Le coût de la vie en Finlande pour les expatriés

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Finlande fait rêver beaucoup d’expatriés : sécurité, nature omniprésente, services publics efficaces, équilibre vie pro/vie perso. Mais cet équilibre a un prix. Pour bien préparer un départ, il faut regarder de près le budget logement, alimentation, transports, santé, éducation des enfants… et surtout l’énorme écart entre Helsinki et le reste du pays.

4787

Pour un foyer de quatre personnes, les dépenses mensuelles moyennes, logement compris, s’élèvent à 4 787 € en Finlande.

Dans cet article, on passe en revue poste par poste ce que coûte réellement une vie d’expat en Finlande, avec un focus particulier sur la différence entre Helsinki et des villes plus abordables comme Tampere ou Turku, et sur les dépenses de famille (garde d’enfants, école, transports).

Sommaire de l'article masquer

Niveau général des prix et comparaison internationale

Vu de loin, la Finlande a la réputation d’être “un pays cher”. Les chiffres confirment en partie cette impression. Elle est classée 8ᵉ pays le plus coûteux d’Europe, et son indice global de coût de la vie tourne autour de 63 (base Prague = 100). Cela la place dans la moitié haute des pays développés, sans pour autant atteindre les sommets des grandes capitales mondiales.

Pour situer le niveau finlandais par rapport à d’autres destinations fréquentes des expatriés, les comparaisons suivantes sont éclairantes.

Budget mensuel moyen selon la composition du foyer

Les estimations agrégées pour l’ensemble du pays donnent des ordres de grandeur assez stables.

Profil de foyerDépenses mensuelles hors loyerLoyer moyen mensuelTotal mensuel estimé
Personne seule≈ 944 €≈ 789 €≈ 1 733 €
Couple≈ 2 353 € (en $ converti)≈ 950–1 000 €≈ 3 300 €
Famille avec 2 enfants (4 personnes)≈ 3 432 €≈ 1 355 €≈ 4 787 €

Autrement dit, le logement pèse très lourd dans le budget, mais les dépenses courantes (nourriture, transports, loisirs, santé, communication) sont également significatives et montent vite au‑delà de 900 € par mois pour une personne seule.

Finlande vs Allemagne, Pays‑Bas, Royaume‑Uni, États‑Unis

Si l’on compare la Finlande à quelques grands pays d’accueil d’expatriés, on obtient une image nuancée.

Pays / zoneFamille de 4 (hors loyer)Personne seule (hors loyer)1‑ch centre‑ville (loyer moyen)
Finlande≈ 3 432 €≈ 944 €≈ 789 €
Allemagne≈ 5 048 €≈ 1 880 €plus élevé qu’en Finlande
Pays‑Bas≈ 5 589 €≈ 2 352 €plus élevé qu’en Finlande
Royaume‑Uni≈ 5 338 €≈ 2 210 €≈ 1 249 €
États‑Unis≈ 3 755 €≈ 1 055 €≈ 2 646 €

En résumé, le quotidien (hors loyer) est souvent plus cher en Finlande qu’en Allemagne ou aux États‑Unis, mais les loyers – en particulier pour les appartements d’une chambre – restent très inférieurs à ceux du Royaume‑Uni ou des grandes villes américaines. C’est un point clé sur le long terme pour les expatriés.

Où vivre ? Espoo, Helsinki, Tampere, petites villes

Le choix de la ville pèse autant sur le portefeuille que le niveau de salaire. Espoo et Helsinki dominent le classement des villes les plus chères du pays, tandis que les villes industrielles ou de province restent nettement plus abordables.

Espoo et Helsinki, le haut de gamme finlandais

Espoo arrive en tête des villes les plus coûteuses. Pour une personne seule, les dépenses mensuelles se répartissent en gros comme suit : environ 1 097 € pour les frais courants, auxquels s’ajoutent aux alentours de 1 042 € de loyer, soit un total avoisinant 2 139 €.

Helsinki, deuxième ville la plus chère, affiche un budget global comparable, autour de 2 044 € par mois pour une personne seule, logement inclus. Les indices de coût de la vie confirment cette position élevée : l’indice de prix de Helsinki est régulièrement mesuré entre 126 et 130 selon les sources.

