Longtemps associée presque exclusivement aux pèlerinages religieux, l’Arabie saoudite s’est ouverte depuis quelques années aux voyageurs du monde entier. Derrière l’image réductrice d’un immense désert se cache en réalité un pays aux paysages spectaculaires, à l’histoire multimillénaire et aux villes qui oscillent entre tradition et futurisme. Des tombes nabatéennes taillées dans la roche aux falaises volcaniques, des vieux quartiers de corail aux plus hauts gratte‑ciel du Moyen‑Orient, le royaume aligne aujourd’hui une collection impressionnante de sites touristiques incontournables.
Le plan Vision 2030 vise à diversifier l’économie par le tourisme. Les infrastructures se modernisent, les sites historiques sont restaurés et de nouveaux projets majeurs sont développés sur les côtes de la mer Rouge et dans le désert. L’obtention d’un visa est facilitée par un système de e‑visa accessible à de nombreuses nationalités.
AlUla et Hegra : le visage spectaculaire de l’Arabie antique
Au nord‑ouest du pays, AlUla est devenue la carte postale emblématique de ce “nouveau” tourisme saoudien. Oasis verdoyante posée dans une vallée désertique bordée de falaises de grès, la région concentre plus de 7 000 ans d’histoire humaine et certains des paysages les plus photogéniques du royaume.
Hegra, première icône UNESCO du royaume
Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008, Hegra (aussi appelée Madain Salih ou Al‑Hijr) est le premier site saoudien à avoir obtenu ce label. Ancienne capitale méridionale des Nabatéens – la même civilisation que Petra en Jordanie – la cité abrite plus d’une centaine de tombeaux monumentaux sculptés dans la roche, datés du Ier siècle avant notre ère au Ier siècle de notre ère.
Parmi les tombeaux de Hégra, le tombeau de Lihyan, fils de Kuza, surnommé Qasr Al Farid, est particulièrement remarquable. Ce gigantesque monolithe presque isolé, avec sa façade inachevée, dégage une impression de puissance brute. À proximité, des ensembles comme Jabal AlBanat ou Qasr Al Bint illustrent le savoir-faire exceptionnel des tailleurs de pierre nabatéens, qui intégraient des influences de l’architecture gréco-romaine dans leurs réalisations.
Le site ne se résume pas à ses tombes : anciens systèmes hydrauliques, inscriptions pré‑nabatéennes liées au royaume de Lihyan, reliefs et grottes gravées racontent la longue occupation de ce carrefour caravanier.
| Site clé à Hegra | Particularité principale |
|---|---|
| Qasr Al Farid | Tombe isolée, emblème du site, façade monumentale inachevée |
| Jabal AlBanat | Groupe de tombes rupestres sculptées dans une même paroi |
| Jabal Ithlib & le “Diwan” | Passage rocheux et salle taillée dans la falaise |
| Inscriptions lihyanites | Textes anciens gravés, témoins des royaumes pré‑nabatéens |
AlUla, entre oasis, art rupestre et architectures futuristes
Autour de Hegra, l’ensemble de la région d’AlUla se visite comme un immense musée à ciel ouvert. L’ancienne cité de Dadan, capitale des royaumes de Dadan et de Lihyan au Ier millénaire avant notre ère, est considérée comme l’une des villes les plus avancées de la péninsule à cette époque. Non loin, Jabal Ikmah est souvent décrit comme une “bibliothèque ouverte” : falaises couvertes de milliers d’inscriptions en plusieurs langues anciennes, de scènes rituelles et de marques caravanieres.
Le vieux village d’AlUla, avec ses ruelles serrées et ses centaines de maisons en briques de terre, raconte la vie oasienne jusqu’à une époque récente. Il a été reconnu parmi les ‘Best Tourism Villages’ par l’Organisation mondiale du tourisme, et plusieurs de ses demeures se transforment aujourd’hui en maisons d’hôtes de charme.
Village d’AlUla
Plus au sud, l’immense rocher d’Elephant Rock, haut d’environ 52 mètres, ressemble à un pachyderme sculpté par le vent. C’est l’un des spots les plus courus pour admirer le coucher du soleil, face à une mer de sable orangé.
La région d’AlUla mise aussi sur la création contemporaine : le bâtiment Maraya, recouvert de milliers de miroirs, détient le record de la plus grande structure réfléchissante au monde. Salle de concerts et de conférences, il reflète littéralement le paysage de canyons et de mesas qui l’entoure. L’AlJadidah Arts District rassemble galeries, cinéma en plein air et centre d’art dans une ancienne école, tandis que des festivals dédiés à l’art, au bien‑être ou à l’astronomie rythment l’année.
