Fiscalité en Finlande pour les expatriés : impôt sur le revenu et taxe foncière décryptés

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Finlande attire de plus en plus de cadres, chercheurs et travailleurs mobiles. Mais derrière l’image d’un pays stable et très digitalisé se cache un système fiscal dense, très structuré, qui peut surprendre les expatriés. Comprendre qui est considéré comme résident fiscal, comment sont imposés les salaires, les revenus du capital et la propriété immobilière est essentiel pour éviter les mauvaises surprises… et optimiser ce qui peut l’être dans un cadre parfaitement légal.

Bon à savoir :

Cet article fournit un guide complet et accessible sur l’impôt sur le revenu et la taxe foncière en Finlande, spécifiquement destiné aux expatriés. Il s’appuie sur les textes officiels et les pratiques de l’administration fiscale finlandaise (Verohallinto / Vero).

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Résidence fiscale : la clé de voûte de la fiscalité finlandaise

Avant de parler de taux d’imposition, il faut comprendre comment la Finlande décide qu’une personne est résidente ou non-résidente sur le plan fiscal. Tout le reste en découle : base imposable, type d’impôt, droits à crédit d’impôt étranger, traitement des revenus immobiliers, etc.

En droit finlandais, deux grands statuts existent pour les personnes physiques : contribuable résident (imposition illimitée) et contribuable non-résident (imposition limitée).

Un individu est généralement considéré comme résident fiscal en Finlande s’il dispose de son « domicile et foyer principal » dans le pays, ou s’il y séjourne de manière continue plus de six mois. Le critère des six mois ne doit pas être compris strictement jour par jour : des absences temporaires, par exemple des vacances de quelques semaines hors de Finlande, ne cassent pas la continuité du séjour. En pratique, l’administration considère qu’une absence de deux mois ou plus peut rompre cette continuité, mais chaque situation est analysée au cas par cas.

Exemple :

Un consultant vivant officiellement en Suède mais travaillant en Finlande plus de trois jours par semaine sur une période continue de plus de six mois peut être considéré comme résident fiscal en Finlande. Ce statut s’applique même en l’absence de déménagement formel ou de changement d’adresse officielle, en raison du schéma de présence répétée et prolongée sur le territoire finlandais.

À l’inverse, un non-résident est une personne qui vit à l’étranger ou séjourne en Finlande moins de six mois, sans y établir de centre de vie. Dans ce cas, seule la part des revenus considérés comme de source finlandaise est imposable en Finlande.

Cas particulier des citoyens finlandais et « règle des trois ans »

Pour les citoyens finlandais, la loi va plus loin. Lorsqu’un citoyen finlandais quitte le pays, il reste en principe résident fiscal pour l’année du départ et les trois années civiles complètes suivantes. Pour mettre fin à cette « règle des trois ans », il doit prouver qu’il n’a plus de liens substantiels avec la Finlande : plus de logement permanent à disposition, famille partie à l’étranger, activités économiques limitées, couverture de sécurité sociale finlandaise interrompue, etc.

Attention :

Après trois ans sans domicile principal ou séjour prolongé en Finlande, une personne est considérée comme non-résidente. Il est important de noter qu’un rapprochement ultérieur du pays (comme un réinvestissement immobilier) ne rétablit pas automatiquement la résidence fiscale si les critères de domicile principal ou de séjour de plus de six mois ne sont pas à nouveau remplis.

Résidence fiscale et conventions internationales

Il est possible, pour un expatrié, d’être simultanément résident selon le droit finlandais et résident selon la loi d’un autre pays. Dans ce cas, les conventions fiscales conclues par la Finlande avec plus de 70 États jouent un rôle d’arbitre. Elles prévoient des « règles de départage » : lieu du logement permanent, centre des intérêts vitaux (famille, intérêts économiques), lieu de séjour habituel, nationalité, etc.

Si, au regard de la convention, l’expatrié est finalement réputé résident de l’autre État, la Finlande voit ses droits d’imposition limités aux revenus de source finlandaise, dans les limites prévues par le traité. Dans la pratique, cela peut par exemple restreindre l’imposition des revenus mobiliers ou de certains gains en capital.

Impôt sur le revenu des résidents : un système progressif, à étages multiples

Une fois la résidence fiscale établie, l’expatrié devient imposable sur ses revenus mondiaux. La Finlande a un système dit « cédulaire » : les revenus d’activité (earned income) et les revenus de capital (capital income) sont imposés séparément, avec des barèmes distincts.

