S’installer comme entrepreneur en Arabie saoudite n’a plus rien à voir avec ce que vivaient les étrangers il y a dix ou quinze ans. Porté par la Vision 2030 et une avalanche de réformes pro-business, le Royaume est passé d’un marché relativement fermé à un écosystème structuré, digitalisé et avide de talents internationaux. Pour un expatrié, c’est à la fois une opportunité spectaculaire… et un terrain de jeu complexe, avec ses règles juridiques, fiscales et culturelles très spécifiques.
Ce guide pratique aborde les raisons d’attrait du pays pour les entrepreneurs, les secteurs porteurs, le choix de la structure juridique, les procédures à suivre, les coûts réels et les pièges culturels et réglementaires à éviter.
Un pays en transformation : pourquoi les expatriés regardent vers l’Arabie saoudite
L’Arabie saoudite reste la première économie du Moyen-Orient, historiquement dopée par le pétrole qui représente encore près de 90 % des recettes publiques. Mais depuis le lancement de la Vision 2030 en 2016 par le prince héritier Mohammed ben Salmane, la feuille de route est claire : diversifier l’économie, faire monter le secteur privé à 65 % du PIB, attirer les capitaux étrangers et créer un environnement propice aux PME innovantes.
Montant en milliards de dollars investi par l’Arabie saoudite dans des mégaprojets dans le cadre de sa stratégie de transformation économique.
Le résultat se voit dans les chiffres : forte hausse du nombre de licences étrangères, explosion des enregistrements commerciaux (plus de 150 000 nouveaux registres au premier trimestre 2025), et plus de 6 000 entreprises internationales licenciées en 2024. Le pays se hisse parmi les grands réformateurs du classement Doing Business de la Banque mondiale et attire des dizaines de milliards de riyals d’IDE, avec un accent marqué sur les secteurs non pétroliers comme la tech, le tourisme, la logistique ou les énergies renouvelables.
Pour un expatrié, l’adaptation à un nouveau pays implique trois choses très concrètes : s’adapter à un nouvel environnement professionnel et culturel, gérer les démarches administratives et logistiques (logement, visa, etc.), et reconstruire un réseau social et un équilibre personnel.
– un marché jeune (plus de 60 % de la population a moins de 35 ans), connecté (près de 96 % de pénétration internet) et solvable ;
– un cadre légal de plus en plus aligné sur les standards internationaux, avec 100 % de propriété étrangère possible dans de nombreux secteurs ;
– des incitations puissantes : zones économiques spéciales, allègements fiscaux, absence d’impôt sur le revenu des personnes physiques, programmes de visas et de résidences premium pour investisseurs.
Comprendre le cadre légal : Vision 2030 et nouvelle loi sur l’investissement
Le point d’entrée de tout expatrié qui veut créer son entreprise en Arabie saoudite, c’est la Loi sur l’investissement et le ministère de l’Investissement (MISA), anciennement SAGIA. Une nouvelle loi sur l’investissement, entrée en vigueur début 2025, simplifie radicalement les démarches : l’ancienne logique de licences lourdes cède la place à un système d’enregistrement plus fluide, souvent via un guichet unique numérique.
Le cadre repose sur plusieurs piliers :
Depuis fin 2022, la nouvelle Loi sur les sociétés régit les formes juridiques et la gouvernance. Elle s’accompagne d’une réforme du registre du commerce, remplaçant l’expiration fixe par une confirmation annuelle des données, et impose à toutes les sociétés non cotées de déclarer leurs ayants droit économiques (personnes détenant ou contrôlant au moins 25% des droits de vote ou exerçant une influence significative).
Cette transparence renforcée vise à lutter contre le blanchiment, la corruption et l’évasion fiscale, tout en rassurant les investisseurs étrangers sur la sécurité juridique des opérations. Le système reste fondé sur la charia (droit islamique), mais les lois commerciales (investissement étranger, sociétés, travail, lutte anti-corruption) convergent progressivement vers les standards internationaux.
100 % de propriété étrangère : dans quels secteurs un expatrié peut-il se lancer ?
L’un des plus grands changements pour les expatriés est la possibilité, désormais, de détenir 100 % du capital dans une large gamme d’activités. Historiquement, la participation étrangère était souvent plafonnée (25, 49 ou 75 %), avec l’obligation de passer par un sponsor local. Ce n’est plus la règle générale.
Aujourd’hui, 100 % de propriété étrangère est possible, sous réserve de licence adéquate et de respect des conditions de capital, notamment dans :
Découvrez les principaux secteurs porteurs ouverts aux investissements étrangers dans le cadre de la Vision 2030.
