

La situation est particulière pour certains pays : par exemple, l’ambassade en charge des visas pour des ressortissants américains est fermée à Washington, ce qui oblige à passer par des pays tiers (comme l’ambassade à Dakar, Sénégal) ou par des intermédiaires privés de conseil comme VisaHQ. De manière générale, il est fortement conseillé de vérifier le poste consulaire compétent avant d’initier toute demande.

Les extensions de visa doivent être sollicitées auprès du service de l’immigration avant l’expiration du titre, sous peine de pénalités. Dans ce contexte, conserver en permanence une copie de son visa et une photocopie certifiée de son passeport est une précaution judicieuse.

Coût de la vie et budget d’expatrié

La Guinée-Bissau figure parmi les pays les moins chers du monde en termes de coût de la vie local, mais ce constat est trompeur pour un expatrié. Maintenir un niveau de confort « occidental » exige souvent de vivre dans des logements mieux équipés, d’importer certains produits et de recourir à des services privés, ce qui renchérit fortement la facture.

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Pour une famille de quatre, les dépenses mensuelles à Bissau, loyer compris, approchent ce montant en dollars.

Pour visualiser les principaux postes de dépenses, on peut s’appuyer sur les fourchettes observées à Bissau (en francs CFA de l’UEMOA, monnaie officielle) :

Poste de dépensePrix indicatif (CFA)
Menu midi basique au centre-ville~12 000
Repas dans petit resto bon marché~3 000
Combo fast‑food local~8 500
Dîner 3 plats pour 2 (restaurant moyen)15 000 – 26 780
Bière locale 0,5 L au bar400 – 1 080
Bouteille de vin milieu de gamme4 000 – 7 800
Litre de lait1 000 – 1 800
Douzaine d’œufs3 000 – 4 870
1 kg de riz~1 640
1 kg de poulet désossé~13 950 – 16 200
1 kg de pommes de terre800 – 1 350
Pain (2 pers., 1 jour)~500
Loyer 85 m² meublé quartier cher~450 000
Loyer 85 m² meublé quartier “normal”~300 000
Loyer studio 45 m² meublé quartier cher~413 623
Loyer studio 45 m² meublé quartier normal~300 000
Internet fixe 8 Mbps~27 384
Abonnement gym mensuel (quartier d’affaires)~31 273
Consultation médecin privé5 000 – 15 300
Ticket ciné~2 500 (équivalent ~4,2 USD)
Coupe de cheveux simpleéquivalent ~3,7 USD

Convertis en dollars, les loyers d’appartements meublés d’une chambre au centre‑ville se situent généralement entre 343 et 524 dollars par mois, alors qu’un trois pièces peut atteindre 584 à plus de 890 dollars. À l’achat, le mètre carré dans le centre tournerait autour de 1 500 dollars, contre un peu moins de 900 dollars en périphérie.

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Le salaire mensuel moyen net estimé dans le pays, servant de référence pour évaluer le coût de la vie.

Plus globalement, des comparaisons internationales placent Bissau parmi les villes les moins chères au monde (top 33 % des moins coûteuses), mais plus on se rapproche des habitudes de consommation européennes ou nord‑américaines, plus la facture grimpe. L’alimentation importée, la connexion internet correcte, les générateurs électriques, l’eau potable en bonbonnes, la scolarisation internationale, tout cela doit être intégré dans le budget.

Logement : où et comment se loger

L’offre hôtelière reste limitée, concentrée dans la capitale, et il est recommandé de réserver à l’avance. Pour des séjours plus longs, la plupart des expatriés s’orientent vers la location meublée via des plateformes comme Airbnb, Vrbo ou Sublet.com, ou par bouche‑à‑oreille au sein de la petite communauté étrangère.

Les annonces décrivent une palette de biens assez variée à Bissau :

Types de logements disponibles

Découvrez une sélection de propriétés à louer en Guinée-Bissau, allant du studio moderne à la grande villa, avec divers services et équipements.

