S’installer en Arabie saoudite sans parler arabe, c’est un peu comme conduire de nuit sans phares : on finit toujours par avancer, mais avec beaucoup plus de stress que nécessaire. Dans un pays où 67,7 % des habitants sont saoudiens et où l’anglais reste très loin d’être universel hors des milieux d’affaires et d’expatriés, apprendre la langue locale n’est pas un luxe, c’est un accélérateur d’intégration.
Cet article propose un plan de progression réaliste et adapté au quotidien d’un expatrié, en présentant des méthodes, ressources et stratégies concrètes pour apprendre l’arabe sans se noyer sous les références.
Comprendre « l’arabe » en Arabie saoudite : de quoi parle-t-on vraiment ?
Quand on arrive en Arabie saoudite, on découvre vite qu’il n’existe pas « un » arabe, mais plusieurs couches de langue qui coexistent.
L’arabe se décline en trois grandes formes : l’arabe coranique (ou classique), l’arabe standard moderne (fus-ha) et les dialectes parlés au quotidien. Ces distinctions ne sont pas théoriques : elles ont un impact direct sur la manière dont vous allez apprendre et sur les ressources à choisir.
Modern Standard Arabic, coranique et dialectes saoudiens
L’arabe standard moderne (MSA, ou fus-ha) est la langue des médias, de l’administration, de l’éducation et des discours officiels dans tout le monde arabe. C’est aussi la forme qu’on retrouve dans la plupart des manuels pour étrangers. L’arabe coranique est la langue du Coran, des hadiths et des textes religieux classiques ; il est proche du MSA mais avec son vocabulaire et ses tournures propres.
En Arabie saoudite, à côté de l’arabe standard, chaque région utilise quotidiennement sa propre variété dialectale, communément appelée « arabe parlé ». Trois grands ensembles dialectaux dominent le paysage linguistique du royaume.
| Région saoudienne | Dialecte principal | Particularités mentionnées |
|---|---|---|
| Centre (Riyadh…) | Najdi | Dialecte dominant, traits classiques, fort héritage bédouin |
| Ouest (Jeddah, Mecca, Medina) | Hijazi | Prononciation mélodique, grammaire simplifiée, vocabulaire influencé par turc, persan, langues africaines |
| Est (Dammam, Golfe) | Khaleeji (Gulf) | Proche des dialectes des autres pays du Golfe |
Le MSA est compris par la plupart des locuteurs arabophones, mais très peu utilisé dans les conversations de tous les jours. À l’inverse, les dialectes saoudiens sont indispensables pour échanger au supermarché, chez le médecin, avec les collègues locaux ou au téléphone avec une administration qui n’a pas l’habitude de basculer spontanément en anglais.
Faut-il commencer par le MSA ou par le dialecte saoudien ?
Deux écoles s’affrontent, et elles ont toutes les deux de bons arguments.
Certains natifs conseillent de commencer par le MSA :
L’arabe standard moderne (fusha) est compris dans l’ensemble du monde arabe. Son apprentissage permet de lire les panneaux, formulaires, journaux et sites officiels. Il constitue également une base solide, tant grammaticale que lexicale, facilitant par la suite l’acquisition des dialectes régionaux.
D’autres recommandent de démarrer directement par un dialecte, pour des raisons très pragmatiques :
– C’est la langue réellement parlée dans la rue, au travail, avec les voisins.
– Les phrases utiles pour la vie quotidienne (taxi, médecin, petites conversations) relèvent du dialecte.
En Arabie saoudite, une approche hybride est souvent la plus efficace pour un expatrié : acquérir un socle de MSA (ne serait‑ce que pour l’alphabet, la lecture et quelques structures de base) tout en travaillant en parallèle sur le dialecte le plus utile pour votre région (Najdi à Riyadh, Hijazi à Jeddah, Khaleeji à Dammam, etc.).
Pourquoi l’arabe est difficile… et pourquoi cela vaut quand même l’effort
Les instituts spécialisés classent l’arabe parmi les langues les plus difficiles pour les anglophones : on parle d’environ 2 200 heures pour atteindre un niveau de maîtrise. Le chiffre peut faire peur, mais il est important de le mettre en perspective.