Structure générale : État, commune, Église, Yle

Pour un résident, le revenu d’activité supporte plusieurs niveaux d’imposition :

– un impôt national progressif (État),

– un impôt communal à taux fixe (différent selon la commune),

– éventuellement un impôt ecclésiastique (pour les membres des Églises reconnues),

– la contribution au service public audiovisuel (Yle),

– les cotisations d’assurance maladie et, en pratique, les contributions sociales (pension, chômage, etc.), qui s’ajoutent à la charge globale.

En parallèle, les revenus de capital sont imposés selon un barème national à taux fixes (30 % puis 34 %).

Barème national de l’impôt d’État sur le revenu d’activité

Pour 2025, les tranches d’impôt d’État sur le revenu d’activité se présentent, de manière simplifiée, comme suit : tranches d’impôt d’État sur le revenu d’activité.

Tranche d’imposition (revenu imposable annuel, €)Taux marginal d’État 2025
Jusqu’à 21 20012,64 %
21 200 – 31 50019,00 %
31 500 – 52 10030,25 %
52 100 – 88 20034,00 %
88 200 – 150 00041,75 %
Au-delà de 150 00044,25 %

Ces pourcentages s’appliquent à la base de revenu d’activité après déductions, et s’ajoutent ensuite à l’impôt communal et éventuellement aux autres prélèvements.

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Le gouvernement finlandais vise à plafonner le taux marginal global d’imposition sur les hauts revenus à ce pourcentage à partir de 2026.

Impôt communal : un taux qui change selon la commune

Chaque municipalité fixe son propre taux de taxe municipale sur les revenus d’activité. En 2025, les taux varient entre 4,70 % et 10,90 %, avec une moyenne d’environ 9,3 %. Dans les grandes villes où s’installent de nombreux expatriés, les taux restent plutôt dans le bas de la fourchette : Helsinki, Espoo et d’autres communes attractives appliquent 5,30 %.

Pour illustrer l’ampleur des écarts, un salarié sans enfant au salaire médian (autour de 3 300 € brut mensuels) peut payer plus de 2 000 € par an de différence d’impôt selon qu’il habite la commune la moins imposée ou la plus imposée.

Impôt ecclésiastique et taxe Yle

Les membres de l’Église évangélique-luthérienne, de l’Église orthodoxe ou de la paroisse allemande de Finlande supportent un impôt ecclésiastique à taux fixe, généralement compris entre 1 % et 2,25 % du revenu imposable.

Astuce :

La contribution au financement du service public audiovisuel finlandais (Yle) est une taxe individuelle de 2,5 % prélevée sur le total des revenus d’activité et de capital qui dépassent un seuil annuel d’environ 15 150 €. Cette taxe est plafonnée à un maximum de 160 € par personne. Elle n’est pas due si les revenus sont inférieurs à ce seuil, ni pour les mineurs et certains résidents de l’archipel d’Åland.

Cotisations santé et sécurité sociale

À l’impôt sur le revenu proprement dit s’ajoutent les contributions de santé :

– une contribution pour l’assurance maladie (environ 1,06 % des revenus d’activité),

– une contribution pour les indemnités journalières (0,84 % dans les chiffres récents),

– et, d’un point de vue global, les cotisations de retraite et d’assurance-chômage payées par le salarié.

Ces prélèvements sont prélevés via la fiche de paie et viennent alourdir la charge globale sur le salaire, même s’ils sont en partie déductibles dans le calcul de la base imposable.

Revenus de capital : 30 % puis 34 %

Les revenus de capitalintérêts, dividendes (selon des règles spécifiques), revenus locatifs, plus-values – sont imposés au niveau national, séparément des revenus d’activité. Le barème est simple :

Montant de revenu de capital annuelTaux applicable
Jusqu’à 30 000 €30 %
Au-delà de 30 000 €34 %

Cela vaut aussi bien pour un résident que, dans de nombreux cas, pour un non-résident percevant des revenus de source finlandaise (sous réserve des conventions fiscales).

Deductions : marges de manœuvre pour réduire l’addition

Malgré une fiscalité élevée, la Finlande accorde une palette assez large de déductions et de crédits d’impôt, en particulier pour les résidents soumis à la taxation progressive :

Avantages fiscaux pour les indépendants

Découvrez les principaux mécanismes de réduction d’impôt accessibles aux travailleurs indépendants en Belgique.

