Poursuivre des études supérieures à l’étranger aux Maldives : guide complet pour comprendre, choisir et s’installer

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Entre cartes postales de lagons turquoise et rapports d’experts sur la montée des eaux, les Maldives cristallisent à la fois le rêve et l’urgence climatique. Derrière l’image de destination de lune de miel, l’archipel est aussi un petit système universitaire en pleine structuration, avec un établissement public désormais accrédité à l’international, des programmes de haut niveau en lien direct avec la mer et le climat, et un marché de l’emploi fortement tiré par le tourisme, la santé, l’éducation et la conservation environnementale.

Bon à savoir :

L’enseignement supérieur local et la vie étudiante doivent être évalués dans un contexte unique : un archipel de plus de 1000 îles, une économie axée sur le luxe influençant le coût de la vie, et une forte exposition aux effets du changement climatique.

Ce guide propose une plongée détaillée dans le système d’enseignement supérieur maldivien, les atouts académiques et professionnels, les coûts, le visa, le logement, et les opportunités spécifiques liées à l’environnement marin et au climat.

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Un petit système universitaire, mais une université publique accréditée à l’international

Si l’offre d’enseignement supérieur est encore restreinte, les Maldives se sont dotées d’un cadre national de qualité largement structuré autour d’un acteur central : The Maldives National University (MNU).

Un paysage académique compact et régulé

Le système maldivien d’enseignement supérieur repose sur quelques institutions publiques et privées, toutes placées sous l’autorité de la Maldives Qualifications Authority (MQA). Cette agence, née en 2000 sous le nom de Maldives Accreditation Board puis rebaptisée en 2010, est responsable de la reconnaissance des programmes et des établissements. C’est le premier interlocuteur à vérifier quand on veut s’inscrire dans un cursus : la MQA publie la liste des formations accréditées et intervient lorsque des institutions enfreignent les règles.

Un cas récent illustre la vigilance de l’autorité : Avid College a été épinglé pour avoir proposé à l’étranger, via des partenaires comme Amazon College au Sri Lanka ou Alzette University, des programmes accrédités aux Maldives sans autorisation. D’autres institutions annonçaient des diplômes « Avid » dans leurs offres. La MQA a dû publier des rappels officiels et une annonce publique, avant une régulation spécifique parue au Journal officiel. Pour un étudiant étranger, ce type d’affaire rappelle l’importance de ne s’inscrire que dans des formations clairement reconnues.

8400

Rang mondial de la Maldives National University selon le classement uniRank, bien qu’elle soit l’institution de référence du pays.

The Maldives National University : profil, valeurs et organisation

Établissement public à but non lucratif, MNU est officiellement reconnue par le ministère de l’Éducation. Elle a vu le jour en 2011 en tant qu’université, mais son ancêtre, le Maldives College of Higher Education, remonte à 1999. Son campus central se trouve à Malé, la capitale, sur le North Malé Atoll, et l’université s’appuie sur un réseau de cinq campus répartis dans le pays : Hithadhoo (Addu Atoll), Thinadhoo (GDh Atoll), Gan (Laamu Atoll) et Kulhudhuffushi (HDh Atoll), avec un nouveau campus en préparation à Lh. Hinnavaru.

La philosophie de MNU s’articule autour de deux notions clés en arabe : iman (la foi) et ilm (le savoir). L’université se fixe pour vision de rester l’institution académique de référence de la nation et d’atteindre un niveau d’excellence régional. Sa mission : créer, découvrir, préserver et diffuser le savoir au service du développement culturel, social et économique du pays.

7000

Un peu plus de 7 000 étudiants fréquentent l’université, dont une très large majorité de femmes (environ 73 %).

