Développer son réseau professionnel en Finlande quand on est expatrié

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Finlande pour travailler, étudier ou entreprendre, c’est entrer dans un marché de l’emploi performant, mais très connecté et souvent opaque pour les nouveaux arrivants. Une grande partie des postes n’apparaît jamais sur les sites d’offres d’emploi : ils circulent par recommandations, cooptations, discussions informelles. Pour un expatrié qui arrive sans anciens camarades de lycée, sans service militaire partagé, sans famille élargie sur place, la réalité est simple : sans réseau, l’accès aux opportunités est fortement limité.

Bon à savoir :

Cet article fournit un plan d’action concret pour les expatriés, basé sur des données chiffrées, des études et la culture finlandaise, afin de bâtir un réseau professionnel solide en partant de zéro.

Comprendre le contexte finlandais : un petit pays, des réseaux serrés

Pour saisir pourquoi le réseau compte autant, il faut d’abord comprendre la structure du marché du travail et de la société finlandaise. Le pays compte environ 5,5 millions d’habitants, dont une partie importante regroupée dans quelques grandes zones urbaines comme la région d’Helsinki, Espoo, Tampere ou Turku. Dans un pays de cette taille, les sphères personnelle et professionnelle se chevauchent facilement : camarades de classe, copains d’armée, collègues de projets étudiants, voisins de quartier… beaucoup de Finlandais se retrouvent à plusieurs moments de leur vie.

70-75

Entre 70 % et 75 % des emplois seraient pourvus via des circuits informels, formant le marché caché de l’emploi.

Pour les étrangers, la difficulté est double : leurs compétences acquises à l’étranger ne sont pas toujours reconnues à leur juste valeur, et ils n’ont tout simplement pas ce socle de relations locales cultivées depuis l’enfance. Des études montrent que 40 % des professionnels internationaux ont, à un moment, envisagé de quitter la Finlande face à ces obstacles, et près de la moitié des étudiants internationaux prévoient de partir après leurs études.

Dans ces conditions, considérer le réseau comme « un plus » serait une erreur : en Finlande, c’est un élément structurel de la carrière, au même titre que le diplôme ou l’expérience.

La culture du réseau en Finlande : peu de blabla, beaucoup de sérieux

La manière de réseauter en Finlande diffère nettement des modèles très expansifs de certains pays. Ici, l’accent est mis sur des liens de qualité, sur la confiance à long terme, plus que sur l’accumulation de cartes de visite. La communication est directe, concise, parfois brutale pour un œil étranger, et le silence n’est pas un malaise à combler mais un temps de réflexion respecté.

Astuce :

Il est essentiel de considérer le réseau comme un processus patient de construction de relations mutuellement bénéfiques, plutôt que comme une chasse aux contacts. Évitez de demander un service immédiatement, de démarcher de manière agressive ou de transformer chaque échange en argumentaire commercial, car ces approches risquent de fermer des portes.

La philosophie qui guide la plupart des interactions professionnelles peut se résumer ainsi : clarté, fiabilité, modestie. La réputation se construit sur la durée, et la moindre incohérence entre ce que l’on dit et ce que l’on fait est très vite repérée dans un pays où tout le monde connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un.

Pourquoi le réseau est vital pour un expatrié en Finlande

Pour un expatrié, entrer sur le marché du travail finlandais signifie souvent commencer sans capital social local. Les recruteurs ne peuvent pas appeler un ancien professeur ou un patron commun, les collègues n’ont jamais entendu parler de vous, et personne ne sait comment interpréter votre parcours dans un autre système éducatif ou économique. Dans ce vide d’informations, les doutes se multiplient : vos compétences sont‑elles transférables ? Comprenez‑vous les codes locaux ? Resterez‑vous durablement ?

Exemple :

Pour réduire la distance avec les décideurs, il est utile de multiplier les interactions de qualité avec des personnes déjà intégrées dans le milieu professionnel. Chaque rencontre réussie diminue le nombre d’intermédiaires entre vous et un recruteur clé, augmentant ainsi vos chances d’être recommandé, à l’image du principe du ‘Bacon number’ dans les réseaux sociaux.

