Poursuivre des études supérieures à l’étranger en Arabie saoudite attire de plus en plus d’étudiants internationaux, notamment grâce à la combinaison assez rare d’universités bien classées, de bourses intégrales extrêmement généreuses et d’un coût de la vie inférieur à celui de nombreux pays occidentaux. Le tout dans un environnement profondément ancré dans la culture arabe et islamique, mais engagé dans une modernisation rapide via la Vision 2030.
Pour étudier en Arabie saoudite, il faut connaître son système universitaire, les bourses disponibles, le coût de la vie, les procédures d’admission et de visa. La vie quotidienne, l’accès aux soins de santé, les options de logement et les perspectives professionnelles après l’obtention du diplôme sont également des aspects essentiels à considérer.
Pourquoi choisir l’Arabie saoudite pour ses études supérieures
L’Arabie saoudite est aujourd’hui l’un des pôles universitaires qui montent le plus vite au Moyen‑Orient. Plus de 25 universités publiques, plus de 65 établissements privés, des investissements massifs dans l’enseignement supérieur (plus de 20 % du budget national) et une stratégie claire avec la Vision 2030 : tout cela tire le système vers le haut.
Le pays présente plusieurs avantages pour les études supérieures à l’étranger : des universités de plus en plus reconnues dans les classements internationaux (pétrole, ingénierie, informatique, sciences religieuses, arabe), une politique de bourses très généreuse (frais de scolarité, logement, allocation mensuelle, assurance santé et billets d’avion souvent entièrement financés), et un coût de la vie ainsi que des loyers nettement inférieurs à de nombreuses destinations étudiantes classiques, tout en offrant des infrastructures comparables à celles des pays occidentaux.
Le pays se distingue aussi culturellement : berceau de la langue arabe et de la civilisation islamique, il abrite La Mecque et Médine, villes saintes de l’islam. Pour un étudiant intéressé par la langue arabe, les sciences islamiques ou la compréhension en profondeur du monde arabe contemporain, l’Arabie saoudite offre un contexte d’immersion unique, avec des programmes spécialisés pour non arabophones.
Un paysage universitaire en pleine ascension
L’enseignement supérieur en Arabie saoudite repose sur trois types d’institutions : universités publiques, universités privées et établissements semi‑privés. L’ensemble forme un réseau d’environ 43 universités et plus de 50 institutions reconnues dans différents classements mondiaux.
Quatre universités saoudiennes se distinguent dans les classements internationaux, dont trois dans le Top 100 mondial QS.
Le pays a fixé dans la Vision 2030 un objectif explicite : compter au moins cinq universités dans le Top 200 mondial. Cette ambition se traduit par une hausse continue des budgets dédiés à la recherche, au recrutement de professeurs internationaux, à la création de centres d’innovation et à l’accueil d’étudiants étrangers.
Les grands pôles universitaires sont Riyad, Jeddah, Dhahran, ainsi que Médine et La Mecque pour les universités à forte orientation islamique et linguistique. On trouve aussi des institutions spécialisées comme Princess Nourah bint Abdulrahman University, plus grande université féminine au monde, ou des structures de recherche comme King Abdulaziz City for Science and Technology (KACST).
Bourses d’études : un système parmi les plus généreux au monde
Le principal argument pour poursuivre des études supérieures en Arabie saoudite reste la possibilité d’obtenir une bourse intégrale. Le pays a construit l’un des ensembles de programmes de bourses les plus massifs de la région : plus de 25 grands programmes entièrement financés pour les étudiants internationaux, des milliers de bénéficiaires chaque année, et un financement annuel cumulé qui dépasse les deux milliards de dollars.
Les bourses se répartissent en deux grandes catégories. Les programmes gouvernementaux, pilotés par le ministère de l’Éducation et des organismes comme la Saudi Arabian Cultural Mission ou la plateforme « Study in Saudi », qui proposent des bourses internes (pour non-Saoudiens résidents légaux) et externes (pour candidats à l’étranger). Ensuite, les bourses spécifiques offertes par de nombreuses universités, notamment KAUST, KFUPM, King Abdulaziz University, King Saud University, Alfaisal University, ainsi que des universités régionales (Taif, Qassim, Jazan, Najran, Tabuk, etc.).
