Comment gérer le mal du pays en Finlande : tisser des liens, apprivoiser l’hiver et rester connecté

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Finlande, c’est souvent réaliser un rêve : paysages de lacs, forêts à perte de vue, sécurité, services publics efficaces, éducation de haut niveau. Mais derrière la carte postale, beaucoup d’étrangers découvrent vite une autre réalité : le silence, la réserve des habitants, la nuit qui tombe à 15 h en hiver, la langue impossible à prononcer… Tout cela peut réveiller un puissant mal du pays.

Bon à savoir :

Les recherches indiquent qu’entre 20 % et 90 % des expatriés ressentent un mal du pays plus ou moins fort durant leur première année à l’étranger. Il s’agit d’une réaction normale à un changement massif de repères, et non d’un caprice ou d’une faiblesse. En Finlande, ce sentiment peut être accentué par le climat, la culture de la discrétion, la barrière linguistique et l’éloignement des proches.

Cet article rassemble des éléments issus de nombreux travaux, témoignages et ressources finlandaises pour proposer une approche concrète : comprendre ce que l’on vit, utiliser les codes locaux à son avantage, bâtir un réseau social, survivre à l’hiver, chercher de l’aide quand il le faut et, surtout, ne pas rompre le lien avec sa famille malgré les kilomètres.

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Comprendre le mal du pays et le choc culturel en Finlande

Le mal du pays, parfois décrit comme une forme de « deuil » de sa vie passée, se mélange souvent avec ce qu’on appelle le choc culturel. Plusieurs modèles, comme la courbe en « W » ou les dix étapes de Rhinesmith, décrivent ce passage par des phases : euphorie des débuts, crise, ajustement, puis, parfois, nouvelle crise avant une intégration plus stable.

En Finlande, certaines spécificités culturelles rendent ces étapes particulièrement marquées.

Les particularités finlandaises qui bousculent

Le pays valorise fortement l’égalité, la liberté individuelle, la discrétion et la ponctualité. La communication est directe, sans fioritures, et le silence est considéré comme une partie normale de la conversation, pas comme un malaise à combler. Dans le bus ou le métro, personne ne viendra spontanément engager la discussion, même si les Finlandais sont généralement très serviables quand on leur demande de l’aide.

Astuce :

Pour une intégration harmonieuse, il est important d’adopter certaines pratiques sociales courantes : retirer ses chaussures en entrant chez quelqu’un, éviter les visites improvisées sans prévenir, serrer la main même aux enfants dans les contextes formels, modérer les démonstrations d’émotion en public et respecter scrupuleusement l’heure convenue pour les rendez-vous.

Enfin, la place de la nature et du sauna surprend. Il existe environ 3 millions de saunas pour 5,5 millions d’habitants ; y aller nu (souvent dans des séances séparées par sexe) est la norme. Des activités comme la cueillette de baies ou les week‑ends au chalet (mökki) rythment l’année.

Pour un nouvel arrivant déjà fragilisé par l’éloignement de sa famille, ce décalage peut amplifier le sentiment de solitude, surtout quand s’ajoutent l’hiver long et sombre, les différences de nourriture ou la difficulté à créer des liens.

Quand le mal du pays se manifeste

Les données disponibles convergent : le mal du pays apparaît souvent dans les premières semaines, puis peut connaître un pic quelques mois plus tard, au moment où la « période lune de miel » se termine. En Finlande, cette deuxième vague tombe fréquemment en plein hiver, quand la luminosité chute.

Les manifestations sont à la fois émotionnelles, physiques et comportementales :

tristesse, irritabilité, nostalgie, impression de ne pas être « à sa place » ;

troubles du sommeil, fatigue, maux de tête, modification de l’appétit, douleurs diffuses ;

tendance à se replier, à éviter les sorties, à passer beaucoup de temps sur les réseaux sociaux à regarder la vie « là‑bas ».