Les vraies difficultés pour un expat
Plusieurs facteurs compliquent la tâche des expatriés :
L’apprentissage est complexifié par un nouvel alphabet, une diglossie (coexistence de l’arabe standard et de dialectes locaux), du matériel pédagogique souvent inadapté aux situations pratiques, un manque de planification claire pour les expatriés, et des barrières psychologiques comme la peur de mal prononcer.
Des études menées en Arabie saoudite, notamment dans la région de Qassim, montrent que de nombreux travailleurs non arabophones se disent insatisfaits de leur niveau d’arabe et qu’ils rencontrent des difficultés concrètes au quotidien.
Ce que l’arabe change dans la vie quotidienne d’un expatrié
Pourtant, les bénéfices sont massifs dès qu’on atteint un niveau élémentaire. Savoir saluer, demander un service, comprendre des indications ou lire une note d’ascenseur change littéralement le rapport au pays.
Quelques avantages concrets cités dans les recherches :
Apprendre l’arabe pour vivre et travailler en Arabie Saoudite offre des bénéfices concrets dans tous les aspects de la vie, facilitant l’intégration et renforçant les relations professionnelles et personnelles.
Faire ses courses, gérer une facture ou comprendre un message vocal de la maintenance sans paniquer.
Interactions plus sereines avec la police, les administrations ou les hôpitaux, où l’anglais n’est pas garanti.
Dans la santé, l’éducation, l’ingénierie ou le commerce, montrer l’effort de parler arabe crée de la confiance.
Les Saoudiens remarquent et apprécient largement cet effort, ce qui ouvre des portes pour les amitiés, invitations et réseaux.
Accéder aux rituels, références, humour et valeurs, d’autant plus dans un pays où l’islam structure fortement le quotidien.
Les études pointent aussi un aspect plus subtil : apprendre la langue locale est perçu comme une marque de respect pour le pays d’accueil. Cela joue dans la perception des expatriés, souvent jugés distants lorsqu’ils restent cantonnés à l’anglais.
Quels objectifs se fixer quand on vit en Arabie saoudite ?
On ne se lance pas dans 2 200 heures d’étude sans savoir vers quoi on va. Les objectifs typiques d’un expatrié sont plus variés que « devenir bilingue ».
Parmi les buts souvent cités :
Découvrez les compétences pratiques et culturelles que vous pouvez acquérir en apprenant l’arabe, adaptées aux besoins de la vie quotidienne et professionnelle.
Apprenez à gérer les courses, les transports (taxi), les rendez-vous médicaux et les réparations dans un contexte arabophone.
Maîtrisez les échanges simples avec vos collègues, voisins et commerçants pour faciliter votre intégration.
Sachez lire et comprendre les annonces publiques, les pancartes et les formulaires administratifs basiques.
Accédez à la presse et aux médias arabes pour suivre l’actualité locale et élargir votre perspective.
Lisez et comprenez des textes religieux, comme le Coran, pour enrichir votre saisie de la liturgie et de la culture.
Développez un vocabulaire technique dans des secteurs clés comme la santé, l’éducation ou les affaires.
En fonction de votre profil, la combinaison MSA + dialecte changera. Un professionnel de la santé dans un hôpital public aura un besoin très fort en expressions orales Najdi ou Hijazi, alors qu’un chercheur ou un étudiant en théologie misera davantage sur l’arabe classique et le MSA.
Comment structurer son apprentissage : méthodes qui fonctionnent vraiment
Les recherches convergeaient sur un point central : la méthode qui marche est structurée, régulière et multimodale. En clair : un plan, de la constance et un mélange intelligent de moyens (cours, auto‑apprentissage, immersion, pratique).
Auto‑apprentissage structuré : manuels, audio, applications
L’auto‑apprentissage joue un rôle majeur, surtout pour des adultes qui jonglent avec un travail à temps plein.
Plusieurs méthodes générales ressortent :
– Approche communicative : intégrer lecture, écoute, expression orale et écrite, en contexte.
– Méthode de découverte : observer des exemples, deviner les règles, puis vérifier, plutôt que mémoriser des tableaux abstraits.
– Traduction active : traduire dans les deux sens pour fixer vocabulaire et structures.
– Shadowing : répéter en temps réel un enregistrement (podcast, audiobook) pour la prononciation et la fluidité.
