S’installer en Finlande, c’est souvent chercher la qualité de vie, la sécurité et un environnement naturel exceptionnel. Pour de nombreux expatriés, un point décisif reste pourtant plus terre-à-terre : comment se soigner sur place, à quel coût, avec quelles démarches, et dans quelle mesure le système public peut réellement remplacer une bonne assurance privée. Le pays dispose d’un dispositif de santé universel réputé pour sa qualité, mais aussi pour ses délais parfois longs et ses règles d’accès assez techniques pour les nouveaux arrivants.
Cet article détaille l’organisation du système de santé finlandais, les démarches d’inscription, les coûts, l’assurance privée, l’accès aux pharmacies, ainsi que les aspects liés à la maternité et à la santé mentale. Il fournit une vision pratique et complète pour les personnes venant travailler, étudier ou s’installer durablement dans le pays.
Comprendre le système de santé finlandais
Le système de santé finlandais repose sur un principe simple : tous les résidents permanents ont droit à des soins publics, financés principalement par l’impôt et complétés par des participations modérées des patients. On est donc loin d’un modèle totalement gratuit, mais aussi très éloigné de systèmes où chaque consultation coûte une fortune.
Le système de santé finlandais est organisé en trois niveaux. Le premier est la médecine de proximité, assurée par les centres de santé municipaux (*terveysasemat*) pour les consultations de généralistes, le renouvellement d’ordonnances, la gestion des maladies chroniques et les vaccinations courantes. Le deuxième niveau comprend les hôpitaux de district, qui offrent des spécialités courantes comme la chirurgie et la cardiologie. Le troisième niveau, celui des soins hautement spécialisés, est concentré dans les cinq grands hôpitaux universitaires de Helsinki, Turku, Tampere, Kuopio et Oulu, qui sont également des centres de formation médicale et de recherche.
Depuis 2023, la responsabilité de l’organisation de la santé et du social a été transférée à 21 « comtés de services de bien-être » (hyvinvointialueet), auxquels s’ajoute la Ville de Helsinki. En pratique, cela ne change pas fondamentalement le quotidien des patients : l’accès se fait toujours via votre centre de santé local et les hôpitaux de district, mais la gouvernance est plus régionale que communale.
La Finlande consacre moins de 10 % de son PIB aux dépenses de santé.
Vos droits : qui a accès à quoi ?
Pour un expatrié, tout se joue autour de deux notions administratives : la « municipalité de résidence » (kotikunta) et la couverture par la sécurité sociale finlandaise via Kela, l’Institution de sécurité sociale du pays.
En tant que résident permanent, l’Agence du numérique et des données de population (DVV) vous attribue une municipalité de résidence. Cela vous donne normalement accès à l’ensemble des services de santé publics aux mêmes tarifs que les citoyens finlandais. Vous ne payez que les frais client réglementés, qui sont des montants plafonnés par consultation ou par jour d’hospitalisation.
Parallèlement, Kela examine votre situation au regard de l’assurance maladie nationale. La couverture peut être acquise soit par résidence, soit par activité professionnelle. Si vous êtes embauché en Finlande pour plusieurs mois, même sans vous installer de façon permanente, vous pouvez être couvert. Une fois accepté, vous recevez la carte Kela, sésame indispensable pour bénéficier des remboursements sur les soins privés, les médicaments et certains frais de déplacement pour soins médicaux.
La situation peut être résumée de manière schématique.
Statuts typiques et droits associés
| Profil d’expatrié | Accès au système public | Carte Kela / NHI | Particularités principales |
|---|---|---|---|
| Résident permanent avec kotikunta | Oui, tous soins avec frais client standard | Oui en général | Accès intégral au système, même droits que les locaux |
| Salarié en Finlande, non résident permanent | Accès possible, selon certificat d’éligibilité | Oui possible | Couverture basée sur l’emploi, important de demander le certificat Kela |
| Étudiant UE/EEE/CH | Soins nécessaires via CEAM/EHIC | Pas toujours | Utilisation de la carte européenne, assurance voyage toujours recommandée |
| Étudiant hors UE | Urgences seulement sans assurance | Non par défaut | Assurance privée internationale obligatoire pour le permis de séjour |
| Visiteur UE/EEE/CH/UK/Australie | Soins médicalement nécessaires au tarif local | Non (couverture via pays d’origine) | Accès sur présentation carte CEAM, GHIC ou passeport australien |
| Touriste hors UE/EEE/CH/UK | Urgences seulement, aux frais réels | Non | Assurance voyage fortement recommandée |
| Saisonniers avec permis de travail | Accès possible aux tarifs locaux via certificat | Rare | Doivent demander à Kela un certificat d’ouverture de droits |
Un point important pour les expatriés : même sans municipalité de résidence, il est parfois possible d’obtenir un « certificat de droit aux soins en Finlande » délivré par Kela. Ce document permet de payer les mêmes frais client que les résidents pour les soins publics, au lieu d’être facturé au coût réel, nettement plus élevé.
