S’installer en Finlande en tant qu’expatrié : mode d’emploi complet

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Finlande attire de plus en plus de candidats au départ, et ce n’est pas un hasard. Le pays arrive en tête des classements mondiaux du bien‑être depuis plusieurs années, cumule sécurité, nature omniprésente, institutions efficaces et qualité de vie rarement égalée. Mais derrière cette image idéale se cache une réalité très encadrée : immigration strictement régulée, démarches administratives digitalisées et marché de l’emploi exigeant.

Bon à savoir :

Ce guide fournit un panorama pratique, basé sur des données récentes, pour préparer votre installation au Canada. Il couvre toutes les étapes essentielles : l’obtention du visa, la recherche d’un logement, l’évaluation du coût de la vie, ainsi que les aspects liés à la santé, à la scolarité des enfants et à l’intégration dans la société.

Comprendre le “modèle Finlande” avant de partir

Arriver préparé suppose de comprendre quelques grands traits qui structurent la société. La Finlande est un pays de 5,64 millions d’habitants, à la fois très moderne et profondément attaché à la nature. Les forêts, lacs (près de 188 000), parcs nationaux et archipels font partie du quotidien, tout comme les hivers longs et sombres, compensés par des intérieurs ultra cosy et une culture du bien‑être (saunas, cafés, loisirs en plein air).

81,7

L’espérance de vie en Finlande est d’environ 81,7 ans, reflétant un système de santé et un cadre de vie de qualité.

L’anglais est largement parlé, surtout chez les plus jeunes et en ville (environ 70 % de la population a un bon niveau), mais les langues officielles restent le finnois et le suédois. Pour un expatrié, pouvoir fonctionner en anglais est souvent suffisant au départ, mais l’accès à de nombreux emplois et à une intégration plus profonde passe par l’apprentissage du finnois.

Visas, permis de séjour et cadre légal : ce qu’il faut vraiment savoir

Pour les ressortissants hors UE/EEE/Suisse, un permis de séjour est la clé d’entrée pour travailler légalement en Finlande. Les citoyens de l’UE/EEE/Suisse n’ont pas besoin de permis de travail, mais doivent enregistrer leur droit de séjour au‑delà de 90 jours. Les citoyens des pays nordiques (Suède, Norvège, Danemark, Islande) bénéficient encore de démarches simplifiées, mais doivent également se déclarer s’ils restent plus de 6 mois.

Le cœur du système, pour les travailleurs, est géré par le Service finlandais de l’immigration (Migri), avec une plateforme en ligne, Enter Finland, qui centralise la plupart des demandes. Dans la plupart des cas, la première demande doit être faite depuis l’étranger et confirmée par une visite en ambassade ou consulat pour l’identification biométrique.

Les principaux types de permis de travail

Le paysage des permis est assez finement découpé. Pour un candidat à l’expatriation, quelques catégories sont particulièrement importantes.

Attention :

Le permis de séjour pour travailleur salarié (TTOL) est destiné aux non‑européens sous contrat local. Sa durée varie de 1 à 4 ans et son octroi est conditionné à un test du marché du travail, exigeant que l’employeur prouve l’absence de candidats locaux ou européens qualifiés pour le poste.

Pour les profils très qualifiés, la Finlande a mis en place des voies accélérées. Le permis spécialiste cible les experts IT, ingénieurs, managers, avec un salaire minimum fixé par la loi (par exemple au‑delà de 3 600 € brut mensuels dans les références récentes) et bénéficie d’un traitement rapide et sans test du marché du travail. L’EU Blue Card s’adresse à des profils encore plus qualifiés, avec diplôme supérieur ou expérience équivalente et seuil de rémunération plus élevé (plus de 5 400 € brut mensuels).

S’ajoutent des permis spécifiques pour chercheurs, start‑upers soutenus par Business Finland, entrepreneurs, saisonniers (agriculture, foresterie, tourisme, avec parfois des programmes sur 5 ans), au pair, personnels religieux, etc. Pour les diplômés d’un établissement finlandais, un visa “chercheur d’emploi” d’un an permet de rester pour trouver un poste.