Pour l’apprentissage général de l’arabe (MSA), des manuels comme *Al‑Kitaab*, *Mastering Arabic* et *Gateway to Arabic* sont recommandés. Pour une approche plus accessible, *Arabic for Dummies* ou *Complete Arabic* sont cités. Concernant spécifiquement l’alphabet, des ouvrages comme *Alif Baa*, *The Arabic Alphabet: How to Read & Write It* ou *Arabic Script Hacking* sont souvent mentionnés. Il est également noté que de nombreuses ressources gratuites pour apprendre l’écriture sont disponibles sur Internet.
Du côté audio et numérique, plusieurs programmes sont conçus pour l’auto‑apprentissage : Pimsleur (arabe standard ou levantin), Rocket Arabic (plutôt égyptien), ArabicPod101, ou encore des plateformes comme Lingualism.com. En parallèle, les applications comme Duolingo, Memrise, Drops, Busuu ou Mango offrent de courtes sessions de vocabulaire et d’expressions.
Cours en présentiel et en ligne en Arabie saoudite
Une des grandes forces d’un séjour en Arabie saoudite, c’est la possibilité de combiner ces ressources avec des instituts locaux et des universités.
Parmi les options phares :
| Type de structure | Exemples en Arabie saoudite | Points clés |
|---|---|---|
| Universités | King Saud University (Riyadh), King Abdulaziz University (Jeddah), Imam Muhammad Ibn Saud Islamic University, Effat University, KAUST | Instituts d’arabe pour non natifs, programmes structurés, parfois autoformation gratuite (KSU) |
| Centres spécialisés | Abjad Center, Arabius, Al Khaleej Training and Education Institute, I Can Talk Arabic | Cours intensifs ou modulaires, parfois alignés sur le CECRL (A1–B2) |
| Programmes en ligne saoudiens | Saudi Electronic University (programme arabe pour non natifs) | 16 niveaux, composantes complètes (écoute, lecture, grammaire, expression) sur plateforme Rosetta Stone |
| Mosquées et centres culturels | Cours proposés localement, souvent axés sur l’arabe coranique | Souvent gratuits ou peu chers, bonne première immersion pour l’alphabet et la lecture |
L’Abjad Center, soutenu par la King Salman Global Academy for the Arabic Language, propose par exemple quatre niveaux (A1 à B2) de deux mois chacun, à raison de 160 heures par niveau (environ 20 heures par semaine). Le programme combine langue et activités culturelles, et peut couvrir frais de scolarité, logement et transport pour certains apprenants sélectionnés.
King Saud University, de son côté, met à disposition un projet de « Interactive Arabic » gratuit, entièrement en ligne, avec 12 unités couvrant les différentes compétences (écoute, vocabulaire, grammaire, expression orale, lecture, écriture).
Cibler les dialectes saoudiens : Hijazi, Najdi, Khaleeji
Pour la vie de tous les jours, ce sont les dialectes locaux qui feront la différence. Or les ressources sur ces parlers sont longtemps restées très limitées. Les choses évoluent, mais il faut savoir où chercher.
C’est le nombre de ressources explicitement citées pour l’arabe saoudien.
– Saudi Dialects : site et supports dédiés aux dialectes Hijazi et Najdi (cours, e‑books, flashcards).
– Talk In Arabic : plateforme couvrant plusieurs dialectes, dont des variétés saoudiennes, avec audios et vidéos accompagnés de transcriptions.
– FSI Saudi Arabic Basic Course (Urban Hijazi) : cours complet publié à l’origine pour les diplomates américains, disponible gratuitement (environ 50 leçons, 51 fichiers audio, 300 pages).
– « Colloquial Arabic of the Gulf and Saudi Arabia » de Bruce Ingham : manuel de référence sur l’arabe du Golfe et d’Arabie saoudite, accessible en PDF.
– Gulf Arabic Learner’s Dictionary : application pour le vocabulaire du dialecte du Golfe, utile surtout dans l’Est du pays.
Les dialectes sont aussi présents, de manière moins structurée, dans des vidéos YouTube (« learn Arabic Saudi Dialect – Hejazi and Najdi dialect », vidéos de présentation du parler urbain hijazi, etc.), ainsi que sur des plateformes comme Playaling qui permettent de travailler des extraits vidéo avec transcription et cartes mémoire.
