S’installer en Arabie saoudite implique de se confronter à un système de santé à la fois très développé, très réglementé et profondément différent de ce que connaissent la plupart des nouveaux arrivants. La qualité des soins y est globalement élevée, les infrastructures modernes, et l’État investit massivement dans la santé dans le cadre du programme Vision 2030. Mais pour les expatriés, l’accès aux soins repose presque entièrement sur l’assurance privée et la bonne compréhension des règles locales.
Le système de santé saoudien combine des hôpitaux publics et privés. Une assurance santé est obligatoire pour les expatriés. Il est crucial de se renseigner sur les coûts, les démarches pratiques, les risques sanitaires locaux, et les services spécifiques (santé mentale, maternité, pédiatrie) avant et après son arrivée dans le pays.
Comprendre le système de santé saoudien
Le système de santé saoudien est mixte : d’un côté, un secteur public massif et généreux pour les citoyens, de l’autre, un réseau privé très dense vers lequel se tournent la plupart des étrangers. Le pays compte plus de 500 hôpitaux, dont 287 établissements publics et environ 160 à 170 hôpitaux privés, appuyés par plus de 2 000 centres de soins primaires.
Riyadh, Jeddah et Dammam sont les trois grandes métropoles saoudiennes offrant un niveau de soins parmi les meilleurs du Moyen-Orient.
L’État dépense une part significative de son budget en santé (environ 9 % du PIB, avec près des trois quarts des dépenses de santé financées par le secteur public). Dans le cadre de Vision 2030, la priorité est mise sur la prévention, la digitalisation des services, la télémédecine, la robotique chirurgicale et la création de centres spécialisés de haut niveau (oncologie, transplantation, cardiologie, etc.).
Pour autant, cette générosité publique ne bénéficie pas automatiquement aux étrangers.
Ce que cela signifie pour les expatriés
Les Saoudiens et, dans une certaine mesure, les ressortissants du Conseil de coopération du Golfe (Bahrain, Koweït, Oman, Qatar, Émirats arabes unis) ont accès gratuitement ou à coût réduit aux hôpitaux publics. Les expatriés non-GCC, eux, n’ont en pratique pas accès à ces services pour les soins courants : ils doivent se tourner vers le secteur privé et financer leurs soins via une assurance santé obligatoire.
Les étrangers peuvent être soignés dans les hôpitaux publics, mais ils devront payer, sauf en cas d’urgence vitale. Ils sont donc souvent orientés vers le secteur privé (cliniques et hôpitaux privés), où la qualité est excellente mais les tarifs sont très élevés sans une bonne assurance.
En résumé, pour un expatrié, deux réalités structurent l’accès aux soins : le statut de résident et le niveau de couverture d’assurance.
L’assurance santé obligatoire : le vrai sésame
La pierre angulaire des soins de santé pour les expatriés en Arabie saoudite, c’est l’assurance. Sans elle, pas de titre de séjour (iqama), pas de recours normalisé aux hôpitaux privés, et un risque financier majeur en cas de pépin.
La réglementation repose sur le Système d’assurance maladie coopérative (CHIS) et le programme obligatoire d’assurance santé liée à l’emploi (CEBHI). Le Conseil de l’assurance santé (CHI, ou CCHI) supervise la mise en œuvre et contrôle les assureurs.
Qui doit être assuré ?
L’obligation est large et touche quasiment tous les profils d’étrangers :
En Arabie Saoudite, l’assurance santé est obligatoire pour plusieurs catégories de personnes. Cela inclut les salariés du secteur privé et leurs ayants droit (conjoint, fils célibataires et sans emploi jusqu’à 25 ans, filles célibataires sans limite d’âge si elles ne travaillent pas), ainsi que les foyers employant plus de quatre travailleurs domestiques. L’obligation s’applique également aux étudiants étrangers hors CCG, aux détenteurs de visas de résidence premium ou investisseurs et leurs familles, ainsi qu’aux retraités expatriés restant dans le pays. Les freelances et indépendants doivent souscrire une couverture locale ou internationale, tandis que les demandeurs d’emploi et les touristes soumis à visa doivent respectivement prendre une assurance de visiteur et une assurance médicale liée à leur visa.
