Comprendre les pratiques religieuses locales en Finlande : guide essentiel pour expatriés

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Finlande, c’est entrer dans un pays où la religion est à la fois très présente dans les institutions… et étonnamment discrète dans la vie quotidienne. Pour un expatrié, ce contraste peut être déroutant. Comment se comporter dans une église luthérienne ? Que signifie vraiment la “liberté de religion” à la finlandaise ? Comment participer à une fête religieuse quand on travaille dans une entreprise très laïque ? Et où trouver un office en anglais à Helsinki ou en Espoo ?

Bon à savoir :

Ce guide décrypte les pratiques religieuses locales pour les expatriés. Il couvre les comportements attendus, les lieux de culte, les relations entre l’État et les religions, ainsi que les principaux repères du calendrier religieux. Son objectif est de permettre une intégration sereine, en conciliant le respect des sensibilités avec la réalité d’une société largement séculière.

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Un paysage religieux très chrétien… mais une société très séculière

La première clé pour comprendre la Finlande est de distinguer l’appartenance religieuse officielle et la pratique réelle.

Sur le papier, le pays reste majoritairement chrétien. Environ 62,2 % des habitants, soit autour de 3,5 millions de personnes, sont membres de l’Église évangélique luthérienne de Finlande (ELCF), et 1 % appartiennent à l’Église orthodoxe de Finlande. Mais un peu plus d’un tiers de la population – environ 34,9 % – ne déclare aucune appartenance religieuse, et cette proportion ne cesse de croître.

La Finlande possède encore deux ‘Églises nationales’ avec un statut juridique particulier, tout en étant une société profondément sécularisée où la religion est souvent vécue comme une affaire privée.

Résumé de la situation religieuse en Finlande

Voici un aperçu chiffré de la situation actuelle :

IndicateurValeur approximativeCommentaire
Population totale5,6 millionsEstimation globale
Membres Église évangélique luthérienne62,2 %Environ 3,5 millions de personnes
Membres Église orthodoxe de Finlande1,0 %Environ 58 000 membres
Sans appartenance religieuse34,9 %Part en forte croissance depuis deux décennies
Autres religions (ensemble)1,8 %Islam, judaïsme, bouddhisme, hindouisme, catholicisme, etc.

La pratique religieuse publique est faible, même parmi les membres des Églises nationales. Les enquêtes indiquent que seule une minorité – autour de 9 % de la population – participe à un office religieux au moins une fois par mois. La plupart des Finlandais vont à l’église seulement pour les grandes fêtes (Noël, Pâques, mariages, enterrements).

Pour un expatrié, cela signifie deux choses très concrètes : vous verrez des églises partout, mais elles seront rarement pleines ; et vous croiserez de nombreux collègues officiellement membres de l’Église luthérienne, qui se définissent pourtant comme peu ou pas croyants.

Liberté de religion et rôle particulier des Églises nationales

La Finlande garantit constitutionnellement la liberté de religion depuis les années 1920. Toute personne a le droit de choisir, pratiquer ou ne pas pratiquer une religion, sans discrimination. Il n’est pas obligatoire d’appartenir à une communauté religieuse, et il est possible d’en sortir par une simple démarche écrite (y compris en ligne via des services comme Eroakirkosta.fi).

Cependant, deux Églises bénéficient encore d’un statut juridique spécial : l’Église évangélique luthérienne de Finlande et l’Église orthodoxe de Finlande. Elles sont qualifiées de “Églises nationales” et disposent de prérogatives propres, notamment la possibilité de prélever un impôt ecclésiastique sur leurs membres.