En règle générale, une bourse intégrale saoudienne couvre 100 % des frais de scolarité, un logement universitaire ou une allocation de logement, une allocation mensuelle pour les dépenses courantes, l’assurance médicale, les livres, au moins un billet d’avion aller‑retour par an, et souvent des primes d’installation à l’arrivée et de déménagement au départ. Dans certains cas, des financements de recherche, des stages rémunérés ou des postes d’assistant de recherche complètent le dispositif.
Le tableau suivant illustre la structure type d’une bourse intégrale offerte par une université publique pour un étudiant international. Elle couvre généralement les frais de scolarité complets, l’hébergement sur le campus, une allocation pour les repas, les manuels scolaires et parfois une assurance maladie, offrant ainsi une prise en charge financière complète pour la durée du programme d’études.
| Élément de la bourse | Exemple de prise en charge typique |
|---|---|
| Frais de scolarité | Exonération totale (100 %) |
| Logement | Chambre ou studio sur campus, gratuit ou très subventionné |
| Allocation mensuelle | Environ 850 à 2 500 SAR selon niveau et université |
| Prime d’installation | Équivalent de 2 mois d’allocation à l’arrivée |
| Aide au déménagement après le diplôme | Équivalent de 3 mois d’allocation |
| Billet d’avion annuel | Aller‑retour vers le pays d’origine |
| Manuels et matériel académique | Livres gratuits ou bibliothèque numérique complète |
| Assurance santé | Couverture complète dans les hôpitaux universitaires et publics |
Ces montants varient d’un établissement à l’autre, mais la logique reste la même : limiter au maximum les frais à la charge de l’étudiant. Dans certains programmes phares comme ceux de KAUST ou de KFUPM, les allocations de vie peuvent atteindre l’équivalent de plusieurs dizaines de milliers de dollars par an si l’on additionne les différentes composantes du package.
Domaines d’études et types de programmes disponibles
L’offre de formation pour étudiants internationaux est très large. On trouve des diplômes d’arabe langue étrangère, des licences, des masters, des doctorats, des certificats et des programmes courts. L’Arabie saoudite est notamment réputée dans certaines spécialités : ingénierie pétrolière et gazière, génie chimique, génie civil et mécanique, informatique, intelligence artificielle, cybersécurité, data science, mais aussi études islamiques, langue arabe, droit islamique (charia), sciences sociales et management.
Pour les étudiants francophones, plusieurs grandes universités saoudiennes proposent des programmes structurés d’apprentissage de l’arabe, avec des niveaux alignés sur les cadres internationaux.
Située à Jeddah, elle dispose d’un institut spécialement conçu pour les non arabophones avec des programmes structurés par niveaux.
Université de La Mecque offrant des programmes d’arabe calibrés selon les cadres de référence internationaux comme le CECR.
Établissement de Riyad proposant des cours d’arabe pour non arabophones avec une progression par niveaux.
À Riyad, cette université dispose d’un institut avec des programmes structurés pour l’apprentissage de l’arabe.
Propose des programmes d’arabe pour non arabophones, souvent alignés sur les normes internationales (CECR, ACTFL).
Les programmes d’arabe pour étrangers sont conçus pour développer toutes les compétences linguistiques : compréhension orale, expression orale, lecture, écriture, ainsi que l’usage de l’arabe en situation réelle et en contexte académique. Certains incluent une préparation aux études islamiques, avec l’utilisation d’ouvrages pédagogiques spécialisés comme la série « Al‑Arabiyyatu bayna yadayk ».
Sur le plan académique général, les masters saoudiens durent en général entre un et deux ans. Beaucoup combinent cours magistraux, travaux dirigés, projets et rédaction d’un mémoire avec éventuellement une soutenance orale. Certains programmes proposent une voie accélérée sur un an, souvent en intégrant un semestre d’été obligatoire. Au niveau doctoral, la structure varie selon les disciplines mais repose toujours sur une forte composante de recherche.
Conditions d’admission : ce qu’il faut savoir
Les exigences d’admission combinent des critères académiques, administratifs, linguistiques et parfois religieux ou d’âge. Pour une licence, il faut en général un diplôme de fin d’études secondaires ou équivalent, avec un niveau jugé « bon » ou supérieur (souvent un système de GPA minimal, par exemple 3,0/5,0 ou l’équivalent). Pour un master, un diplôme de licence dans un domaine pertinent est indispensable, et pour un doctorat un master achevé avec un bon dossier.
