S’installer en Finlande, c’est choisir un pays régulièrement classé parmi les plus sûrs, les plus stables et les moins corrompus au monde. Mais ressentir cette sécurité au quotidien quand on arrive de l’étranger suppose de comprendre quelques réalités locales : criminalité, fonctionnement des secours, cybersécurité, conduite en hiver, vie numérique, santé, logement, culture…
Cet article offre une vue d’ensemble pratique de l’expatriation en Finlande, en s’appuyant sur des données et études récentes. L’objectif est de vous aider à vous préparer de manière sereine, en adoptant un regard équilibré, sans idéalisation ni dramatisation excessive de cette expérience.
Un pays très sûr… mais pas exempt de risques
La Finlande affiche des indicateurs de sécurité impressionnants. Elle se classe 13ᵉ au niveau mondial sur le Global Peace Index, 6ᵉ pays le plus sûr d’Europe, avec un Safety Index supérieur à 73 et un niveau de corruption parmi les plus faibles de la planète (87/100 sur l’indice de perception de la corruption).
Pour autant, tout n’est pas idyllique. Comprendre où se situent réellement les risques aide à adopter les bons réflexes, sans paranoïa ni naïveté.
Criminalité : un cadre globalement favorable
En 2023, un peu plus de 511 000 infractions ont été signalées aux autorités, soit un taux global autour de 91 délits pour 1 000 habitants. La majorité concerne les infractions routières et les atteintes aux biens. La criminalité violente reste rare à l’échelle de la population, et les touristes sont très peu touchés.
Le tableau ci-dessous donne une idée de l’ampleur et de la nature des infractions sur une année de référence.
| Indicateur (année de référence) | Valeur approximative |
|---|---|
| Infractions totales (2023) | > 511 200 |
| Taux global d’infractions (2023) | 91,23 / 1 000 habitants |
| Homicides (2023) | 57 |
| Tentatives de meurtre (2023) | 355 |
| Part des infractions routières dans le total (2023) | ≈ 25 % |
| Infractions à la circulation (2016) | 17 308 (5,15 / 1 000 hab.) |
| Vols & cambriolages (2016) | 132 105 (31,71 / 1 000 hab.) |
Les homicides ont fortement diminué depuis les années 1990, mais le pays conserve un taux plus élevé que la moyenne nordique. Les situations typiques sont très éloignées du cliché du règlement de comptes mafieux : la moitié des meurtres impliquent des hommes en grande difficulté sociale, alcoolisés, dans des conflits privés. Un tiers des homicides est commis par un membre de la famille. Les fusillades de rue ou violences de gangs sont, elles, extrêmement rares.
Pour un expatrié, le risque d’être victime d’un acte violent gratuit dans l’espace public reste faible, à condition d’éviter les situations de forte consommation d’alcool tard le soir.
Des points noirs : alcool, violences de genre, jeunesse
Plusieurs indicateurs invitent toutefois à garder les yeux ouverts.
Pour la violence, l’alcool joue un rôle majeur :
– Entre 61 et 75 % des auteurs d’homicide sont sous l’emprise de l’alcool.
– Plus de 70 % des auteurs de tentatives de meurtre ou de coups et blessures sont également ivres au moment des faits.
– La moitié des vols est liée à la consommation d’alcool.
Les violences faites aux femmes constituent un autre sujet sensible. Une enquête européenne indiquait par exemple que 17 % des Finlandaises déclaraient avoir subi des violences physiques de la part d’un partenaire (contre 9 % en moyenne dans l’UE) et 10 % des violences physiques de non‑partenaires (contre 6 % de moyenne européenne).
Certaines études indiquent un taux relativement élevé de vols, d’agressions et de vols avec violence chez les jeunes en Finlande par rapport à d’autres villes européennes. Bien que le pays ne soit pas considéré comme dangereux pour les adolescents, les risques existent, en particulier dans certains quartiers urbains.