Bon à savoir :

Pour les expatriés, Paris et Lyon offrent des salaires nets moyens plus élevés, une offre d’emploi plus large, un réseau de transports très dense et une vie culturelle riche. Cependant, le coût du logement, notamment pour un loyer au prix du marché, y est considérablement plus élevé que dans le reste du pays.

Tampere et Turku : compromis entre coût et qualité de vie

Tampere, troisième grande ville du pays, est perçue comme un compromis très intéressant pour les expatriés : bassin d’emplois diversifié, universités, bonne scène culturelle, mais coût de la vie sensiblement inférieur à celui de la capitale.

Les chiffres sont parlants :

Exemple :

Selon les données fournies, le coût de la vie global (loyer inclus) à Tampere est 19 % plus bas qu’à Helsinki. Hors loyer, les dépenses y sont environ 6,7 % inférieures. À revenu égal, le pouvoir d’achat local y est 10 % plus élevé. Pour conserver le même niveau de vie qu’avec 6 000 € à Helsinki, il suffirait d’environ 4 842 € à Tampere.

Turku, ancienne capitale sur la côte sud‑ouest, est encore un cran moins chère, notamment sur les loyers au m² et les services. Les indices de prix y tournent autour de 103–104, contre plus de 120 à Helsinki.

Petites villes : le choix économique

Pour les expatriés prêts à s’éloigner des grands centres, le gain financier est massif. À Varkaus, ville industrielle de taille moyenne, une personne seule peut vivre avec environ 991 € par mois, logement compris. Imatra ou Savonlinna se situent autour de 1 020 à 1 108 € mensuels.

Ce niveau de prix plus bas vient surtout des loyers et, dans une moindre mesure, des services. En revanche, les opportunités professionnelles, la fréquence des transports et la vie sociale internationale sont évidemment plus limitées qu’à Helsinki ou Tampere.

Le logement : le poste qui fait ou défait un budget

Pour un expatrié, la ligne “logement” est la plus déterminante. La Finlande se distingue par un marché locatif relativement encadré, une forte présence de logements subventionnés, et des écarts marqués entre régions.

Loyers moyens par type de logement

Sur l’ensemble du pays, les données agrégées donnent une image assez claire des loyers à prévoir pour un appartement classique.

Type de logementCentre‑ville (moyenne nationale)Périphérie (moyenne nationale)
1‑chambre (T2 à la française)≈ 789 €≈ 646 €
3‑chambres (type familial)≈ 1 355 €≈ 1 031 €

Si l’on regarde ville par ville, les écarts se creusent.

Ville1‑ch centre‑ville (moyenne)1‑ch hors centre (moyenne)
Helsinki≈ 1 045–1 200 €≈ 809–900 €
Tampere≈ 800–835 €≈ 640–650 €
Turku≈ 700 €≈ 600–650 €

Dans les quartiers centraux les plus recherchés de Helsinki (Ullanlinna, Eira, Punavuori), un T1 se loue couramment entre 1 200 et 1 400 € par mois. À l’inverse, dans les petites villes de province, il n’est pas rare de trouver une petite surface pour moins de 600 €.

Loyer au mètre carré et typologie des contrats

Le prix au mètre carré permet de comparer plus finement les villes. Les données récentes indiquent que :

– la moyenne nationale tourne autour de 15,5 €/m² ;

– dans les petites villes, on tombe à 11 €/m² ;

– dans les quartiers premium de Helsinki, on peut atteindre 28 €/m².

Pour les grandes agglomérations, les loyers non subventionnés au m² sont approximativement les suivants :

VilleLoyer moyen non subventionné (€/m²)Loyer moyen nouveaux baux (€/m²)
Helsinki21,622,8
Vantaa18,319,3
Tampere15,616,4
Turku14,815,8
Oulu13,614,1

Pour un studio de 27 m², cela signifie en pratique environ 550 € par mois en moyenne nationale, avec des écarts de 450 € dans les petites villes à près de 950 € dans l’hyper‑centre de Helsinki. Pour un T2 de 40 m², on est autour de 800 € en moyenne, entre 650 € dans des villes comme Oulu et 1 350 € dans les meilleurs quartiers d’Helsinki.

Les contrats distinguent souvent :

Appartements non meublés : plus fréquents, légèrement moins chers, 80–85 % du marché.

Appartements meublés ou “serviced” : environ 15–20 % du marché, avec une prime de 10 à 20 % sur le loyer.