Même les courts séjours sont concernés : un “tourism health insurance” basique est intégré aux frais de visa pour les visiteurs soumis à visa, avec une couverture d’urgence de l’ordre de 100 000 SAR.
Rôle de l’assurance dans l’iqama
La possession d’une assurance valide n’est pas qu’une formalité pour l’accès aux soins : elle est juridiquement liée au statut de résident. Sans police en cours de validité, il devient impossible de faire émettre ou renouveler l’iqama. Les autorités croisent les données via les systèmes électroniques du CHI ; les employeurs négligents s’exposent à des amendes et au blocage de démarches administratives.
Dans les faits, la plupart des grands groupes mettent à jour automatiquement les contrats d’assurance de leurs salariés avant l’échéance. Les expatriés ont néanmoins intérêt à vérifier eux-mêmes les dates de validité, surtout s’ils changent d’employeur.
Ce que couvre – et ne couvre pas – l’assurance de base
La réglementation fixe un panier minimum de soins que doit couvrir toute assurance obligatoire, avec une enveloppe annuelle par assuré pouvant aller jusqu’à 450 000 SAR pour les soins essentiels. Cette couverture de base inclut généralement :
Les garanties principales incluses dans notre contrat d’assurance santé pour vous protéger au quotidien.
Prise en charge des consultations médicales et des visites chez les spécialistes.
Couverture des analyses de laboratoire et des examens d’imagerie (radiologie, IRM, scanner selon contrat).
Prise en charge de l’hospitalisation en chambre standard, des urgences et des actes chirurgicaux.
Remboursement des médicaments prescrits par un médecin.
Protection en cas d’accident, y compris les accidents du travail.
En revanche, les polices “de base” présentent souvent des limites : exclusions de certaines pathologies préexistantes, franchises et co-paiements élevés, plafonds pour la maternité ou la psychiatrie, absence ou faiblesse des garanties dentaires, optiques ou de soins à l’étranger.
Beaucoup d’expatriés découvrent ainsi, lors d’un problème sérieux, que leur police d’entreprise ne couvre pas ou très partiellement une chirurgie complexe, une rééducation longue ou des soins dans un hôpital ultra-spécialisé. Il est donc fréquent d’ajouter une assurance internationale “top-up” auprès d’acteurs comme Cigna, APRIL International, Allianz, AXA ou Bupa Global, qui viennent compléter la base locale avec de meilleures garanties et, parfois, une couverture à l’étranger.
Comparer les niveaux de couverture
Les coûts d’assurance varient fortement selon le niveau de couverture, l’âge et l’état de santé. Pour donner un ordre de grandeur :
| Type de couverture | Coût annuel indicatif (par personne) | Caractéristiques générales |
|---|---|---|
| Plan local “basique” | 2 500 – 5 000 SAR | Couverture minimale, réseau limité, co-paiements élevés |
| Plan local “étendu” | À partir de 7 500 SAR | Meilleure hospitalisation, plus de spécialités, moins de restes à charge |
| Plan international complet | > 10 000 SAR | Couverture multi-pays, évacuation, accès à des hôpitaux premium, garanties élevées |
| Moyenne estimée pour un adulte | ≈ 1 430 USD/an | Montant moyen toutes formules confondues |
| Moyenne pour une famille de 4 | ≈ 4 970 USD/an | Selon âge, historique médical, options choisies |
Les prix grimpent avec l’âge, les conditions préexistantes, l’étendue géographique (monde entier vs régionale) et l’ajout d’options (maternité, dentaire, optique, psychiatrie). Certains contrats couvrent très bien les hospitalisations mais beaucoup moins les soins ambulatoires et la médecine de ville. Pour un expatrié qui voyage ou envisage de changer de pays, les formules internationales, plus chères, offrent une portabilité et des plafonds plus confortables.
Public, privé, “clusters” spécialisés : à quel hôpital aller ?
Pour un nouvel arrivant, la diversité d’acteurs peut paraître déroutante. On distingue trois grands blocs : le réseau public du ministère de la Santé, les “clusters” publics spécialisés, et le secteur privé, où se rendent la majorité des expatriés assurés.
Le réseau public du Ministère de la Santé
Le ministère de la Santé (MOH) gère des centaines d’hôpitaux et plus de 2 000 centres de soins primaires. Ces établissements servent en priorité les citoyens saoudiens et les employés du secteur public (toutes nationalités confondues), auxquels les soins sont en grande partie gratuits.