Investissements dans l’IT, les services numériques, la cybersécurité, le cloud et l’intelligence artificielle.
Opportunités dans le tourisme, l’hôtellerie, les événements, les loisirs et le divertissement.
Projets liés aux énergies propres et à la transition énergétique.
Investissements dans les cliniques, la télémédecine, les équipements médicaux (sous réserve d’agréments).
Développement immobilier (hors zones sensibles), industrie, fabrication et chaînes logistiques.
Formation (avec licences), services professionnels (consulting, ingénierie), e‑commerce, transport et logistique.
Les secteurs de services, industriels et agricoles sont, en principe, ouverts sans obligation de partenaire saoudien, avec 100 % de capital étranger possible.
En revanche, il subsiste une « liste négative » où l’investissement étranger est restreint voire interdit. Sont notamment très encadrés ou fermés :
Plusieurs secteurs d’activité en Arabie Saoudite sont soumis à des réglementations spécifiques, des plafonds de participation étrangère ou nécessitent des agréments. Ces secteurs incluent : l’exploration, le forage et la production pétrolière ; la fabrication de matériel militaire ou d’explosifs civils ; certains services de sécurité et de défense ; la pêche industrielle et certaines activités maritimes (avec parfois un plafond de participation étrangère à 49%) ; les activités immobilières dans les villes saintes, soumises à des interdictions ou limitations ; certains services touristiques directement liés au Hajj et à la Omra ; l’édition, l’impression et certains métiers des médias et de la diffusion (avec des plafonds à 50% dans l’audiovisuel) ; ainsi que les télécommunications, la banque et l’assurance, qui exigent des agréments spécifiques délivrés par les autorités monétaires et de régulation sectorielles.
Pour un expatrié, l’étape stratégique est donc d’identifier si son activité figure dans un secteur ouvert, limité ou interdit, puis de calibrer en conséquence son montage (100 % étranger, joint-venture, agence commerciale, partenariat local).
Choisir sa ville, son marché et son modèle économique
Installer une activité en Arabie saoudite ne se résume pas à « ouvrir une société à Riyad ». Le pays est vaste, et la localisation conditionne fortement les coûts, la clientèle, l’accès aux talents et aux infrastructures.
Riyad est le centre politique et économique : on y trouve les ministères, les sièges de grands groupes, les institutions financières. C’est la place idéale pour les entreprises B2B, les cabinets de conseil, les sociétés technologiques ambitieuses ou les sièges régionaux de multinationales. Les loyers y sont plus élevés, et la concurrence plus structurée, mais l’écosystème d’affaires est dense, avec un accès direct aux grandes décisions publiques (appels d’offres, PPP, mégaprojets).
Jeddah, grande ville portuaire sur la mer Rouge, sert de porte d’entrée commerciale, notamment pour le commerce, la logistique, l’import‑export et le tourisme. Les coûts de bureau y sont en moyenne plus abordables qu’à Riyad, ce qui en fait un point d’ancrage intéressant pour des PME, des startups ou des commerces de négoce.
Dans l’Est (Dammam, Khobar, Jubail, Yanbu), l’économie se structure autour de l’énergie, de l’industrie lourde, de la pétrochimie et des services liés. Les zones industrielles et les ports y jouent un rôle clé, avec des opportunités pour les services techniques, les sous‑traitants industriels, les entreprises de logistique.
En complément du territoire principal, l’Arabie Saoudite a développé des Zones Économiques Spéciales (SEZ) telles que King Abdullah Economic City, NEOM, Jazan et Ras Al Khair. Ces enclaves bénéficient d’une fiscalité et d’une réglementation allégées. Elles sont spécifiquement conçues pour favoriser les activités d’exportation, de logistique et d’innovation.
Un entrepreneur expatrié a donc trois grandes options :
– viser le marché intérieur saoudien avec une structure « mainland » classique, capable de vendre partout dans le pays et de répondre à des appels d’offres publics ;
– se positionner dans une SEZ ou une « economic city » pour des activités exportatrices, industrielles ou technologiques, en profitant d’incitations fiscales et douanières maximales ;
– combiner les deux : démarrer lean en zone franche (pour la R&D, la logistique ou l’incubation) puis ouvrir une filiale ou une succursale sur le mainland pour accéder au marché domestique.
Formes juridiques et structures disponibles pour les étrangers
L’Arabie saoudite propose un éventail de structures adapté aux besoins des investisseurs étrangers, avec une complexité croissante selon la taille du projet.
