Les transports en commun aux Maldives : guide pratique

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Voyager aux Maldives ne se résume pas aux villas sur pilotis et aux lagons turquoise. Dans un pays composé de près de 1 200 îles dispersées sur plus de 800 kilomètres, comprendre comment fonctionnent les transports en commun est essentiel, surtout si l’on souhaite sortir du cadre des resorts privés et découvrir les îles habitées. Entre ferries publics, speedboats programmés, bus, taxis et avions domestiques, le système est à la fois riche, fragmenté… et très différent de ce que l’on connaît en Europe.

Bon à savoir :

Ce guide pratique détaille, en français simple, l’utilisation des transports publics aux Maldives. Il couvre les trajets depuis l’aéroport de Velana jusqu’aux îles locales, en passant par Malé et Hulhumalé. Les informations sont basées sur des données officielles et des observations de terrain pour offrir un panorama concret, chiffré et directement utilisable.

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Comprendre le contexte maldivien

Avant de parler de lignes de ferry et d’applis de taxi, il faut saisir la réalité géographique du pays. Les Maldives sont un archipel de 26 atolls naturels et environ 1 192 îles et bancs de sable. Seule une petite fraction de ce territoire est émergée : à peine 1 % de la surface nationale, le reste étant… de l’océan. Environ 190 à 200 îles sont habitées, près de 200 autres sont dédiées au tourisme, le reste est inoccupé ou industriel.

Exemple :

La capitale, Malé, concentre l’activité administrative et est le cœur du réseau de transport. L’aéroport international de Velana (MLE), situé sur l’île voisine de Hulhulé, est la principale porte d’entrée du pays. Le Sinamalé Bridge relie désormais Malé, l’aéroport et la ville nouvelle de Hulhumalé, transformant ainsi les déplacements dans la zone urbaine centrale (Greater Malé).

Dans un pays sans chemin de fer et presque sans routes interurbaines, la colonne vertébrale du transport reste la mer, complétée par une série d’aéroports domestiques (une quinzaine à une vingtaine selon les sources) qui desservent les atolls les plus éloignés. Cette structure a un impact direct sur le fonctionnement des transports en commun : pas de train, très peu de bus, mais un vaste réseau de ferries, de vedettes rapides et de vols intérieurs.

Les ferries publics : l’épine dorsale des déplacements entre îles locales

Le système de ferry public est l’outil central pour voyager entre îles habitées à petit budget. Il est opéré par la compagnie publique Maldives Transport and Contracting Company (MTCC), qui exploite le réseau sous la marque Raajje Transport Link (RTL). Officiellement, le réseau de ferries, appelé Coastal Transportation Network (CTN), couvre 63 lignes et 187 stations, du nord (Thuraakunu) au sud (Feydhoo).

À quoi ressemblent les ferries maldiviens ?

Les ferries publics sont presque toujours des dhonis motorisés, version moderne du bateau traditionnel maldivien autrefois à voile. Ces navires, souvent autour de 60 pieds de long, transportent généralement entre 40 et 100 passagers, avec un espace important pour les marchandises : denrées alimentaires, matériaux, colis…

L’intérieur est simple : chaises en plastique ou bancs, parfois un espace couvert avec bâches en plastique enroulables pour se protéger du soleil ou de la pluie, des toilettes rudimentaires et quelques ventilateurs. Pas de climatisation, pas d’attribution de sièges, et une ambiance très locale. C’est le mode de transport le moins cher du pays, mais aussi l’un des plus immersifs.

Zones, lignes et fonctionnement

Le réseau est découpé en zones géographiques numérotées. Le premier chiffre du numéro de ligne indique la zone : par exemple, la ligne 308 appartient à la zone 3. On distingue généralement :

Astuce :

Aux Maldives, il existe deux principaux types de ferries pour se déplacer entre les îles : les ferries intra-atoll, qui circulent à l’intérieur d’un même atoll en effectuant de nombreux arrêts, et les ferries inter-atolls, plus rares, qui relient directement deux atolls différents au sein d’une même zone géographique.

