Poursuivre des études supérieures à l’étranger en Finlande : mode d’emploi complet

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Choisir de poursuivre des études supérieures à l’étranger en Finlande, c’est miser sur un pays qui cumule plusieurs atouts rares : un système universitaire classé parmi les meilleurs du monde, une société parmi les plus sûres et les plus heureuses, une culture de l’égalité et de la confiance, mais aussi des perspectives professionnelles réelles après le diplôme. Derrière cette image de carte postale, il y a toutefois des réalités très concrètes à anticiper : coûts de la vie, frais de scolarité, procédures de visa, logement, climat, travail étudiant, langue finnoise…

Bon à savoir :

Cet article fournit un guide complet et réaliste pour préparer un projet d’études supérieures en Finlande. Il s’appuie sur des données chiffrées et des informations officielles pour structurer votre démarche, tout en mettant en lumière les opportunités spécifiques offertes par ce pays nordique.

Pourquoi viser des études supérieures en Finlande ?

La Finlande est aujourd’hui considérée comme l’une des meilleures destinations européennes pour étudier à l’étranger. Sa réputation ne repose pas que sur des slogans : elle est régulièrement désignée comme le « pays le plus heureux du monde » dans le World Happiness Report, figure dans le top 10 de l’indice mondial de paix avec un score d’environ 1,42, et se classe parmi les économies les plus innovantes de la planète, ainsi que première au rapport sur le développement durable de l’ONU.

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Score moyen des élèves finlandais dans les évaluations PISA, se situant systématiquement au-dessus de la moyenne de l’OCDE.

La qualité est encadrée par un organisme indépendant, le Finnish Education Evaluation Centre (FINEEC), qui audite les établissements. Les campus sont modernes, les bibliothèques gratuites, les communautés étudiantes inclusives, et la pédagogie valorise l’autonomie, la pensée critique et les projets concrets en lien avec les entreprises.

Exemple :

Les étudiants internationaux en Finlande rapportent une culture universitaire peu hiérarchique, avec le tutoiement des professeurs, des cours favorisant le débat et des travaux sur des enjeux contemporains comme la société numérique ou la durabilité. Ils soulignent également la qualité des services publics, un environnement naturel exceptionnel (forêts, lacs, aurores boréales) et un équilibre vie professionnelle/personnelle perçu comme un choc positif.

Universités, UAS et grands domaines d’études

Le système finlandais distingue deux grands types d’établissements, complémentaires plutôt que concurrents. Les universités classiques sont orientées vers la recherche et offrent des parcours de licence, master et doctorat. Les universités de sciences appliquées (UAS), elles, privilégient des approches plus professionnalisantes, avec beaucoup de projets concrets, de stages et de liens avec les entreprises.

Bon à savoir :

Un master universitaire dure généralement deux ans (120 crédits ECTS). Un master en Haute École Spécialisée (UAS) peut durer de un à un an et demi, mais exige presque toujours une expérience professionnelle préalable de deux ans dans le domaine. Dans les deux cas, l’année académique s’étend d’août/septembre à mai/juin, organisée en semestres ou périodes modulaires.

Les grandes universités finlandaises, souvent bien classées dans les rankings internationaux, incluent notamment le University of Helsinki, Aalto University, University of Turku, Tampere University, University of Oulu, University of Eastern Finland, Lappeenranta-Lahti University of Technology (LUT), ou encore les écoles de commerce comme Hanken School of Economics. Dans les classements QS récents, plusieurs figurent dans le top 400 mondial, avec par exemple Aalto autour de la 114e place et Helsinki près de la 116e.

Attention :

La Finlande propose une offre de formation très vaste, couvrant des domaines variés allant des sciences naturelles aux arts, et mise particulièrement sur des programmes pluridisciplinaires axés sur des enjeux contemporains comme la durabilité, la santé ou les politiques sociales.

Pour les étudiants francophones, l’attrait majeur réside souvent dans l’offre anglophone. On recense entre 400 et 450 programmes internationaux dispensés en anglais, dont une grande majorité au niveau master. C’est sur ces cursus que se concentrent les candidatures d’étudiants extra‑européens.

Frais de scolarité, bourses et doctorat gratuit

L’un des grands avantages du système finlandais reste la gratuité pour les citoyens de l’Union européenne, de l’Espace économique européen et de la Suisse dans les universités publiques, y compris pour les programmes en anglais. En revanche, les étudiants venant de pays tiers doivent s’acquitter de frais de scolarité pour les licences et masters enseignés en anglais.

