S’installer aux Maldives fait rêver, mais pour un expatrié, la carte postale ne suffit pas : comprendre la fiscalité locale est indispensable avant de signer un contrat ou d’investir dans une villa. Contrairement à l’image de « paradis sans impôt », les Maldives ont mis en place depuis quelques années un véritable impôt sur le revenu, un système de retenue à la source et une imposition structurée des revenus immobiliers, en particulier dans le secteur touristique.
Cet article couvre les aspects clés de la fiscalité pour les expatriés, notamment la détermination de la résidence fiscale, les barèmes d’imposition, les mécanismes de retenue à la source, ainsi que la taxation des revenus locatifs et des plus-values immobilières. Il aborde également les règles spécifiques concernant le droit de propriété des biens immobiliers pour les étrangers.
Comprendre le cadre fiscal maldivien
Le système fiscal maldivien repose sur une loi unique d’impôt sur le revenu (Income Tax Act, loi n°25/2019) et un principe central : la résidence fiscale. Les textes sont administrés par la Maldives Inland Revenue Authority (MIRA), qui gère la collecte, les contrôles et les contentieux, via un portail en ligne unique, MIRAconnect.
Les Maldives ont remplacé l’ancien impôt sur les bénéfices par un véritable impôt sur le revenu, applicable à tous (personnes physiques et morales, y compris les expatriés). Le système est déclaratif (self-assessment) : le contribuable calcule et déclare lui-même son impôt, bien qu’une partie puisse être prélevée à la source par l’employeur ou le locataire.
Résidence fiscale : un point clé pour les expatriés
Pour un expatrié, tout commence par la question : suis-je résident, temporaire, ou non-résident aux Maldives ? La réponse détermine l’étendue de l’imposition.
Catégories de résidence
La loi maldivienne distingue trois statuts pour les personnes physiques :
| Statut fiscal | Définition principale | Étendue de l’imposition |
|---|---|---|
| Résident | Domicile permanent aux Maldives, ou présence ≥ 183 jours sur 12 mois, ou agent/functionnaire de l’État en poste à l’étranger | Revenus mondiaux (worldwide income) |
| Résident temporaire | Étranger séjournant légalement ≥ 183 jours sur 12 mois et non marié à un citoyen maldivien | Revenus de source maldivienne uniquement |
| Non-résident | Ni résident ni résident temporaire | Revenus de source maldivienne uniquement |
Concrètement, un expatrié qui vit et travaille aux Maldives plus de 183 jours devient résident temporaire (sauf s’il remplit les conditions de résidence « pleine »). S’il n’y passe que quelques mois, par exemple pour des missions ponctuelles, il reste non-résident, mais reste imposable sur certains revenus de source maldivienne (salaires, loyers, prestations de services, etc.).
Pour un expatrié fortuné, la différence cruciale réside souvent dans la gestion de son patrimoine et sa fiscalité internationale, qui nécessitent des stratégies spécifiques pour optimiser la protection et la transmission des actifs selon les juridictions concernées.
– un résident est imposable sur ses revenus mondiaux, avec mécanisme de crédit d’impôt pour les impôts payés à l’étranger ;
– un résident temporaire ou un non-résident n’est imposé que sur ce qui est rattaché au territoire maldivien (emploi local, activité, immeubles, etc.).
Impôt sur le revenu des personnes physiques
Les Maldives appliquent un barème progressif à l’impôt sur le revenu des particuliers, avec un seuil d’exonération relativement élevé, ce qui explique que certains étrangers à revenu moyen ne paient en pratique pas d’impôt sur le revenu, même en étant sur place.
Barème annuel de l’impôt sur le revenu
Le barème est libellé en rufiyaa maldivienne (MVR). Les taux suivants s’appliquent à la base imposable annuelle :
| Tranche de revenu annuel (MVR) | Taux d’impôt |
|---|---|
| Jusqu’à 720 000 | 0 % |
| 720 001 à 1 200 000 | 5,5 % |
| 1 200 001 à 1 800 000 | 8 % |
| 1 800 001 à 2 400 000 | 12 % |
| Au-delà de 2 400 000 | 15 % |
Pour donner un ordre de grandeur, 720 000 MVR représentent un niveau de revenu annuel relativement élevé pour la population locale. Pour un expatrié très qualifié, ce seuil peut être atteint assez rapidement, mais une partie importante des salariés étrangers reste en deçà, en particulier dans l’hôtellerie ou les services annexes.