En Finlande, toute personne présente sur le territoire, indépendamment de son statut légal, a droit aux soins d’urgence dans le système public de santé. De plus, les personnes sans papiers peuvent également bénéficier de certains soins non urgents, dès lors que ceux-ci sont jugés nécessaires. Cette politique inclusive contraste avec les approches plus restrictives adoptées par d’autres pays.
La carte Kela et l’assurance maladie nationale
La carte Kela est l’objet physique qui matérialise votre inclusion dans le système finlandais de sécurité sociale. Elle est envoyée automatiquement aux personnes reconnues comme c couvertes par l’assurance maladie nationale. Vous la présenterez à chaque consultation médicale payante, dans les pharmacies et souvent aussi pour d’autres prestations sociales (allocations, pensions, etc.).
Concrètement, la carte Kela ne rend pas gratuit l’accès au système public : les « frais client » des centres de santé et hôpitaux restent à votre charge. En revanche, elle permet notamment :
Découvrez les principaux avantages financiers liés à vos soins de santé, permettant de réduire significativement vos dépenses médicales.
Bénéficiez de prix réduits sur les médicaments prescrits. La pharmacie applique directement la part remboursée par l’assurance nationale, vous ne payez que le ticket modérateur.
Obtenez des remboursements partiels pour certains actes effectués en clinique privée ou chez un dentiste privé.
Faites prendre en charge une partie des frais de déplacement liés à des soins médicaux, par exemple pour un trajet long vers une consultation spécialisée.
À noter que si vous travaillez en Finlande mais restez affilié à la sécurité sociale d’un autre pays de l’UE/EEE/CH ou du Royaume-Uni, des formulaires européens (comme le S1) peuvent être pris en compte pour coordonner les droits. Les pensionnés venant d’un autre pays européen peuvent également être couverts sur cette base.
Coûts et plafonds : combien coûte la santé publique ?
En Finlande, la santé publique est « raisonnablement payante ». L’essentiel de la dépense est couvert par l’impôt ; la contribution directe des patients représente autour de 10 % du financement du système. Pour éviter les mauvaises surprises, les montants sont encadrés par la loi sur les frais des clients de santé et d’action sociale, qui fixe des plafonds nationaux.
Pour 2024, la consultation de base chez un médecin de centre de santé ne peut pas dépasser 23 €. Ce montant maximal ne peut être facturé que trois fois dans l’année : au-delà, les visites supplémentaires de ce type sont gratuites. Une alternative possible dans certaines régions consiste à payer une redevance annuelle (un peu plus de 40 €) qui couvre l’ensemble des visites en médecine générale.
Les soins spécialisés ambulatoires (consultations à l’hôpital, certains examens d’imagerie, actes dentaires publics) sont également plafonnés, avec des montants qui tournent autour de 40 à 50 € maximum par acte pour les plus de 15 ans. La chirurgie ambulatoire d’un jour dans un hôpital public est, elle, limitée à un peu plus de 130 €. Une hospitalisation classique engendre un forfait journalier plafonné, qui ne peut dépasser environ 50 € par jour. Les enfants et adolescents de moins de 18 ans bénéficient d’une gratuité très large : la plupart de leurs soins sont gratuits, et ils ne paient pas plus de sept jours de forfait hospitalier par an.