Pour un expatrié arrivant sans meubles, louer meublé simplifie l’installation mais augmente la facture ; beaucoup optent pour un non‑meublé et s’équipent chez IKEA ou sur le marché de l’occasion.

Quartiers prisés des expatriés et “bonus loyer”

Les données du marché locatif montrent aussi un surcoût lié à certains facteurs très recherchés :

proximité d’une station de métro ou d’une université : +50 à 150 €/mois ;

– présence d’un sauna privé ou en immeuble : +30 à 80 €/mois ;

– ascenseur : +20 à 50 €/mois ;

– balcon : +20 à 60 €/mois ;

cuisine et salle de bain rénovées : +30 à 100 €/mois.

Les quartiers les plus prisés des expatriés à Helsinki (Ullanlinna, Töölö, Lauttasaari) et Tapiola à Espoo combinent souvent ces caractéristiques, d’où des loyers élevés : un logement de 1 à 2 chambres s’y négocie fréquemment entre 1 100 et 1 600 € par mois.

Pour les jeunes actifs, les quartiers de Kallio, Punavuori ou Kamppi sont très recherchés, les studios et T2 y tournant autour de 850 à 1 200 € mensuels.

Vitesse de location et saisonnalité

Le marché locatif finlandais est relativement fluide, avec un taux de vacance d’environ 7 % au niveau national, un peu moins dans la région d’Helsinki (6 à 8 %). Les annonces restent en ligne en médiane 15 à 21 jours : les studios partent le plus vite (environ 15 jours), tandis que les T2 peuvent prendre trois semaines.

Attention :

Les pics de demande pour les logements étudiants se situent en août-septembre (rentrée) et, de manière plus modeste, en janvier. Les périodes plus calmes comme l’hiver (hors janvier) et l’été (juin-juillet) offrent un léger avantage aux candidats locataires pour négocier ou choisir.

Acheter son logement : prix et rendements

Pour les expatriés de long terme ou ceux envoyés par leur entreprise, l’achat peut être envisagé. Les prix varient fortement selon la ville et le quartier.

Les prix moyens au m² pour les appartements (droit de jouissance/housing share) sont de l’ordre de :

Ville / zonePrix moyen (€/m²)
Helsinki (moyenne globale)≈ 5 092 €
Vantaa≈ 2 726 €
Turku≈ 2 444 €
Oulu≈ 2 210 €
Reste du pays≈ 1 745 €

Dans l’hyper‑centre de Helsinki, les prix montent facilement à 9 000‑10 000 €/m², et restent élevés dans des quartiers périphériques recherchés (Kallio, Sörnäinen, Pasila autour de 6 000‑8 000 €/m²). À l’extrémité basse, certains quartiers comme Jakomäki ou Kontula descendent à environ 3 300 €/m².

Pour les investisseurs, le rendement locatif brut moyen avoisine 5,5 % au niveau national (fin 2025), avec des écarts importants : environ 4,4 % à Helsinki, mais jusqu’à 7,5 % à Jyväskylä. Une fois les charges et impôts déduits, le rendement net tombe généralement 1,5 à 2 points plus bas. Pour un expatrié, ces chiffres sont surtout utiles pour mesurer la “rentabilité” de l’achat par rapport à une location longue durée.

Charges et factures : électricité, chauffage, eau, internet

En Finlande, le climat rigoureux se traduit par un poids important du chauffage dans les charges. Pour autant, les factures globales restent raisonnables par rapport aux standards nord‑européens, à condition d’habiter dans un logement correctement isolé.

Vue d’ensemble des charges mensuelles

Pour un appartement standard de 85 m², le bouquet “électricité + chauffage + eau + ordures” tourne autour de 120–130 € par mois selon les statistiques nationales. En pratique, les fourchettes suivantes sont réalistes :

Type de logementTotal charges mensuelles typiques (hors internet)
Studio 35–40 m² (1 personne)50–90 €
Appartement 60–80 m² (couple / petite famille)120–200 €
Maison 120 m²+ (région urbaine)200–350 €
Grande maison isolée (région froide)jusqu’à 450 € et plus en plein hiver

À ces montants s’ajoutent l’internet (20 à 45 € selon le débit) et éventuellement une assurance habitation (souvent exigée par le propriétaire), autour de 100 € par an pour un petit appartement.