La forme reine pour les expatriés est la société à responsabilité limitée (LLC). Elle limite la responsabilité des associés à leurs apports et offre une grande flexibilité de gestion. En pratique, c’est la structure la plus utilisée par les investisseurs étrangers : elle permet 100 % de propriété étrangère dans la plupart des secteurs ouverts, peut être dirigée par un gérant ou un conseil d’administration, et ne nécessite pas un capital social légalement élevé (certains textes parlent d’un capital possible dès 1 SAR, même si MISA exige souvent au moins 500 000 SAR pour une LLC 100 % étrangère).
C’est le capital minimum requis en riyals saoudiens pour constituer une société par actions fermée en Arabie Saoudite.
Entre les deux, une forme récente fait office de compromis : la société par actions simplifiée (SJSC). Pensée pour les startups et les PME innovantes, elle allège certains mécanismes de gouvernance tout en permettant plus de souplesse dans l’émission d’actions, les pactes d’associés ou les levées de fonds.
Outre ces sociétés de droit saoudien, un expatrié – ou plus souvent son groupe – peut recourir à d’autres structures :
Différentes structures légales permettant aux entreprises étrangères d’opérer en Arabie Saoudite, chacune adaptée à des objectifs spécifiques.
Idéale pour opérer sous le nom d’une maison mère internationale sans créer une nouvelle personnalité morale locale. Permet de participer à des projets spécifiques, mais laisse la maison mère pleinement responsable des engagements pris.
Limitée à des fonctions non commerciales (marketing, étude de marché, liaison technique). Il ne peut ni facturer ni conclure de contrats locaux.
Adapté aux entreprises étrangères qui veulent uniquement assurer un support technique ou scientifique pour leurs produits déjà vendus localement.
Licence spécifique permettant à une multinationale de piloter ses activités régionales depuis l’Arabie saoudite. En contrepartie d’engagements de substance locale, les RHQ peuvent bénéficier d’avantages fiscaux (taux de retenue à la source nul sur certains flux, par exemple).
La création d’une entreprise individuelle (établissement ou « sole proprietorship ») est en pratique réservée aux ressortissants saoudiens ou du CCG. Un expatrié souhaitant se lancer seul devra donc, dans la plupart des cas, passer par une société (LLC, SJSC, etc.) ou une licence entrepreneuriale adossée à des critères spécifiques (incubation, brevet, soutien d’un fonds public).
S’associer ou non avec un partenaire local
Si le droit saoudien autorise désormais 100 % de propriété étrangère dans de nombreux secteurs, le recours à un partenaire local reste fréquent et parfois légalement imposé. Dans certaines activités réglementées (défense, éducation, santé, construction publique, certaines activités immobilières ou de détail), un pourcentage de capital ou de participation saoudienne demeure requis.
Au-delà de l’obligation légale, la réalité du terrain incite souvent les expatriés à rechercher un associé saoudien :
S’appuyer sur un partenaire local est crucial pour naviguer dans la culture d’affaires relationnelle, structurée par le système de *wasta* (réseaux et influence). Il permet d’accéder à des informations de marché non publiques, comme les tendances et les futurs appels d’offres, de faciliter les relations avec l’administration et les grandes entreprises locales, et de gérer efficacement les obligations de Saudisation (Nitaqat), c’est-à-dire les quotas d’emploi de nationaux saoudiens.
Les formats de partenariat sont variés : investisseur stratégique apportant capital et expertise, sponsor local essentiellement orienté conformité, partenaire opérationnel impliqué dans la gestion, ou partenaire‑distributeur chargé de la commercialisation d’une marque internationale. L’important, pour un expatrié, est de sécuriser ces relations par des contrats solides : protocole d’accord, pacte d’associés, accord de joint‑venture, mandats éventuels, avec des clauses claires sur la répartition des bénéfices, les pouvoirs de gestion, les mécanismes de sortie et de résolution des litiges.
Le processus de création : du projet au registre du commerce
Monter une entreprise en Arabie saoudite suit une logique précise, largement digitalisée, mais qui reste exigeante en termes de préparation documentaire.
En amont, l’entrepreneur doit définir son activité, vérifier qu’elle est éligible à l’investissement étranger et déterminer la structure juridique adéquate. Un business plan crédible, des projections financières et, souvent, des états financiers ou justificatifs de ressources sont nécessaires.
Pour investir en Arabie Saoudite, il faut d’abord obtenir une licence auprès de MISA via le portail Invest Saudi. Plusieurs types de licences existent (services, industriel, agricole, etc.), dont une licence ‘entrepreneuriale’ spécifique pour les startups innovantes. Cette licence est prioritairement destinée aux jeunes entreprises de moins de cinq ans, détenant un brevet, soutenues par un fonds de capital-risque ou une institution officielle (MISA, PIF, universités, etc.), et acceptées dans un incubateur saoudien.