Les montants varient selon l’établissement et le programme. On peut les synthétiser ainsi :

Type d’étudiant / programmeFrais de scolarité annuels typiques
Étudiants UE/EEE dans les universités publiques0 € (programmes publics)
Non‑UE/EEE, licence/master en anglais – fourchette globale4 000 – 20 000 €
Fourchettes fréquentes citées6 000 – 18 000 € ou 8 000 – 20 000 €
Programmes de doctorat (toutes nationalités)0 € de frais de scolarité

Plusieurs universités donnent des exemples précis : Aalto facture entre 15 000 et 17 000 € par an, Helsinki entre 13 000 et 18 000 €, Oulu entre 10 000 et 13 000 €, Turku entre 8 000 et 12 000 €, Tampere entre 6 000 et 12 000 €, Jyväskylä et Eastern Finland autour de 8 000 à 12 000 €, Åbo Akademi entre 10 000 et 12 000 €, LUT environ 13 500 €, et une UAS comme Centria affiche autour de 9 500 à 10 000 €.

Frais de scolarité pour les étudiants non-UE/EEE

Exemples de coûts annuels pour les étudiants internationaux hors Union Européenne et Espace Économique Européen

Licence (Bachelor)

Frais annuels typiques pour un programme de premier cycle, variant selon l’université et la filière.

Master

Coûts annuels pour un programme de deuxième cycle, généralement supérieurs à ceux de la licence.

Doctorat

Frais pour un programme doctoral, pouvant inclure des droits d’inscription spécifiques.

Université / UASFourchette indicative (€/an)
Aalto University15 000 – 17 000
University of Helsinki13 000 – 18 000
University of Oulu10 000 – 13 000
University of Turku8 000 – 12 000
Tampere University6 000 – 12 000
LUT University≈ 13 500
Centria University of Applied Sciences9 500 – 10 000

Face à ces montants, les bourses jouent un rôle crucial. La plupart des universités ont mis en place leurs propres dispositifs pour attirer de bons profils internationaux. On trouve ainsi des exonérations partielles (50 %, 75 %) ou totales de frais, parfois assorties d’une allocation mensuelle pour couvrir une partie du coût de la vie. Les critères portent généralement sur l’excellence académique, parfois sur la maîtrise du finnois ou sur la progression des études pendant le cursus.

Parallèlement, un dispositif national baptisé « Finland Scholarships » vise les meilleurs candidats non‑UE/EEE au niveau master dans les 13 universités. Il peut inclure une exonération complète des frais et une bourse de subsistance.

Bon à savoir :

Outre les bourses d’établissement, des fondations nationales comme EDUFI Fellowships, le Finland Government Scholarship Pool, ou les fondations KAUTE et culturelle finlandaise, proposent des financements. Les montants pour jeunes chercheurs varient généralement entre 1 500 et 2 800 € par mois, faisant souvent du doctorat un contrat de recherche rémunéré plutôt qu’un simple statut étudiant.

Un point stratégique pour un projet d’études supérieures en Finlande est donc d’anticiper très tôt la recherche de financements, en ciblant à la fois les bourses de l’université d’accueil et les programmes externes (UE, fondations, organismes de son pays d’origine). Pour les masters payants, les concours de bourses sont compétitifs et les taux de sélection peuvent être relativement faibles, de l’ordre de 5 à 12 %, ce qui plaide pour des dossiers solides et une diversification des candidatures.

Coût de la vie : bâtir un budget réaliste

Même avec une bourse de scolarité, le coût de la vie en Finlande reste un enjeu majeur. Les autorités finlandaises l’évaluent pour un étudiant seul entre 700 et 1 300 € par mois selon la ville et le style de vie. De nombreuses sources convergent sur une fourchette plus centrée entre 900 et 1 200 €. L’immigration finlandaise (Migri) fixe officiellement un minimum de 800 € par mois de ressources pour délivrer un permis de séjour étudiant, mais il est recommandé de viser au moins 900 à 1 000 € pour être plus à l’aise.

