S’initier à la table finlandaise : guide culinaire d’immersion pour expatriés en Finlande

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Finlande, c’est entrer dans un pays où la nature dicte le rythme de la vie… et celui des repas. La gastronomie locale n’est ni tape‑à‑l’œil ni démonstrative. Elle est discrète, terrienne, souvent rustique, mais terriblement attachante. Pour un expatrié, apprendre à manger « à la finlandaise », c’est comprendre une bonne partie de la culture du pays : son rapport aux saisons, à la sobriété, à la convivialité et à la nature.

Bon à savoir :

Ce guide présente les produits et plats typiques à connaître, les lieux pour faire ses courses ou sortir, les codes à table, ainsi que les services modernes comme la livraison ou les paniers repas pour faciliter vos débuts.

Comprendre l’ADN de la cuisine finlandaise

La cuisine finlandaise s’est construite dans un pays de forêts, de lacs et d’hivers longs. Pendant des siècles, les habitants ont vécu avec une saison fraîche interminable où la terre donnait peu, et un été très court mais intense. D’où une alimentation centrée sur ce qui pousse ou vit ici : poisson, gibier, racines, céréales rustiques, laitages, baies et champignons.

Exemple :

Historiquement, les techniques de conservation comme le séchage, le fumage, la fermentation, le salage ou la confiture au vinaigre étaient des gestes de survie essentiels en période de guerre, de rationnement et de famine. Aujourd’hui, ces méthodes ont évolué vers des choix gastronomiques, comme en témoignent les pickles de champignons, les harengs marinés ou le poisson salé, qui restent des piliers de la table.

La philosophie reste la même : faire simple, laisser parler l’ingrédient, éviter les sauces lourdes et les épices agressives. On parle souvent de cuisine « honnête » et « pure ». Les saveurs sont propres, parfois très délicates (poissons de lac, laitages, racines), parfois franchement terriennes (gibier, pain de seigle, sang). L’équilibre, la retenue et une certaine modestie dominent, loin des démonstrations de créativité à outrance.

Cette simplicité s’accorde avec une autre valeur centrale : le lien à la nature. Grâce au principe du jokaisenoikeus – « droit de tout un chacun » – tout le monde peut aller librement cueillir baies et champignons dans la plupart des espaces naturels. Pour un expatrié, accepter une invitation à une cueillette de myrtilles ou de girolles, c’est presque un passage initiatique.

Les grands piliers de l’assiette finlandaise

Pour ne pas être perdu devant les rayons des supermarchés ou au marché, il est utile de repérer les grandes familles d’aliments qui structurent la cuisine locale.

Les céréales sont omniprésentes, surtout le seigle, qui joue un rôle de « glucide national ». L’avoine, l’orge et le blé complètent ce quatuor. Le pain de seigle (ruisleipä), sombre, compact, souvent au levain, accompagne presque tous les repas. On trouve aussi du pain d’archipel (saaristolaisleipä), plus sucré, des pains croustillants (näkkileipä) et une foule de galettes et de pains plats.

Astuce :

Les légumes dominants dans cette cuisine sont les racines et les légumes rustiques. La pomme de terre, en particulier la « nouvelle » pomme de terre de début d’été, est à l’honneur aux côtés des navets, carottes, betteraves, rutabagas, choux, poireaux, oignons, choux kale et orties. Le climat froid et les jours très longs de l’été ralentissent la croissance de ces légumes, ce qui a pour effet de renforcer et de concentrer leur saveur.

Les produits laitiers sont partout : lait, yaourts, laits fermentés comme le piimä ou le viili, crèmes, beurres et fromages frais. Dans un pays où le climat rendait autrefois l’élevage extensif plus simple que la culture de fruits, le lait a longtemps été un pilier de la nutrition quotidienne.