Astuce :

Pour embaucher légalement, l’employeur doit être une entité finlandaise officiellement enregistrée. Il est tenu de fournir un contrat de travail conforme aux conventions collectives en vigueur, de déclarer l’embauche aux autorités de l’emploi compétentes, et de pouvoir présenter sur demande ses documents comptables et fiscaux afin de justifier de la solidité financière de l’entreprise.

Délais, coûts et renouvellement

Les délais varient de quelques semaines (voie express pour spécialistes) à plusieurs mois pour les permis standard. Les frais, eux, sont assez stables : environ 240 € pour une demande en ligne de premier permis de travail, 350 € pour une version papier. Chaque membre de la famille qui vous accompagne doit déposer sa propre demande, avec des frais similaires.

Un permis de travail est généralement lié à un employeur et à un poste. En cas de changement d’employeur, il faut en principe redéposer une demande. Après plusieurs années de séjour continu, il est possible de viser un permis permanent ou un statut de résident de longue durée UE, mais la loi s’est nettement durcie : la durée de séjour exigée est passée de 4 à 6 ans, avec des conditions d’intégration renforcées (niveau de langue, historique d’emploi, revenus, absence de recours prolongé aux aides sociales).

Le message sous‑jacent est clair : le système encourage une intégration réelle (travail, apprentissage du finnois ou du suédois, respect des règles), plutôt que des installations “théoriques”.

Villes, emploi et choix de destination

Choisir sa ville d’arrivée est un point stratégique, surtout si vous venez sans poste garanti. La Finlande concentre une part importante de son économie dans quelques grands pôles urbains, mais offre aussi des options plus abordables en province ou dans le nord.

Les grands pôles urbains

Helsinki est le centre névralgique du pays : capitale politique, économique et culturelle, cœur d’une aire métropolitaine de plus de 1,5 million d’habitants avec Espoo et Vantaa. C’est là que se trouve la plus grande concentration d’emplois, notamment dans la tech, la finance, les services, l’industrie maritime, les industries créatives. De nombreuses multinationales et champions nationaux (Nokia, Kone, Neste, Supercell, Rovio, Wolt) y ont leur siège.

Espoo, deuxième ville du pays, est un véritable hub technologique, parfois décrit comme la “Silicon Valley finlandaise”, surtout autour du campus d’Aalto à Otaniemi. Vantaa, qui abrite l’aéroport d’Helsinki, est davantage tournée vers la logistique et le transport aérien (Finnair et écosystème associé).

Exemple :

Tampere, troisième ville de Finlande, s’est spécialisée dans les technologies de la santé, le manufacturing intelligent et le jeu vidéo, offrant un coût de la vie plus abordable qu’Helsinki. Turku, l’ancienne capitale sur la côte sud-ouest, allie une forte présence universitaire, des secteurs dynamiques comme la biotechnologie et la logistique maritime, ainsi qu’un riche patrimoine historique. Plus au nord, Oulu, surnommée la ‘Silicon Valley du Nord’, capitalise sur une tradition de recherche en technologies sans fil, héritée de l’ère Nokia, pour maintenir son leadership technologique.

Plus loin, des villes comme Jyväskylä (éducation), Kuopio (santé, technologies médicales), Vaasa (énergie), Rovaniemi (tourisme arctique), Savonlinna, Rauma, Pori ou Hämeenlinna offrent un cadre plus calme, un coût de la vie inférieur et, parfois, un marché de l’emploi plus restreint, souvent dépendant de la maîtrise du finnois.

Coût de la vie selon les villes

Le pays est globalement cher : 8ᵉ pays le plus coûteux d’Europe, avec un coût de la vie environ 1,44 fois plus élevé que la moyenne mondiale. Mais les écarts internes sont importants.