Le tableau suivant permet de se faire une idée des grands postes mensuels :

Poste de dépenseFourchette mensuelle indicative
Logement (chambre étudiante ou colocation)200 – 600 €
Studio ou petit appartement400 – 1 000 €
Nourriture et courses200 – 300 € (jusqu’à 400 €)
Transports publics (abonnement étudiant)30 – 70 €
Santé (assurance privée + FSHS)20 – 50 € (assurance) + ~6 €/mois (FSHS)
Téléphone / Internet20 – 30 € (mobile) + 15 – 34 € (internet domicile, parfois inclus)
Électricité / autres charges100 – 150 €
Loisirs, vêtements, imprévus80 – 150 €

En pratique, un budget mensuel d’environ 900 à 1 100 € est souvent cité comme un bon ordre de grandeur pour un étudiant seul vivant de manière raisonnable, hors villes les plus chères.

Astuce :

Il est crucial de prévoir un budget plus élevé pour le premier mois, incluant le dépôt de garantie du logement, l’achat potentiel de meubles ou d’équipements de base, ainsi que des vêtements adaptés au climat local. Ces frais de démarrage sont estimés à un minimum de 800–900 €, en excluant le prix du billet d’avion.

Sur l’ensemble de la première année, en additionnant frais de scolarité (le cas échéant), coût de la vie et dépenses initiales (visa, billets, installation, vêtements d’hiver…), on obtient une fourchette large allant d’environ 9 800 à plus de 31 000 € pour une personne seule, selon la ville, le type de programme et le niveau de vie. Cette amplitude montre l’importance de planifier en détail et de ne pas compter uniquement sur un job étudiant hypothétique.

Logement étudiant : fondations, loyers et réalités locales

La Finlande ne dispose pas, à proprement parler, de « campus universitaires » au sens anglo‑saxon, avec des dortoirs gérés directement par les universités. Le logement étudiant est pris en charge par des fondations ou sociétés à but non lucratif présentes dans la plupart des villes universitaires. On peut citer, entre autres, HOAS dans la région d’Helsinki, TOAS à Tampere, LOAS à Lappeenranta, TYS à Turku, Soihtu/JYY à Jyväskylä ou encore Elli à Joensuu.

Astuce :

Ces organismes proposent des chambres en colocation, des studios et des appartements familiaux. La plupart du temps, les chambres individuelles se trouvent dans des appartements partagés où cuisine et salle de bain sont communes. Les loyers sont globalement plus abordables que sur le marché privé, avec souvent le chauffage et l’eau inclus, et parfois Internet. En revanche, beaucoup de logements sont non meublés, ce qui oblige à se procurer lit, table, chaise, ustensiles de cuisine, etc. (d’où l’importance des magasins d’occasion, des dons entre étudiants et des plateformes en ligne).

Les ordres de grandeur sont les suivants :

Type de logement étudiantLoyer mensuel typique
Chambre en colocation (fondation étudiante)200 – 380 €
Colocation sur le marché privé300 – 600 €
Studio400 – 1 000 €
Appartement une chambre800 – 1 200 €

La région d’Helsinki et sa banlieue (Espoo, Vantaa) se situent en haut de l’échelle des loyers, tandis que des villes comme Oulu, Kuopio, Lappeenranta ou Joensuu sont nettement plus abordables. À Oulu ou Kuopio, un étudiant peut parfois s’en tirer avec 700 à 900 € de budget total mensuel, logement inclus.

Bon à savoir :

Une caution d’un à deux mois de loyer est généralement requise. Les baux sont souvent annuels, avec des options plus flexibles dans le privé. Il est crucial de déposer son dossier de logement dès la réception de la lettre d’admission, car les délais d’attente en période de rentrée peuvent s’étendre de quelques semaines à plus de six mois dans les grandes villes.

Se nourrir sans exploser son budget

La nourriture constitue l’un des postes principaux après le logement. La plupart des estimations situent le budget alimentaire entre 150 et 400 € par mois, avec une zone médiane réaliste autour de 200–300 €. Cuisiner chez soi fait baisser la facture de manière très nette, alors que les restaurants « classiques » coûtent vite 12 à 15 € le repas.

Bon à savoir :

Les grandes chaînes de supermarchés en Finlande sont Lidl (discount), et les enseignes des groupes K (K‑Citymarket, K‑Supermarket, K‑Market) et S (Prisma, S‑Market, Sale, Alepa). Pour faire des économies, privilégiez les enseignes comme Lidl et les petits magasins, souvent moins chers. Opter pour les produits de marques finlandaises est généralement plus avantageux que d’acheter des produits importés.

