La sécurité aux Maldives : conseils pour une expatriation sereine

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer aux Maldives fait rêver : lagons turquoise, plages immaculées, douceur de vivre tropicale. Mais derrière la carte postale, la réalité d’une expatriation est plus complexe. Entre cadre religieux strict, risques naturels, particularités médicales et sécurité variable selon les îles, il est indispensable de bien se préparer pour vivre cette expérience en toute sérénité.

Bon à savoir :

Cet article fournit une analyse complète de la sécurité aux Maldives, incluant le contexte, des chiffres clés et des conseils pratiques. Il vise à aider les futurs expatriés à évaluer les risques réels, éviter les pièges et établir des bases solides pour une installation durable.

Comprendre le pays pour mieux évaluer les risques

Avant de parler de criminalité ou de catastrophe naturelle, il faut comprendre où vous mettez les pieds. La République des Maldives est un archipel d’environ 1 200 petites îles coralliennes, organisé en 26 atolls naturels. Seules quelque 200 îles sont habitées, et à peine plus d’une centaine sont dédiées au tourisme.

Le pays est entièrement musulman, de rite sunnite, avec l’islam comme religion d’État. La capitale, Malé, concentre environ 41 % de la population totale, estimée autour de 500 000 habitants. Sur 1,7 km de long pour 1 km de large, plus de 100 000 personnes y vivent, ce qui en fait l’une des villes les plus denses au monde.

Attention :

Le climat tropical, avec ses deux moussons, ses températures stables (25-31°C) et ses pluies parfois violentes, conditionne directement la sécurité quotidienne, les transports et l’accès aux soins pour les expatriés, au-delà de simples considérations météorologiques.

Atolls touristiques, Malé, îles locales : trois réalités sécuritaires

La perception de la sécurité varie fortement selon que l’on vit :

Exemple :

L’expérience d’un voyage aux Maldives peut varier considérablement selon le lieu de séjour choisi : sur une île‑resort, très encadrée et presque hermétique au reste du pays ; à Malé ou dans son extension planifiée Hulhumalé, les zones les plus urbanisées ; ou sur une île locale, plus traditionnelle, où l’on partage le quotidien des Maldiviens.

Les îles‑resorts sont généralement très sûres : accès contrôlé, sécurité privée, présence médicale de base, criminalité très faible. À l’inverse, Malé et Hulhumalé concentrent la majorité des faits de délinquance du pays, ainsi que les tensions politiques et la plupart des manifestations.

Les îles locales offrent souvent un environnement plus calme, mais demandent une adaptation culturelle beaucoup plus poussée, notamment pour les codes vestimentaires, la pratique religieuse et l’accès limité à certains services (santé, transports, administrations).

Criminalité et risques quotidiens : ce que disent les chiffres

Les principaux indicateurs internationaux classent les Maldives dans une catégorie « prudence renforcée » : il ne s’agit pas d’un pays à haut risque, mais d’un environnement où l’on doit garder un niveau de vigilance soutenu, surtout dans la capitale.

Plusieurs indices de criminalité et de sécurité disponibles pour 2024 donnent une image nuancée : la criminalité globale est jugée « modérée », mais certains postes de risque ressortent nettement.

Voici une synthèse chiffrée :

Indicateur (Maldives, 2024)ValeurNiveau d’évaluation
Indice global de criminalité58,14Modéré
Accroissement de la criminalité sur 3 ans61,60Élevé
Cambriolages / vols à domicile55,18Modéré
Agressions / vols avec violence54,71Modéré
Criminalité liée à la drogue73,99Élevé
Atteintes aux biens (voitures, etc.)61,71Élevé
Criminalité violente (agressions, viols, etc.)54,33Modéré
Corruption et pots‑de‑vin74Élevé
Sentiment de sécurité à pied de jour58,68Modéré
Sentiment de sécurité à pied de nuit38,83Faible

Sur le premier trimestre 2023, la police a enregistré 2 847 infractions, dont 1 779 à Malé, 611 à Hulhumalé, 56 à Villingili et 41 à Hulhulé. Les délits les plus fréquents restent les vols simples, les infractions routières et les affaires de stupéfiants.

