La promesse d’un salaire net de tout impôt personnel attire chaque année des milliers d’expatriés en Arabie saoudite. Mais derrière l’étiquette « tax-free » souvent mise en avant par les recruteurs, le système fiscal est plus nuancé qu’il n’y paraît, surtout dès que l’on touche à l’entrepreneuriat, aux revenus immobiliers ou à l’achat de biens fonciers. Comprendre comment fonctionne l’impôt sur le revenu – ou plutôt son absence – et la fiscalité immobilière est indispensable pour éviter les mauvaises surprises, optimiser ses choix de carrière et d’investissement, et rester en règle avec les autorités locales comme avec son pays d’origine.
Un système sans impôt sur le revenu mais loin d’être sans taxes
Pour un salarié expatrié, le point de départ est simple : l’Arabie saoudite ne prélève pas d’impôt personnel sur les salaires et traitements. Que l’on soit résident ou non-résident, citoyen ou étranger, la rémunération d’un emploi n’est pas imposable au niveau individuel et ne donne lieu à aucune déclaration de revenus locale.
L’Arabie Saoudite n’applique pas d’impôt sur le revenu des particuliers. Ce système s’inscrit dans un cadre fiscal plus large qui exclut également l’impôt sur la fortune, les droits de succession, les droits de donation, les droits de timbre et toute taxe municipale sur le revenu. La fiscalité est entièrement centralisée au niveau fédéral et est administrée par l’Autorité de la Zakat, des Taxes et des Douanes (ZATCA), qui gère les impôts, la Zakat et les droits de douane.
En revanche, le pays a mis en place tout un arsenal d’autres prélèvements : TVA, impôts sur les sociétés, retenues à la source pour les non-résidents, taxes spécifiques sur certaines transactions immobilières ou sur les terrains vacants, accises sur les produits nocifs, droits de douane… Pour les expatriés, la question n’est donc pas seulement « Vais-je payer de l’impôt sur mon salaire ? » mais plutôt « Quels autres impôts, taxes ou contributions pourraient me concerner directement ou indirectement ? ».
Résidence fiscale : une notion surtout utile pour les entrepreneurs et investisseurs
Même en l’absence d’impôt personnel sur le revenu, l’Arabie saoudite définit des critères de résidence fiscale. Ils servent notamment à déterminer si certaines activités non salariées ou certains revenus d’origine saoudienne peuvent relever de l’impôt sur les sociétés ou de la retenue à la source, et ils sont cruciaux dans le cadre des conventions fiscales internationales.
Deux critères principaux déterminent la résidence fiscale : la présence physique et le lieu de résidence permanent. Une personne est considérée comme résidente si elle dispose d’un lieu de résidence permanent dans le pays et y séjourne au moins 30 jours durant l’année fiscale. Par ailleurs, une présence physique d’au moins 183 jours sur l’année suffit à établir la résidence, même en l’absence de logement permanent. Chaque jour de présence, même partiel, compte pour un jour entier, à l’exception des simples transits entre deux destinations internationales. En pratique, la détention d’une Iqama (titre de séjour) constitue un indice fort de résidence.
Pour un salarié expatrié classique, ces critères n’ont pas d’effet sur l’impôt local sur le revenu, puisqu’il n’existe pas. En revanche, pour un freelance, un consultant indépendant, un investisseur immobilier structuré via une société ou un associé d’entreprise, ils conditionnent l’application de l’impôt sur les sociétés et des retenues à la source.
Un expatrié employé sous contrat local bénéficie d’un net intégral de son salaire au regard de l’impôt sur le revenu saoudien. Il n’a ni déclaration annuelle à déposer, ni retenue à la source type « PAYE ». Cela ne signifie pas pour autant que son coût global pour l’employeur est nul en matière de charges.
Taux global des cotisations sociales pour les employés saoudiens du secteur privé, calculé sur le salaire de base et l’allocation logement.
En parallèle, la vie quotidienne est encadrée par une TVA de 15 % sur la plupart des biens et services, ce qui renchérit le coût de la consommation. L’introduction de cette TVA en 2018, puis son relèvement à 15 %, a profondément modifié l’environnement « tax-free » perçu par de nombreux expatriés. À cela s’ajoutent des taxes d’accise très élevées sur les produits jugés nocifs comme le tabac ou les boissons énergétiques.
