S’expatrier en Finlande avec son chien, son chat ou même son furet, ce n’est pas seulement réserver un billet d’avion. Entre réglementation européenne, exigences sanitaires très strictes, climat extrême et particularités du quotidien, le projet se prépare plusieurs mois à l’avance. À la clé, un pays où les animaux de compagnie sont largement considérés comme des membres de la famille, où l’offre de services est de qualité… mais où la rigueur administrative ne laisse aucune place à l’improvisation.
Cet article fournit un guide complet et pratique pour organiser le départ et l’installation en Finlande avec son animal de compagnie, en couvrant toutes les étapes essentielles.
Comprendre le cadre général : la Finlande, pays très protecteur envers les animaux
La Finlande s’appuie sur un cadre légal moderne pour la protection des animaux. La loi sur le bien‑être animal (Animal Welfare Act) vise explicitement à protéger les animaux de la douleur et de la souffrance, à garantir le respect de leurs besoins fondamentaux et à reconnaître leur valeur intrinsèque. Les animaux de compagnie y vivent majoritairement à l’intérieur et sont largement perçus comme des membres de la famille.
En pratique, cela se traduit par plusieurs principes importants pour les nouveaux arrivants :
Les animaux doivent pouvoir exprimer les comportements naturels de leur espèce (ex: sorties pour un chien, vol pour un oiseau). Un animal malade doit être soigné ou, en cas de souffrance incurable, être euthanasié par un professionnel. Le maintien en cage ou caisse de transport doit rester temporaire, uniquement pour le transport ou pour raison médicale.
Presque un tiers des foyers finlandais possède au moins un animal de compagnie, principalement des chiens, des chats et des lapins. Mais cette popularité va de pair avec des exigences fortes en matière de responsabilité. Par exemple, tous les chiens vivant en Finlande doivent être inscrits dans un registre national ; un enfant de moins de 16 ans ne peut pas être légalement l’unique responsable d’un chien ; et la loi impose qu’on vérifie quotidiennement l’état de bien‑être de son animal, y compris pour des poissons d’aquarium.
Autorités compétentes : qui fait quoi ?
Pour tout ce qui touche à l’importation et aux déplacements internationaux, deux acteurs sont centraux :
L’importation d’un animal de compagnie en Finlande implique deux autorités principales. Le Finnish Food Authority (Ruokavirasto) est responsable de l’élaboration et de la mise à jour des règles sanitaires et administratives d’entrée, en fonction de l’évolution épidémiologique. Le Finnish Customs (Tulli) effectue les contrôles aux frontières, vérifie la conformité des documents et a le pouvoir de refuser l’entrée, d’ordonner le renvoi de l’animal ou, en ultime recours, de prescrire son euthanasie si les conditions ne sont pas satisfaites.
Des organismes spécialisés comme SEY Animal Welfare Finland peuvent aussi fournir des conseils en protection animale, mais pour la réglementation d’entrée proprement dite, c’est bien vers Ruokavirasto et Tulli qu’il faut se tourner.
Avant de partir : les obligations sanitaires et administratives
Les règles finlandaises s’imbriquent avec la réglementation européenne sur les mouvements non commerciaux de chiens, chats et furets. Le principe général : permettre aux particuliers de voyager avec leurs animaux, à condition de ne pas mettre en danger le statut sanitaire du pays, que ce soit pour la rage ou pour certains parasites.
Identifier correctement son animal : le microchip est incontournable
La Finlande impose un marquage par micro‑puce électronique conforme à la norme ISO 11784/11785, avec un code à 15 chiffres lisible par les lecteurs européens. Les tatouages ne sont plus acceptés que s’ils ont été réalisés avant le 3 juillet 2011 et restent clairement lisibles, avec preuve de la date de tatouage.
Ordre obligatoire :
1. pose de la puce ; 2. vaccination antirabique.
Si le microchip est posé après un vaccin antirabique déjà réalisé, la vaccination devra être recommencée pour être reconnue valide. Il est fortement conseillé de faire vérifier la lisibilité de la puce par un vétérinaire avant le départ.
Vaccination antirabique : âge minimal, délais, rappels
La lutte contre la rage est au cœur des règles d’entrée. Les grandes lignes sont les suivantes :
– vaccination possible à partir de 12 semaines pour chiens, chats et furets ;
– après une primo‑vaccination, délai de 21 jours minimum avant d’entrer en Finlande depuis un pays de l’UE ou un pays tiers « listé » ;
– pour un animal venant d’un pays « non listé » (pays à risque élevé de rage), une prise de sang de titrage d’anticorps antirabiques doit être réalisée au moins 30 jours après la vaccination, dans un laboratoire agréé, puis un délai de 3 mois s’applique à compter de la date de prélèvement.