Ces symptômes sont exacerbés pendant les fêtes de fin d’année, les anniversaires, les grands rassemblements familiaux, ou en cas de maladie ou de décès d’un proche resté au pays.

Comprendre que ce vécu est normal – et même attendu – est un premier pas pour ne pas culpabiliser et oser demander du soutien.

Tirer parti de la culture finlandaise pour se sentir moins seul

Plutôt que de voir les différences comme des obstacles, il est possible de les utiliser pour construire une nouvelle forme de confort. La clé : accepter les codes locaux, tout en créant des espaces qui vous ressemblent.

Apprendre à décoder le style de communication finlandais

À première vue, les Finlandais peuvent paraître froids. En réalité, ils privilégient l’honnêteté et la cohérence entre les paroles et les actes. Les promesses sont prises au sérieux, les accords verbaux ont du poids, les invitations ne sont pas lancées à la légère. Cela peut être déroutant pour qui vient d’une culture de convivialité verbale, mais c’est aussi une formidable base de confiance.

Quelques repères utiles :

Bon à savoir :

Dans ce contexte, le silence n’est pas un signe de rejet mais un temps de réflexion. Les compliments sont peu fréquents mais toujours sincères. La communication et la création de liens passent moins par des conversations légères (« small talks ») que par le partage d’activités communes, comme le sport, le sauna, la randonnée ou l’engagement associatif.

Accepter ce style permet de moins interpréter le retrait apparent comme une hostilité et de mieux apprécier la fidélité et la loyauté qui caractérisent souvent les amitiés finlandaises de long terme.

Apprivoiser le sauna, les repas et les visites

Le sauna est à la fois un rituel de bien‑être et un espace social. Refuser une invitation sans raison valable peut être perçu comme un léger affront. On y va généralement nu, mais porter une serviette, surtout dans des lieux mixtes ou publics, est aussi admis. On s’assoit sur une petite serviette, on se douche avant et après, et on boit parfois une bière après, jamais dedans.

Attention :

Les repas incluent deux plats chauds quotidiens, un déjeuner vers 11–12 h et un dîner en fin d’après-midi. Le café est consommé tout au long de la journée. Lorsqu’on est invité, il est d’usage d’apporter un petit cadeau (fleurs, vin, café) et d’enlever ses chaussures à l’entrée.

Ces éléments, anodins en apparence, deviennent des points d’ancrage : comprendre comment « ça marche » diminue l’impression de décalage et renforce le sentiment de contrôle, ce qui fait reculer le mal du pays.

Construire un réseau social en Finlande pour alléger le mal du pays

De toutes les stratégies pour mieux vivre loin de chez soi, la plus décisive reste la création d’un entourage local. En Finlande, ce n’est pas seulement un enjeu affectif : entre 70 % et 80 % des emplois ne sont jamais publiés et se trouvent via les réseaux. Autrement dit, se faire des amis et des connaissances, c’est aussi préparer son avenir professionnel.

Adopter une approche finlandaise du « networking »

La culture du réseau en Finlande valorise les liens solides plutôt que la quantité de contacts superficiels. On privilégie la confiance, la réciprocité, l’aide concrète, et on sait que cela prend du temps.

Plusieurs outils conceptualisent cette démarche :

– travailler son « histoire » (qui vous êtes, ce que vous cherchez), sa « stratégie » (où et comment rencontrer les bonnes personnes) et sa « structure » (comment entretenir les contacts) ;

– utiliser le modèle AIR : demander des Avis (Ask for Advice), chercher des Informations (Insights), proposer des Recommandations (Recommendations), puis éventuellement demander des Références (Referrals).

L’important est de ne pas arriver en réclamant un emploi, mais en offrant un échange utile : un regard, une compétence, un retour d’expérience.