Les programmes sont structurés autour de six facultés, trois écoles et deux centres :

Unités académiques de MNUDomaines couverts principaux
Faculté des ArtsSciences sociales, langues, communication
Faculté d’ÉducationFormation d’enseignants, pédagogie
Faculté d’Ingénierie, Science et TechnologieGénie, informatique, sciences appliquées
Faculté de Sciences de la SantéSanté publique, soins, santé communautaire
Faculté d’Hospitalité et de TourismeManagement hôtelier, tourisme, restauration
Faculté de Shari’ah et de DroitDroit, droit islamique, finance islamique
École de MédecineFormation médicale
École d’InfirmiersSciences infirmières
Business SchoolGestion, comptabilité, management
Centre des Études MaritimesNavigation, métiers de la mer
Centre des Études FondamentalesAnnée préparatoire, remises à niveau

Cette organisation permet de couvrir la plupart des secteurs clés de l’économie maldivienne : tourisme et hôtellerie, enseignement, santé, maritime, droit islamique, ingénierie et sciences appliquées.

Une accréditation internationale qui change la donne

L’élément sans doute le plus important pour un candidat étranger est la reconnaissance internationale de la qualité de MNU. L’université a en effet obtenu une accréditation globale de la Quality Assurance Agency for Higher Education (QAA), importante agence britannique d’assurance qualité. Cette reconnaissance a été délivrée à l’issue d’un International Quality Review (IQR), qui a d’abord conclu que MNU satisfaisait 8 des 10 standards européens ESG (European Standards and Guidelines). L’université a ensuite soumis un plan d’action détaillé et des preuves complémentaires, ce qui a permis de valider l’ensemble des 10 critères.

Astuce :

L’accréditation obtenue par l’institution, valable cinq ans avec une revue à mi-parcours, permet d’afficher le badge de la QAA et d’en devenir membre international. Pour l’étudiant, cela certifie que les processus de qualité (conception des programmes, évaluation, information publique, gouvernance) ont été examinés par des experts externes. Cette reconnaissance facilite la poursuite d’études ou la mobilité dans les pays qui reconnaissent ces standards.

Le rapport de revue met d’ailleurs en avant plusieurs bonnes pratiques à MNU, notamment :

une collaboration étroite avec les milieux professionnels grâce à l’intégration systématique d’acteurs externes dans les comités consultatifs des facultés, ce qui aligne les cursus sur les attentes de l’industrie ;

un usage efficace des outils numériques, illustré par une chaîne YouTube qui explique clairement le portail d’admission ;

– une attitude proactive vis-à-vis des évaluations externes, utilisée comme outil de réflexion interne.

Le même rapport pointe des pistes d’amélioration très concrètes : systématiser la représentation étudiante dans les comités de faculté, harmoniser la double correction des copies, publier à l’avance les critères de notation, renforcer les dispositifs contre le plagiat, clarifier les procédures de réclamation, mieux soutenir les étudiants à besoins spécifiques, structurer l’accompagnement pastoral, ou encore suivre plus finement l’insertion professionnelle des diplômés.

Pour un étudiant international, ces recommandations montrent une université encore en phase de maturation, mais lucide sur ses faiblesses et engagée dans un processus de mise à niveau selon les standards européens.

Des programmes alignés sur les enjeux marins, climatiques et économiques

Le choix d’étudier aux Maldives prend tout son sens si l’on regarde les spécialités académiques développées localement. L’archipel est à la fois un laboratoire vivant pour les sciences de la mer et un terrain d’expérimentation pour l’adaptation au changement climatique. Le système universitaire l’a bien compris.

L’environnement comme fil conducteur

Les Maldives sont composées d’environ 1 190 îles, organisées en 25 atolls coralliens, dont seulement 187 à 358 sont habitées selon les sources. Environ 80 % des îles se situent à moins d’un mètre au-dessus du niveau de la mer et le point culminant du pays n’atteint pas 2,5 mètres. Les projections du GIEC évoquent une élévation du niveau de la mer de 0,5 à 0,9 mètre d’ici la fin du siècle, et jusqu’à 0,88 m dans certaines études. Plus de 90 % des îles signalent des inondations annuelles, et 97 % subissent une érosion du littoral.