Immersion quotidienne : la méthode la plus rapide
Toutes les études sur l’acquisition des langues convergent : l’immersion, quand elle est bien exploitée, est ce qu’il y a de plus efficace. Dans le cas de l’arabe, plusieurs travaux quantitatifs montrent des gains significatifs :
– +25 % sur les compétences orales,
– +20 % sur l’écoute,
– +15 % en lecture,
– +18 % en écriture
Certains programmes d’immersion linguistique bien encadrés rapportent jusqu’à 54 % d’amélioration globale des compétences.
Pour un expat en Arabie saoudite, l’immersion ne nécessite pas forcément un séjour en internat : le pays tout entier est votre « laboratoire linguistique ». Les stratégies identifiées comprennent :
– Parler arabe dans les interactions quotidiennes (boutique, salle de sport, restaurant, taxi).
– Rejoindre des groupes de conversation et des clubs sociaux où des Saoudiens sont présents.
– Participer à des festivals, événements culturels, activités de quartier.
– Organiser des playdates pour les enfants avec des familles arabophones.
– Consommer massivement des médias en arabe (séries, journaux télévisés, podcasts, chansons), avec sous‑titres ou transcriptions quand c’est possible.
Des réseaux comme Meetup, Couchsurfing, MyLanguageExchange ou des groupes Facebook locaux recensent des rencontres d’échange linguistique à Riyadh, Jeddah et dans d’autres villes.
Où et comment apprendre en Arabie saoudite : panorama des options
Une fois sur place, les possibilités se multiplient. L’enjeu est de choisir celles qui correspondent à vos contraintes de temps, de budget et de niveau.
Universités saoudiennes : rigueur académique et diplômes
Plusieurs universités se sont dotées d’instituts d’arabe pour non natifs :
– King Saud University (Riyadh) : son Arabic Language Institute propose des outils d’autoformation et des programmes plus structurés.
– King Abdulaziz University (Jeddah) : institut d’arabe avec classes pour femmes et hommes, dans un cadre universitaire classique.
– Imam Muhammad Ibn Saud Islamic University : enseignement de l’arabe avec un fort ancrage religieux et culturel.
– Effat University (Jeddah) : université féminine proposant des cours d’arabe langue étrangère.
– KAUST (Thuwal, près de Jeddah) : Community Arabic Program destiné aux membres de la communauté internationale, avec un accent assumé sur le dialecte Hijazi et la littératie de base.
Les frais de certains programmes d’études en Arabie Saoudite peuvent dépasser 10 000 USD par an, bien que des bourses couvrant tous les coûts existent.
Centres de langue et écoles privées : flexibilité et approche pratique
Pour les expatriés en poste, les centres de langue offrent souvent une flexibilité plus grande que les universités :
Découvrez une sélection d’établissements à Riyad proposant des cours d’arabe adaptés à différents profils et objectifs d’apprentissage.
Programme de 8 mois aligné sur le CECRL (du niveau A1 à B2). Chaque niveau dure deux mois pour 160 heures, complété par des activités culturelles.
École conçue pour les expatriés, combinant cours individuels, de groupe et formations en entreprise avec une méthodologie « Immersive, Customized, Experiential ». Tarifs variables.
Propose des cours pour tous les niveaux, souvent adaptés aux besoins et objectifs professionnels des apprenants.
Structure fondée en 2012, offrant des cours en ligne et en présentiel, avec des options en autoformation guidée ou avec un enseignant.
Des instituts comme ces derniers facturent généralement entre 500 et 2 000 USD pour des cours de quelques semaines à trois mois. Un exemple cité est celui d’un programme de huit semaines à raison de deux cours hebdomadaires pour environ 450 USD. À l’autre extrême, certains cursus intensifs de six mois peuvent grimper jusqu’à 16 000 USD.
Programmes en ligne made in Saudi Arabia
Certaines institutions saoudiennes ont développé des programmes numériques de grande ampleur pour les non‑arabophones.
L’exemple le plus marquant est celui de la Saudi Electronic University, qui propose un programme d’arabe en ligne pour non natifs, construit en 16 niveaux plus un niveau d’introduction audio, répartis sur six grandes étapes. Hébergé sur une plateforme opérée par Rosetta Stone, il inclut :
– Des vidéos d’écoute,
– Du vocabulaire et de la grammaire,
– Des activités de lecture, d’expression orale et écrite,
– Des classes en direct limitées à cinq étudiants,
– Plusieurs milliers d’exercices interactifs (près de 6 000).
Ce type de programme combine la flexibilité de l’en ligne et une structure rigoureuse, avec parfois un test standardisé à la clé (comme le test « Hamza » de compétence en arabe développé en Arabie saoudite).