Quelques prix typiques (à titre indicatif, susceptibles d’évoluer) : environ 1,00 à 1,16 € le litre de lait, une miche de pain autour de 2 €, une douzaine d’œufs aux alentours de 3 €, un kilo de blancs de poulet autour de 5,5 € (rapporté à une livre dans certaines estimations), une grande bouteille d’eau autour de 1,6 €. Les cantines universitaires, subventionnées, constituent une ressource précieuse : un déjeuner complet y coûte entre 2,70 et 5,60 € pour les étudiants, bien en‑deçà des prix de la restauration privée.

Les applis anti‑gaspillage comme ResQ permettent d’acheter, à prix réduit, les invendus de restaurants ou de boulangeries à certaines heures, ce qui peut compléter intelligemment un budget serré.

Transports, téléphone, santé : les autres postes à anticiper

Le réseau de transports publics finlandais est fiable, ponctuel et bien maillé, en particulier dans les grandes villes. Les étudiants bénéficient de tarifs réduits sur les abonnements mensuels, qui tournent en général entre 30 et 70 € selon la ville et la zone.

Pour donner quelques repères, un abonnement étudiant mensuel coûte environ 36 € à Helsinki (réseau HSL), 42 € à Tampere (Nysse), autour de 38 à 48 € à Jyväskylä (Linkki), 38 € à Turku (Föli), 30 à 50 € à Oulu, 44 € à Lappeenranta et un peu moins de 50 € à Joensuu. Un ticket unitaire se situe généralement entre 2,70 et 3,80 €.

50-100

Un vélo d’occasion pour étudiant peut être trouvé pour un prix compris entre 50 et 100 euros.

Côté communication, un forfait mobile avec données, appels et SMS illimités coûte couramment 20 à 30 € par mois, chez des opérateurs comme Elisa, Telia ou DNA, qui proposent parfois des offres spécifiques pour étudiants. L’accès Internet fixe au domicile varie généralement de 15 à 34 € par mois, mais il est parfois inclus dans le loyer des logements étudiants.

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Montant de la redevance semestrielle pour bénéficier des services du Finnish Student Health Service (FSHS).

Enfin, il faut ajouter la cotisation au syndicat étudiant ou à l’union étudiante, obligatoire dans les universités et souvent facultative dans les UAS. Elle tourne autour de 50 à 76,50 € par an et donne accès à de nombreuses réductions (cantines, transports, culture).

Travailler pendant ses études : opportunités réelles, limites à connaître

Le permis de séjour pour études délivré par la Finlande autorise désormais le travail à temps partiel jusqu’à 30 heures par semaine en moyenne sur l’année universitaire, contre 20–25 heures auparavant. Durant les vacances officielles (été, Noël), il n’y a pas de plafond horaire. Les emplois qui font partie intégrante du cursus (stage obligatoire, travail de fin d’études intégré à l’employeur) échappent aussi à cette limite.

Bon à savoir :

Les salaires horaires se situent généralement entre 8 et 12 € (voire 9 à 15 € selon les secteurs). Bien qu’il n’existe pas de salaire minimum national, des conventions collectives fixent des planchers par branche. Les secteurs typiques pour les étudiants sont la restauration (serveur, barman, aide de cuisine), le nettoyage, la logistique, les services (caissier, livreur pour Wolt/Foodora), ainsi que des rôles d’assistant administratif, bibliothécaire, surveillant d’examens ou assistant de recherche.

Cependant, plusieurs réalités doivent être intégrées. Le marché de l’emploi étudiant est concurrentiel, et beaucoup de postes au contact du public exigent un niveau de finnois (ou parfois de suédois) que les nouveaux arrivants n’ont pas. Les grandes villes comme Helsinki, Tampere, Turku, Oulu ou Espoo concentrent certes davantage d’opportunités anglophones, notamment dans l’IT, les startups, la recherche ou certaines entreprises internationales, mais la langue reste un filtre fréquent.

Attention :

Les autorités et universités rappellent que le plan de financement pour un séjour d’études ne doit pas reposer sur l’hypothèse d’un job étudiant à temps partiel. Les ressources exigées pour le permis de séjour doivent être disponibles indépendamment de tout travail, lequel doit être considéré comme un complément et une opportunité d’intégration, et non comme une condition de survie financière.