Tous les diplômes et relevés de notes doivent être traduits en arabe ou en anglais, certifiés par les autorités du pays d’origine, puis parfois légalisés par la représentation saoudienne. Il faut également fournir un casier judiciaire vierge, un certificat de bonne conduite et un certificat médical attestant l’absence de maladies infectieuses.
Les universités fixent aussi des limites d’âge : typiquement 17 à 25 ans pour un premier cycle, moins de 30 ans pour un master, moins de 35 ans pour un doctorat, même si certains établissements privés peuvent se montrer plus flexibles. Pour certains programmes très spécifiques, comme l’Islamic University of Madinah, l’appartenance à la religion musulmane peut être exigée.
Il s’agit du score minimum requis à l’IELTS pour intégrer un programme universitaire enseigné en anglais.
Le tableau ci‑dessous synthétise les exigences typiques pour un étudiant international postulant à un cursus diplômant :
| Niveau d’études | Diplôme requis | Limite d’âge indicative | Exigence linguistique courante (anglais) |
|---|---|---|---|
| Licence / Bachelor | Diplôme de fin d’études secondaires | 17–25 ans | IELTS ≥ 6,0 / TOEFL iBT ≥ 79 |
| Master | Licence pertinente | < 30 ans | IELTS ≥ 6,5 / TOEFL iBT ≥ 90 |
| Doctorat | Master pertinent | < 35 ans | IELTS ≥ 7,0 / TOEFL iBT ≥ 100 |
À ces critères s’ajoutent souvent deux lettres de recommandation, une lettre de motivation ou un projet de recherche pour les niveaux avancés, un CV détaillé et, pour certains domaines (management, ingénierie, informatique), des tests supplémentaires comme le GRE ou le GMAT.
Processus de candidature et calendrier
La plupart des candidatures se font en ligne via les portails des universités ou via la plateforme centralisée « Study in Saudi ». Cette dernière permet de postuler à plusieurs établissements publics sans multiplier les dossiers et les frais, ce qui simplifie fortement le processus pour les étudiants étrangers.
L’étudiant doit créer un compte sur la plateforme, sélectionner ses programmes et universités, puis téléverser ses documents pour suivre l’état de sa demande. Les dossiers complets sont évalués par des commissions d’admission et, si nécessaire, soumis à l’approbation du ministère de l’Éducation pour l’obtention de bourses gouvernementales. En cas d’acceptation, l’université délivre une lettre d’admission et une attestation de bourse (le cas échéant), documents essentiels pour la demande de visa étudiant.
Les périodes d’ouverture varient d’une université à l’autre, mais on retrouve quelques tendances : les appels à candidatures pour la rentrée d’automne sont souvent ouverts entre janvier et avril de l’année précédente, parfois jusqu’en juin pour la licence. Pour les masters et doctorats, des sessions de candidature peuvent aussi s’ouvrir à l’automne pour des rentrées au semestre de printemps.
L’ensemble du processus, de la candidature universitaire à l’obtention du visa, peut prendre plusieurs mois. Il est prudent de s’y prendre au moins 3 à 4 mois avant la date de rentrée prévue pour s’assurer d’avoir le temps pour les traductions, les légalisations, les examens médicaux et les démarches consulaires.
Visa étudiant : conditions, démarches et durée
Étudier en Arabie saoudite exige un visa étudiant spécifique. Il ne s’agit pas d’un simple visa touristique, mais d’une autorisation de résidence liée à l’inscription dans un établissement reconnu. L’université qui admet l’étudiant agit comme sponsor, en collaboration avec le ministère des Affaires étrangères saoudien.
Pour pouvoir demander le visa, il faut d’abord disposer d’une lettre d’admission officielle, souvent assortie d’une preuve de bourse ou de moyens financiers suffisants. L’université sollicite ensuite une autorisation auprès du ministère, qui délivre une « note de référence » permettant au candidat de remplir sa demande de visa en ligne sur le portail du ministère des Affaires étrangères. Le candidat dépose ensuite son dossier, généralement auprès de l’ambassade du Royaume ou d’un centre agréé.
Procédure de demande de visa étudiant pour le Royaume
La liste des documents est dense : passeport valide d’au moins six mois avec pages libres, formulaire de demande rempli, lettre d’admission, note de référence, preuves financières (relevés bancaires, attestation de bourse ou de prise en charge), certificats de diplômes légalisés, acte de naissance, casier judiciaire récent, rapports médicaux détaillant l’absence de maladies contagieuses comme le VIH/SIDA ou certaines hépatites, plusieurs photos d’identité aux normes précises, et éventuellement un projet d’études ou un CV.