Dans la région de Malé, certaines lignes relient directement la capitale à des îles populaires comme Maafushi, Gulhi, Thulusdhoo, Dhiffushi ou Guraidhoo. Quelques exemples parlants :

Trajet (ferry public)Ligne indicativePrix (MVR)Prix approximatif (USD)Durée estimée
Aéroport – Malé (ferry urbain)15–201–210–15 min
Malé – Maafushi30922~1,50~90 min
Malé – Gulhi309/30622–301,50–245–60 min
Malé – Dhiffushi30845~3~90 min
Malé – Thulusdhoo30845~3~75 min
Malé – Guraidhoo30922~1,5045 min
Maafushi – Fulidhoo306~53~3,50~4 h

Les horaires sont fixés, mais peu fréquents : souvent une seule rotation par jour, parfois seulement quelques jours par semaine sur les lignes longues. Certaines liaisons comme Malé–Maafushi ou Malé–Guraidhoo affichent un départ quotidien (sauf le vendredi), typiquement en milieu d’après-midi vers 15 h, avec retour le matin.

Le vendredi, journée sans ferries

Un point crucial pour organiser son séjour : les ferries publics n’opèrent pas le vendredi, jour de prière hebdomadaire. L’unique exception est le ferry aéroport–Malé, qui continue de fonctionner pour assurer la liaison vitale entre l’aéroport et la capitale.

Attention :

Les ferries publics pour les îles locales ne circulent généralement pas le vendredi. Pour un départ ce jour-là depuis l’aéroport, il faut prévoir soit une nuit à Malé ou Hulhumalé, soit le coût plus élevé d’un speedboat. Cette contrainte horaire peut impacter significativement le budget du voyage.

Tarifs, billets et bagages

Les tarifs des ferries publics sont extraordinairement bas à l’échelle d’un voyageur international. La plupart des trajets coûtent entre 22 et 450 MVR, soit environ 1,50 à 30 dollars pour les liaisons les plus longues. Pour les itinéraires classiques autour de Malé, on reste la plupart du temps sous les 3 dollars par personne.

Bon à savoir :

Pour les lignes traditionnelles, les billets ne sont pas réservables à l’avance en ligne. Il faut les acheter en espèces au guichet du terminal ou, au départ des îles locales, directement à bord. Bien que certains services récents de la RTL permettent une réservation en ligne ou via application mobile pour certaines zones, cela reste une exception. Il est donc recommandé de toujours avoir des roupies maldiviennes en petites coupures sur soi.

Le volume de bagages accepté tourne autour de deux pièces plus un petit sac par personne, mais on reste dans un système très souple où les marchandises des habitants – sacs de riz, cartons de légumes – cohabitent avec les valises des touristes. Le confort n’est pas la priorité, l’important est de relier les îles à bas coût.

La dimension “slow travel”

Le principal défaut des ferries publics est aussi une de leurs qualités : leur lenteur. Là où un speedboat mettra 30 minutes, le ferry en prendra facilement 90. Pour des traversées plus longues, on atteint quatre, voire cinq heures. C’est le prix à payer pour des tarifs imbattables, mais c’est aussi une formidable occasion d’observer la vie quotidienne, de discuter avec les habitants et de contempler le paysage d’atoll en atoll.

Pour un voyageur qui souhaite “faire des Maldives autrement”, construire un itinéraire d’îles locales en s’appuyant sur ce réseau de dhonis publics est une manière de voyager profondément ancrée dans la réalité du pays, quitte à renoncer à une partie du confort.

Speedboats partagés : le compromis temps/prix le plus courant

Entre le ferry lent et la vedette privée hors de prix, un mode de transport s’est imposé comme le grand classique des Maldives, notamment pour les touristes : le speedboat programmé, souvent appelé “shared speedboat”.