Conseil pour une candidature spontanée

Où rencontrer du monde : clubs, associations, événements

La Finlande offre une multitude de lieux et de formats pour créer du lien, même si cela ne saute pas aux yeux au premier abord. Les grands centres urbains comme Helsinki, Tampere, Turku ou Oulu disposent d’un écosystème dense de clubs et de communautés pour étrangers.

Voici, par exemple, un aperçu de quelques structures actives :

Type de ressourceNom / lieuCe que cela propose pour lutter contre le mal du pays
Association internationaleIESAF (International English Speakers’ Association of Finland)Événements réguliers (quiz, soirées, sorties famille), communauté de 8 500 anglophones, excellent antidote à la solitude.
Réseau d’expatsInterNations HelsinkiSoirées networking, activités thématiques, rencontres entre expatriés.
Communauté féminineInternational Women Community (Turku)Groupes de discussion, clubs (lecture, mamans-enfants), soutien entre femmes internationales.
Réseau professionnelInternational Working Women of FinlandCommunauté de plus de 8 700 femmes actives, entraide carrière et intégration.
Forums & entraideFinland ForumGrande communauté en ligne (dizaines de milliers de membres) pour poser des questions et échanger.
Centres culturelsCaisa (Helsinki)Concerts, festivals, expositions, concours de chant : lieu pour rencontrer d’autres passionnés de culture.

Ces structures permettent de sortir de l’isolement sans pression : on peut participer à un quiz dans un pub, discuter autour de la nourriture de son pays dans un groupe « A Taste of Home », ou s’investir dans un club de tricot international.

Clubs de loisirs, sport et co‑working : se faire des amis en faisant quelque chose

Les Finlandais se lient souvent à travers des activités. C’est une excellente nouvelle pour qui souffre de mal du pays : l’activité sert de prétexte, ce qui réduit la gêne du « small talk ».

Parmi les possibilités les plus porteuses : les nouvelles technologies, le développement durable, l’e-commerce, et la santé personnalisée.

Exemple :

Pour rencontrer des gens en Finlande, de nombreuses activités sont accessibles. Les sports collectifs comme le football, le floorball, le hockey sur glace, le volley, la course ou le ski de fond sont très populaires. Pour des loisirs plus calmes, on peut rejoindre un club de yoga (Helsinki en compte plus de trente), participer à des randonnées ou des sorties en canoë. Les cercles d’échecs, comme le Shakkiareena à Helsinki ou via la fédération Shakkiliitto, sont aussi une option. Les activités créatives ne sont pas en reste avec des ateliers de poterie, des cours de cuisine ou des groupes de théâtre comme les Finn Brit Players qui accueillent les anglophones. Enfin, pour le réseau professionnel, des espaces de co‑working comme Maria 01, Mesta Coworking ou Sofia Helsinki rassemblent entrepreneurs, freelances et salariés.

Sans forcément rechercher la performance sportive, ces cadres réguliers créent une familiarité : on retrouve les mêmes têtes chaque semaine, on partage des efforts, on rit ensemble, et peu à peu, ces visages deviennent un nouveau cercle d’appartenance.

Programmes d’amitié et groupes de pairs : ne pas rester seul avec ses questions

Plusieurs villes ont mis en place des dispositifs pour connecter locaux et nouveaux arrivants. C’est le cas, par exemple, d’International House Helsinki, qui coordonne un Friend Program pour les personnes installées dans la capitale et sa région. Ce dispositif se décline en plusieurs volets :

Programmes d’intégration et de rencontre en Finlande

Découvrez des initiatives clés pour rencontrer des habitants, pratiquer le finnois et vous intégrer dans la société finlandaise à travers des activités sociales et culturelles.

Helsinki Friends

Une communauté organisant des rencontres sociales, des échanges culturels, des ateliers et des actions de bénévolat pour créer du lien.

CIRKELN par Luckan Integration

Un programme qui regroupe résidents et nouveaux arrivants en petits cercles d’activités pour favoriser les échanges et l’intégration.