Attention :

Avec son abondance de lacs, de rivières et de côtes maritimes, la Finlande possède une culture culinaire profondément ancrée autour du poisson. On y consomme une grande variété d’espèces, comme le saumon, la truite, le hareng de la Baltique ou le muikku, préparées de multiples façons : fraîches, fumées, marinées ou séchées.

Le gibier ajoute une dimension plus nordique : renne, élan (souvent appelé « moose » en anglais), lièvre, canards et oiseaux de forêt complètent l’offre de viande aux côtés du porc, du bœuf et du poulet. En quantité moyenne, la viande consommée est plutôt modérée, mais une bonne part passe par la forme saucisse (makkara).

Enfin, les baies et champignons sont une signature forte de la gastronomie locale. Myrtilles sauvages (bilberries), airelles, framboises, fraises, fraises des bois, groseilles, argousier, parfois mûres arctiques (cloudberries) enrichissent desserts, confitures, sauces, boissons et accompagnements. Les forêts produiraient environ deux milliards de kilos de champignons par an : girolles, cèpes, chanterelles en tube, lactaires, hydnes, etc., sont au menu, en saison ou en bocaux.

Un tableau permet de visualiser quelques ingrédients emblématiques à repérer dès votre arrivée.

CatégorieExemples à connaîtreUsage courant
CéréalesSeigle, avoine, orge, bléPains, porridge, pâtisseries, casseroles
Racines & légumesPomme de terre, carotte, betterave, rutabaga, chouSoupes, gratins, accompagnements, plats mijotés
PoissonsSaumon, hareng baltique, muikku, sandre, percheSoupes, fumé, mariné, frit, en pâté
Gibier & viandeRenne, élan, porc, bœuf, poulet, oiseaux de forêtRagoûts, sautés, saucisses, plats mijotés
LaitagesLait, crème, piimä, viili, leipäjuustoBoissons, sauces, desserts, petits déjeuners
BaiesMyrtilles, airelles, cloudberries, fraises, argousierDesserts, confitures, sauces, jus
ChampignonsGirolles, cèpes, chanterelles en tube, lactairesSautés, sauces, salades, conserves au vinaigre

Plats et produits incontournables pour s’intégrer par le ventre

Pour un expatrié, il est rassurant d’avoir quelques repères très concrets : quels plats commander, quels produits acheter pour se sentir « du pays » sans se perdre dans des préparations trop extrêmes.

Le pain de seigle et les autres pains du quotidien

Le ruisleipä est plus qu’un aliment de base : c’est un rituel. Dense, acide, riche en fibres, il est souvent tranché généreusement, tartiné de beurre et garni de fromage, charcuterie ou poisson. Un Finlandais en manque à l’étranger vous dira volontiers que c’est l’un des produits qui lui manquent le plus.

À côté, le saaristolaisleipäpain d’archipel – présente une mie sombre, moelleuse, légèrement sucrée grâce au sirop et au malt. Il accompagne très bien poissons fumés et fromages. Les pains croustillants de seigle, plats, se conservent longtemps et constituent un fond de placard pratique.

Les Karelian pies et autres spécialités de pâte

Les karjalanpiirakka (pâtés caréliens) sont de petites coques de pâte de seigle très fine, garnies traditionnellement de bouillie de riz, parfois de purée de pomme de terre ou de carotte. On les mange tièdes, recouvertes d’un mélange beurré d’œuf dur haché, l’egg butter. C’est l’un des rares produits protégés par un label européen de Spécialité Traditionnelle Garantie.

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Le kalakukko est un plat traditionnel finlandais bénéficiant d’un label TSG à l’échelle européenne.

Plus au sud‑est, dans la région de Kainuu, on croisera le rönttönen, petite tourte ouverte en pâte de seigle, garnie de purée de pomme de terre sucrée et d’airelles. Ce produit bénéficie d’une Indication Géographique Protégée.