Tant que les rappels de vaccin sont effectués dans les délais de validité indiqués par le fabricant, le schéma vaccinal initial reste valide et n’a pas besoin d’être recommencé. En revanche, si un rappel est administré en retard, il est considéré comme le début d’une nouvelle primo-vaccination. Cela implique de respecter à nouveau un délai de 21 jours pour la dose suivante, et peut même nécessiter de reprendre la procédure complète avec un titrage d’anticorps, notamment pour les voyages vers des pays non listés par les autorités sanitaires.
Un point crucial pour la Finlande : les très jeunes animaux non encore correctement vaccinés contre la rage ne sont en pratique pas admis. Les chiots ou chatons moins âgés que 12 semaines, ou entre 12 et 16 semaines mais sans immunité pleinement acquise, ne peuvent pas entrer, même avec dérogation, contrairement à ce que tolèrent certains autres pays européens.
Le traitement contre le ténia Echinococcus : une obligation spécifique aux chiens
La Finlande est exempte du ténia Echinococcus multilocularis, responsable d’une grave maladie parasitaire. Pour préserver ce statut, le pays impose un traitement systématique à tous les chiens entrant sur son territoire (chiots compris), sauf exceptions très limitées.
Caractéristiques de cette obligation :
– espèce concernée : uniquement les chiens (les chats ne sont pas soumis à cette exigence) ;
– molécule : médicament vétérinaire contenant du praziquantel ou de l’epsiprantel ;
– délai : administration entre 24 et 120 heures (1 à 5 jours) avant l’arrivée en Finlande ;
– preuve : mention détaillée (date, heure, produit, signature et cachet du vétérinaire) dans le passeport européen ou le certificat sanitaire.
Il existe deux assouplissements :
Aucun traitement n’est exigé si le chien arrive directement de Norvège, d’Irlande ou de Malte. Pour les chiens voyageant fréquemment, le « programme 28 jours » est applicable : deux traitements espacés de maximum 28 jours avant le premier voyage, puis un traitement au moins tous les 28 jours. En respectant cet intervalle sans le dépasser, ce programme remplace le traitement requis 1 à 5 jours avant chaque entrée.
Si le traitement n’est pas conforme, les autorités finlandaises peuvent refuser l’entrée du chien ou exiger des mesures complémentaires.
Documents de voyage : passeport européen ou certificat sanitaire
Les documents exigés dépendent de l’origine de l’animal.
Pour un animal qui vient :
– d’un État membre de l’UE ou de certains pays/territoires associés (comme la Suisse ou la Norvège) :
– un passeport européen pour animal de compagnie ou un passeport de pays tiers au format UE est obligatoire ;
– ce passeport contient l’identification, la vaccination antirabique, les traitements antiparasitaires requis et les coordonnées du propriétaire et du vétérinaire.
– d’un pays tiers non membre de l’UE :
– un certificat zoosanitaire de l’UE (EU Animal Health Certificate), délivré par un vétérinaire officiel de l’État de départ, doit être établi dans les 10 jours précédant l’arrivée dans l’UE ;
– ce certificat permet ensuite de voyager dans l’UE durant 4 mois, ou jusqu’à l’expiration de la vaccination antirabique.
Dans tous les cas, quand le voyage est considéré comme non commercial (l’animal accompagne son propriétaire ou une personne désignée, le déplacement n’est pas lié à une vente et comporte au maximum cinq animaux d’une même espèce), une déclaration de transport non commercial doit être remplie et jointe au passeport ou au certificat.
Règles particulières pour la Russie, la Biélorussie et certains pays à risque
La Finlande ajuste ses conditions selon l’évolution du risque sanitaire. Par exemple :
C’est le délai en mois imposé après un titrage d’anticorps antirabiques pour les animaux venant de pays à haut risque comme la Russie.
Une erreur fréquente des expatriés consiste à quitter la Finlande sans anticiper ce retour : il est souvent plus simple d’effectuer le titrage antirabique en Finlande avant le départ, surtout si l’on prévoit de revenir.
Limites d’âge et interdictions spécifiques
Certaines restrictions peuvent surprendre :
– l’importation de chiots ou chatons de moins de 12 semaines non vaccinés n’est en pratique pas autorisée en Finlande ;
– la limite minimale fixée à 7 mois s’applique pour l’importation en provenance de certains pays non listés, en raison du délai imposé par la vaccination et le titrage ;
– un chiot de moins de 6 mois ne peut pas être importé si l’intention est de le vendre ou le céder à un tiers dans les 4 mois qui suivent l’importation.