Un autre élément renforce l’importance du réseau : la reconnaissance des compétences et l’importance des soft skills. Des témoignages de professionnels internationaux montrent que les qualités personnelles – fiabilité, capacité d’initiative, communication, travail en équipe – peuvent compter autant que les certifications techniques. Dans un environnement où la confiance et la cohérence priment, une personne recommandée par un contact respecté part avec une longueur d’avance.

Apprivoiser la culture professionnelle finlandaise pour mieux réseauter

Développer son réseau en Finlande implique de s’adapter à un certain nombre de codes, au risque sinon d’envoyer des signaux involontairement négatifs.

La communication : directe, factuelle, peu émotionnelle

La discussion professionnelle est généralement courte, orientée faits, et peu portée sur les digressions. Les Finlandais peuvent formuler un désaccord sans précautions verbales, sans pour autant exprimer une hostilité personnelle. Interrompre une personne est mal vu, parler beaucoup peut inspirer la méfiance, tandis que le silence, parfois long, signifie simplement que l’on réfléchit.

Attention :

Pour un expatrié, il est nécessaire de s’adapter en allant droit au but lors d’un premier contact, en préparant des questions claires, en évitant de combler les silences par du bavardage, en acceptant les délais de réponse après une présentation, et en ne percevant pas l’absence de compliments comme un rejet.

Le temps, la confiance, la ponctualité

Les rencontres commencent à l’heure et finissent à l’heure. Arriver en retard sans prévenir sape d’emblée votre crédibilité. De même, promettre un document ou une réponse pour une certaine date et ne pas la respecter nuit durablement à la confiance – un capital central dans ce pays où la parole donnée est encore perçue comme un engagement fort.

La confiance, elle, ne se décrète pas, elle se gagne par des gestes répétés : préparer soigneusement vos rendez‑vous, tenir vos engagements, admettre clairement quand vous ne savez pas et revenir ensuite avec une réponse documentée, respecter la confidentialité des échanges. C’est en accumulant ce type de signaux que l’on devient, petit à petit, une personne que l’on peut recommander sans risque.

Conseil pour gagner la confiance professionnelle

La frontière vie pro / vie perso

La Finlande valorise fortement l’équilibre entre travail et vie privée. Les heures supplémentaires ne sont pas glorifiées, les messages professionnels en soirée sont rares, et même les pauses café sont vues comme de vrais temps de respiration. En matière de réseau, cela signifie qu’il faut respecter ces frontières : éviter d’envoyer des sollicitations tard le soir, privilégier les rendez‑vous pendant ou juste après la journée de travail, et ne pas forcer les échanges personnels si l’autre reste réservé.

Choisir les bons terrains de jeu pour réseauter en Finlande

Une fois ces éléments en tête, reste la question clé : où rencontrer les bonnes personnes ? En Finlande, le réseau se construit autant dans des cadres explicitement professionnels que dans des espaces plus informels – associations, hobbies, volontariat, événements culturels.

Pour y voir plus clair, il est utile de distinguer plusieurs grands types de lieux et de dispositifs.

Les événements et communautés professionnels

La Finlande, et particulièrement la région d’Helsinki, héberge un nombre impressionnant de conférences, salons, forums et communautés sectorielles. Certains événements sont devenus des références mondiales dans leurs domaines.