Soupes, ragoûts et cuisine mijotée

La Finlande aime les plats qui mitonnent doucement. Parmi les premières choses à goûter, la soupe de saumon (lohikeitto) s’impose : un bouillon laiteux ou crémé, des cubes de saumon, des pommes de terre, de la carotte, du poireau et un bouquet d’aneth. C’est un plat complet, rassurant, qu’on retrouve de la cantine universitaire aux restaurants de bord de mer.

La soupe de pois cassés (hernekeitto), épaisse et verte, parfumée de porc fumé, est quant à elle un classique du jeudi. Elle est souvent suivie de crêpes fines ou d’un pancake épais au four (pannukakku), servi avec confiture et crème fouettée.

Plats carnés finlandais

Découvrez deux spécialités de viande emblématiques de la cuisine finlandaise, alliant tradition et saveurs du terroir.

Ragoût carélien (Karjalanpaisti)

Un ragoût traditionnel mêlant bœuf, porc et parfois agneau ou mouton, longuement cuit avec des racines et des oignons pour une saveur riche et réconfortante.

Sauté de renne (Poronkäristys)

Spécialité du nord : fines lamelles de viande de renne saisies au beurre avec de l’oignon, servies sur une purée de pommes de terre et accompagnées de confiture d’airelles.

Poissons : du lac à l’assiette

La variété de préparations de poissons peut désorienter au début, mais quelques repères facilitent la découverte. Le saumon se décline en version crue salée (graavilohi), fumée à froid ou à chaud, ou en soupe. Le hareng baltique se retrouve mariné au vinaigre, en sauces à la crème, fumé, parfois en petites boîtes prêtes à déguster.

Le vendace (muikku), petit poisson de lac, est souvent servi frit entier, croustillant, à déguster avec une purée de pommes de terre. Dans certains restaurants de Kuopio ou de la région des grands lacs, c’est une spécialité maison.

Les œufs de poisson – notamment de lavaret ou de vendace – garnissent blinis et toasts avec crème aigre, oignon et aneth. En été, les fêtes de l’écrevisse – repas où l’on décortique, chante, boit de l’alcool fort et mange de grandes quantités d’écrevisses – restent un moment fort de la sociabilité.

Baies, desserts et petites douceurs

Même si le petit déjeuner finlandais est rarement très sucré, les desserts et pâtisseries occupent une place centrale dans les pauses café. La brioche à la cardamome (pulla) se décline en d’innombrables formes, dont le célèbre roulé à la cannelle (korvapuusti). Le café s’accompagne aussi de gâteaux comme le Runeberg torte (amandes, rhum, cardamome) ou de simples biscuits sablés.

Les tartes et gâteaux aux myrtilles, aux airelles ou à la rhubarbe valorisent les baies et fruits de saison. Le fromage « qui couine », réchauffé et servi avec une cuillerée de confiture de mûre arctique, est un classique dans le nord. Certaines familles sami le trempent même dans le café brûlant.

Spécialités culinaires finlandaises

Pour les fêtes, les codes changent : à Pâques, le mämmi – sorte de crème cuite de malt de seigle sucrée – peut surprendre les palais non avertis. Le jour de Vappu (1er mai), la ville se remplit de stands de beignets (munkki), de « choux » croustillants trempés dans le sucre (tippaleipä) et de grandes bouteilles de sima, boisson pétillante proche d’un hydromel léger.

Un mot sur les « plats difficiles »

Comme dans beaucoup de pays, certains mets divisent les visiteurs : boudins et saucisses de sang comme la mustamakkara de Tampere, desserts d’aspect peu engageant comme le mämmi, bonbons au réglisse salée (salmiakki), pain d’écorce de pin (pettuleipä) issu des périodes de famine… Rien n’oblige à les aimer, mais y goûter au moins une fois est souvent apprécié par les locaux, surtout si vous expliquez ensuite franchement ce que vous en pensez.

Manger au quotidien : horaires, structure des repas et codes sociaux

S’habituer aux horaires et à la structure des repas facilite beaucoup l’intégration. Le matin, le petit déjeuner (aamupala) peut être copieux : tartines ouvertes (pain de seigle, fromage, concombre), porridge d’avoine ou de multi‑céréales (puuro) avec lait, baies ou sauce sucrée (kiisseli), yaourt ou piimä avec muesli.