Villes et perception de la sécurité
La plupart des grandes villes finlandaises se situent dans la catégorie « criminalité faible ». Helsinki, capitale de plus de 1,3 million d’habitants avec son aire urbaine, reste considérée comme l’une des capitales les plus sûres et organisées d’Europe, malgré une augmentation récente des délits (notamment drogues et vols à l’étalage).
| Ville | Niveau de criminalité (indice) | Commentaire sécurité |
|---|---|---|
| Helsinki | ≈ 24–27 (indice « bas ») | Très sûre, risques localisés |
| Espoo | Très faible | Problèmes surtout liés aux stupéfiants |
| Tampere | Catégorie « très faible » | Hausse récente, surtout drogues & biens |
| Rovaniemi | Très faible | Sûre même la nuit |
| Turku | Criminalité relativement faible | Pic récent mais niveau toujours bas |
| Kuopio | Indice global < 17 | L’un des environnements les plus sûrs |
À Helsinki, les autorités se sont fixé l’objectif d’en faire la capitale la plus sûre pour les touristes à l’horizon 2030, avec un travail coordonné sur l’éclairage, la vidéosurveillance, les patrouilles de police et la prévention dans les quartiers sensibles.
Pour un expatrié, cela se traduit par une grande liberté de mouvement, y compris pour les familles et les femmes seules, tout en gardant la prudence de base dans certains secteurs à la nuit tombée (abords de grandes gares, zones de forte concentration de bars, quartiers périphériques plus fragiles socialement).
Institutions solides, État de droit et corruption minimale
La sécurité en Finlande ne se résume pas aux chiffres de la criminalité : elle repose sur un environnement institutionnel extrêmement stable.
Le pays est régulièrement cité comme :
– l’un des États les plus stables au monde,
– un champion de la transparence et de la lutte contre la corruption,
– un exemple de liberté de la presse et d’indépendance de la justice.
Les scandales de corruption restent rares, souvent de faible ampleur. Les quelques affaires politiques de financement de campagne ou de favoritisme médiatisées ont surtout eu pour effet de renforcer les mécanismes de contrôle, sans remettre en cause la confiance globale dans les institutions.
Pour un expatrié, cela se traduit concrètement par : l’inscription au registre des Français établis hors de France auprès du consulat, l’ouverture d’un compte bancaire local, la souscription à une assurance santé internationale et l’immatriculation auprès des autorités fiscales du pays d’accueil. Ces étapes sont essentielles pour sécuriser son statut administratif et faciliter la vie quotidienne à l’étranger.
– des administrations prévisibles, qui appliquent les règles de manière égale,
– des décisions de justice largement respectées,
– des procédures claires, même si parfois lourdes,
– très peu de risque d’extorsion ou de corruption dans la vie quotidienne.
Ce climat de confiance va loin : des expériences de « portefeuilles perdus » ont montré qu’en Finlande, la quasi‑totalité des portefeuilles abandonnés étaient rapportés à leur propriétaire. Dans de nombreuses familles, il est encore courant de laisser les poussettes avec bébé dormir dehors sur le trottoir par temps froid, ou de laisser les enfants se rendre seuls à l’école.
Urgences et secours : comment réagir en cas de problème
L’un des leviers essentiels pour une expatriation sereine est de connaître parfaitement le fonctionnement des secours. En Finlande, tout converge vers un numéro unique : 112.
112 : le numéro à connaître par cœur
Le 112 est le numéro d’urgence unique pour :
– la police,
– les pompiers,
– les secours médicaux,
– les services sociaux en urgence.
Il est :
– gratuit depuis n’importe quel téléphone (mobile ou fixe),
– accessible sans indicatif,
– joignable même avec un abonnement étranger tant que vous êtes sur le sol finlandais,
– commun à tous les pays de l’UE.
Les appels sont traités par l’un des six centres d’appels d’urgence du pays. Les opérateurs décrochent en annonçant « Hätäkeskus – Nödcentralen » et peuvent gérer l’appel en finnois, en suédois ou en anglais. Pour d’autres langues, un service d’interprétation téléphonique peut être activé.
Numéro d’appel d’urgence unique en Europe à composer en cas de menace pour une vie, une santé, un bien ou l’environnement.
En pratique, l’opérateur vous demandera : l’opérateur vous demandera
– ce qui s’est passé (nature de l’incident),
– où vous vous trouvez (adresse, commune, repères),
– qui est impliqué (nombre de personnes, âge approximatif, état).
Il est crucial de :
– répondre calmement aux questions,
– suivre à la lettre les instructions données,
– ne pas raccrocher avant qu’on vous y invite,
– garder votre ligne disponible après l’appel au cas où les services vous rappelleraient.