Sont par ailleurs interdits à l’importation :
– les chiens hybrides issus de croisements récents avec des loups (et de manière générale les hybrides chien–loup) ;
– les chats hybrides issus de croisements avec des félins sauvages, comme les Bengals ou Savannah trop proches de l’ancêtre sauvage (moins de cinq générations d’écart).
L’importation de colliers électriques ou de dispositifs similaires, considérés comme causant des douleurs inutiles, est également prohibée.
Résumé comparatif de quelques exigences clés
| Élément | Conditions principales pour la Finlande |
|---|---|
| Identification | Micro‑puce ISO 11784/11785 posée avant la vaccination |
| Rage (primo‑vaccin) | À partir de 12 semaines, délai minimum 21 jours avant entrée |
| Rage (pays non listés) | Vaccin + titrage (≥ 0,5 UI/ml) + 3 mois après la prise de sang |
| Âge minimal d’entrée | 15 semaines en pratique pour chiots/chatons vaccinés |
| Ténia Echinococcus (chiens) | Traitement praziquantel/epsiprantel 1–5 jours avant entrée (sauf exemptions) |
| Document de voyage (UE) | Passeport européen ou passeport pays tiers au format UE |
| Document de voyage (hors UE) | Certificat sanitaire de l’UE, délivré ≤ 10 jours avant l’arrivée |
| Nombre maximal d’animaux | 5 en transport non commercial (hors dérogation compétition/expo) |
Passage de la frontière : points d’entrée et contrôles
Les animaux de compagnie venant d’un autre État membre de l’UE ou de Norvège peuvent franchir la frontière sans formalité douanière particulière, mais restent soumis à des contrôles aléatoires. Il faut donc toujours avoir les documents à portée de main.
En provenance d’un pays tiers non européen, l’arrivée doit se faire par un point d’entrée autorisé, où l’animal et ses papiers sont présentés à la douane :
La Finlande est accessible par plusieurs moyens de transport. Par avion, via l’aéroport d’Helsinki‑Vantaa. Par la route ou le rail, via des postes frontaliers comme Imatra, Kuusamo, Niirala, Nuijamaa, Raja‑Jooseppi, Salla, Vaalimaa, Vainikkala et Vartius, avec la réserve que plusieurs postes de la frontière orientale peuvent être temporairement fermés. Par la mer ou le canal de Saimaa, via les ports de Helsinki, Hamina, Nuijamaa, Hanko, Inkoo, Kotka, Loviisa, Mariehamn, Porvoo et Turku.
Au contrôle, les agents vérifient l’identité de l’animal (lecture de puce), la validité des vaccins et traitements, la conformité du certificat ou du passeport et la cohérence des dates.
Les conséquences d’une non‑conformité sont lourdes : renvoi immédiat vers le pays de départ, placement en quarantaine dans un autre pays de l’UE si possible, ou euthanasie en dernier recours, aux frais du propriétaire. La Finlande ne disposant pas de propre infrastructure de quarantaine pour les animaux de compagnie, la marge de manœuvre est faible.
Transport vers la Finlande : avion, voiture, train, bateau
Selon l’itinéraire et la taille de l’animal, plusieurs options existent. Les règles finlandaises s’ajoutent aux conditions imposées par les compagnies aériennes, maritimes ou ferroviaires.
Avion : cabine ou soute, mais toujours avec des exigences strictes
La plupart des compagnies acceptant les animaux appliquent des seuils similaires :
– jusqu’à environ 7–8 kg, cage incluse : voyage possible en cabine, sous le siège ;
– au‑delà de ce poids : transport en compartiment bagages ou cargo, dans une caisse agréée IATA.
Les compagnies peuvent limiter le nombre d’animaux par vol, certaines interdire certaines races à museau plat, et beaucoup déconseillent fortement ou refusent la sédation. Le propriétaire doit vérifier les règles de chaque compagnie, surtout en cas de transit dans un autre pays de l’UE où un contrôle des documents peut être effectué avant la correspondance.
Délai en jours pour finaliser les démarches administratives avant un mouvement non commercial d’animaux.
Transport terrestre et maritime
Pour les expatriations depuis un autre pays nordique ou balte, voiture et ferry sont fréquents. Il faut alors combiner :
– les règles finlandaises d’entrée ;
– celles de tous les pays de transit (Suède, Norvège, Estonie, etc.), qui peuvent exiger leurs propres formulaires ou traitements, même si globalement alignés sur les normes européennes.