Éléments clésÉglises nationalesAutres communautés religieuses
Statut juridiqueEntités de droit publicAssociations religieuses de droit privé
Droit de lever un impôtOui (1–2 % du revenu des membres)Non, financement via dons et activités propres
Rôle dans les cérémonies d’ÉtatImportant (journées officielles, commémos)Variable, surtout symbolique ou local
Encadrement légal spécifiqueLois ecclésiastiques propresLoi sur la liberté de religion + droit associatif

Pour un expatrié, ce cadre a plusieurs implications pratiques :

Exemple :

En Finlande, les liens entre l’État et certaines confessions sont institutionnalisés. Par exemple, les contribuables membres de l’Église évangélique-luthérienne ou de l’Église orthodoxe voient un « impôt d’Église » prélevé sur leur salaire. De plus, des représentants religieux (prêtres ou pasteurs) officient lors de cérémonies publiques comme les fêtes nationales ou l’ouverture du Parlement. Enfin, l’État finance et intègre des aumôniers luthériens ou orthodoxes au sein d’institutions publiques telles que l’armée, les hôpitaux et certaines prisons.

Dans le même temps, l’État se veut neutre en matière de religion. Les autres communautés religieuses – musulmanes, juives, bouddhistes, hindoues, etc. – peuvent se constituer en communautés enregistrées (au moins 20 adultes), bénéficier d’un statut d’association sans but lucratif et, dans certains cas, de subventions publiques, mais elles n’ont pas le même niveau d’intégration dans le dispositif étatique que les Églises nationales.

L’Église évangélique luthérienne : colonne vertébrale discrète de la culture

Pour qui arrive en Finlande, c’est l’Église évangélique luthérienne qui structure le plus visiblement le calendrier, les rites de passage et une partie de la vie sociale locale, même chez des personnes peu pratiquantes.

Une grande Église, à la pratique modérée

L’Église luthérienne est organisée en neuf diocèses, 384 paroisses et environ 3,5 millions de membres. Le siège de l’archevêque se trouve à Turku. Les paroisses locales sont de véritables petites institutions : elles emploient des pasteurs, des diacres, des musiciens d’église (“kanttori”), organisent des messes, des cours de catéchisme, des activités sociales, des concerts, des clubs de jeunes, des cafés de quartier, etc.

Pourtant, la participation hebdomadaire aux offices reste faible. L’Église estime qu’environ 2 % de ses membres assistent à un culte chaque semaine. La plupart des fidèles se contentent de quelques visites par an, souvent pour Noël, Pâques, la fête de la Saint-Jean (Juhannus) ou des événements familiaux.

Pour un expatrié, il est donc fréquent d’avoir des voisins officiellement luthériens qui ne mettent pratiquement jamais les pieds à l’église, sauf à un enterrement ou un baptême.

Rites de passage : encore très présents

Même dans un contexte de sécularisation, les rites luthériens restent une référence importante.

Rite de passageProportion concernée (approx.)Commentaire pour l’expatrié
Baptême des enfants~69,8 % des enfantsCérémonie souvent familiale, possible dans une petite chapelle
Confirmation à 15 ans~83,6 % des adolescentsCamps de confirmation l’été, très typiques de la culture finlandaise
Funérailles chrétiennes~96 % des obsèquesSouvent sobres, très codifiées, même pour des familles peu pratiquantes
Mariages religieuxMinoritaires depuis 2014Les mariages civils sont désormais majoritaires

La confirmation luthérienne à 15 ans, accompagnée d’un camp d’une ou deux semaines en été, est un rite social autant que religieux : de nombreux jeunes y participent, y compris ceux qui se disent peu croyants, parce que c’est un moment fort de sociabilité et une tradition familiale.

Pratique et style des cultes luthériens

Les cultes luthériens se caractérisent par une liturgie assez structurée, mais avec un ton globalement simple, sans théâtralité marquée. Le culte principal, généralement le dimanche matin, est souvent une messe avec Sainte Cène (communion). Le déroulé type comprend prières, lectures bibliques, sermon, chants et prière d’intercession.

Astuce :

Pour un expatrié souhaitant assister à un culte, il est recommandé de se renseigner à l’avance sur les horaires et les lieux de culte, de respecter les codes vestimentaires et les coutumes locales, et éventuellement de contacter la communauté paroissiale ou un guide pour faciliter l’intégration.

