Fiscalité aux Palaos pour les expatriés : impôt sur le revenu et réalité de la « taxe foncière »

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer ou investir aux Palaos attire de plus en plus de nomades digitaux, cadres en mobilité et entrepreneurs en quête d’un cadre fiscal plus léger. Mais derrière l’image de carte postale, la fiscalité du pays reste mal connue, en particulier sur deux sujets sensibles pour les expatriés : l’impôt sur le revenu et la taxation de l’immobilier.

Bon à savoir :

Le système fiscal de Palau combine un impôt progressif sur les salaires et une fiscalité territoriale avantageuse pour les revenus étrangers, sans impôt sur les successions. Le régime foncier est particulier : les étrangers ne peuvent pas devenir propriétaires du sol. Il est crucial de comprendre ces règles avant tout contrat de travail, bail longue durée ou projet d’investissement.

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Comprendre le cadre fiscal général des Palaos

La République des Palaos est un petit État insulaire du Pacifique occidental, d’environ 18 000 habitants, avec une économie tournée vers le tourisme, la pêche et les services publics. La monnaie est le dollar américain, ce qui simplifie la vie financière des expatriés.

Attention :

Toute personne percevant un revenu de source paluane doit s’enregistrer auprès du Bureau of Revenue and Taxation (BRT) pour obtenir un Taxpayer Identification Number (TIN), conformément au Palau National Code (notamment son Title 40).

Le système se distingue par trois caractéristiques majeures pour un expatrié :

un impôt sur le revenu progressif, retenu à la source par l’employeur,

– une logique territoriale pour de nombreux revenus, qui limite l’imposition aux revenus produits sur le territoire,

– une architecture fiscale sans TVA classique, mais avec une Palau Goods and Services Tax (PGST) de 10 % et un impôt sur les bénéfices des entreprises à 12 %.

Résidence fiscale : le test des 183 jours et le « centre des intérêts vitaux »

Pour un expatrié, la première question n’est pas le taux d’imposition, mais la résidence fiscale. Aux Palaos, le critère central est la présence physique.

La règle des 183 jours

Pour être considéré comme résident fiscal, il faut passer au moins 183 jours sur le territoire durant une année civile. Chaque journée passée aux Palaos compte, même en cas de séjours fractionnés. Sans ce seuil, vous êtes en principe traité comme non-résident et n’êtes imposé que sur les revenus de source paluane.

Cette règle de présence crée de fait deux profils d’expatriés :

Exemple :

L’exemple distingue deux types d’installation aux Palaos. D’une part, les résidents établis pour un long séjour, avec une vie familiale et une activité professionnelle locale. D’autre part, les travailleurs ponctuels ou à distance, souvent via le programme de résidence digitale, qui ne deviennent pas résidents fiscaux dans le pays.

Des outils comme l’application « Pebbles » sont d’ailleurs cités comme moyens pratiques pour suivre automatiquement ses jours de présence et éviter les mauvaises surprises.

Le « centre des intérêts vitaux »

Au-delà du compteur de jours, l’administration peut aussi regarder où se situe votre « centre des intérêts vitaux ». Les éléments pris en compte incluent :

votre foyer et vos attaches familiales,

vos activités professionnelles et entrepreneuriales principales,

vos comptes bancaires et relations financières,

votre implication dans la vie locale (associations, communauté, etc.).

Astuce :

Pour étayer votre statut de résident fiscal à Palau, plusieurs actions concrètes sont recommandées : conclure un bail de location de longue durée, ouvrir un compte bancaire auprès d’une banque locale, développer une activité économique structurée sur place et scolariser les membres de votre famille dans le pays.

Digital residency : identité numérique, pas résidence fiscale

Les Palaos ont lancé un programme de digital residency en 2022, très médiatisé parmi les nomades digitaux. Il offre :

une identité numérique officielle avec fonctions KYC/AML,

– des durées de validité de 1, 5 ou 10 ans,

– des frais compris entre 248 et 2 039 dollars selon la formule,

– la possibilité de séjourner jusqu’à 180 jours dans le pays.