En Finlande, un animal transporté en voiture doit être attaché dans une caisse ou avec un harnais relié à la ceinture de sécurité, pour sa sécurité et pour ne pas gêner la conduite.
Transport intérieur en Finlande : un pays globalement pet‑friendly
Une fois arrivé, se déplacer avec son animal est relativement simple.
En région capitale :
– les animaux sont autorisés sur tous les moyens de transport HSL (métro, bus, trams, trains de banlieue) sans billet supplémentaire, à condition de ne pas déranger les autres passagers ;
– dans le métro et les trains de banlieue, ils doivent voyager dans les voitures où aucun pictogramme d’interdiction n’est affiché ;
– les petits animaux voyagent de préférence sur les genoux de leur propriétaire, les plus grands au sol, dans l’espace devant les sièges.
Dans les trains longues distances de VR, des wagons spécifiques aux animaux de compagnie existent, plus spacieux et mieux adaptés. La plupart des bus interurbains acceptent les chiens, mais il est recommandé de demander confirmation avant la réservation.
Trouver un logement avec animaux en Finlande : réalité du marché
L’une des grandes difficultés signalées par les expatriés avec chiens ou chats reste le logement à long terme. Sur le marché finlandais :
– de nombreux bailleurs, y compris des agences et logements étudiants, refusent purement les animaux, notamment pour des raisons d’allergies ;
– il est encore plus difficile de louer à distance, sans historique de crédit finlandais ni présence sur place ;
– certains intermédiaires privés ciblant les étrangers existent, mais leurs conditions ne sont pas toujours avantageuses.
Plusieurs stratégies fonctionnent mieux :
Pour faciliter votre recherche d’un logement en Finlande avec un animal de compagnie, commencez par viser une solution temporaire (chambre d’hôte, logement universitaire invité, Airbnb pet‑friendly) pour les premières semaines ou mois. Utilisez les outils locaux comme Oikotie ou les forums de logement universitaires. Faites jouer le réseau de votre institution d’accueil (université, entreprise) et demandez à un collègue finlandais d’aider à la recherche ou de publier l’annonce à votre place. Enfin, rassurez les propriétaires en présentant votre contrat de travail, des références et une attestation de bon comportement de l’animal.
Pour des séjours plus courts ou des vacances, plusieurs plateformes (Airbnb, BringFido, Interhome, etc.) listent des maisons, cottages, appartements et villas acceptant les animaux dans tout le pays, des grandes villes aux zones de lacs et aux stations de ski de Laponie. Il faut bien vérifier, dans chaque annonce, la politique précise vis‑à‑vis des animaux.
Le climat finlandais et l’adaptation des animaux : du grand froid aux nuits blanches
Arriver en Finlande, c’est exposer son animal à un climat très différent de celui de nombreux pays d’origine, surtout si l’on vient de régions plus chaudes. Le pays connaît quatre saisons marquées et des écarts importants entre le sud côtier et la Laponie.
Hiver : longue période froide, neige et obscurité
L’hiver est la saison dominante, de novembre à mars. Les températures moyennes varient entre −14 °C et −3 °C, mais peuvent descendre beaucoup plus bas : jusqu’à −45 °C voire −50 °C en Laponie et dans l’est, et autour de −25 °C à −35 °C sur les côtes. La neige tient au sol plusieurs mois, avec des hauteurs moyennes de 60 à 90 cm dans le nord et l’est, et de 20 à 30 cm dans le sud‑ouest.
Au‑delà du froid, l’obscurité est un facteur clé :
– dans le nord, au‑delà du cercle polaire, la nuit polaire dure jusqu’à 51 jours, la période où le soleil ne se lève pas ;
– même dans le sud, la journée la plus courte ne dure que six heures.
Pour les chiens, cela signifie des promenades souvent dans la pénombre, sur neige ou glace. Des expériences relatées montrent que même des chiens venant de climats chauds s’adaptent généralement bien, surtout s’ils arrivent au printemps ou en été et affrontent leur premier hiver progressivement.
Un chiot né en Finlande en décembre refusait d’uriner dehors par une température de -28 °C, mais s’est habitué en quelques jours. Au dégel, le même chiot a eu des difficultés à retrouver ses repères sans neige, illustrant la capacité des animaux à ajuster rapidement leurs comportements en fonction de leur environnement.
Printemps, été, automne : variations rapides et nouveaux défis
Le printemps débute lorsque la température moyenne quotidienne passe de 0 °C à 10 °C, soit en avril dans le sud‑ouest, en mai en Laponie. La neige fond alors en deux à trois semaines dans les espaces ouverts, un peu plus tard en forêt.