On peut résumer quelques ordres de grandeur pour une personne seule, logement compris, en euros par mois :

VilleCoût mensuel estimé personne seuleCommentaire
Espoo≈ 2 139 €La plus chère du pays
Helsinki≈ 2 044 €2ᵉ plus chère, mais plus d’emplois
Vantaa≈ 1 850 €Métropole, plus abordable
Tampere≈ 1 691 €Tech, culture, coût modéré
Turku≈ 1 718 €Ville historique, port, universités
Oulu≈ 1 593 €Hub tech du nord
Rovaniemi≈ 1 297 €Ville arctique, tourisme, plus abordable
Savonlinna≈ 1 213 €Ville lacustre très abordable
Rauma≈ 1 142 €Port, vieille ville UNESCO

À l’échelle du pays, une famille de quatre personnes dépense en moyenne autour de 4 787 € par mois (logement inclus), et une personne seule environ 1 733 €. Cela se situe en dessous des grandes métropoles de l’Ouest (Londres, certaines villes américaines), mais au‑dessus de pays comme l’Allemagne ou les Pays‑Bas pour certains postes.

Pour se situer, voici une comparaison synthétique famille de quatre / personne seule (logement inclus) :

Pays / VilleFamille de 4 (€/mois)Personne seule (€/mois)
Finlande (moyenne)≈ 4 787 €≈ 1 733 €
Allemagne≈ 5 048 €≈ 1 880 €
Pays‑Bas≈ 5 589 €≈ 2 352 €
Royaume‑Uni≈ 5 338 €≈ 2 210 €
États‑Unis (hors loyer)≈ 6 419 €≈ 1 055 € (sans loyer)

On voit que la Finlande n’est pas la plus chère, mais demeure dans le haut du panier européen, avec en contrepartie un niveau de services public et une qualité de vie parmi les meilleurs.

Marché du travail : réalités et contraintes

Trouver un emploi n’a rien d’automatique. La concurrence est forte, et l’exigence linguistique parfois élevée. Les opportunités anglophones se concentrent dans la tech, l’IT, l’ingénierie, la recherche, quelques multinationales et secteurs très spécialisés. Pour les postes en contact direct avec le public, dans l’administration, l’éducation ou la santé, la maîtrise du finnois (et parfois du suédois) reste quasi indispensable.

Trouver un emploi en Finlande pour anglophones

Ressources clés pour identifier des opportunités professionnelles et bénéficier d’un accompagnement en Finlande, sans maîtriser le finnois.

Recherche d’offres d’emploi

LinkedIn est la plateforme principale pour repérer les offres d’emploi destinées aux professionnels anglophones en Finlande.

Services d’accompagnement publics

Les services municipaux ou agences de développement économique de villes comme Helsinki, Turku, Tampere et Oulu accompagnent les talents internationaux dans leur intégration.

Solutions de portage salarial international

Des sociétés privées telles que Deel, Remote et G-P (Globalization Partners) proposent des services de type ‘Employer of Record’ pour faciliter l’embauche.

Avant de déménager, il est vivement conseillé d’obtenir une offre ferme, de vérifier que le salaire respecte les minima de la branche et permet de couvrir le coût de la vie locale, et de clarifier avec l’employeur sa capacité à vous sponsoriser dans la durée (notamment si vous visez à terme un permis permanent).

Logement : un marché organisé mais souvent tendu

Le marché locatif finlandais se distingue par sa transparence, son encadrement légal strict et des droits solides pour les locataires, mais aussi par une forte tension dans les grandes villes et des loyers élevés dans la région d’Helsinki.

À l’échelle nationale, le loyer moyen tourne autour de 13 €/m², mais grimpe à 20 €/m² dans la métropole capitale. À Helsinki, la taille moyenne des appartements est d’environ 63 m², bien en dessous de la moyenne nationale (près de 80 m²).

Types de logements et ordre de prix

On distingue plusieurs grands types de logement : locations privées libres, logements subventionnés (ARA), logements étudiants, colivings meublés, appartements de services (plus chers, mais flexibles) et formules hybrides (droit d’occupation, propriété partielle, etc.). Pour un expatrié, la location privée ou le logement étudiant sont les portes d’entrée les plus courantes.