Électricité et chauffage

L’électricité domestique coûte en moyenne entre 0,15 et 0,25 €/kWh. Pour un appartement de 40 m² habité par deux personnes, la facture électrique mensuelle se situe vers 40–65 €. Dans une maison individuelle, l’addition grimpe bien davantage, surtout si le chauffage est électrique.

209

Facture mensuelle moyenne pour le chauffage et l’eau chaude d’une maison individuelle de 200 m² raccordée au réseau de chauffage urbain.

En hiver, le poste chauffage peut faire doubler voire tripler la facture énergétique par rapport à l’été. Les logements récents (post‑2010) consomment 30 à 50 % d’énergie en moins que ceux d’avant 1980, un élément à garder à l’esprit lors du choix d’un bien.

Eau, charges de copropriété et entretien

Dans beaucoup d’immeubles, l’eau froide, l’eau chaude et la collecte des déchets sont intégrées aux charges de copropriété (hoitovastike ou yhtiövastike) payées par le propriétaire et répercutées dans le loyer. Ces charges tournent en moyenne autour de 4,5 €/m² et par mois – soit 180 € pour un 40 m² –, mais elles incluent aussi l’entretien de l’immeuble et l’assurance bâtiment.

Quand l’eau est facturée à la consommation, on se situe typiquement aux alentours de :

20 €/mois par personne en appartement ;

30–40 €/mois par personne en maison.

Astuce :

Des barèmes indicatifs peuvent être établis pour répartir les coûts de l’eau dans les logements où chaque locataire paie sa consommation individuellement. Ces barèmes servent de référence pour estimer les montants dus, en fonction de critères comme le nombre d’occupants ou la surface du logement, facilitant ainsi une répartition équitable des charges.

eau froide autour de 4–4,5 €/m³ ;

eau chaude entre 6 et 9,5 €/m³ selon la ville.

Les résidences étudiantes qui facturent l’eau à part appliquent par exemple des acomptes mensuels de 25 € pour un studio, 35 € pour un T2, et 50 € pour un T3 ou plus.

Internet et téléphonie

Les télécoms finlandais sont de très bonne qualité et relativement abordables. Une connexion internet haut débit illimité (≥ 60 Mbps) coûte en moyenne une vingtaine d’euros par mois, parfois jusqu’à 35–50 € pour de la fibre très haut débit.

Plusieurs offres illustrent ce niveau de prix :

internet fixe 4G (100 Mbit/s) à partir de 20 €/mois ;

internet fixe 5G (400 Mbit/s) autour de 35 €/mois ;

internet mobile 5G à 400 Mbit/s autour de 32 €/mois, 1 Gbit/s vers 49 €/mois.

Côté mobile, la plupart des expatriés optent pour un forfait illimité data, entre 15 et 35 € par mois selon le débit. Des options d’entrée de gamme existent dès 7–8 €/mois, souvent via des opérateurs “low‑cost” utilisant les réseaux des grands (Elisa, DNA, Telia).

Alimentation et restaurants : un pays où l’on cuisine beaucoup chez soi

La nourriture en Finlande est sensiblement plus chère que la moyenne de l’Union européenne : les prix des aliments et boissons non alcoolisées dépassent d’environ 10 % la moyenne européenne. L’alcool, sur‑taxé, peut même atteindre des niveaux parmi les plus élevés d’Europe.

Budget courses pour un expatrié

Les données agrégées indiquent les fourchettes suivantes pour les dépenses alimentaires mensuelles :

ProfilBudget mensuel courses (approx.)
Personne seule250–350 €
Couple400–600 €
Famille de quatre personnes800–1 200 €

Les grandes chaînes K‑Market, S‑Market et Lidl dominent le marché. Lidl se positionne systématiquement sur le segment le moins cher, tandis que K‑Market et S‑Market offrent plus de références locales et de marques. Les supérettes de quartier type Alepa ou Sale sont pratiques mais un peu plus chères.

Les marchés couverts (Kauppahallit) proposent une belle sélection de produits frais, poissons, fromages et spécialités régionales, souvent à des prix un peu plus élevés mais avec une qualité perçue comme meilleure.

Quelques prix courants

À titre d’ordre de grandeur, on trouve en moyenne :

Prix des produits de consommation courante en France

Aperçu des prix moyens pour une sélection de produits alimentaires et de biens de consommation en France. Les fourchettes de prix peuvent varier selon les régions et les enseignes.