Un rapide panorama de quelques grands rendez‑vous et structures majeurs illustre le paysage :

Événement / hubTypeIntérêt pour un expatrié
SlushGrand événement startup et investisseurs à HelsinkiAccès massif à l’écosystème tech, outils de matchmaking, rencontres avec fondateurs et investisseurs
Nordic Business ForumConférence business de haut niveauRéseau de dirigeants, plateforme de networking très structurée, contenu leadership et stratégie
DEI Nordics ForumForum sur diversité, équité, inclusionIdentifier des employeurs sensibles aux enjeux d’inclusion, aborder le sujet de la diversité en entreprise
Maria 01Campus startup à HelsinkiAccès à des startups en croissance, événements réguliers, communauté internationale
The ShortcutOrganisation à but non lucratif pour talents internationauxAteliers gratuits, coaching carrière, événements networking, très ciblé « newcomers »
Hive HelsinkiÉcole de code collaborativeCommunauté tech internationale, événements tech talks, rencontres avec recruteurs IT

Pour un expatrié, ces espaces jouent plusieurs rôles simultanés : découverte des acteurs du marché, apprentissage des codes du secteur, visibilité personnelle, et parfois accès direct au marché caché si l’on sait saisir les occasions.

Outils de mise en relation en événementiel

Dans des événements comme Slush, les organisateurs facilitent les rencontres professionnelles grâce à des outils dédiés, rendant l’accès aux décideurs moins intimidant.

Prise de rendez-vous facilitée

Des outils spécifiques permettent de planifier des rencontres avec d’autres participants directement dans le cadre de l’événement.

Réduction des barrières d’accès

Le cadre structuré rend moins intimidant le contact avec des profils comme des CEO ou des investisseurs.

Les réseaux d’expatriés et d’internationaux

Parallèlement aux événements purement économiques, des réseaux spécifiquement tournés vers les expatriés jouent un rôle crucial de passerelle. Ils combinent entraide pratique, socialisation et parfois liens avec le monde professionnel.

Réseau / communautéFocusApport réseau
InterNations (communauté Helsinki)Réseau global d’expatriésRencontres sociales, premiers contacts locaux, échanges de conseils
InterProFinlandAssociation pour professionnels internationauxWebinaires, ateliers sur le marché du travail, mentorat, guide de reconnaissance de diplômes
MoniheliRéseau de plus de 100 associations d’immigrésLien avec des communautés spécifiques, projets associatifs, visibilité locale
International Women Community, International Working Women of FinlandCommunautés féminines internationalesSoutien entre femmes, échanges d’information sur emploi et carrière

Ces structures ne remplacent pas les réseaux strictement professionnels, mais elles constituent des tremplins précieux pour sortir de l’isolement, comprendre les enjeux d’intégration et, souvent, découvrir d’autres initiatives (programmes de mentorat, clubs professionnels, formations) grâce au bouche‑à‑oreille.

Les associations professionnelles et syndicats : un levier sous‑estimé

Dans la vie professionnelle finlandaise, les syndicats et associations de branche jouent un rôle très structurant : négociation des conventions collectives, conseil juridique, formation continue, et, point clé pour l’expatrié, activités de networking.

Le paysage est dense : ingénieurs, architectes, médecins, professionnels du marketing, experts en environnement, agronomes, travailleurs sociaux… presque chaque profession a sa structure dédiée. Beaucoup acceptent comme membres des personnes formées à l’étranger, dès lors qu’elles exercent ou se destinent à exercer dans le domaine.

Pour un expatrié, rejoindre l’association correspondant à son profil peut offrir plusieurs avantages concrets : accès à des événements réservés aux membres, à des groupes de discussion sectoriels, à des listes de diffusion ciblées, et à des services de carrière (revue de CV, préparation d’entretien). C’est aussi un moyen d’être reconnu symboliquement comme faisant partie de la profession en Finlande.

On peut résumer la logique ainsi :

Atout des associations / syndicatsEffet sur le réseau
Événements, séminaires, afterworksRencontres entre pairs, contacts recruteurs
Groupes thématiques ou régionauxMise en lien avec les acteurs de votre spécialité dans une zone donnée
Services de carrièreCV adaptés aux attentes locales, meilleure présentation de votre profil
Légitimité professionnelleSignal positif pour employeurs et collègues, gage de sérieux

L’adhésion est généralement volontaire. Certaines organisations conseillent même de rejoindre un syndicat dès les études, ce qui vaut aussi pour les étudiants internationaux en Finlande.