Période fiscale et échéances
La période fiscale correspond à l’année civile, du 1er janvier au 31 décembre. Les contribuables – personnes physiques comme entreprises – sont tenus de déposer :
| Type de déclaration | Échéance |
|---|---|
| 1er acompte (interim return) | 30 juillet de l’année en cours |
| 2e acompte | 31 janvier de l’année suivante |
| Déclaration finale et solde | 30 juin de l’année suivante |
Les déclarations se font intégralement en ligne sur MIRAconnect. Certains petits contribuables sont dispensés de déposer une déclaration si leur revenu imposable et leur chiffre d’affaires restent sous des seuils spécifiques pendant deux années consécutives, mais cette simplification concerne surtout les petites entreprises locales.
Qu’est-ce qui est imposable ?
Pour les expatriés, les catégories de revenus concernées sont notamment : notamment :
Les revenus de source maldivienne sont soumis à l’impôt sur le revenu. Voici les principales catégories à déclarer.
Salaires, primes, avantages en nature (logement, transport), indemnités de départ et indemnités de non-concurrence.
Loyers perçus de biens situés aux Maldives : villas en resort, appartements ou locaux commerciaux.
Bénéfices issus d’une entreprise individuelle ou de prestations de services en indépendant.
Gains réalisés lors de la cession de biens non amortissables, notamment les immeubles.
Certains revenus bénéficient d’exonérations ciblées (par exemple, dividendes reçus d’une société résidente par un résident), mais cela concerne davantage la structuration d’investissements que la situation classique d’un salarié expatrié.
Impôt sur le revenu et expatriés salariés : la retenue à la source
Pour les salariés, locaux ou étrangers, le cœur du système est l’Employee Withholding Tax (EWT), l’équivalent d’une retenue à la source mensuelle opérée par l’employeur.
Comment fonctionne la retenue EWT ?
L’employeur calcule chaque mois la rémunération brute, en déduit la cotisation obligatoire au Maldives Retirement Pension Scheme, puis applique le barème mensuel de l’EWT. Il reverse ensuite le montant retenu à MIRA.
| Rémunération mensuelle imposable (après pension) | Taux EWT |
|---|---|
| Jusqu’à 60 000 MVR | 0 % |
| 60 001 à 100 000 | 5,5 % |
| 100 001 à 150 000 | 8 % |
| 150 001 à 200 000 | 12 % |
| Au-delà de 200 000 | 15 % |
Pour un grand nombre d’expatriés, surtout les cadres de l’hôtellerie, du management ou des services financiers, la rémunération mensuelle dépasse 60 000 MVR, ce qui déclenche une EWT effective.
Date limite pour le dépôt des déclarations et le paiement de l’EWT, exprimée en jour du mois suivant.
Quelles obligations pour l’employeur et le salarié ?
L’employeur doit : respecter les droits des employés, assurer un environnement de travail sûr et sain, et fournir des formations adéquates.
– inscrire ses employés au système de retenue,
– calculer la base imposable en intégrant les avantages en nature,
– déposer les déclarations mensuelles,
– remettre un certificat de retenue à l’employé (notamment en cas de départ).
Pour l’expatrié, l’EWT (Withholding Tax) constitue généralement l’impôt définitif sur son salaire. Il peut toutefois déposer une déclaration annuelle pour régulariser une situation plus complexe, par exemple en cas de cumul de plusieurs emplois, d’autres revenus de source maldivienne (comme des revenus locatifs ou une activité indépendante), ou pour corriger une erreur de retenue à la source.