Quelques repères de loyers mensuels :

Ville / TypeStudio / 1 pièce1 chambre centre1 chambre hors centreRemarques
Helsinki600–700 €1 000–1 400 €900–1 100 €Marché très concurrentiel
Espoo500–650 €850–1 200 €800–1 000 €Moins cher qu’Helsinki
Vantaa500–650 €800–1 150 €750–950 €Proximité aéroport, trains
Tampere450–600 €700–1 000 €650–850 €Bon compromis coût/qualité
Turku450–600 €650–900 €600–800 €Coût de vie modéré
Petites villes400–500 €500–750 €450–650 €Plus accessible

Les résidences étudiantes (HOAS à Helsinki, TOAS à Tampere, etc.) restent l’option la plus abordable pour les étudiants : environ 350–500 € pour une chambre en colocation, 500–800 € pour un studio, souvent charges d’eau, chauffage et parfois internet inclus.

Coûts annexes et cautions

L’entrée dans un logement s’accompagne souvent d’un dépôt de garantie de 1 à 3 mois de loyer, ainsi que de frais annexes. Il faut prévoir :

100–250

C’est le coût annuel, en euros, de l’assurance habitation, qui est obligatoire pour tout logement en Finlande.

Dans les faits, le logement peut représenter 30 à 40 % du revenu net d’un ménage.

Trouver un logement : outils et obstacles

La plupart des recherches passent par des portails spécialisés (Vuokraovi, Oikotie, Etuovi, Tori), de grands bailleurs privés (Lumo, Sato, Avara, etc.), les sociétés municipales (Heka à Helsinki) ou les groupes Facebook et Marketplace, très utilisés pour les sous‑locations et colocs.

Pour déposer un dossier, les propriétaires exigent généralement : un justificatif de revenus, une pièce d’identité, un contrat de travail, des références de précédents bailleurs, et éventuellement un garant.

– un numéro d’identité finlandais (henkilötunnus) ;

– une identité vérifiée via l’authentification forte (souvent les identifiants bancaires) ;

– une preuve de revenus ou de contrat de travail ;

– parfois des références.

C’est un véritable cercle : sans henkilötunnus ni compte bancaire, il est plus difficile de louer, et sans adresse fixe, on a plus de mal à obtenir ces identifiants. Beaucoup de nouveaux arrivants optent donc pour une solution temporaire (Airbnb, Forenom, résidences meublées Noli, etc.) un ou deux mois, le temps de boucler les démarches.

Le marché est globalement sain, mais les arnaques existent, surtout en ligne. Évitez de verser un dépôt avant de visiter le logement (ou de mandater une personne de confiance), méfiez‑vous des loyers anormalement bas et des propriétaires qui prétendent être à l’étranger et ne peuvent montrer l’appartement.

Coût de la vie au quotidien : à quoi ressemble un budget type ?

Une fois le logement réglé, reste à couvrir les frais courants : alimentation, transports, santé, communications, loisirs, scolarité des enfants. La structure de coût est assez prévisible.

Nourriture et courses

Les grandes enseignes sont K‑Market, S‑Market et Lidl (généralement la moins chère), complétées par des petites supérettes (Sale, Alepa) et des halles couvertes (kauppahallit). Pour l’épicerie courante, on peut estimer :

personne seule : 250–350 € par mois ;

couple : 400–600 € ;

famille de quatre : 800–1 200 €.

Quelques prix moyens :

ProduitPrix moyen (approx.)
Lait (1 L)1,16–1,18 €
Pain blanc (500 g)2,12–2,49 €
Oeufs (12)2,87–3,11 €
Poulet frais (1 kg)≈ 12,06 €
Fromage local (1 kg)7,82–8,64 €
Pommes (1 kg)2,25–2,42 €
Pommes de terre (1 kg)1,19–1,25 €

Sortir au restaurant reste possible mais onéreux si l’on en fait une habitude : un repas simple dans un petit resto coûte autour de 14–16 €, un menu pour deux dans un établissement de gamme moyenne tourne autour de 80–90 €. En revanche, les menus du midi (souvent entre 11 h et 14 h, plat + salade + café) sont une bonne affaire, avec des prix nettement inférieurs au service du soir.

Transports : efficace mais pas gratuit

Les transports publics sont très bien organisés, y compris en hiver. VR assure les trains longue distance, Onnibus et Matkahuolto les bus interurbains low‑cost, HSL gère les transports d’Helsinki (bus, tram, métro, trains, ferries).