Studios meublés à Bissau Velho

Studios avec balcon, offrant parfois une vue sur la forteresse d’Amura.

Villas 4 chambres (Villa Sol)

Villas climatisées avec gardiennage de nuit, alimentation en eau indépendante, ménage optionnel et service de location de voiture.

Maisons de ville à Alto Bandim

Maisons avec trois chambres climatisées, terrasse et parking privé.

Grandes maisons à Enterramento ou Safim

Maisons spacieuses avec plusieurs chambres et garages pour plusieurs véhicules.

Studios modernes au Bairro Internacional

Studios avec aide domestique plusieurs fois/semaine, gardiennage nocturne et proximité d’hôtels internationaux.

Les logements les plus prisés par les expatriés incluent systématiquement : les appartements modernes, les quartiers centraux, et une bonne proximité avec les transports en commun.

Équipements et Services

Les équipements et services essentiels couramment disponibles pour assurer confort, sécurité et autonomie.

Climatisation

Présente dans les chambres et parfois dans le séjour pour un confort thermique optimal.

Alimentation électrique

Système sécurisé avec générateur et onduleurs pour une continuité de service.

Approvisionnement en eau

Assuré par un forage ou une citerne pour une autonomie complète.

Sécurité

Service de gardiennage 24h/24 ou de nuit, complété par un système de vidéosurveillance.

Connexion Internet

Réseau Wi‑Fi, souvent fourni par un opérateur privé.

Confort et Services

Équipements comme les moustiquaires et services optionnels de ménage et blanchisserie.

Certaines maisons ou appartements sont proposés avec services complémentaires : transfert aéroport, chauffeur, location de véhicule, voire petit-déjeuner.

Les prix varient en fonction du quartier, du niveau de confort et de la durée. Certains hébergements de type guesthouse ou location courte durée affichent environ 25 dollars la nuit, tandis que des appartements ou villas mieux équipés peuvent monter à 95 dollars la nuit ou plus. Sur le mois, des studios de standing peuvent tourner autour de 500 dollars, des appartements familiaux équipés autour de 800–1 000 dollars voire plus, selon les services inclus.

Les notes d’utilisateurs indiquent que plusieurs biens atteignent des scores proches de 5/5, signe que, malgré un marché étroit, il existe une offre qualitative ciblant diplomates, consultants et responsables d’ONG.

Travailler en Guinée-Bissau : secteurs et réalités

La communauté expatriée est restreinte, et ses opportunités sont concentrées dans quelques secteurs bien précis. La majorité des étrangers en poste long terme sont employés :

– par les Nations unies ou d’autres agences multilatérales,

– par des ONG internationales intervenant dans la santé, l’éducation, la gouvernance, le développement rural,

– par des ambassades ou représentations diplomatiques,

– plus marginalement, par quelques acteurs du tourisme ou de l’investissement privé.

Bon à savoir :

Le pays est classé parmi les plus difficiles pour faire des affaires en raison d’infrastructures défaillantes, d’une administration lente, d’une instabilité politique, d’un système judiciaire fragile et de marchés étroits. La connexion internet est généralement lente et instable en dehors de quelques quartiers de Bissau, et l’ensemble du tissu économique repose largement sur les transactions en espèces.

Les salaires locaux ne permettent pas à un expatrié de se loger et de se soigner selon des standards occidentaux. Un poste local sans package international (logement, assurance, primes d’expatriation) est donc rarement viable, sauf à accepter un mode de vie très frugal.

Les relations de travail restent fortement marquées par la hiérarchie et le respect des titres. Les négociations sont souvent longues, les décisions se prennent par consensus, et les retards sont fréquents. Les réunions débutent généralement par des échanges informels ; se précipiter sur l’ordre du jour peut être contre-productif. Dans ce contexte, la patience et la capacité à construire un réseau de confiance priment sur la technicité pure.