L’été se définit par une moyenne au‑dessus de 10 °C. Il commence vers fin mai dans le sud et environ un mois plus tard plus au nord. Les températures moyennes vont de 13 à 17 °C, mais des pics à 30–35 °C sont possibles à l’intérieur des terres. Au nord du cercle polaire, le soleil ne se couche pas pendant plusieurs semaines (« journées polaires ») et dans le reste du pays, les nuits d’été restent très claires.
L’automne commence lorsque la température moyenne passe sous les 10 °C. La saison de croissance végétale se termine quant à elle quand la température quotidienne descend sous les 5 °C, ce qui se produit entre fin septembre et début novembre selon les régions. Les premières chutes de neige surviennent en septembre dans le nord du pays et en octobre dans les autres régions.
Pour les animaux, l’été apporte d’autres contraintes :
– chaleur pour les races à poils épais ou à nez court ;
– moustiques très présents, en particulier dans les zones de lacs et de forêts ;
– activité accrue de la faune sauvage (élans avec petits, serpents, tiques).
Comment les chiens s’adaptent-ils au climat finlandais ?
Les retours d’expérience montrent une grande capacité d’adaptation, avec des nuances selon le type de chien.
Quelques exemples :
Une chienne à poil ras et dense supporte bien le froid et adore la neige, mais souffre de la chaleur, nécessitant une veste rafraîchissante. Un chien âgé aime l’hiver mais voit de la glace se former entre ses doigts, un baume protecteur pour coussinets est alors utile. Une chienne grecque au poil court déteste le froid et la pluie, elle a besoin de vêtements doublés en hiver mais apprécie l’été et la chaleur du sauna, tout en détestant l’eau. Certains chiens importés d’Europe du Sud se sont bien acclimatés à la Finlande avec simplement des vêtements adaptés en hiver.
À l’inverse, des chiens nordiques habitués au froid ont parfois du mal à supporter la chaleur humide d’autres pays. Un chien finlandais parti sur la côte est des États‑Unis s’est bien adapté grâce à des promenades aux heures fraîches.
Adapter le quotidien aux saisons
Pour un expatrié avec chien, quelques ajustements pratiques s’imposent :
– en hiver, privilégier les balades autour de midi pour profiter des quelques heures de lumière ;
– surveiller régulièrement les pattes pour détecter la formation de glace entre les doigts, et utiliser une cire protectrice si besoin ;
– équiper les chiens peu tolérants au froid avec des manteaux, pulls ou combinaisons intégrales, sans culpabilité : attendre d’un chien à poil ras qu’il s’adapte à −20 °C sans aide revient à espérer qu’une chemise se transforme en pull de laine ;
– en été, éviter les sorties en plein midi pour les chiens sensibles à la chaleur, chercher l’ombre, utiliser des gilets rafraîchissants ;
– dans les zones boisées en été, rester attentif aux élans avec petits, aux serpents et aux tiques, et privilégier d’autres activités (natation, canoë, camping) quand les sentiers sont trop fréquentés par la faune ;
– au printemps et en été, se préparer psychologiquement aux moustiques, qui dérangent autant les animaux que les humains.
Vie quotidienne et législation : ce qui change avec un animal en Finlande
Une fois installé, le propriétaire d’un animal doit se familiariser avec un ensemble de règles de conduite très structurées, notamment pour les chiens.
Règles de laisse et lieux interdits
En Finlande, il existe une obligation générale de tenir les chiens en laisse dans les zones bâties (taajama), définie par la loi sur l’ordre public. Concrètement, en ville :
– le chien est en laisse dans la rue, les parcs publics, les zones résidentielles ;
– il ne peut être laissé libre qu’à l’intérieur d’un jardin privé clôturé ou dans un parc à chiens fermé.
En dehors des zones bâties, la situation varie selon la période :
– du 1er mars au 19 août, période de reproduction de la faune sauvage, la loi sur la chasse impose la laisse partout, y compris en forêt, pour éviter que les chiens ne perturbent les animaux sauvages ;
– en dehors de cette période, les chiens peuvent être lâchés en pleine nature uniquement avec l’accord du propriétaire du terrain, et en restant sous contrôle.
Certains espaces sont explicitement interdits aux chiens :
– plages publiques, aires de jeux pour enfants, terrains de sport, marchés en activité, pistes de ski entretenues.
Les propriétaires d’animaux sont légalement tenus de ramasser les déjections de leurs animaux dans toutes les zones urbaines entretenues.