Une fois la licence MISA obtenue, l’entrepreneur réserve le nom commercial auprès du ministère du Commerce. Le nom doit être disponible, refléter l’activité et exister en arabe (ou disposer d’une traduction officielle). La réservation est payante, avec des frais plus élevés pour un nom en langue étrangère. Viennent ensuite la rédaction et la notarisation des statuts (Memorandum / Articles of Association), puis la demande de registre du commerce (CR) auprès du ministère du Commerce.
L’obtention du certificat d’enregistrement (CR) marque la naissance légale de la société. Elle rend obligatoire l’adhésion à la chambre de commerce locale, l’enregistrement fiscal et la souscription à la sécurité sociale (GOSI). Elle permet également l’ouverture d’un compte bancaire professionnel et l’inscription sur les plateformes gouvernementales (Muqeem, Absher, Qiwa, Mudad, etc.).
Selon la complexité du projet, la présence de partenaires étrangers, la nécessité d’agréments sectoriels et la qualité du dossier, l’ensemble du processus prend en général entre un et trois mois pour une entreprise standard, parfois plus pour des montages complexes ou régulés.
Coûts et capital : combien faut-il prévoir pour se lancer ?
L’un des écueils fréquents pour les expatriés est de sous‑estimer le coût global d’une installation en Arabie saoudite. Au‑delà des droits de licence et des honoraires de conseil, le capital minimum requis, les loyers de bureaux, les visas et la Saudisation pèsent vite sur le budget.
Sur le plan juridique, il n’existe pas de capital social plancher unique pour toutes les LLC : certains textes évoquent la possibilité de constituer une LLC avec seulement 1 SAR de capital. Mais pour une LLC 100 % étrangère, MISA exige généralement un capital déclaré d’au moins 500 000 SAR. Pour les sociétés de négoce (wholesale/retail), les niveaux explosent : on parle de 30 millions de SAR de capital minimum, avec un engagement d’investissement cumulé de l’ordre de 200 à 300 millions de SAR sur cinq ans. Dans l’immobilier de développement, des seuils similaires de 30 millions de SAR sont mentionnés.
Le coût total estimé de la première année pour une structure moyenne dans une grande ville en Arabie Saoudite est d’environ 300 000 SAR.
Les honoraires de constitution d’entreprise et de conseil juridique tournent souvent entre 10 000 et 25 000 SAR, auxquels peuvent s’ajouter les frais d’experts‑comptables, de consultants, de traduction certifiée et de notaire. Des prestataires de « company formation » complets facturent parfois 75 000 SAR ou davantage, surtout si l’accompagnement inclut la stratégie, la mise en conformité, le recrutement et la mise en relation avec des partenaires locaux.
Les frais administratifs récurrents incluent les renouvellements de licences (souvent quelques milliers de SAR par an), les redevances de chambres de commerce (selon la catégorie de la société, fonction du capital et des effectifs), les coûts de portails numériques et de solutions de conformité.
Le coût annuel minimum pour un poste de coworking à Riyad, offrant une alternative économique aux bureaux traditionnels.
Enfin, le coût de la main‑d’œuvre est à intégrer dès le business plan : même si les salaires d’entrée peuvent théoriquement commencer autour de 3 000 à 4 000 SAR par mois, de nombreux postes qualifiés débutent plutôt à 6 000 SAR, tandis que les fonctions managériales se situent couramment dans une fourchette de 10 000 à 30 000 SAR mensuels. Les charges sociales (GOSI), les assurances santé obligatoires et les avantages (logement, transport) ajoutent facilement 20 à 30 % au coût brut.
Pour donner une idée synthétique des ordres de grandeur de capital et de budget de démarrage selon le type de projet, on peut résumer ainsi :
| Type de projet | Capital / investissement typique indiqué | Observations principales |
|---|---|---|
| LLC 100 % étrangère « classique » | ≈ 500 000 SAR (capital recommandé MISA) | Capital légal théorique faible, mais exigence pratique élevée |
| Société de négoce (wholesale/retail) | 30 M SAR + 200–300 M SAR sur 5 ans | Engagement d’investissement très important |
| Développement immobilier 100 % étranger | 30 M SAR | Souvent combiné à une implantation en zone ou projet dédié |
| Petite société de services / conseil | 25 000–50 000 SAR (coût initial) | Hors capital social, selon forfaits de prestataires |
| Startup e‑commerce / digitale | 15 000–40 000 SAR (coût initial) | Démarrage souvent lean avec bureaux partagés |
| Structure industrielle / fabrication | 200 000–500 000+ SAR (coût initial) | Hors foncier industriel, équipements lourds, etc. |
Fiscalité et obligations : ce que doit savoir un entrepreneur étranger
Sur le plan fiscal, l’Arabie saoudite se distingue par l’absence totale d’impôt sur le revenu des personnes physiques. Un expatrié salarié ou dirigeant ne paiera donc pas d’impôt local sur son salaire. En revanche, les sociétés à capitaux étrangers sont pleinement soumises à l’impôt sur les bénéfices.