Déductions automatiques et de base

Bénéficiez d’une déduction automatique de ~750 € pour frais professionnels et d’une déduction de base pouvant dépasser 4 000 €, diminuant avec l’augmentation du revenu.

Crédit d’impôt pour revenu d’activité

Profitez d’un crédit d’impôt pouvant atteindre plus de 3 000 €, avec une majoration possible pour les travailleurs de plus de 65 ans.

Frais de trajet domicile-travail

Déduisez entre 900 € et 7 000 € pour vos déplacements, calculés sur la base du moyen de transport le moins coûteux.

Cotisations obligatoires

Déduisez vos cotisations versées pour la pension, le chômage et l’assurance maladie.

Crédit pour services à la personne

Bénéficiez d’un crédit d’impôt jusqu’à 1 600 € pour des services (ménage, garde d’enfants…), et jusqu’à 3 500 € pour remplacer un chauffage au fioul.

Crédit pour pensions alimentaires

Obtenez un crédit d’impôt pour pensions versées à des enfants mineurs, à hauteur de 80 € maximum par enfant.

Pour un expatrié qui devient résident, l’optimisation passe souvent par une bonne anticipation de ces déductions dès la demande de carte d’impôt (verokortti) et lors de la vérification de la déclaration préremplie annuelle.

Impôt sur le revenu des non-résidents : un système à la source, simple mais potentiellement lourd

Les expatriés de passage, ou ceux qui gardent leur résidence fiscale principale dans un autre pays, sont en général traités comme non-résidents. Leur statut repose sur la durée de séjour (moins de six mois) et sur l’absence de domicile principal en Finlande.

Principe : taxable seulement sur les revenus finlandais

Un non-résident n’est imposable en Finlande que sur ses revenus de source finlandaise : salaires pour un travail physiquement réalisé en Finlande, honoraires de directeur de société finlandaise, revenus locatifs d’un bien situé en Finlande, plus-values sur certains actifs immobiliers finlandais, etc.

Les règles de source sont précises. Par exemple, un salaire versé par une entreprise finlandaise est considéré comme revenu finlandais si l’activité est exercée principalement (plus de la moitié du temps) en Finlande sur la période concernée. Pour les administrateurs de sociétés finlandaises, les jetons de présence sont toujours considérés comme de source finlandaise, quel que soit le lieu où ils exercent leurs fonctions.

Taux forfaitaire de 35 % sur les salaires

Le régime standard des non-résidents pour les revenus d’activité repose sur une retenue à la source définitive de 35 %. Avant d’appliquer ce taux, l’administration autorise une déduction forfaitaire de 510 € par mois ou 17 € par jour, à condition qu’elle figure sur la carte d’impôt à la source (tax-at-source card).

Exemple :

Quelques exemples illustrent l’impact de ce mécanisme.

Situation de non-résidentBase de calculRetenue à la source
Salaire brut 5 000 €/mois, déduction 510 € appliquée5 000 – 510 = 4 490 €4 490 × 35 % = 1 571,50 €
Salaire brut 3 000 €/mois sans déduction (tax card manquante)3 000 €3 000 × 60 % (si aucun verokortti) = 1 800 €

Si aucun tax card n’est présenté à l’employeur, ce dernier est obligé de pratiquer une retenue de 60 %, quitte à ce que le contribuable demande ensuite un remboursement ou un ajustement.

Possibilité d’opter pour la taxation progressive

La retenue de 35 % peut être pénalisante pour les revenus modestes. C’est pourquoi les non-résidents peuvent, sous certaines conditions, demander à être imposés selon le barème progressif des résidents. Dans ce cas :

ils doivent fournir à l’administration finlandaise des informations sur l’ensemble de leurs revenus mondiaux,

la Finlande calcule l’impôt finlandais selon les mêmes règles que pour un résident, tout en tenant compte, le cas échéant, des conventions fiscales et des crédits de double imposition.

Cette option est souvent intéressante pour les non-résidents aux revenus limités, ou pour ceux qui supportent déjà une fiscalité élevée dans leur pays de résidence.

Régime des « travailleurs clés » (foreign experts)

La Finlande a instauré un régime fiscal attractif destiné à attirer des profils hautement qualifiés : le régime des « experts étrangers » ou key employees. Il s’agit d’un taux forfaitaire sur le salaire d’origine finlandaise, en échange d’un cadre simplifié sans droit à déductions.