Chiens, nuisances sonores et responsabilité civile
La personne qui tient le chien en laisse (et pas seulement le propriétaire légal) est responsable de tous les dommages causés, qu’il s’agisse de morsures, détériorations de biens ou accidents de circulation. Les aboiements excessifs, surtout entre 22 h et 7 h, peuvent être considérés comme une nuisance et donner lieu à des plaintes du voisinage.
En zone de pâturage de rennes, très fréquente dans le nord, les règles sont encore plus strictes : un chien non maîtrisé peut épuiser ou blesser des rennes, notamment les jeunes, et engager la responsabilité de son propriétaire.
Les chiens guides et d’assistance disposent de droits d’accès étendus : ils peuvent entrer dans les bâtiments publics, centres de visiteurs, abris, même lorsque les autres chiens sont interdits.
Interdictions en matière d’équipement et de mutilations
La loi finlandaise interdit plusieurs pratiques encore tolérées dans certains pays :
– colliers électriques, colliers anti‑aboiements à choc, clôtures invisibles basées sur des décharges ;
– caudectomie (coupe de la queue), coupe des oreilles, piercings et tatouages cosmétiques.
Les chiens ayant subi des modifications interdites (comme la coupe de la queue ou des oreilles) à l’étranger ne sont pas interdits d’entrée en Finlande. Cependant, ils sont strictement exclus de toute participation aux expositions canines, concours ou épreuves de travail sur le territoire finlandais, et ce, quelle que soit la date ou le lieu où l’intervention a été pratiquée.
Enregistrement et élevage
Tous les chiens vivant en Finlande doivent être enregistrés dans un registre national. L’élevage et la détention à grande échelle sont étroitement encadrés : pension, élevage produisant plusieurs portées par an ou détention de 7 chiens ou plus sur une longue période doivent être déclarés à l’Agence administrative régionale.
Les obligations en matière de reproduction vont loin :
– les chiens utilisés pour la reproduction doivent être capables de se reproduire naturellement sans risque excessif pour eux ou leur descendance ;
– une chienne qui ne peut mettre bas sans aide chirurgicale en raison de sa conformation ne doit plus être utilisée pour l’élevage ;
– les vétérinaires ont l’obligation de signaler au registre canin les défauts ou maladies rendant l’animal inapte à la reproduction.
Espaces et activités pour les animaux : un pays de parcs à chiens et de plages canines
Malgré ce cadre strict, la Finlande offre de nombreux espaces dédiés aux chiens et à leurs propriétaires.
Parcs à chiens et forêts canines
Rien qu’à Helsinki, on compte près d’une centaine de parcs à chiens officiels, la plupart clôturés, et beaucoup avec une séparation entre petites et grandes races. Certaines installations se trouvent à proximité d’infrastructures importantes, comme un parc à chiens près du centre de congrès Messukeskus.
À côté des parcs fermés, il existe des forêts canines non clôturées, comme celle d’Östersundom (environ 50 ha), où les chiens peuvent évoluer plus librement dans la nature. Les propriétaires doivent néanmoins garder le contrôle de leur animal et respecter les règles environnementales : pas de déchets, mais les crottes peuvent être laissées sur place.
Des sites web spécialisés, comme Koirapuistot.fi, recensent ces parcs et donnent des informations pratiques.
Plages pour chiens et îles dédiées
Toujours à Helsinki, plusieurs plages pour chiens officielles existent, notamment à Lauttasaari (Veijarivuori), Rajasaari, Tervasaari et Tuorinniemi à Herttoniemenranta. D’autres villes ont leurs propres sections de plage réservées, comme à Ruissalo (Turku) ou sur la plage de Nallikari (Oulu).
Certaines îles proches de la capitale sont quasiment dédiées aux chiens : Rajasaari et « Koirasaari » proposent sentiers, plages, possibilités de baignade et de jeux. Les propriétaires doivent cependant garder en tête que la qualité de l’eau n’est pas surveillée spécifiquement pour les chiens, et que la baignade est à éviter en présence d’algues bleu‑vert.
Les grandes villes finlandaises, en particulier Helsinki, comptent de nombreux cafés et restaurants acceptant les chiens, surtout dans des quartiers comme Kallio, Punavuori ou Ullanlinna. Certains établissements proposent des gamelles d’eau, des friandises, voire des tables spécifiquement aménagées pour les clients accompagnés.