Santé : un système à éviter si possible

Le système de santé guinéen‑bissau-guinéen est considéré comme l’un des plus fragiles de la région. Le pays souffre d’un manque criant de financements, d’infrastructures, de personnels qualifiés et de médicaments. Plus de 90 % du budget de la santé dépend de bailleurs internationaux, et les dépenses publiques ne représentent qu’environ 20 % du total des dépenses de santé, le reste étant assuré par des paiements directs des patients.

Les chiffres globaux sont alarmants : espérance de vie autour de 60 ans, mortalité maternelle parmi les plus élevées au monde (environ 900 décès pour 100 000 naissances vivantes), mortalité infantile importante, prévalence du VIH la plus haute d’Afrique de l’Ouest, fortes charges de paludisme, tuberculose, maladies diarrhéiques et infections respiratoires.

Attention :

Le système de santé est structuré en 11 régions et 114 districts, mais plus de 40% de la population réside à plus de 5 km du centre de santé primaire le plus proche. De plus, les hôpitaux publics souffrent de graves pénuries (électricité, eau, équipement, médicaments), obligeant souvent les patients à fournir eux-mêmes le matériel de base comme les gants, les seringues, les médicaments et même la literie.

À Bissau, l’hôpital national Simão Mendes constitue le principal établissement public, complété par quelques hôpitaux régionaux (Bafatá, Gabú) et des structures spécialisées comme l’hôpital du Mal de Hansen de Cumura. Le secteur privé existe, avec des cliniques comme l’hôpital 3 de Agosto ou quelques cabinets de médecins, mais il reste limité et ne peut prendre en charge que des cas simples ou modérément complexes.

Bon à savoir :

Pour les pathologies graves (chirurgie lourde, complications obstétricales), une évacuation sanitaire vers Dakar, le Maroc ou le Portugal est la norme pour les expatriés et les Bissau‑Guinéens disposant de moyens. Bien qu’une partie du budget santé national y soit allouée, ce dispositif reste inaccessible à la majorité de la population.

Pour un expatrié, il est donc impératif :

de disposer d’une assurance santé internationale incluant la prise en charge des évacuations médicales,

de prévoir un stock de médicaments personnels, notamment pour les traitements chroniques,

– d’être à jour de ses vaccinations (fièvre jaune obligatoire, plus hépatites A et B, typhoïde, méningite, etc.),

– de prendre une prophylaxie antipaludique et d’utiliser moustiquaires imprégnées, répulsifs et vêtements couvrants.

L’eau du robinet n’est pas potable. Seule l’eau en bouteille ou bouillie est recommandée, la glace pouvant être fabriquée avec de l’eau contaminée. La chaîne du froid n’étant pas toujours respectée, l’alimentation de rue présente des risques non négligeables de diarrhées et d’intoxications.

Éducation des enfants : options limitées mais en évolution

Le système éducatif guinéen‑bissau-guinéen se compose de six années de primaire (théoriquement obligatoire de 7 à 13 ans) et d’un secondaire structuré en deux cycles (7ᵉ–9ᵉ année puis 10ᵉ–12ᵉ ou filières professionnelles). Dans la pratique, seule une moitié des enfants fréquente l’école primaire, et à peine un quart achève les classes supérieures. Les inégalités de genre sont marquées : environ 32 % des filles sont scolarisées contre 58 % des garçons.

Face à cette situation, tout parent expatrié se pose la question de la scolarisation. Longtemps, il n’existait pas d’offre d’enseignement international structurée à Bissau. Aujourd’hui, quelques établissements répondent partiellement à cette demande, notamment :

Exemple :

À Bissau, on trouve notamment le Lycée Français International de Bissau (LFIB), qui fait partie du réseau de la Cité Scolaire Internationale et est proche du réseau de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE). Il existe également des écoles portugaises, telles que l’Escola Portuguesa da Guiné-Bissau et l’Escola Portuguesa Passo a Passo.