Déductions possibles pour un expatrié salarié
Le régime des déductions sur les revenus d’emploi est volontairement strict : seules les dépenses engagées « entièrement, exclusivement et nécessairement » pour l’emploi peuvent être déduites. S’y ajoutent quelques déductions personnelles spécifiques, comme les contributions obligatoires de retraite, certains versements religieux (Zakat) ou des primes d’assurance vie sous conditions.
En pratique, la marge de déduction est faible pour un salarié expatrié standard : la plupart des dépenses de vie courante (loyer personnel, transports privés, scolarité des enfants, etc.) ne sont pas déductibles.
Fiscalité des non-résidents : le rôle central de la retenue à la source
Pour un expatrié qui reste non-résident tout en percevant des revenus de source maldivienne – consultant, propriétaire bailleur, prestataire de services – la fiscalité passe principalement par la Non-Resident Withholding Tax (NWT).
Revenus concernés et taux de NWT
La NWT est prélevée par la partie maldivienne qui paye le revenu (entreprise, organisme public, etc.). Elle s’applique, au taux standard de 10 % sur le montant brut, à une série de revenus :
| Type de revenu payé à un non-résident | Taux de NWT |
|---|---|
| Loyers d’immeubles situés aux Maldives | 10 % |
| Redevances (royalties) | 10 % |
| Intérêts (sauf certains établissements agréés) | 10 % |
| Dividendes | 10 % |
| Honoraires de services techniques | 10 % |
| Commissions pour services rendus aux Maldives | 10 % |
| Cachets d’artistes ou sportifs | 10 % |
| R&D réalisée aux Maldives | 10 % |
| Primes d’assurance payées à un assureur non-résident | 10 % |
Les paiements à des entrepreneurs ou sous-traitants non-résidents sont, eux, soumis à une retenue réduite de 5 %.
Cette retenue est en principe le prélèvement final pour le non-résident, dès lors qu’il n’a pas d’établissement stable aux Maldives et ne dépose pas de déclaration locale.
Les obligations de dépôt de la NWT reposent sur le payeur maldivien, qui doit transmettre le formulaire dédié et effectuer le paiement à MIRA au plus tard le 15 du mois suivant la date du paiement.
Droits de propriété et contexte spécifique pour les étrangers
Parler de « taxe foncière » aux Maldives impose de préciser un point fondamental : un étranger ne peut pas être propriétaire en pleine propriété (freehold) d’un terrain dans le pays. La propriété foncière est réservée aux citoyens maldiviens.
Comment les expatriés peuvent-ils détenir de l’immobilier ?
Les étrangers n’ont accès qu’à des droits réels dérivés, principalement :
Pour les étrangers, l’acquisition immobilière aux Maldives est possible via trois mécanismes principaux : des baux de longue durée (généralement de 50 à 99 ans) accordés par l’État ou une société locale, la sous-location au sein d’un resort pour acheter une villa ou une unité résidentielle-touristique, ou la détention de parts dans une société maldivienne qui possède le bail principal, une structure courante pour les projets haut de gamme.
Tous les transferts de droits sur le foncier doivent être enregistrés au Land Registry et validés dans le cadre des lois sur la propriété, le tourisme et l’investissement. Il ne s’agit donc pas de « propriété foncière » au sens classique, mais dans les faits, pour un investisseur, un bail de 99 ans sur une villa peut économiquement s’apparenter à une propriété à long terme, avec toutefois des risques réglementaires spécifiques.
Le marché accessible aux étrangers se concentre quasi exclusivement sur des produits touristiques haut de gamme : résidences en front de lagon, villas sur pilotis, projets intégrés (par exemple, certains projets de type « floating city » ou résidences de marque).
Taxation des revenus locatifs : l’équivalent de la taxe foncière
Il n’existe pas, pour les particuliers, de taxe annuelle sur la propriété de type taxe foncière classique. En revanche, les Maldives taxent les revenus générés par les biens immobiliers, et imposent des redevances spécifiques sur les terrains touristiques. Pour un expatrié, l’équivalent économique d’une « taxe foncière » prend deux formes principales :
1. l’impôt sur le revenu (ou la NWT) sur les loyers perçus, 2. la Tourism Land Rent payée par les exploitants d’établissements touristiques à l’État.