Les critères principaux sont les suivants :

devenir résident fiscal en Finlande au début de l’emploi,

– percevoir un salaire mensuel en numéraire d’au moins 5 800 € (hors avantages en nature),

– exercer un emploi nécessitant une expertise particulière,

– ne pas être citoyen finlandais,

– ne pas avoir été résident fiscal finlandais au cours des cinq années civiles précédant l’arrivée,

– être rémunéré par une entité finlandaise.

Le taux de ce régime a été de 32 %, et les autorités ont décidé une baisse à 25 %. La durée maximale est désormais de 84 mois (7 ans) pour les ressortissants étrangers, contre 48 mois auparavant. Il faut déposer la demande dans les 90 jours suivant le début du travail.

Ce régime offre un cadre lisible : pas de barème progressif, pas de déductions, mais un taux fixe incluant la contribution d’assurance maladie. Pour les expatriés très bien rémunérés, il peut être nettement plus favorable que la taxation ordinaire.

Revenu immobilier, plus-values et loyers : la dimension « capital » pour les expatriés

Nombre d’expatriés restent locataires, mais beaucoup finissent par acheter un logement, soit pour occuper, soit pour investir. La Finlande a deux grands types de prélèvements sur ce terrain : l’impôt sur le revenu (plus-values, loyers) et la taxe foncière (impôt immobilier annuel), sans oublier la taxe de transfert (droits d’enregistrement) à l’acquisition.

Taxation des loyers : revenus de capital

Pour un résident finlandais, les loyers perçus sur un bien situé en Finlande ou à l’étranger sont traités comme des revenus de capital. La base imposable est le loyer net : loyer brut moins les charges réellement engagées pour générer ce revenu (entretien, réparations, intérêts d’emprunt liés à l’acquisition, frais de gestion, etc.). L’imposition se fait ensuite au taux de 30 % ou 34 % selon le seuil de 30 000 €.

Pour un non-résident, les loyers d’un bien situé en Finlande sont considérés comme revenus de source finlandaise et soumis à la même logique de revenu de capital, avec application du barème 30 %/34 %. La retenue à la source peut ne pas être libératoire : un non-résident bailleur doit en principe déposer une déclaration finlandaise pour ces revenus locatifs.

Plus-values immobilières : cession de résidence principale et biens d’investissement

Les plus-values de cession de biens immobiliers en Finlande entrent dans la catégorie des revenus de capital. Pour les résidents comme pour les non-résidents, la distinction clé concerne l’usage du bien.

Bon à savoir :

La plus-value sur la vente d’une résidence principale est exonérée d’impôt si le propriétaire ou sa famille (conjoint, enfants mineurs) a occupé le logement de manière permanente pendant au moins deux années consécutives durant la période de détention. Même en cas d’exonération, cette vente doit être déclarée dans la déclaration fiscale de l’année de la transaction.

Pour un bien d’investissement (appartement locatif, maison de vacances, etc.), la plus-value est imposable comme revenu de capital. La base imposable est calculée, au choix, selon deux méthodes :

prix de vente – (prix d’acquisition + dépenses d’acquisition et de rénovation),

– ou prix de vente – abattement forfaitaire de 20 % (ou 40 % si le bien est détenu depuis au moins 10 ans), lorsque cela est plus favorable que la méthode réelle.

Les pertes sur cession peuvent être imputées prioritairement sur les autres plus-values, puis sur les autres revenus de capital, avec un report possible sur cinq ans.

Bon à savoir :

Pour les non-résidents, la cession de biens immobiliers situés en Finlande est imposable. Cette règle s’applique aussi, dans certains cas, à la vente de parts de sociétés finlandaises dont l’actif est constitué à plus de 50% d’immobilier finlandais, ainsi qu’à certaines cessions indirectes via des holdings (sous conditions de détention dans les 365 jours précédant la vente). Les actions de sociétés cotées sont exclues de ce mécanisme d’imposition indirecte.

Les conventions fiscales peuvent toutefois limiter ou préciser ce droit d’imposer. Dans de nombreux traités, les gains sur biens immobiliers restent imposables dans le pays où le bien est situé, tandis que les gains sur biens mobiliers reviennent plutôt à l’État de résidence.

Taxe foncière (real estate tax) : un impôt municipal annuel sur la propriété

En plus des impôts sur les revenus et les plus-values, la Finlande prélève une taxe foncière annuelle (kiinteistövero) sur la propriété immobilière. C’est un impôt local, perçu par la commune où se situe le bien, qui pèse autant sur les résidents que sur les non-résidents.