Le traitement d’un dossier de visa peut varier de quelques jours à plusieurs semaines, en fonction de la période de l’année et du pays concerné. Il est donc recommandé d’engager la procédure dès la réception de la lettre d’admission, sans délai, pour éviter tout imprévu lié aux délais de traitement.
Une fois arrivé dans le pays, l’étudiant doit obtenir une carte de résident (Iqama) pour la durée de ses études. Cette carte, généralement gratuite dans le cadre des bourses, est indispensable pour de nombreuses démarches : ouverture de compte bancaire, location de logement hors campus, abonnement téléphonique, etc.
Il est important de noter que le visa étudiant n’autorise pas le travail salarié. La législation saoudienne interdit aux étudiants sur bourse de travailler pour des entreprises ou des particuliers pendant leurs études. Toute activité rémunérée doit passer par des dispositifs formels comme les assistantats de recherche ou d’enseignement prévus par certaines universités, dans le cadre strict du statut étudiant.
Coût de la vie : un avantage compétitif majeur
Sur le plan financier, l’Arabie saoudite offre un équilibre intéressant : un niveau de vie et des infrastructures modernes, mais un coût global sensiblement inférieur à celui de pays comme le Royaume‑Uni, le Canada, l’Australie ou les Émirats arabes unis. Selon les données comparatives récentes, le coût de la vie y serait environ 35 à 45 % plus bas qu’au Royaume‑Uni, avec des loyers en moyenne 65 à 70 % moins chers.
Les estimations pour un étudiant international indiquent un budget mensuel (hors frais de scolarité) compris entre 2 500 et 4 500 SAR, selon la ville, le type de logement et le style de vie. Pour le premier mois, il est souvent recommandé de prévoir 5 000 à 8 000 SAR, le temps de couvrir les frais d’installation (caution, achat de petites fournitures, déplacements administratifs, etc.).
Fourchette typique des principales dépenses mensuelles pour un étudiant, permettant d’établir un budget prévisionnel.
Loyer, charges et assurance habitation. Coût variable selon la ville et le type de logement (résidence universitaire, colocation, studio).
Courses alimentaires, repas à l’extérieur et petits déjeuners. Un poste de dépense essentiel à anticiper.
Abonnement aux transports en commun, essence, entretien du véhicule ou frais de vélo. Dépend du mode de déplacement choisi.
Droits d’inscription, achats de livres, fournitures scolaires et frais de photocopies.
Abonnements mobile et internet, essentiels pour la communication et les travaux universitaires.
Sorties, culture, sports, habillement et dépenses personnelles imprévues.
| Poste de dépense | Fourchette moyenne mensuelle (SAR) |
|---|---|
| Logement (sur campus) | 700 – 1 200 |
| Logement (colocation hors campus) | 900 – 1 500 |
| Nourriture / courses | 400 – 700 |
| Transports | 120 – 200 |
| Services (eau, électricité, gaz) | 200 – 300 |
| Internet haut débit | 70 – 120 |
| Téléphone mobile | 30 – 60 |
| Assurance santé (si non incluse) | 60 – 100 |
| Livres / matériel d’étude | 100 – 150 |
Les prix des produits de base sont généralement abordables. Par exemple, un litre de lait coûte environ 5 SAR, un kilo de riz 7 à 9 SAR, un kilo de poulet 12 à 16 SAR, et les légumes 4 à 7 SAR le kilo. Un repas rapide (type fast‑food) tourne autour de 15 à 20 SAR, tandis qu’un repas dans un restaurant classique revient à 25 à 35 SAR.
En matière de transports, les grandes villes disposent de bus urbains, de lignes de métro en développement et de services de VTC via des applications comme Uber ou Careem. Un trajet en métro coûte quelques riyals, un abonnement mensuel environ 100 à 150 SAR, et les taxis restent relativement abordables, même si les distances peuvent être importantes dans des villes très étendues comme Riyad.
Se loger : campus, appartements, colocations et autres options
Le logement représente en général le plus gros poste de dépense, mais les choix sont nombreux. La plupart des universités publiques proposent des résidences étudiantes sur le campus, souvent séparées par genre. Ces dortoirs incluent souvent les services essentiels (eau, électricité, internet, climatisation, mobilier de base) et peuvent être gratuits pour les boursiers ou proposés à un tarif fortement subventionné.