Lait (1 L)

Environ 1,15 à 1,30 €

Pain (1 pain)

Vers 2,10 à 2,50 €

Œufs (douzaine)

Autour de 3 €

Blanc de poulet (1 kg)

Entre 10 et 12 €

Bœuf (1 kg)

Autour de 14 €

Pommes (1 kg)

Environ 3 €

Bière locale (0,5 L)

Vers 2,90 à 3 € en supermarché

Vin de gamme moyenne

Autour de 13 € la bouteille

Cigarettes (paquet de 20)

Autour de 10 à 11 €

La structure fiscale joue un rôle majeur : la TVA sur les produits alimentaires est à 14 %, tandis que l’alcool supporte une TVA plus élevée et des droits d’accise importants. Résultat : la Finlande est l’un des pays les plus chers de l’UE pour les boissons alcoolisées, avec un niveau de prix plus de 100 % au‑dessus de la moyenne européenne.

Sortir au restaurant

Manger au restaurant est clairement un plaisir occasionnel plutôt qu’une habitude quotidienne pour la plupart des ménages. Les prix moyens se situent à des niveaux élevés, surtout à Helsinki.

En chiffres :

70-80

Coût moyen d’un menu trois plats pour deux personnes dans un restaurant de gamme moyenne, sans consommation excessive d’alcool.

À Helsinki, un déjeuner “business” avec plat du jour (“lounas”) se trouve plutôt autour de 12–15 €. Dans des villes comme Tampere ou Turku, la moyenne des buffets de midi tourne davantage autour de 12–13 €. Les buffets asiatiques ou de sushi oscillent entre 13 et 20 €.

La comparaison avec les pays voisins ou le Royaume‑Uni montre que :

un repas au restaurant en Finlande est souvent plus cher que dans la plupart des pays d’Europe centrale ;

– mais un repas rapide ou une cantine de supermarché peuvent rester dans une fourchette raisonnable de 10–13 €.

Les Finlandais compensent en cuisinant beaucoup chez eux, en profitant des promotions sur les produits proches de la date de péremption (réductions fréquentes de 30 à 50 %) et des programmes de fidélité K‑Plussa ou S‑Etukortti.

Transports : transports publics efficaces, voiture coûteuse

La Finlande dispose d’un système de transport public très structuré, particulièrement dans la région d’Helsinki. Pour un expatrié, cela permet souvent de vivre sans voiture, surtout en ville, ce qui réduit notablement les coûts.

Transports urbains

Dans la plupart des grandes villes, un abonnement mensuel de transports en commun revient à environ 50–70 €. Au niveau national, on retient souvent un forfait de 60 € pour un pass mensuel classique.

En pratique :

– un ticket simple coûte autour de 3–3,20 € ;

– un abonnement mensuel dans une grande agglomération se situe généralement à 55–66 € (ex. Helsinki, Tampere, Turku) ;

– les étudiants bénéficient de réductions pouvant ramener un abonnement mensuel vers 35–40 €.

70

C’est le coût approximatif en euros d’un pass mensuel pour les deux zones centrales de transport à Helsinki.

Taxis, voiture et carburant

Les taxis sont fiables et sûrs, mais chers pour un usage quotidien. Le prix de départ se situe autour de 7–8 €, le kilomètre autour de 2 €, et l’attente à 50–60 € de l’heure environ. Un court trajet urbain se facture facilement 10–20 €, un trajet plus long 30–60 €.

La voiture personnelle implique des dépenses significatives :

carburant autour de 1,80–1,95 €/L (c’est‑à‑dire près de 7 €/gallon) ;

assurance automobile souvent comprise entre 600 et 1 200 € par an ;

entretien et pneus hiver obligatoires, qui ajoutent au coût.

Un véhicule compact neuf de type Volkswagen Golf ou Toyota Corolla dépasse facilement 30 000 €.

Bon à savoir :

Pour un expatrié vivant en ville, posséder une voiture n’est généralement rentable que pour des besoins spécifiques, comme avoir une famille nombreuse ou effectuer des déplacements fréquents hors de l’agglomération. Dans les grandes villes, les transports en commun, combinés à l’usage du vélo ou des trottinettes en free-floating, suffisent généralement pour les déplacements quotidiens.