Programme d’apprentissage en ligne
Tuteurs privés et plateformes internationales
Pour maximiser la pratique orale, les tuteurs individuels sont une ressource centrale. Les plateformes comme Italki, Preply, Apprentus ou TUTOROO recensent des centaines de professeurs d’arabe, dont un nombre significatif en fuseau horaire saoudien (beaucoup de profils indiquent l’heure de Jeddah).
Les fourchettes de prix observées :
| Type de cours | Fourchette de prix typique |
|---|---|
| Tuteur privé en Arabie saoudite | ≈ 58 à 200 SAR/h (environ 15 à 50 USD) |
| Cours en ligne (Italki, Preply) | 5 à 50 USD/h, avec une moyenne autour de 10–15 USD |
| Cours d’institut privé | 500 à 2 000 USD pour 1 à 3 mois de formation |
Les tuteurs en ligne proposent des profils très variés : arabophones saoudiens spécialisés dans le dialecte local, enseignants de MSA, professeurs axés sur l’arabe coranique ou sur l’arabe des affaires. De nombreux enseignants offrent une leçon d’essai à tarif réduit, voire gratuite, pour définir les objectifs, évaluer le niveau et élaborer un plan personnalisé.
Pour un expatrié, un compromis efficace consiste souvent à prendre un ou deux cours individuels par semaine, consacrés à la conversation et aux points bloquants, tout en maintenant une routine quotidienne d’auto‑apprentissage (manuels, applications, écoute).
Applications, plateformes et outils utiles pour un expat en Arabie saoudite
Les ressources numériques ne manquent pas. Le vrai enjeu est de ne pas se disperser. Mieux vaut exploiter à fond quelques outils bien choisis que papilloter.
Pour le MSA et la base grammaticale
Plusieurs plateformes généralistes reviennent fréquemment :
Présentation des principales plateformes numériques pour étudier l’arabe, que ce soit l’arabe standard moderne (MSA) ou des dialectes, avec leurs approches pédagogiques spécifiques.
Méthode audio centrée sur la répétition espacée et l’expression orale. Disponible pour l’arabe standard moderne (MSA), l’égyptien et le levantin. Pertinent pour démarrer la prononciation et les structures de base.
Approche par immersion visuelle et orale sans passer par la traduction. Propose des cours pour l’arabe standard moderne (MSA).
Application gratuite, idéale pour une pratique quotidienne (10-15 minutes). Utile pour acquérir du vocabulaire et les bases de la lecture en arabe standard moderne (MSA).
Plateforme mettant l’accent sur la mémorisation de vocabulaire. Propose des cours créés par la communauté pour l’arabe standard moderne (MSA) et plusieurs dialectes.
Busuu, Drops, Mango Languages et Transparent Language sont d’autres applications combinant généralement des leçons courtes, l’apprentissage de vocabulaire et des dialogues.
Ces outils facilitent la constance : même les jours chargés, il reste possible de caser une séance de 10–20 minutes.
Pour les dialectes saoudiens et du Golfe
Pour le dialecte le plus pertinent à votre région :
– uTalk (Gulf Arabic) : application ludique basée sur des jeux pour mémoriser des phrases et mots du dialecte du Golfe.
– Talk In Arabic : banque de contenus audio/vidéo avec transcripts couvrant plusieurs dialectes dont saoudien.
– Saudi Dialects : site spécialisé Hijazi/Najdi avec cours et supports visuels.
– Gulf Arabic Learner’s Dictionary : dictionnaire d’app pour le vocabulaire Khaleeji.
Pour entendre et s’immerger dans un dialecte dans son contexte réel, il est recommandé de consommer du contenu natif, comme les vidéos sur YouTube et TikTok, les séries locales ou les chaînes d’information telles qu’Al Arabiya.
Podcasts, vidéos, sous‑titres et lecture
Pour développer la compréhension orale et la lecture :
– ArabicPod101 (MSA, égyptien, marocain) : leçons audio graduées, souvent avec transcription, adaptées à un usage nomade.
– News in Slow Arabic : actualité lue lentement, idéal pour habituer l’oreille.
– Bibliothèque audio MSA du ministère saoudien de l’Éducation : vaste collection gratuite de livres audio sur des sujets variés.