Le déjeuner (lounas) se prend généralement tôt, entre 11h et 14h. Dans les écoles primaires et secondaires, il est chaud, gratuit et équilibré pour tous les enfants. Dans les universités, les cantines proposent des repas subventionnés à tarif très réduit. Dans les entreprises, un restaurant de bureau ou des chèques déjeuner sont courants. Le déjeuner est souvent un plat unique, avec un buffet de salades et du pain.

Le dîner (päivällinen) arrive tôt, autour de 17h–18h. C’est typiquement un plat chaud – viande ou poisson – avec pommes de terre, riz ou pâtes, et quelques légumes. Plus tard, une collation plus légère (iltapala) complète la journée : tartines, yaourt, restes du jour.

Bon à savoir :

À table, les usages suivent les codes européens : la fourchette se tient dans la main gauche et le couteau dans la droite. Il est poli d’attendre que tous les convives soient servis avant de commencer à manger. L’hôte ou l’hôtesse prononce souvent un « hyvää ruokahalua » (bon appétit), qui sert de petit toast. Finir son assiette et accepter une seconde portion est considéré comme un compliment. Les conversations se déroulent généralement dans un ton calme, et les silences prolongés ne sont pas perçus comme gênants.

Un point important pour un expatrié : les Finlandais prennent la parole au sérieux et n’aiment pas les promesses vagues. Un « il faut qu’on déjeune ensemble un jour » pourra être pris très au pied de la lettre. À l’inverse, ils seront indulgents si vous commettez des maladresses culturelles à table, tant que vous restez respectueux.

Où faire ses courses : supermarchés, halles et marchés

S’approprier la gastronomie locale passe aussi par les lieux où l’on remplit son frigo. Le paysage de la distribution alimentaire est assez concentré autour de deux grands groupes : Kesko (enseignes K‑Market, K‑Citymarket, K‑Supermarket…) et S‑Group (Prisma, S‑Market, Alepa, Sale…). Le discounter allemand Lidl complète le trio de tête.

Pour un regard neuf, les supermarchés peuvent sembler chers – surtout si vous venez de pays à bas prix alimentaires – mais il existe de vraies différences entre enseignes et nombreuses astuces.

Un aperçu comparatif aide à s’y retrouver.

Type de magasinExemples d’enseignesProfil de prix approximatifPoints forts pour l’expatrié
Hypermarchés « budget »Prisma (S‑Group)Plutôt abordableGrand choix, bons prix sur l’essentiel
Supermarchés généralistesK‑Citymarket, S‑MarketMoyennement à assez cherTrès large gamme, surtout en périphérie
Supérettes de quartierK‑Market, Alepa, SalePrix plus élevés sur certains itemsPratiques, ouverts tard
DiscountLidlGlobalement le moins cherBon rapport qualité/prix, marques européennes

Les chaînes Kesko et S‑Group fonctionnent avec des cartes de fidélité (K‑Plussa et S‑Etukortti). Elles permettent de bénéficier de promotions spéciales, parfois réservées aux porteurs de carte, et de cumuler des remises sous forme de chèques ultérieurs.

Les promotions hebdomadaires peuvent atteindre –20 à –30 % sur une sélection de produits, voire davantage sur les articles proches de leur date de durabilité minimale. Ces derniers sont généralement repérables à des étiquettes orange ou rouges indiquant –30, –50 ou même –70 %. Pour un budget maîtrisé, c’est un réflexe à prendre.

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Les produits des marques premier prix sont souvent jusqu’à 25 % moins chers que les grandes marques nationales.