Au‑delà des visites culturelles, AlUla est aussi un terrain de jeu grandeur nature : vols en montgolfière, survols en hélicoptère, tyroliennes au‑dessus des canyons, randonnées dans des défilés étroits ou nuits à la belle étoile dans des camps bédouins modernisés sont autant d’expériences proposées.
Diriyah et Riyad : aux sources de l’État saoudien
Pour saisir comment un royaume tribal s’est transformé en puissance pétrolière hérissée de tours, il faut s’arrêter dans la région de Riyad. Entre les palais de terre crue de Diriyah et les silhouettes futuristes du centre‑ville, on traverse plusieurs siècles d’histoire en quelques kilomètres.
At‑Turaif, berceau de la dynastie Al‑Saoud
À la périphérie nord‑ouest de Riyad, Diriyah est plus qu’une banlieue : c’est le lieu de naissance du premier État saoudien. Fondé au XVe siècle sur les rives du wadi Hanifah, l’ensemble d’At‑Turaif, classé à l’UNESCO, rassemble l’un des plus vastes ensembles de bâtiments en briques de terre du monde.
C’est à Diriyah que la famille Al-Saoud a établi sa capitale au XVIIIe siècle, en alliance avec le réformateur religieux Muhammad ibn Abd al-Wahhab. La cité oasienne fortifiée, avec ses palais, mosquées et ruelles, a été en grande partie détruite en 1818 par les Ottomans. Elle fait aujourd’hui l’objet d’une restauration dans le cadre du projet Diriyah Gate pour devenir un quartier patrimonial et culturel.
Face au site, la terrasse d’Al Bujairi est devenue un point de rassemblement pour les habitants de Riyad : restaurants, salons de thé et promenades dominent les ruines éclairées d’At‑Turaif, offrant un dialogue permanent entre passé et présent.
Riyad, capitale entre fort de terre crue et gratte‑ciel
Riyad est aujourd’hui une métropole aux allures de mégapole, avec de grands axes rectilignes, des centres commerciaux spectaculaires et des tours d’acier et de verre. Mais la ville conserve aussi un noyau historique autour de la forteresse de Masmak, bâtie en briques de terre au XIXe siècle. C’est là qu’en 1902, Abdulaziz Ibn Saoud lance le raid qui amorce la réunification du territoire et la création du royaume moderne. Transformée en musée, la forteresse se visite gratuitement et permet de visualiser cette page fondatrice.
Le Centre historique du roi Abdulaziz retrace l’histoire de la péninsule arabique, des premières communautés néolithiques à l’époque contemporaine.
Le contraste est saisissant avec les silhouettes de verre qui dominent l’horizon. Le Kingdom Centre, avec son arche caractéristique et son sky bridge à 300 mètres de hauteur, propose une vue panoramique sur l’immense quadrillage urbain. La tour Al Faisaliah, premier gratte‑ciel du pays, se distingue par sa sphère de verre abritant un restaurant perché à près de 200 mètres. Plus au nord, le King Abdullah Financial District (KAFD) aligne une forêt de tours dessinées par de grands noms de l’architecture internationale, avec une mosquée inspirée de la “rose du désert” et une gare de métro signée Zaha Hadid.
| Site à Riyad / Diriyah | Intérêt principal |
|---|---|
| At‑Turaif (Diriyah) | Quartier historique UNESCO, berceau du premier État |
| Forteresse de Masmak | Lieu clé de la conquête d’Ibn Saoud, musée gratuit |
| Murabba & Musée national | Histoire de la péninsule, patrimoine royal |
| Kingdom Centre – Sky Bridge | Panorama sur la capitale depuis le 99ᵉ étage |
| Tour Al Faisaliah | Premier gratte‑ciel, restaurant “The Globe” |
| KAFD & mosquée du district | Architecture avant‑gardiste, quartier d’affaires |
Jeddah et la mer Rouge : entre vieux port de corail et gratte‑ciel maritimes
Sur la côte de la mer Rouge, Jeddah joue un double rôle de porte d’entrée vers les villes saintes et de grande métropole littorale. Elle incarne aussi la rencontre entre héritage marchand ancestral et modernité spectaculaire.