Un plafond annuel limite les frais de santé publics à votre charge. Une fois ce seuil (défini annuellement par la loi) atteint, vous êtes exonéré de la plupart des frais pour le reste de l’année civile, sauf certains frais d’hébergement en institution. De plus, les ménages les plus modestes peuvent bénéficier d’une réduction ou d’une annulation de leurs frais, sur décision de leur municipalité ou comté, en fonction de leurs ressources et charges familiales.
Pour les médicaments, un mécanisme parallèle existe : les dépenses annuelles de votre poche sont plafonnées. Quand vous dépassez ce seuil (577,66 € en 2020), les pharmacies ne vous facturent plus qu’un très petit ticket modérateur – typiquement autour de 2,50 € par médicament – le reste étant pris en charge par l’assurance maladie. Là encore, la carte Kela sert de clé de lecture automatique de vos droits au comptoir.
Cette architecture permet aux résidents de ne pas être broyés par une longue maladie ou des traitements coûteux. En revanche, elle suppose pour les expatriés de bien comprendre les règles, car sans inscription correcte ou sans certificat d’éligibilité, un même traitement peut soudain être facturé au tarif réel, beaucoup plus élevé.
Obtenir un rendez-vous : parcours et délais
Sur le papier, la Finlande garantit à ses résidents un accès au médecin généraliste dans un délai maximum de 14 jours pour les cas non urgents, grâce à ce qu’on appelle la « garantie de soins ». Dans les faits, certaines régions respectent cet objectif, mais d’autres peinent à le tenir, en particulier dans les zones rurales ou dans les spécialités déjà tendues (psychiatrie, dermatologie, orthopédie…).
Le parcours standard commence par votre centre de santé (terveysasema) de rattachement, déterminé automatiquement en fonction de l’adresse enregistrée dans le registre de population. Vous n’êtes en principe pas libre de consulter dans un autre centre de santé, sauf à demander officiellement un transfert, qui peut prendre jusqu’à trois semaines et nécessite un formulaire spécifique.
La prise de rendez-vous varie selon la commune : par téléphone, via un formulaire en ligne ou sur place. Une infirmière effectue souvent un premier tri lors de l’appel ou du passage. Elle évalue la gravité, donne des conseils, peut prescrire des examens simples ou programmer une consultation avec un médecin pour le jour même ou ultérieurement.
Les délais pour une consultation de routine peuvent dépasser deux semaines, surtout en période de forte demande. L’accès à un spécialiste nécessite un courrier de votre médecin de famille et les délais peuvent se compter en mois dans certaines disciplines. C’est l’une des raisons majeures qui poussent de nombreux expatriés et Finlandais à se tourner vers le secteur privé, au moins pour certains besoins.
En cas d’urgence dans l’Union européenne, composez le 112 pour alerter les secours (ambulance, police, pompiers). L’application mobile « 112 Suomi » transmet automatiquement votre localisation, ce qui est particulièrement utile en randonnée ou dans des zones peu familières.
Pour les situations non vitales mais préoccupantes, la Finlande s’est dotée d’une ligne d’orientation médicale nationale, le 116 117, qui vous met en relation avec un professionnel de santé capable d’évaluer la situation et de vous indiquer si vous devez aller aux urgences, attendre un rendez-vous, ou recourir à l’automédication. Dans la région métropolitaine d’Helsinki, un service téléphonique distinct (09 10023) propose des conseils en finnois, suédois et anglais 24h/24.
La ponctualité étant une valeur forte en Finlande, manquer un rendez-vous sans prévenir entraîne généralement des frais de non-présentation autour de 50 €, que ce soit en médecine générale ou en dentaire.
Public ou privé : comment choisir en tant qu’expat ?
Le secteur privé en Finlande reste modeste en volume – environ 3 à 4 % des soins hospitaliers et une minorité des médecins y exercent exclusivement – mais il joue un rôle clé pour absorber la demande et réduire les délais. Pour un expatrié, il offre surtout une meilleure flexibilité, des prises de rendez-vous en ligne, des plages horaires plus larges et une disponibilité plus fréquente de professionnels parlant anglais.
Coût approximatif d’un examen IRM dans le secteur privé en Finlande, selon les tarifs mentionnés.