Taux standard de l’impôt sur les sociétés en Arabie Saoudite pour la part des bénéfices attribuable aux actionnaires non saoudiens et non membres du GCC.
La TVA, introduite en 2018, est aujourd’hui à 15 % et s’applique à la plupart des biens et services. Toute entreprise dont le chiffre d’affaires taxable dépasse 375 000 SAR par an doit s’enregistrer à la TVA auprès de la Zakat, Tax and Customs Authority (ZATCA). Une inscription volontaire est possible à partir de 187 500 SAR. Les déclarations sont mensuelles ou trimestrielles selon le niveau de revenus, avec obligation de facturation électronique (système « Fatoora ») et de conservation de factures en bonne et due forme.
Les dividendes, intérêts, redevances, services techniques et autres paiements vers des non-résidents sont soumis à une retenue à la source en Arabie saoudite. Les taux varient généralement de 5 % à 20 %, selon la nature du flux (redevances, honoraires de gestion, loyers, etc.). Ces taux peuvent être réduits si un traité de non-double imposition est en vigueur entre l’Arabie saoudite et le pays du bénéficiaire.
La conformité fiscale est prise très au sérieux : les retards de dépôt de déclarations ou de paiement de l’impôt entraînent vite des pénalités (jusqu’à 25 % de l’impôt dû, plus 1 % par mois de retard). Les comptes doivent être tenus en arabe, les rapports financiers annuels souvent audités, et les entreprises liées à des groupes internationaux importantes doivent produire une documentation de prix de transfert alignée sur les normes OCDE.
Pour un expatrié dirigeant, il faut aussi garder en tête que le pays applique une notion d’« établissement stable » : une simple présence physique durable, un bureau, un agent qui conclut des contrats ou un chantier de longue durée peuvent suffire à attirer l’imposition saoudienne sur les profits correspondants. La structuration du groupe et des contrats doit donc être réfléchie avec soin.
Visas, résidence et mobilité : du visa investisseur au Golden Visa
Créer une société ne suffit pas : pour pouvoir la diriger sur place, un expatrié a besoin du bon statut de résidence. Plusieurs voies coexistent.
Le visa investisseur classique est lié à la détention ou à la direction effective d’une entité licenciée par MISA et disposant d’un registre du commerce valide. Il confère une résidence (Iqama) généralement valable un à deux ans, renouvelable, et permet d’exercer des fonctions de gestion dans la société.
Pour des séjours exploratoires, des missions de prospection ou des rencontres avec des partenaires, il existe des visas d’affaires (e‑Visa business, visiting investor visa) qui n’autorisent pas le travail rémunéré mais facilitent les démarches initiales (rencontres, due diligence, négociations).
L’Arabie saoudite propose un programme de résidence premium, géré par un centre dédié, pour attirer investisseurs, entrepreneurs, talents qualifiés, cadres dirigeants et profils d’exception. Il comprend plusieurs formules : résidence temporaire (avec redevance annuelle), illimitée, ou spécifique (investisseur, entrepreneur, propriétaire immobilier, talent spécial, directeur général).
Les tickets d’entrée varient fortement : la résidence premium illimitée nécessite par exemple un paiement unique de l’ordre de 800 000 SAR, tandis qu’une résidence premium à durée limitée coûte autour de 100 000 SAR par an. La résidence investisseur suppose un investissement minimal de 7 millions de SAR dans une entreprise en Arabie saoudite, assorti de la création d’au moins dix emplois en deux ans. Les résidences entrepreneur sont adossées à des levées de fonds auprès d’investisseurs agréés (par exemple 400 000 SAR ou 15 millions de SAR selon la catégorie) et à des seuils d’emplois créés.
Les détenteurs de statuts spéciaux bénéficient d’avantages majeurs : liberté de travailler et d’investir sans sponsor local, possibilité de détenir 100% du capital d’une société, droit de sponsoriser leur famille (conjoint, enfants, parfois parents), absence de redevances d’expatrié, liberté de mouvement sans formalités d’exit-visa, accès complet aux services bancaires, et parfois des exemptions sur la Saudisation et les frais d’expatriés durant les premières années d’activité.