Al‑Balad, vieux Jeddah en corail
Classé à l’UNESCO sous le nom de “Jeddah historique, porte de La Mecque”, le quartier d’Al‑Balad est un dédale de maisons construites en pierre de corail, rehaussées de magnifiques moucharabiehs en bois sculpté, appelés rawasheen. Fondé au VIIe siècle, ce port a longtemps accueilli les navires venus d’Afrique, d’Inde ou d’Asie transportant marchandises et pèlerins vers la ville sainte.
Découvrez les éléments clés qui font du centre historique de Jeddah un témoignage vivant de son riche passé marchand et culturel.
Une grande demeure édifiée au XIXe siècle, témoignant de la richesse des familles marchandes de l’époque.
Mosquées anciennes, le marché traditionnel Souk Al Alawi, des placettes et de petits musées privés forment un ensemble resté étonnamment vivant.
Un vaste projet visant à redonner vie, sans en trahir l’âme, à des dizaines de bâtiments historiques du centre ancien.
Corniche, mosquées sur l’eau et nouveaux symboles urbains
À quelques kilomètres d’Al‑Balad, l’autre visage de Jeddah se déploie le long de la corniche. Restaurants, pistes cyclables, sculptures contemporaines et grands hôtels surplombent les eaux turquoise de la mer Rouge. Le soir, le puissant jet de la Fontaine du roi Fahd, l’un des plus hauts au monde, domine l’horizon, projetant de l’eau à des centaines de mètres de hauteur.
Plus au nord, la mosquée Al‑Rahmah, construite sur pilotis, donne l’impression de flotter sur les vagues à marée haute. Son décor, tant intérieur qu’extérieur, associe des teintes bleues et blanches à des motifs géométriques, créant un dialogue harmonieux avec la mer. Le long de la corniche, l’architecture moderne se déploie avec des tours, des centres commerciaux de grande envergure comme le Red Sea Mall et des hôtels de luxe, illustrant l’ouverture internationale de la ville.
| Lieux majeurs à Jeddah | Ce qui les rend incontournables |
|---|---|
| Al‑Balad | Quartier ancien UNESCO, maisons de corail, souks |
| Souk Al Alawi | Grand marché traditionnel, ruelles animées |
| Maison Naseef | Demeure historique, architecture hijazie |
| Corniche d’Al Hamra | Promenade en front de mer, sculptures, loisirs |
| Fontaine du roi Fahd | L’un des jets d’eau les plus hauts du monde |
| Mosquée Al‑Rahmah | “Mosquée flottante” construite sur la mer |
Les sites UNESCO : une invitation à travers les millénaires
En quelques années, la carte saoudienne des sites inscrits au patrimoine mondial s’est considérablement enrichie. Huit biens figurent désormais sur la liste de l’UNESCO, dont sept culturels et un naturel. Ils dessinent un itinéraire qui traverse toute la péninsule, des pétroglyphes préhistoriques aux oasis monumentales, des villes de terre crue aux dunes du “Quartier vide”.
Hail et Najran : les grandes galeries d’art rupestre
Dans la région de Hail, au nord‑ouest, les massifs de Jabal Umm Sinman (près de la ville de Jubbah) et de Jabal al‑Manjor et Raat (à Shuwaymis) forment l’ensemble “Rock Art in the Hail Region”, inscrit en 2015. Sur des parois de grès, des générations d’artistes anonymes ont gravé des scènes de chasse, des processions humaines, des animaux parfois disparus, des inscriptions thamoudéennes ou plus tardives. Certaines de ces œuvres remontent à plus de 8 000 ans.
Encore plus au sud, près de Najran, la zone culturelle de Hima aligne des kilomètres de roches couvertes de gravures et d’inscriptions en multiples alphabets – nabatéen, musnad sud‑arabique, grec, arabe ancien. Située sur les anciennes routes caravanières, cette région recèle aussi de vieux puits qui auraient au moins trois millénaires, témoignant du rôle vital de l’eau pour les voyageurs.
Al‑Ahsa : la plus vaste oasis du monde
À l’est du pays, l’oasis d’Al‑Ahsa s’étend sur plus de 8 500 hectares et compte environ 2,5 millions de palmiers dattiers. Elle est considérée comme la plus grande oasis du monde et a été inscrite à l’UNESCO en 2018. Depuis la période néolithique, l’homme y façonne le paysage grâce à un ingénieux système de canaux, puits et sources, irriguant des jardins, des vergers et des hameaux.