La plupart des grandes villes (Helsinki, Tampere, Turku, Oulu, etc.) accueillent les principales chaînes de cliniques privées, comme Terveystalo, Mehiläinen, Pihlajalinna, Aava ou Eira à Helsinki. Elles concentrent souvent au même endroit des généralistes, des spécialistes, des kinésithérapeutes, des laboratoires et des services d’imagerie. Pour beaucoup d’expatriés, ces structures offrent un compromis apprécié entre accessibilité, langue et confort, quitte à accepter un coût plus élevé, souvent pris en charge partiellement par une assurance privée complémentaire.
Assurance privée internationale : un complément stratégique
La santé publique finlandaise offre une base solide, mais elle ne couvre pas tout et ne supprime pas les délais. C’est pourquoi nombre d’expatriés – et un certain nombre de Finlandais – souscrivent une assurance internationale ou locale complémentaire.
Ces assurances permettent généralement :
Souscrire une assurance santé privée en Finlande permet : de prendre en charge une part importante, voire la totalité, des frais en clinique privée ; d’inclure des options comme la maternité, la dentisterie, la psychiatrie, la rééducation, voire l’évacuation sanitaire vers un autre pays si nécessaire ; de consulter rapidement des spécialistes sans passer par le parcours public ni attendre des mois ; et d’accéder à des soins dans d’autres pays, un atout majeur pour les expatriés mobiles et les profils internationaux.
Des acteurs comme Cigna Global, AXA, Allianz Care, April International, William Russell ou encore IMG, Bupa Global ou GeoBlue figurent parmi les assureurs régulièrement cités pour couvrir les expatriés en Finlande. Les contrats sont souvent modulaires, avec plusieurs niveaux (par exemple chez Allianz : Care, Care Plus, Care Pro) permettant d’ajuster les plafonds de remboursement, le niveau de franchise annuelle et l’étendue géographique de la couverture.
Les primes d’assurance santé dépendent principalement de l’âge, du niveau de garantie et des antécédents médicaux. Les assureurs gèrent les conditions préexistantes soit par une exclusion totale de la pathologie, soit par une couverture après un délai de carence (souvent 24 mois), soit par l’application d’une surprime. Il est crucial pour les expatriés ayant une maladie chronique d’analyser attentivement ces clauses contractuelles avant toute souscription.
Dans tous les cas, il est essentiel de comprendre que ni la carte européenne d’assurance maladie (CEAM/EHIC), ni la carte Kela ne remplacent une assurance voyage ou une assurance santé privée complète. La CEAM couvre uniquement les soins nécessaires dans le système public pendant un séjour temporaire, pas le rapatriement, pas les soins purement privés, ni la perte de bagages.
Pharmacies, prescriptions et médicaments
En Finlande, les médicaments sont strictement encadrés. Seules les pharmacies (apteekki) sont autorisées à en vendre ; vous ne trouverez ni anti-douleurs ni antibiotiques en grande surface. Les officines se reconnaissent au symbole de la croix verte. L’agence du médicament, Fimea, délivre les autorisations et régule les prix.
Les prescriptions médicales sont principalement électroniques et enregistrées dans le système national Kanta, accessible dans toutes les pharmacies. Vous pouvez consulter et gérer vos ordonnances, leurs dates de validité et renouvellements via le service en ligne MyKanta. La validité est généralement d’un an, mais elle est plus courte pour certains médicaments comme les psychotropes ou stupéfiants.
À la pharmacie, vous présentez généralement votre carte Kela ou votre numéro d’identité pour que le pharmacien retrouve vos ordonnances. La pharmacie applique alors instantanément le remboursement national : vous ne payez que le reste à charge. Un système de substitution générique vous sera éventuellement proposé, avec un médicament équivalent moins cher, sauf si le médecin l’a explicitement interdit.