Déplacements interurbains

Pour les voyages plus longs, les trains de la compagnie VR relient efficacement les grandes villes (Helsinki–Tampere, Helsinki–Turku, Helsinki–Oulu, etc.). Les billets varient en fonction de l’anticipation et de la fréquence, mais à titre indicatif :

Helsinki–Tampere tourne autour de 18–25 € ;

Helsinki–Turku autour de 15–22 € ;

Helsinki–Rovaniemi (de nuit) peut coûter 60–90 € en siège, davantage avec couchette.

Les bus longue distance low‑cost (Onnibus, Matkahuolto) offrent une alternative moins chère, avec des tarifs d’appel très bas si l’on réserve tôt.

Santé : un système public solide et peu coûteux pour les résidents

Pour les expatriés bénéficiant d’une résidence permanente (et d’un enregistrement municipal), le système de santé finlandais constitue un avantage financier majeur. Les soins sont loin d’être gratuits, mais les plafonds de participation et les remboursements limitent fortement le risque de dépenses catastrophiques.

Accès et coûts dans le système public

Tout résident permanent ayant un “municipalité de résidence” peut utiliser les centres de santé publics moyennant des frais modérés. La loi encadre strictement les tarifs maximum.

Quelques repères :

41

Montant maximum de la redevance annuelle pouvant remplacer le forfait de 23 € par consultation chez un médecin généraliste en centre de santé.

Les mineurs de moins de 18 ans sont en pratique très largement pris en charge sans frais directs. Il existe en outre un plafond annuel pour l’ensemble des frais de santé publics : une fois ce plafond atteint, la plupart des traitements sont dispensés sans participation supplémentaire (à l’exception de certains séjours ou services spécifiques).

Bon à savoir :

Pour les touristes et séjours courts, seuls les soins d’urgence sont garantis. Leur coût doit être pris en charge soit par une assurance santé privée, soit directement par le patient. Il est donc fortement recommandé de souscrire une assurance internationale avant votre arrivée.

Assurance privée et coûts hors système public

Beaucoup d’employeurs offrent une assurance santé privée qui donne accès plus rapide aux spécialistes et à des cliniques privées. Pour un expatrié sans couverture d’entreprise, une assurance internationale coûte en général entre 50 et 150 € par mois, selon l’âge et l’étendue des garanties.

Les tarifs en clinique privée sont nettement plus élevés que dans le public :

consultation simple chez un généraliste : 50–100 € ;

consultation chez un spécialiste : 100–250 € ;

actes d’imagerie (IRM, etc.) : plusieurs centaines d’euros.

Les remboursements versés par Kela sur ces coûts privés sont partiels, d’où l’intérêt d’un bon contrat d’assurance si l’on prévoit d’y avoir recours fréquemment.

Enfants, garde et scolarité : un coût maîtrisé grâce au secteur public

La Finlande est souvent citée comme un très bon pays pour élever des enfants, et l’analyse budgétaire confirme que le système public joue un rôle majeur dans le contrôle des coûts.

Garde d’enfants et préscolaire

L’éducation de la petite enfance (varhaiskasvatus) est organisée au niveau municipal et fortement subventionnée. Les parents paient des frais en fonction de leur revenu, de la taille du foyer et du nombre d’heures de garde.

Pour la garde municipale à plein temps, la loi fixe un plafond national. Les montants récents dans les grandes villes sont les suivants :

frais mensuels maximum pour le plus jeune enfant : 311 € ;

– pour le deuxième enfant : 40 % du montant du plus jeune (soit un maximum de 124 €) ;

– pour les suivants : 20 % (maximum 62 €).

Bon à savoir :

Le coût de la garde dépend des revenus du foyer et peut être fortement réduit, voire quasi gratuit en dessous d’un certain seuil. De plus, les municipalités appliquent des réductions si les parents optent pour des jours réguliers sans garde (ex. : jours ‘off’ mensuels).

Le préscolaire (année précédant l’entrée à l’école, vers 6 ans) est gratuit pour quatre heures par jour. La garde complémentaire au‑delà de ce quota est facturée selon un barème réduit (20 à 65 % du plein tarif).