Autour de Hofuf, plusieurs sites majeurs structurent la visite : le souk Qaisaria (XIXe siècle, reconstruit) avec ses boutiques d’épices, de vêtements et de cuivre ; le palais ottoman d’Ibrahim, mélange d’architecture militaire européenne et d’éléments islamiques ; la mosquée Jawatha, l’une des plus anciennes de l’Islam ; et la montagne d’Al-Qarah, reconnaissable à ses parois percées de grottes fraîches.
Al‑Uruq Bani Mu’arid : le premier site naturel UNESCO du royaume
Longtemps, les inscriptions saoudiennes sur la liste de l’UNESCO ont été purement culturelles. Cela a changé avec la reconnaissance de la zone protégée d’Al‑Uruq Bani Mu’arid, en bordure du Rub’ al‑Khali, comme premier site naturel. Sur plus de 12 000 km², ce territoire couvre une portion de ce qui est présenté comme le plus vaste ensemble continu de dunes de sable au monde.
Au‑delà de la beauté des paysages – dunes ondulantes hautes de plusieurs centaines de mètres, plateaux rocheux, oueds – l’intérêt réside dans la biodiversité préservée. On y trouve près de 120 espèces de plantes indigènes, mais aussi des animaux emblématiques comme l’oryx d’Arabie, dont il abrite le seul troupeau sauvage libre du pays, ou encore des gazelles de montagne et de sable.
| Site UNESCO | Type | Région / particularité majeure |
|---|---|---|
| Hegra (Al‑Hijr) | Culturel | Nabatéen, tombes rupestres près d’AlUla |
| At‑Turaif (Diriyah) | Culturel | Berceau du premier État saoudien, architecture najdie |
| Jeddah historique | Culturel | Port ancien, maisons de corail, quartier d’Al‑Balad |
| Art rupestre de Hail | Culturel | Pétroglyphes et inscriptions sur plusieurs millénaires |
| Oasis d’Al‑Ahsa | Culturel | Plus grande oasis du monde, systèmes d’irrigation |
| Zone culturelle de Hima | Culturel | Roches gravées, inscriptions multilingues, vieux puits |
| ‘Uruq Bani Mu’arid | Naturel | Dunes du Rub’ al‑Khali, faune menacée |
| Paysage d’Al‑Faw | Culturel | Ancienne cité caravanière au sud de Riyad |
Montagnes, vallées et villages suspendus : le visage vert du sud-ouest
Contrairement aux clichés, l’Arabie saoudite n’est pas qu’un océan de dunes. Le sud‑ouest, marqué par la chaîne des Sarawat, aligne des montagnes culminant à près de 3 000 mètres, des villages en terrasses et des vallées couvertes de vergers. L’air y est plus frais, la brume fréquente et la végétation luxuriante, surtout en été.
Région d’Asir : Abha, Rijal Almaa et les hauteurs brumeuses
La province d’Asir, dont Abha est la capitale, est l’un des symboles de cette Arabie verte. Ici, les hivers peuvent être froids, les nuages accrochent les sommets et des forêts de genévriers et d’acacias tapissent les pentes. Le Jabal Sawda (ou Al‑Souda), souvent présenté comme le point culminant du pays avec environ 3 000 mètres d’altitude, domine un parc national apprécié pour ses sentiers, ses belvédères et ses zones de pique‑nique.
Le village de Rijal Almaa, situé à environ 50 km d’Abha, est célèbre pour ses maisons-tours en pierre, argile et bois, souvent ornées de fenêtres et portes colorées. Il est inscrit sur la liste indicative de l’UNESCO. On y trouve plusieurs musées privés exposant costumes traditionnels, armes anciennes et objets du quotidien. Un droit d’entrée est requis pour certaines zones restaurées. Le site est particulièrement photogénique au coucher du soleil, lorsque les façades se parent de teintes dorées.
Non loin, les villages historiques d’Al Khalaf et Al Jahamah, avec leurs portes peintes et leurs maisons en pierre, complètent ce voyage dans une architecture de montagne unique au royaume.
Al‑Bahah et Thee Ain : la “village de marbre”
Plus au nord, la région d’Al‑Bahah abrite également des paysages montagneux et une série de villages accrochés aux versants. Thee Ain, parfois surnommé le “village de marbre” en raison des falaises blanchâtres qui le dominent, est l’un des plus remarquables. Ses quelque trente maisons en pierre, posées sur une colline au pied des parois, donnent l’impression d’un seul grand bloc architectural. Au pied du site, une oasis plantée de palmiers-dattiers et d’arbres fruitiers raconte la vie agricole qui a longtemps fait vivre la communauté.