Mais ce statut reste clair sur un point : il ne crée pas automatiquement de résidence fiscale. Sans atteindre les 183 jours et sans ancrage réel, vous restez, aux yeux du fisc paluan, un non-résident qui n’est taxé que sur certains revenus de source locale.

L’impôt sur le revenu aux Palaos : fonctionnement et taux

Le régime d’imposition des personnes physiques est présenté comme progressif. Il repose principalement sur le « Wages and Salary Tax », soit l’impôt sur les salaires et traitements. Les taux cités varient selon les sources, mais les tranches suivantes reviennent régulièrement dans les textes les plus techniques.

Barème indicatif de l’impôt sur le revenu

Une structure fréquemment mentionnée reprend une logique mensuelle, avec trois tranches :

Tranche de revenu annuel (USD)Taux indicatifCommentaire
0 à 8 0006 %Imposition modérée pour les bas revenus
8 001 à 40 00010 %Taux intermédiaire selon certaines sources
Au-delà de 40 00112 %Taux marginal usuel sur les salaires élevés

D’autres documents parlent d’une fourchette plus large, de 9,3 % à 20 %, voire évoquent un taux maximum proche de 20 % pour les très hauts revenus. Ce décalage s’explique par l’évolution récente du système et par des différences de présentation (mensuel vs annuel, salaires vs autres revenus). Dans la pratique, l’essentiel à retenir pour un expatrié salarié est que l’effort fiscal sur les salaires reste généralement compris dans une plage de 6 à 12 % pour la plupart des revenus professionnels « standards ».

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Taux total de prélèvement de la sécurité sociale sur le salaire, incluant les contributions salariales et patronales.

Résidents vs non-résidents : même barème, base différente

Le barème est en principe le même pour résidents et non-résidents, mais deux différences majeures existent :

les résidents peuvent être imposés sur l’ensemble de leurs revenus, avec des règles particulières pour les revenus de source étrangère,

les non-résidents ne sont imposés que sur les revenus de source paluane, avec parfois des retenues à la source spécifiques.

Des sources divergent sur l’étendue exacte de l’imposition des résidents (territoriale pure ou worldwide income). Toutefois, toutes s’accordent sur un point : les revenus et plus-values réellement de source étrangère (dividendes, gains de capitaux, crypto-actifs gérés à l’étranger…) sont généralement exclus de l’assiette paluane. C’est ce qui fait la réputation du pays comme juridiction intéressante pour les personnes disposant de revenus internationaux.

Exemple chiffré pour un expatrié salarié

Un outil de paie global cité dans les recherches donne un exemple concret : un expatrié percevant 4 000 dollars par mois aux Palaos se verrait prélever 240 dollars d’impôt sur le revenu, son employeur payant de son côté 280 dollars de charges de paie (incluant notamment la sécurité sociale).

On peut ainsi reconstituer approximativement les montants suivants, à titre purement illustratif :

Illustration des montants approximatifs
DonnéeMontant (USD)
Salaire brut mensuel4 000
Impôt sur le revenu (expatrié)240
Cotisation salarié à la sécurité sociale280 (7 %)
Cotisation employeur sécurité sociale280 (7 %)
Coût total employeur (simplifié)4 560

Le salaire net de l’expatrié après impôt sur le revenu et sécurité sociale resterait donc autour de 3 480 dollars, sans tenir compte d’éventuels autres prélèvements ou avantages (logement, assurance, etc.).

Rôle de l’employeur et obligations de déclaration

Le système est fondé sur la retenue à la source : l’employeur calcule, prélève et reverse l’impôt sur le revenu et les cotisations de sécurité sociale au BRT. De son côté, le salarié doit :

vérifier que les prélèvements sont correctement effectués,

conserver ses bulletins de salaire, contrats et justificatifs,

déposer une déclaration annuelle (Form 1040‑P) si ses revenus dépassent les seuils applicables.