72

Le coût approximatif d’un abonnement mensuel de transport en commun à Helsinki.

S’ajoutent les déplacements longue distance : compter environ 18–25 € pour un train Helsinki–Tampere, 60–90 € pour un train de nuit Helsinki–Rovaniemi.

Santé, assurances et bien‑être

Pour les résidents enregistrés, la Finlande offre un système de santé public de très haut niveau, financé par l’impôt, avec des tickets modérateurs raisonnables. Concrètement, une consultation chez le médecin de santé publique coûte au maximum autour de 23 € (tarif plafonné, facturé jusqu’à 3 fois par an). De nombreuses prestations (visites infirmières, examens de labo ou radiologie réalisés dans le public, suivi maternité et pédiatrique, soins d’urgence) sont gratuites.

Le privé, lui, est environ trois fois plus cher. Une consultation chez un généraliste privé coûte typiquement 60 à 100 €, une consultation spécialiste 100 à 150 €, un scanner ou une IRM plusieurs centaines d’euros. La caisse de sécurité sociale Kela rembourse partiellement certaines dépenses, y compris pour les médicaments et les déplacements médicaux, mais il est fréquent de souscrire en plus une assurance privée, notamment lorsqu’on n’est pas encore couvert par le système finlandais (expatriés en début de séjour, nomades digitaux, familles accompagnantes).

55-80

Coût mensuel d’une assurance santé privée internationale pour un expatrié non intégré au système public, pour une couverture de base.

Une particularité finlandaise : la plupart des employeurs sont légalement tenus de fournir à leurs employés un service de médecine du travail, souvent en partenariat avec des cliniques privées, ce qui donne accès à un canal de soins privilégié, gratuit pour le salarié.

Communications, internet et banque

La Finlande dispose d’un des réseaux internet les plus rapides et les plus stables d’Europe. Les principaux fournisseurs sont Elisa, DNA et Telia, avec des abonnements allant de 100 Mbit/s à 1 Gbit/s pour environ 23 € à plus de 40 € par mois. Les forfaits mobiles, eux, démarrent autour de 6 € (chez des opérateurs type Moi, sans data illimitée) et montent à 30–40 € pour des forfaits illimités.

Le pays est largement sans espèces : disposer d’un compte bancaire local et de moyens d’authentification forte est quasi indispensable pour les paiements, les abonnements, les démarches administratives, la location d’un logement, l’accès à certains services municipaux ou au système de santé en ligne. L’ouverture d’un compte peut néanmoins prendre du temps, notamment pour les non‑européens, et suppose d’avoir obtenu un numéro d’identité finlandais et, souvent, une preuve de résidence.

Démarches administratives clés : numéro d’identité, municipalité, services en ligne

Dès l’arrivée, une priorité se détache : obtenir un numéro d’identité finlandais (henkilötunnus), s’enregistrer auprès de l’Agence des données de population (DVV) et, si l’on vient s’installer pour au moins un an, faire reconnaître une municipalité de résidence (kotikunta).

Le henkilötunnus, sésame du quotidien

Ce numéro d’identification personnel, composé de 11 caractères (date de naissance et code unique), est l’équivalent d’un numéro de sécurité sociale. Sans lui, de nombreuses démarches deviennent compliquées, voire impossibles : ouverture d’un compte bancaire, abonnement téléphonique, contrat de travail, accès aux services de Kela, inscription dans certains services municipaux, réductions transports (HSL), etc.

Il peut être attribué :

au moment où Migri délivre le premier permis de séjour (pour certains ressortissants) ;

– ou lors de l’enregistrement au DVV après l’arrivée.

L’inscription suppose de remplir un formulaire spécifique (“Registration information of a foreigner”), de se présenter physiquement à un bureau du DVV avec un passeport valide, la carte de permis de séjour, les documents d’état civil (mariage, naissance des enfants, légalisés et le cas échéant traduits), ainsi que, pour les étudiants ou chercheurs, les lettres d’admission ou d’invitation.