Pour les salariés et collaborateurs étrangers, la procédure classique d’iqama (permis de résidence et de travail) reste en vigueur, avec des frais de visas, de permis de travail, de résidence et d’assurance santé souvent pris en charge par l’employeur. Les entreprises étrangères doivent calibrer leur masse salariale en intégrant ces coûts, qui peuvent se chiffrer à plusieurs milliers de SAR par employé et par an.
Culture d’affaires, Saudisation et gestion du personnel
S’implanter en Arabie saoudite implique d’entrer dans un environnement professionnel très structuré, où la culture managériale, les attentes en matière de respect et les codes sociaux jouent un rôle central.
La société reste marquée par un fort respect de la hiérarchie : le pouvoir de décision se concentre au sommet, et les organisations fonctionnent souvent en mode top‑down. Les processus décisionnels peuvent être plus longs qu’en Europe ou en Amérique du Nord, avec plusieurs niveaux de validation, surtout dans le secteur public et les grands conglomérats.
En Arabie Saoudite, la relation personnelle est prioritaire sur le contrat. Les premières rencontres visent à créer un lien de manière informelle, souvent autour d’un café saoudien et de dattes, avant d’aborder les aspects commerciaux. Le *wasta* (réseau ou influence) est un élément constitutif et accepté des affaires. Une recommandation d’une personne respectée peut ouvrir des portes plus efficacement qu’un simple argumentaire commercial.
La Saudisation (Nitaqat) est l’autre composante clé de la gestion RH. Le gouvernement veut augmenter massivement la part des citoyens dans le secteur privé. Chaque entreprise est donc évaluée selon un barème qui combine taille, secteur et pourcentage d’employés saoudiens. Les catégories vont du « Platinum » (excellente conformité) au « Red » (non conformité), avec des conséquences concrètes : quota de visas, possibilité de recruter des étrangers, accès à certains services administratifs.
Pour un expatrié, cela signifie : la nécessité de s’adapter à une nouvelle culture, d’apprendre une nouvelle langue, de naviguer dans un système juridique différent, et souvent, de redéfinir son réseau social et professionnel.
Pour une implantation en Arabie Saoudite, il est obligatoire d’intégrer un quota minimal d’employés saoudiens dès la conception du business plan (ex. : au moins un salarié local pour cinq employés). Il faut budgéter le coût de leur formation et de leur fidélisation. Des programmes publics de soutien existent, subventionnant partiellement leurs salaires (par exemple 2 000 à 3 000 SAR par mois pendant deux ans).
Le marché du travail lui‑même est dual : la main‑d’œuvre expatriée représente encore près de la moitié de la population active, notamment dans le bâtiment, les services et certains métiers techniques. Mais les réformes poussent à la montée des compétences saoudiennes, y compris dans les secteurs de la tech, de la finance, du conseil ou de la création. Les politiques de formation, l’essor des incubateurs et le dynamisme entrepreneurial féminin (près de 40 % des entrepreneurs) illustrent ce basculement.
Pour l’expatrié, la gestion d’équipe implique donc une attention fine aux équilibres culturels : respect des normes religieuses (temps de prière, Ramadan), organisation de la semaine de travail (dimanche–jeudi, week‑end vendredi–samedi), sensibilités de genre, contraintes sur la flexibilité du télétravail (encore peu répandu), et attentes autour de la disponibilité (la notion de « 9–17 » strict est rarement la norme dans le secteur privé).
Zones économiques spéciales et hybridation des modèles
L’un des choix structurants pour un entrepreneur étranger consiste à arbitrer entre une implantation sur le mainland et une installation en zone économique spéciale (SEZ) ou « free zone ». Ces dernières sont conçues comme des environnements simplifiés pour les activités à vocation internationale : logistique, industrie, technologie, services de back‑office, cloud computing.
NEOM, KAEC, Jazan, Ras Al Khair, certains parcs industriels comme SPARK ou les zones gérées par la Royal Commission de Jubail et Yanbu proposent des combinaisons d’incitations :
L’investissement dans les zones économiques offre plusieurs avantages clés : la garantie d’une propriété étrangère à 100 %, des exemptions de droits de douane pour les machines et souvent les matières premières destinées à la réexportation, des réductions substantielles d’impôt sur les sociétés (taux pouvant descendre à 0–10 %, avec parfois des exonérations de 20 à 30 ans pour les projets stratégiques), des procédures administratives simplifiées et centralisées, ainsi que des règles de Saudisation assouplies ou progressives.
Ces atouts ont un revers : une entreprise installée uniquement dans une SEZ a généralement une capacité limitée à vendre sur le marché saoudien « onshore ». Pour y accéder, elle devra recourir à un distributeur local, ouvrir une succursale mainland ou mettre en place un autre type de présence légale. De même, certaines zones sont sectorielles : il ne sera pas possible d’y exercer n’importe quelle activité.