L’assiette de la taxe foncière repose sur une valeur fiscale du bien, distincte de la valeur de marché. Cette valeur est calculée à partir de barèmes officiels qui tiennent compte du type de bâtiment, de sa surface, de son année de construction, et de la catégorie de terrain.

Les taux sont fixés par chaque commune, dans des fourchettes encadrées par la loi. Pour les expatriés propriétaires, trois grandes catégories sont déterminantes :

Type de bienPlage de taux légale (en % de la valeur fiscale)
Résidence permanente (bâtiment)0,41 % – 1,00 %
Autre bâtiment résidentiel (résidence secondaire, chalet)0,93 % – 2,00 %
Terrain (taux général foncier)1,30 % – 2,00 %
Terrain à bâtir non construit2,00 % – 6,00 %

Dans la région métropolitaine d’Helsinki (Helsinki, Espoo, Vantaa et quelques autres), le législateur impose en plus que le taux sur les terrains à bâtir non construits soit au moins de trois points supérieur au taux foncier général, dans la limite de 6 %. Objectif : inciter à construire plutôt qu’à conserver des parcelles vides.

Bon à savoir :

Certaines surfaces, comme les terrains agricoles et forestiers, sont exonérées, bien que les bâtiments construits dessus puissent rester imposables. De plus, les biens appartenant à des associations non lucratives d’utilité publique peuvent bénéficier de taux réduits, voire d’une exonération totale.

Pour un expatrié investisseur qui loue son bien, la taxe foncière payée est déductible du revenu locatif dans le calcul de l’impôt sur les revenus de capital. Ce point est important : la charge foncière diminue ainsi la base imposable des loyers.

Exemples de charge foncière pour un expatrié

Imaginons un expatrié qui achète un appartement à Helsinki comme résidence principale, d’une valeur fiscale de 200 000 €. Si la commune fixe un taux de 0,50 % pour les résidences permanentes, la taxe foncière annuelle sera :

200 000 × 0,5 % = 1 000 € par an

S’il acquiert un chalet de loisirs dans une commune rurale, avec une valeur fiscale de 100 000 € et un taux de 1,5 % pour les résidences secondaires, la taxe foncière sur ce bien sera :

100 000 × 1,5 % = 1 500 € par an

Ces montants s’ajoutent à la fiscalité sur les loyers ou les plus-values, le cas échéant.

Taxe de transfert (transfer tax) : le coût d’entrée sur le marché immobilier

La Finlande n’a pas de droits de mutation notariés aussi élevés que certains pays d’Europe continentale, mais une taxe de transfert s’applique à la quasi-totalité des acquisitions immobilières et des parts de sociétés immobilières.

Le principe est simple : à chaque transaction, l’acheteur paye un pourcentage du prix de vente, selon la nature de ce qu’il achète :

Type d’actif acquisTaux de taxe de transfert
Bien immobilier (terrain ou bâtiment en pleine propriété)3 % (d’autres sources parlent de 4 % selon la catégorie)
Parts de société immobilière ou de coopérative de logement1,5 % ou 2 % (selon les sources et la nature de la société)
Actions ordinaires d’une société non immobilière1,6 %

Cette taxe est, en principe, due par l’acheteur dans les deux mois suivant la transaction. Jusqu’à fin 2023, les primo-accédants pouvaient bénéficier d’une exonération sous certaines conditions, mais ce régime a pris fin. Aujourd’hui, que l’on soit résident ou non-résident, la taxe de transfert s’applique généralement de manière identique, sauf exceptions prévues par la loi ou les conventions.

À ces coûts fiscaux s’ajoutent les frais juridiques, de notaire et d’agence. En combinant :

taxe de transfert,

honoraires de notaire (0,05 % à 0,10 %),

frais d’avocat (environ 1 %),

commission d’agent immobilier (3 % à 5 % au vendeur),

on obtient un coût de « roundtrip » (achat + revente) qui peut osciller entre 5,5 % et plus de 9 % du prix, une donnée à intégrer dans toute stratégie d’investissement pour un expatrié.

Double imposition internationale : comment la Finlande coordonne avec le pays d’origine

La Finlande est très insérée dans le réseau international des conventions fiscales, généralement alignées sur le Modèle OCDE. Ces accords bilatéraux ou multilatéraux (notamment la convention nordique couvrant les pays scandinaves) poursuivent deux objectifs : éviter la double imposition et lutter contre l’évasion fiscale.