Le tableau ci-dessous permet de distinguer rapidement public et privé en matière de médicaments.
| Élément | Système avec carte Kela | Sans carte / visiteur hors accord |
|---|---|---|
| Lieu d’achat | Pharmacie uniquement | Pharmacie uniquement |
| Base de calcul du prix | Prix régulé, puis remboursement | Prix régulé intégralement à votre charge |
| Plafond annuel de dépense | Oui, avec copaiement résiduel faible | Non, pas de plafond automatique |
| Validité des prescriptions | En général 1 an | Idem, mais prescriptions étrangères limitées |
| Ordonnances étrangères acceptées | Nordiques + certaines ordonnances transfrontalières UE | Autres pays non acceptés |
Les ordonnances étrangères sont en principe non valides, sauf celles des pays nordiques et certaines e-prescriptions européennes (par exemple d’Estonie, Croatie, Portugal, Pologne, Espagne, Lituanie, Tchéquie), sous réserve qu’elles respectent des critères d’information précis. Pour les visiteurs de l’UE/EEE ou de Suisse, une ordonnance papier peut être acceptée si elle est correctement renseignée (nom du patient, substance active, dosage, coordonnées du prescripteur…). Sinon, il faudra consulter un médecin local pour obtenir une nouvelle prescription.
Il est interdit d’importer ou de se faire envoyer des médicaments par la poste depuis l’extérieur de l’Espace Économique Européen (EEE). L’apport de narcotiques pour usage personnel est strictement encadré par les règles douanières : il est limité à une quantité correspondant à 14 jours de traitement et nécessite un certificat médical.
Maternité, petite enfance et allocations familiales
La Finlande est souvent citée comme modèle en matière de prise en charge des femmes enceintes et des jeunes enfants, et les expatriés qui deviennent parents sur place découvrent un dispositif particulièrement complet.
La grossesse est suivie dans les cliniques de maternité (äitiysneuvola ou neuvola), services gratuits pour les résidents. Dès qu’une grossesse est confirmée, il est recommandé de contacter la clinique la plus proche. Un suivi standard comprend habituellement entre 11 et 15 visites avec une infirmière ou un médecin, des examens réguliers, des dépistages (anomalies structurelles et chromosomiques), des cours de préparation à la naissance, des visites à domicile et un accompagnement psychologique et pratique des futurs parents.
Les résidentes permanentes enceintes en Finlande ont droit à une allocation de maternité (äitiyspakkaus) après le cinquième mois de grossesse. Elles peuvent opter pour une somme modeste en espèces ou pour un coffret bébé très complet comprenant vêtements, produits de soin, literie et accessoires pour le nouveau-né. Ce système, soutenu par un réseau de cliniques de maternité établi dans les années 1920, est reconnu pour avoir contribué au très faible taux de mortalité maternelle et infantile dans le pays.
Après la naissance, le suivi bascule vers les centres de santé infantile (lastenneuvola), qui surveillent la croissance, le développement et la vaccination des enfants jusqu’à l’âge scolaire, gratuitement. Les jeunes parents bénéficient de conseils, d’un accompagnement en parentalité et d’un suivi vaccinal aligné sur le programme national, réputé pour sa bonne couverture.
Kela verse plusieurs aides financières aux familles : allocation de maternité, congés rémunérés (maternité ~105 jours, parental ~158 jours, paternité), allocations mensuelles jusqu’aux 17 ans de l’enfant, majoration pour parent isolé et aides pour la garde d’enfants. Pour y avoir droit, il faut généralement être assuré en Finlande depuis au moins 180 jours avant la date prévue d’accouchement, ou justifier de périodes d’assurance dans un pays de l’UE/EEE, en Suisse, au Royaume-Uni ou en Israël.
Les expatriées en situation plus précaire, par exemple des demandeuses d’asile ou des étudiantes avec titre de séjour temporaire, peuvent malgré tout obtenir la prise en charge médicale complète de leur grossesse via le système public. Des organisations comme la Fédération des maisons mère-enfant et refuges complètent cet accompagnement, notamment lorsque la situation sociale est difficile.
Santé mentale et accompagnement des immigrés
La Finlande a profondément transformé ses services de psychiatrie depuis les années 1980, en passant d’un modèle asilaire à une prise en charge largement ambulatoire, intégrée aux soins généraux. Des programmes nationaux de prévention du suicide, de prise en charge de la schizophrénie ou de la dépression ont contribué à réduire la mortalité et à renforcer les ressources en soins psychosociaux, même si des tensions persistent sur les effectifs.