Procédure d’inscription au registre de la population (DVV)

Après enregistrement, le DVV fournit un extrait du registre des populations mentionnant vos données et votre numéro, par courrier, email ou remise en main propre.

La municipalité de résidence et les services associés

Obtenir une municipalité de résidence est une étape déterminante si l’on compte rester au moins un an. Le DVV statue sur ce point au moment de l’enregistrement. Une fois la kotikunta accordée, vous êtes rattaché à une commune, ce qui ouvre l’accès à :

la santé publique municipale (centres de santé, hôpitaux régionaux) ;

les écoles et garderies municipales ;

certaines aides au logement (par l’intermédiaire de Kela) ;

la possibilité de demander une carte d’identité finlandaise ou un permis de conduire local.

Bon à savoir :

Les personnes en séjour de courte durée (comme les étudiants d’échange) peuvent obtenir un numéro d’identité sans inscription communale (kotikunta), mais cela limite leur accès à l’ensemble des services municipaux.

Services numériques : Suomi.fi et authentification forte

Une grande partie des démarches administratives passe par la plateforme Suomi.fi, qui centralise l’accès à de nombreux services publics : messagerie officielle, délégations de pouvoir, consultation de ses données dans les registres, formulaires électroniques, etc. La connexion se fait via un système d’authentification partagé, basé soit sur l’identification bancaire, soit sur des moyens délivrés par le DVV.

La tendance est clairement à la dématérialisation : à partir de 2026, par exemple, la messagerie Suomi.fi est automatiquement activée dès qu’un usager s’identifie dans un service en ligne d’une autorité, ce qui signifie que les courriers officiels seront de plus en plus fréquemment reçus au format numérique.

Pour un expatrié, cela a deux implications concrètes : il faut obtenir au plus tôt des identifiants d’authentification forte (souvent via une banque finlandaise ou un identifiant DVV) ; et il faut surveiller régulièrement sa messagerie officielle pour ne pas rater des convocations, décisions ou notifications importantes.

Apprendre le finnois et s’intégrer

Même si l’anglais permet de « survivre » dans les grandes villes et les milieux professionnels internationaux, l’apprentissage du finnois change profondément l’expérience d’expatriation. Il ouvre des portes sur le marché de l’emploi, facilite les relations de voisinage, permet d’accéder à des contenus locaux et envoie un signal de respect très apprécié.

Ressources pour apprendre le finnois

Découvrez les principales plateformes et types de structures pour vous aider à apprendre la langue finnoise en Finlande.

Guides pratiques en ligne

Des plateformes comme InfoFinland ou Finland Toolbox détaillent la vie quotidienne, la culture et fournissent des ressources pour apprendre la langue.

Catalogue des cours

Des sites comme finnishcourses.fi recensent les cours disponibles dans les grandes villes (Helsinki, Turku, Tampere, Oulu).

Structures d’enseignement

Universités, universités populaires, centres d’éducation des adultes, associations et projets municipaux proposent une offre très vaste.

Formats d’apprentissage

L’offre va du cours intensif à la “language café” informelle, pour s’adapter à tous les besoins et préférences.

À côté de ces cours institutionnels, une multitude de ressources numériques existent : applications (WordDive, Duolingo, Speakly, Mondly), plateformes de cours audio (Pimsleur), banques de phrases (Glossika), podcasts pédagogiques (FinnishPod101), tuteurs en ligne (Italki, Preply), vidéos YouTube (chaînes “Finnished”, “Easy Finnish”), sites d’exercices (YLE, Kielibuusti, etc.). La plupart adoptent une approche orientée sur le finnois parlé (puhekieli), indispensable pour vraiment comprendre les Finlandais au quotidien.

L’apprentissage est certes ardu, la langue étant agglutinante avec de nombreux cas grammaticaux, mais la prononciation reste régulière et logique, et les Finlandais se montrent en général patients et encourageants envers ceux qui essaient.

Santé, protection sociale et éducation des enfants

Pour une installation familiale, deux questions dominent souvent : la prise en charge médicale et la scolarisation.