Méthodes d’élimination de la double imposition

Pour un expatrié devenu résident finlandais mais continuant à percevoir des revenus dans son pays d’origine, la question centrale est : qui taxe quoi, et comment éviter une double charge. Deux méthodes principales existent :

Bon à savoir :

La Finlande utilise principalement deux méthodes pour éviter la double imposition des revenus étrangers. La première est la méthode du crédit d’impôt : le revenu étranger est imposé, mais l’impôt déjà payé à l’étranger est déductible dans une certaine limite. Un excédent de crédit non utilisé peut souvent être reporté jusqu’à cinq ans. La seconde est la méthode de l’exonération avec progressivité : certains revenus sont exonérés en Finlande, mais ils sont pris en compte pour calculer le taux d’imposition applicable aux autres revenus imposables.

Le choix de la méthode dépend de la convention applicable et, à défaut, de la loi finlandaise sur l’élimination de la double imposition.

183 jours et travail transfrontalier

Beaucoup de conventions signées par la Finlande reprennent la fameuse « règle des 183 jours » pour les salariés. Elle prévoit, en substance, que :

– si un salarié d’un pays A travaille dans un pays B moins de 183 jours sur une période donnée,

– qu’il est rémunéré par un employeur qui n’est pas résident de B,

– et que la charge de ce salaire n’est pas supportée par un établissement stable de l’employeur dans B,

alors le pays de travail (B) ne peut pas imposer ce salaire. C’est le pays de résidence (A) qui garde le droit d’imposer.

La subtilité est que la période de 183 jours n’est pas toujours le « calendrier » : certaines conventions la définissent sur toute période de 12 mois glissants, d’autres sur l’année fiscale locale. La Finlande a, par exemple, des règles différentes avec la Belgique, la France ou l’Italie (période calendaire) et avec l’Australie, le Canada ou les États-Unis (période de 12 mois).

Dans la région nordique, la convention multilatérale prévoit aussi des règles spécifiques pour les frontaliers vivant et travaillant de part et d’autre des frontières Finlande–Suède ou Finlande–Norvège, afin d’éviter des situations absurdes de double imposition ou de non-imposition.

Démarches pratiques pour les expatriés : carte d’impôt, déclaration, MyTax

Au-delà des règles théoriques, la réussite d’une installation en Finlande tient beaucoup à la gestion administrative. L’administration fiscale finlandaise est réputée pour sa digitalisation avancée, mais elle suppose que l’expatrié suive quelques étapes clés.

Obtenir un numéro d’identification finlandais et une carte d’impôt

Pour travailler légalement et être imposé correctement, il faut d’abord un numéro d’identification personnel finlandais. Il peut être délivré par :

le service national d’enregistrement (Digital and Population Data Services Agency),

l’administration fiscale (dans certains cas, notamment à Helsinki),

– ou l’administration de l’immigration lors de la délivrance d’un titre de séjour.

Une fois ce numéro obtenu, l’expatrié doit demander une carte d’impôt (verokortti) auprès de Vero. Il existe différents types de cartes :

Types de cartes de séjour fiscales

Différents types de cartes fiscales en fonction de la durée et des conditions de séjour d’un contribuable en France.

Carte de résident

Pour les contribuables qui séjournent en France plus de six mois.

Carte de non-résident

Pour les contribuables qui restent en France moins de six mois (carte de prélèvement à la source).

Carte pour key employees

Pour les salariés clés, si les conditions du régime fiscal spécial sont réunies.

La demande peut se faire via le portail MyTax, par formulaire papier ou en se rendant dans un bureau de Vero. Il est indispensable de fournir une estimation réaliste du revenu annuel (salaires, primes, avantages) et, idéalement, d’anticiper les principales déductions possibles.

Déclaration préremplie et ajustements

Pour les résidents, l’administration envoie chaque année au printemps une déclaration préremplie, souvent déjà très complète grâce aux données collectées auprès des employeurs, banques, compagnies d’assurance, etc. L’expatrié doit :

soit la confirmer telle quelle s’il n’a aucun changement,

soit la corriger (ajout de revenus étrangers, de déductions, d’informations immobilières, etc.) via MyTax ou sur formulaire papier.