Les halles couvertes : le raccourci vers la Finlande gourmande

Au‑delà des rayons anonymes, les kauppahallit – halles de marché – sont des lieux précieux pour découvrir la face artisanale et régionale de la gastronomie. On en trouve dans de nombreuses villes : Helsinki, Turku, Tampere, Kuopio, Oulu, Lahti, Vaasa, Mikkeli, etc.

À Helsinki, la Vieille Halle du Marché, ouverte en 1889 près de la place du marché face à la mer, aligne poissonneries, étals de fromage, charcuterie de renne, pains et pâtisseries. C’est un endroit idéal pour une première soupe de saumon bien servie ou un sandwich de poisson fumé à prix raisonnable. Hakaniemi Hall, fraîchement rénovée, offre sur deux niveaux des stands de produits bio, de cafés, d’artisanat et un bistro moderne (Kirsikka) qui revisite les classiques finlandais.

Exemple :

À Tampere, la plus grande halle des pays nordiques regroupe de nombreuses échoppes, boulangeries et petits restaurants, proposant notamment la célèbre saucisse noire (mustamakkara) de la maison Tapola et les beignets de la boulangerie Pyynikki. À Turku, la deuxième plus ancienne halle de Finlande (datant de 1896) juxtapose bouchers, poissonniers, vendeurs d’épices et des échoppes offrant aussi bien des spécialités finlandaises que des cuisines mexicaine, vietnamienne ou moyen-orientale.

Ces halles sont aussi des lieux où acheter du gibier (renne, élan, oiseaux sauvages), des fromages régionaux, du pain de seigle local, des pâtés, des confitures artisanales et toute la gamme de produits fumés ou saumurés qui font le charme de la cuisine du pays.

Astuces de courses pour expatriés

Plusieurs habitudes propres à la Finlande peuvent surprendre au rayon alimentation. Dans de nombreux magasins, vous devrez peser vous‑même les fruits et légumes sur des balances en libre‑service et coller l’étiquette prix sur le sachet. Les caisses automatiques sont très répandues, et tout le monde ou presque paye par carte ; l’usage du cash est marginal.

Un système de consigne sur les bouteilles et canettes (pantti) est omniprésent. En ramenant vos emballages dans les machines de récupération en magasin, vous obtenez un ticket de remboursement de quelques centimes par unité (0,10 à 0,40 €) à déduire de vos courses.

Les sacs plastiques sont payants, ce qui encourage l’usage de sacs réutilisables. Des mentions comme luomu (bio) ou kotimainen (produit national) sur les étiquettes vous guideront si vous cherchez des produits locaux ou issus de l’agriculture biologique.

Livraison, paniers repas et services en ligne : la Finlande pratique

Pour un expatrié qui ne maîtrise pas encore la langue ni les rayons, les services de livraison peuvent être une bouée de secours, le temps de prendre ses marques.

Le marché se divise en trois grandes catégories.

Les livraisons de détail (retail delivery) sont gérées par les supermarchés eux‑mêmes : S‑Group (S‑Kaupat, Prisma) et K‑Group (K‑Ruoka, K‑Citymarket) livrent une gamme complète de produits courants. Une inscription est nécessaire, les sites sont en finnois et suédois, mais les interfaces restent assez intuitives. Les créneaux de livraison, les frais, les politiques de substitution (si un produit est manquant) varient selon les enseignes.

La « quick commerce » (q‑commerce) concerne la livraison ultra‑rapide de paniers réduits : quelques centaines ou milliers de références, mais avec un délai souvent inférieur à une heure. Wolt – née en Finlande – s’est diversifiée de la livraison de repas de restaurants vers ce modèle, notamment via des mini‑entrepôts urbains (« Wolt Market »). D’autres acteurs comme Kavall promettent des délais de l’ordre de dix minutes dans certaines zones.

Astuce :

Pour goûter à la cuisine finlandaise en cuisinant soi-même, optez pour des services de paniers repas (*meal kits*). Ces abonnements livrent des boîtes d’ingrédients frais et des recettes détaillées. Des services comme Ruokaboksi, Anton & Anton, Vegekassi (végétarien) ou Luomukassi (bio) proposent cette formule « ready to cook », avec des options variées : bio, végétariennes ou haut de gamme. C’est une façon pratique et rassurante de s’initier aux saveurs locales depuis sa propre cuisine.