Dans ce contexte, les récifs coralliens jouent un rôle stratégique : ils protègent naturellement les côtes, sustentent la pêche et servent de socle au tourisme de luxe. Or, une hausse de température supérieure à 2 °C pourrait entraîner la quasi-disparition des récifs coralliens peu profonds. Un épisode de blanchissement en 1998 a déjà détruit plus de 95 % des coraux d’eaux peu profondes, et la pêche pourrait, selon certains scénarios à fortes émissions, s’effondrer presque totalement d’ici la fin du siècle.

Attention :

Face aux menaces, l’État maldivien a adopté un ensemble de politiques incluant le Programme d’Adaptation National (NAPA), des plans d’action environnementaux, et des engagements internationaux comme le Protocole de Kyoto et l’Accord de Paris (objectif de réduction de 10 % des émissions d’ici 2030). Il mène un projet de transition vers les énergies renouvelables, vise à protéger 20 % de l’océan d’ici 2030, et interdit progressivement les plastiques à usage unique. Une stratégie nationale de recherche sur le changement climatique, soutenue par le GEF et le PNUD, ambitionne de faire des Maldives un pôle de recherche pour les petits États insulaires (SIDS).

Cette orientation politique se traduit dans l’offre de formation supérieure : on trouve aux Maldives des programmes en biologie marine, sciences environnementales, gestion des ressources naturelles, climat et adaptation, tourisme durable, et géospatial pour la gestion des risques de catastrophe.

Un exemple emblématique : la licence en sciences marines

Parmi les programmes emblatiques figure un Bachelor of Marine Science proposé par MNU. Ce cursus a été conçu pour répondre aux besoins nationaux en gestion durable des ressources marines et pour alimenter les secteurs clés que sont les pêches, le tourisme, la conservation et la recherche.

Le programme alterne cours fondamentaux (biologie, chimie, écologie), enseignements spécialisés (biologie des coraux, systèmes marins, pollution marine, gestion des pêches, écotourisme) et compétences transversales (méthodes de recherche, SIG, compétences analytiques). Il comprend également des modules très appliqués comme « Field Techniques » ou « Marine Systems Science », des cours sur les grandes questions environnementales globales replacées dans le contexte local, ainsi qu’un important volet d’apprentissage par l’expérience : un stage obligatoire en organisme partenaire (Affiliate Internship Programme) et un projet de recherche de fin d’études.

Pour un étudiant étranger, l’intérêt d’un tel programme est double : disposer d’une formation théorique solide tout en ayant un accès direct à des récifs, mangroves et lagons qui font souvent l’objet d’articles scientifiques. À l’échelle d’un pays, peu d’endroits permettent de passer du laboratoire au terrain en quelques minutes de bateau.

59860

C’est le coût approximatif en MVR pour un étudiant international, soit généralement le double des frais d’un étudiant local.

Une offre de masters et de doctorats en expansion

Au-delà des licences, l’offre de second et troisième cycles s’étoffe. La grille des qualifications maldiviennes (MNQF) classe les masters au niveau 9 et les doctorats au niveau 10. Les durées varient de 1 à 2 ans pour un master, 3 à 6 ans pour un doctorat.

Des masters accrédités couvrent par exemple :

les technologies géospatiales appliquées à la gestion des catastrophes ;

la gestion et le leadership éducatifs ;

l’enseignement de l’anglais ;

les sciences environnementales, la biologie marine, le changement climatique ;

le management, la finance islamique, l’administration publique, le tourisme.

Des doctorats sont accrédités dans des domaines comme l’ingénierie (plusieurs spécialités), les sciences appliquées, la santé publique, la linguistique appliquée, la shari’a islamique ou les études islamiques. Les dates d’accréditation montrent un mouvement continu d’extension de l’offre depuis 2022–2025.