Pour un expatrié, cela se traduit par quelques risques concrets :

Astuce :

Soyez particulièrement vigilant face aux vols (sacs laissés sans surveillance sur les plages ou dans des logements non verrouillés, pickpockets dans les marchés, ferries bondés et zones commerçantes de Malé) et à la présence de gangs, parfois armés, dans certaines zones de Malé et Hulhumalé. Méfiez-vous également des fraudes financières et des arnaques touristiques (faux sites internet, réservations frauduleuses, sur-facturations).

Il est toutefois important de souligner que les étrangers sont rarement victimes de violences graves ciblées. La plupart des incidents les touchant relèvent de la petite délinquance opportuniste ou de la fraude.

Malé, Hulhumalé, Villingili : où vivre en tenant compte de la sécurité

Pour un expatrié amené à résider dans la région de la capitale, choisir le bon quartier est un enjeu essentiel.

Attention :

Les quartiers centraux de Malé (Henveiru, Galolhu, Maafannu, Machchangolhi), bien qu’animes et culturellement riches, concentrent la majorité des délits signalés. Il est recommandé d’être particulièrement vigilant en sortant la nuit, surtout à pied, et cette prudence s’applique davantage aux femmes.

Hulhumalé, île artificielle reliée à l’aéroport par un pont, propose un urbanisme plus aéré, avec grandes avenues, promenades, plages et infrastructures modernes. Elle est souvent décrite comme plus familiale, plus propre, avec une insécurité perçue comme moindre que dans Malé « intra‑muros », même si les problèmes de drogue et de gangs y existent aussi.

Villingili et Vilimalé, accessibles en quelques minutes de ferry, offrent un cadre plus détendu, verdoyant, avec des plages et une atmosphère quasi balnéaire. Beaucoup d’expatriés apprécient ce compromis entre proximité de la capitale et qualité de vie.

Pour se loger sereinement, plusieurs paramètres sont à considérer : densité, proximité d’axes routiers, éloignement des zones de rassemblement politique, distance par rapport aux mosquées (pour ceux qui redoutent les appels à la prière à l’aube) et réputation du quartier en matière de délinquance.

Terrorisme, radicalisation et stabilité politique : un contexte à ne pas ignorer

Les Maldives ne sont pas un pays en guerre, mais la menace terroriste y est prise très au sérieux par les États étrangers qui publient des recommandations de voyage. Des groupes comme Al‑Qaïda ou Daech ont explicitement appelé à des attaques, et plusieurs complots ont été déjoués par les autorités depuis 2017.

Sur les dernières années, plusieurs incidents graves ont eu lieu :

AnnéeType d’incidentLieuCible ou victimes principales
2025Complot terroriste déjouéGrande région de MaléSuspects arrêtés, procès en attente
2022Attaque au couteau contre un politicienHulhumaléHomme politique blessé
2021Engin explosif improvisé (IED)Centre de MaléPoliticien et passants blessés
2020Agressions au couteau contre 3 étrangersHulhumaléRevendiquées par des sympathisants de Daech
2020Incendie volontaire d’un bateau de policeLaamu GanBateau rapide incendié

Le pays a également compté, toutes proportions gardées, un nombre élevé de ressortissants partis combattre en Syrie ou en Irak, ce qui alimente les inquiétudes sur la radicalisation.

Bon à savoir :

Les expatriés ne sont pas spécifiquement ciblés, mais les lieux fréquentés par des étrangers (hôtels, gares maritimes, espaces publics très fréquentés) sont considérés comme des cibles potentielles. Les autorités locales, appuyées par l’armée et les services de renseignement, ont démontré à plusieurs reprises leur capacité à déjouer des projets d’attentats.

Sur le plan politique, la trajectoire du pays a été marquée par des cycles de démocratisation et de crispation : longue présidence autoritaire, première élection démocratique en 2008, crise politique en 2012, tensions régulières autour de l’État de droit, arrestations d’opposants, critiques d’ONG sur la liberté de la presse et la situation des défenseurs des droits humains. Depuis 2023, un nouveau pouvoir aux orientations géopolitiques différentes (rapprochement avec la Chine, refroidissement avec l’Inde) suscite également des débats internes.