L’application 112 Suomi : un réflexe à adopter
Pour les expatriés, télécharger l’application gratuite « 112 Suomi » dès l’arrivée est un excellent réflexe. Elle permet notamment :
– d’appeler 112 en transmettant automatiquement vos coordonnées GPS au centre,
– d’accéder à d’autres numéros utiles (aide médicale non urgente, lignes d’écoute),
– de recevoir des alertes d’urgence régionales (incendies, fuites chimiques, phénomènes météo extrêmes),
– de localiser le défibrillateur le plus proche,
– d’accéder à des fiches « que faire en cas de… », y compris pour la navigation de plaisance.
Pour les personnes malentendantes ou ne pouvant parler, il est possible de contacter les secours par SMS au 112. Ce service nécessite toutefois d’avoir préalablement enregistré son numéro de téléphone.
Autres numéros utiles pour le quotidien
Même si 112 reste la porte d’entrée unique en cas d’urgence, d’autres services sont très utiles à connaître pour la vie courante, surtout lorsqu’on ne sait pas si la situation est vraiment critique.
| Service / Situation | Numéro (Finlande) | Utilisation principale |
|---|---|---|
| Urgences générales (police, pompiers, ambulance) | 112 | Danger immédiat pour vie, santé, biens, environnement |
| Aide médicale urgente non vitale | 116 117 | Symptômes soudains, avis médical avant de se déplacer |
| Centre antipoison | 0800 147 111 / (09) 471 977 | Ingestion de produit toxique, intoxication suspectée |
| Sauvetage maritime | 0294 1000 | Bateaux en détresse, incidents en mer |
| Ligne violences conjugales « Nollalinja » | 080 005 005 | Aide 24/7 pour victimes de violences ou de menaces |
| Ligne enfants disparus (UE) | 116 000 | Disparitions non urgentes de mineurs |
| Police – demandes non urgentes | +358 295 419 800 | Permis, passeports, questions administratives |
Là encore, la règle est simple : danger immédiat = 112. Pour le reste, ces lignes permettent de décharger les centres d’urgences tout en obtenant des conseils fiables.
Préparer sa famille aux urgences
Pour un expatrié avec enfants, une bonne pratique consiste à :
– afficher clairement l’adresse complète du domicile près du téléphone,
– apprendre aux enfants à composer 112 et à dire leur nom et leur adresse,
– expliquer les situations qui justifient un appel (par exemple : un parent inconscient, un incendie, un accident grave),
– installer l’appli 112 Suomi sur les téléphones des ados.
En Finlande, toute personne, quelle que soit sa nationalité ou son statut de séjour, a droit aux soins d’urgence. Si vous n’êtes pas affilié au système de santé finlandais, les coûts pourront être facturés ensuite, mais les secours ne vous seront pas refusés.
Cybersécurité : un volet central de la sécurité en Finlande
Pays hautement connecté, très avancé sur le plan numérique, la Finlande a fait de la cybersécurité une politique publique à part entière. Pour un expatrié, cela se traduit à la fois par un environnement assez protégé… et par une attente élevée en matière de bonnes pratiques individuelles.
Un écosystème institutionnel robuste
Depuis sa Stratégie de cybersécurité adoptée en 2013, la Finlande vise à être un pays de référence en matière de préparation et de réponse aux menaces numériques. Plusieurs acteurs clés structurent ce dispositif :
– NCSC‑FI (Kyberturvallisuuskeskus) : le Centre national de cybersécurité, rattaché à l’autorité de régulation des communications, collecte les informations sur les incidents et publie des recommandations techniques et pratiques.
– Traficom : l’agence des transports et des communications, qui impose par exemple aux opérateurs téléphoniques de lutter contre les appels frauduleux (usurpation de numéro).
– Autorité de protection des données : chargée de conseiller les particuliers et les organisations sur la protection des données personnelles.
– Hybrid CoE : centre européen dédié aux menaces hybrides (désinformation, cyberattaques, ingérences).
Pour un résident étranger, ces structures sont surtout visibles via les alertes et conseils publiés en ligne, parfois relayés par les médias ou par les employeurs.