Ces bateaux à moteur, plus rapides et modernes que les dhonis, relient Malé ou l’aéroport à des îles précises selon des horaires déterminés. Ils constituent souvent la seule alternative pratique lorsque le ferry ne circule pas, que ce soit pour cause de vendredi, d’horaires incompatibles ou d’absence pure et simple de service sur une destination donnée.

À quels prix et vers quelles îles ?

Les tarifs varient beaucoup selon la distance, la taille du bateau et la popularité de l’itinéraire, mais plusieurs ordres de grandeur se dégagent :

– vers les îles locales proches de Malé (Maafushi, Himmafushi, Thulusdhoo, Rasdhoo, Fulidhoo…), on se situe généralement entre 20 et 75 dollars l’aller par personne ;

– vers des îles plus lointaines ou des atolls voisins, les prix peuvent monter jusqu’à 150–190 dollars par trajet.

Pour les resorts, qui opèrent souvent leurs propres vedettes, la fourchette est encore plus large : certains transferts en speedboat sont facturés autour de 65 dollars l’aller simple, quand d’autres peuvent dépasser 300 dollars par personne.

Comparatif des tarifs : Ferry public vs. Speedboat

Visualisez les différences de prix sur quelques liaisons emblématiques pour mieux appréhender le coût de chaque option de transport maritime.

Liaison Principale

Comparaison des tarifs standard pour un trajet adulte sur la route la plus fréquentée.

Trajet Touristique

Différence de prix pour une destination prisée des visiteurs, souvent desservie par les deux modes.

Traversée Rapide

Analyse du surcoût du speedboat pour un gain de temps significatif sur une courte distance.

Liaison Inter-Îles

Comparatif sur une desserte reliant plusieurs petites îles, où les options peuvent varier.

TrajetType de bateauTarif approx. (USD)Durée indicative
Malé – MaafushiFerry public~1,50~90 min
Malé – MaafushiSpeedboat partagé~25–35~60 min
Malé – HimmafushiSpeedboat partagé~20~30 min
Malé – RasdhooSpeedboat partagé~35–50~70 min
Malé – FulidhooSpeedboat partagé~65~1 h 45

Sur un court séjour, le gain de temps peut justifier l’écart de prix : une heure de speedboat contre une demi-journée de ferry offre une flexibilité précieuse, surtout si l’on arrive d’un long vol international.

Réseau et accessibilité

Le “domaine” naturel du speedboat, c’est la grande région autour de Malé. On peut parler de “zone speedboat” pour désigner les atolls accessibles en moins de deux à trois heures de vedette depuis Velana, essentiellement :

Kaafu (où se trouvent Malé et Hulhumalé, avec North et South Malé Atoll) ;

Ari Nord et Ari Sud ;

Vaavu ;

Faafu.

Au-delà, notamment dans les atolls éloignés du nord et du sud, le temps de trajet et la mer ouverte rendent la vedette peu réaliste pour des services réguliers : on bascule alors vers les vols domestiques ou les hydravions.

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C’est le nombre d’atolls du nord des Maldives où l’État déploie actuellement un réseau de ferries rapides publics.

Réservation et organisation

Contrairement au taxi urbain, on ne “prend pas un speedboat” sur un coup de tête en sortant de l’aéroport. Pour les îles locales, la norme est la suivante :

– on réserve sa place à l’avance, souvent via sa guesthouse ou un opérateur spécialisé ;

– on paye en ligne ou en liquide au comptoir du port ou de l’aéroport ;

– on se présente à l’heure de départ convenue, généralement 30 minutes à l’avance.

Pour les resorts, les choses sont encore plus cadrées : le transfert en speedboat est inclus ou facturé dans le package de l’hôtel, et l’organisation est entièrement gérée par ce dernier. À l’arrivée à Velana, un représentant du resort accueille les clients, les conduit jusqu’au ponton et les place sur la vedette prévue. Les horaires tiennent compte de l’arrivée et du départ des vols internationaux, mais peuvent entraîner des attentes de 2 à 4 heures en cas de “regroupement” de plusieurs clients sur un même bateau.