Réflexes essentiels pour un expatrié

Pour réussir son expatriation, deux réflexes fondamentaux doivent être adoptés pour gérer efficacement les changements et les démarches administratives.

Anticiper les démarches administratives

Préparer et organiser à l’avance tous les documents nécessaires (visa, permis de travail, assurance) pour une installation en toute sérénité.

S’adapter à la nouvelle culture

Apprendre la langue locale et comprendre les codes sociaux pour faciliter l’intégration et la vie quotidienne dans le pays d’accueil.

se tenir à l’écart des manifestations, rassemblements politiques et cortèges de protestation, qui peuvent dégénérer rapidement

éviter de s’impliquer dans la vie politique locale ou d’afficher publiquement des opinions tranchées sur le gouvernement, la religion ou les relations internationales.

Un pays magnifique mais très exposé aux risques naturels

Les Maldives sont le pays le plus bas du monde, avec une altitude moyenne d’environ 1,5 mètre au‑dessus du niveau de la mer. Près de la moitié des zones habitées se trouvent à moins de 100 mètres du rivage. Cette configuration fait de l’archipel l’un des territoires les plus vulnérables de la planète aux effets du changement climatique et aux catastrophes hydrométéorologiques.

Les principaux risques sont :

inondations par pluies torrentielles et ruissellement

submersions marines et vagues de tempête

– érosion côtière systémique

– élévation progressive du niveau de la mer

– cyclones et tempêtes régionales

– tsunamis provoqués par de grands séismes dans l’océan Indien.

Le tsunami de 2004, parti d’un séisme au large de Sumatra, reste dans toutes les mémoires : une grande partie du territoire avait été submergée, avec des dégâts considérables pour les infrastructures.

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Nombre record d’événements d’inondation et de surcote recensés par les autorités en 2024

Les projections climatiques sont inquiétantes : une part significative de Malé pourrait être submergée d’ici la fin du siècle, tandis que plus de la moitié de la population risque une exposition accrue aux crues pluviales d’ici 2060 dans certains scénarios.

Comment les Maldives se préparent et ce que cela implique pour un expatrié

Face à ces menaces, un arsenal institutionnel s’est progressivement mis en place :

Cadre de gestion des catastrophes aux Maldives

Le système national des Maldives pour la préparation et la réponse aux catastrophes, structuré autour de la prévention, la planification et l’alerte.

Autorité et cadre légal

Une Autorité nationale de gestion des catastrophes (NDMA), encadrée par une loi spécifique.

Stratégie nationale

Une Stratégie nationale de réduction des risques de catastrophe couvrant la période 2024–2030.

Plans d’urgence

Des plans d’urgence nationaux et des plans de gestion des catastrophes à l’échelle de nombreuses îles.

Réponse communautaire

Des équipes de réponse d’urgence communautaires, formées au sein des localités.

Plateforme numérique d’alerte

Une plateforme numérique multilingue, « Hushiyaaru », dédiée à l’alerte précoce et à la préparation.

Initiative internationale

La participation au programme onusien « Early Warnings for All », visant à renforcer les systèmes d’alerte pour toute la population.

Concrètement, pour un expatrié, cela signifie qu’il faut :

se familiariser avec les consignes d’évacuation de son île (chemins sécurisés, abris, bâtiments hauts, zones de rassemblement)

s’abonner aux canaux de diffusion d’alertes (applis météo locales, groupes officiels sur les réseaux, messages de la NDMA ou des conseils locaux)

– intégrer le risque de perturbation des transports (ferries, speedboats, vols domestiques) pendant la mousson ou lors de tempêtes.

La meilleure protection reste d’anticiper : choisir une habitation en tenant compte de l’exposition aux inondations, prévoir un petit kit d’urgence (lampe, radio, quelques réserves, copies de documents, médicaments de base), et suivre les consignes des autorités en cas d’alerte.

Santé et accès aux soins : un point critique pour tout projet d’expatriation

Le système de santé maldivien a beaucoup progressé en trente ans, avec de grands investissements publics et la mise en place d’une assurance maladie nationale. Mais il reste très inégal selon les lieux.