Les expatriés font face à des défis spécifiques pour leur santé mentale, comme l’intégration culturelle, l’isolement, la barrière linguistique ou un climat difficile. Bien qu’ils aient les mêmes droits d’accès aux soins, ils rencontrent des obstacles particuliers : méconnaissance du système de santé local, difficultés de langue, représentations culturelles différentes de la maladie mentale et crainte de la stigmatisation.
Plusieurs acteurs tentent de combler ce fossé. Le SOS Crisis Centre, géré par l’Association finlandaise pour la santé mentale (Mieli ry), propose des consultations de crise gratuites et de courte durée, sans orientation préalable, dans plusieurs langues, ainsi qu’une ligne d’écoute en anglais. L’association SAMHA (Substance Abuse & Mental Health Association) cible plus particulièrement les immigrés, avec des services d’accompagnement et de médiation culturelle.
Âge limite jusqu’auquel les enfants et jeunes migrants bénéficient d’un délai maximum garanti pour l’évaluation et le traitement psychiatrique.
L’usage d’interprètes est possible et doit être gratuit pour l’usager dans le cadre des services publics. Néanmoins, des travaux de recherche montrent que les personnes issues de l’immigration recourent moins aux services de santé mentale que ce que laisseraient supposer leurs besoins, et que leurs durées de suivi en psychiatrie sont souvent plus courtes que celles des natifs finlandais.
Dans ce contexte, une assurance privée peut également financer des séances de psychothérapie dans le secteur privé, plus flexible linguistiquement. Kela rembourse par ailleurs, sous conditions, des psychothérapies de réadaptation destinées à améliorer la capacité au travail ou aux études pour les 16-67 ans.
Cas particuliers : étudiants, saisonniers, demandeurs d’asile
Les étudiants internationaux représentent une part significative des expatriés. Ceux qui viennent d’un pays de l’UE peuvent généralement utiliser leur carte européenne d’assurance maladie pour les soins médicalement nécessaires dans le système public, mais ils doivent souvent contracter une assurance privée pour satisfaire aux exigences de certains établissements ou pour couvrir les soins privés et le rapatriement. Les étudiants hors UE sont tenus, pour obtenir leur titre de séjour, de souscrire une assurance santé privée internationale couvrant largement les soins en Finlande.
Les travailleurs saisonniers munis d’un permis de travail saisonnier (agriculture, tourisme, cueillette) peuvent bénéficier du tarif local pour les soins publics. Pour cela, ils doivent demander un certificat de droit aux soins à Kela. L’employeur peut effectuer cette démarche par procuration. Cette formalité est cruciale pour ces travailleurs, souvent non enregistrés comme résidents, en cas de maladie ou d’accident.
Les demandeurs d’asile et réfugiés, enfin, bénéficient d’un régime spécifique : les centres d’accueil organisent leurs soins, et la Finlande a progressivement ouvert l’accès à des services plus complets pour les femmes enceintes et les mineurs, même sans statut légal. Les traumatismes psychiques étant fréquents dans ces populations, des structures spécialisées – soutenues par le THL et des ONG – se consacrent à leur accompagnement psychothérapeutique.
Des urgences aux soins programmés : repères pratiques
Pour naviguer concrètement dans le système finlandais, quelques numéros et réflexes sont à garder en tête :
– 112 pour toute urgence vitale (accident, douleur thoracique, détresse respiratoire, etc.) ;
– 116 117 pour une évaluation médicale téléphonique en dehors des heures d’ouverture habituelles des centres de santé, afin d’éviter une visite inutile aux urgences ;
– dans la région d’Helsinki, le 09 10023 pour un conseil téléphonique en plusieurs langues 24h/24 ;
– les sites InfoFinland et eu-healthcare.fi, reliés à Kela, pour comprendre vos droits en fonction de votre pays d’origine.
En Finlande, vous êtes généralement assigné à un centre de santé (terveysasema) selon votre adresse. Si vous déménagez, vérifiez si le changement est automatique ou nécessite une demande écrite. Notez que les rendez-vous manqués sont facturés et que les retards de plus de 15 minutes sont mal vus.
Dans le secteur privé, les plateformes en ligne des grands groupes (Terveystalo, Mehiläinen, Aava, Pihlajalinna, etc.) permettent de réserver en quelques clics un médecin parlant anglais, parfois dès le lendemain. Les tarifs sont affichés à l’avance, ce qui aide à anticiper la partie non remboursée.