Les structures privées (crèches, jardins d’enfants) facturent davantage, souvent entre 8 et 15 € de l’heure, mais une allocation spéciale de Kela (private day care allowance), éventuellement complétée par une aide municipale, vient réduire le coût net et l’aligner assez souvent sur celui du public pour les familles résidentes.

École et enseignement supérieur

L’école obligatoire (école de base et lycée) est gratuite, manuels et repas compris. L’éducation est obligatoire jusqu’à 18 ans, et les familles n’ont pas à payer de frais de scolarité pour les établissements publics.

8800

Le coût annuel minimum d’une école primaire internationale par enfant est d’environ 8 800 €.

Pour l’enseignement supérieur, les étudiants originaires de l’UE/EEE ne paient pas de frais de scolarité dans les universités publiques. Les étudiants hors UE/EEE doivent s’acquitter de frais qui se situent typiquement entre 8 000 et 20 000 € par an pour des bachelors ou masters en anglais, selon l’université (par exemple, environ 13 000–18 000 € à l’Université de Helsinki, 12 000–15 000 € à Aalto). Les doctorats restent généralement exemptés de frais.

Pour un expatrié avec enfants, le choix entre système finlandais gratuit (mais en finnois ou en suédois, même si certains cursus bilingues existent) et école internationale payante pèse lourdement sur le budget.

Salaires, fiscalité et pouvoir d’achat

Pour mesurer le coût de la vie, il faut l’articuler aux salaires. La Finlande offre des rémunérations nettes plutôt élevées, un système fiscal progressif et une protection sociale généreuse, ce qui modère le ressenti du “coût élevé” pour les résidents à plein temps.

Salaires moyens et niveaux de vie

Les estimations d’indices de salaires nets après impôt situent la moyenne nationale autour de 2 600 à 2 700 € nets par mois, avec des différences faibles entre Helsinki et Tampere dans les données agrégées (écart de quelques dizaines d’euros).

Pour vivre confortablement, les études de terrain indiquent qu’il faut viser approximativement :

1500

Le budget mensuel hors logement pour une famille de quatre personnes en France varie entre 1 500 et 2 800 euros.

Ces montants doivent être mis en regard des loyers locaux. À Helsinki, un célibataire payant seul un T2 en centre‑ville aura besoin d’un revenu net significativement plus élevé que son homologue à Tampere partageant un appartement.

Impôts et taxes à la consommation

Tous les prix affichés en magasin incluent la TVA, ce qui simplifie la perception des coûts pour l’expatrié. Le taux standard est passé à 25,5 % en 2024, ce qui renchérit la plupart des biens et services. Un taux réduit de 14 % s’applique à l’alimentation et à la restauration, tandis que certaines activités (livres, hôtels, transports de passagers, médicaments) bénéficient d’un taux à 10 %.

Bon à savoir :

Le système fiscal suédois combine un impôt d’État progressif, un impôt municipal et des cotisations sociales. Malgré cette pression fiscale, les salariés expatriés bénéficient de salaires bruts élevés qui permettent de maintenir un niveau de vie suffisant face au coût de la vie, grâce à une couverture sociale complète (santé, chômage, retraite).

Loisirs, sport, vie sociale : combien ça coûte de profiter du pays ?

Une fois le loyer et les factures payés, qu’en est‑il du budget loisirs ? Ici encore, la Finlande propose un mélange de services payants à tarif scandinave, et d’activités nature quasiment gratuites.

Sport, culture, sorties

Une adhésion mensuelle à une salle de sport oscille entre 30 et 60 €, avec une moyenne observée autour de 40 €. Beaucoup de salles sont ouvertes 24 h/24 et comportent des saunas, incluse dans l’abonnement.

Pour la culture et les sorties :

billet de cinéma : environ 13–15 € ;

musée national ou grande galerie : 12–18 € ;

concert ou théâtre de qualité : de quelques dizaines à près de 100 € pour les meilleures places.

3500

Crédit d’impôt annuel maximum par personne pour certains services à la personne, permettant de réduire significativement la facture nette.

Activités gratuites ou peu coûteuses

Le revers positif de cette cherté des services est la profusion d’activités gratuites ou très bon marché :

randonnées en forêt, lacs, parcs nationaux (libre accès) ;

– bibliothèques municipales, très bien dotées, proposant parfois des clubs de langues, des expositions et même des prêts d’équipements ;

– baignades dans les lacs et mer en été, observation des aurores boréales au nord, patinage en extérieur l’hiver.