Fiscalement, les revenus du travail en Finlande sont soumis à l’impôt sur le revenu progressif. Même les étudiants doivent demander une carte d’imposition (verokortti) auprès de l’administration fiscale (Vero) pour que leur employeur prélève le bon taux. Les faibles revenus bénéficient toutefois d’une imposition réduite, et certaines conventions fiscales internationales peuvent jouer, selon la durée du séjour et le pays d’origine.

Permis de séjour étudiant : conditions, procédures et délais

Pour tout séjour d’études supérieur à 90 jours, les ressortissants non européens doivent demander un permis de séjour pour études, et non un simple visa Schengen de court séjour. Ce permis de type A (résidence continue) est désormais délivré pour la durée totale des études dans le cas d’un diplôme de l’enseignement supérieur, ce qui évite des renouvellements annuels et compte directement dans le calcul des années nécessaires à un futur permis de résidence permanent.

Bon à savoir :

Pour obtenir un permis, il faut présenter une lettre d’admission inconditionnelle d’un établissement reconnu, suivre un programme en présentiel, justifier de ressources financières suffisantes et d’une assurance santé complète. Il est également nécessaire de prouver son niveau d’anglais (via IELTS, TOEFL, etc.), fournir ses diplômes, un passeport valide, un casier judiciaire et des preuves d’hébergement.

La question financière est centrale. Migri mentionne un montant minimum de 560 € par mois, soit 6 720 € pour une année complète, comme preuve de moyens de subsistance. D’autres sources évoquent 800 € par mois (9 600 € par an). En pratique, les exigences exactes peuvent combiner épargne personnelle, bourse, parrainage familial et lettres de bourse de l’université. Ces sommes ne couvrent pas les frais de scolarité, qu’il faut pouvoir régler séparément lorsqu’ils sont dus.

Bon à savoir :

La demande de visa s’effectue principalement en ligne via le portail Enter Finland. Après avoir rempli le formulaire et téléchargé les pièces requises, il faut payer des frais (environ 350 à 470 € pour une première demande électronique) puis prendre rendez-vous pour déposer ses données biométriques (photo et empreintes) dans une ambassade, un consulat ou un centre de visas. Les demandes papier, plus coûteuses (jusqu’à 550 €) et plus lentes, sont déconseillées sauf cas particulier.

Les délais observés se sont nettement améliorés ces dernières années. Migri indique que plus de 80 % des décisions positives sont rendues en moins de 30 jours pour les premières demandes d’études soumises en ligne, même si des estimations de 1 à 2 mois restent souvent réalistes. En cas de dossier incomplet, de demande de compléments, d’entretien ou de surcharge saisonnière, la procédure peut s’étirer à 90 jours voire plus. Une fois la décision positive, il faut encore compter 2 à 3 semaines pour la fabrication et la livraison de la carte de séjour.

Les étudiants sont invités à ne pas harceler les services de l’immigration tant que le délai indicatif n’est pas dépassé : des messages automatiques informent déjà des avancées; toute sollicitation inutile ralentit le traitement global.

Après le diplôme : travailler et s’installer en Finlande

Un des grands attraits de la Finlande pour des études supérieures est la clarté du parcours post‑diplôme. Une fois le master ou le doctorat achevé, il est possible de demander un permis de séjour spécifique pour recherche d’emploi ou création d’entreprise, valable jusqu’à deux ans. Ce titre, connu sous le nom de « residence permit to look for work or to start a business », permet de rester dans le pays sans avoir encore de contrat en poche, tout en travaillant à temps plein dans n’importe quel secteur.

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Montant minimum de moyens de subsistance requis pour deux ans, basé sur 560 € par mois, pour obtenir un permis de séjour en Finlande après des études ou recherches.

Une fois un emploi trouvé, on peut basculer vers un permis de travail, avec plusieurs modalités : permis standard pour salarié, permis pour spécialiste, carte bleue européenne, ou permis pour entrepreneur/startup si l’on fonde une société innovante. Les postes très qualifiés, notamment dans l’IT, l’ingénierie ou certains secteurs expertisés, peuvent bénéficier d’une procédure accélérée en 2 à 4 semaines, à condition de respecter des seuils de salaire (par exemple, un minimum d’environ 3 827 € brut par mois pour certains permis de spécialiste).