Le village de Thee Ain n’est accessible que durant la journée, contribuant à son atmosphère intemporelle. Au même titre que Rijal Almaa, il est inscrit sur la liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO dans la catégorie des villages patrimoniaux.
Déserts, falaises et cratères : le royaume côté aventure
Pour beaucoup de voyageurs, un séjour en Arabie saoudite passe forcément par une immersion dans le désert. Avec le Rub’ al‑Khali au sud, le Nafud au nord et de multiples plateaux déchiquetés, le pays offre un éventail de paysages arides parmi les plus spectaculaires de la planète.
L’“Edge of the World” : la falaise qui tombe dans l’infini
À environ 90 kilomètres au nord‑ouest de Riyad, une portion de l’escarpement de Tuwaiq est devenue un classique des excursions de fin de semaine : Jebel Fihrayn, surnommé “Edge of the World”. D’en haut, la vue se perd sur une mer de plaines désertiques striées de lits de rivières asséchés, accentuant l’impression de surplomber un océan minéral.
L’accès, qui nécessite en général un véhicule 4×4, se fait par des pistes parfois chaotiques. Sur place, certains campent au bord du plateau, d’autres s’y rendent pour des randonnées, des séances photo au coucher du soleil ou simplement pour ressentir le vertige de cette falaise abrupte.
Al Wahbah : un cratère volcanique aux allures lunaires
Non loin de Taif, dans l’ouest du pays, le cratère d’Al Wahbah présente un paysage tout aussi déroutant. Large d’environ deux kilomètres et profond de plus de 250 mètres, ce maar volcanique a été creusé par une explosion phréatique. Au fond, un tapis de sel blanc forme une plaine quasi parfaite, contrastant avec les parois sombres. L’ensemble est posé au bord du champ de lave de Harrat Kishb, rappelant que l’ouest du royaume est ponctué de zones volcaniques.
La descente dans le cratère est limitée en raison des risques de gaz toxiques. L’accès au bord reste possible et offre des vues impressionnantes. Il est recommandé d’utiliser un véhicule adapté, d’emporter de l’eau et de se protéger du soleil.
Rub’ al‑Khali et autres déserts emblématiques
Plus au sud, le Rub’ al‑Khali – le mythique “Quartier Vide” – s’étend sur près de 650 000 km², ce qui en fait le plus grand désert de sable continu au monde. Certaines dunes y dépassent les 300 mètres de hauteur. Des circuits organisés permettent d’y vivre des expériences de safari : conduite sur les dunes, couchers de soleil sur des mers de sable ondulantes, bivouacs sous les étoiles, observation d’une faune adaptée à des conditions extrêmes.
Au nord, le désert de Nafud, lui, est connu pour ses dunes rouges et ses ciels nocturnes d’une pureté exceptionnelle, propices à l’observation des étoiles. Plus à l’ouest, les paysages de Hisma, dans la région de Tabuk, évoquent parfois le Wadi Rum jordanien, avec leurs falaises de grès rouge sculptées par le vent, ponctuées d’inscriptions anciennes.
| Paysage désertique | Spécificité |
|---|---|
| Edge of the World | Falaise dominant les plaines, vue panoramique |
| Al Wahbah | Cratère volcanique, fond salin blanc |
| Rub’ al‑Khali | Plus grand désert de sable continu du monde |
| Désert de Nafud | Dunes rouges, ciel nocturne idéal pour l’astronomie |
| Hisma (Tabuk) | Falaises de grès rouge, art rupestre |
Vallées et réserves : la nature en version oasis
Au milieu de ces paysages minéraux, des vallées encaissées et des archipels préservés ouvrent des parenthèses de verdure et d’eau douce ou salée. Là encore, la diversité des milieux naturels surprend.
Wadi Disah, canyon de palmiers au cœur du nord‑ouest
Dans la région de Tabuk, Wadi Disah – littéralement “vallée des palmiers” – est un long canyon aux falaises de grès striées d’ocre et de rouge, au fond duquel coule un ruisseau bordé de palmiers-dattiers. Intégrée à la réserve naturelle du prince Mohammed bin Salman, la vallée se parcourt en 4×4 ou à pied, au rythme de gués peu profonds et d’aires de pique‑nique improvisées.