– Extension « Language Learning with Netflix » : double sous‑titres pour visionner films et séries en arabe tout en suivant le texte.
Pour la lecture, des recueils d’histoires graduées comme Arabic Stories for Language Learners ou Easy Arabic Reader (même si ceux‑ci ne sont pas spécifiques à l’Arabie saoudite) aident à passer des phrases isolées à des textes complets.
Apprendre seul devant un écran a vite ses limites. L’un des leviers les plus sous‑utilisés par les expatriés est la mise en relation avec des locuteurs natifs via les groupes locaux et les applis d’échange.
Groupes et meetups en Arabie saoudite
Plusieurs groupes organisent des rencontres de conversation dans les grandes villes :
Découvrez les principaux groupes qui organisent des rencontres sociales et des événements d’échange linguistique pour locaux et expatriés dans les grandes villes saoudiennes.
Groupe très actif qui organise un « Language Exchange » mensuel et des rencontres hebdomadaires par langue, réunissant plusieurs centaines à milliers de participants.
Ensemble de groupes comme « Jeddah Language Exchange », « Jeddah language and culture Meetup Group » et « Jeddah Newcomers », rassemblant expatriés et Saoudiens pour des échanges culturels.
Les plateformes comme Meetup.com, Couchsurfing ou MyLanguageExchange recensent ces groupes. Ils offrent un environnement relativement informel, où l’on peut tester son arabe sans pression, tout en rendant service à ceux qui souhaitent pratiquer le français ou l’anglais.
Applis d’échange linguistique
Sur le plan numérique, plusieurs applications permettent de trouver des partenaires d’échange, y compris en Arabie saoudite :
| Application | Particularité utile |
|---|---|
| Tandem | Très large base d’utilisateurs, nombreux profils à Riyadh, Jeddah, Dammam ; filtrage par langue, pays, intérêt |
| HelloTalk | Outils intégrés de correction, mode « language exchange » qui rappelle l’alternance des langues |
| Lingbe | Appels vocaux en temps réel avec système de points, pratique pour s’habituer à parler sans se voir |
| Idyoma | Met en avant la mise en relation avec des personnes géographiquement proches |
| MyLanguageExchange | Communauté plus ancienne, adaptée aux échanges par écrit ou audio au long cours |
Ces plateformes sont complémentaires des cours structurés. Elles permettent de travailler la spontanéité, le small talk, l’argot ou certaines particularités locales que les manuels ignorent.
Combien de temps pour parler arabe « vraiment utile » ?
Les estimations pour atteindre différents niveaux varient selon l’intensité d’étude.
Les ordres de grandeur issus des études et programmes d’immersion sont les suivants :
| Type d’engagement | Délais estimés (ordre de grandeur) |
|---|---|
| Apprentissage part‑time (1–2 h/jour) | 1–2 ans pour débutant, 3–5 ans pour intermédiaire, 5–7 ans pour avancé |
| Études à plein temps (4–6 h/jour) | 3–6 mois pour base débutante, 1–2 ans pour intermédiaire, 3–4 ans pour avancé |
| Immersion en pays arabophone (vie sur place) | 3–6 mois pour base communicative, 1–2 ans pour intermédiaire, 2–3 ans pour avancé |
En pratique, un expatrié très motivé, combinant :
– un cours structuré (en ligne ou en institut),
– 30 à 60 minutes de travail personnel quotidien,
– une pratique régulière dans la vie de tous les jours,
Le temps nécessaire, en mois, pour atteindre un niveau utile en langue dans la vie quotidienne.
Combien cela coûte-t-il vraiment d’apprendre l’arabe sur place ?
Outre le temps, le budget est une contrainte réelle, surtout pour les familles.