Bon à savoir :

Après environ quatre ans de résidence continue avec un permis étudiant A (études, recherche d’emploi et travail), une demande de résidence permanente est possible, sous conditions de revenus stables, d’intégration (compétences linguistiques en finnois ou suédois, insertion professionnelle, casier judiciaire vierge). Une alternative est le statut de résident de longue durée de l’UE, accessible après cinq ans de séjour légal continu.

Les chiffres d’insertion professionnelle sont plutôt encourageants : entre 88 % et 90 % des diplômés du supérieur trouvent un emploi peu de temps après leur sortie d’études, et les salaires de début de carrière pour les diplômés de master se situent fréquemment entre 4 200 et 5 500 € par mois, selon le secteur.

Langue finnoise : fardeau ou atout stratégique ?

La Finlande aime rappeler que presque tout le monde parle anglais, surtout dans les universités. C’est vrai : de nombreux témoignages d’étudiants américains, asiatiques ou africains confirment qu’il est possible de suivre un master complet, de vivre et de faire ses courses pendant un temps sans parler un mot de finnois. Mais ceux qui se sont donné la peine d’apprendre la langue insistent sur les bénéfices concrets : intégration sociale plus profonde, amitiés plus riches, accès à un plus grand nombre de postes, sentiment d’appartenance.

Bon à savoir :

Plusieurs universités finlandaises proposent des cours de finnois gratuits ou à faible coût pour les étudiants internationaux, du niveau A1 au C2. Des écoles d’été intensives, comme celle de Jyväskylä, offrent des immersions langue et culture. Des centres de langues (ex: CeLCS à Turku) et des plateformes comme finnishcourses.fi permettent également de trouver des cours en présentiel ou en ligne dans diverses villes.

Les retours d’anciens boursiers américains sont éloquents : même un niveau élémentaire de finnois, acquis en un été intensif, facilite des choses aussi basiques que retirer de l’argent au distributeur, lire des panneaux dans la rue, suivre des notices d’appareils ou comprendre une annonce de bus. Et surtout, le simple fait de commencer une phrase en finnois serait perçu comme une marque d’effort et de respect, qui amène souvent les Finlandais à répondre avec patience et encouragement.

Astuce :

Les ressources humaines en Finlande reconnaissent la valeur des profils internationaux. Cependant, elles soulignent que la maîtrise du finnois (ou parfois du suédois) reste un atout décisif pour accéder à de nombreux secteurs. Cette compétence linguistique ouvre particulièrement des portes dans les PME, le secteur public, ainsi que dans les domaines de la santé, de l’éducation, des services sociaux, des médias et certaines fonctions commerciales.

Climat, culture et qualité de vie : ce qu’il faut vraiment attendre

La Finlande est un pays de contrastes climatiques. L’hiver dure de trois à sept mois selon la latitude, avec des températures fréquemment sous 0 °C, souvent autour de –10 à –20 °C, et jusqu’à –30 °C dans le nord. À Utsjoki, en Laponie, on a déjà mesuré –41 °C en décembre. En parallèle, l’été peut être étonnamment doux et lumineux, avec de longues journées où le soleil se couche tard, voire pas du tout en Laponie.

La luminosité hivernale est un défi pour beaucoup d’étudiants étrangers. À Turku par exemple, la journée la plus courte offre une fenêtre de lumière à peine de 10h à 15h30; plus au nord, certaines régions connaissent la nuit polaire (kaamos), où le soleil ne dépasse pas l’horizon pendant une cinquantaine de jours. À l’inverse, l’été apporte un surplus de lumière, propice aux excursions et aux activités de plein air.

Exemple :

Pour affronter l’hiver, les Finlandais adoptent la technique de superposition de couches fines de vêtements, préférant plusieurs épaisseurs à un seul manteau très épais. L’équipement essentiel comprend également des chaussures imperméables à semelles antidérapantes, un bonnet couvrant bien les oreilles, des gants chauds, une écharpe et des chaussettes en laine. Les vêtements techniques sont largement disponibles en Finlande, même d’occasion, et sont souvent mieux adaptés au climat que ceux achetés dans un pays tropical.