Les réseaux sectoriels, tech et startup

La Finlande a bâti une réputation mondiale dans le numérique, le jeu vidéo, les technologies vertes. Plusieurs communautés spécialisées rassemblent développeurs, designers, spécialistes data, professionnels du marketing digital ou de la cybersécurité.

Participer à ces groupes, que ce soit via des meetups physiques, des hackathons ou des forums en ligne, permet d’entrer très vite dans le cœur de l’écosystème, surtout dans les métiers où l’anglais est déjà la langue de travail dominante.

LinkedIn : votre carte de visite numérique en Finlande

D’un point de vue purement pratique, LinkedIn est l’outil pivot du networking professionnel en Finlande. Les chiffres disponibles montrent une pénétration très élevée de la plateforme : environ un tiers de la population totale, soit près de la moitié des 15–65 ans, dispose d’un compte, et les recruteurs l’utilisent massivement pour identifier des candidats et vérifier des parcours.

Pour un expatrié, LinkedIn remplit au moins trois fonctions : vitrine professionnelle, outil de prospection, et extension de réseau. Sans profil complet, optimisé et actif, vous devenez largement invisible aux yeux des recruteurs finlandais, en particulier dans les secteurs technologiques ou tertiaires.

Construire un profil adapté au marché finlandais

La première étape consiste à soigner les fondamentaux : photo professionnelle, bannière claire, titre accrocheur mais sobre, résumé (« À propos ») qui raconte votre parcours et votre valeur ajoutée d’une manière concrète. La sobriété visuelle et rédactionnelle est appréciée : inutile de surjouer les superlatifs, il vaut mieux mettre en avant quelques réalisations mesurables et compétences clés.

Attention :

Quelques points sont particulièrement importants dans le contexte finlandais.

Rendre vos coordonnées facilement accessibles, pour éviter tout obstacle au premier contact.

– Intégrer les mots‑clés de votre secteur, en particulier les compétences techniques ou méthodologiques recherchées (langages de programmation, outils, certifications). Les recruteurs cherchent beaucoup via les mots‑clés.

– Développer les sections « Expérience » et « Projets » de manière à montrer comment vos réalisations à l’étranger se traduisent en valeur concrète pour un employeur finlandais.

– Demander des recommandations courtes et ciblées à d’anciens collègues ou supérieurs – les avis de tiers pèsent dans un environnement où la confiance est capitale.

Passer du profil à l’interaction

Un profil, aussi complet soit‑il, ne suffit pas à créer un réseau. C’est l’activité sur la plateforme qui va faire la différence : commenter des publications de personnes de votre secteur, partager des analyses ou retours d’expérience pertinents, féliciter des contacts pour une nouvelle fonction, participer à des discussions dans les groupes spécialisés.

Bon à savoir :

Les statistiques montrent que la plupart des utilisateurs, y compris en Finlande, lisent plus qu’ils ne publient. Pour se distinguer sans paraître excessif, il est recommandé d’être actif de manière intelligente, en restant factuel et respectueux dans ses publications.

Envoyer des invitations personnalisées est une autre pratique essentielle. Un message bref expliquant pourquoi vous souhaitez vous connecter – intérêt pour le secteur, appréciation d’un article, participation à un même événement – sera beaucoup mieux reçu qu’une invitation anonyme.

Mentorat : accélérateur de réseau pour expatriés

L’un des moyens les plus efficaces pour combler rapidement l’écart de réseau entre expatriés et locaux est le mentorat. Plusieurs programmes finlandais ciblent explicitement les talents internationaux, les étudiants étrangers ou les nouveaux arrivants qualifiés. Ils associent un professionnel expérimenté (souvent finlandais ou déjà très intégré) à un mentee qui cherche à trouver sa voie sur le marché finlandais.