Globalement, le coût élevé tend à encourager un mode de vie tourné vers la nature, la cuisine maison et les loisirs peu monétisés, en cohérence avec la culture locale.

Stratégies pour maîtriser son budget d’expatrié en Finlande

Face à ces niveaux de prix, un expatrié dispose de plusieurs leviers pour garder la main sur ses dépenses sans sacrifier sa qualité de vie.

S’installer à distance raisonnable du centre‑ville, voire dans une ville comme Tampere ou Turku plutôt qu’à Helsinki, permet de réduire d’emblée le budget logement de 20 à 30 %. Partager un appartement au début, surtout dans la région capitale, est quasi systématique chez les étudiants et jeunes actifs.

Pour l’alimentation, passer par les chaînes discount et cuisiner chez soi reste la meilleure arme. Chercher systématiquement les produits proches de la date limite, profiter des programmes de fidélité, acheter quelques produits de base en vrac permettent de rester dans la fourchette basse (250–300 €/mois pour une personne seule).

Astuce :

Pour réduire les dépenses de transport, optez pour un abonnement mensuel aux transports en commun et utilisez le vélo. Cela permet d’éviter les coûts élevés liés à la voiture, tels que l’assurance, le carburant et le stationnement. Par exemple, à Helsinki, le prix d’un pass mensuel couvrant les zones principales reste nettement inférieur au coût fixe mensuel d’une voiture, même modeste.

La négociation et la vigilance au moment de signer un bail sont cruciales : vérifier ce qui est inclus dans le loyer (chauffage, eau, internet ou non), demander des précisions sur les montants moyens de charges, repérer les équipements qui justifient un surcoût (sauna, balcon, ascenseur) pour décider si l’on en a réellement besoin.

Enfin, utiliser intelligemment le système finlandais – allocations familiales, aides au logement pour les revenus modestes, garde municipale subventionnée, crédits d’impôt pour les services à domicile – permet d’amortir le niveau général de prix.

Conclusion : un coût élevé, mais une valeur perçue forte

Vivre en Finlande en tant qu’expatrié, surtout dans la région d’Helsinki, suppose d’accepter un coût de la vie élevé, en particulier pour le logement, la restauration et certains services personnels. Pourtant, ce coût s’accompagne d’un ensemble de contreparties rares : sécurité, services publics efficaces, système scolaire et de santé de grande qualité, infrastructures performantes, environnement naturel préservé.

Bon à savoir :

Sur le plan financier, la Finlande n’est pas une destination économique par rapport à l’Europe centrale. Cependant, comparée à des villes comme Londres ou aux grandes métropoles américaines, elle présente des avantages : des loyers nettement plus bas, un système social protecteur et un niveau de vie global élevé, particulièrement intéressant pour les familles.

Pour l’expatrié bien préparé, ayant évalué son budget logement, ses besoins en garde d’enfants et en écoles, et capable d’adopter certains réflexes locaux (transports publics, cuisine maison, loisirs nature), la Finlande peut être non seulement vivable, mais confortable, malgré des prix parfois vertigineux vus depuis d’autres pays.

La clé reste de s’informer en amont, de choisir sa ville en connaissance de cause et d’ajuster ses attentes de consommation au contexte nordique. C’est à ce prix – au sens propre comme au figuré – que le “pays le plus heureux du monde” devient un projet réaliste pour un expatrié.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un futur retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier de plus d’un million d’euros bien structuré en Europe, souhaite s’expatrier en Finlande pour optimiser sa fiscalité et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Finlande, Portugal, Grèce, Chypre), la stratégie retenue consiste à cibler la Finlande pour sa stabilité institutionnelle, son système fiscal prévisible, sa haute qualité de vie et son excellent système de santé public, tout en restant dans l’UE et la zone euro. La mission inclut : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, report d’imposition), obtention de la résidence avec location ou achat de logement, gestion de la protection sociale (coordination CNAS/CPAM – Kela), transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, spécialiste immigration, conseils bilingues) et intégration patrimoniale (analyse, éventuelle restructuration, préparation de la transmission).

Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.

Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.

RETROUVEZ-MOI RÉGULIÈREMENT DANS LA PRESSE

Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.

A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux :
  • LinkedIn
  • Twitter
  • YouTube
Nos guides :