– la tenue vestimentaire est modeste mais informelle : un jean propre et un pull sobre sont généralement acceptables, surtout en dehors des grandes fêtes ;

– on retire son couvre-chef à l’intérieur ;

– on reste assis ou debout en suivant la congrégation, sans obligation de communiquer si l’on n’est pas luthérien ;

– des livrets ou écrans affichent généralement les numéros de cantiques et les textes, souvent uniquement en finnois ou en suédois, mais certains offices urbains proposent aussi de l’anglais.

Attention :

De nombreuses paroisses, notamment à Helsinki, Espoo et dans les grandes villes universitaires, proposent des activités en anglais, des groupes de discussion ou des cultes bilingues. Les informations sont disponibles sur les pages locales de l’Église ou via des réseaux comme « Colourful Church in Finland ».

Position éthique et diversité interne

Pour un expatrié venant de contextes plus conservateurs, la position de l’Église luthérienne finlandaise peut paraître relativement modérée et nuancée. Officiellement, elle affirme les grands dogmes chrétiens traditionnels (Créateur, résurrection, etc.), tout en acceptant le dialogue avec la science et les évolutions sociales.

Sur des sujets sensibles comme l’homosexualité, le divorce ou l’avortement, le discours officiel reste prudent, mais le débat interne est intense. Ces dernières années, les évêques ont ouvert la voie à la bénédiction ou à la célébration locale de mariages entre personnes de même sexe dans certaines paroisses, même si le consensus doctrinal n’est pas complet.

Pour l’expatrié, cela signifie que l’ambiance dans les paroisses peut varier : certaines plus “conservatrices”, d’autres plus “progressistes” et inclusives. Il est tout à fait accepté de chercher une communauté correspondant à sa sensibilité.

Comprendre l’Église orthodoxe de Finlande

Deuxième Église nationale, l’Église orthodoxe de Finlande a un poids démographique bien plus modeste – environ 58 000 membres, soit autour de 1 % de la population –, mais une importance historique et culturelle qui dépasse son nombre.

Un statut unique en Europe occidentale

L’Église orthodoxe de Finlande est une archidiocèse autonome, rattaché au Patriarcat œcuménique de Constantinople. Elle partage avec l’Église luthérienne le statut d’Église nationale, un cas assez rare en Europe occidentale pour une Église orthodoxe.

Elle est organisée en trois diocèses (Helsinki, Kuopio & Carélie, Oulu), pour un total de 21 paroisses et environ 140 prêtres. La plus grande paroisse est celle d’Helsinki, avec environ 20 000 membres, notamment de nombreux nouveaux arrivants immigrés.

L’un des traits distinctifs de cette Église est sa décision de célébrer Pâques selon le calendrier grégorien, de manière à s’aligner sur le calendrier national finlandais, ce qui la distingue d’autres Églises orthodoxes utilisant le calendrier julien.

Liturgie, langues et participation

Les offices orthodoxes finlandais suivent la tradition orientale : liturgie de saint Jean Chrysostome, chants inspirés de la tradition russe, vénération des icônes, encens, etc. L’esthétique est très différente de la sobriété luthérienne : beaucoup d’icônes, de couleurs, de chants a cappella.

Langues liturgiques

La diversité des langues utilisées dans les paroisses orthodoxes en Finlande reflète la richesse de cette communauté et en fait un lieu de rencontre pour les fidèles de diverses origines.

Langues principales

Le finnois et le suédois sont les langues les plus couramment utilisées dans la liturgie.

Langues liturgiques traditionnelles

Utilisation du slavon d’Église et du grec dans certaines paroisses, selon la tradition.

Langues des communautés immigrées

Le roumain et l’arabe sont pratiqués dans les paroisses correspondant à ces diasporas.

Langues minoritaires et autres

Présence du sami skolt et de l’anglais pour répondre aux besoins spécifiques des fidèles.