Les étrangers hors secteur public peuvent y recevoir des soins, mais :
– ils ne bénéficient pas de la gratuité (hors urgences) ;
– les délais sont plus longs ;
– les démarches administratives peuvent être lourdes.
Pour les cas complexes (traumatologie, chirurgie lourde, brûlés, etc.), des hôpitaux publics de référence comme King Saud Medical City à Riyadh ou King Fahd Medical City peuvent accueillir les expatriés. L’accès est généralement conditionné par une lettre de transfert émanant d’une structure privée et dépend également de la disponibilité des services concernés.
Les clusters de soins spécialisés
Parallèlement au réseau du MOH, plusieurs entités publiques ou para-publiques jouent le rôle de centres d’excellence, souvent réservés à certains ayants droit (militaires, Garde nationale) mais accessibles, dans certains cas, à des résidents étrangers via leur assurance ou des accords spécifiques. Parmi les plus connus :
| Établissement | Ville(s) principale(s) | Spécialités marquantes | Capacité/particularités |
|---|---|---|---|
| King Faisal Specialist Hospital & Research Centre (KFSH&RC) | Riyadh, Jeddah | Oncologie, transplantation, génétique, cardio, neurosciences | > 1 200 lits, > 9 000 transplantations réalisées, centre de recherche de rang mondial |
| National Guard Health Affairs / King Abdulaziz Medical City (KAMC) | Riyadh, Jeddah, Dammam | Chirurgie cardiaque, orthopédie, IVF, cancérologie | Référence multi-spécialités, souvent “gold standard” national |
| King Saud Medical City (KSMC) | Riyadh | Traumato, brûlés, chirurgie complexe, orthopédie, bariatrique | > 1 500 lits, plus de 200 000 passages annuels aux urgences |
| King Fahd Specialist Hospital – Dammam | Dammam | Oncologie, cardiologie, transplantation, neurologie, thérapies cellulaires | Centre majeur pour l’Est du pays |
| King Khalid University Hospital (KKUH) | Riyadh | Neurochirurgie, traumatologie, cardio | Hôpital universitaire de King Saud University, > 1 200 lits |
L’accès à ces institutions pour un expatrié passe en général par un référencement formel, une justification médicale et la compatibilité avec le réseau d’assurance. Il ne faut donc pas les considérer comme des structures auxquelles on se présente spontanément pour une consultation banale.
Les grands groupes privés : le quotidien des expatriés
Pour tout ce qui relève de la médecine de ville, des urgences courantes, des accouchements ou des chirurgies programmées, la majorité des expatriés fréquentent le secteur privé. Plusieurs groupes dominent le paysage, avec des hôpitaux et cliniques dans plusieurs villes :
| Groupe privé | Villes principales | Points forts pour expatriés |
|---|---|---|
| Dr. Sulaiman Al Habib Medical Group | Riyadh, Jeddah, Al Khobar | Plateaux techniques modernes, robotique chirurgicale, multi-spécialités, très présent dans les réseaux d’assurance expat |
| Saudi German Health | Riyadh, Jeddah, Dammam, Madinah, Aseer, Hail | Médecins souvent formés en Europe, forte réputation en orthopédie, IVF, oncologie, suites VIP |
| Mouwasat Hospitals | Dammam, Khobar, Qatif, Riyadh | Neurosciences, cardiologie, chirurgie mini-invasive, très implanté dans la Province orientale |
| Dallah Hospitals | Riyadh | Maternité, médecine interne, orthopédie, cancérologie du sein (centre de référence à Al Nakheel) |
| Almana Group of Hospitals | Al Khobar, Dammam, Al Hofuf, Jubail | Principal groupe privé de la Province orientale, multiples hôpitaux généralistes |
| Dr. Soliman Fakeeh Hospital | Jeddah | Pionnier privé, accrédité JCI, très apprécié en pédiatrie, orthopédie, cardiologie |
Ces établissements offrent souvent des services “à l’occidentale” : accueil en anglais, prise de rendez-vous en ligne, pharmacie interne, chambres confortables (WiFi, TV satellite, voire service de restauration type hôtelier), et parfois suites VIP. Les coûts sont cependant à la hauteur du standing : une nuit d’hospitalisation peut rapidement dépasser l’équivalent de 200 USD en chambre standard et grimper à plusieurs centaines de dollars dans une chambre privée ou VIP.