Des initiatives originales voient le jour :
– « cafés animaux » thématiques dans des maisons de jeunes, où chiens, chats ou petits rongeurs sont les bienvenus pour sociabilisation ;
– itinéraires urbains conçus pour les chiens, comme un parcours piéton ludique reliant un café connu à un grand parc à chiens ;
– cours de Pilates adaptés aux duos maître‑chien ;
– programmes de « chiens de lecture » dans les bibliothèques, où des chiens calmes aident les enfants à lire à voix haute dans un environnement rassurant.
En Laponie, les randonnées en traîneau à chiens sont très populaires. En revanche, l’utilisation commerciale de chiens sur les itinéraires entretenus nécessite des autorisations spécifiques.
Santé, vétérinaires et assurance : anticiper les coûts et la prévention
Le niveau des soins vétérinaires en Finlande est élevé, mais les tarifs peuvent surprendre ceux qui viennent de pays où la médecine animale est moins chère. D’où l’intérêt de souscrire une assurance santé pour animaux peu après son installation.
Accès aux soins vétérinaires
Les animaux doivent être examinés régulièrement, au moins une fois par an. Le carnet de santé est tenu à jour, avec les rappels de vaccins recommandés par le Finnish Food Authority. Pour voyager au sein de l’UE, l’animal doit disposer de son passeport à jour.
Le pays compte des cliniques privées et des structures universitaires, dont l’hôpital vétérinaire d’enseignement de Viikki, ouvert 24 h/24 pour les urgences. En cas de symptômes inquiétants (perte d’appétit, vomissements, diarrhée prolongée, boiterie, changement brutal de comportement, démangeaisons persistantes, amaigrissement…), il est recommandé de consulter rapidement.
Les soins incluent :
Notre clinique propose une gamme complète de services pour la santé et le bien-être de votre animal, du diagnostic aux soins les plus avancés.
Examens cliniques, analyses sanguines et imagerie médicale (radiographie, échographie) pour établir un bilan de santé précis.
Mise en œuvre de traitements médicaux adaptés et réalisation d’interventions chirurgicales si nécessaire.
Euthanasie réalisée avec compassion lorsque nécessaire, avec différentes options pour la prise en charge du corps.
Crémation individuelle ou collective, don à la science, inhumation personnelle (si la réglementation le permet) ou autopsie.
Assurance pour animaux : un outil quasi indispensable
Plusieurs assureurs finlandais proposent des assurances pour chiens et chats couvrant :
– les frais vétérinaires (examens, traitements, médicaments, chirurgie, imagerie, parfois soins dentaires en cas d’accident) ;
– la responsabilité civile si le chien cause des dommages à des tiers ;
– une garantie « décès / perte » en cas de mort subite, d’euthanasie médicalement justifiée ou de vol/disparition.
Les couvertures sont modulables. À titre indicatif :
| Type de garantie | Contenu typique en Finlande |
|---|---|
| Frais vétérinaires | Examens, traitements, médicaments, imagerie, parfois soins dentaires |
| Plafond annuel | Plusieurs niveaux (par ex. 1 000, 2 000, 3 000, 4 000 €) |
| Franchise | Montant fixe (ex. 70–150 €) + pourcentage (ex. 30–40 %) |
| Responsabilité civile | Couverture jusqu’à ~ 85 000 € par sinistre |
| Couverture « vie » | Indemnité en cas de décès/vol, montant dépendant du pedigree/mixité |
| Rééducation | Prise en charge de la physio/ostéo/acupuncture ordonnée par le vétérinaire |
| Disparition/vol | Remboursement de frais de recherche dans une certaine limite (ex. 200 €) |
La plupart des contrats prévoient : les obligations des parties, les modalités d’exécution, les délais, les conditions de résiliation, et les conséquences en cas de non-respect.
Les contrats d’assurance santé pour animaux comportent souvent des délais de carence (ex: 14 jours pour les maladies, 48h pour les accidents), excluent les conditions préexistantes, et réduisent progressivement les plafonds de remboursement à partir d’un certain âge (ex: 7 ans). Sont aussi fréquemment exclus les frais de prévention (vaccins, antipuces), les aliments thérapeutiques, certaines maladies congénitales, la stérilisation de convenance, et les complications liées à une pathologie déjà exclue.
Certaines assurances incluent des consultations vétérinaires à distance via des services en ligne, parfois illimitées ou avec un quota annuel, disponibles sur de larges amplitudes horaires.
Périmètre géographique de validité
Les assurances finlandaises couvrent généralement :
– l’ensemble de la Finlande ;
– temporairement les pays nordiques voisins, l’Union européenne, la Suisse et le Royaume‑Uni, souvent pour une durée maximale de 12 mois en continu.