Arnaques téléphoniques et bancaires : un risque réel
La Finlande n’échappe pas aux escroqueries numériques. Ces dernières années, les attaques les plus problématiques ont été :
– les appels internationaux frauduleux, avec usurpation de numéro d’une banque ou d’une administration,
– les SMS de phishing, notamment au nom de banques finlandaises, qui peuvent s’insérer dans de vrais fils de discussion déjà reçus,
– les faux sites de banque ou de services publics.
Quelques règles simples évitent la plupart des pièges :
– les banques n’insèrent quasiment jamais de lien cliquable dans leurs SMS ou emails,
– aucune institution publique (y compris la Ville d’Helsinki) ne vous demandera vos codes d’accès bancaires ou le numéro complet de votre carte par téléphone, mail ou courrier,
– si un appel vous demande d’installer un logiciel de prise de contrôle à distance sur votre ordinateur ou de « confirmer une transaction » en donnant vos codes, raccrochez immédiatement et contactez directement votre banque via ses canaux officiels.
Depuis 2022, la loi oblige les opérateurs téléphoniques à bloquer ou filtrer les appels dont l’identifiant de l’appelant est falsifié. Cette mesure a permis de réduire, sans totalement les éliminer, les tentatives de fraude par téléphone.
Sécuriser son téléphone et ses connexions
Le smartphone est devenu la porte d’entrée principale vers les attaques : malwares déguisés en applications, liens piégés, faux SMS, usurpation d’identité. Les autorités et les acteurs privés (comme Europol ou F‑Secure) recommandent une série de gestes simples :
– maintenir le système d’exploitation et les applications à jour,
– installer une solution antivirus reconnue,
– protéger l’accès au téléphone par code robuste ou biométrie,
– télécharger les applications uniquement depuis les stores officiels,
– vérifier et limiter les permissions accordées à chaque application (géolocalisation, accès au micro ou aux contacts),
– faire des sauvegardes régulières (cloud sécurisé ou support externe),
– privilégier les connexions chiffrées (https) et éviter les transactions sensibles sur les Wi‑Fi publics, ou utiliser un VPN.
La plupart des opérateurs permettent en outre de bloquer gratuitement les appels et SMS sortants vers certains types de numéros (international hors UE, numéros surtaxés), ce qui peut être utile pour les familles avec adolescents. La levée de ce blocage peut, elle, être facturée.
Vie numérique, réseaux sociaux et empreinte en ligne
En Finlande comme ailleurs, les réseaux sociaux jouent un grand rôle dans la vie quotidienne et l’intégration des expatriés (groupes d’entraide, petites annonces, associations). Cela suppose de maîtriser quelques notions-clés :
Trois réalités numériques essentielles à connaître pour naviguer sur internet en toute conscience.
Les plateformes enregistrent une quantité importante de vos données (photos, habitudes, localisation, opinions) qui peuvent être recoupées pour créer un profil détaillé.
Les algorithmes orientent ce que vous voyez, ce qui influence subtilement votre perception du monde, de la politique ou de certains groupes sociaux.
Tout ce qui est publié en ligne, même dans un groupe privé, peut potentiellement devenir public via des captures d’écran, un piratage ou une fuite de données.
Les autorités invitent à :
– réfléchir avant de publier des informations détaillées sur soi, ses enfants ou ses proches (école, adresse, itinéraires quotidiens),
– examiner régulièrement les paramètres de confidentialité des services utilisés,
– être sélectif dans l’acceptation des demandes d’« amis » de personnes inconnues,
– vérifier si son adresse email a déjà fuité sur le dark web grâce à des outils comme l’Identity Theft Checker de F‑Secure, et changer de mot de passe en conséquence.
Pour un expatrié, la combinaison d’un haut niveau de numérisation (banque, relations avec l’administration, santé, scolarité) et d’un contexte sécuritaire exigeant impose de considérer la cybersécurité comme une partie intégrante de sa sécurité personnelle.
Conduire en Finlande : sécurité routière et pièges de l’hiver
La Finlande dispose d’un réseau routier relativement sûr au regard des standards internationaux, avec environ 3,5 morts par 100 000 habitants et un objectif national de division par deux des tués et blessés graves d’ici 2030. Mais les conditions climatiques peuvent réserver des surprises aux nouveaux arrivants.