Bon à savoir :

Les guesthouses locales peuvent souvent s’occuper de la réservation du speedboat pour leurs clients, parfois contre une petite commission (5 à 15 dollars). C’est généralement le moyen le plus simple d’éviter les malentendus et les complications de dernière minute, surtout puisque les horaires peuvent changer selon les saisons ou la météo.

Confort, sécurité et contraintes

Un speedboat file beaucoup plus vite qu’un dhoni (souvent entre 33 et 55 nœuds), mais ce gain de vitesse se paie en termes de confort, surtout quand la mer est agitée. Le tangage peut être important, en particulier dans le tiers avant du bateau. Les sièges arrière, plus stables, sont souvent réservés aux personnes âgées, aux familles avec bébés ou aux passagers sujets au mal de mer.

La majorité des vedettes n’ont pas de toilettes à bord en dessous d’une certaine capacité (en général moins de 20–22 passagers). La climatisation n’est pas systématique : on compte surtout sur la ventilation naturelle. Côté sécurité, les opérateurs sérieux sont tenus par des normes imposées par l’Autorité des transports (gilets de sauvetage, extincteurs, radio VHF, équipage certifié…).

Les annulations restent possibles en cas de météo très défavorable. Pendant la mousson sud‑ouest (mai–octobre), il n’est pas rare que des départs soient décalés ou regroupés pour des raisons de sécurité.

Les bus et ferries urbains de la région de Malé

Dans la zone urbaine élargie (Greater Malé), où vivent une part importante des Maldiviens, un transport public plus “classique” existe : bus, ferries inter‑îles et taxis structurés. Pour un visiteur, ce maillage est surtout utile pour circuler entre l’aéroport, Malé et Hulhumalé à moindre coût.

Le ferry aéroport – Malé : la navette indispensable

Avant la construction du pont, la seule liaison entre Velana et Malé était un ferry. Il continue aujourd’hui à jouer un rôle clé, notamment pour ceux qui privilégient les transports publics.

Le ferry aéroport–Malé :

part toutes les 10 à 20 minutes en journée, jusqu’à environ minuit ;

– met environ 10 minutes pour traverser le chenal ;

– coûte 15 à 20 MVR par personne (1 à 2 dollars).

Bon à savoir :

Ce ferry fonctionne tous les jours, y compris le vendredi, ce qui est une exception à l’arrêt habituel du réseau public ce jour-là. Les billets s’achètent au bâtiment indiqué ‘Ferry to Malé’, situé à la sortie de l’aérogare. Chaque ticket permet généralement d’embarquer trois bagages, avec une option pour payer un supplément si nécessaire.

À l’arrivée à Malé, le bateau accoste au grand terminal MTCC de Henveiru (parfois référencé comme “Hulhumalé Ferry Terminal” sur les cartes), au nord‑est de la ville, en face de l’hôtel Maagiri. C’est aussi le point de départ de nombreuses liaisons vers les îles locales.

Les bus MTCC / RTL : squelette du transport urbain

MTCC, via la marque Raajje Transport Link, exploite également un réseau de bus modernes dans la région de Malé et à Hulhumalé. Ces bus, climatisés et équipés d’un système de paiement sans contact et d’affichage électronique, relient notamment :

l’aéroport à Malé (lignes R3, par exemple) ;

l’aéroport aux quartiers nord et sud de Hulhumalé (R4 et R9) ;

différents secteurs de Malé et Hulhumalé entre eux.

Les tarifs restent symboliques :

Ligne de bus (exemples)Itinéraire principalTarif (MVR)Durée approximative
R3Aéroport – Malé~10~25 min
R4Aéroport – Hulhumalé sud~10~20 min
R9Aéroport – Hulhumalé nord (24/7)~15~25 min
Bus urbains à Malé / HulhumaléIntra‑ville3–10Variables

Les billets peuvent être achetés en ligne, via une carte prépayée ou par carte bancaire directement à bord selon les lignes. Les bus peuvent cependant être très chargés aux heures de pointe, et ils ne sont pas toujours pratiques avec de gros bagages.