Imposition des loyers pour un propriétaire non-résident
Un expatrié non-résident qui perçoit des loyers d’un bien situé aux Maldives – par exemple une villa en resort louée au travers d’une société de gestion maldivienne – voit ces loyers soumis à la Non-Resident Withholding Tax de 10 %.
Le schéma est simple :
– le locataire ou l’opérateur maldivien retient 10 % du loyer brut,
– il reverse cette somme à MIRA,
– le propriétaire reçoit un loyer net de 90 %.
La retenue à la source sur les revenus immobiliers est généralement un impôt définitif pour le propriétaire étranger. Celui-ci n’est donc pas tenu de déposer une déclaration fiscale locale, sauf dans deux cas spécifiques : s’il exerce une activité économique plus large dans le pays ou s’il y dispose d’un établissement stable.
Pour les résidents (incluant certaines catégories d’expatriés devenus résidents ou résidents temporaires), les loyers sont intégrés dans l’impôt sur le revenu global, soumis au barème progressif. Dans ce cas, une déclaration annuelle peut être nécessaire.
Les entreprises ou structures professionnelles dont l’activité principale est la location peuvent opter pour une déduction forfaitaire de 20 % des loyers (en comptabilité de caisse), ce qui simplifie le calcul des dépenses déductibles. Cette mesure intéresse davantage les sociétés de gestion que les particuliers.
Tourism Land Rent : une charge majeure pour le foncier touristique
Pour tous les terrains et îles loués au gouvernement pour l’exploitation d’établissements touristiques (resorts, hôtels, guesthouses), les Maldives appliquent une Tourism Land Rent. Il s’agit d’un loyer annuel calculé selon :
– la surface du terrain ou de l’île,
– l’atoll ou la localisation (certains atolls plus prisés supportent un tarif au mètre carré plus élevé),
– la nature du projet touristique.
Cette redevance est payée trimestriellement à MIRA, avec des déclarations déposées au plus tard le 30 du mois suivant la fin du trimestre.
Pour un expatrié investisseur, la Tourism Land Rent pèse indirectement sur la rentabilité : même si c’est l’exploitant ou la société détentrice du bail qui la paie, le coût se répercute dans les schémas de revenu net, les charges de copropriété, ou les accords de partage de revenus avec le resort.
Autres prélèvements liés à la propriété touristique
L’exploitation de biens touristiques génère aussi :
– de la GST tourisme (voir plus loin),
– la Green Tax, prélevée par nuitée sur les touristes,
– éventuellement des frais de gestion, droits de licence, et redevances contractuelles.
Pour un expatrié qui achète une villa dans un resort, tous ces éléments doivent être intégrés dans le business plan locatif : ce sont des charges qui, même si elles ne sont pas des « taxes foncières » stricto sensu, impactent la rentabilité immobilière.
Plus-values immobilières : la Capital Gains Tax et la retenue
Les Maldives taxent aussi les gains de cession des biens immobiliers et de certains titres liés à l’immobilier.
Principes de la taxation des plus-values
D’un point de vue interne, la plus-value est calculée comme la différence entre :
– le prix de vente,
– et le coût d’acquisition (incluant prix d’achat, frais d’acquisition, travaux d’amélioration éligibles, et frais de cession directs).
Les plus-values sont intégrées dans l’impôt sur le revenu. Pour les résidents, elles sont donc soumises au barème progressif ; pour les sociétés, elles entrent dans le calcul du bénéfice imposable.
Pour les biens acquis avant l’entrée en vigueur de l’Income Tax Act, la valeur d’acquisition retenue pour le calcul des plus-values est leur valeur de marché au 1er janvier 2020. Cette disposition permet d’éviter une imposition rétroactive des gains accumulés avant la réforme fiscale.
La vente de la résidence principale d’un particulier peut, sous certaines conditions, être exonérée de plus-value, mais ce cas reste assez théorique pour les expatriés, compte tenu des restrictions de propriété.