Règles de base et contrôles
Quelques règles essentielles :
– conduite à droite,
– ceinture obligatoire pour tous, à l’avant comme à l’arrière,
– feux allumés en permanence, été comme hiver,
– interdiction de tourner à droite au feu rouge,
– limites de vitesse : 50 km/h en agglomération (par défaut), 80 km/h hors agglomération, 100–120 km/h sur certaines voies rapides en été (souvent abaissées en hiver),
– usage du téléphone interdit sans dispositif mains libres,
– alcool : limite à 0,5 g/l de sang, avec contrôles fréquents et sanctions sévères,
– enfants en siège auto ou rehausseur jusqu’à 135–140 cm (recommandation jusqu’à 150 cm).
Les contrôles de vitesse sur les grands axes sont largement automatisés et signalés par des panneaux avec un pictogramme d’appareil photo. Le système d’amendes est basé sur le principe du « jour-amende », où le montant est proportionnel aux revenus du contrevenant, pouvant ainsi atteindre des sommes très élevées comme rapporté dans la presse.
Hiver, pneus neige et verglas invisible
Pour un expatrié, le véritable défi est l’hiver.
– Les pneus hiver (cloutés ou non) sont obligatoires du 1ᵉʳ novembre au 31 mars dès que les conditions l’exigent, avec une exigence de performance renforcée (marquage « 3PMSF » ou cloutage) à partir de 2024.
– La profondeur minimale légale en hiver est de 3 mm, mais les autorités recommandent au moins 5 mm pour un bon niveau de sécurité.
– Le verglas dit « black ice » est particulièrement traître : mince couche transparente difficile à voir, fréquente autour de 0 °C, au petit matin ou en soirée, sur les ponts, zones ombragées ou proches des plans d’eau.
– Les routes sont déneigées, rarement salées : on roule donc souvent sur une fine couche de neige tassée.
Sur route glacée, les distances de freinage s’allongent considérablement. Par exemple, à 80 km/h, il peut falloir près de 200 mètres pour s’arrêter. Il est donc conseillé d’adapter sa vitesse, même bien en deçà des limites autorisées, et d’augmenter la distance de sécurité.
L’hiver, l’État abaisse les limitations sur de nombreux axes (par exemple de 100 à 80 km/h). Cette mesure permettrait d’éviter chaque année plusieurs morts et dizaines de blessés graves.
Conduite pratique et équipement à prévoir
Pour rouler sereinement :
– éviter les accélérations brusques, les coups de frein secs et les changements de file inutiles,
– désactiver le régulateur de vitesse dans les conditions glissantes,
– ralentir avant les virages plutôt que de freiner dedans,
– en cas de dérapage, relâcher l’accélérateur et diriger en douceur vers la trajectoire souhaitée, sans panique.
Côté équipement, il est recommandé de toujours avoir dans la voiture : un gilet fluoresçant, un triangle de signalisation, une trousse de premiers secours, et des outils de base pour les réparations légères.
– une brosse à neige et un grattoir,
– un triangle de signalisation et un gilet réfléchissant,
– des vêtements très chauds, gants, bonnet, bottes,
– une lampe de poche et une batterie externe pour téléphone,
– éventuellement une petite pelle et du sable ou du gravier pour se dégager.
Il est strictement interdit de rouler avec de la neige ou de la glace accumulées sur le toit, le capot ou les vitres du véhicule. En plus d’être passible d’une sanction, cela représente un réel danger pour les autres usagers de la route, car ces éléments peuvent se détacher et provoquer un accident.
Dans le nord et en Laponie, la saison froide peut durer 5 à 8 mois. Si vous louez une voiture pour un trajet entre le sud et le nord à l’intersaison, signalez toujours votre destination au loueur pour être sûr d’avoir l’équipement adapté.
Animaux sauvages, reines de la route
En dehors des villes, les rencontres avec la faune font partie du paysage.
– Dans la zone d’élevage de rennes (environ un tiers du pays, couvrant la Laponie et une partie du nord‑est), plus de 4 000 collisions avec des rennes sont enregistrées chaque année.
– Les élans (moose) sont massifs et particulièrement dangereux en cas de choc, surtout à l’aube et au crépuscule, notamment entre septembre et novembre.
Les panneaux triangulaires avec silhouettes de renne ou d’élan signalent les zones à risque. Si un animal débouche sur la route, les autorités conseillent, autant que possible, d’essayer de passer derrière lui plutôt que devant, et d’appeler le 112 en cas de collision.