Le LFIB propose un projet pédagogique trilingue (français, portugais, anglais), avec des classes limitées à 20 élèves, des laboratoires de sciences, un centre de documentation, des terrains de sport, une cantine avec cuisine sur place et des activités périscolaires (football, basket, code, robotique, projets citoyens et écologiques). L’école suit le calendrier de la zone Afrique de l’Ouest de l’AEFE, avec des horaires allant de 8h à 14h45 en maternelle et 15h en élémentaire, le secondaire pouvant se prolonger jusqu’à 17h certains jours. Elle prépare à une section internationale et au Baccalauréat Français International.

Bon à savoir :

Pour les expatriés francophones, les écoles internationales au Sénégal représentent un choix majeur, bien que nécessitant un budget important. Des solutions de repli existent dans les pays voisins comme la Gambie ou la Guinée, mais leur utilisation quotidienne est souvent limitée par des contraintes logistiques (transport, sécurité).

De nombreuses analyses jugent que la qualité globale de l’éducation dans le pays est faible, ce qui pousse la plupart des familles expatriées à se tourner vers ces structures étrangères ou à envisager un départ (« boarding schools ») pour les études secondaires.

Compte bancaire, monnaie et finances personnelles

La monnaie utilisée est le franc CFA de l’UEMOA (XOF). L’économie est très largement fondée sur les paiements en espèces. Les cartes bancaires ne sont acceptées que dans quelques hôtels, restaurants et commerces haut de gamme. Les distributeurs automatiques sont rares, concentrés à Bissau, et souvent liés à des banques régionales comme Ecobank, VISTA, UBA ou des filiales de banques françaises. Ils peuvent être hors service ou à court de liquidités.

Astuce :

Pour un expatrié de longue durée, ouvrir un compte bancaire local facilite la réception d’un salaire, le paiement d’un loyer ou la gestion des dépenses quotidiennes. Le processus est souvent plus complexe pour un non-résident. Des services payants, comme celui de la société Hivoox, proposent pour environ 50 dollars un guide personnalisé listant les banques acceptant les étrangers, les documents requis et les démarches à suivre.

En règle générale, l’ouverture d’un compte individuel suppose au minimum :

une pièce d’identité valide (passeport),

une preuve d’adresse (facture d’eau ou d’électricité, contrat de location),

– un formulaire d’ouverture de compte rempli (nom légal, adresse complète, contacts, nationalité, date et lieu de naissance, profession, employeur),

– éventuellement une lettre d’introduction de l’employeur ou d’une institution,

– un dépôt initial dont le montant dépend de la banque.

Bon à savoir :

Pour une société, les documents nécessaires incluent les statuts, le certificat d’enregistrement, une résolution du conseil d’administration autorisant l’ouverture du compte, la liste des signataires, des informations sur la nature de l’activité et parfois les états financiers.

Les banques sont tenues d’appliquer les règles de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, ce qui se traduit par des demandes de justificatifs multiples. Il est fortement recommandé de clarifier à l’avance les frais de tenue de compte, les conditions d’utilisation des cartes, la disponibilité de la banque en ligne et les modalités de virement international.

Compte tenu des contraintes, beaucoup d’expatriés gardent leur compte principal dans leur pays d’origine ou dans un autre centre financier, et utilisent leur compte local comme relais pour les dépenses courantes.

Transports, déplacements et accès au pays

La Guinée-Bissau ne dispose que d’un seul aéroport international, Osvaldo Vieira, situé à environ 7 km de Bissau. Quelques compagnies – notamment TAP Air Portugal – relient la capitale à des hubs comme Lisbonne, ainsi qu’à d’autres villes ouest‑africaines selon les périodes. Les liaisons restent peu fréquentes, sujettes à annulations ou changements.