À côté de ces offres, les grandes plateformes de livraison de repas – Wolt, foodora, Uber Eats, Deliveroo, Bolt Food – couvrent désormais la plupart des grandes villes, avec une diversité de cuisines impressionnante. On y trouve autant des burgers et sushis que des soupes de saumon ou des plats de renne, selon les restaurants partenaires.

Un service original, ResQ Club, permet de récupérer à prix réduit les invendus de restaurants, cafés et hôtels, contribuant à la lutte contre le gaspillage alimentaire. Pratique pour goûter de bonnes adresses à moindre coût tout en faisant un geste écologique.

Sortir au restaurant : de la taverne traditionnelle au gastro nordique

Pour un expatrié, les restaurants sont un terrain d’exploration privilégié, à condition d’accepter que manger dehors coûte globalement plus cher que dans beaucoup d’autres pays européens. En contrepartie, la qualité des produits, la prise en compte des allergies et des régimes (lactose, gluten, végétarisme, véganisme) sont généralement très bonnes.

En semaine, le déjeuner au restaurant reste la formule la plus abordable : beaucoup d’établissements proposent des menus du jour autour de 10–12 €, parfois moins dans les cafés (soupes, salades entre 7 et 9 €). Le soir, pour un plat unique et une bière, il faut compter autour de 20 € ; pour un menu complet avec vin, la note grimpe facilement à 50–80 € par personne.

Bon à savoir :

La scène culinaire d’Helsinki offre une large palette de lieux pour découvrir la cuisine finlandaise. Des adresses comme Lappi ou Savotta servent des classiques (renne, soupes, poissons fumés, baies) dans un décor folklorique. D’autres tables historiques, telles que Kolme Kruunua, Kosmos, Elite ou Sea Horse, perpétuent la tradition des brasseries avec des plats comme la viande en sauce, le hareng frit, les boulettes (lihapullat), les choux farcis ou les ragoûts robustes.

À l’autre bout du spectre, plusieurs restaurants gastronomiques ont obtenu une étoile au guide Michelin, notamment Grön, Olo ou Ora, qui déclinent une version « New Nordic » de la cuisine locale : menus dégustation centrés sur des produits ultra‑locaux, fermentation maîtrisée, légumes mis au premier plan, viande et poisson en juste quantité.

Bon à savoir :

De nombreux bistrots à Helsinki, comme Kuurna, Kulta Kitchen & Bar ou Nolla, proposent une cuisine européenne actuelle ancrée dans le terroir finlandais. Leurs cartes saisonnières mêlent influences étrangères et produits locaux (poissons de la Baltique, porc local, légumes racines, herbes nordiques), offrant une expérience authentique sans folklore.

En parallèle, la capitale offre un éventail très large de cuisines du monde (asiatiques, moyen‑orientales, africaines, latino‑américaines) pour les jours où vous aurez besoin de vous éloigner des pommes de terre et du hareng.

Un indicateur pratique pour décoder les cartes de restaurants et cantines : les lettres indiquant les régimes compatibles. On les voit souvent sur les menus du jour.

Code sur les menusSignification
LSans lactose
VLPauvre en lactose
GSans gluten
MSans produits laitiers (milk‑free)
VVégan
VEGVégétarien
KSans œuf
PSans fruits à coque (noix, etc.)

Ces mentions sont très utiles si vous ou vos proches avez des contraintes alimentaires spécifiques.

Cafés, culture du café et petites habitudes sucrées

La Finlande revendique l’une des consommations de café les plus élevées au monde. On boit du café filtre clair, souvent perçu comme plus acide que les torréfactions du sud de l’Europe. Les pauses café – au bureau, à la maison, lors des fêtes familiales – sont une institution.