Attention :

Pendant la grande prière du vendredi en milieu de journée, certains services urbains sont suspendus. Il est recommandé d’éviter de planifier tout déplacement crucial à ce moment.

Se repérer dans les terminaux de Malé

Le principal point de départ des ferries publics est le terminal MTCC de Henveiru, au nord‑est de Malé. Le bâtiment dispose de zones d’attente ventilées, de toilettes, d’un espace de prière et de quelques commerces, dont un fast‑food international à l’étage. Pas de Wi-Fi public, en revanche.

D’autres embarcadères sont utilisés par des ferries privés ou certaines liaisons spécifiques, notamment sur la façade ouest de la ville. Les cartes en ligne peuvent prêter à confusion, avec des noms comme “Hulhumalé Ferry Terminal” ou “Villingili Ferry Terminal” pointant parfois vers le même endroit. En cas de doute, demander à son hébergement ou à un guichet MTCC reste le plus sûr.

Taxis et applis : se déplacer facilement dans Greater Malé

À l’échelle d’une île comme Malé, tout est faisable à pied en moins d’une demi‑heure. Mais avec des valises, sous un soleil brûlant et au milieu d’un trafic dense de motos, le taxi devient vite un allié précieux, d’autant que les tarifs sont encadrés par le ministère des Transports.

Tarifs officiels des taxis

Les autorités ont publié une grille de prix fixes pour la région de Malé (Malé, Hulhumalé phase 1 et 2, aéroport). Les montants varient selon la taille du véhicule (moins de 6 places, ou entre 7 et 10 places) et la destination. Pour les voitures “classiques” (moins de 6 sièges), les repères sont les suivants :

Trajet (≤ 6 sièges)Tarif (MVR)
Course intra‑zone (dans Malé OU Hulhumalé phase 1 OU phase 2)30
Malé – Aéroport70
Aéroport – Malé70
Malé – Hulhumalé phase 185
Malé – Hulhumalé phase 2100
Aéroport – Hulhumalé phase 180
Aéroport – Hulhumalé phase 285
Hulhumalé phase 1 – phase 240

Pour les véhicules de 7 à 10 places, les tarifs sont plus élevés, comme le montre le tableau ci‑dessous :

Trajet (7–10 sièges)Tarif (MVR)
Course intra‑zone45
Malé – Aéroport110
Aéroport – Malé110
Malé – Hulhumalé phase 1130
Malé – Hulhumalé phase 2155
Aéroport – Hulhumalé phase 1125
Aéroport – Hulhumalé phase 2130
Hulhumalé phase 1 – phase 260

Des suppléments sont autorisés dans certains cas :

+10 MVR pour un trajet vers le terminal domestique (petits véhicules) ;

+15 MVR pour le terminal domestique (grands véhicules) ;

+5 MVR par bagage au‑delà de trois pièces.

Bon à savoir :

Des tarifs fixes ont été instaurés pour mettre fin aux abus et aux négociations improvisées avec les taxis, répondant ainsi aux plaintes fréquentes des habitants et des visiteurs. Pour une information claire, des panneaux récapitulatifs seront installés à l’aéroport en collaboration avec l’autorité aéroportuaire.

Applis obligatoires et lutte contre la sur‑facturation

Pour mieux encadrer le secteur, le ministère a rendu obligatoire l’usage d’une application de réservation pour tous les taxis enregistrés dans la zone de Malé. Trois applis sont officiellement autorisées : Avas Ride, Pick Me et AIE. D’autres services comme Nala Taxi sont également suggérés dans certains guides.

L’idée est double : garantir une transparence tarifaire (le prix apparaissant avant le trajet) et renforcer la sécurité (conducteurs et véhicules enregistrés, traçabilité en cas de litige). En théorie, depuis une certaine date, un taxi ne peut plus prendre de course dans Malé sans passer par l’une de ces applis.