Même si la recherche locale reste décrite comme limitée, fragmentée et parfois redondante, la stratégie nationale de recherche climatique appelle explicitement à structurer un pôle national autour d’institutions comme MNU, à renforcer les capacités, à développer des financements durables et des systèmes de gestion de la connaissance. Pour un doctorant souhaitant travailler sur les SIDS, l’adaptation côtière, la résilience insulaire ou la conservation marine, ce positionnement est intéressant : les Maldives deviennent un terrain de recherche prioritaire pour des partenaires tels que la Banque mondiale, le PNUD, le Fonds vert pour le climat ou la BAD, qui financent déjà de nombreux projets dans le pays.

Lien direct avec le marché du travail

Les programmes universitaires maldiviens s’alignent nettement sur les secteurs moteurs de l’économie : tourisme et hôtellerie, pêches, construction, télécommunications, santé, éducation, finance (y compris finance islamique), justice et administration publique. L’insertion professionnelle passe aussi par des partenariats formalisés entre MNU et différents ministères, agences, entreprises et organisations internationales (y compris des agences onusiennes).

150

Nombre d’îles-hôtels dans l’archipel, illustrant le taux d’industrialisation élevé du secteur touristique.

managers en hôtellerie et tourisme ;

biologistes marins et responsables environnement ;

ingénieurs (énergie, construction, réseaux) ;

professionnels de la santé et de l’éducation ;

juristes et experts en droit islamique ou en finance islamique.

Des structures comme Marine Savers, actives dans deux resorts Four Seasons, recrutent régulièrement des biologistes marins, aquariologistes, spécialistes des coraux ou des tortues, et même des ingénieurs en robotique marine, avec des postes de staff, d’apprentis et de stagiaires (10–12 semaines). Le fait que des resorts internationaux investissent dans des centres de découverte marine et des programmes de restauration de récifs ouvre un débouché direct pour les diplômés et doctorants en sciences marines ou en environnement.

L’éventail des salaires moyens par secteur montre aussi l’intérêt de la formation supérieure : l’informatique, le management et les télécoms tournent autour de 26 000 à 32 000 MVR nets par mois, la banque autour de 25 000 MVR, la santé et le social autour de 24 000 MVR, et l’administration générale plus bas (environ 18 000 MVR). Les fonctions de direction dans le privé (CEO, directeur IT, directeur de centre d’appels, directeur location ou directeur d’usine) peuvent atteindre 300 000 à 400 000 INR mensuels, soit largement plus de 70 000 MVR.

Étudier aux Maldives : langue, admission, visa et reconnaissance

Sur le plan pratique, poursuivre des études supérieures à l’étranger aux Maldives suppose de comprendre les exigences linguistiques, les procédures d’admission, les conditions de visa et la reconnaissance des diplômes.

Langue d’enseignement et exigences académiques

La langue officielle du pays est le dhivehi, mais la quasi-totalité des formations d’enseignement supérieur sont dispensées en anglais, à l’exception des cours de langue dhivehi et des études islamiques. Pour un étudiant francophone, c’est un point central : l’anglais est indispensable, tant pour suivre les cours que pour interagir dans la vie quotidienne, notamment à Malé et dans les zones touristiques.

Les établissements exigent généralement une preuve de compétence linguistique : IELTS ou TOEFL, avec des scores requis souvent comparables aux standards internationaux (par exemple autour de 5,5–6,5 en IELTS pour un master). Certaines institutions peuvent proposer des tests internes ou des cours préparatoires de langue.

Les prérequis académiques suivent un schéma classique :

Exemple :

Pour une licence, il faut généralement avoir validé un enseignement secondaire supérieur (équivalent A-Level, bac ou classe de terminale), souvent avec un minimum de résultats. Pour un master, il est nécessaire d’être titulaire d’une licence pertinente avec une moyenne minimale (GPA autour de 2,5/4, ou équivalent) ; certains programmes, comme un MBA, peuvent exiger une expérience professionnelle. Pour un doctorat, il faut en principe disposer d’un master de recherche ou d’un diplôme équivalent, ainsi que d’un projet de recherche détaillé. Dans des cas exceptionnels, une licence accompagnée d’une expérience de recherche significative peut suffire.