À l’arrivée, les voyageurs rapportent la présence de rabatteurs, de faux « helpers » et de taxis en mauvais état. L’aéroport et les abords sont des zones où la petite délinquance est active. Il est conseillé d’organiser, si possible, un transfert avec un hôtel ou un contact de confiance.

Attention :

À l’intérieur du pays, le réseau routier est largement dégradé : routes peu éclairées, trouées et inondables. Le trafic, mélangeant camions surchargés, animaux, piétons et véhicules sans éclairage, rend les accidents fréquents. Les secours étant quasi inexistants, la conduite de nuit hors de Bissau est fortement déconseillée.

Les taxis urbains fonctionnent souvent comme des minibus partagés, sans ceintures et dans un état mécanique aléatoire. Les minibus informels (toca‑toca, bus rapides) sont jugés peu sûrs pour les étrangers. De nombreux expatriés optent pour un véhicule personnel avec chauffeur, ou pour des taxis identifiés comme relativement fiables, négociés à l’avance.

Attention :

Pour se rendre dans l’archipel des Bijagós, il faut emprunter des liaisons maritimes peu régulières (pirogues ou bateaux affrétés). L’absence totale de structures de secours en mer impose une approche extrêmement prudente.

Un permis de conduire international peut être demandé selon la nationalité, mais des accords autorisent certains conducteurs (comme les titulaires de permis canadiens ou britanniques) à conduire pendant quelques mois avec leur permis national avant de devoir demander un permis local. Les contrôles routiers sont fréquents, et il est impératif de circuler avec passeport ou titre de séjour.

Réseaux d’expatriés, diaspora et vie sociale

La communauté expatriée en Guinée-Bissau est petite, éparse, et majoritairement concentrée à Bissau. La plupart travaillent pour des ambassades, des ONG ou des agences de l’ONU. Les clubs d’expatriés formalisés sont quasiment inexistants. La mise en relation se fait surtout via les organisations employeuses, par recommandations, ou par des plateformes en ligne spécialisées.

Des sites comme Expat.com proposent des petites annonces (emplois, logement, services), des forums, et permettent aux nouveaux arrivants de poser des questions. D’autres plateformes évoquent des applications de rencontre amicale ciblant Bissau pour faciliter les liens entre étrangers autour de centres d’intérêt communs.

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Nombre d’initiatives de développement menées par la diaspora bissau-guinéenne entre 2016 et 2021.

Pour un expatrié étranger, le quotidien social repose sur quelques cafés et restaurants fréquentés par les milieux internationaux, des événements ponctuels (réceptions d’ambassade, activités d’ONG, rencontres sportives) et, surtout, les liens tissés sur son lieu de travail. L’apprentissage des codes locaux – importance des salutations, du respect des aînés, de l’hospitalité – facilite la création de liens avec les voisins et collègues bissau‑guinéens.

Avantages et inconvénients d’une expatriation en Guinée-Bissau

Plusieurs sites relayant les retours d’expérience de nomades et d’expatriés dressent une liste de points positifs et négatifs dont il faut tenir compte avant de franchir le pas.

Du côté des atouts, la Guinée-Bissau est décrite comme :

relativement abordable pour qui accepte un niveau de vie local,

peu densément peuplée, avec un sentiment d’espace,

– dotée d’une population accueillante et d’une culture riche,

– plutôt démocratique, avec une liberté d’expression jugée significative,

– au climat chaud toute l’année, avec une air globalement peu pollué.

À cela s’ajoutent les atouts naturels exceptionnels (archipels, mangroves, biodiversité) et la possibilité, pour certains profils, de jouer un rôle concret dans des programmes de santé, d’éducation ou de gouvernance soutenus par les bailleurs.