Pour un expatrié non orthodoxe, il est tout à fait possible d’assister à la Divine Liturgie comme visiteur :

Bon à savoir :

À l’arrière, observez d’abord. Vous pouvez allumer un cierge et vénérer une icône si vous le souhaitez, sans obligation. La communion est strictement réservée aux orthodoxes préparés. Les photos à l’intérieur sont parfois autorisées, mais jamais pendant les moments centraux de la liturgie, et jamais des fidèles en train de communier sans leur accord explicite.

Architecture et lieux emblématiques

L’héritage orthodoxe se lit aussi dans le paysage urbain. À Helsinki, la cathédrale Uspenski, perchée sur une colline au bord du port, est considérée comme la plus grande église orthodoxe d’Europe occidentale. Son style byzantino-russe, ses coupoles dorées et son iconostase impressionnent les visiteurs, qu’ils soient croyants ou non.

De nombreuses petites églises et chapelles orthodoxes, parfois en bois, parsèment le pays, notamment en Carélie et dans l’Est. Après la Seconde Guerre mondiale, plusieurs édifices ont été reconstruits pour remplacer des églises perdues sur les territoires cédés à l’URSS, souvent dans un style moderne, sans dômes.

L’Église orthodoxe gère aussi des monastères importants, comme le monastère de Nouveau Valamo et le couvent de Lintula, tous deux déplacés après leur évacuation de Carélie pendant la guerre. Beaucoup de Finlandais, croyants ou non, visitent ces lieux pour des retraites, des séminaires ou tout simplement pour le calme et le paysage.

Minorités religieuses : Islam, judaïsme, bouddhisme, hindouisme et autres

Au-delà des deux grandes Églises nationales, le paysage religieux finlandais s’est diversifié avec l’immigration récente. Pour un expatrié appartenant à une minorité religieuse, il est souvent possible de trouver une communauté locale, surtout dans les grandes villes.

Islam : une présence en croissance

L’islam est aujourd’hui la deuxième religion non chrétienne la plus visible en Finlande. Officiellement, environ 22 000 personnes appartiennent à des communautés musulmanes enregistrées, mais les estimations globales vont plutôt de 65 000 à 130 000 personnes, car beaucoup ne sont pas membres d’une association.

Les premières communautés musulmanes durables datent de la fin du XIXe siècle, avec l’arrivée de Tatars. La congrégation islamique finlandaise fondée par ces Tatars fut la première communauté musulmane officiellement reconnue en Occident, dès 1925. Aujourd’hui, l’islam en Finlande est composé de groupes très variés : Tatars, populations d’origine somalienne, irakienne, afghane, turque, etc., de traditions sunnites et chiites.

1990

Le nombre de mosquées et salles de prière en Finlande a augmenté depuis la fin des années 1990.

Pour un expatrié musulman, plusieurs ressources existent à Helsinki, parfois avec des sites web multilingues (finnois, somali, arabe). En revanche, des défis persistent, notamment en ce qui concerne les cimetières spécifiquement musulmans ou la prise en charge de certaines pratiques rituelles (circoncision, abattage rituel), qui peuvent entrer en tension avec la législation finlandaise.

Judaïsme : petites communautés, forte visibilité symbolique

La communauté juive finlandaise, d’environ 1 000 personnes, est concentrée surtout à Helsinki, avec une autre communauté à Turku. Helsinki possède une synagogue et une école juive d’environ 110 élèves, ainsi qu’un rabbin Loubavitch.

La présence juive est historique et reconnue ; les Juifs ont obtenu la citoyenneté après l’indépendance du pays. Pour un expatrié juif, il existe donc des points d’ancrage religieux et éducatifs, mais l’offre reste concentrée dans la capitale.