Pour un expatrié qui prévoit de voyager avec son animal en Europe, vérifier cette dimension est intéressant : en cas d’accident sur la route des vacances, l’assurance peut prendre en charge une grande partie des coûts.
Autres animaux que chiens et chats : oiseaux, petits mammifères, reptiles
La Finlande applique aussi des règles strictes pour les autres espèces :
Pour voyager avec vos animaux, des règles spécifiques s’appliquent selon l’espèce. Les oiseaux (max. 5) doivent être identifiés, résider depuis 30 jours dans le pays d’export, être sains, accompagnés d’un certificat sanitaire et peuvent nécessiter des exigences supplémentaires (USA/Canada) ou une autorisation CITES. Les rongeurs et lapins (max. 5) requièrent un certificat vétérinaire récent et une notification si provenance hors UE. Les reptiles, amphibiens et poissons ne sont pas soumis aux règles antirabiques mais peuvent exiger d’autres certificats sanitaires.
Là encore, la clé est de consulter les instructions de la Finnish Food Authority pour chaque espèce, en tenant compte du pays de départ.
En cas de problème : signalements, aide et recours
La Finlande prend très au sérieux la maltraitance animale. Tout cas suspect (animal battu, attaché de manière dangereuse, abandonné dans un véhicule en plein soleil…) doit être signalé :
En cas de suspicion ou de constat de maltraitance envers un animal, plusieurs autorités peuvent être contactées pour intervenir.
Contactez le vétérinaire contrôleur ou l’autorité de protection animale de votre région pour un signalement et une enquête.
Appelez la police directement si la situation présente un danger immédiat et vital pour l’animal.
Composez le 112 si une intervention immédiate des services de secours est nécessaire.
Des associations comme SEY Animal Welfare Finland ou des refuges locaux offrent également des canaux d’écoute, de conseil et de signalement.
En matière d’assurance, si un litige survient avec un assureur, il est possible de saisir des organismes de médiation spécialisés (comme le Bureau finlandais des assurances ou la commission des litiges de consommation), qui peuvent émettre des avis et recommandations.
Se préparer sereinement : planifier sur plusieurs mois
Au regard de la complexité des démarches et de la sévérité des sanctions en cas de non‑conformité, il est prudent de démarrer la préparation au moins quatre mois avant le départ, plus tôt encore si l’on vient d’un pays classé « non listé » pour la rage.
Un rétro‑planning réaliste inclut :
Un guide des démarches essentielles à effectuer avant de s’installer en Finlande avec son chien ou son chat.
Vérification de la micro‑puce (norme ISO, lisibilité) et mise à jour de la vaccination antirabique dans les délais, avec rappels si nécessaire.
Obtention du passeport européen ou du certificat sanitaire, authentifié par les autorités vétérinaires du pays de départ. Préparation du titrage antirabique si nécessaire.
Programmation du traitement contre Echinococcus pour les chiens, obligatoire pour entrer en Finlande.
Réservation des billets auprès de compagnies acceptant les animaux, en tenant compte des escales et des exigences des pays de transit.
Recherche d’un logement adapté aux animaux et anticipation des difficultés d’accès au parc locatif.
Prise de contact avec une clinique vétérinaire en Finlande et réflexion sur l’opportunité d’une assurance santé pour l’animal.
En parallèle, il est utile de se renseigner sur les spécificités de la vie quotidienne : obligations de laisse, parcs à chiens proches, plages canines, transports publics pet‑friendly, conditions climatiques locales et besoins vestimentaires éventuels pour l’animal.
Une préparation rigoureuse est essentielle pour expatrier son animal en Finlande. Le système est très structuré, exigeant le strict respect des vaccins, traitements et dates. En contrepartie, le pays offre une qualité de vie élevée pour les animaux, avec de l’air pur, un accès à la nature, des infrastructures dédiées et une culture respectueuse de leur bien-être.
Un futur retraité de 62 ans, disposant de plus d’un million d’euros de patrimoine financier structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour réduire durablement sa pression fiscale, diversifier ses investissements et conserver un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 € pour un accompagnement complet (conseil fiscal, démarches administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après étude de plusieurs destinations (Portugal, Grèce, Chypre, Estonie), la stratégie retenue a consisté à cibler la Finlande pour sa stabilité juridique et fiscale, la qualité de ses services publics et son environnement économique très sécurisé, tout en restant dans l’UE. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, reports), obtention de la résidence de longue durée avec achat de résidence principale, coordination avec Kela et CPAM, transfert de la résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, immigration, banque privée) et intégration patrimoniale globale.
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