D’autres astuces de survie hivernale reviennent souvent dans les conseils aux nouveaux étudiants : équiper son vélo de pneus à crampons ou de petits crampons amovibles pour les chaussures, utiliser des lampes de luminothérapie ou profiter des lendemains ensoleillés, porter des réflecteurs sur ses vêtements pour être visible dans la nuit, consommer de la vitamine D (vendue dans les supermarchés et pharmacies), rester physiquement actif (marche, ski de fond, patin à glace, salle de sport universitaire), fréquenter les saunas, véritables institutions sociales.

Bon à savoir :

La culture finlandaise allie discrétion, franchise et convivialité. Le silence dans une conversation est normal et non gênant. La ponctualité, le respect de la parole donnée, l’égalité, la modestie et le respect de la vie privée sont des valeurs centrales. Les Finlandais peuvent paraître réservés au premier abord, mais les relations deviennent souvent profondes et fidèles une fois la glace brisée.

La sécurité est un autre point souvent cité : faibles niveaux de criminalité, sentiment de pouvoir se déplacer tard dans la nuit sans inquiétude majeure, objets oubliés fréquemment restitués, vélos parfois laissés non attachés sans incident. Ce climat de confiance et d’honnêteté peut surprendre, mais il fait partie de ce qui rend le pays attrayant.

Comment candidater : plateformes, frais et calendrier

La Finlande a centralisé une grande partie des procédures de candidature via un portail officiel, Studyinfo.fi, qui recense les programmes, précise les critères d’éligibilité et sert de guichet unique pour le dépôt des dossiers dans le cadre des « joint applications » (candidatures conjointes). Pour les universités de sciences appliquées, une plateforme d’information spécifique (uasinfo.fi) complète le dispositif.

Deux circuits coexistent. La candidature conjointe (Joint Application) permet de présenter un dossier unique pour jusqu’à six programmes, souvent pour la rentrée d’automne. Les « separate applications », elles, sont gérées directement par certaines universités ou programmes, avec leurs propres calendriers et formulaires, en complément ou en dehors des périodes nationales.

100

Depuis 2025, le droit de candidature national unique pour les candidats non-UE/EEE aux licences et masters est de 100 €, payable via Studyinfo.

Les échéances varient d’un établissement à l’autre. À titre d’exemple, pour une rentrée d’automne récente, la période de candidature nationale s’étendait du 7 au 21 janvier, avec des dates limites internes légèrement différentes pour l’Université d’Helsinki ou Tampere. Les résultats d’admission sortent généralement au printemps (vers mars‑avril ou début juin selon les cas), et les candidats doivent confirmer leur place au plus tard à la mi‑juillet. Une règle dite « one study place per term » impose de n’accepter qu’une seule offre de place par semestre dans l’ensemble du système finlandais.

Bon à savoir :

Les dossiers de candidature requièrent généralement des copies certifiées et traduites des diplômes et relevés, un CV, une lettre de motivation, et parfois des lettres de recommandation (notamment pour un master). Une preuve du niveau d’anglais (IELTS, TOEFL, PTE, Cambridge) est exigée, avec des seuils spécifiques (ex. : IELTS 6.5). Certains programmes peuvent demander un portfolio (arts/design) ou un projet de recherche (doctorat). Consultez toujours les pages des programmes pour les exigences précises.

Choisir sa ville : coût, ambiance et horizon professionnel

La Finlande n’est pas homogène du point de vue des coûts comme des ambiances urbaines. Helsinki et sa métropole constituent le pôle le plus dynamique, cosmopolite et start‑up, avec un coût de la vie et des loyers plus élevés. Tampere, Turku, Oulu, Jyväskylä, Kuopio, Lappeenranta, Joensuu ou Vaasa proposent des cadres plus compacts, souvent jugés plus abordables, tout en abritant des universités ou UAS reconnues et des bassins d’emploi spécialisés (technologies, énergie, logistique, biotechnologies, etc.).

900

Le coût de vie mensuel estimé à Helsinki/Espoo commence à partir de 900 €.

Le choix de la ville doit se faire en tenant compte non seulement de l’université et du programme ciblé, mais aussi de la stratégie d’après‑diplôme : certains secteurs (IT, jeux vidéo, design, finance, conseil) sont plus concentrés à Helsinki/Espoo, d’autres (énergie, technologies environnementales, papier et forêts, logistique) rayonnent à partir de villes comme Tampere, Turku, Oulu ou Lappeenranta.