Bouddhisme, hindouisme, bahaïsme et autres mouvements

La Finlande abrite aussi des communautés bouddhistes (environ 5 000 fidèles) et hindoues (approximativement 5 000 personnes, principalement liées à l’immigration de travailleurs du secteur IT à partir de l’Inde, du Népal et du Sri Lanka). Des temples bouddhistes existent dans une douzaine de villes, notamment Helsinki, Tampere, Turku, Lahti, Kuopio.

Les baha’is seraient entre 500 et un peu plus de 1 600 selon les estimations, tandis que d’autres groupes (Sikhs, Témoins de Jéhovah, Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, mouvements néopaïens comme “Suomenusko” ou Karhun kansa) complètent le paysage.

Pour un expatrié appartenant à l’une de ces traditions, il est souvent nécessaire de se renseigner auprès des fédérations nationales (Union bouddhiste, organisations hindoues, etc.) ou d’interroger les grandes associations de dialogue interreligieux, qui tiennent à jour des listes de communautés actives.

Pratiques religieuses et vie quotidienne : ce qu’un expatrié doit vraiment savoir

Au-delà des chiffres et des statuts, ce qui importe le plus pour un expatrié, ce sont les codes informels. Que risque-t-on vraiment en matière de faux pas religieux en Finlande ? En réalité : pas grand-chose, si l’on fait preuve de bon sens.

Une société tolérante, mais peu démonstrative

La Finlande est souvent décrite comme “libérale” dans ses usages sociaux. Cela vaut aussi pour les questions religieuses. Les Finlandais ont tendance à considérer la religion comme un sujet privé, que l’on n’affiche pas ostensiblement dans l’espace public. Cela ne signifie pas que la foi est mal vue, mais plutôt que les démonstrations trop voyantes (prosélytisme agressif, discours moralisateurs) risquent de mettre mal à l’aise.

Concrètement, pour un expatrié :

parler de sa propre religion n’est pas tabou, surtout dans un cadre de confiance, mais insister pour convaincre l’autre sera perçu négativement ;

– la plupart des collègues éviteront le sujet au bureau, sauf s’ils sentent un climat de confiance ;

– les Finlandais respectent généralement les choix individuels : porter un foulard, une kippa ou un symbole religieux discret ne pose pas problème, tant que cela n’entre pas en conflit avec des règles professionnelles spécifiques.

Participation à un office : codes de base

Les codes dans les lieux de culte finlandais restent assez proches des normes européennes générales.

Dans les églises luthériennes ou orthodoxes :

– on porte des vêtements sobres et décents, mais sans obligation de tenue formelle (sauf cérémonies particulières comme un mariage) ;

– on éteint ou met en silencieux son téléphone ;

– on évite les conversations pendant l’office ;

– on ne photographie pas les fidèles, ni les moments liturgiques importants, sans autorisation.

Les Finlandais étant très attachés au respect du silence dans les espaces publics (transports, bibliothèques), ce respect de la tranquillité est encore plus marqué dans les lieux religieux.

Scolarité des enfants et éducation religieuse

Un aspect qui peut surprendre les expatriés est la place de l’enseignement religieux à l’école publique. Conformément à la Constitution, personne ne peut être forcé à pratiquer une religion contre ses convictions ; pourtant, les écoles proposent des cours de religion en fonction de l’appartenance des élèves.

Le système fonctionne en principe ainsi :

Bon à savoir :

En milieu scolaire, les élèves luthériens suivent un enseignement de leur religion. Si au moins trois élèves d’une autre religion (dont la communauté est enregistrée) sont présents dans la commune, un cours spécifique de cette confession doit être proposé. Les élèves sans appartenance religieuse peuvent, quant à eux, suivre un cours d’éthique ou de ‘philosophie de vie’.

Pour un parent expatrié, la décision d’inscrire ou non son enfant à un cours religieux est importante ; à partir de 12 ans, la loi exige le consentement de l’enfant pour tout changement d’affiliation.