Santé, environnement et sécurité sanitaire
La sécurité en Finlande, c’est aussi la garantie d’un environnement sain et d’un système de santé solide.
Un système de santé universel et performant
La Finlande dispose d’un système de santé universel, financé par l’impôt et les cotisations sociales, avec :
– des centres de santé de proximité (terveysasemat) pour les soins primaires,
– des hôpitaux de district pour les soins spécialisés,
– cinq hôpitaux universitaires pour les cas les plus complexes.
Tout séjour en Finlande donne droit aux soins d’urgence, quel que soit votre statut migratoire. Pour les soins non urgents, les conditions d’accès et le niveau de facturation dépendent de votre situation (résident, travailleur, étudiant, touriste…). Un expatrié ayant une municipalité de résidence et couvert par l’assurance maladie finlandaise bénéficie de frais modérés et plafonnés.
L’eau du robinet est potable partout, la qualité de l’air est excellente, les normes d’hygiène alimentaires strictes. La Finlande se distingue par une très faible mortalité infantile, une excellente couverture vaccinale et un usage très mesuré des antibiotiques.
Climat, nature et petits risques à connaître
Le principal défi climatique, pour la sécurité, est l’hiver : obscurité prolongée, températures négatives, verglas, neige épaisse. Les bâtiments sont toutefois très bien isolés, le chauffage centralisé est courant et les infrastructures dimensionnées pour ces conditions.
L’été, le risque vient plutôt : les activités en plein air, les coups de chaleur, les baignades dangereuses et les accidents de la route.
– des tiques dans les zones boisées (risque de maladie de Lyme ou d’encéphalite à tiques),
– de moustiques nombreux dans certaines régions de lacs et marécages,
– de feux de forêt entre avril et septembre quand la végétation est sèche,
– de noyades pour les baigneurs peu habitués à l’eau froide ou aux courants.
Une protection anti‑tiques lors des randonnées (vêtements couvrants, inspection du corps au retour) et un comportement prudent dans l’eau suffisent généralement à limiter ces risques.
Logement et vie quotidienne : un environnement sûr mais exigeant
La Finlande est régulièrement citée parmi les meilleurs pays où vivre, avec un haut niveau de vie, des inégalités de revenus limitées et un parc de logements globalement de bonne qualité. Cela contribue directement au sentiment de sécurité.
Logement : des bâtiments encadrés et des règles claires
Les constructions sont encadrées par des normes énergétiques et de sécurité strictes. Les immeubles disposent en principe :
– d’alarmes incendie obligatoires (dont l’entretien passera progressivement de la responsabilité du résident à celle du propriétaire),
– d’issues de secours clairement identifiées,
– de règles précises concernant le stockage, le bruit, le stationnement, la fumée, etc.
Pour un expatrié locataire, quelques points clefs augmentent la sécurité :
Pour une location en Finlande, signez systématiquement un contrat écrit (vuokrasopimus) en vérifiant la fiabilité du bailleur. Ne versez jamais de dépôt ou de loyer sans avoir visité le logement ou mandaté une personne de confiance. Documentez l’état des lieux par photos ou vidéos à l’entrée et à la sortie. Souscrivez une assurance habitation, souvent exigée et fortement recommandée. Enfin, respectez les règles de l’immeuble, notamment le tri des déchets et les consignes de sécurité (comme l’interdiction des barbecues à charbon sur les balcons dans de nombreux bâtiments).
Quartiers, mobilités et vie nocturne
Les grandes villes finlandaises sont relativement homogènes en termes de sécurité, même si certains quartiers concentrent davantage les problèmes sociaux et les nuisances (alcool, drogues, dégradations).
De manière générale :
Les centres-villes des principales villes finlandaises, comme Kluuvi ou Punavuori à Helsinki, sont réputés pour être sûrs et animés. Le réseau de transports en commun (métro, tram, bus, ferries) est considéré comme très fiable, même en soirée. Dès l’école primaire, il est courant que la plupart des enfants se déplacent seuls pour aller à l’école, à pied, à vélo ou en transports.