Le pays fonctionne sur un modèle à cinq niveaux, allant des centres communautaires d’île aux grands hôpitaux de la capitale. Dans les faits, seuls quelques établissements à Malé et Hulhumalé disposent d’un plateau technique réellement complet. Dès que la pathologie est complexe, de nombreux patients doivent être évacués vers l’étranger, en particulier en Inde ou au Sri Lanka.

Parmi les principaux hôpitaux figure l’Indira Gandhi Memorial Hospital (IGMH), plus grand hôpital public, et ADK Hospital, grand établissement privé. Tree Top Hospital, sur Hulhumalé, propose également un niveau de spécialisation élevé. À l’échelle du pays, on compte aussi plus de 50 cliniques privées, ainsi que de petites structures médicales sur la plupart des îles habitées et dans les resorts.

Pour les expatriés, quelques réalités s’imposent :

Bon à savoir :

En dehors de Malé et Hulhumalé, l’offre médicale est basique, avec une pénurie de spécialistes et d’équipements lourds. Les délais d’attente dans les grands hôpitaux publics peuvent être longs. En cas de problème sérieux, une évacuation sanitaire (par bateau rapide, avion domestique ou vol international) est souvent indispensable. La densité du pays rend également la gestion des épidémies (dengue, mpox, chikungunya, coqueluche) particulièrement délicate.

Assurance maladie : la clé d’une sécurité sanitaire réelle

Les citoyens maldiviens et les étrangers en situation de travail légale bénéficient en principe d’un régime d’assurance maladie nationale appelé Aasandha, qui couvre hospitalisation, évacuations internes, consultations et médicaments prescrits, jusqu’à un certain plafond annuel.

Pour un expatrié, ce filet est utile mais loin de suffire. Les autorités et les organismes internationaux recommandent très fortement de souscrire une assurance santé privée internationale couvrant :

Couverture médicale à l’étranger

Les garanties essentielles d’une assurance santé internationale pour une expatriation sereine.

Soins de haut niveau

Prise en charge des soins hospitaliers et ambulatoires de haute technicité.

Traitements spécialisés

Prise en charge des traitements longs ou coûteux non disponibles localement.

Évacuation sanitaire

Organisation et prise en charge de l’évacuation médicale vers un pays tiers (Inde, Sri Lanka, Singapour), en avion sanitaire ou vol commercial adapté.

Rapatriement

Organisation et prise en charge, le cas échéant, du rapatriement vers le pays d’origine.

Certaines compagnies internationales (Cigna Global, Allianz, AXA, April, etc.) proposent des formules dédiées aux expatriés, modulables sur la maternité, le dentaire, la vision ou les soins de long terme. Le coût est à intégrer d’emblée dans votre budget d’expatriation, au même titre que le logement.

Médecins, pharmacies et médicaments

Les îles centrales (Malé, Hulhumalé) disposent d’un bon réseau de pharmacies et de cabinets médicaux, y compris privés. Sur les îles plus isolées, la situation est plus variable. Des ruptures de stock ponctuelles sont possibles, ce qui a été souligné à plusieurs reprises, notamment en 2024 pour certains médicaments.

Il est donc prudent, en arrivant, de :

venir avec une réserve de ses traitements chroniques, accompagnés d’ordonnances

vérifier si certaines molécules sont contrôlées et nécessitent une autorisation préalable

demander à un médecin local quelle est la meilleure structure à contacter en urgence.

Vivre avec un océan partout : sécurité nautique, noyades et plongée

La mer est l’atout majeur des Maldives, mais aussi sa principale source de risques physiques pour les résidents et les visiteurs. Les statistiques de noyades sont particulièrement parlantes : plus d’une centaine de morts en mer entre 2019 et 2024, dont 68 par noyade et 42 liées à des activités de snorkeling ou de plongée. Plus de 20 cas de noyade ont été répertoriés pour la seule année 2024.

Les courants de marée peuvent être extrêmement puissants, y compris à proximité de plages qui semblent calmes. Des courants de retour (riptides) surviennent brusquement et emportent les nageurs vers le large. Sur les passes entre les atolls et les zones exposées à l’océan, la houle atteint aisément 1 à 2 mètres côté extérieur, même par beau temps.