Pour ceux qui préfèrent vivre en ville, des appartements privés, des colocations, des studios meublés ou semi‑meublés, voire des homestays chez l’habitant, sont accessibles. Les grands centres urbains comme Riyad, Jeddah ou Dammam/Khobar offrent aussi des « compounds », complexes résidentiels sécurisés très prisés des expatriés, avec piscines, salles de sport, espaces verts et un environnement souvent plus libéral.
Le prix mensuel minimum pour une chambre en colocation dans une grande ville d’Arabie Saoudite.
Le tableau suivant donne un aperçu synthétique de quelques types de logement et de leurs coûts moyens :
| Type de logement | Caractéristiques principales | Fourchette de loyer mensuel (SAR) |
|---|---|---|
| Résidence universitaire | Sur campus, services inclus, séparation hommes/femmes | 800 – 2 500 |
| Colocation hors campus | Appartement partagé, charges parfois séparées | 1 200 – 3 000 |
| Appartement privé (studio/1‑2 chambres) | Logement indépendant, souvent non meublé | 2 500 – 6 000 |
| Homestay chez une famille | Immersion culturelle, repas souvent inclus | 1 500 – 3 500 |
| Compound / résidence sécurisée | Infrastructures complètes, sécurité renforcée | Plus élevé, selon standing |
La procédure de location hors campus passe par la plateforme officielle Ejar, gérée par le ministère du Logement. Tous les contrats doivent y être enregistrés sous le numéro d’Iqama du locataire. Il faut généralement fournir passeport, visa ou Iqama, lettre d’inscription universitaire et parfois une preuve de revenus ou de bourse. Les cautions correspondent souvent à un ou plusieurs mois de loyer, avec un paiement trimestriel ou annuel.
Santé et assurance : un système performant mais obligatoire
Le système de santé saoudien est considéré comme moderne et bien doté, intégrant un secteur public conséquent (plus de 240 hôpitaux publics et 2 000 centres de soins primaires) et un secteur privé en forte expansion. L’Organisation mondiale de la santé a classé le pays parmi les mieux équipés de la région pour les traitements médicaux, notamment pour des interventions avancées comme la chirurgie cardiaque ou la cancérologie.
Pour les étudiants internationaux, l’assurance santé est obligatoire. Tous les étrangers non ressortissants du Conseil de coopération du Golfe doivent disposer d’une assurance médicale valide pour obtenir et renouveler leur Iqama. Cette exigence est supervisée par le Council for Health Insurance, qui encadre les compagnies d’assurance et les niveaux minimaux de couverture.
Le coût annuel en SAR des formules de base d’assurance santé privée pour les étudiants en Arabie Saoudite.
Les étudiants doivent conserver en permanence leur carte d’assurance, indispensable pour la prise en charge directe des soins. De très nombreuses cliniques et hôpitaux privés emploient des médecins formés en Europe ou en Amérique du Nord, et l’anglais y est largement pratiqué, ce qui facilite la communication pour les non arabophones.
Vie étudiante et cadre de vie : entre tradition et modernisation
Vivre et étudier en Arabie saoudite signifie évoluer dans un contexte profondément marqué par l’islam et les traditions locales. La prière cinq fois par jour structure le quotidien, et il est courant que commerces et services ferment temporairement à ces heures‑là. L’alcool et le porc sont interdits, les tenues doivent demeurer modestes, et de nombreux espaces publics restent organisés selon des principes de séparation des genres.
Les campus offrent un environnement ouvert, notamment dans les grandes universités scientifiques. Certaines, comme KAUST, sont mixtes, tandis que d’autres séparent les enseignements par genre. La vie étudiante est dynamique, avec des clubs, associations, événements culturels ou sportifs, et des infrastructures modernes (bibliothèques, salles informatiques, laboratoires, complexes sportifs).
Les villes saoudiennes offrent de nombreuses possibilités de loisirs : centres commerciaux très développés, restaurants, cafés (sans alcool mais avec une forte culture du café et du thé), plages sur la mer Rouge dans l’ouest, plongée, randonnées dans le désert, sorties en quad ou en 4×4, visites de sites historiques comme la cité nabatéenne de Mada’in Saleh, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Les repas sont un autre aspect central de la vie quotidienne. Le plat national, la « kabsa », mélange riz et viande avec des épices, mais la diversité démographique du pays se reflète dans sa gastronomie : restaurants indiens, pakistanais, philippins ou turcs abondent, notamment dans les grandes villes.