SuomiKamu par le Croissant-Rouge

Un volontaire local est jumelé avec un nouvel arrivant pour environ six mois de rencontres individuelles et d’accompagnement.

Ce type de programme fournit exactement ce qui manque souvent aux expatriés : une personne‑repère à qui poser des questions pratiques, avec qui pratiquer le finnois, découvrir un marché de Noël, oser aller au sauna public.

Dans d’autres villes, des initiatives similaires existent : à Turku, un Friendship Programme relie étudiants internationaux et habitants, et l’International Women Community propose des rencontres régulières pour celles qui s’y installent.

Le rôle des réseaux en ligne

Les plateformes numériques jouent une double fonction : elles aident à trouver des événements, et elles offrent un soutien émotionnel asynchrone quand on se sent mal.

En Finlande, plusieurs outils sont particulièrement utiles :

PlateformeUtilité principale pour un nouvel arrivant homesick
Facebook GroupsTrouver des colocations, des groupes de mamans, des communautés par langue, des événements gratuits, du bénévolat.
Meetup.comRepérer des rencontres thématiques (langues, rando, tech, café), par exemple « Helsinki Social Meetup » ou « Café Lingua ».
LinkedInSe constituer un réseau professionnel, repérer des salons emploi, suivre des entreprises locales.
Boo, Bumble BFFRencontrer des amis sur la base d’intérêts ou de compatibilité de personnalité.
Eventbrite, Stadissa, portails officiels de villesCalendriers d’événements culturels, festivals, marchés, saunas publics.

Au‑delà de l’aspect pratique, s’inscrire dans des groupes où d’autres partagent le même type de difficultés (logement, langue, paperasse, coups de blues) permet de normaliser son ressenti et de se sentir moins seul.

Survivre à l’hiver et au « kaamos » : protéger sa santé mentale

Le climat finlandais est un puissant amplificateur du mal du pays. Dans le nord du pays, au‑delà du cercle polaire, la nuit polaire (kaamos) peut durer jusqu’à 50 jours, avec un soleil absent entre fin novembre et mi‑janvier. Même à Helsinki, au cœur de l’hiver, la lumière se résume parfois à 4 ou 5 heures de jour gris.

Cette privation de lumière perturbe l’horloge biologique, augmente la production de mélatonine (l’hormone du sommeil) et diminue celle de sérotonine (liée à l’humeur). Ce déséquilibre favorise la fatigue, l’irritabilité et, chez certains, un trouble spécifique : la dépression saisonnière (SAD).

Reconnaître la dépression saisonnière

En Finlande, on estime qu’environ 12 % de la population souffre du SAD, et qu’environ 85 % ressentent un effet notable des saisons sur leur énergie, leur sommeil et leur appétit. Les symptômes typiques incluent :

baisse marquée de l’énergie, difficulté à se lever le matin ;

– humeur dépressive persistante, perte d’intérêt pour les activités habituelles ;

– tendance à manger davantage, surtout des glucides, avec prise de poids (2 à 5 kg fréquents par hiver) ;

– troubles du sommeil (insomnies ou hypersomnie), difficulté à se concentrer.

Attention :

En Finlande, le phénomène de « kaamos-dépression », lié au manque de lumière en hiver, peut se renforcer mutuellement avec le mal du pays chez un nouvel arrivant déjà fragilisé.

Les stratégies validées : lumière, mouvement, routine

Les chercheurs et cliniciens finlandais convergent sur un trio gagnant pour atténuer les effets de l’hiver :

1. Lumino‑thérapie. S’asseoir tous les matins, entre 20 minutes et 2 heures, devant une lampe spécifique émettant environ 10 000 lux – soit jusqu’à 20 fois plus que l’éclairage domestique classique. L’idéal : l’utiliser avant midi, au petit‑déjeuner ou pendant le travail, sans regarder directement la lumière. L’investissement (70 à 400 €) peut, dans certains cas diagnostiqués, faire l’objet d’un remboursement partiel.