Voici quelques exemples emblématiques :

ProgrammePublic viséDurée / rythmeObjectif principal
Vieraasta Veljeksi (Miessakit ry)Hommes immigrés diplômés6 mois, rencontres régulièresSoutien à l’intégration professionnelle et culturelle, accès au réseau du mentor
Suomen Mentorit (version internationale)Étudiants en fin d’études et diplômés souhaitant une carrière en Finlande6 à 12 mois, 8–10 rencontresClarifier le projet pro, comprendre les codes du marché, élargir le réseau
Think CareerProfessionnels internationaux au chômage ou sous‑employés5 mois, rencontres mensuelles et événementsRetour à l’emploi dans son domaine, création de communauté de soutien
Programmes de mentoring universitaires (ex. UEF & partenaires)Étudiants et talents internationaux liés à une régionEnviron 6 mois, rencontres de groupe mensuellesDécouverte du marché local, contacts avec employeurs, développement de compétences
FIKA (Luckan)Nouveaux arrivants dans la région capitale6 mois, 3 rencontres mensuellesRencontre avec une personne établie, échange culturel, parfois soutien carrière
WomentoFemmes migrantes hautement qualifiées~8 mois, rencontres mensuellesEmploi à la hauteur des qualifications, amélioration du finnois professionnel

Au‑delà des chiffres, ces dispositifs reposent tous sur la même idée : mettre un visage, une histoire, des commentaires concrets derrière un marché qui, autrement, reste très abstrait et intimidant. Un mentor peut vous expliquer, par exemple, comment lire une offre d’emploi finlandaise, quels mots pèsent réellement, jusqu’où envoyer une candidature si votre finnois n’est pas parfait, quelles entreprises sont plus ouvertes aux profils internationaux.

Exemple :

Les retours des participants illustrent l’efficacité directe de ces programmes : de nombreux mentorés décrochent un emploi ou un stage. Ce succès est dû à divers facteurs comme une recommandation directe, une mise en relation facilitée par le mentor, ou encore une amélioration de leur stratégie de recherche d’emploi.

Pour en tirer le meilleur, il est toutefois essentiel d’adopter une attitude active : préparer chaque rencontre, proposer des sujets de discussion, tester les conseils sur le terrain entre deux séances, puis revenir avec des questions plus précises.

Réseau et langue : utiliser le finnois comme pont, pas comme mur

La question de la langue revient systématiquement quand on parle de réseau en Finlande. Le finnois est réputé difficile, et la maîtrise de la langue est souvent présentée comme une condition absolue pour « s’intégrer ». La réalité est plus nuancée.

Certaines industries – technologie, jeux vidéo, startups internationales – fonctionnent déjà très largement en anglais. Des entreprises mondialement connues ont d’ailleurs déclaré ne pas exiger le finnois pour ne pas se priver de talents. Dans ces milieux, un expatrié anglophone peut tisser un réseau dynamique sans parler finnois, à condition de maîtriser parfaitement l’anglais professionnel.

Bon à savoir :

Dans les secteurs de la santé, de l’éducation, des services publics, du commerce de détail, du travail social et du droit, la maîtrise du finnois ou du suédois est essentielle pour des raisons de sécurité, de compréhension et d’obligations légales. Un réseau de contacts ne peut compenser un niveau linguistique insuffisant dans ces domaines.

Plutôt que de voir la langue comme un bloc, il est utile de la considérer comme un investissement progressif à articuler au réseau :

Bon à savoir :

À court terme, votre réseau peut vous aider à trouver un stage, un premier emploi ou une mission bénévole pour pratiquer le finnois dans un cadre bienveillant. À moyen terme, côtoyer régulièrement des collègues ou mentors finnois accélère considérablement l’apprentissage, bien au-delà des seuls cours. À long terme, un bon niveau de finnois élargit votre réseau à des milieux, comme les associations citoyennes, les syndicats locaux ou les petites entreprises, qui communiquent peu en anglais.