De nombreux groupes adoptent une stratégie combinant une implantation en zone économique spéciale pour leurs activités industrielles ou logistiques, et un bureau léger sur le territoire principal (mainland) pour les ventes, la distribution ou les relations clients. Cette approche leur permet de répondre aux appels d’offres gouvernementaux saoudiens et d’interagir directement avec la clientèle locale, tout en bénéficiant des avantages réglementaires et fiscaux des zones spéciales.
Banques, comptes professionnels et rigueur KYC
Une fois la société immatriculée et dotée d’un registre du commerce, l’entrepreneur doit ouvrir un compte bancaire professionnel dans une banque agréée par l’Autorité monétaire saoudienne. Le secteur bancaire est solide, combinant grandes banques locales (Saudi National Bank, Al Rajhi, Riyad Bank, Banque Saudi Fransi, Alinma, etc.) et implantations de banques internationales (HSBC, Standard Chartered, Deutsche Bank, BNP Paribas, etc.).
L’ouverture de compte est formellement gratuite – les banques n’ont pas le droit de facturer des frais d’ouverture – mais la procédure est exigeante. Il faut fournir, entre autres :
Pour ouvrir un compte bancaire en Arabie Saoudite, une entreprise doit fournir un ensemble complet de documents. Cela inclut la licence MISA, l’inscription au registre du commerce (CR) et les statuts notariés et traduits. Il faut également fournir une preuve d’adresse nationale, un contrat de bail, le numéro d’identification fiscale (TIN) de la ZATCA, ainsi que les pièces d’identité de tous les associés et administrateurs. Une résolution du conseil autorisant l’ouverture et désignant les signataires est obligatoire. Pour les sociétés mères étrangères, des documents constitutifs, des organigrammes de propriété et des comptes récents authentifiés sont nécessaires.
Les banques appliquent des contrôles rigoureux en matière de lutte anti‑blanchiment et de financement du terrorisme, ainsi que des procédures approfondies de « know your customer ». Les incohérences documentaires, les structures actionnariales opaques ou les difficultés à tracer l’origine des fonds entraînent rapidement des retards, voire des refus. Pour un entrepreneur qui ne dispose pas encore d’iqama, certains établissements exigent une entrevue physique ou des pièces supplémentaires.
L’ouverture complète d’un compte opérationnel prend en moyenne de deux à quatre semaines, un délai qui peut s’allonger pour les structures internationales complexes. Pour accélérer le processus, il est crucial de préparer à l’avance tous les documents nécessaires, y compris les attestations, leurs traductions et leurs légalisations.
Se positionner dans les bons secteurs : du tourisme à la deep tech
Créer son entreprise à l’étranger, c’est aussi choisir les batailles qu’on veut mener. L’Arabie saoudite ne manque pas de domaines prioritaires, tous appuyés par des politiques publiques et des budgets considérables. Pour un expatrié, les secteurs suivants offrent un terrain particulièrement propice.
Objectif de visiteurs annuels visé par le secteur du tourisme et de l’hôtellerie à l’horizon 2030.
La technologie et le numérique constituent un autre pilier. L’ICT pèse déjà lourd dans le PIB, avec un marché de plusieurs dizaines de milliards de dollars. Le gouvernement pousse le développement de l’IA, de la cybersécurité, du cloud, de la fintech, de la blockchain, des smart cities et des solutions e‑gouvernement. La forte pénétration des smartphones et l’essor du e‑commerce (croissance annuelle supérieure à 20 %, marché attendu au-delà de 20 milliards de dollars à court terme) créent un appel d’air pour les plateformes digitales, les éditeurs SaaS, les agences de marketing numérique, les solutions de paiement et de logistique du dernier kilomètre.
Le Royaume vise près de 60 GW de solaire dans son programme pour atteindre 50% d’électricité d’origine renouvelable.
La santé (hôpitaux privés, cliniques spécialisées, télémédecine, MedTech), l’éducation (écoles privées, EdTech, formation professionnelle), la logistique (plateformes d’entreposage, hubs de transbordement, supply chain), l’agroalimentaire (sécurité alimentaire, agriculture high‑tech, transformation), les services professionnels (conseil en stratégie, en RH, en conformité, en finance) complètent la liste des cibles naturelles pour un entrepreneur expatrié.