Comment utiliser concrètement le système quand on est expatrié ?
La marche à suivre dépend de la situation (consultation de routine, suivi de spécialiste, urgence), mais quelques réflexes sont constants.
Comprendre sa police d’assurance
Avant même de quitter son pays d’origine, il est indispensable de lire en détail :
– le réseau de soins inclus (liste des hôpitaux partenaires, zones géographiques) ;
– les plafonds annuels par poste (hospitalisation, médecine de ville, maternité, dentaire, psychiatrie) ;
– les franchises et co-paiements (par ex. 20 à 50 % de la consultation de généraliste) ;
– la procédure en cas d’hospitalisation (pré-autorisation, prise en charge directe ou remboursement) ;
– la couverture à l’étranger (week-ends hors du pays, voyages, rapatriement).
Cette étape évite les mauvaises surprises, comme découvrir que le bel hôpital recommandé par des collègues n’est pas dans le réseau, ou que la maternité convoitée applique un surcoût substantiel non remboursé.
S’inscrire dans un centre de soins primaires
Même si la culture du “médecin de famille” est moins formalisée qu’en Europe, il est généralement conseillé de choisir un centre de soins primaires (Primary Healthcare Center, PHC) ou une clinique privée de référence dans son voisinage et de s’y enregistrer comme patient habituel. Ce centre devient le point d’entrée pour :
– les petits problèmes de santé (infections ORL, douleurs, renouvellement d’ordonnance) ;
– les bilans de santé de routine ;
– les premières orientations vers des spécialistes (cardiologue, endocrinologue, dermatologue, etc.).
Dans certains plans d’assurance, la consultation d’un spécialiste sans passer par un généraliste est possible, mais l’étape PHC reste souvent plus efficace pour être orienté vers un praticien adapté et compatible avec la police d’assurance.
Le parcours type pour une consultation
Le déroulé le plus fréquent dans un hôpital ou une clinique privée est le suivant : consultation avec un médecin, réalisation d’examens médicaux, diagnostic, et enfin prise en charge et traitement.
1. Enregistrement à l’accueil avec présentation de l’iqama, de la carte d’assurance et, parfois, d’une carte bancaire en pré-autorisation pour les frais non couverts. 2. Vérification en ligne par l’hôpital auprès de l’assureur (via le système du CHI) de l’éligibilité et des droits. 3. Paiement éventuel du co-paiement (par exemple, 20 à 50 % du coût de la consultation). 4. Consultation médicale puis prescription (médicaments, examens complémentaires, radio, IRM…). 5. Approbation instantanée ou différée par l’assureur pour les actes coûteux (imagerie, hospitalisation). 6. Passage à la pharmacie interne pour recevoir les médicaments pris en charge.
Dans certains contrats, le patient doit payer l’intégralité de la facture, puis transmettre les justificatifs (factures scannées, rapports médicaux) à l’assureur pour remboursement. Ce fonctionnement est fréquent avec des assurances internationales non directement connectées au réseau local.
En cas d’urgence
En situation d’urgence, le réflexe n’est pas de vérifier son contrat d’assurance, mais de se rendre le plus vite possible à l’hôpital. Les numéros à retenir sont :
– 997 pour l’ambulance (urgence médicale) ;
– 999 pour la police ;
– 998 pour les pompiers ;
– 112 pour certaines urgences via mobile.
Les ambulances sont gratuites, mais leurs temps de réponse peuvent varier selon la ville, l’heure et la circulation. De nombreux expatriés préfèrent appeler un taxi ou se rendre par leurs propres moyens à l’hôpital privé le plus proche, notamment dans les grandes villes.
Une fois arrivé aux urgences, la prise en charge se fait selon la gravité. L’assurance est vérifiée dans un second temps. Il est important de :
– s’assurer d’être officiellement “discharged” (sorti) avec un dossier de sortie en règle ;
– récupérer tous les comptes rendus, ordonnances et factures, nécessaires en cas de remboursement ultérieur.
Sortir sans procédure formelle de sortie peut compliquer, voire invalider, la prise en charge par l’assureur.