La tradition du pulla ja kahvi (brioche et café) fait partie des gestes les plus finlandais qui soient. Qu’il s’agisse d’un simple roulé à la cannelle, d’un pain sucré tranché ou d’un assortiment de gâteaux plus sophistiqués, on sort « quelque chose de bon » avec le café quand on reçoit, parfois en quantité impressionnante.

Bon à savoir :

Helsinki propose une scène café variée, allant des établissements historiques comme Ekberg (la plus ancienne pâtisserie du pays) et les salons Fazer, aux micro-torréfacteurs modernes tels que Kaffa Roastery, Coffee Roastery et Johan & Nyström. On trouve également des lieux hybrides mêlant design et café de spécialité, comme Andante, Kuuma ou St. George Bakery. Dans de nombreux cafés, il est socialement acceptable de s’installer seul pour lire, travailler ou observer la ville.

Les alternatives végétales (notamment les laits d’avoine) sont devenues la norme : difficile de trouver un café qui n’en propose pas. Le prix d’un cappuccino tourne souvent autour de 4–4,50 €, un café filtre simple étant un peu moins cher.

Santé, alimentation nordique et recommandations officielles

Derrière la gastronomie, la Finlande s’intéresse beaucoup à l’impact de l’alimentation sur la santé. Le Conseil national de la nutrition publie des recommandations inspirées des recommandations nordiques communes, axées aujourd’hui sur une alimentation plus végétale, variée et durable.

Bon à savoir :

Le modèle alimentaire recommandé est une pyramide où les légumes, fruits et baies représentent près de la moitié de l’apport quotidien en poids, soit 500 à 800 g par jour pour un adulte. Il inclut un apport régulier en céréales complètes (comme le seigle et l’avoine), 300 à 450 g de poisson par semaine (dont 200 g de poisson gras), et limite la viande rouge à 350 g par semaine maximum. Il est également conseillé de limiter le sel à moins de 5 g/jour, de remplacer partiellement les graisses saturées par des huiles végétales et de modérer les sucres ajoutés.

Des études menées sur les habitudes alimentaires finlandaises ont mis au point un indicateur de conformité à ces recommandations, le « Recommended Finnish Diet Score » (RFDS). Les personnes ayant un score élevé présentaient moins de risque d’avoir un tour de taille ou un pourcentage de masse grasse défavorables, surtout après la cinquantaine. Chez les hommes, un bon apport en fruits et un meilleur ratio acides gras polyinsaturés/saturés étaient liés à moins de graisse corporelle ; chez les femmes, une consommation plus faible de sucres ajoutés semblait particulièrement déterminante.

Bon à savoir :

Les céréales complètes ont un rôle protecteur contre le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires. La consommation de produits laitiers ne semble pas augmenter le risque de diabète et pourrait même le diminuer, mais elle est associée à un risque plus élevé de cancer de la prostate. La viande rouge et transformée est clairement liée à un risque accru de cancer colorectal, ce qui rejoint les conclusions des grandes agences internationales.

Même si vous n’avez pas l’intention de suivre à la lettre les recommandations, ces éléments montrent qu’en s’appropriant les aspects les plus végétaux de la cuisine finlandaise – baies, légumes racines, pains de seigle, poissons – vous pouvez concilier intégration culturelle et hygiène de vie.

Conseils pratiques pour apprivoiser la gastronomie locale

Une fois les principes et les lieux connus, reste à franchir le pas dans la vie quotidienne. Quelques pistes simples peuvent rendre cette acclimatation plus fluide.

Commencer par le pain de seigle, les soupes et le saumon est une bonne stratégie. Ce sont des saveurs généralement accessibles, comprises par tous les palais. Achetez un petit pain de seigle tranché, goûtez‑le avec du beurre salé et du fromage local. Testez une soupe de saumon dans une halle ou un café. Invitez un collègue finlandais à vous recommander sa marque préférée de pulla pour le café.