Accès aux soins

Toute personne, quelle que soit son origine, a droit aux soins d’urgence. Pour accéder aux soins non urgents dans le public à un tarif résident, il faut en revanche être enregistré dans le système de population et, selon les cas, être reconnu comme résident par Kela (la caisse nationale d’assurance). Les salariés y sont généralement affiliés du fait de leur emploi, de même que les résidents considérés comme installés durablement.

Les citoyens de l’UE/EEE/ Suisse de passage peuvent utiliser leur Carte européenne d’assurance maladie (CEAM) pour des soins nécessaires, tandis que les visiteurs de pays hors UE doivent, eux, disposer d’une assurance privée solide, le système public ne couvrant alors que l’urgence.

Bon à savoir :

Le système de santé est structuré en trois niveaux : les centres de santé primaires municipaux, les hôpitaux de district pour les soins spécialisés et les CHU universitaires pour les cas complexes. Une réforme récente a transféré la responsabilité opérationnelle à 21 ‘comtés de services de bien‑être’, qui coordonnent désormais ensemble les services de santé et les services sociaux.

Les délais pour un rendez‑vous non urgent en soins primaires sont encadrés par une “garantie de délai de prise en charge” (par exemple, 14 jours pour un rendez‑vous de base), mais les régions peinent parfois à tenir ces délais, ce qui pousse certains expatriés vers le privé, au moins ponctuellement.

Écoles internationales et système éducatif

La Finlande est souvent citée comme un modèle éducatif : enseignants tous diplômés au minimum d’un master, grande autonomie pédagogique des écoles, taux de poursuite d’études très élevé (environ 66 % des élèves vont à l’université), forte culture de la lecture. L’obligation scolaire s’étend de 7 à 15 ans (neuf années de peruskoulu), avec ensuite la possibilité de suivre un lycée général (lukio) ou une voie professionnelle.

Bon à savoir :

Pour les familles expatriées, les grandes villes et de nombreuses villes moyennes proposent une large offre d’écoles internationales. Ces établissements dispensent des cursus en plusieurs langues (anglais, français, allemand, russe, suédois, espagnol) via des programmes comme l’IB (International Baccalaureate), des cursus nationaux adaptés ou des écoles accréditées par des organismes étrangers tels que l’AEFE pour le français.

Certaines de ces écoles sont publiques et gratuites (sous réserve de réussir des tests d’entrée et de résider dans la bonne municipalité), d’autres sont privées avec frais de scolarité significatifs. Il est vivement recommandé de se renseigner très en amont, les places étant limitées, notamment à Helsinki, Espoo et Vantaa. La période estivale est moins propice aux démarches, les écoles étant fermées ou difficilement joignables.

Les coûts de garde et de petite enfance restent relativement raisonnables dans le public : crèches municipales avec tarifs dépendant du revenu (30 à 311 € par mois environ), après‑école entre 100 et 300 € par mois, au pair à 300–500 € par mois plus logement et nourriture. Les écoles internationales privées, elles, dépassent fréquemment 8 000 € de frais annuels pour le primaire.

Stratégies financières pour un démarrage sans stress

Une installation réussie en Finlande suppose une certaine marge de manœuvre financière, surtout les premiers mois, le temps de payer les dépôts de garantie, acheter l’équipement de base, attendre le premier salaire et dénouer les lenteurs administratives (banque, Kela, etc.).

Quelques repères de revenus “confortables” fournissent un ordre de grandeur :

étudiant : 550–600 € par mois au strict minimum, un peu plus réaliste autour de 900–1 000 € (hors frais de scolarité pour les non‑européens) ;

– adulte seul : 700–1 500 € selon la ville et le style de vie (gamme basse plutôt en province, haute à Helsinki) ;

– couple : 1 200–1 800 € ;

– famille de quatre : 1 500–2 800 € hors surcoût immobilier dans la capitale.

4900

Budget mensuel net estimé pour une famille avec deux adolescents à Helsinki.

Le ratio moyen “salaire / dépenses” en Finlande est autour de 1,9, ce qui signifie qu’un salaire médian couvre environ deux fois le niveau de dépenses typiques ; mais ce ratio se réduit logiquement dans les grandes villes les plus coûteuses.