Les principales situations où la vigilance doit être renforcée :
– densité de bars et boîtes de nuit (sorties de bars tardives, rixes liées à l’alcool),
– zones de grands centres commerciaux et de gares, où les pickpockets sont plus actifs,
– parkings de grandes surfaces ou quartiers très fréquentés pour les vols de vélos.
Les pickpockets visent surtout les sacs laissés sans surveillance dans les cafés, restaurants, centres commerciaux et transports bondés. Verrouiller son vélo avec un bon antivol, garder ses papiers et moyens de paiement sur soi, ne pas exhiber de grosses sommes d’argent : les mêmes réflexes qu’ailleurs en Europe fonctionnent.
La sécurité, en Finlande, est aussi liée à un tissu social particulier, fait de confiance, de règles claires et d’une certaine réserve.
Quelques traits structurants de la culture finlandaise influent directement sur le quotidien d’un expatrié :
La ponctualité est une marque de respect. Il est important de respecter la vie privée en évitant les questions intrusives sur l’argent, la religion ou la politique. La communication est généralement directe, ce qui peut sembler abrupt. Le respect des règles (files d’attente, limitations de vitesse) est courant. Le rapport à l’alcool est ambivalent : une consommation concentrée le week-end est tolérée, mais l’ivresse en semaine ou en public est socialement condamnée.
Cette culture de la règle et de la confiance rend la vie très prévisible… à condition de l’accepter et de s’y adapter. Pour un expatrié, suivre scrupuleusement les lois et règlements est non seulement indispensable, mais aussi attendu moralement.
Un pays très sûr, mais pas toujours « facile » pour s’intégrer
Les enquêtes auprès des expatriés montrent un contraste intéressant :
– la Finlande obtient d’excellents scores sur la qualité de vie, la sécurité personnelle, l’environnement ou la numérisation des services,
– mais elle se classe dans les derniers rangs pour la facilité de se faire des amis, la vie sociale et parfois même la satisfaction au travail.
Beaucoup d’étrangers disent se sentir en sécurité, mais aussi isolés, surtout au début, face à un environnement linguistique exigeant (le finnois est perçu comme difficile par plus des trois quarts des expatriés interrogés) et à des cercles sociaux parfois fermés.
Étrangers vivant en Finlande
Cette dimension a aussi un impact sur la sécurité psychologique : s’installer dans un pays très sûr mais où l’on se sent seul peut générer stress, déprime saisonnière (accentuée par l’obscurité hivernale) et difficultés d’adaptation.
Quelques stratégies pour limiter ce risque :
– apprendre dès que possible les bases du finnois, même si l’anglais est largement parlé,
– rejoindre des clubs, associations, cours de sport ou de loisirs,
– participer aux événements de quartier, aux activités des bibliothèques, centres culturels, clubs de randonnée,
– fréquenter les saunas et espaces communs (qui sont aussi des lieux de sociabilité),
– diversifier son réseau au‑delà de la seule communauté d’expatriés.
Travailler et télétravailler en Finlande en toute sécurité
La culture du travail finlandaise valorise l’équilibre vie pro/vie perso, la flexibilité (télétravail répandu) et la confiance. Cela amène beaucoup d’entreprises à s’appuyer sur des outils numériques, ce qui renforce l’importance des bonnes pratiques de sécurité.
Bonnes pratiques pour le télétravail
Les recommandations adressées aux employés, finlandais comme étrangers, incluent notamment :
Pour travailler à distance en toute sécurité, il est crucial de suivre les consignes de son employeur concernant l’usage des outils et réseaux. Maintenez tous les logiciels et systèmes à jour. Privilégiez les connexions via des réseaux Wi-Fi sécurisés, en utilisant un VPN si nécessaire. Utilisez exclusivement les équipements professionnels fournis pour les tâches sensibles. Adoptez des mots de passe robustes et uniques sous forme de phrases (passphrases) pour chaque service. Soyez vigilant face aux emails ou messages suspects et évitez de cliquer sur des liens douteux. Enfin, abstenez-vous de discuter de sujets confidentiels avec des inconnus, y compris dans des contextes informels.
Au‑delà de l’aspect technique, le respect des pauses et du repos fait partie de la recommandation. Travailler de manière épuisée augmente le risque d’erreurs de manipulation de données ou de clics sur des contenus malveillants.