Principaux taux applicables aux expatriés au quotidien
| Prélèvement | Taux indicatif | Qui paie principalement ? |
|---|---|---|
| Impôt sur le revenu salarial | 0 % | Aucun (n’existe pas) |
| Cotisation GOSI pour non-Saoudiens | 2 % du salaire | Employeur |
| TVA (standard) | 15 % | Consommateur final (expatrié) |
| Accises tabac / e-cigarettes | 100 % | Consommateur final |
| Accises boissons énergétiques | 100 % | Consommateur final |
| Accises boissons sucrées / sodas | 50 % | Consommateur final |
Pour l’expatrié salarié, la clé est donc de raisonner en net de toute fiscalité directe mais en tenant compte de l’incidence de la TVA et du niveau de prix, ainsi que des charges indirectes que l’employeur répercute parfois partiellement dans ses offres de rémunération.
Auto‑entrepreneurs, freelances et dirigeants : quand l’impôt sur le revenu se transforme en impôt sur les sociétés
L’absence d’impôt personnel sur le revenu ne signifie pas que l’auto‑entrepreneuriat soit fiscalement neutre. En Arabie saoudite, les revenus d’activité indépendants d’un étranger ne sont pas imposés en tant que revenus personnels mais via le mécanisme de l’impôt sur les sociétés.
Les bénéfices nets générés par une activité commerciale, professionnelle ou de consultance exercée par des non-Saoudiens via une entité enregistrée en Arabie Saoudite (société, établissement stable, licence commerciale) sont soumis à un impôt sur les sociétés de 20%. Ce taux s’applique à la part des bénéfices détenue par des propriétaires non ressortissants du Conseil de Coopération du Golfe (CCG), y compris pour les freelances étrangers opérant sous une société saoudienne ou les consultants étrangers disposant d’un établissement stable.
L’architecture capitalistique joue un rôle important. Dans une société à actionnariat mixte, la part des bénéfices attribuable à des associés saoudiens ou ressortissants du CCG est soumise à la Zakat (prélèvement religieux de 2,5 % sur la base nette), tandis que la part revenant aux associés étrangers est soumise à l’impôt sur les sociétés. Cela crée des situations hybrides où une même entreprise est assujettie simultanément à l’impôt sur les sociétés et à la Zakat, chacune sur des bases et des portions différentes du capital.
Schéma simplifié d’imposition d’une société mixte
| Actionnaires | Régime applicable | Base d’imposition | Taux indicatif |
|---|---|---|---|
| Saoudiens / GCC | Zakat | Base nette « zakatable » | 2,5 % |
| Étrangers (non‑GCC) | Impôt sociétés | Bénéfice net attribuable | 20 % |
Les entreprises doivent déposer leurs déclarations dans les 120 jours suivant la clôture de l’exercice, la ZATCA ayant déployé une plateforme en ligne en anglais pour faciliter les démarches. Les retards, omissions ou sous‑déclarations donnent lieu à des pénalités pouvant aller de 5 à 25 % de l’impôt dû, avec, dans les cas graves (activité indépendante sans enregistrement, fraude manifeste), des risques d’amende jusqu’à 50 000 SAR, voire de peine de prison ou de reconduite à la frontière.
Retenue à la source : un impôt discret mais central pour les non‑résidents
Dès qu’un non‑résident perçoit des revenus de source saoudienne sans y disposer d’établissement stable, la retenue à la source devient un mécanisme clé. Elle s’applique à une large palette de revenus : dividendes, intérêts, redevances, loyers, honoraires de services techniques ou de management, etc. La logique est simple : la société saoudienne payeuse agit comme « agent de retenue » et prélève à la source un pourcentage de la somme versée pour le reverser à la ZATCA.