La vallée de la Disa, située près de Tabuk, est un site naturel apprécié pour sa fraîcheur relative, la présence d’eau et la verticalité de ses parois rocheuses. Ces caractéristiques en font une destination prisée tant des habitants locaux que des touristes. Les activités principales y incluent le camping, les balades et l’observation de la faune, offrant une expérience complète en pleine nature.
Farasan : les îles préservées du sud de la mer Rouge
Au large de Jizan, dans le sud‑ouest, l’archipel des îles Farasan aligne des dizaines d’îlots coralliens posés sur une mer d’un bleu intense. Sable blanc, eaux translucides, récifs colorés, tortues, poissons tropicaux : le décor évoque plus volontiers les grands lagons de l’océan Indien que l’image habituelle de la péninsule.
L’archipel est accessible par ferry depuis le port de Jizan. Il est réputé pour ses mangroves, sa faune aviaire et ses riches récifs coralliens. Ces caractéristiques lui valent d’être inscrit sur la liste indicative de l’UNESCO en tant que zone protégée.
Wadi Lajab et autres vallées secrètes
Dans la région de Jizan toujours, Wadi Lajab est une gorge étroite entaillant la montagne, où un cours d’eau forme par endroits des bassins propices à la baignade. Jardins, cultures en terrasses et ponts simples complètent ce paysage de canyon verdoyant.
D’autres vallées, comme celles des environs de Najran ou des Sarawat, combinent cultures traditionnelles, petites cascades saisonnières et villages reculés, dessinant une Arabie moins connue, où l’agriculture de montagne et les systèmes d’irrigation ancestraux jouent un rôle central.
Al‑Ahsa et les oasis de l’Est : une autre façon de vivre le désert
Nous avons évoqué Al‑Ahsa comme site UNESCO ; mais l’oasis se visite aussi comme un lieu de vie contemporaine où se côtoient tradition agricole et urbanisation moderne. Les dattes y sont omniprésentes, qu’il s’agisse de vergers interminables ou des marchés animés où se vendent de multiples variétés.
Le souk Qaisaria, avec ses allées couvertes de briques rouges, est un lieu emblématique de la culture oasienne. On y découvre une atmosphère unique où les effluves de cardamome, de café saoudien, de safran et de bois d’oud se mêlent aux discussions animées des vendeurs. À quelques kilomètres de là, la montagne d’Al-Qarah, avec ses grottes fraîches, offre une échappée contrastée et bienvenue face à la chaleur de la plaine environnante.
Non loin, la côte du golfe persique aligne des villes comme Dammam, Al‑Khobar ou Jubail, où les corniches en front de mer, les parcs et les marchés de poisson complètent l’expérience orientale. Des projets touristiques se développent aussi dans cette région, notamment autour de resorts balnéaires et de complexes de loisirs.
Villages patrimoniaux et routes historiques : l’Arabie des caravanes
Une partie de l’attrait touristique du royaume tient à la possibilité de suivre les traces d’anciennes routes commerciales ou de pèlerinage. Plusieurs villages et itinéraires, en cours de valorisation ou déjà bien restaurés, permettent de replonger dans ces siècles de circulation intense entre Levant, Mésopotamie, Hidjaz et golfe.
Ushaiqer, village oasien du Najd
À environ 200 kilomètres au nord‑ouest de Riyad, le village d’Ushaiqer se cache derrière un rideau de palmiers. Ce bourg en briques de terre crue, l’un des plus anciens du Najd, servait autrefois de halte aux caravanes et aux pèlerins se dirigeant vers La Mecque. Ses ruelles couvertes, ses maisons serrées, ses petites mosquées et ses places ombragées ont été en grande partie restaurées et forment aujourd’hui un musée à ciel ouvert.
Des panneaux explicatifs, des maisons transformées en musées privés ou en cafés et la présence de guides locaux permettent de mieux comprendre l’organisation sociale de ces communautés oasiennes du centre de la péninsule.
Routes du Hajj et projets de classement
Au‑delà des villages, plusieurs anciennes routes de pèlerinage figurent sur la liste indicative de l’UNESCO : route égyptienne, route syrienne, Darb Zubaydah qui reliait Koufa en Irak aux villes saintes du Hedjaz. Forts, caravansérails, puits et ouvrages hydrauliques jalonnent ces itinéraires éparpillés dans le désert, rappelant l’ampleur des flux de pèlerins dès le Moyen Âge.