Des ressources publiques existent pour apprendre la langue, de la formation intensive universitaire jusqu’aux cafés linguistiques, en passant par des MOOCs et des supports ciblés par secteur. L’essentiel, pour un expatrié en construction de réseau, est de ne pas attendre un « niveau parfait » hypothétique pour se lancer dans les interactions. Même un vocabulaire basique, utilisé avec humilité et humour, est souvent apprécié.

Tisser des liens au quotidien : hobbies, bénévolat, vie de quartier

Le réseau ne se construit pas uniquement dans les grandes conférences ni derrière un écran. En Finlande, de nombreux liens professionnels naissent dans des cadres a priori non professionnels : clubs sportifs, associations, parents d’élèves, ateliers culturels. Dans un pays où la vie associative est très développée et encadrée par un cadre légal clair, ces espaces représentent un formidable gisement de rencontres.

Le système associatif couvre une variété immense de domaines – sport, culture, environnement, entraide, innovation sociale, etc. Une part importante de la population participe régulièrement à ces activités. Les étrangers ont, juridiquement, le droit de créer, de rejoindre et même de diriger des associations, au même titre que les citoyens finlandais.

Bon à savoir :

S’engager dans une association permet de pratiquer le finnois ou l’anglais dans un cadre détendu, de comprendre les enjeux locaux, de valoriser ses compétences (organisation, communication, gestion de projet) et d’élargir son réseau professionnel en rencontrant des personnes occupant divers postes dans l’économie finlandaise.

Les parents, notamment, peuvent exploiter cette dimension via les activités scolaires et périscolaires des enfants : matchs, événements organisés par les écoles, clubs de loisirs, etc. S’asseoir à côté d’un autre parent dans les gradins, proposer un coup de main lors d’une fête d’école, peut être un point de départ simple pour initier des conversations et, plus tard, aborder aussi les sujets professionnels.

Stratégies concrètes pour transformer un contact en relation

Une fois que l’on commence à rencontrer régulièrement des gens – via un programme de mentorat, un événement, LinkedIn ou une association – se pose une question délicate : comment passer de la simple rencontre à une relation professionnelle réelle, sans tomber dans l’instrumentalisation ou la gêne ?

En Finlande, quelques principes pratiques peuvent guider cette transition.

D’abord, ne pas brûler les étapes : la première rencontre sert avant tout à apprendre à se connaître, à présenter son parcours, à écouter celui de l’autre. Il est souvent préférable de ne pas demander d’emblée une recommandation ou une mise en relation, mais plutôt de solliciter un conseil, un retour sur un CV, une lecture d’une lettre de motivation.

Astuce :

Même en position de demandeur, il est important de savoir donner quelque chose en retour. Cela peut prendre la forme du partage d’un article pertinent, d’une information sur un événement susceptible d’intéresser votre interlocuteur, ou d’un feedback utile sur un sujet que vous maîtrisez (comme votre marché local ou des tendances internationales). Le réseau professionnel finlandais fonctionne sur le principe du bénéfice mutuel, qui peut parfois être différé dans le temps.

Enfin, cultiver la régularité : un message de remerciement après un café, une brève mise à jour quelques semaines plus tard pour dire comment vous avez utilisé un conseil, une invitation à un événement pertinent. Ces petits gestes entretiennent le lien sans être envahissants, surtout si vous restez concis et factuel.

Quand le réseau ouvre le marché caché

Avec le temps, ces efforts commencent à porter des fruits très concrets. Une connaissance vous prévient qu’un poste va être ouvert dans son service avant la publication officielle. Un ancien mentor recommande votre profil à un ami qui cherche un renfort pour un projet. Un camarade d’association vous propose de faire de la traduction ou du support client dans sa petite entreprise, ce qui devient une première expérience finlandaise sur votre CV.

70-75

C’est le pourcentage de postes non publiés, constituant le ‘marché caché’ de l’emploi en Finlande.