Des risques plus techniques concernent les plongeurs :

3

Seules trois îles de l’archipel sont équipées d’un caisson hyperbare, ce qui complique la prise en charge des urgences de plongée.

Pour les expatriés qui comptent vivre dans l’eau, quelques précautions minimales s’imposent :

Astuce :

Pour pratiquer la plongée et le snorkeling en toute sécurité, il est essentiel de ne jamais nager seul, particulièrement en dehors des lagons protégés. Il faut systématiquement se renseigner sur les courants auprès des locaux ou des centres de plongée. Les snorkelers peu expérimentés doivent utiliser des gilets ou aides à la flottabilité. Privilégiez les opérateurs de plongée reconnus, affiliés à des organisations sérieuses, et demandez leur protocole d’urgence. Enfin, respectez strictement les intervalles sans vol après une plongée, y compris pour les trajets en hydravion.

La sécurité maritime passe aussi par le choix des bateaux utilisés au quotidien : ferries publics, speedboats privés, dhonis traditionnels. L’Autorité de transport maritime et les garde‑côtes imposent des obligations en matière de gilets de sauvetage, d’équipage et de navigation par mauvais temps, mais dans la pratique, il arrive que certains petits opérateurs prennent des libertés avec les règles.

À chaque embarquement, il est donc prudent de vérifier visuellement :

la présence de gilets de sauvetage en nombre suffisant

l’état général de l’embarcation

la capacité de l’équipage à communiquer en anglais

la logique de la route empruntée compte tenu des conditions météo.

Lois, religion, mœurs : un cadre très différent de l’Europe

Les Maldives sont régies par un cadre légal et social où l’islam structure fortement le quotidien. Pour un expatrié, respecter ces règles n’est pas facultatif, et certaines infractions peuvent avoir des conséquences très lourdes.

Quelques principes majeurs :

Attention :

Aux Maldives, seule la pratique publique de l’islam est autorisée. Les drogues, dont le cannabis, sont sévèrement réprimées (jusqu’à la peine de mort). La consommation d’alcool est limitée aux resorts. Les relations homosexuelles, la pornographie, les produits à base de porc, les cigarettes électroniques et l’importation non régulée de tabac sont interdits et pénalisés.

Au niveau des mœurs, la société reste conservatrice, surtout sur les îles locales :

Bon à savoir :

Dans l’espace public, il est nécessaire de couvrir les épaules et les jambes au-dessus du genou. Les maillots de bain sont uniquement autorisés sur les plages dites « bikini beach » ou dans les îles‑resorts. Les démonstrations d’affection en public sont mal vues, et les contacts physiques entre hommes et femmes sont très encadrés par les codes sociaux. Pendant le Ramadan, il est interdit de manger, boire ou fumer en public durant la journée. Bien que les étrangers ne soient pas systématiquement sanctionnés, ils doivent faire preuve de discrétion.

Sur le lieu de travail, la semaine s’étend en général du dimanche au jeudi, avec week‑end vendredi‑samedi. Les horaires peuvent être aménagés pendant les périodes religieuses importantes.

Pour un expatrié, l’adaptation passe par quelques réflexes simples :

constituer une garde‑robe adaptée (vêtements amples, couvrants, en tissus légers)

identifier dès l’arrivée les espaces où les vêtements de plage sont autorisés

– respecter les moments de prière (coupures de service, fermeture de guichets, horaires de ferries)

– éviter de commenter la religion, le gouvernement ou les figures religieuses en public.

Arnaques, fraudes et cyber‑risques : un terrain à risque pour les nouveaux venus

Le secteur touristique, très développé, a naturellement attiré son lot d’escroqueries. La plupart ciblent les visiteurs de passage, mais un expatrié mal informé peut tout autant se faire piéger, notamment lorsqu’il recherche un logement, un emploi ou des prestations de loisirs.

Les schémas les plus fréquents incluent :

Attention :

Méfiez-vous des pratiques frauduleuses ciblant les voyageurs, telles que les faux sites de réservation, les hébergements non réservés, les excursions surfacturées ou annulées, les taxis sans compteur, les fraudes aux distributeurs et les arnaques à l’addition dans les bars.