En cas de retard de paiement, le BRT applique une pénalité de 10 % du montant dû, à laquelle s’ajoute un intérêt composé de 3 % par jour de retard – un niveau extrêmement dissuasif, qui rend impératif le respect des délais.

Revenus d’investissement, plus-values et crypto-actifs

Les investisseurs et travailleurs en ligne s’intéressent particulièrement à la taxation des intérêts, dividendes, plus-values et revenus liés aux crypto‑actifs. Les Palaos appliquent un principe simple : sauf dispositions particulières, ces revenus sont intégrés dans la base imposable et soumis au barème progressif.

Revenus de placement et plus-values

Les règles générales sont les suivantes :

Régime fiscal paluan des revenus de capitaux mobiliers

Synthèse des règles d’imposition applicables aux revenus et plus-values de source paluanne ou étrangère.

Intérêts & Dividendes (Source Palue)

Les intérêts et dividendes de source paluane sont imposés selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu.

Plus-values (Source Palue)

Les plus-values (immobilières, mobilières, financières) de source paluane sont traitées comme des revenus ordinaires et taxées aux mêmes taux que les salaires.

Revenus de Source Étrangère

Les plus-values, dividendes et intérêts perçus à l’étranger ne sont généralement pas imposés en pratique si la source des revenus reste extérieure au pays.

Pour un expatrié gérant un portefeuille international depuis les Palaos, la question clé devient donc : où le revenu est-il juridiquement « généré » ? Lorsque les flux proviennent de comptes, courtiers et actifs situés en dehors des Palaos, la plupart des analyses concluent à une absence d’imposition locale.

Crypto-actifs : même logique de territorialité

Les textes mentionnent aussi les crypto‑actifs, sans qu’il existe à ce stade un régime spécifique très détaillé. En pratique :

les gains issus d’une activité crypto exercée localement (trading professionnel, plateforme, minage installé sur le territoire) sont taxés comme des revenus ordinaires,

– les gains issus d’actifs crypto gérés sur des plateformes étrangères, sans présence d’activité aux Palaos, sont considérés comme de source étrangère et vraisemblablement non imposés, tant qu’ils ne se rattachent pas clairement à une activité économique paluane.

Là encore, un conseil local spécialisé reste recommandé pour sécuriser la qualification des opérations les plus importantes.

Non-residents withholding tax : la fiscalité spécifique des non-résidents

Les Palaos ont mis en place un régime particulier pour certains revenus passifs perçus par des non-résidents. Il s’agit d’une retenue à la source, appelée « non-resident tax », qui frappe directement le montant brut.

Les taux applicables sont les suivants :

Type de revenu versé à un non-résidentTaux de retenueBase taxable
Intérêts, redevances, autres revenus10 %Montant brut
Primes d’assurance5 %Montant brut

Aucune déduction n’est admise sur cette base : ni frais, ni pertes, ni charges. Le payeur paluan (banque, entreprise, etc.) est tenu de prélever la retenue au moment du paiement et de la reverser au BRT.

Bon à savoir :

La retenue à la source ne s’applique pas si le revenu est attribuable à un établissement stable situé aux Palaos. Dans ce cas, le revenu est imposable selon l’impôt sur les bénéfices (Business Profits Tax), au taux de 12 % sur le résultat net, et non soumis au prélèvement forfaitaire.

Sécurité sociale : un régime distinct de l’impôt

La sécurité sociale est gérée par la Republic of Palau Social Security Administration (ROPSSA), indépendante du BRT. Le système couvre :

pensions vieillesse (à partir de 60 ans, avec un minimum de 38 trimestres de cotisation),

invalidité,

couverture santé,

pensions de survivants.