Capital Gains Withholding Tax pour les non-résidents
Lorsqu’un non-résident cède un bien immobilier aux Maldives – ou des actions dans une société dont plus de 50 % de la valeur proviennent de biens immobiliers maldiviens – un mécanisme de Capital Gains Withholding Tax (CGWT) s’applique.
| Opération concernée (non-résident vendeur) | Taux de CGWT sur le prix de vente brut |
|---|---|
| Vente d’un immeuble situé aux Maldives | 10 % |
| Vente de titres tirant >50 % de leur valeur d’immeubles maldiviens | 10 % |
| Vente de titres dans une société résidente maldivienne | 10 % |
| Vente de droits/options d’acquérir ces biens | 10 % |
| Vente de certains droits de propriété intellectuelle utilisés/registrés aux Maldives | 10 % |
L’acheteur maldivien (ou l’intermédiaire) doit retenir ces 10 % sur le montant total de la transaction et les reverser à MIRA, au plus tard à la date la plus précoce entre :
– le paiement du prix au vendeur,
– le transfert de propriété du bien.
Pour le vendeur non-résident, la retenue à la source peut être supérieure à l’impôt réellement dû si la plus-value est faible. Un remboursement est possible en principe, mais il nécessite de déclarer l’opération dans une déclaration d’impôt maldivienne, une démarche souvent lourde et peu utilisée en pratique.
Fiscalité des entreprises et structures d’investissement
De nombreux expatriés interviennent aux Maldives via des sociétés ou joint-ventures locales, notamment pour des projets touristiques ou de services techniques.
Taux d’imposition des sociétés
Les entreprises résidentes (sociétés et partenariats) sont imposées à : l’impôt sur les sociétés.
| Résultat imposable annuel (MVR) | Taux d’impôt sur le revenu des entreprises |
|---|---|
| Jusqu’à 500 000 | 0 % |
| Au-delà de 500 000 | 15 % |
Les banques commerciales sont soumises à un taux unique de 25 % sur l’intégralité de leur bénéfice imposable. Les entreprises d’international transport peuvent, dans certains cas, être taxées à 2 % du chiffre d’affaires de source maldivienne.
Aucune consolidation fiscale de groupe n’est prévue : chaque société déclare et paie son impôt séparément. Les pertes peuvent être reportées sur 5 ans au niveau de l’entité.
Déductions et limites
Les dépenses sont déductibles si elles sont engagées entièrement et exclusivement pour générer le revenu. Certaines catégories sont encadrées :
Les dépenses de siège pour un établissement stable sont limitées à 3 % du chiffre d’affaires.
Les amortissements comptables ne sont pas pris en compte en tant que tels : le régime applique son propre système d’amortissement fiscal (capital allowance).
Taxes indirectes et autres prélèvements à ne pas oublier
Au-delà de l’impôt sur le revenu et des retenues à la source, plusieurs taxes influencent la rentabilité d’un projet d’expatriation ou d’investissement immobilier.
Goods and Services Tax (GST)
Les Maldives appliquent une taxe sur la consommation (GST), avec deux taux principaux :
| Secteur | Taux de GST actuel |
|---|---|
| Secteur non-touristique (biens/services généraux) | 8 % |
| Secteur touristique (hébergement, restauration touristique, services liés) | 16 % (avec une augmentation programmée vers 17 % selon le calendrier gouvernemental) |
Tout établissement touristique doit être obligatoirement enregistré à la GST. Les autres entreprises y sont assujetties au-delà d’un seuil de chiffre d’affaires (généralement 1 million MVR sur 12 mois).
Les déclarations sont mensuelles ou trimestrielles, avec un dépôt et paiement au plus tard le 28 du mois suivant.
Pour un expatrié investissant dans une villa de resort, il est important de noter que la Taxe sur les Biens et Services (GST) aura un impact financier sur cet investissement.
– le prix de vente initial (souvent soumis à GST),
– les revenus locatifs (nuitées, services annexes) facturés aux clients,
– les charges de fonctionnement et achats de services.