2. Exposition au jour réel. Même s’il fait -15 °C, sortir chaque jour, ne serait‑ce que 20 minutes, est bénéfique. La lumière naturelle, surtout réfléchie par la neige, stimule des cellules de la rétine sensibles au bleu, qui envoient un signal de « réveil » au cerveau. Marcher, faire du ski de fond, patiner ou simplement aller à pied jusqu’à la bibliothèque Oodi à Helsinki améliore le moral.

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L’activité physique régulière, comme le sport en salle ou la marche, est recommandée comme un antidépresseur naturel par des chercheurs.

À cela s’ajoutent des mesures simples : supplément de vitamine D, routine de sommeil stable (se coucher et se lever à heures fixes), alimentation équilibrée, hydratation suffisante.

Adopter la mentalité nordique : embrasser plutôt que subir

Des psychologues nordiques parlent de l’importance d’« embrasser l’hiver » plutôt que de le combattre. Cela passe par plusieurs attitudes :

– voir l’hiver comme une saison parmi d’autres, avec ses plaisirs (neige, glisse, lumières, marchés de Noël) ;

– cultiver le « hygge » : bougies, plaids, boissons chaudes, musique douce, soirées jeux ou films ;

– multiplier les petites pauses café (« fika ») avec des collègues ou amis, même dehors, bien couvert ;

– tester, si on le souhaite et sans pression, des pratiques locales comme les bains froids suivis de sauna, que des personnalités comme le président Alexander Stubb recommandent pour le bien‑être.

Beaucoup de Finlandais avouent eux‑mêmes souffrir du blues hivernal. Le fait de savoir que l’on n’est pas le seul à compter les jours jusqu’au retour du printemps permet de relativiser.

S’appuyer sur les services de santé mentale en Finlande

Quand le mal du pays, la dépression saisonnière ou le stress d’intégration deviennent trop lourds, il est essentiel de se rappeler qu’un système solide de services de santé mentale existe en Finlande – même si son fonctionnement peut sembler opaque au début.

La porte d’entrée : le centre de santé local

En cas d’anxiété persistante, de tristesse qui dure, de troubles du sommeil sévères ou de pensées suicidaires, la première étape est d’appeler ou de se rendre à son terveysasema (centre de santé). Dans de nombreuses communes, ces centres disposent de :

infirmiers psychiatriques ;

psychologues ;

– parfois psychiatres, ou, à défaut, la possibilité de référer vers les services spécialisés.

Bon à savoir :

Pour les personnes de moins de 23 ans, une évaluation doit être réalisée dans les six semaines suivant la recommandation d’un professionnel, et un traitement approprié doit être engagé dans les trois mois. Une garantie de thérapie spécifique pour les jeunes vise à renforcer le respect de ces délais.

Services étudiants et lignes de crise

Les étudiants des universités et grandes écoles bénéficient des services de la Finnish Student Health Service (FSHS), qui propose des consultations avec infirmiers, psychologues et psychiatres. Les étudiants en échange, selon les cas, doivent se tourner plutôt vers le centre de santé de leur quartier.

En parallèle, des lignes d’écoute anonymes et gratuites fonctionnent à l’échelle nationale, dont :

ServiceContactLangues / spécificités
Urgences médicales112Pour situations d’urgence imminente.
Medical Helpline116 117Conseil médical avant de se rendre aux urgences.
MIELI Crisis Helpline09 2525 0111 (fi), 09 2525 0113 (en horaires spécifiques)Aide 24/7, soutien psychologique en plusieurs langues.
SOS Centres de criseHelsinki, Kuopio, SeinäjokiEntretiens gratuits, pas besoin de recommandation médicale.

Autour de ces structures gravitent de nombreuses ONG : Nyyti ry pour la santé mentale des étudiants, FinFami pour les proches de personnes en souffrance psychique, ou encore des associations spécialisées dans les addictions ou les troubles alimentaires.