Les taux de retenue à la source (WHT) en Arabie saoudite varient selon la nature du revenu : 5 % pour les dividendes, intérêts et loyers ; 15 % pour les redevances et certains services techniques ; et 20 % pour les frais de management. Ces taux peuvent être réduits ou supprimés si une convention fiscale est applicable entre l’Arabie saoudite et le pays de résidence du bénéficiaire, sous réserve de la production d’un certificat de résidence fiscale valide par ce dernier.
Exemple de grille de retenue à la source
| Type de revenu versé à un non‑résident | Taux standard (hors traité) |
|---|---|
| Dividendes | 5 % |
| Intérêts / commissions de prêt | 5 % |
| Loyers / fermages | 5 % |
| Services techniques / conseil | 5–15 % selon la qualification |
| Redevances (royalties) | 15 % |
| Management fees | 20 % |
Pour un expatrié consultant basé à l’étranger mais facturant des clients saoudiens, cette retenue peut réduire significativement les revenus nets perçus. Elle peut parfois être imputée sur l’impôt dû dans le pays de résidence, si une convention de non‑double imposition existe. En revanche, dans le cas spécifique des Américains, l’absence de traité fiscal bilatéral complique l’utilisation de ce type de crédit d’impôt.
TVA, accises et droits de douane : le vrai visage de la consommation taxée
La TVA à 15 % est désormais omniprésente : sur la restauration, les services de télécommunications, les prestations de conseil, les biens de consommation, la plupart des services professionnels. Quelques secteurs sont exemptés ou à taux zéro, comme certains services financiers, la location de résidences (sauf activités para‑hôtelières), une partie des services de santé ou d’éducation et les exportations de biens et services vers l’étranger. Mais dans la vie quotidienne d’un expatrié, la TVA représente une ligne incontournable sur la plupart des factures.
Les accises sont des taxes spécifiques appliquées à certains produits considérés comme nocifs pour la santé, augmentant significativement leur prix final.
Soumis à une taxe d’accise de 100 %, ce qui double au minimum leur prix par rapport à la seule TVA.
Soumises à une taxe d’accise de 100 %, ce qui double au minimum leur prix par rapport à la seule TVA.
Soumises à une taxe d’accise de 50 %, ce qui augmente leur prix d’au moins une fois et demie par rapport à la seule TVA.
Aux frontières, les droits de douane oscillent le plus souvent entre 5 et 25 % selon la nature des biens importés, avec des taux réduits ou nuls pour certains équipements industriels, matières premières ou marchandises stratégiques. Pour les expatriés impliqués dans des activités commerciales ou industrielles, cette fiscalité à l’import peut peser lourd dans le coût de revient et les arbitrages logistiques.
Zakat : une obligation religieuse qui touche aussi l’environnement fiscal des expatriés
La Zakat n’est pas un impôt au sens strict, mais une obligation religieuse pilier de l’islam, gérée en grande partie par la ZATCA pour les entreprises et les contribuables saoudiens ou ressortissants du CCG. Calculée à 2,5 % sur une base de patrimoine net « zakatable » détenu pendant un cycle lunaire, elle repose sur la valeur des liquidités, stocks, créances, participations, etc., à l’exclusion généralement de la résidence principale et des immobilisations.
Les expatriés ne sont pas légalement tenus d’acquitter la Zakat, mais ils y sont indirectement exposés lorsque leurs partenaires ou coactionnaires saoudiens y sont soumis. Dans les sociétés mixtes, la coexistence de la Zakat et de l’impôt sur les sociétés donne un profil fiscal spécifique à chaque structure et peut influencer la répartition du capital, la politique de distribution des dividendes et la stratégie d’investissement.
Contexte fiscal des expatriés et sociétés mixtes en Arabie Saoudite
Propriété immobilière : pas de taxe foncière annuelle, mais une taxation ciblée des transactions et des terrains vacants
Contrairement à de nombreux pays, l’Arabie saoudite ne prélève pas de taxe foncière annuelle sur les biens détenus par les particuliers. Un expatrié qui acquiert un appartement ou une villa à titre de résidence ne se verra pas réclamer chaque année un impôt calculé sur la valeur cadastrale ou le loyer théorique. C’est un point central pour comprendre l’attractivité du marché immobilier local à long terme.