Coûts typiques et reste à charge
Même avec une assurance, les expatriés peuvent supporter une part non négligeable des dépenses de santé, notamment sur les polices basiques. À titre indicatif :
| Type de soin | Fourchette de coût (hors remboursement) | Particularités |
|---|---|---|
| Consultation de généraliste privé | 200 – 500 SAR | Une partie souvent à la charge du patient (co-paiement) |
| Consultation de spécialiste | 400 – 1 000 SAR | Peut nécessiter pré-autorisation selon le contrat |
| Nuit d’hospitalisation en chambre standard | 450 – 900 USD | Chambre privée ou VIP plus coûteuse |
| Appendicectomie / chirurgie fréquente | 4 500 – 8 500 USD | Variation selon l’hôpital et les suites |
| Accouchement | 2 000 – 15 000 SAR | Dépend du type de structure et des complications |
Sans couverture adéquate, un accident, une chirurgie ou une hospitalisation prolongée peuvent devenir financièrement écrasants. C’est la raison pour laquelle de nombreux expatriés optent pour une couche de protection internationale supplémentaire.
Accès aux médicaments et pharmacies
Les pharmacies sont très présentes, notamment dans les grandes villes, avec des chaînes connues comme Al Nahdi, Al-Dawaa, Tadawi ou White Pharmacy. Beaucoup d’entre elles restent ouvertes tard, et certaines fonctionnent 24 h/24 près des grands hôpitaux.
De nombreux médicaments courants sont en vente libre, mais les antibiotiques et traitements lourds nécessitent une ordonnance. Les prix, souvent subventionnés, rendent les traitements chroniques abordables dans le système local. L’importation de molécules soumises à des restrictions est à éviter.
Il est essentiel de :
– voyager avec les médicaments dans leur emballage d’origine, accompagnés d’une ordonnance et d’une lettre médicale ;
– vérifier auprès de l’ambassade ou du consulat saoudien si un traitement particulier est autorisé (certains psychotropes ou molécules comme certains stimulants sont interdits ou très contrôlés) ;
– connaître les noms génériques des médicaments pour les retrouver localement.
Des services internationaux spécialisés dans l’acheminement de médicaments pour expatriés existent, mais ils ne peuvent pas expédier de substances contrôlées et restent tributaires des règles douanières saoudiennes.
Santé mentale : un enjeu croissant, surtout pour les expatriés
La santé mentale a longtemps été taboue dans la région, mais le sujet émerge de plus en plus, porté par une jeunesse très présente sur les réseaux sociaux et par les réformes de Vision 2030. Les chiffres restent préoccupants : environ un tiers de la population connaîtrait un trouble psychique dans sa vie, et la majorité des personnes souffrant de troubles sévères ne consulte jamais.
Les expatriés forment un groupe particulièrement vulnérable, exposé à l’isolement, au stress professionnel, à la précarité du statut migratoire et aux barrières linguistiques. Les études montrent une surreprésentation des travailleurs étrangers dans certaines statistiques de suicides.
L’offre de soins se structure néanmoins :
Nombre de centres de soins primaires dans lesquels des services de santé mentale ont été intégrés.
Pour un expatrié, le choix se fait souvent entre: le travail à l’étranger, la vie familiale, et l’aventure personnelle.
– des services publics gratuits ou peu coûteux, mais avec des délais et une certaine rigidité administrative (et parfois un faible anonymat) ;
– des praticiens privés (psychiatres, psychologues) en présentiel ou en ligne, plus chers mais plus flexibles et bilingues.
Les polices d’assurance d’entreprise couvrent encore insuffisamment la psychiatrie, même si le plafond de prise en charge a été relevé dans le pays (par exemple, de l’ordre de 15 000 SAR à 50 000 SAR dans certains cadres réglementaires). Là encore, une assurance complémentaire peut justifier son coût rien que pour ce volet.
Maternité et pédiatrie pour les expatriés
La prise en charge de la maternité et des enfants est globalement de bon niveau, avec des taux de mortalité infantile comparables à ceux des pays développés. La plupart des accouchements se déroulent en milieu hospitalier, sous supervision d’un obstétricien, avec un suivi très médicalisé.