Les dossiers incluent typiquement : formulaire de candidature, diplômes et relevés de notes traduits en anglais, CV, lettre de motivation ou statement of purpose, éventuelles lettres de recommandation, copie de passeport, photo et attestation de niveau d’anglais. L’admission se fait en ligne via les plateformes des universités, qui permettent ensuite de suivre l’état de la candidature.

Visa étudiant : cadre et démarches

Le séjour d’études repose sur un visa spécifique, souvent désigné comme Student Visa ou permis de résidence étudiant. Il s’agit d’une autorisation de séjour délivrée par le Department of Immigration and Emigration pour la durée du programme (dans la limite de cinq ans). Le visa est généralement accordé pour un an au départ, puis renouvelé chaque année tant que l’inscription est valide.

Pour obtenir ce permis, l’étudiant doit :

Bon à savoir :

Pour obtenir un visa étudiant aux Maldives, il faut : présenter une lettre d’acceptation officielle d’un établissement reconnu pour un programme à temps plein ; prouver des ressources financières suffisantes pour les frais de vie et de scolarité ; démontrer que les frais de scolarité sont réglés ou couverts par une bourse ; fournir une assurance santé privée valable pour toute la durée du séjour ; passer un examen médical dans un établissement agréé et présenter le rapport ; et montrer son intention de retourner dans son pays d’origine après les études.

Les documents standard comprennent un formulaire de demande, un passeport avec zone de lecture optique (MRZ) valable au moins six mois au moment de la demande, une photo d’identité au format requis, la lettre de l’université, l’assurance, le rapport médical et le paiement des frais. Une source mentionne des frais de visa autour de 25 USD, avec un traitement considéré comme peu complexe, mais en pratique le coût peut varier selon la durée et l’institution.

Bon à savoir :

À l’arrivée, la plupart des ressortissants étrangers obtiennent un visa touristique gratuit de 30 jours. Ce visa peut ensuite être converti et prolongé en permis étudiant par les services d’immigration, avec l’assistance de l’université d’accueil.

L’étudiant doit aussi remplir en ligne une déclaration de voyage gratuite (Traveller Declaration) sur le portail IMUGA dans les 96 heures précédant le vol, disposer d’un billet retour ou de continuation et d’une preuve d’hébergement prépayé ou de moyens suffisants. Un certificat de vaccination contre la fièvre jaune peut être exigé pour les voyageurs en provenance de zones à risque.

À noter : les titulaires de passeports israéliens se voient refuser l’entrée, conformément aux dernières modifications de la loi sur l’immigration.

Droit au travail pendant les études

Le permis étudiant permet en principe de travailler de façon limitée pour subvenir à ses besoins. Les étudiants internationaux peuvent occuper des emplois à temps partiel, notamment dans l’hôtellerie, le commerce ou des fonctions de support (assistant de magasin, employé de bureau, housekeeping, etc.), sous réserve d’obtenir un permis de travail approprié. Les annonces se trouvent sur des plateformes comme LinkedIn, Jooble ou Naukri.

Les rémunérations pour ce type de jobs tournent globalement entre 1 000 et 5 000 MVR par mois (environ 5 000 à 26 000 INR), ce qui aide à couvrir une partie des dépenses, sans dispenser d’un financement initial sérieux.

Coût des études et du quotidien : entre île de luxe et ville chère

L’une des grandes questions avant de se lancer reste la capacité à financer non seulement les frais de scolarité, mais surtout la vie quotidienne dans un pays où la plupart des biens sont importés et où l’économie est tirée par le tourisme de luxe.

Frais de scolarité : publics vs privés

Les frais annuels varient fortement selon l’institution et le niveau d’études.