En revanche, deux grands dispositifs fiscaux encadrent la propriété foncière : la Real Estate Transaction Tax (RETT), qui frappe les mutations, et la White Land Tax (WLT), qui vise la rétention de terrains urbains vacants.
La Real Estate Transaction Tax (RETT) : 5 % sur la valeur de la transaction
La RETT est une taxe de mutation de 5 % calculée sur la valeur totale de la transaction immobilière, qu’il s’agisse de terrains, de biens résidentiels ou commerciaux. Elle est due lors du transfert de propriété ou de possession, au plus tard à la date de notarisation officielle, et doit être payée pour finaliser l’enregistrement.
En pratique, la loi fait peser l’obligation sur le vendeur, mais les parties peuvent contractuellement en convenir autrement. Le taux est uniforme pour tous, y compris les étrangers, ce qui simplifie la lisibilité du régime. Cette taxe a remplacé l’application de la TVA à 15 % sur les ventes de la plupart des biens résidentiels, même si la TVA peut encore s’appliquer aux services connexes, comme la construction, la gestion locative commerciale ou certaines prestations de promotion immobilière.
La White Land Tax (WLT) : 2,5 % par an sur les terrains urbains vacants
La White Land Tax est un impôt annuel de 2,5 % sur la valeur de marché des terrains urbains nus classés pour un usage résidentiel ou commercial mais demeurant non développés. Gérée par le ministère des Affaires municipales, rurales et du Logement, elle a pour objectif de lutter contre la rétention spéculative de foncier dans les grandes villes et d’encourager la construction de logements et de surfaces commerciales.
Un expatrié investissant dans un terrain nu dans les zones concernées doit intégrer le coût récurrent d’une taxe spécifique. Cette forme de « taxe foncière » s’applique uniquement aux terrains vacants et non aux biens bâtis utilisés comme résidence principale ou aux investissements locatifs déjà développés.
Coûts annexes d’acquisition immobilière
Outre les taxes proprement dites, l’achat d’un bien immobilier entraîne des frais non négligeables. Les droits d’enregistrement tournent autour de 1 % du prix, généralement à la charge de l’acheteur, tandis que les honoraires juridiques se situent souvent entre 1 et 2 % et les commissions d’agent immobilier autour de 2,5 %, le plus souvent supportées par le vendeur. Ces coûts s’ajoutent à la RETT et doivent être anticipés dans le budget global d’acquisition.
| Poste de coût à l’achat | Ordre de grandeur | Payeur habituel |
|---|---|---|
| Real Estate Transaction Tax (RETT) | 5 % de la valeur | Vendeur (sauf accord inverse) |
| Frais d’enregistrement | ≈ 1 % | Acheteur |
| Honoraires juridiques | 1–2 % | Acheteur |
| Commission d’agence | ≈ 2,5 % | Vendeur |
| White Land Tax (si terrain nu urbain) | 2,5 %/an de la valeur | Propriétaire du terrain |
Pour un expatrié, l’addition peut donc être significative au moment de l’achat, même en l’absence de taxe foncière annuelle sur un bien bâti détenu ensuite sur le long terme.
Accès à la propriété pour les expatriés : ouverture progressive mais encadrée
Le cadre juridique de l’accession des non‑Saoudiens à la propriété évolue rapidement. Une nouvelle loi sur la propriété immobilière par les non‑Saoudiens autorise, sous conditions, les étrangers (individus et entités, résidents ou non‑résidents) à détenir des biens immobiliers ou des droits réels dans des zones géographiques déterminées par le Conseil des ministres. L’Autorité générale de l’immobilier est chargée de publier les périmètres autorisés.
À Makkah et Madinah, la propriété directe d’un bien par un étranger est très limitée. Un investissement indirect via l’achat d’actions de sociétés détentrices d’actifs y est possible, mais plafonné à 49 % du capital pour les non-résidents. Dans certains cas, l’accès à la propriété peut être conditionné à la religion musulmane.