Particularités culturelles et juridiques
Deux éléments majeurs distinguent la maternité en Arabie saoudite de nombreux autres pays :
Tomber enceinte ou accoucher hors mariage est illégal et expose à de lourdes sanctions, les établissements de santé exigeant une preuve de mariage pour le suivi de grossesse. De plus, l’environnement hospitalier est strictement genré : les espaces sont généralement séparés par sexe et, dans de nombreux hôpitaux publics, les hommes ne sont pas admis en salle de travail, contrairement à certaines structures privées plus souples où la présence du conjoint est souvent possible.
Pour une expatriée mariée avec une assurance correcte, le parcours reste relativement confortable, surtout dans les grands hôpitaux privés, où l’on trouve des équipes féminines, des cours de préparation à la naissance, des options analgésiques variées (péridurale, rachianesthésie, protoxyde d’azote), et un suivi pédiatrique continu pour le nouveau-né.
Coût et couverture de la maternité
Les coûts d’un accouchement varient énormément selon : le lieu d’accouchement, le type d’accouchement (naturel ou par césarienne), les complications éventuelles, les choix du patient (comme la présence d’une doula ou d’un accompagnement spécifique), et le système de santé en vigueur dans chaque pays.
– la nature de l’accouchement (voie basse/ césarienne, complications) ;
– le type d’hôpital (public, privé standard, établissement VIP) ;
– la catégorie de chambre (standard, privée, suite).
Le coût d’un accouchement varie entre 2 000 et 15 000 SAR, auquel s’ajoutent les frais d’échographies, d’analyses prénatales et du suivi post-partum. Les assurances de base couvrent souvent insuffisamment ces dépenses. Il est donc crucial pour les futurs parents expatriés de choisir une assurance avec une couverture maternité complète, éventuellement auprès d’un assureur international spécialisé.
Santé des enfants et vaccinations
Les enfants sont généralement rattachés à l’assurance de leurs parents et suivis par des pédiatres jusqu’à 18 ans. Le système prévoit :
– des vaccinations pédiatriques gratuites dans les centres publics pour les citoyens, mais aisément accessibles aussi pour les résidents ;
– un calendrier vaccinal complet (BCG et hépatite B à la naissance, puis polio, DTP, Hib, pneumocoque, rotavirus, rougeole, méningite, hépatite A, varicelle, selon les âges) ;
– des services de néonatalogie (NICU) modernes dans les grands hôpitaux, même si les études mentionnent encore des tensions en ressources humaines.
Pour les familles expatriées, deux sujets reviennent souvent : la pénurie relative de pédiatres (quelques centaines seulement pour tout le pays), qui rend précieux les recommandations de la communauté, et la montée de l’obésité infantile, avec des taux parmi les plus élevés au monde chez les 5–14 ans. Une partie de la prévention se jouera donc au niveau du mode de vie (alimentation, activité physique) plus qu’au niveau des soins.
Risques sanitaires spécifiques et prévention
La vie en Arabie saoudite, surtout dans les villes du désert comme Riyadh, expose à des risques particuliers :
Les principaux risques pour la santé en Arabie Saoudite incluent la chaleur extrême (coup de chaleur, déshydratation), les tempêtes de sable (problèmes respiratoires) et les infections (alimentaires, hydriques ou spécifiques). Il est crucial de choisir une assurance santé couvrant bien ces urgences, de vérifier les plafonds pour les soins pneumologiques, et de s’assurer que les vaccinations obligatoires (fièvre jaune, méningocoque pour les pèlerinages) sont à jour.
Avant le départ, il est donc judicieux de :
– mettre à jour ses vaccins de base (rougeole-oreillons-rubéole, diphtérie-tétanos-polio, hépatites A et B, grippe) ;
– consulter un médecin de voyage pour des recommandations personnalisées ;
– prévoir une lettre médicale détaillant antécédents, allergies, groupe sanguin et traitements, idéalement traduite en anglais.
Avant d’arriver : bien préparer son dossier santé
Beaucoup de problèmes se règlent en amont, avant même de prendre l’avion. Un expatrié bien préparé aura :
Avant de partir travailler en Arabie saoudite, il est crucial de : vérifier que votre assurance actuelle couvre les urgences à l’étranger en attendant l’activation du contrat local ; constituer un stock de vos médicaments chroniques avec les ordonnances détaillées et les DCI ; préparer un dossier médical portable complet incluant bilans, examens et comptes-rendus ; identifier à l’avance des hôpitaux de référence dans votre future ville via des ressources dédiées ; et vous assurer de la légalité de tous vos traitements, en particulier les psychotropes, sur le territoire saoudien.