Travail, jours fériés et fêtes religieuses

Le calendrier officiel finlandais est encore largement façonné par le christianisme, surtout luthérien. Plusieurs jours fériés sont liés à des fêtes religieuses : Noël, Jour de l’An (fête de la Circoncision dans le calendrier chrétien), Épiphanie, Vendredi saint, Pâques, Ascension, Pentecôte, Toussaint, sans oublier la Saint-Jean (Juhannus) qui s’est transformée en grande fête nationale de l’été.

Mais la société traite ces jours plus comme des temps de repos et de famille que comme des obligations religieuses. Un employeur n’attend pas d’un expatrié qu’il aille à l’église, seulement qu’il respecte les jours chômés et les fermetures de services.

Si vous appartenez à une autre tradition (ramadan, fêtes juives, hindoues, etc.), il est courant de négocier des jours de congé ou d’utiliser des jours de vacances, selon la flexibilité de votre entreprise. Dans beaucoup d’organisations internationales ou de grandes entreprises finlandaises, les managers sont désormais habitués à gérer ces demandes au cas par cas.

La spécificité finlandaise : quand la nature devient “église”

Pour comprendre la spiritualité finlandaise, il faut aussi regarder au-delà des nettes frontières confessionnelles.

Les enquêtes montrent que :

une large part de la population ne croit pas au “Dieu” personnel des traditions monothéistes, mais reste ouverte à l’idée d’une force ou d’un esprit ;

environ 42 % des Finlandais déclarent que le temps passé dans la nature les rapproche de Dieu ou d’une puissance supérieure.

La sauna est la version moyenne du Finlandais pour aller à l’église.

Auteurs contemporains

Pour un expatrié, cela signifie que certaines formes de “religiosité” finlandaise se vivent en dehors des temples au sens strict : au bord d’un lac, dans une forêt, dans une cabane de sauna. Accepter une invitation à une sauna de famille ou à une escapade dans un cottage peut parfois en dire plus sur les valeurs profondes de vos amis finlandais que des heures de discussion sur la théologie.

Où trouver des communautés religieuses anglophones ou internationales ?

Pour de nombreux expatriés, la question la plus pratique n’est pas “quelle est la place de la religion dans la société finlandaise ?”, mais “où puis-je aller à l’office, prier, ou rencontrer d’autres croyants ?”. La bonne nouvelle : dans la capitale et sa région, l’offre en anglais est plutôt riche, en particulier pour les chrétiens.

Helsinki et Espoo : une mosaïque de communautés chrétiennes internationales

Dans l’aire métropolitaine, on trouve un éventail de congrégations offrant cultes, groupes de maison, études bibliques ou activités sociales en anglais.

Quelques exemples (sans reproduire les textes originaux) :

Bon à savoir :

Plusieurs options existent pour assister à des cultes protestants en anglais ou d’autres langues internationales dans la région. Des Églises protestantes internationales organisent des cultes le dimanche à Helsinki (centre-ville, Kaisaniemi, Kallio, Punavuori, Tammisalo) et à Espoo (Matinkylä, salle paroissiale de la cathédrale d’Espoo). Certaines paroisses luthériennes locales, comme celle de Matteuksenkirkko à Itäkeskus, accueillent également des communautés anglophones et d’autres langues (suédois, russe, etc.). Enfin, des Églises indépendantes ou non dénominationnelles, souvent d’inspiration évangélique, proposent des cultes en anglais, parfois doublés en finnois ou avec traduction simultanée.

Beaucoup de ces communautés se présentent comme “internationales”, “interdénominationnelles” et “centrées sur les personnes”, accueillant des fidèles de différentes traditions. On y trouve régulièrement des groupes dédiés aux étudiants étrangers, des petites cellules de prière, des rencontres autour d’un café ou d’un repas.

Plusieurs paroisses proposent aussi :

des ressources en ligne (vidéos de prédications, bulletins numériques) ;

des petits groupes internationaux ;

une interprétation simultanée finnois–anglais pendant le culte.