Défis d’adaptation pour les étudiants internationaux
Malgré ses nombreux atouts, l’Arabie saoudite n’est pas une destination neutre culturellement, et les études y exigent une réelle capacité d’adaptation. Les recherches menées auprès de boursiers internationaux dans des universités comme Imam Mohammad Ibn Saud Islamic University ou d’autres établissements montrent des défis récurrents.
La barrière de la langue, notamment la non-maîtrise de l’arabe à l’arrivée, constitue l’obstacle principal. Elle dépasse le simple vocabulaire et inclut les codes non verbaux, les gestes et les expressions de politesse, sources de malentendus. L’apprentissage de l’écriture arabe demande également un effort spécifique pour les étudiants habitués à l’alphabet latin.
Le choc culturel peut se faire sentir sur plusieurs plans : règles vestimentaires strictes, séparation hommes/femmes dans de nombreux espaces, interdiction des démonstrations publiques d’affection, forte importance de la religion dans la sphère publique. Certains étudiants évoquent un sentiment de solitude, de nostalgie et parfois de déprime durant les premiers mois, notamment lorsque l’éloignement familial se combine aux contraintes du contexte social.
En cas de saturation des logements universitaires, les étudiants sans bourse complète peuvent être contraints à des locations privées plus chères et éloignées, ce qui augmente leurs dépenses avec les frais de transport.
Les travaux de recherche soulignent cependant l’importance des dispositifs de soutien mis en place par les universités : services de la vie étudiante pour les boursiers, accompagnement administratif, aide au logement, soutien psychologique, activités sociales, clubs internationaux. Les étudiants qui s’engagent dans des activités extra‑académiques, se lient avec des pairs saoudiens et étrangers, et participent à des événements interculturels ont tendance à mieux s’adapter.
Stratégies pour réussir son intégration
Plusieurs études et témoignages d’étudiants reviennent sur quelques stratégies efficaces pour réussir son intégration académique et sociale en Arabie saoudite.
L’apprentissage de l’arabe, même à un niveau fonctionnel, est systématiquement cité comme un facteur clé. Il ne s’agit pas seulement de suivre les cours, mais de pratiquer au quotidien : échanger avec des camarades saoudiens, interagir avec le personnel administratif, lire des panneaux, regarder des émissions locales. De nombreuses universités proposent des centres de langues et des cours dédiés aux non arabophones, souvent financés par des bourses spéciales.
Pour favoriser son intégration, il est conseillé de sortir du cercle des compatriotes et de fréquenter les lieux publics autorisés comme les bibliothèques, clubs sportifs ou culturels. Participer aux excursions organisées par l’université et se constituer un réseau d’amis, même restreint, permet de réduire la solitude et de mieux comprendre les usages locaux.
Le troisième volet consiste à utiliser sans hésitation les ressources d’accompagnement existantes : services de conseil psychologique, cellules d’orientation, tuteurs académiques, responsables de la vie étudiante pour les boursiers. Ces services sont souvent prévus précisément pour aider à franchir les obstacles linguistiques, administratifs ou personnels.
Enfin, la préparation en amont joue un rôle : s’informer sur les lois et coutumes, les exigences vestimentaires, le déroulement du Ramadan et des fêtes religieuses, les règles de comportement dans l’espace public, les procédures à suivre en cas de problème. Arriver avec des attentes réalistes et une attitude d’ouverture permet d’aborder plus sereinement les différences parfois marquées avec son pays d’origine.
Après le diplôme : perspectives professionnelles
Le marché de l’emploi en Arabie saoudite évolue rapidement. D’un côté, le pays s’efforce de diversifier son économie au‑delà du pétrole, en misant sur les énergies renouvelables, le tourisme, la défense, les technologies de l’information, les fintechs ou les industries créatives. De l’autre, une politique de « saudisation » vise à favoriser l’emploi des citoyens saoudiens, ce qui limite mécaniquement les possibilités pour les étrangers sur certains postes.
Pour les diplômés internationaux des universités saoudiennes, les meilleures opportunités professionnelles se situent dans des secteurs en forte tension de compétences. Ces secteurs incluent l’ingénierie spécialisée, l’informatique avancée (IA, cybersécurité, science des données), la santé, la construction de grands projets, la gestion des ressources en eau ou des infrastructures de transport, ainsi que l’audit et le conseil dans le contexte des réformes économiques du pays.