1511

Numéro dédié pour signaler au ministère des Transports les abus de surfacturation dans les transports.

Taxis vs transferts d’hôtel

De nombreux hôtels d’escale, notamment à Hulhumalé, incluent les transferts aéroport dans leur tarif ou les facturent à prix fixe. Il arrive que ces transferts paraissent chers au regard des tarifs officiels du taxi – par exemple une navette d’hôtel facturée 7 dollars par personne pour une distance de 3,5 km, alors qu’un taxi normal reviendrait moins cher.

Cette différence s’explique par le coût de la logistique pour les hôtels (véhicule, personnel, attente si vol en retard, etc.) et par le confort d’éviter la file de taxis, parfois longue à la sortie de l’aéroport. Il revient à chacun de juger si le surcoût vaut l’économie de temps et de stress, surtout pour une nuit de transit avant un transfert vers une autre île.

Vols domestiques et hydravions : la dimension aérienne du réseau

Au‑delà de la région de Malé et de quelques atolls voisins accessibles en speedboat, l’échelle du pays impose le recours au transport aérien. L’archipel compte une quinzaine à une vingtaine d’aéroports, dont plusieurs internationaux secondaires et de nombreux aéroports domestiques. Le transport aérien intérieur repose sur deux grandes familles : les vols domestiques “classiques” et les hydravions, principalement utilisés par les resorts.

Vols domestiques : le maillage des atolls lointains

Les vols domestiques, opérés notamment par la compagnie nationale Maldivian et d’autres acteurs comme Villa Air (FlyMe) ou Manta Air, relient Velana à des aéroports régionaux disséminés dans les atolls. Ces vols :

durent entre 20 et 95 minutes selon la distance ;

coûtent généralement entre 110 et 540 dollars l’aller par personne ;

offrent une franchise bagage autour de 20–25 kg en soute plus 5–7 kg en cabine ;

peuvent opérer de nuit, contrairement aux hydravions.

Astuce :

À l’arrivée dans un aéroport domestique aux Maldives (comme Gan, Hanimaadhoo, Maafaru, Dharavandhoo, Kooddoo, etc.), un transfert final en speedboat est presque toujours nécessaire pour rejoindre votre destination finale, qu’il s’agisse d’un resort ou d’une île locale. Le billet pour ce transfert peut être inclus dans votre forfait de voyage ou facturé séparément.

Pour un voyageur en mode “transports en commun”, ces vols domestiques représentent la partie la plus chère du puzzle, mais aussi la plus résiliente aux aléas climatiques. En saison de mousson, quand ferries et vedettes annulent plus souvent, l’avion reste la valeur la plus sûre.

Hydravions : luxe, vue aérienne… et addition salée

Les hydravions sont l’icône de la carte postale maldivienne : ces petits appareils bimoteurs à flotteurs décollent de la mer près de Malé et vont se poser directement dans le lagon des resorts éloignés. Ils sont opérés par des compagnies spécialisées comme Trans Maldivian Airways (TMA) ou la division hydravion de Maldivian.

Ils fonctionnent essentiellement pour le compte des resorts : ce sont les hôtels qui réservent et facturent les transferts, presque toujours impossibles à acheter directement par le client. Les prix sont à la hauteur de l’expérience :

1500

Le prix aller simple par personne peut atteindre jusqu’à 1 500 dollars pour les îles ultra-luxe, notamment en très haute saison.

Les vols sont limités à la journée, en gros entre 6 h et la fin d’après‑midi. Pour espérer rejoindre son resort en hydravion le jour même, il est impératif d’atterrir à Malé vers le milieu de journée au plus tard. En cas d’arrivée tardive, une nuit d’escale à Malé ou Hulhumalé devient incontournable.