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Pour un expatrié employé localement, 7 % du salaire brut sont prélevés au titre de la part salariée pour la retraite.

Aucune cotisation obligatoire n’existe en revanche pour l’assurance chômage ou un système équivalent de type workers’ compensation au‑delà de l’impôt sur les salaires et de la sécurité sociale.

Fiscalité immobilière : entre « taxe foncière » et réalité du droit foncier paluan

Pour un expatrié, la fiscalité immobilière aux Palaos ne peut pas être comprise sans rappeler un point crucial : un étranger ne peut pas être propriétaire du sol. La Constitution des Palaos réserve la propriété foncière aux citoyens et aux sociétés détenues à 100 % par des Paluans. Les étrangers doivent donc recourir au bail de longue durée.

Propriété du sol : interdiction pour les étrangers

Le cadre est très clair :

seuls les citoyens paluans, ou des sociétés entièrement détenues par eux, peuvent acquérir un titre de propriété sur la terre,

– les États étrangers peuvent obtenir des terrains pour usage diplomatique via des traités,

– les particuliers et entreprises étrangers n’ont accès qu’à la location.

Les baux accordés aux étrangers peuvent aller jusqu’à 50 ans, souvent renouvelables pour une période maximale de 49 ans supplémentaires, certaines sources allant jusqu’à évoquer 99 ans sur des terrains publics ou des condominiums. Les bâtiments construits sur ce sol peuvent, eux, appartenir à des investisseurs étrangers.

La « taxe foncière » aux Palaos : un impôt réel mais très limité

Sur le papier, les Palaos disposent d’un impôt foncier sur la valeur des biens immobiliers. Les textes indiquent que :

Bon à savoir :

La base de calcul est la valeur évaluée du bien, estimée selon sa valeur marchande, sa localisation, sa taille et son usage (résidentiel, commercial, etc.). Les types de propriété peuvent avoir des taux d’imposition distincts, généralement plus bas pour le résidentiel. L’Office of the Public Land Authority est impliqué dans le processus de valorisation et d’évaluation.

Mais cette « taxe foncière » reste pratiquement marginale pour deux raisons :

1. la Constitution contient une disposition interdisant la taxation du sol (Section 9 : Land Tax Prohibition), 2. l’essentiel du coût pour un expatrié réside dans le loyer du bail et non dans un impôt foncier classique.

Charges fiscales immobilières à Monaco

En pratique, la charge fiscale immobilière est décrite comme minimale à inexistante, surtout comparée à d’autres pays. Voici les principaux coûts pour un investisseur ou un résident étranger.

Absence d’impôt foncier

Monaco ne prélève pas de taxe foncière, contrairement à de nombreux pays où elle représente une charge annuelle significative pour les propriétaires.

Pas d’impôt sur la fortune immobilière

Il n’existe pas d’impôt sur la fortune (ISF) ou d’impôt sur la fortune immobilière (IFI) pour les propriétaires de biens dans la Principauté.

Droits d’enregistrement à l’achat

Le coût principal est un droit d’enregistrement unique, payé lors de l’acquisition du bien, sans taxe annuelle récurrente par la suite.

Frais de notaire et d’agence

Ces frais, liés à la transaction elle-même, constituent l’essentiel des dépenses lors de l’acquisition d’un bien immobilier à Monaco.

le loyer annuel du bail de longue durée,

d’éventuels droits de timbre ou taxes sur la transaction (par exemple, un Land Transaction Proceeds Fee de 4 % sur les revenus d’un bail ou d’un transfert),

les assurances et frais d’entretien.

Conséquences pour les expatriés

Pour un expatrié qui loue un logement, la « taxe foncière » n’apparaît presque jamais de façon explicite. Elle est, si elle existe, intégrée par le propriétaire dans le niveau de loyer. Pour un investisseur étranger qui structure un projet immobilier via un bail de 50 ou 99 ans, la question centrale est donc moins l’impôt foncier lui-même que :

la négociation du loyer du bail,

la sûreté du titre et la solidité du contrat (en lien avec le Land Court et les règles coutumières),

les éventuels droits et frais sur les transactions immobilières.