Autres grandes villes

Dans des villes universitaires comme Tampere, Turku, Jyväskylä, Kuopio, Oulu, on trouve généralement :

au moins un culte luthérien ou une activité régulière en anglais ;

parfois une communauté pentecôtiste ou évangélique anglophone ;

des groupes d’étudiants chrétiens internationaux.

Bon à savoir :

L’Église catholique, organisée à l’échelle nationale par le diocèse d’Helsinki, propose des célébrations dans diverses langues comme l’anglais, le polonais et l’espagnol, notamment dans les grandes villes du pays.

Islam, judaïsme, bouddhisme, hindouisme : trouver sa communauté

Pour les expatriés musulmans, juifs, bouddhistes ou hindous, la concentration des communautés est plus forte à Helsinki. Il existe :

plusieurs mosquées et centres islamiques, dont certains publient des informations en finnois, somali et arabe ;

deux synagogues (Helsinki, Turku) et une école juive à Helsinki ;

– des temples bouddhistes dans de nombreuses villes, parfois liés à des traditions différentes (theravada, zen, tibétain) ;

– des associations hindoues, issues notamment des vagues d’emploi dans l’IT.

L’un des moyens efficaces pour trouver une communauté est de passer par les grandes organisations de dialogue interreligieux, par exemple le CORE Forum (COoperation of REligions in Finland). Ce forum réunit des représentants du christianisme, de l’islam, du judaïsme, du bouddhisme et des Saints des Derniers Jours, et travaille avec les autorités publiques sur les questions religieuses et sociales. Il peut orienter vers des communautés locales.

Dialogue interreligieux et respect des convictions non religieuses

Pour un expatrié, un autre trait important d’écologie religieuse finlandaise est l’attention portée au dialogue et à la coexistence pacifique entre croyants et non-croyants.

Organisations de dialogue

Au niveau national, le CORE Forum joue un rôle central. Il promeut :

le dialogue interreligieux et interconvictionnel ;

– la coopération avec l’État, notamment le ministère des Affaires étrangères ;

des journées de réflexion sur la paix, les droits humains et la responsabilité internationale.

En parallèle, des organisations comme Ad Astra à Helsinki s’adressent plus spécifiquement aux jeunes, en proposant ateliers dans les écoles, cercles d’étude sur l’antiracisme, événements de partage de récits personnels, le tout dans plusieurs langues. Elles abordent les questions religieuses au croisement des enjeux de diversité, de pouvoir et d’inclusion.

Bon à savoir :

Pour un expatrié, qu’il soit croyant ou non, il existe un tissu associatif dense à rejoindre pour s’engager sur des questions sociales ou communautaires.

Place des non-croyants

Les personnes sans religion forment aujourd’hui un des plus grands “groupes” de la société finlandaise : environ 30 à 35 % de la population. Des organisations comme l’Union des libre-penseurs ou l’Association humaniste finlandaise défendent leurs intérêts, notamment sur des sujets comme :

la neutralité religieuse de l’école ;

l’option de cérémonies funéraires non religieuses ;

la séparation plus nette entre État et Églises nationales.

Pour un expatrié athée ou agnostique, la Finlande est généralement un environnement confortable : on peut vivre sans aucune pratique religieuse sans que cela suscite la moindre réaction, y compris en province. Les cérémonies publiques et familiales laissent de plus en plus de place aux rituels civils ou “à la carte”.

Étiquette, politesse et religion : erreurs à éviter, attitudes appréciées

En pratique, le risque de “grosse gaffe religieuse” est faible en Finlande. La société est tolérante, et les Finlandais ont l’habitude des maladresses des étrangers, qu’ils traitent le plus souvent avec indulgence. Il existe néanmoins quelques réflexes qui faciliteront votre intégration.