Pour des licences dans des institutions majeures :

InstitutionNiveauFrais annuels moyens (approximation)
The Maldives National UniversityLicence14 000 à 150 000 INR (≈ 1 293 à 28 980 MVR)
Mandhu CollegeLicence94 000 à 110 000 INR (≈ 17 400 à 21 600 MVR)
Cyryx CollegeLicence160 000 à 350 000 INR (≈ 30 000 à 66 000 MVR)
Villa CollegeLicence300 000 à 330 000 INR (≈ 56 400 à 61 800 MVR)

Pour les masters, on se situe généralement, pour un étudiant international, entre 2 000 et 6 000 USD par an, selon l’institution, le domaine et la présence ou non de partenariats avec des universités étrangères (qui font souvent grimper les coûts). À titre indicatif, de nombreux masters à MNU se situent dans une fourchette de 100 000 à 400 000 MVR sur la totalité du programme.

MNU dispose en outre d’un dortoir sur certains campus, dont le coût est parfois intégré aux frais de scolarité, ce qui allège fortement le budget logement.

Coût de la vie : Malé vs îles locales

Le coût de la vie aux Maldives est globalement élevé, mais il varie fortement selon l’île. Malé, Hulhumalé et Vilimale’ forment l’aire métropolitaine la plus chère, tandis que les îles locales plus éloignées (Fuvahmulah, Addu City, Bodu Huraa, etc.) restent plus abordables.

Les estimations globales donnent :

ProfilCoût mensuel total estimé (MVR)Commentaire
Personne seule (hors loyer)≈ 11 700Budget confortable hors loyer
Personne seule (avec loyer modeste à Malé)22 000 – 25 000Inclut loyer et charges basiques
Famille de quatre (hors loyer)≈ 39 400Budget confortable
Famille de quatre (avec loyer)55 000 – 60 000Loyer modéré à Malé inclus

Pour un étudiant individuel, la valeur de référence souvent citée est d’environ 1 354 USD par mois (33 000 MVR), tout compris, avec loyer.

Les loyers varient beaucoup selon la localisation et la taille du logement :

Lieu / Type de logementLoyer mensuel approximatif
Malé, 1 chambre centre-ville10 000 à 20 000 MVR
Malé, 3 chambres centre-ville≈ 26 000 MVR
Fuvahmulah, 1 chambre centre-ville≈ 5 000 MVR
Hulhumalé, 1 chambre centre≈ 20 000 MVR
Hulhumalé, 3 chambres centre≈ 45 000 MVR
Îles locales (hors zones touristiques)5 000 à 10 000 MVR pour 1 chambre

Pour limiter les coûts, la colocation est courante, de même que la location de chambres chez l’habitant via des dispositifs universitaires. MNU, par exemple, aide parfois les étudiants à trouver des chambres abordables (200 à 500 USD par mois) dans des familles ou des appartements partagés.

Les charges mensuelles (électricité, eau, Internet) tournent entre 1 500 et 3 000 MVR, selon la consommation et la climatisation. L’accès Internet haut débit (60 Mbps et plus) coûte autour de 1 300 MVR par mois.

Se nourrir, se déplacer, se soigner

Les dépenses alimentaires fluctuent entre 10 000 et 30 000 MVR par mois, selon que l’on cuisine ou que l’on mange souvent à l’extérieur. Les repas dans les petits restaurants locaux sont raisonnables (en général 80 à 230 MVR pour un plat), alors que les restaurants de resorts peuvent facturer plusieurs centaines de MVR par personne.

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Quelques repères de prix sont mentionnés pour fournir des points de comparaison.

Produit / servicePrix moyen approximatif
Repas bon marché à Malé≈ 85 MVR
Menu type fast-food≈ 150 MVR
Cappuccino≈ 49 MVR
Bouteille d’eau petite5 MVR
1 litre de lait100 MVR
12 œufs24 MVR
1 kg de tomates23 MVR

Pour les déplacements locaux, la plupart des îles se parcourent à pied. Malé dispose de taxis et de bus, avec des tarifs modestes (course de taxi à partir de 25 MVR, billet de bus autour de 3 MVR). Les liaisons inter‑îles combinent ferries publics (30 à 75 MVR, mais parfois irréguliers), bateaux rapides privés, et vols domestiques via la compagnie Maldivian Airlines. Les traditionnelles dhonis peuvent être affrétées, mais à des tarifs plus élevés (1 000 à 1 500 MVR).