Entreprises et protection des données
De nombreuses entreprises finlandaises – y compris des filiales employant des expatriés – doivent désigner un responsable de la sécurité des systèmes d’information, voire un délégué à la protection des données lorsque des données sensibles (par exemple de santé) sont traitées à grande échelle.
Pour les salariés, cela signifie souvent : un gain de temps, une amélioration des conditions de travail, et une meilleure qualité de vie.
– des formations régulières à la cybersécurité,
– des exercices de type « phishing simulé »,
– des procédures claires en cas de suspicion de fuite ou d’incident.
Cette culture renforce indirectement la sécurité des expatriés, dans la mesure où le plus grand risque de fuite de données reste l’erreur humaine. Un environnement de travail qui forme et accompagne réduit nettement ce risque.
Achats en ligne, banques et escroqueries : rester serein avec son argent
La Finlande est parmi les pays les plus avancés pour les paiements dématérialisés : cartes, paiements mobiles, virements instantanés. L’argent liquide tend à disparaître, ce qui limite certains risques (agressions pour vol d’espèces) mais en développe d’autres (fraude en ligne).
Achats sur Internet : vigilance simple mais constante
Les conseils relayés par Europol et largement diffusés en Finlande se résument en quelques principes :
– ne commander que sur des sites connus ou bien évalués,
– se méfier des prix outrageusement bas,
– toujours vérifier la présence du « https:// » et du cadenas dans la barre d’adresse,
– préférer le paiement par carte de crédit, qui offre en général une meilleure protection en cas de litige,
– surveiller régulièrement ses relevés bancaires.
En cas de doute sur un débit, contactez immédiatement votre banque. Elle pourra bloquer votre carte et, selon les conditions, parfois annuler la transaction.
Codes bancaires et services publics
En Finlande, de nombreux services (administration en ligne, santé, impôts, banque) reposent sur une authentification forte via les identifiants de banque en ligne.
Cela implique :
– de ne jamais partager ses codes bancaires avec quiconque, même un proche,
– de ne jamais les saisir sur un site dont on n’est pas absolument certain,
– de ne jamais les communiquer par téléphone, même si l’interlocuteur prétend être de la banque.
Les services municipaux, comme la Ville d’Helsinki, rappellent régulièrement qu’ils ne demanderont jamais de codes d’accès bancaires, ni par téléphone, ni par email, ni par courrier.
En résumé : comment transformer un pays sûr en expatriation sereine
Les données sont claires : la Finlande offre un environnement exceptionnellement sûr, aussi bien sur le plan physique que politique, sanitaire ou numérique. La criminalité violente existe mais affecte surtout des milieux spécifiques (conflits privés, alcoolisation lourde), les services d’urgence sont efficaces, la justice fonctionne, les institutions sont fiables, l’environnement est sain et calme.
Pour un expatrié, transformer ce contexte favorable en expérience réellement sereine passe par quelques axes concrets :
Pour vivre en sécurité en Finlande, maîtrisez les bases de la sécurité physique (112, conduite hivernale, protection des enfants) et la cybersécurité (mots de passe, phishing). Exploitez les forces du système (services de santé, police, numérisation). Anticipez les difficultés d’intégration (isolement, langue, hiver) et respectez la culture locale (ponctualité, discrétion, règles) pour renforcer la sécurité collective.
En combinant un environnement objectivement sûr et quelques habitudes de prudence adaptées au contexte, la Finlande offre aux expatriés un cadre de vie où l’on peut réellement se concentrer sur l’essentiel : construire une nouvelle vie, pour soi et sa famille, dans un pays qui a fait de la confiance et de la sécurité ses marques de fabrique.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaite transférer sa résidence fiscale en Finlande pour optimiser sa charge imposable, diversifier ses investissements et conserver un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après comparaison de plusieurs destinations (Grèce, Chypre, Portugal, pays nordiques), la stratégie retenue consiste à cibler la Finlande pour la stabilité de son cadre juridique et fiscal, la qualité de ses services publics, son environnement très sécurisé et son appartenance à la zone euro. La mission inclut : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, report d’imposition), obtention de la résidence avec location ou achat de résidence principale, gestion des démarches de couverture sociale, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre des intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, fiscaliste, intermédiaires francophones/anglophones) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire), afin de sécuriser durablement la mobilité et la transmission.
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