Propriété foncière, baux de longue durée et risques juridiques

L’environnement foncier paluan repose sur un mélange de droit écrit, d’héritage juridique américain et japonais, et de coutumes locales très fortes, en particulier sur les terres ancestrales détenues par les clans.

Land Court, titres et conflits potentiels

Le Land Court est la juridiction spécialisée dans les questions de propriété. Il a pour mission de :

enregistrer les titres,

arbitrer les conflits de propriété,

statuer sur des terres publiques réclamées par des particuliers.

Mais la réalité du terrain reste complexe :

Attention :

Beaucoup de parcelles ne sont pas encore formellement enregistrées, ce qui peut entraîner des revendications multiples sur la même terre en raison des droits coutumiers. De plus, les limites physiques sont souvent mal définies et les procédures de résolution de conflit peuvent être longues.

Pour un expatrié, un projet immobilier passe donc nécessairement par un audit foncier approfondi : consultation des registres, vérification des décisions du Land Court, analyse du bail proposé, recours à un avocat local connaissant les relations entre droit coutumier et droit écrit.

Leasing pour étrangers : structure, durée, fiscalité

Le bail longue durée est l’outil central permettant à un étranger de sécuriser un usage économique ou résidentiel du sol. Un bail typique comprend :

Bon à savoir :

Ce bail à long terme présente une durée initiale allant jusqu’à 50 ans, renouvelable pour atteindre jusqu’à 99 ans sur certains terrains. Il implique le paiement d’une redevance annuelle, qui peut être indexée sur l’inflation ou le chiffre d’affaires pour les projets touristiques. Le contrat comprend des clauses spécifiques sur l’usage des lieux, les obligations de développement et le respect de l’environnement, ainsi que des dispositions prévues en cas de litige ou de non-respect des engagements.

Côté fiscalité, le bail peut être soumis à : imposition sur les revenus fonciers, TVA, et droits d’enregistrement.

un droit ou une taxe sur les produits de location ou de transfert (Land Transaction Proceeds Fee d’environ 4 %),

une imposition des revenus de location dans les mains du propriétaire paluan, selon le barème de l’impôt sur le revenu ou des bénéfices,

– éventuellement une intégration des charges foncières résiduelles dans le coût global supporté par le locataire étranger.

Pour un résident étranger occupant un logement, ces éléments se traduisent simplement par un loyer plus ou moins élevé. Pour un investisseur qui exploite un hôtel ou une résidence, ils doivent être intégrés dans le business plan et la stratégie de sortie.

Autres prélèvements liés à l’immobilier et aux activités économiques

Même si la « taxe foncière » au sens strict est limitée, d’autres prélèvements existent autour de l’immobilier et de l’activité économique :

Astuce :

Le système fiscal palaouen comprend plusieurs taxes clés pour les entreprises : la PGST (Palau Goods and Services Tax) de 10 % sur la plupart des biens et services vendus ou consommés localement, avec des exonérations pour les produits de base, la santé et l’éducation ; la Business Profits Tax (BPT) de 12 % sur le revenu net des entreprises, applicable notamment dans les secteurs touristique et immobilier, et permettant un report des pertes sur quatre ans ; des droits de timbre et des taxes sur les transactions immobilières ou les baux de terrain ; ainsi que des taxes hôtelières spécifiques (hotel room occupancy tax), importantes pour les projets d’hébergement.

Un entrepreneur étranger qui monterait, par exemple, un resort ou une résidence de tourisme sur un bail long terme doit donc composer avec :

l’absence de propriété foncière directe,

des loyers négociés avec les propriétaires locaux,

– la BPT à 12 % sur ses bénéfices,

– la PGST à 10 % sur ses ventes de services,

– et d’éventuels droits sur les flux liés aux baux ou au transfert de certains droits.