À l’arrivée, viennent ensuite l’examen médical d’iqama dans un centre agréé, la mise à jour de la carte d’assurance, puis le choix d’un hôpital/clinique de référence pour les soins du quotidien.
Après une consultation ou une hospitalisation : les réflexes à adopter
Pour éviter tout litige avec un assureur et garder la maîtrise de son historique médical, il est conseillé, après chaque épisode de soins important, de :
Après un traitement médical à l’étranger, il est crucial de conserver tous les comptes rendus, résultats d’analyses et de radiologie ainsi que les factures originales, même de petits montants. Si le dossier est en arabe, demandez un résumé en anglais. Vérifiez que l’hôpital a bien transmis les données à votre assureur, surtout en cas de prise en charge directe, et programmez une consultation de suivi, éventuellement par téléconsultation avec un médecin de votre pays d’origine pour les cas complexes.
De retour dans son pays ou lors d’un changement de pays, transmettre l’intégralité de ces données à son nouveau médecin permet de poursuivre un suivi cohérent et d’éviter des examens redondants.
Digitalisation, télémédecine et outils utiles
Dans le cadre de Vision 2030, l’Arabie saoudite a accéléré la digitalisation de son système de santé :
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Centralise une partie des données médicales, permet de prendre des rendez-vous, de suivre des prescriptions et, dans certains cas, d’accéder à des téléconsultations.
Présenté comme l’un des plus grands hôpitaux virtuels au monde, il offre des consultations spécialisées à distance, notamment vers des régions moins bien dotées en spécialistes.
La ligne 937 fournit des renseignements et des conseils de santé accessibles à tous.
Pour les expatriés à l’aise avec le numérique, ces outils complètent avantageusement l’offre traditionnelle, en particulier pour de la médecine de suivi, des renouvellements d’ordonnances non complexes ou des avis de second recours.
Ce qu’il faut retenir en tant qu’expatrié
Vivre en Arabie saoudite offre un accès à une médecine de haut niveau, souvent très moderne et dotée des technologies les plus récentes, dans des domaines aussi pointus que la cardiologie interventionnelle, la transplantation, l’oncologie ou la chirurgie bariatrique. Mais cette excellence a un prix, que l’on ne peut raisonnablement affronter sans une assurance solide.
Pour un expatrié, la stratégie gagnante repose sur quelques piliers simples :
Pour une expatriation sereine, considérez l’assurance santé comme un contrat à lire attentivement, au-delà de l’obligation administrative. Privilégiez une couverture plus large que le minimum légal si votre situation familiale, un projet de maternité ou des antécédents médicaux le justifient. Dès votre arrivée, constituez un réseau santé personnel (médecin traitant, hôpital privé, pharmacie). Anticipez également la dimension psychologique de l’expatriation en identifiant les ressources d’aide disponibles. Enfin, gardez toujours sur vous votre iqama, votre carte d’assurance, les coordonnées de votre assureur et les numéros d’urgence.
Avec ces précautions, la complexité apparente du système se transforme en un environnement médical plutôt favorable aux expatriés, du moment qu’ils en maîtrisent les codes et qu’ils restent proactifs sur la question de l’assurance et de la prévention.
Un retraité de 62 ans, disposant de plus d’un million d’euros de patrimoine financier bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers l’Arabie saoudite pour réduire sa fiscalité, diversifier ses investissements et conserver un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement global (conseil fiscal, formalités, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après étude de plusieurs options (Grèce, Chypre, Maurice, Émirats), la stratégie retenue a été de cibler l’Arabie saoudite pour l’absence d’impôt sur le revenu, la fiscalité orientée vers les sociétés et les opportunités liées à Vision 2030 (immobilier, private equity, infrastructures), tout en restant vigilant au contexte culturel et réglementaire. La mission a inclus : audit fiscal pré-expatriation (exit tax, conventions FR-KSA), obtention d’un titre de séjour adapté (investisseur/retiree-friendly), organisation de la protection sociale privée, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours hors de France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocats, immigration, family office) et intégration patrimoniale globale pour sécuriser la transmission et limiter les risques de double imposition et de contrôles.
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