Le projet de valorisation de la ligne du chemin de fer du Hedjaz, qui reliait Damas à Médine au début du XXe siècle, poursuit la même logique : utiliser les vestiges d’une infrastructure historique pour raconter l’évolution du voyage religieux et commercial dans la région.
Les côtes de la mer Rouge : récifs coralliens, îlots et mégaprojets
L’Arabie saoudite dispose d’un littoral considérable sur la mer Rouge, longtemps resté relativement confidentiel pour le tourisme international. Aujourd’hui, le royaume mise fortement sur ce potentiel, entre préservation d’îlots protégés et construction de complexes de luxe.
Umluj, “petites Maldives” du nord-ouest
Dans la province de Tabuk, la petite ville côtière d’Umluj s’est fait connaître pour ses eaux transparentes et ses îlots sableux ceinturés de coraux. Les excursions en bateau permettent d’apercevoir dauphins, tortues et poissons multicolores, dans une eau souvent d’un bleu laiteux. Les récifs de la mer Rouge saoudienne abritent des centaines d’espèces de coraux et une biodiversité marine qui attire déjà plongeurs et snorkelers.
Plus au nord, le golfe d’Aqaba et les côtes proches de NEOM entendent aussi développer un tourisme balnéaire et nautique, tout en se positionnant sur des niches haut de gamme mêlant bien‑être, sports nautiques et expériences environnementales.
Farasan, récifs, mangroves et oiseaux
Nous avons évoqué les îles Farasan comme site potentiellement classable à l’UNESCO. Outre leurs plages préservées et leurs coraux, elles abritent aussi des mangroves qui constituent des zones de nurserie pour de nombreuses espèces marines, ainsi que des colonies d’oiseaux, dont certaines migratrices. L’archipel incarne bien l’un des axes de Vision 2030 : faire de la mer Rouge un pôle majeur de tourisme durable, en conciliant fréquentation nouvelle et protection des écosystèmes.
Villes saintes : un patrimoine religieux au cœur du royaume
Même si les villes de La Mecque et de Médine sont avant tout des destinations de pèlerinage, et que le cœur de leurs sites sacrés reste réservé aux musulmans, il est impossible de parler des lieux incontournables du pays sans évoquer leur importance.
La Mecque, cœur spirituel de l’islam
La Mecque abrite la mosquée al‑Haram, plus grand lieu de culte du monde musulman, qui entoure la Kaaba. En temps normal, elle peut accueillir près d’un million de fidèles, et jusqu’à plusieurs millions durant le Hajj. Bien que l’accès à la ville soit réservé aux musulmans, l’ampleur des développements urbains et des infrastructures (comme le complexe des tours de l’Abraj Al‑Bait, dominé par la célèbre tour de l’Horloge) fait de La Mecque l’un des grands chantiers architecturaux contemporains.
Médine, cité du Prophète
Médine, deuxième ville sainte de l’islam, est plus largement accessible : les non‑musulmans peuvent circuler dans la ville, même si la mosquée du Prophète – Al‑Masjid an‑Nabawi – reste réservée aux fidèles. D’autres lieux proches, comme la mosquée Quba, considérée comme l’une des plus anciennes mosquées construites, ou le mont Uhud, théâtre d’une bataille fondatrice de l’histoire islamique, sont également des points forts pour les pèlerins.
Ces villes illustrent l’importance du patrimoine spirituel du royaume. Elles montrent également comment les flux de pèlerins ont historiquement influencé le développement des réseaux de transport, les traditions d’hospitalité et même l’identité nationale.
Une mosaïque de marchés, de musées et de vie urbaine
Au‑delà des grands paysages et des sites archéologiques, l’Arabie saoudite se découvre aussi dans ses marchés, ses musées et ses nouveaux quartiers de divertissement. Cette dimension plus quotidienne fait pleinement partie de l’expérience touristique.
Souks et centres commerciaux : le pays par ses étals
Des ruelles animées d’Al‑Balad aux travées ombragées d’Al‑Zal à Riyad, les souks traditionnels restent des lieux privilégiés pour sentir battre le pouls du pays. On y retrouve les constantes de la culture saoudienne : importance des dattes et du café, art de la parfumerie autour de l’oud et du bakhour, prédilection pour l’or travaillé et les tissus brodés.