Détail des obligations pour les expatriés : en pratique

Pour un expatrié qui perçoit un salaire local, quelques points concrets doivent être anticipés dès l’installation :

obtenir un TIN auprès du BRT,

– s’assurer que l’employeur est enregistré et prélève correctement l’impôt et les cotisations,

– conserver tous les justificatifs de revenus et dépenses,

– déposer chaque année une déclaration de revenus si les seuils de revenu sont dépassés,

– surveiller les délais pour éviter les pénalités (10 % + intérêts composés à 3 % par jour de retard).

Les expatriés entrepreneurs ou investisseurs doivent, eux, ajouter :

l’obtention d’un Foreign Investment Approval Certificate,

l’enregistrement de la société (via le Palau Corporate Registry),

– l’ouverture d’un compte bancaire local,

– l’enregistrement à la PGST et à la BPT si nécessaire,

– la mise en place d’une comptabilité permettant de suivre les bénéfices taxables et les pertes reportables.

Enfin, il faut garder à l’esprit que les Palaos disposent de peu de conventions de non‑double imposition. Un expatrié reste donc, pour son pays d’origine, souvent un résident fiscal soumis à l’imposition mondiale, avec l’obligation de déclarer ses comptes bancaires et ses revenus, y compris ceux réalisés aux Palaos. Pour les ressortissants américains, par exemple, les règles FATCA, l’IRS et les formulaires comme le FBAR ou le Form 8938 restent incontournables, même en cas d’installation durable dans l’archipel.

Stratégies d’optimisation et points de vigilance

La combinaison d’un impôt sur le revenu modéré, d’un traitement favorable des revenus et plus-values de source étrangère, et d’une quasi‑absence de taxe foncière réelle sur la propriété du sol fait des Palaos une destination fiscalement attirante pour certains profils :

entrepreneurs du numérique et nomades digitaux vivant partiellement dans le pays,

investisseurs gérant des portefeuilles internationaux depuis une base paluane,

retraités disposant principalement de pensions et placements à l’étranger.

Mais cette attractivité ne doit pas faire oublier plusieurs risques :

Bon à savoir :

Plusieurs facteurs de complexité sont à considérer : un certain flou persiste entre le modèle d’imposition territorial et l’imposition mondiale dans certains textes, et le territoire ne dispose pas d’un réseau étendu de conventions de non-double imposition. Le système foncier est complexe, mêlant droits coutumiers, compétence de la Land Court et baux de très longue durée. Enfin, les résidents doivent veiller à rester en règle avec leur fisc d’origine, une obligation cruciale pour les ressortissants de pays comme les États-Unis ou le Canada.

Une planification fiscale sérieuse, idéalement avec un conseil maîtrisant à la fois la législation paluane et celle du pays d’origine, reste donc indispensable.

En résumé

Aux Palaos, la fiscalité des expatriés s’articule autour de deux réalités assez différentes :

Bon à savoir :

Le système fiscal combine un impôt sur le revenu progressif, collecté à la source, avec une approche territoriale avantageuse pour les revenus internationaux. Pour l’immobilier, les étrangers ne peuvent détenir que des baux de longue durée. La charge fiscale principale provient des loyers, des droits de transaction et des impôts sur les bénéfices des projets, tandis que la taxe foncière directe est marginale.

Pour celui qui prépare une expatriation ou un investissement dans l’archipel, la clé consiste à ne pas se laisser tromper par les apparences : les Palaos ne sont ni un paradis fiscal sans règles, ni un environnement sans risques. Mais pour un expatrié bien informé, capable d’anticiper les enjeux de résidence fiscale, de structuration des revenus et de sécurisation foncière, le pays peut offrir un compromis rare entre cadre de vie, stabilité politique et efficacité fiscale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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