Côté confort, l’hydravion est bruyant, sans climatisation, souvent chaud avant le décollage. Pas de toilettes à bord, peu d’espace pour les grandes tailles, et une franchise bagage strictement limitée à 20 kg en soute et 5 kg en cabine. En revanche, les vues sur les atolls, les récifs et les bancs de sable sont spectaculaires.

Pour un séjour purement “transports en commun” centré sur les îles locales, l’hydravion reste à la marge, mais il fait partie intégrante du paysage de mobilité du pays, notamment pour expliquer pourquoi le système ne se résume pas aux ferries publics.

Les îles locales : comment organiser ses trajets en pratique ?

Pour voyager en transports en commun entre îles habitées, la clé est d’anticiper et de s’appuyer sur deux types d’acteurs : MTCC/RTL pour les ferries et bus, et les guesthouses pour tout le reste.

Rôle central des guesthouses

Les maisons d’hôtes sur les îles locales sont devenues des hubs logistiques pour les voyageurs. Elles :

consultent les horaires de ferries, souvent plus à jour sur place que sur les PDF officiels ;

réservent les places sur les speedboats programmés ou montent des speedboats partagés entre plusieurs clients ;

– organisent d’éventuels transferts privés groupe, parfois à des tarifs plus compétitifs que si l’on s’adressait seul à un opérateur ;

– préviennent en cas de changement de dernière minute lié à la météo.

Bon à savoir :

Il est généralement nécessaire de contacter les prestataires plusieurs jours avant l’arrivée (3 à 7 jours, voire plus en haute saison) pour organiser les transports. Cette anticipation est cruciale pendant la haute saison touristique (décembre–avril) et pendant le Ramadan, périodes pouvant entraîner des ajustements d’horaires.

Une petite commission de 5 à 15 dollars peut s’ajouter au prix “brut” du transport, mais elle s’accompagne d’un vrai service : suivi des vols, gestion des retards éventuels, coordination avec les bateaux.

Le piège du “walk‑in”

Aux Maldives, on ne se présente pas au hasard au port en espérant trouver un bateau à la prochaine minute. Cela vaut pour les ferries comme pour les speedboats. Les Ferries publics ont des horaires très précis (et pas quotidiens pour certains) ; les vedettes partagées nécessitent une réservation ; les transferts de resorts sont fermés aux non‑clients.

Dans la pratique, la seule chose que l’on peut prendre sans organisation préalable en sortant de l’aéroport, ce sont :

le ferry public vers Malé ;

le bus vers Malé ou Hulhumalé ;

un taxi dans la zone du pont.

Tout le reste se planifie.

Construire un itinéraire “full transports en commun”

Un itinéraire typiquement “transports publics” pourrait ressembler à ceci :

arrivée matin à Velana ;

ferry aéroport–Malé (10–15 minutes) ;

– taxi jusqu’au terminal MTCC (ou marche si peu chargé) ;

– ferry public Malé–Maafushi ou Malé–Thulusdhoo (90 minutes) ;

– quelques jours sur place ;

– ferry ou speedboat vers une autre île du même atoll (Gulhi, Guraidhoo, Dhiffushi, Huraa, etc.) ;

– retour à Malé en ferry ou en speedboat partagé, puis transfert à l’aéroport en bus, taxi ou ferry.

Ce type de voyage suppose une certaine souplesse (accepter que tout ne soit pas millimétré et que la météo puisse décaler un départ), mais permet de découvrir les Maldives à budget modéré, tout en s’appuyant presque exclusivement sur des transports en commun.

Accessibilité, sécurité et contraintes saisonnières

Le système de transport maldivien, fortement maritime, présente des défis spécifiques, notamment pour les personnes à mobilité réduite et pendant la saison des pluies.

Accessibilité

La plupart des ferries et speedboats ne sont pas adaptés aux fauteuils roulants non pliables ni aux personnes ayant besoin d’une aide importante pour embarquer. Les pontons flottants, les escaliers étroits, les mouvements du bateau rendent les transferts délicats. À Malé et dans les îles, la voirie manque souvent de rampes et de trottoirs adaptés.