Les données rassemblées permettent de se faire une idée des ordres de grandeur :
| Poste de dépense | Fourchette indicative en Arabie saoudite |
|---|---|
| Coût de la vie (logement, nourriture, transport) | 1 000 à 3 000 USD/mois |
| Loyers | 200–300 USD/mois (studio basique) à 1 500 USD (appartement de standing en compound) |
| Shawarma, restauration simple | ≈ 2 USD pour un sandwich, nourriture globalement abordable |
| Programme universitaire (par an) | ≈ 3 000 à 10 000 USD selon l’université et le statut |
| Cours intensifs (1–3 mois) | 500 à 2 000 USD |
| Cours de 8 semaines (2 cours/sem.) | ≈ 450 USD |
| Programme intensif 6 mois | Jusqu’à 16 000 USD |
| Tuteur privé local | 100–250 SAR/h (≈ 27–67 USD) |
| Tuteur en ligne (Italki, Preply) | 5–50 USD/h, moyenne autour de 10–15 USD |
Beaucoup d’expatriés optent pour une stratégie combinée :
Une approche efficace pour apprendre l’arabe peut combiner un auto-apprentissage quotidien via des applications et ressources peu coûteuses, avec 1 à 2 cours individuels hebdomadaires auprès d’un tuteur (pour un dialecte spécifique ou l’arabe standard moderne). Cette routine peut être ponctuellement intensifiée par un module dans un centre de langue ou une université lorsque l’emploi du temps le permet.
Côté financement, outre les bourses des universités saoudiennes pour certains profils (en particulier les étudiants étrangers dans des cursus religieux ou linguistiques), des universités étrangères (notamment américaines) proposent des aides pour des séjours d’étude en arabe, mais elles concernent plutôt les étudiants en études moyen‑orientales que les expatriés salariés.
Stratégies concrètes pour différents profils d’expatriés
Tous les expatriés n’ont ni les mêmes besoins ni la même disponibilité. Voici comment les recherches et les exemples de terrain suggèrent d’adapter la démarche.
Familles avec enfants en scolarité internationale
Les écoles internationales sont tenues de proposer l’arabe, mais l’exposition reste limitée. Pour que les enfants acquièrent vraiment la langue, plusieurs leviers existent :
– S’inscrire à des programmes comme le Community Arabic Program for Kids de KAUST (6–9 ans), basé sur le jeu, le chant, le jeu de rôle.
– Exploiter les ressources de Arabic for All, qui offre leçons audio et manuels adaptés aux enfants.
– Organiser des activités et sorties avec des familles saoudiennes pour multiplier les interactions naturelles.
Pour les parents, la motivation des enfants augmente lorsqu’ils perçoivent l’arabe comme une langue vivante et utile, et pas seulement comme une matière scolaire.
Professionnels (santé, business, ingénierie…)
Dans des contextes comme la santé, l’ingénierie ou le commerce, la langue devient un outil professionnel. Les recommandations incluent :
Pour une utilisation efficace de l’arabe en milieu professionnel, il est recommandé de cibler le dialecte le plus pertinent (souvent Najdi ou Hijazi) pour les échanges quotidiens, tout en conservant une base d’arabe standard moderne (MSA) pour les documents écrits. Recherchez des cours spécialisés, comme l’arabe des affaires ou l’arabe médical, proposés par des instituts ou des tuteurs privés. Enfin, pratiquez systématiquement les structures et expressions apprises dans des interactions réelles avec vos patients, clients ou collègues pour ancrer vos compétences.
Les études soulignent que la maîtrise même partielle de l’arabe améliore la relation de confiance, par exemple entre un médecin expatrié et ses patients saoudiens.
Musulmans non arabophones
Pour les musulmans expatriés, l’arabe est aussi une clé spirituelle. Des ouvrages et cours se concentrent sur :
Ces ressources se concentrent sur l’arabe coranique et le vocabulaire fréquent du Coran, visant à faciliter la compréhension de la psalmodie, des invocations et des rituels de la prière quotidienne.
Cette orientation peut être combinée avec l’apprentissage d’un dialecte pour la vie quotidienne.
Expatriés de court séjour ou très occupés
Pour ceux qui ne restent que quelques mois ou qui ont des journées très chargées, l’objectif sera plus modeste : survivre linguistiquement et montrer un minimum de respect.
Une stratégie réaliste :
– 10 à 15 minutes par jour sur une appli (Duolingo, Drops, uTalk en dialecte du Golfe).
– 1 cours hebdomadaire avec un tuteur, orienté sur les phrases de survie.
– 2 ou 3 expressions nouvelles testées chaque jour « dans la vraie vie » (salutations, remerciements, formules de politesse, directions, questions simples).
Même ce niveau modeste est très apprécié localement et suffit à réduire fortement le stress des interactions de base.
Construire son plan d’apprentissage en Arabie saoudite
Au‑delà de la liste de ressources, ce qui compte est de transformer l’intention en une routine tenable. Les recherches et retours de terrain suggèrent de suivre quelques principes simples.