De manière générale, l’achat d’un bien à usage résidentiel par un étranger requiert souvent la détention d’une Iqama valide. Des dérogations existent dans le cadre des mégaprojets Vision 2030 (NEOM, Red Sea Project, zones économiques spéciales), où des investisseurs non‑résidents peuvent acquérir des biens sous réserve de seuils d’investissement élevés. En revanche, l’acquisition de terrains non bâtis à des fins purement spéculatives reste encadrée, et les grands projets immobiliers étrangers doivent être développés dans un délai de cinq ans.
Le montant d’investissement minimum en riyals saoudiens pour accéder à certains programmes de résidence premium, sans que la propriété immobilière seule ne garantisse ce droit.
Pas de taxe foncière classique, mais une approche ciblée du foncier
Pour un expatrié habitué aux systèmes fiscaux occidentaux, l’absence d’impôt annuel sur la valeur des biens immobiliers occupés par leur propriétaire peut sembler déroutante. En Arabie saoudite, l’État a plutôt choisi de cibler les opérations de mutation (via la RETT) et la rétention de terrains urbanisables (via la WLT), tout en laissant les biens résidentiels bâtis à l’écart d’une taxation récurrente.
Le choix d’investir dans l’immobilier a des conséquences fiscales contrastées. D’un côté, il rend l’investissement à long terme potentiellement plus attractif, car la charge fiscale annuelle est limitée à la TVA sur certains services annexes et, pour les terrains nus, à la taxe foncière (WLT). De l’autre, il renchérit l’entrée sur le marché au moment de l’achat, notamment pour les investisseurs qui multiplient les acquisitions et supportent à chaque fois la taxe de mutation (RETT) ainsi que les frais connexes.
Pour les expatriés, l’arbitrage entre location et achat doit donc intégrer non seulement les prix de marché, mais aussi ces paramètres fiscaux : coût fixe d’entrée (RETT, frais), absence de taxe foncière annuelle, éventuelle White Land Tax si l’on détient des terrains, et fiscalité d’éventuelles plus‑values en cas de revente via une structure sociétale.
Investissement, zones économiques spéciales et incitations fiscales
Dans le cadre de sa stratégie Vision 2030, l’Arabie saoudite a créé plusieurs zones économiques spéciales (NEOM, King Abdullah Economic City, projets en mer Rouge, Integrated Logistics Bonded Zone près de Riyad, etc.) offrant des régimes fiscaux très avantageux aux investisseurs, y compris étrangers. Ces zones proposent, selon les cas, des taux réduits d’impôt sur les sociétés pouvant descendre jusqu’à 5 %, des exonérations de retenue à la source sur le rapatriement des profits, des suspensions de droits de douane et des régimes de TVA favorables sur les échanges intra‑zone.
Période maximale d’exonération d’impôt sur le revenu des sociétés et de retenue à la source dans certaines zones comme l’ILBZ.
Ces régimes ne concernent pas directement l’impôt sur le revenu personnel des expatriés – déjà nul – mais ils modifient profondément la fiscalité globale des structures qui les emploient ou dans lesquelles ils investissent. Pour un expatrié entrepreneur ou investisseur, se positionner dans ces zones peut donc réduire drastiquement la pression fiscale sur les bénéfices, les dividendes et les plus‑values, tout en offrant un cadre réglementaire plus souple.
Expatriés américains, britanniques et autres : l’ombre de la fiscalité du pays d’origine
L’un des pièges les plus fréquents pour les expatriés en Arabie saoudite est d’oublier que l’absence d’impôt local sur le revenu ne les exonère pas forcément d’obligations fiscales dans leur pays d’origine. Les citoyens américains et détenteurs de green card doivent déclarer chaque année à l’IRS l’ensemble de leurs revenus mondiaux, même lorsqu’ils vivent et travaillent à l’étranger, et même si aucun impôt n’est prélevé localement sur leur salaire.
Bien que l’exclusion de revenus (Foreign Earned Income Exclusion) permette d’exclure une partie importante des revenus de l’impôt américain, l’absence de convention fiscale avec l’Arabie saoudite peut limiter l’utilisation des crédits d’impôt pour éviter la double imposition, notamment sur les retenues à la source ou les impôts sur les sociétés. Les obligations déclaratives (FBAR, FATCA) pour les comptes bancaires à l’étranger demeurent, avec des seuils de déclaration bas.