Attention :

La date limite de retour, indiquée sur la déclaration, varie avec plusieurs vagues en avril. Un dépôt tardif peut entraîner une pénalité forfaitaire (généralement 50 €) et, en cas d’erreur substantielle, une majoration proportionnelle de l’impôt.

La taxation définitive intervient à l’automne (jusqu’à fin octobre en général). Si les acomptes et retenues dépassent l’impôt dû, le contribuable perçoit un remboursement, sinon il doit s’acquitter d’un solde majoré d’intérêts.

Utiliser MyTax en pratique

Le portail MyTax permet de :

consulter et modifier sa carte d’impôt en cours d’année (en cas de changement de salaire, de revenus locatifs, etc.),

suivre l’avancement de son dossier,

– déclarer des revenus de capital, des plus-values immobilières, des loyers,

– saisir les informations nécessaires à l’application des conventions fiscales (revenus étrangers, crédits d’impôt),

– payer ses impôts en ligne.

Pour un expatrié, l’un des points critiques est de signaler correctement ses revenus étrangers, notamment en début et fin de séjour, afin de ne pas être imposé deux fois sur une même période.

Stratégies de base pour les expatriés : quelques pistes dans le cadre finlandais

La Finlande n’est pas un paradis fiscal. Mais le système, bien que lourd, offre aussi des règles relativement claires, peu de surprises « exotiques » et une administration plutôt accessible. Quelques bonnes pratiques ressortent pour les expatriés :

Astuce :

Pour une imposition optimale en Finlande, il est crucial de clarifier très tôt son statut de résidence fiscale, surtout pour les citoyens finlandais de retour au pays ou ceux éligibles à une convention internationale. Pour les missions de courte durée, comparez l’impact du régime non-résident à 35 % avec l’option pour l’imposition progressive, souvent plus avantageuse pour les revenus modestes ou moyens. Les profils à haut revenu et forte expertise doivent évaluer le régime des experts étrangers à taux forfaitaire, malgré l’absence de déductions. Anticipez la fiscalité immobilière (taxe de transfert, foncière, plus-values, loyers) avant tout achat, particulièrement si vous êtes non-résident ou prévoyez un départ. Exploitez pleinement les déductions réservées aux résidents (frais professionnels, trajets, services à la personne, dépenses liées à un logement locatif) pour réduire l’impôt. Enfin, vérifiez et corrigez chaque année la déclaration préremplie, notamment pour les revenus étrangers et les informations immobilières, afin d’éviter redressements, pénalités et intérêts élevés.

Conclusion

La fiscalité finlandaise, vue de l’étranger, peut paraître intimidante : barèmes progressifs, superposition d’impôts nationaux et locaux, traitement distinct des revenus d’activité et du capital, sans oublier une taxe foncière annuelle et une taxe de transfert à l’achat immobilier. Pour un expatrié, l’enjeu n’est pas seulement de connaître les taux, mais de comprendre comment son statut de résident ou non-résident, ses projets immobiliers, ses liens avec son pays d’origine et les conventions fiscales applicables interagissent dans ce paysage.

Bon à savoir :

Le système fiscal finlandais se distingue par sa grande transparence et ses services en ligne efficaces comme MyTax. Des régimes spécifiques existent pour les experts étrangers. En prenant le temps de comprendre ces mécanismes ou en se faisant accompagner, un expatrié peut optimiser sa situation, notamment pour l’impôt sur le revenu et la taxe foncière, et éviter les pièges.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, disposant de plus d’un million d’euros de patrimoine financier bien structuré en Europe, souhaite transférer sa résidence fiscale en Finlande pour optimiser sa fiscalité, diversifier ses investissements et conserver un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après étude de plusieurs destinations (Portugal, Grèce, Chypre, pays nordiques), la stratégie retenue vise la Finlande pour la stabilité juridique et fiscale, la protection forte des investisseurs, une administration efficace et transparente, et un niveau de services publics élevé (santé, éducation, infrastructures). La mission comprend : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, reports d’imposition), obtention de la résidence via installation réelle et durable (logement, enregistrement local), coordination couverture santé (CPAM/Kela), transfert de résidence bancaire, plan de rupture maîtrisée des liens fiscaux français (183 jours, centre d’intérêts économiques), intégration dans un réseau local (avocat, fiscaliste, francophones) et restructuration patrimoniale internationale. Ce dispositif permet de bénéficier d’une expatriation optimisée tout en maîtrisant les risques (contrôles français, double imposition via la convention FR‑FI, choc culturel et climatique).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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