Les grandes entreprises nationales comme Saudi Aramco (pétrole et énergie), SABIC (industrie chimique), STC et Mobily (télécommunications), ou Saudi Electricity Company recrutent des profils hautement qualifiés. À cela s’ajoutent de nombreuses multinationales implantées dans le Royaume (cabinet de conseil, grands groupes industriels, entreprises technologiques), qui peuvent constituer un débouché naturel pour des diplômés formés localement, notamment ceux qui maîtrisent à la fois l’arabe et l’anglais.
Pour travailler en Arabie saoudite après un diplôme, un visa de travail sponsorisé par un employeur est nécessaire, distinct du visa étudiant. Les diplômés étrangers y parviennent généralement soit par un recrutement direct par une entreprise locale, soit par une mutation interne depuis leur pays d’origine.
Même si l’étudiant ne reste pas dans le Royaume, un diplôme d’une grande université saoudienne peut constituer un atout sur un CV, en particulier dans les domaines liés à l’énergie, à l’ingénierie, à la langue arabe ou aux études islamiques. Les compétences linguistiques, interculturelles et techniques acquises dans ce contexte très spécifique sont appréciées dans de nombreux secteurs : diplomatie, ONG, organisations internationales, enseignement, entreprises opérant au Moyen‑Orient, etc.
L’Arabie saoudite comme destination d’études supérieures : pour qui est‑ce pertinent ?
Poursuivre des études supérieures à l’étranger en Arabie saoudite n’est pas une option « standardisée » comme un départ vers le Canada, la France ou l’Australie. C’est un choix qui combine des avantages académiques et financiers importants avec un environnement culturel et juridique particulier, fortement marqué par l’islam et des normes sociales conservatrices.
Cette destination est particulièrement pertinente pour les étudiants en ingénierie (hydrocarbures, chimique, sciences de l’ingénieur, informatique, cybersécurité), attirés par des universités bien positionnées, proches des acteurs industriels et bénéficiant de financements de recherche importants. Elle convient également aux étudiants souhaitant approfondir la langue arabe, les études islamiques, le droit islamique ou l’histoire de la civilisation musulmane, grâce à une immersion culturelle et académique rare.
Les candidats issus de pays où le coût d’un master dans une grande université occidentale est prohibitif peuvent aussi y voir une alternative crédible : bourse intégrale, coût de la vie modéré, infrastructures modernes, diplômes reconnus, le tout sans besoin de recourir à un prêt massif. Pour les étudiantes, l’existence d’universités féminines de très haut niveau (Princess Nourah University, Effat University, etc.) ouvre également des possibilités intéressantes, dans un cadre adapté au contexte local.
Les étudiants recherchant un environnement social très libéral, une vie nocturne animée ou une mixité totale dans tous les espaces pourraient trouver certaines contraintes locales difficiles. De plus, un environnement religieux très présent au quotidien nécessite une adaptation de la part de ceux qui ne souhaitent pas s’y exposer.
Conclusion : une opportunité à forte valeur ajoutée pour un profil bien préparé
En rassemblant les différents éléments — montée en puissance des universités saoudiennes dans les classements, investissements massifs dans l’enseignement supérieur, bourses intégrales extrêmement compétitives, coût de la vie relativement bas, environnement académique moderne et infrastructures médicales solides — l’Arabie saoudite apparaît clairement comme une destination d’études supérieures à l’étranger qui mérite d’être envisagée sérieusement.
Poursuivre des études en Arabie saoudite n’est pas une destination universelle. Cela nécessite une préparation minutieuse, une capacité d’adaptation aux normes culturelles et religieuses locales, et un intérêt authentique pour la région, sa langue et sa culture. Pour les étudiants qui remplissent ces conditions, l’expérience peut être académiquement, humainement et professionnellement très riche, avec de solides perspectives de carrière dans le Royaume ou à l’international.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Grèce, Chypre, Émirats, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler l’Arabie Saoudite pour son régime fiscal très avantageux pour les non-résidents (absence d’impôt sur le revenu des personnes physiques, pas d’ISF, environnement pro-investisseurs), combinant coût de vie compétitif (Riyad ou Djeddah nettement moins chers que Paris à niveau de confort équivalent) et fort potentiel économique régional. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention du titre de séjour approprié, coordination couverture santé locale / CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, spécialiste immigration, interlocuteurs francophones) et intégration patrimoniale internationale (analyse et restructuration si nécessaire).
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