Bon à savoir :

Des structures spécialisées comme MIELI Without Borders, Global Clinic et le Refugee Advice Centre offrent un soutien adapté, prenant en compte les traumatismes potentiels, aux personnes arrivées en tant que réfugiées ou demandeuses d’asile.

Quand demander de l’aide ?

Il est conseillé de consulter si : vous présentez des symptômes persistants ou inquiétants, vous avez été exposé à une maladie contagieuse, vous ressentez une douleur intense sans explication, vous êtes dans une situation de crise émotionnelle ou psychologique.

la tristesse ou l’angoisse dure depuis plusieurs semaines sans amélioration ;

le sommeil et l’appétit sont fortement perturbés ;

le travail ou les études deviennent difficiles à poursuivre ;

l’envie de rentrer « à tout prix » devient obsédante ;

des idées suicidaires apparaissent.

Dans ces situations, le mal du pays n’est plus seulement une nostalgie passagère, mais un signal qu’un accompagnement psychologique ou médical est nécessaire. En Finlande, les troubles de l’humeur sont fréquents : entre 4 % et 9 % de la population souffre, à un moment donné, de dépression majeure, et 10 à 20 % en feront l’expérience au cours de leur vie. Autrement dit, demander de l’aide est banal, pas exceptionnel.

Rester connecté à sa famille sans bloquer son intégration

Le mal du pays se nourrit de la distance avec les proches. Pourtant, grâce aux technologies actuelles, il n’a jamais été aussi facile de maintenir des liens. Bien utilisés, ces outils réduisent la solitude et soutiennent la santé mentale ; utilisés de façon compulsive, ils peuvent en revanche empêcher l’ancrage local.

L’importance psychologique du lien familial

Les études sur les étudiants internationaux montrent que 67 % citent le manque de la famille comme leur première difficulté, mais que 72 % se déclarent plus satisfaits de leur expérience à l’étranger lorsqu’ils communiquent régulièrement avec leurs proches. Une relation familiale entretenue à distance :

réduit l’anxiété et la sensation d’abandon ;

maintient un sentiment de continuité identitaire ;

– sert de ressource en cas de coup dur (échec académique, discrimination, choc culturel) ;

– protège, en partie, contre le risque de dépression (les données montrent qu’environ 15,6 % des migrants présentent un épisode dépressif, notamment quand les liens familiaux sont distendus).

Bon à savoir :

Pour les enfants finlandais expatriés, maintenir un contact régulier avec leurs grands-parents et cousins restés en Finlande contribue à construire une identité dite de ‘troisième culture’ plus équilibrée et moins conflictuelle.

Outils et rituels qui fonctionnent vraiment

Plutôt que d’être en contact de façon anarchique, mettre en place quelques rituels simples aide à trouver un équilibre :

programmer un appel vidéo hebdomadaire (Skype, WhatsApp, FaceTime, Google Meet, Zoom) à un horaire fixe, adapté aux fuseaux horaires ;

– créer un groupe familial sur WhatsApp ou Telegram pour échanger des photos du quotidien, des recettes, des anecdotes ;

– utiliser des albums partagés (Google Photos, iCloud) pour que les proches voient votre nouvelle vie (paysages enneigés, marché de Noël, premier sauna, etc.) ;

– envoyer parfois de vraies lettres ou cartes postales de votre ville finlandaise, avec quelques phrases manuscrites ;

– partager des moments à distance, par exemple en regardant le même film grâce à Teleparty, ou en cuisinant ensemble une recette familiale en visio.

Astuce :

Adoptez des pratiques qui maintiennent la connexion avec votre famille sans vous ancrer dans le passé. Ces gestes démontrent que vous ne les oubliez pas, tout en leur permettant de découvrir et de partager votre vie dans votre pays d’accueil.