Gérer la conformité continue : fiscalité, licences, audits, UBO
Créer, c’est une chose ; rester en conformité sur la durée en est une autre. En Arabie saoudite, une entreprise étrangère doit gérer, année après année :
Les entreprises établies en Arabie Saoudite doivent respecter un ensemble d’obligations annuelles critiques, incluant le renouvellement de la licence MISA et des licences sectorielles, la confirmation des données du registre du commerce, et la mise à jour immédiate des informations des ayants droit économiques (UBO) sous peine d’amende. Elles doivent également produire et déposer des états financiers (souvent audités), déclarer et payer les impôts (sociétés, Zakat, TVA, retenue à la source), respecter les règles de prix de transfert pour les groupes multinationaux, et se conformer aux quotas de Saudisation avec une gestion proactive des collaborateurs saoudiens.
À cela s’ajoute la gestion des visas et iqamas des employés, des adhésions et déclarations GOSI, des assurances santé obligatoires et de l’utilisation des plateformes digitales de main‑d’œuvre (Qiwa, Mudad) pour la gestion des contrats de travail et des salaires.
Pour un entrepreneur étranger, aborder le marché saoudien sans préparation ou sans relais local de qualité est très risqué. Le recours à des cabinets d’avocats, fiduciaires, consultants en implantation, incubateurs et accélérateurs locaux est essentiel pour maîtriser les agréments, la fiscalité, la gouvernance et la conformité.
Penser sa sortie dès l’entrée : revente ou liquidation
Dernier point, souvent négligé par les expatriés : la stratégie de sortie. Comme partout ailleurs, une société en Arabie saoudite peut être cédée (vente de parts, cession d’actifs) ou liquidée volontairement ou judiciairement.
La liquidation volontaire nécessite une décision des associés ou du conseil, la nomination d’un liquidateur, et des notifications obligatoires aux autorités (Ministère du Commerce, ZATCA, GOSI, Ministère des Ressources humaines, Chambre de commerce). Le processus implique également la publication d’avis aux créanciers, le règlement des dettes, la vente éventuelle des actifs et la radiation des licences. Il est long et exige une documentation rigoureuse ; il est conseillé de l’anticiper dès la rédaction des statuts et des pactes d’actionnaires.
Dans une optique de revente, la qualité de la gouvernance, la clarté des registres d’actionnaires, l’absence de contentieux majeurs, la bonne tenue des comptes et la conformité en matière de fiscalité et de Saudisation seront autant d’arguments pour valoriser l’entreprise auprès d’un acquéreur local ou étranger.
En conclusion : un marché exigeant, mais à très fort potentiel pour les expatriés
Créer son entreprise en Arabie saoudite en tant qu’expatrié, ce n’est ni un eldorado accessible sans préparation, ni un labyrinthe infranchissable. C’est un environnement en profonde mutation, où l’État a clairement décidé d’ouvrir le jeu à l’international tout en conservant des exigences fortes en matière de transparence, d’ancrage local (Saudisation) et de conformité.
Le marché offre des atouts majeurs : une économie en forte croissance, une population jeune et connectée, de grands projets structurants, une fiscalité des personnes physiques inexistante, des incitations dans les zones spéciales et une diversité sectorielle (deep tech, tourisme, santé, éducation, énergies vertes). Cependant, il faut anticiper un prix d’entrée réel : capital minimal parfois élevé, coûts d’installation non négligeables, réglementation dense, une culture d’affaires très relationnelle et la nécessité de bâtir un réseau local.
Le point clé, pour un expatrié qui veut transformer l’opportunité en réalité, est donc de combiner trois approches : une compréhension fine du cadre juridique et fiscal, une stratégie d’implantation adaptée (mainland, SEZ, modèle hybride, choix de la ville), et une intégration patiente dans la culture d’affaires locale, en s’entourant de partenaires saoudiens, de conseillers accrédités et d’équipes mêlant talents locaux et expertises internationales.
Dans ce contexte, l’Arabie saoudite n’est plus seulement un lieu où l’on vient en mission pour quelques années ; elle devient, de plus en plus, un pays où les expatriés peuvent durablement s’installer comme entrepreneurs, participer à la réinvention économique en cours et, potentiellement, y construire une partie significative de leur trajectoire professionnelle et patrimoniale.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Arabie saoudite, Émirats, Oman, Bahreïn), la stratégie retenue a consisté à cibler l’Arabie saoudite pour l’absence d’impôt sur le revenu des personnes physiques, pas d’impôt sur la fortune, un coût de vie compétitif hors quartiers d’expatriés et un environnement en forte croissance (projets Vision 2030). La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention d’un visa de résidence et d’un permis de séjour, organisation de l’assurance santé locale, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors de France, centre des intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, conseil immigration, accompagnement culturel) et intégration patrimoniale internationale (analyse et restructuration si nécessaire).
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