Exemple :

Profiter de l’été pour déguster des pommes de terre nouvelles bouillies avec du beurre et de l’aneth, accompagnées de hareng mariné, constitue un quasi-rituel de solstice. Un autre geste typiquement nordique consiste à ramasser des myrtilles sauvages en forêt (en s’assurant de les identifier correctement) pour les servir sur du yaourt ou dans un porridge du matin.

N’hésitez pas à utiliser les services de livraison au début, notamment si l’idée de déchiffrer les étiquettes en finnois dans un supermarché bondé vous stresse. Les paniers recettes peuvent vous donner des idées que vous répliquerez ensuite seul avec des produits achetés au marché.

Attention :

Pour maîtriser votre budget, comparez les prix au kilo entre enseignes et privilégiez les produits premiers prix (comme Pirkka ou Rainbow) pour les basiques (conserves, pâtes, flocons d’avoine). Cela vous permet de réallouer vos ressources vers des produits de meilleure qualité, comme le poisson, les légumes frais ou les pains artisanaux.

Au restaurant, jouez la carte de la curiosité sans vous forcer à tout aimer. Annoncez clairement au serveur que vous êtes en Finlande pour un certain temps et que vous souhaitez découvrir des plats locaux : la plupart seront ravis de vous orienter vers quelque chose de typique mais « pas trop extrême ». Laissez les options les plus radicales (sang, réglisse salée) pour un deuxième temps, éventuellement accompagné de locaux hilares.

Enfin, acceptez les invitations à dîner ou à aller au sauna suivies d’un repas léger. Dans les cottages d’été (mökki), il est courant d’aider un peu à éplucher des pommes de terre ou à préparer des légumes. Ces moments, plus encore que les restaurants branchés de la capitale, vous donneront accès à la cuisine familiale, à des recettes transmises oralement, parfois jamais écrites.

Entre tradition, modernité et durabilité

La gastronomie finlandaise d’aujourd’hui se situe à la croisée de plusieurs forces. D’un côté, une tradition paysanne et de pêcheurs, marquée par la frugalité, les saisons, le respect de la nature et les pratiques de conservation. De l’autre, une scène urbaine inventive, largement ouverte aux influences internationales, où la cuisine nordique contemporaine, les cafés de spécialité et les restaurants végétariens ou véganes se multiplient.

Bon à savoir :

Les préoccupations environnementales et sanitaires stimulent des politiques publiques (recommandations nutritionnelles végétales, labels, soutien au bio) et des initiatives privées (restaurants zéro déchet, applications anti-gaspillage, circuits courts). Pour un expatrié, c’est l’occasion d’explorer une alimentation plus locale, saisonnière et réfléchie.

En vous familiarisant avec les produits emblématiques, en fréquentant halles et marchés, en jouant le jeu des repas à la maison et des pauses café, en testant progressivement les spécialités les plus typées, vous construirez peu à peu votre propre « carte » de la gastronomie finlandaise. Au fil des saisons, des myrtilles d’été aux soupes d’hiver, vous découvrirez qu’au‑delà de son apparente austérité, la cuisine du pays recèle une vraie chaleur : celle des tables où l’on cuisine toujours « un peu plus » pour pouvoir partager.

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Après étude de plusieurs destinations (Portugal, Espagne, pays nordiques), la stratégie a consisté à cibler la Finlande pour son environnement juridique et institutionnel très stable, sa fiscalité prévisible, la qualité de son système de santé et un cadre de vie sécurisé. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions fiscales FR‑FI), obtention d’un permis de résidence et achat d’une résidence principale, coordination CNAS/CPAM, transfert de la résidence bancaire, plan de rupture maîtrisé des liens fiscaux français (183 jours/an, centre des intérêts vitaux), mise en relation avec un réseau local (avocat, spécialiste immigration, interlocuteurs francophones/anglophones) et intégration patrimoniale (analyse, réorganisation et diversification nord-européenne si pertinent).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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