Pour un expatrié, l’enjeu n’est donc pas uniquement de répondre aux offres visibles, mais d’augmenter sa probabilité d’être celui ou celle dont on se souvient au bon moment. D’où l’importance d’être présent, dans la durée, dans différents cercles – professionnels, associatifs, numériques, académiques – et d’y entretenir une image de sérieux, de curiosité et de cohérence.

Intégrer la dimension familiale et personnelle

Enfin, développer un réseau professionnel ne peut pas être totalement dissocié de la vie personnelle, surtout quand on vient s’installer en Finlande en famille. Les conjoints d’expatriés rencontrent souvent des difficultés spécifiques : interruption de carrière, isolement, barrière linguistique. Or, leur intégration sociale et professionnelle influence aussi la stabilité du projet d’expatriation dans son ensemble.

Bon à savoir :

Plusieurs programmes, clubs et groupes sont spécifiquement destinés aux conjoints ou aux femmes internationales. Ils offrent un soutien social, des informations pratiques et parfois des actions liées à l’emploi. Ces espaces servent de sas d’intégration, permettant d’accumuler des contacts, de pratiquer le finnois et de découvrir le fonctionnement local avant d’aborder plus directement le marché du travail.

Les enfants, eux aussi, sont paradoxalement des vecteurs de réseau : via les écoles, les loisirs, les grands événements locaux. Les rencontres organisées par les municipalités pour les nouveaux arrivants, les guides d’accueil dans certaines villes, complètent ce dispositif.

En prenant en compte l’ensemble de ces dimensions – professionnelle, associative, familiale – un expatrié peut progressivement remplacer le sentiment de repartir de zéro par celui d’appartenir à un tissu vivant, certes différent, mais où le temps et la constance finissent par payer.

Conclusion : un marathon, pas un sprint

Construire un réseau professionnel en Finlande quand on arrive de l’étranger n’est ni immédiat ni linéaire. Les chiffres le confirment : beaucoup d’internationaux peinent à se faire une place, certains songent à repartir, et il n’existe pas de raccourci magique capable de remplacer la combinaison de compétence, de patience et de présence régulière.

Astuce :

Pour développer son réseau professionnel en Suisse, il est essentiel d’activer plusieurs leviers propres au contexte local. Il faut cultiver la confiance, où la parole donnée a du poids, et s’appuyer sur le tissu associatif dense, souvent ouvert aux étrangers. Participer à des programmes de mentorat ciblés, utiliser activement des plateformes comme LinkedIn et assister à des événements de classe mondiale qui rassemblent des milliers d’acteurs sont également des stratégies clés. Dans cette société structurée en réseaux compacts, entretenir chaque relation peut mener à des opportunités concrètes.

Pour l’expatrié, la clé est de changer de perspective : ne plus voir le réseau comme une accumulation rapide de contacts « utiles », mais comme un capital relationnel à construire patiemment, en étant fiable, curieux, respectueux des codes locaux, et en cherchant toujours à apporter quelque chose aux autres. C’est cette attitude, plus que n’importe quelle technique ponctuelle, qui finit par transformer une installation en Finlande en véritable ancrage professionnel et personnel.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un futur retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier européen supérieur à un million d’euros et bien diversifié, souhaitait changer de résidence fiscale vers la Finlande pour optimiser sa charge imposable, sécuriser son patrimoine et accéder à un environnement stable tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement global (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation, structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après étude de plusieurs destinations (Finlande, Portugal, Grèce, Chypre), la stratégie retenue a ciblé la Finlande pour sa sécurité juridique, sa fiscalité prévisible, son système de santé performant et sa grande qualité de vie, avec un accès plein à l’UE et un environnement très favorable aux placements financiers responsables. La mission a couvert : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, reports d’imposition), obtention de la résidence avec achat d’une résidence principale, affiliation au système local de santé, transfert des comptes bancaires, plan de rupture des liens fiscaux français (séjour >183 jours/an en Finlande, déplacement du centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local francophone et restructuration patrimoniale internationale pour limiter la double imposition via la convention fiscale franco‑finlandaise.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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