Dans les lieux de culte

Pour les visites touristiques comme pour les offices, quelques principes universels s’appliquent :

adopter une tenue couvrant au moins épaules et genoux, éviter les vêtements transparents ou très moulants ;

– retirer son bonnet ou sa casquette à l’intérieur ;

– parler à voix basse, voire se taire pendant les offices ;

vérifier si la prise de photos est autorisée (souvent oui en dehors des offices, parfois non dans certaines zones ou pour les fidèles en prière) ;

– éviter de consommer nourriture ou boisson dans l’édifice.

Bon à savoir :

Dans les mosquées, synagogues, temples hindous ou bouddhistes, il est essentiel de respecter les règles spécifiques comme le retrait des chaussures, la couverture de la tête ou l’usage du foulard. Les Finlandais attendent des visiteurs étrangers qu’ils se renseignent au minimum ; poser une question poliment est parfaitement bienvenu et apprécié.

Dans la conversation

Quelques repères utiles :

– il est rare qu’un Finlandais demande directement : “De quelle religion es-tu ?” ;

– aborder spontanément le sujet n’est pas interdit, mais mieux vaut le faire dans un cadre personnel, pas dans une réunion de travail ;

– critiquer violemment les convictions religieuses de quelqu’un ou faire des blagues lourdes sur les minorités religieuses sera mal vu, encore plus dans un environnement professionnel.

À l’inverse, beaucoup de Finlandais se montrent curieux des expériences religieuses d’ailleurs et apprécient un échange respectueux, surtout s’ils sentent qu’il ne s’agit pas de prosélytisme.

Conseils pratiques pour expatriés selon les profils

Pour terminer, quelques recommandations selon les situations fréquentes rencontrées par les expatriés.

Expatrié chrétien pratiquant

– Informez-vous auprès des paroisses luthériennes locales pour connaître les cultes ou groupes en anglais ;

– à Helsinki–Espoo, explorez les Églises internationales (anglicanes, évangéliques, méthodistes, etc.) qui offrent des cultes réguliers en anglais ;

– vous pouvez participer librement à la plupart des activités paroissiales luthériennes, même si vous n’êtes pas membre, mais la communion reste liée à l’appartenance confessionnelle dans chaque tradition.

Expatrié musulman, juif, bouddhiste ou hindou

– Prévoyez de vivre près d’un grand centre urbain si la proximité d’une mosquée, d’une synagogue ou d’un temple est importante pour vous ;

– contactez les organisations faîtières (congrégations islamiques, unions bouddhistes, etc.) ou des forums interreligieux pour identifier les lieux les plus actifs ;

– discutez tôt avec votre employeur des aménagements souhaitables (temps de prière, fêtes religieuses, alimentation, vêtements), la plupart étant ouverts au dialogue et aux solutions pratiques.

Expatrié non croyant ou en recherche

– N’ayez aucune crainte à vous présenter comme non religieux, cela ne choque pas en Finlande ;

– si vous êtes invité à une cérémonie religieuse (mariage, baptême, enterrement), votre simple présence respectueuse suffit : vous pouvez rester assis pendant les prières, sans gestes liturgiques si vous ne le souhaitez pas ;

– explorez si vous le souhaitez les ressources sur les cérémonies civiles (notamment pour funérailles) proposées par les associations humanistes, très actives sur ce terrain.

Bon à savoir :

En Finlande, la religion influence le calendrier, les rites et la culture, mais se vit sans obligation ni pression sociale. Les expatriés peuvent librement explorer les traditions locales, visiter les lieux de culte, rejoindre une communauté ou assumer une non-appartenance, sans crainte d’être jugés.

La clé est de combiner trois choses : un minimum d’information sur les institutions (savoir ce qu’est une Église nationale ou ce que signifie l’impôt d’Église), un regard attentif sur les pratiques concrètes (comment on se tient dans une église luthérienne ou une mosquée d’Helsinki) et, surtout, une attitude de respect envers la diversité des convictions – y compris celle, très finlandaise, de se ressourcer spirituellement dans le silence d’une forêt ou la chaleur d’une sauna.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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