Prévention, vaccinations et particularités finlandaises
La Finlande est l’un des pays les plus vaccinationnistes d’Europe, avec un programme national gratuit couvrant 13 maladies pour les enfants, administré via les cliniques de santé infantile et la médecine scolaire. Pour les adultes, des rappels réguliers contre le tétanos, la diphtérie et la coqueluche sont offerts via les centres de santé, ainsi que des vaccins ciblés pour les groupes à risque (grippe, pneumocoque, hépatites, encéphalite à tiques dans certaines régions, etc.).
Les immigrés et réfugiés bénéficient d’une évaluation spécifique de leur carnet de vaccination, comparé au calendrier finlandais. Des mises à jour gratuites sont proposées si nécessaire. Les enfants étrangers de passage peuvent également recevoir les vaccins jugés indispensables, parfois sur un calendrier accéléré.
Pour les expatriés amateurs de plein air, un point mérite l’attention : l’encéphalite à tiques. Certaines zones – archipels, régions côtières, parties d’Uusimaa, de Carélie, d’Ostrobotnie et du sud de la Laponie – sont définies comme à risque. Un vaccin gratuit est proposé aux résidents qui y vivent ou y passent régulièrement leurs étés ; les autres peuvent le recevoir en payant ou via l’assurance privée. Couplé à des mesures simples (vêtements couvrants, répulsifs, inspection de la peau après randonnée), ce vaccin réduit fortement le risque d’une infection potentiellement grave.
Une culture de la santé… et du sauna
Au-delà des structures formelles, la Finlande entretient une relation particulière avec le bien-être. Le sauna, inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, est omniprésent : on compte plus de trois millions de saunas pour 5,5 millions d’habitants, et près de 99 % des Finlandais en fréquenteraient au moins un chaque semaine, que ce soit dans un appartement, une maison secondaire ou une entreprise.
Le sauna est perçu comme un outil de détente, de récupération musculaire et de sociabilité, et peut être prescrit en complément pour le stress ou les douleurs chroniques. Pour un expatrié, c’est aussi un moyen de s’intégrer culturellement. Il est essentiel de respecter certaines précautions : bien s’hydrater, éviter l’alcool et être prudent en cas de pathologie cardiaque.
Conclusion : un système solide, à apprivoiser
Pour un expatrié, les soins de santé en Finlande offrent un équilibre intéressant : un socle public robuste, plafonné en coûts, accessible à tous les résidents permanents, et un secteur privé de qualité capable d’accélérer les choses moyennant un surcoût, généralement pris en charge en partie par une assurance internationale.
Les principaux défis pour accéder aux soins en Finlande ne concernent pas tant leur qualité que la compréhension des règles d’éligibilité, la gestion des délais et l’ajustement de son assurance privée. Pour une installation sereine, les gestes clés sont : s’inscrire correctement auprès de la DVV (Registre de la population), demander à Kela (Sécurité sociale finlandaise) l’ouverture des droits et la carte correspondante, connaître ses numéros d’urgence, et savoir quand privilégier le système public ou privé.
Une fois ce cap initial franchi, beaucoup d’expatriés découvrent un système dans lequel les grossesses sont très bien suivies, les enfants bénéficient d’une prévention solide, les coûts restent contenus même en cas de maladie grave, et les professionnels de santé maîtrisent suffisamment l’anglais pour rendre les consultations compréhensibles. Dans un pays où la santé est pensée comme un droit, mais aussi comme une responsabilité partagée entre l’individu, la communauté et l’État, les nouveaux arrivants trouvent peu à peu leur place, entre rendez-vous au centre de santé et longues soirées au sauna.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour réduire durablement sa fiscalité et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Finlande, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Finlande pour la sécurité juridique, la stabilité politique et la qualité des services publics, combinant environnement économique solide, cadre de vie très qualitatif et plein accès au marché européen. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec location ou achat d’un logement principal, coordination avec Kela et détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors de France, centre des intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, spécialiste immigration, interlocuteurs francophones/anglophones) et intégration patrimoniale globale (analyse, diversification et restructuration si nécessaire), en veillant aux conventions fiscales France‑Finlande pour éviter la double imposition.
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