Attention :

Les voyageurs concernés doivent impérativement contacter leurs hébergements et prestataires avant le voyage pour vérifier les possibilités d’assistance. Sur certaines îles, la solidarité locale compense partiellement l’absence d’équipements formels, mais cela ne constitue pas un substitut à une accessibilité structurée.

Sécurité et météo

Les autorités maldiviennes encadrent la sécurité maritime : véhicules inspectés régulièrement, capitaines licenciés, présence obligatoire de gilets de sauvetage, moyens de communication… Pour autant, la météo reste un facteur maître.

Bon à savoir :

Pendant la mousson sud-ouest (de mai à octobre), les traversées en ferry et speedboat sont souvent annulées ou reportées en raison d’une mer agitée (vagues de 1 à 2 m). Les hydravions, qui volent à vue, sont très fréquemment perturbés par la pluie, les orages et la visibilité réduite. Seuls les vols domestiques classiques résistent généralement bien à ces intempéries.

Pour les passagers, quelques précautions simples s’imposent : vérifier la présence de gilets à bord, privilégier les sièges centraux sur les speedboats pour limiter le roulis, prévoir des médicaments contre le mal de mer, emporter des sacs étanches pour protéger les appareils électroniques.

L’importance de l’assurance voyage

Entre les liaisons maritimes annulées, les hydravions retardés par un grain et la fermeture du réseau de ferry le vendredi, la probabilité de devoir modifier un plan de transport est significative. Une assurance voyage couvrant les retards, annulations et nuits d’hôtel non prévues n’est pas un luxe, surtout lors d’itinéraires complexes impliquant plusieurs îles et types de transport.

Conclusion : composer avec un archipel éclaté

Les transports en commun aux Maldives ne ressemblent à aucun autre système. Il n’y a ni train, ni métro, ni réseau de bus interurbain structuré couvrant tout le pays. À la place, un maillage de ferries publics à bas coût, de speedboats plus chers mais rapides, de taxis urbains régulés, de bus modernes dans la région de Malé, complété par un vaste réseau de vols domestiques et d’hydravions opérés en grande partie pour les resorts.

Pour le voyageur qui veut sortir du cadre des îles‑hôtels et explorer les îles habitées, comprendre ce puzzle est indispensable. Il faut accepter :

Astuce :

Pour organiser vos déplacements entre les îles aux Maldives, il est crucial de planifier à l’avance, notamment pour réserver les speedboats et les vols intérieurs. Notez que le vendredi est généralement un jour sans service de ferry (à l’exception de la liaison entre l’aéroport et Malé). Prévoyez toujours une marge de sécurité dans votre emploi du temps pour faire face aux aléas météorologiques. Enfin, n’hésitez pas à vous appuyer sur les guesthouses locales, qui sont une ressource précieuse pour vous aider dans l’organisation de ces transferts.

En échange, on accède à un visage plus authentique des Maldives, où le dhoni chargé de sacs de riz, la vedette bondée d’habitants regagnant leur île et le petit bus climatisé de Hulhumalé composent une mosaïque de mobilités parfaitement adaptée à un pays composé à 99,6 % d’océan. Voyager à travers cet archipel en transports en commun, c’est accepter de se caler sur les rythmes de la mer et des îles – et c’est souvent là que naissent les plus beaux souvenirs.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale en s’installant aux Maldives pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 € pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Grèce, Chypre, Maurice, Maldives), la stratégie retenue a consisté à cibler les Maldives pour l’absence d’impôt sur le revenu, d’impôt sur la fortune et de taxation des plus-values financières, combinant cadre de vie haut de gamme et environnement international d’investisseurs. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence et structuration d’une présence économique locale, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, conseillers bilingues) et intégration patrimoniale. Cet accompagnement permet au futur retraité de réaliser d’importantes économies fiscales tout en maîtrisant les risques (contrôle français, convention fiscale, adaptation culturelle).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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