Une attention particulière doit être portée aux démarches en ligne : plusieurs sites frauduleux imitant l’administration maldivienne ont par exemple fait payer des frais de visa alors que le visa touristique est gratuit à l’arrivée. Des campagnes d’hameçonnage ont aussi été menées au nom d’organismes publics (entreprises de logement, banques, etc.) pour voler des données bancaires.

Astuce :

Quelques mesures basiques réduisent très fortement ce risque.

ne jamais régler de grosse somme à une agence inconnue sans avoir vérifié son existence, ses avis, et ses agréments

utiliser les distributeurs automatiques situés dans les banques reconnues, en couvrant le clavier et en refusant toute aide d’un inconnu

– exiger l’activation du compteur dans les taxis ou négocier un prix ferme avant de monter

– refuser poliment mais fermement les propositions d’« affaires en or » émanant de personnes rencontrées par hasard dans la rue ou en ligne

– pour les formalités de visa ou d’enregistrement, passer exclusivement par les sites officiels (.gov.mv).

Vie quotidienne, réseaux d’expats et enjeux de genre

La communauté expatriée représente une part importante de la population active maldivienne. De nombreux étrangers travaillent dans les resorts, la plongée, la construction, la santé, l’éducation ou des fonctions de direction dans des entreprises basées à Malé.

La vie sociale des expatriés s’organise souvent autour : groupes d’expatriés, réseaux professionnels, activités culturelles, et événements sociaux.

de groupes Facebook dédiés (« Expats in Maldives », etc.), où s’échangent bons plans, annonces de logement, offres d’emploi

– de rendez‑vous dans certains hôtels ou cafés proches de l’aéroport, où l’alcool est autorisé

– d’excursions communes sur des îles‑resorts ou en mer, souvent à tarif négocié.

Bon à savoir :

Bien que l’environnement de travail dans un resort puisse sembler très convivial et privilégié, avec logement et accès à des infrastructures, il présente des inconvénients notables. Ceux-ci incluent la difficulté à quitter physiquement l’île, une séparation nette entre les zones clients et employés, des règles internes strictes et un sentiment potentiel d’isolement.

À Malé, la vie quotidienne est plus proche de celle d’une grande ville d’Asie du Sud : densité extrême, circulation animée, bruit continu, rareté des espaces verts. Beaucoup d’expatriés évoquent une adaptation parfois délicate à cette promiscuité permanente.

Attention :

Les femmes expatriées aux Maldives rapportent une hospitalité et une importance familiale marquées, mais aussi des comportements de harcèlement de rue fréquents, notamment à Malé, créant un sentiment d’insécurité malgré une faible violence physique.

Des dynamiques spécifiques existent dans les resorts, où des relations informelles entre employés locaux et étrangères sont parfois banalisées, mais peuvent déboucher sur des malentendus, des pressions ou des attentes implicites. Pour préserver sa sécurité émotionnelle et sociale, il est utile de poser des limites claires et de pouvoir s’appuyer sur un réseau d’amis ou de collègues.

Transports, déplacements et numéros d’urgence

Vivre sur un archipel suppose d’intégrer les contraintes de mobilité : rares routes carrossables en dehors de quelques îles urbaines, dépendance aux bateaux et aux vols domestiques, annulations possibles en cas de mauvais temps.

Les ferries publics et les lignes rapides (speedboats) assurent la liaison entre les îles, avec des fréquences variables selon les atolls. Un vaste programme de réseau national de ferries est en cours de déploiement, mais accuse des retards liés à des difficultés financières et logistiques. Des entreprises privées exploitent aussi des lignes, mais avec une qualité de service hétérogène.

Pour se déplacer dans Malé et Hulhumalé, les options principales sont :

taxis, relativement nombreux mais soumis à des pratiques d’arnaques possibles

bus sur certaines lignes fixes

marche et, dans une moindre mesure, scooters (nécessitant un permis international).

En cas d’urgence, les Maldives disposent désormais d’un numéro centralisé 911, qui oriente vers la police, les pompiers et les services médicaux. D’autres contacts restent utiles à conserver dans son téléphone :

ServiceNuméro local
Police (urgence)119
Police (non urgence)+960 332 2111
Ambulance102
Pompiers118
Garde‑côtes (urgence maritime)191
Gestion des catastrophes115
Assistance Tourist Police960 332 2111

En pratique, signaler d’abord un problème à la réception de son hôtel ou au gestionnaire de résidence peut permettre d’accélérer la prise en charge, ces interlocuteurs étant habitués à naviguer dans le système local.