Maximiser son expérience : stratégies concrètes

Pour tirer le meilleur parti d’études supérieures en Finlande, mieux vaut aborder ce projet comme un investissement à long terme plutôt qu’un simple séjour d’un ou deux ans. Plusieurs axes peuvent transformer l’expérience :

Travailler la langue finnoise de manière régulière, que ce soit via les cours offerts par l’université, des cours en ligne, des tandems linguistiques ou des ressources gratuites (sites, applis, vidéos). L’objectif n’est pas forcément de devenir parfaitement fluide rapidement, mais d’atteindre un niveau suffisant pour se débrouiller au quotidien et améliorer son employabilité.

Astuce :

Participer aux cercles internationaux, aux événements organisés par les syndicats étudiants ou aux clubs universitaires est un moyen privilégié de construire un réseau local, de mieux comprendre la culture finlandaise et de surmonter la réserve initiale caractéristique de ce pays.

Profiter des dispositifs de carrière des universités (career centers, ateliers CV, simulations d’entretiens, forums de recrutement, contacts avec des anciens). De nombreux emplois en Finlande se trouvent via ce qu’on appelle le « marché caché » du travail, fondé sur les recommandations, les réseaux et les candidatures spontanées. Se rendre visible et actif est déterminant.

Penser précocement à la suite : stages, mémoire de master en partenariat avec une entreprise, jobs à temps partiel pertinents dans son secteur, participation à des projets de recherche. Ces expériences facilitent la demande de permis post‑diplôme et les premières embauches, en particulier dans les secteurs en tension (IT, data, ingénierie, santé, construction, énergies, éducation, etc.).

Bon à savoir :

Pour bien vivre sous des latitudes nordiques, il est conseillé d’investir dans une garde-robe adaptée (vêtements neufs ou d’occasion) et de prévoir un budget pour le bien-être, incluant luminothérapie, activités sportives et sorties culturelles. Il faut accepter que le rythme de vie varie avec la lumière du jour. Adopter une routine active, comme des balades en forêt, le sauna, les sports d’hiver et les rencontres sociales, peut transformer positivement la perception de l’hiver.

Enfin, garder un œil sur les ressources officielles et les évolutions réglementaires, en consultant régulièrement les sites de Migri (immigration), de l’Agence nationale d’éducation, des universités, ainsi que les portails d’information pour les étrangers (InfoFinland, Work in Finland). Les réformes récentes ont déjà augmenté les heures de travail autorisées pour les étudiants, facilité les permis post‑diplôme et aligné les permis d’études sur le long terme; d’autres ajustements sont possibles dans les années à venir.

En résumé

Poursuivre des études supérieures à l’étranger en Finlande, ce n’est pas seulement décrocher un diplôme dans un pays bien classé. C’est entrer dans un écosystème où l’éducation est pensée comme un levier de transformation, où la recherche se frotte aux enjeux réels, où la sécurité, la confiance et l’égalité structurent la vie quotidienne. C’est aussi relever un certain nombre de défis très concrets : gérer un budget dans un pays au coût de la vie élevé, naviguer dans des procédures de visas exigeantes, apprivoiser un hiver long et sombre, accepter de se confronter à une culture à la fois discrète et très directe.

Bon à savoir :

Pour les étudiants internationaux bien préparés, la Finlande offre des opportunités considérables : doctorats sans frais de scolarité, possibilités d’obtenir un permis de travail et une résidence permanente, salaires de début de carrière compétitifs et un taux d’insertion professionnelle élevé. Le pays propose une expérience académique et personnelle unique, alliant rigueur, soutien et une qualité de vie reconnue.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Finlande, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Finlande pour sa fiscalité stable, sa sécurité juridique élevée, son système de santé performant et son environnement économique innovant (start-up, technologies vertes). La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec location puis éventuel achat de résidence principale, coordination avec Kela et CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors de France, centre des intérêts économiques), intégration dans un réseau local (avocat, immigration, interlocuteurs francophones/anglophones) et restructuration patrimoniale internationale. Cet accompagnement lui permet de profiter d’opportunités d’expatriation (optimisation de l’imposition, nouveaux investissements nordiques, préparation de la transmission) tout en maîtrisant les risques (contrôles fiscaux français, double imposition via la convention FR‑FI, adaptation culturelle et climatique).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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