Les grands centres commerciaux, souvent adjacents à des tours emblématiques comme Kingdom Centre ou Al Faisaliah à Riyad, ou intégrés aux nouvelles corniches de Jeddah, Dammam ou Khobar, illustrent la modernité d’une société jeune et consommatrice. Ils combinent marques internationales, restaurants design, espaces de loisirs et salles de cinéma.
Musées et centres culturels : raconter un pays en mutation
Un peu partout, de nouveaux lieux culturels apparaissent, à l’image du King Abdulaziz Center for World Culture (Ithra) à Dhahran, avec son architecture de “galets” métalliques et ses espaces dédiés au cinéma, aux arts et à la science. À Riyad, le Musée national organise un récit chronologique de la péninsule, tandis que le King Abdulaziz Historical Center recontextualise la naissance de la monarchie actuelle.
À Jeddah, le complexe Al Tayebat reconstitue, dans un même ensemble, des maisons traditionnelles de différentes régions du pays, mêlant expositions historiques, ethnographiques et artistiques. À AlUla, des institutions comme Villa Hegra ou Madrasat Addeera, ancienne école transformée en centre d’art et de design, montrent comment le pays investit la création contemporaine pour accompagner son ouverture.
Préparer son voyage : une diversité à apprivoiser
Explorer cette mosaïque de sites nécessite un minimum de préparation. Le pays s’étend sur un territoire vaste, organisé en 13 régions aux identités bien distinctes. Les distances sont longues – AlUla, par exemple, se situe à environ 1 100 km de Riyad – et certaines zones naturelles exigent l’usage d’un véhicule tout‑terrain. Louer une voiture est ainsi souvent recommandé, en particulier pour rejoindre des lieux comme l’Edge of the World, Wadi Disah ou certains villages de montagne.
La période la plus agréable pour voyager s’étend généralement d’octobre à mars, lorsque les températures sont plus clémentes, aussi bien dans les villes que dans les déserts. Dans les montagnes d’Asir ou autour de Taif, la fraîcheur est présente une grande partie de l’année. En revanche, les zones désertiques peuvent connaître des chaleurs extrêmes en été.
Les voyageurs doivent aussi garder à l’esprit certaines spécificités culturelles : tenue vestimentaire modeste recommandée, respect des temps de prière pendant lesquels magasins et services peuvent brièvement fermer, interdiction de l’alcool, importance de l’hospitalité (café et dattes servis aux visiteurs, notamment). En contrepartie, l’ouverture récente du pays au tourisme se traduit par une multiplication des hôtels, des restaurants et des offres d’activités, ainsi que par la possibilité d’obtenir un visa électronique pour plus d’une cinquantaine de nationalités.
| Aspect pratique | À retenir |
|---|---|
| Climat | Idéal d’octobre à mars, été très chaud dans les déserts |
| Déplacements | Voiture de location recommandée, 4×4 pour sites isolés |
| Visa | e‑Visa touristique disponible pour de nombreux pays |
| Langues | Arabe officiel, anglais largement parlé en ville |
| Code culturel | Tenue modeste, respect des lieux religieux |
Un pays à redécouvrir
En un temps record, l’Arabie saoudite est passée d’une destination quasi exclusivement religieuse à un pays qui revendique sa place sur la carte du tourisme mondial. Mais derrière la communication et les grands projets, ce sont surtout ses sites – qu’ils soient monumentaux ou minuscules, naturels ou bâtis, ancestraux ou ultramodernes – qui donnent la mesure de son potentiel.
Le pays offre une collection rare de paysages et de sites historiques, des oasis et falaises aux villages de pierre et villes de corail, en passant par les tombes nabatéennes et les récifs préservés. De nouveaux trésors continuent d’être mis en valeur sur cet immense territoire.
Pour le voyageur curieux, c’est l’occasion de prendre de l’avance et de découvrir, dès maintenant, un pays en pleine réinvention, où chaque région semble chercher à raconter sa propre histoire au reste du monde.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Arabie saoudite, Émirats, Oman, Bahreïn), la stratégie retenue a consisté à cibler l’Arabie saoudite, profitant d’une fiscalité personnelle très avantageuse pour les non-résidents fiscaux français, de l’absence d’impôt sur la fortune et d’un environnement d’affaires dynamique dans le cadre de Vision 2030. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention du visa de résident / investisseur, choix d’un logement principal à Riyad ou Djeddah, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (séjour effectif hors de France, centre d’intérêts économiques déplacé), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, conseiller bilingue) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration, prise en compte du droit local et de la convention fiscale FR‑SA).
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