Logement, coût de la vie et arbitrages de sécurité

Se loger à Malé ou Hulhumalé coûte cher : un simple appartement d’une chambre se négocie facilement au‑delà de 1 000 dollars par mois, parfois pour une surface réduite. Les transactions se font beaucoup via le bouche‑à‑oreille ou des groupes Facebook, car il existe peu d’agences immobilières au sens classique.

Pour un expatrié, la sécurité doit rester un critère de choix essentiel, au‑delà du prix et de la proximité du bureau :

Bon à savoir :

Avant de choisir un logement, il est crucial de vérifier plusieurs éléments de sécurité : l’état et la solidité des portes, la fiabilité des systèmes de verrouillage, et la présence de caméras de surveillance dans l’immeuble. Il est également recommandé de s’informer sur la réputation du quartier, notamment concernant la présence de gangs ou d’activités de trafic nocturne. Enfin, pour les zones susceptibles d’être inondées, il est important de prendre en compte la hauteur du logement par rapport au niveau du sol pour évaluer le risque d’inondation.

Sur une île locale, la sécurité « objective » peut être meilleure (petites communautés, contrôle social fort), mais l’accès aux urgences médicales, aux services administratifs et aux transports peut se révéler plus complexe.

Pour les emplois en resort, l’hébergement est généralement fourni dans des logements du personnel, souvent partagés. Il faut alors se renseigner en amont sur :

les conditions de vie (densité, hygiène, intimité)

les possibilités de sortir de l’île sur ses jours de repos

la politique de l’employeur en cas de crise (sanitaire, climatique, sécuritaire).

Construire une expatriation sereine : quelques lignes directrices

La sécurité aux Maldives n’est ni idyllique ni catastrophique. C’est un environnement contrasté, très sûr sur les îles‑resorts bien gérées, plus incertain dans les zones urbaines denses, fortement exposé aux aléas naturels et encadré par un système légal et culturel strict.

Pour transformer un rêve de lagon en projet de vie réaliste, quelques axes forts peuvent guider votre préparation :

Attention :

Pour une expatriation réussie aux Maldives, il est essentiel : d’intégrer dès le départ les restrictions du cadre social et religieux musulman (alcool, nudité, sexualité, expression religieuse) ; de ne jamais sous-estimer les dangers de la mer, les noyades étant un risque majeur ; de disposer d’une excellente assurance santé face à l’éloignement médical ; de rester vigilant au contexte politique (manifestations, radicalisation, tensions régionales) ; de structurer un réseau solide parmi les expatriés et la population locale pour obtenir du soutien et comprendre les codes ; et d’adopter une hygiène numérique et financière renforcée pour se prémunir contre les fraudes.

Les Maldives, avec leurs atolls éparpillés sur l’océan Indien, peuvent offrir une qualité de vie unique à ceux qui acceptent ces contraintes et s’y préparent sérieusement. La clé n’est pas de nier les risques, mais de les apprivoiser : connaître les règles, comprendre les dynamiques, anticiper les crises possibles et savoir à qui s’adresser le jour où quelque chose déraille.

Avec cette approche, la sécurité cesse d’être une source d’angoisse et devient un cadre de liberté : celui de profiter pleinement d’une expatriation dans l’un des paysages les plus spectaculaires du monde, en restant maître de son environnement et de ses choix.

Approche de sécurité en expatriation
Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Maldives, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler les Maldives, pour leur cadre fiscal particulièrement favorable aux investisseurs étrangers (faible imposition sur certains revenus, absence d’impôt sur la fortune, environnement offshore encadré), combinant coût de vie maîtrisé hors zones ultra-touristiques et qualité de vie exceptionnelle. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence et structuration de la présence locale (logement, société ou permis adapté), détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre des intérêts économiques…), ainsi que mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, conseil immigration, banque privée) pour une intégration patrimoniale et fiscale sécurisée.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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