Green Tax
Les Maldives appliquent une Green Tax, une taxe environnementale par nuitée, payée par les touristes et reversée par les exploitants.
| Type d’hébergement | Montant de Green Tax par nuit et par personne |
|---|---|
| Resorts, hôtels de grande dimension, îles intégrées, bateaux de croisière | 12 USD (taux le plus récent pour de nombreux établissements) |
| Petites guesthouses / hôtels sur îles habitées (≤ 50 chambres, selon les règles en vigueur) | 6 USD ou 3 USD par nuit selon la période et la taille |
Les établissements doivent collecter cette taxe et la reverser à MIRA chaque mois, avec une échéance de dépôt alignée sur la GST (en général, le 28).
Pour un propriétaire ou copropriétaire expatrié d’un bien touristique, la Green Tax n’est pas payée directement. Elle est intégrée au montage économique de l’exploitation et son coût est répercuté sur le prix final facturé à la clientèle.
Autres redevances et frais
Parmi les autres prélèvements pertinents :
– Departure Tax et Airport Development Fee sur les passagers quittant le pays (par exemple 30 USD chacun pour un passager étranger en classe Économie) ;
– Plastic Bag Fee de 2 MVR par sac, dans une logique environnementale ;
– éventuels frais de licence d’exploitation, redevances touristiques additionnelles, et frais administratifs.
Ils n’affectent pas directement la fiscalité de l’expatrié, mais peuvent peser dans les coûts de vie, les prix de services, ou la structure de coûts d’un investissement.
Conventions fiscales et crédits d’impôt pour les expatriés
Les Maldives ont encore un réseau limité de conventions de non-double imposition. Des accords complets sont en vigueur notamment avec les Émirats arabes unis et le Bangladesh, et des traités ont été signés avec la Malaisie et Hong Kong (en attente d’entrée en vigueur à la date des informations disponibles).
Effets pratiques pour un expatrié
Une convention peut définir des règles et des principes entre les parties concernées, établir des droits et des obligations, ainsi que faciliter la coopération et la coordination dans divers domaines.
Les conventions fiscales internationales peuvent prévoir des dispositions spécifiques, telles que la réduction de certains taux de retenue à la source (ex. : royalties à 7% au lieu de 10% avec les Émirats arabes unis), l’exonération de certains flux si le bénéficiaire n’a pas d’établissement stable aux Maldives, et inclure des règles de tie-breaker pour déterminer la résidence fiscale en cas de double résidence.
En l’absence de convention, les Maldives prévoient néanmoins un crédit d’impôt unilatéral pour les résidents qui ont payé un impôt à l’étranger sur des revenus également imposables aux Maldives. Ce crédit est limité au montant le plus faible entre :
– l’impôt étranger effectivement payé ;
– l’impôt maldivien dû sur ce même revenu.
Pour un expatrié résident ayant encore des revenus dans son pays d’origine, ce mécanisme permet d’éviter une double imposition économique totale, mais suppose une bonne coordination des déclarations et des justificatifs.
Procédures, contrôles et sanctions : un cadre de plus en plus rigoureux
Les Maldives ont modernisé leur administration fiscale avec MIRAconnect, mais aussi renforcé les contrôles et les sanctions.
Déclarations en ligne et conservation des documents
Toutes les déclarations – impôt sur le revenu, retenues à la source, GST, Green Tax, Tourism Land Rent – se font en ligne via le portail. Les contribuables doivent conserver leur comptabilité et justificatifs pendant au moins cinq ans.
MIRA effectue ses audits selon une analyse de risque. L’avis d’audit est généralement envoyé dans les deux ans suivant le délai de dépôt de la déclaration, mais ce délai peut être prolongé en cas de suspicion de fraude. En cas de redressement, un avis de rectification est émis, exigeant le paiement sous 30 jours. Il est possible de contester cet avis.
Pénalités et intérêts
Les principales pénalités prévues incluent :
– retard de dépôt : amende fixe de 50 MVR par jour de retard, plus un pourcentage (0,5%) de l’impôt dû pour la période concernée ;
– retard de paiement : pénalité journalière d’environ 0,05% du montant impayé (avec des propositions d’augmentation discutées dans des projets de loi) ;
– retard de paiement de Tourism Land Rent : taux de pénalité plus élevé (0,5% par jour dans certains textes) ;
– amendes spécifiques en cas de manquement répété, défaut de tenue de comptabilité, ou fraude caractérisée.