Gérer le trop‑plein de connexion

Rester accroché à son téléphone peut, paradoxalement, nourrir le mal du pays : on voit défiler en boucle les photos des amis « restés », les fêtes de famille manquées, les vidéos des couchers de soleil de sa ville de naissance. Ce décalage alimente le FOMO (Fear Of Missing Out).

Quelques garde‑fous utiles :

limiter le temps passé sur les réseaux sociaux, en particulier sur les contenus « là‑bas » ;

privilégier les échanges directs (appels, messages privés) plutôt que la consommation passive des feeds ;

– instaurer des plages horaires sans écran, pour laisser la place aux rencontres locales ;

– accepter de ne pas tout voir ni tout partager : il est normal que votre vie se différencie de celle de vos proches.

L’objectif n’est pas de couper les liens, mais d’éviter qu’ils deviennent un refuge permanent empêchant de se construire une nouvelle base en Finlande.

Donner du sens à l’expérience finlandaise : travail, études, engagement

Le mal du pays est souvent plus intense quand on a l’impression de « subir » sa présence en Finlande : conjoint suiveur sans emploi, étudiant isolé, demandeur d’emploi découragé. À l’inverse, plus on perçoit un sens à sa vie locale, plus les moments de nostalgie sont supportables.

S’investir dans ses études ou sa carrière

Pour les étudiants, le système éducatif finlandais favorise le travail de groupe, les projets et la participation. Cela crée des opportunités d’interaction : co‑préparer un exposé, s’asseoir à côté d’un camarade en travaux dirigés, proposer un café après un cours.

Bon à savoir :

Pour les actifs, développer son réseau professionnel est crucial. Cela passe par une utilisation proactive de LinkedIn (contact d’experts, partage d’analyses, participation à des événements), la fréquentation d’espaces de co‑working et la présence à des salons (comme le Nordic Business Forum) ou à des événements sectoriels. Ces actions renforcent le sentiment d’appartenance à un milieu professionnel.

De plus, de nombreuses structures soutiennent l’insertion des talents internationaux : The Shortcut organise des ateliers gratuits sur la recherche d’emploi ou l’entrepreneuriat, Integrify aide les profils IT à accéder au marché du travail, des programmes comme Talent Turku ou DigiMESH créent des ponts entre entreprises et étrangers.

S’engager comme bénévole

Le bénévolat est l’un des moyens les plus puissants de créer des liens et de se sentir utile. InfoFinland et des portails comme Fingo ou le groupe Facebook « Volunteer Finland » recensent de nombreuses opportunités :

Exemple :

Pour s’intégrer dans un nouveau pays, le bénévolat est une excellente initiative. Il peut prendre diverses formes, comme du soutien scolaire ou de l’accompagnement de jeunes, permettant de partager ses compétences. La participation à des campagnes environnementales contribue à la communauté tout en découvrant des enjeux locaux. L’aide lors d’événements culturels ou sportifs offre un contact direct avec la vie locale. Enfin, accompagner d’autres nouveaux arrivants, parfois encore plus perdus, crée des liens de solidarité tout en consolidant sa propre expérience d’intégration.

Ce type d’engagement renverse la perspective : on ne vient plus seulement « consommer » la Finlande, mais y contribuer. Cela nourrit l’estime de soi et apaise la culpabilité parfois associée au fait d’avoir quitté sa famille ou son pays.

Accepter que le mal du pays fasse partie du voyage

Toutes les sources disponibles insistent sur un point : le mal du pays est généralement temporaire. La plupart des personnes voient leurs symptômes diminuer entre la première et la sixième semaine, même si des vagues de nostalgie peuvent refaire surface à l’occasion.

En Finlande, ces vagues se synchronisent souvent avec certains jalons :

premier hiver complet (surtout vers novembre‑décembre) ;

premières grandes fêtes sans famille (Noël, Nouvel An, Fêtes nationales) ;

périodes d’examen ou de surcharge au travail ;

événements familiaux marquants au pays (naissance, mariage, décès).