Pour éviter les mauvaises surprises, il est judicieux :

de prévoir au moins 2 000 € de trésorerie personnelle par adulte pour l’arrivée (caution logement, titres de transport, téléphone, premiers achats) ;

d’étudier les écarts de coût de la vie entre villes avant de choisir sa destination ;

– de limiter les frais bancaires internationaux en utilisant des solutions multi‑devises (type Wise) pour les virements transfrontaliers ;

– de privilégier la colocation ou les logements subventionnés en début de séjour.

Culture, codes sociaux et réseaux d’expatriés

Au‑delà des chiffres, s’installer en Finlande, c’est aussi apprendre à naviguer dans une culture à la fois discrète et très codifiée. Les Finlandais sont réputés réservés, attachés à leur espace personnel, peu enclins au bavardage superficiel, mais extrêmement fiables, ponctuels et respectueux des engagements. Le silence n’y est pas perçu comme un malaise, mais comme un élément normal de la communication.

3000000

Nombre de saunas en Finlande, un espace social central pour 5,5 millions d’habitants

Pour ne pas se retrouver isolé, il existe des communautés d’expatriés très actives, en particulier dans la région capitale et les grandes villes universitaires. On trouve de nombreux groupes sur les réseaux sociaux, des événements dédiés aux anglophones, des services de support aux nouveaux arrivants (International House Helsinki pour la région d’Helsinki, Business Tampere, BusinessOulu, etc.). Certains coaches en relocation ou consultantes spécialisées accompagnent les familles dans le dédale administratif et scolaire.

Bon à savoir :

Les hivers sont froids et très sombres, surtout dans le nord, tandis que les étés sont lumineux avec le phénomène du soleil de minuit au-delà d’une certaine latitude. Pour compenser ce cycle, les Finlandais excellent à créer des ambiances intérieures chaleureuses et accordent une grande importance aux congés, au temps passé dans la nature et à l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle.

En résumé : réussir son installation en Finlande

S’installer en Finlande en tant qu’expatrié suppose de réunir plusieurs conditions : un projet professionnel solide (ou des études bien préparées), une compréhension claire de la réalité du coût de la vie, une réelle volonté d’intégration (apprentissage de la langue, adoption des codes locaux) et une bonne préparation administrative.

Astuce :

Pour une installation réussie en Finlande, plusieurs points essentiels doivent être anticipés : obtenir un permis de séjour adapté et une offre d’emploi conforme à la législation locale ; établir un budget d’installation réaliste en fonction de la ville choisie ; sécuriser un logement, même temporaire, en comprenant les spécificités du marché locatif. Il est également crucial d’effectuer rapidement les démarches administratives : obtenir un numéro d’identité finlandais, s’enregistrer auprès du DVV (Registre de la population) et acquérir ses identifiants pour les services en ligne. Pensez à vous informer sur le système de santé (public, couverture Kela, assurances privées) et sur la scolarisation des enfants si nécessaire. Enfin, consacrez du temps à bâtir un réseau, au sein de la communauté expatriée comme avec les Finlandais.

Pour ceux qui franchissent ces étapes, la Finlande offre alors ce pour quoi elle est mondialement reconnue : sécurité, éducation d’excellence, environnement préservé, travail valorisé mais encadré par une forte culture de l’équilibre de vie, et un quotidien où l’on peut à la fois coder dans une start‑up, skier en forêt après le travail et admirer les aurores boréales en plein hiver.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable en Europe du Nord et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Finlande, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Finlande pour la stabilité juridique et fiscale de la zone nordique, son haut niveau de services publics, la sécurité, et un environnement économique innovant (technologie, green tech). Malgré une fiscalité plus élevée, l’intérêt portait sur la combinaison d’un cadre sécurisé pour le patrimoine, d’un système de santé performant et d’une bonne connexion avec la France et l’UE. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec location ou achat de résidence principale, coordination CPAM/Kela, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français, mise en relation avec réseau local (avocat, immigration, francophones) et ajustement patrimonial pour intégrer des actifs nordiques (immobilier, fonds scandinaves), en maîtrisant les risques (double imposition via convention FR‑FI, contrôles fiscaux, adaptation culturelle et climatique).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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