1. Clarifier ses priorités
Questions à se poser dès le départ :
– Ai‑je besoin d’abord de lire/écrire (formulaires, panneaux, Coran), de parler, ou des deux ?
– Mon environnement est‑il plutôt Najdi, Hijazi ou Khaleeji ?
– Combien d’heures réelles par semaine puis‑je consacrer à l’arabe ?
Une fois ces éléments clarifiés, le choix des ressources devient plus simple.
2. Combiner toujours trois axes
Un apprentissage équilibré repose sur :
Découvrez différentes approches structurées pour progresser efficacement dans l’apprentissage de la langue française.
Suivez un cours en ligne, en institut ou avec un tuteur, selon une progression pédagogique claire et définie.
Utilisez des manuels, applications, fiches de vocabulaire personnelles et exercices de grammaire pour apprendre à votre rythme.
Pratiquez via des interactions réelles, du contenu natif (médias, réseaux sociaux) et des échanges linguistiques pour une maîtrise naturelle.
Les données montrent que s’en tenir à un seul axe (par exemple uniquement Duolingo, ou uniquement un manuel) conduit vite au découragement.
3. Tout ramener à votre vie en Arabie saoudite
Les ressources les plus efficaces sont celles qui oscillent en permanence entre théorie et pratique locale. Plutôt que d’apprendre des dialogues sur « le musée de Paris », mieux vaut travailler sur :
Ces lieux, comme la pharmacie du coin, la réception pour récupérer un médicament préparé sur mesure (compound), le bureau des services de circulation (muroor), le cabinet médical où l’on se rend habituellement, ou encore l’école des enfants, illustrent des points de contact courants entre les individus et divers services dans leur environnement proche.
Un moyen simple : tenir un carnet (ou une note sur smartphone) des phrases que vous auriez voulu dire dans la journée. Le soir, vous les transformez en mini‑leçons avec votre tuteur ou en cherchant dans un dictionnaire/appli.
4. Accepter l’imperfection et la lenteur
Les études notent que de nombreux expatriés n’osent pas parler par peur d’être jugés. Or, l’erreur est attendue et généralement accueillie avec bienveillance en Arabie saoudite, surtout lorsque l’interlocuteur perçoit l’effort.
Se fixer comme règle de dire au moins une phrase en arabe dans chaque interaction quotidienne, même si la suite se passe en anglais, crée une dynamique extrêmement productive sur le long terme.
En résumé : l’arabe, clé d’une expatriation plus riche
L’arabe est objectivement une langue exigeante : nouvel alphabet, diglossie, grammaire complexe, dialectes multiples. Mais vivre en Arabie saoudite offre un avantage unique : un environnement où la langue est partout, des programmes publics ambitieux (Abjad Center, projets en ligne universitaires), des écoles privées spécialisées, un vaste choix de tuteurs et une multitude d’outils numériques.
Pour passer du statut d’expatrié à celui de résident intégré en quelques mois, combinez une base d’arabe standard moderne (MSA), un apprentissage ciblé du dialecte local (Najdi, Hijazi ou Khaleeji), des cours structurés et surtout une immersion active dans la vie quotidienne.
Au‑delà des formulaires et des panneaux, c’est surtout la culture, les relations humaines et la compréhension du pays que l’arabe ouvre, porte après porte. Dans un contexte où l’anglais suffit parfois pour survivre, mais rarement pour s’intégrer, cette différence pèse lourd sur la qualité de vie d’un expatrié… et sur la manière dont il gardera en mémoire son passage en Arabie saoudite.
Un futur retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait transférer sa résidence fiscale en Arabie saoudite pour réduire sa charge imposable et diversifier ses investissements tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités de résidence, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations (Grèce, Chypre, Maurice, pays du Golfe), la stratégie retenue a consisté à cibler l’Arabie saoudite, combinant absence d’impôt sur le revenu, fiscalité patrimoniale attractive, coût de la vie compétitif à Riyad/Jeddah et forte dynamique économique régionale. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, report d’imposition), obtention du visa de résidence et accompagnement halal/charia‑compatibles, détachement CNAS/CPAM, transfert de la résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français, sécurisation de la convention FR‑KSA, mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, conseils bilingues) et intégration patrimoniale. Ce dispositif permet des économies fiscales majeures tout en maîtrisant risques (contrôles, double imposition, adaptation culturelle et religieuse).
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