Astuce :

Plutôt que de chercher à éradiquer totalement ces ressentis, il est plus réaliste de les apprivoiser : accepter leur présence et apprendre à coexister avec eux pour mieux les gérer.

– en les nommant (« aujourd’hui, le mal du pays est fort ») ;

– en en parlant à quelqu’un (ami, conjoint, thérapeute, groupe de pairs) ;

– en activant ses « filets de sécurité » (routines, sortie lumière, coup de fil à la famille, soirée avec des amis) ;

– en se rappelant les raisons de sa présence en Finlande (projet d’étude, opportunité professionnelle, relation de couple, quête d’aventure).

Bon à savoir :

Il arrive que le sentiment de ne pas trouver sa place dans un nouveau pays persiste, même après plusieurs années. Certaines personnes décident ainsi de repartir après une décennie, par manque d’intégration ou de soutien. Ce retour au pays ou ce nouveau départ n’est pas un échec, mais un choix cohérent avec la connaissance de soi.

Entre‑temps, il reste possible de faire de ces années en Finlande un temps de croissance personnelle intense : apprendre à aimer le silence, développer le « sisu » (ce mélange de courage et de persévérance propre à la culture finlandaise), découvrir ses limites et ses ressources.

En résumé : transformer la nostalgie en ancrage

Gérer le mal du pays en Finlande ne se résume ni à « se forcer à être positif » ni à se réfugier dans une bulle d’expatriés. Les recherches, les expériences et les ressources locales montrent l’importance d’une approche à plusieurs niveaux :

Astuce :

Pour une intégration réussie en Finlande, il est crucial d’adopter une approche proactive. Premièrement, il faut **connaître** la culture locale pour mieux la comprendre et moins la subir. Deuxièmement, il est important de **construire** activement son réseau social via les clubs, associations, programmes d’amitié, activités sportives ou espaces de co‑working. Troisièmement, il faut **protéger** sa santé mentale, surtout durant les hivers rigoureux, en veillant à s’exposer à la lumière, à bouger, à maintenir des routines et, si nécessaire, à recourir aux services de santé. Quatrièmement, il est essentiel d’**entretenir** des liens familiaux solides tout en veillant à ce qu’ils n’entravent pas l’enracinement dans la nouvelle vie locale. Enfin, il faut **s’engager** dans des activités qui donnent du sens à sa présence, que ce soit par les études, le travail, le bénévolat ou des projets personnels.

Le mal du pays ne disparaîtra peut‑être jamais totalement. Il reviendra par vagues, parfois inattendues, au détour d’une odeur de cuisine, d’une chanson, d’un rire entendu dans une langue familière. Mais entouré de nouvelles amitiés, de rituels d’hiver apprivoisés, d’un réseau d’entraide, il cessera peu à peu d’être une douleur paralysante pour devenir ce qu’il est en profondeur : la preuve que l’on vient de quelque part, et que l’on est désormais capable de vivre entre plusieurs mondes.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un futur retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers la Finlande pour sécuriser son cadre de vie, diversifier ses investissements nord-européens et conserver un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal FR/FI, formalités administratives, installation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations (Portugal, Espagne, pays baltes, Finlande), la stratégie retenue a été la Finlande pour sa stabilité institutionnelle, son système fiscal prévisible, l’accès direct au marché nordique, une forte protection sociale et un niveau de services publics élevé, malgré une fiscalité plus lourde. La mission a couvert : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions FR‑FI), obtention de la résidence avec location long terme ou achat, affiliation au système de santé finlandais, transfert de banques et de portefeuilles, plan de rupture des liens fiscaux français (règle des 183 jours, centre des intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocats, fiscalistes, agents immobiliers, francophones/anglophones) et restructuration patrimoniale internationale pour optimiser retraites, placements et transmission, tout en limitant les risques de double imposition et de contrôle.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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