Dans d’autres pays (Royaume‑Uni, Canada, France, Inde, etc.), le statut de résident ou non‑résident fiscal est déterminé par des critères propres (jours de présence, liens personnels et économiques, domicile permanent) et conditionne l’imposition des revenus de source saoudienne. Les conventions de non‑double imposition conclues par l’Arabie saoudite avec plus de 50 États jouent alors un rôle décisif pour éviter d’être taxé deux fois sur les mêmes revenus, y compris les revenus immobiliers saoudiens.
Pénalités, amnistie et conformité : pourquoi prendre la fiscalité au sérieux malgré le « zéro impôt sur le revenu »
L’image d’un pays sans impôt sur le revenu a parfois conduit certains expatriés à sous‑estimer la rigueur du système fiscal saoudien. Or, les textes prévoient des pénalités importantes pour les manquements en matière de TVA, de retenue à la source, d’impôt sur les sociétés ou de Zakat. La présentation de documents falsifiés pour éluder la TVA peut, par exemple, être sanctionnée jusqu’à trois fois le montant de TVA éludé. Le défaut de tenue de registres comptables adéquats peut entraîner des amendes allant jusqu’à 50 000 SAR. Les retards de paiement en matière de retenue à la source donnent lieu à un intérêt de 1 % par période de 30 jours de retard.
Pour les travailleurs indépendants non enregistrés, les risques incluent amendes, peines de prison ou expulsion. La ZATCA a prolongé jusqu’au 30 juin 2025 une initiative d’amnistie fiscale, permettant sous conditions l’annulation partielle des pénalités pour les contribuables qui régularisent leur situation.
Même si un salarié expatrié classique n’a pas d’impôt sur le revenu à déclarer, il a donc tout intérêt à vérifier que son employeur applique correctement les règles de GOSI, que les entreprises avec lesquelles il collabore traitent bien les retenues à la source et que toute activité indépendante ou d’investissement est structurée de manière conforme.
Comment un expatrié peut-il se repérer dans ce paysage fiscal ?
La fiscalité en Arabie saoudite pour les expatriés peut se résumer en quelques grands axes. D’abord, l’absence d’impôt personnel sur les salaires constitue un avantage net, mais cette absence n’élimine pas la présence d’autres taxes significatives : TVA, accises, droits de douane, impôt sur les sociétés, retenues à la source, taxes immobilières ciblées. Ensuite, la propriété immobilière reste globalement attractive grâce au manque de taxe foncière annuelle classique, mais la RETT de 5 % et la White Land Tax de 2,5 % sur les terrains vacants imposent de bien calibrer ses projets immobiliers.
La situation fiscale d’un expatrié en Arabie saoudite doit être analysée en combinant le cadre fiscal saoudien et celui du pays d’origine, surtout si ce dernier impose une taxation mondiale ou s’il existe des retenues à la source sur les flux entre les deux pays. Il est crucial de ne pas se fier uniquement à l’idée d’un régime « sans impôt » et d’examiner, éventuellement avec un expert, tous les paramètres : revenus, investissements, patrimoine immobilier, structure juridique et conventions fiscales, avant de s’installer et d’engager des fonds importants dans le pays.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations (Arabie saoudite, Émirats, Oman, Bahreïn), la stratégie retenue a consisté à cibler l’Arabie saoudite pour son absence d’impôt sur le revenu, absence d’impôt sur la fortune et politique de diversification économique (Vision 2030), combinant coût de vie encore compétitif (Riyad ou Djeddah souvent 20–30% moins chers que Paris) et forte dynamique d’infrastructures. La mission a inclus : audit fiscal pré-expatriation (exit tax ou non, report d’imposition en France), obtention de la résidence de longue durée, couverture santé locale et coordination avec la CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, accompagnement culturel francophone) et intégration patrimoniale (analyse et éventuelle restructuration). Ce dispositif permet d’atteindre des économies fiscales pouvant dépasser 50% tout en maîtrisant les risques (contrôles français, convention fiscale, choc culturel).
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