Attention :

Les inconvénients présentés sont de grande importance et doivent être pris en considération.

pays souvent jugé « peu adapté aux séjours de longue durée » par des communautés de voyageurs,

internet lent et peu fiable en dehors de quelques points,

– système de santé très défaillant, nécessitant une évacuation pour tout problème grave,

– éducation locale de faible qualité, offre internationale limitée,

– routes dangereuses, transports publics peu sûrs,

– coût élevé des produits importés et choix alimentaires restreints,

– climat très chaud et humide, avec un risque élevé de maladies,

– hostilité sociale envers les personnes LGBTQ+, environnement peu « family friendly » pour des familles occidentales,

– difficulté à faire des affaires, environnement réglementaire et judiciaire peu prévisible.

Ces éléments expliquent que plusieurs plateformes de nomades numériques notent que leurs membres ont « peu apprécié » des séjours dans le pays et y viennent rarement.

Pour qui la Guinée-Bissau peut-elle être une bonne destination d’expatriation ?

Au vu de l’ensemble de ces paramètres, la Guinée-Bissau n’est pas une destination d’expatriation « grand public ». Elle s’adresse avant tout à :

Profils recherchés pour missions en contexte fragile

Découvrez les types de professionnels adaptés aux défis spécifiques des États fragiles, notamment en Afrique de l’Ouest, combinant expertise technique, résilience et motivation solidaire.

Personnel international expérimenté

Diplomates, fonctionnaires internationaux et employés d’ONG bénéficiant d’un package complet (logement sécurisé, assurance santé, billets d’avion, formation sécurité).

Experts techniques spécialisés

Professionnels du développement, de la santé publique ou de l’éducation, prêts à travailler dans un environnement de crise prolongée.

Entrepreneurs aguerris à la région

Chefs d’entreprise expérimentés en Afrique de l’Ouest, sachant composer avec un contexte réglementaire fragile.

Profils motivés par les défis humains

Personnes attirées par les enjeux des États fragiles et motivées par des impératifs de solidarité ou de recherche.

Pour un couple avec enfants qui rechercherait un environnement scolaire très structuré, des infrastructures médicales correctes, des loisirs variés et une grande sécurité au quotidien, la Guinée-Bissau est une destination difficile à recommander, sauf dans le cadre d’une mission spécifique, bien encadrée et avec des moyens importants.

Conseils pratiques avant de s’installer

Avant de signer un contrat ou de monter un projet, plusieurs précautions s’imposent :

Astuce :

Pour une expatriation réussie en Guinée-Bissau, il est crucial de : vérifier les conditions de sécurité et les recommandations de son pays d’origine, notamment sur les zones déconseillées ; clarifier avec l’employeur ou le partenaire local la question du logement, du transport, de la couverture santé et des évacuations médicales ; anticiper le coût réel de la vie en intégrant le logement sécurisé, la santé, l’éducation et les voyages de retour ; se renseigner précisément sur les démarches de visa de long séjour, les autorisations de travail et les délais ; investir du temps dans l’apprentissage du portugais de base et du Crioulu courant ; constituer une trousse médicale solide et vérifier ses vaccinations ; prévoir des moyens financiers de secours (compte à l’étranger, cartes, cash en devises fortes) ; et établir des contacts avec des expatriés déjà sur place, via des forums ou des réseaux professionnels.

S’installer en Guinée-Bissau tant qu’expatrié, c’est accepter de vivre dans un pays où presque tout manque, mais où la marge d’impact individuel peut être considérable. C’est aussi faire le choix d’une expérience de vie radicale, aux antipodes des grandes capitales mondialisées, qui nécessite lucidité, résilience et une préparation minutieuse.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 € pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Grèce, Chypre, Maurice, Guinée-Bissau), la stratégie retenue a consisté à cibler la Guinée-Bissau, combinant fiscalité plus légère sur certains revenus étrangers, absence d’impôt sur la fortune, coût de vie très bas (Bissau ~60 % moins cher que Paris), utilisation du franc CFA arrimé à l’euro et accès facilité à l’espace CEDEAO. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence via un permis de séjour longue durée, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français, mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, francophones pour l’intégration) et intégration patrimoniale globale (analyse et restructuration si nécessaire).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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