Un projet de réforme de la Tax Administration Act prévoit des peines de prison, pouvant aller jusqu’à trois ans, pour les cas intentionnels de fraude ou de tromperie dans les déclarations fiscales.
Recours et contentieux
En cas de désaccord avec une décision de MIRA, le contribuable peut :
1. déposer une objection auprès de MIRA (délai de 30 jours en général) ; 2. si la réponse ne le satisfait pas, saisir le Tax Appeal Tribunal (délai de 60 jours), après avoir payé au moins 25 % de la somme contestée ; 3. faire ensuite appel, si nécessaire, devant la Haute Cour, puis la Cour suprême.
Le Tribunal doit en principe statuer dans un délai de 180 jours (prolongeable), ce qui donne un cadre relativement balisé aux litiges fiscaux.
Points de vigilance pour un expatrié ou investisseur immobilier
Sans prétendre remplacer un conseil personnalisé, quelques axes de vigilance se dégagent pour un étranger qui envisage de vivre ou d’investir aux Maldives :
Pour un investissement immobilier aux Maldives, il est crucial de : surveiller le nombre de jours de présence (dépasser 183 jours peut changer le statut fiscal et l’étendue de l’imposition) ; comprendre la structure de l’investissement (bail direct, sous-bail ou société locale) et identifier qui supporte la Tourism Land Rent, la GST et la Green Tax ; anticiper l’impact des retenues à la source (10% sur les loyers et plus-values brutes) sur les flux de trésorerie ; vérifier l’existence d’une convention fiscale avec son pays de résidence pour éviter la double imposition et comprendre le mécanisme de crédit d’impôt ; et enfin, se renseigner sur les obligations déclaratives locales, qui peuvent subsister malgré les retenues à la source, notamment en cas de résidence fiscale, de revenus multiples ou de plus-values complexes.
Conclusion
L’image simpliste d’un « paradis fiscal sans impôt » ne correspond plus à la réalité des Maldives pour les expatriés. Le pays a adopté un impôt sur le revenu progressif, une retenue à la source structurée pour les salariés et les non-résidents, ainsi qu’un cadre complet de taxation des revenus immobiliers et des plus-values, particulièrement dans le secteur touristique.
Il n’existe pas de taxe foncière annuelle classique pour les particuliers, mais la combinaison de l’impôt sur les loyers, des retenues à la source, des redevances de Tourism Land Rent et des taxes indirectes (GST, Green Tax) forme un environnement fiscal complet et parfois complexe.
Pour un expatrié salarié, l’enjeu principal est de comprendre comment l’Employment Work Pass (EWT) affecte sa rémunération nette et s’il devient résident imposable sur ses revenus mondiaux. Pour un investisseur immobilier, les questions clés portent sur la structure de l’investissement, l’impact des retenues à la source de 10% et des redevances spécifiques, ainsi que la coordination avec la fiscalité de son pays d’origine.
Dans tous les cas, une analyse préalable et un suivi régulier – en s’appuyant sur les informations publiées par MIRA et, le cas échéant, sur des conseils spécialisés – sont indispensables pour profiter des atouts des Maldives sans se retrouver pris au piège d’un malentendu fiscal.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaite changer de résidence fiscale vers les Maldives pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités de résidence longue durée, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Grèce, Chypre, Maurice, Maldives), la stratégie retenue consiste à cibler les Maldives pour leur fiscalité très avantageuse sur les revenus étrangers, l’absence d’impôt sur la fortune et la possibilité d’obtenir un long-stay visa pour investisseurs ou retraités disposant de moyens suffisants. La mission inclut : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, report d’imposition), choix et acquisition d’un bien ou bail longue durée, organisation de la couverture santé internationale, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), coordination avec un réseau local (avocats, immigration, banques) et intégration patrimoniale globale pour sécuriser économies fiscales et transmission.
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