Sur le plan de la santé, les services de qualité se concentrent à Malé, avec l’hôpital public Indira Gandhi Memorial Hospital et l’hôpital privé ADK. Ailleurs, l’offre médicale est limitée et les évacuations peuvent être nécessaires. Les travailleurs expatriés bénéficient en général d’une assurance santé publique obligatoire, mais pour un étudiant étranger, une assurance privée internationale est indispensable.

Logement étudiant : entre résidences universitaires, guesthouses et coliving

Dans un pays où l’hôtellerie haut de gamme est omniprésente, la question du logement étudiant peut faire peur. Pourtant, il existe une palette d’options adaptées à des budgets variés, surtout en dehors des îles-resorts.

Résidences étudiantes et logements liés aux universités

Certaines institutions proposent des résidences conçues pour les étudiants, souvent présentées comme des communautés de vie (« Dhanaal »). Deux exemples illustrent ce modèle :

Dhonbeyyaa Dhanaal à Hithadhoo (Addu City) : un hébergement étudiant abordable et pensé de façon durable, avec des chambres meublées, des espaces d’étude, une salle de sport extérieure, et un programme d’événements sociaux. L’emplacement, proche des commerces et de l’axe routier principal, en fait une base pratique pour les étudiants du campus local.

Majudhudheen Dhanaal à Malé : résidence située à quelques minutes à pied du campus central, bien connectée par les bus du Grand Malé. Le bâtiment propose des chambres meublées, des espaces de travail, et des activités organisées par un syndicat étudiant.

Bon à savoir :

Ces logements facilitent la création d’un réseau social et l’intégration grâce à leur environnement organisé. Ils offrent également une prévisibilité financière avec des loyers fixes et des charges partiellement mutualisées.

En dehors de Malé, l’offre de résidences dédiées est très limitée ; beaucoup d’étudiants se tournent vers des chambres en colocation, des studios ou des guesthouses sur les îles locales.

Guesthouses, appartements, coliving : l’écosystème des îles habitées

Sur les îles habitées (par opposition aux îles-resorts privées), les guesthouses constituent une solution de logement intéressante. Il s’agit souvent de petites structures tenues par des familles, offrant des chambres privées avec salle de bain, parfois une cuisine partagée, et un accès direct à la vie locale, à condition de respecter les codes islamiques (tenue vestimentaire modeste, pas d’alcool, respect des horaires de prière, etc.). Des îles comme Maafushi, Thulusdhoo, Dhigurah ou Rasdhoo abritent de nombreuses guesthouses et attirent une communauté internationale de voyageurs au long cours, digital nomads et parfois étudiants.

Les prix mensuels en guesthouse peuvent démarrer autour de 400 à 700 USD (environ 372 à 651 euros), parfois avec le petit-déjeuner inclus. Pour un budget plus restreint, certains établissements proposent des tarifs longue durée négociés.

Options de logement aux Maldives

Panorama des différentes solutions d’hébergement locatif disponibles, des appartements meublés aux espaces de coliving.

Appartements meublés (Studio)

Un studio bien équipé (cuisine, climatisation, Wi‑Fi) se loue environ 700 USD par mois, principalement à Malé et Hulhumalé.

Appartements meublés (T2)

Un appartement deux pièces peut atteindre 900 à 1 300 USD par mois, notamment dans les zones urbaines comme Malé et Hulhumalé.

Colocation (Chambre privée)

Le coût d’une chambre privée en colocation varie entre 250 et 600 USD par mois, selon la ville et le standing.

Espaces de Coliving

Sur des îles comme Thulusdhoo, ces espaces combinent hébergement et coworking, ciblant travailleurs à distance et étudiants en mobilité.

Points de vigilance dans le marché locatif

Il faut garder à l’esprit que les protections juridiques sont limitées pour les locataires étrangers, notamment à Malé, et que les risques de surfacturation existent. Il est conseillé de :

passer par un intermédiaire de confiance (université, employeur, plateforme sérieuse) ;

éviter de verser des dépôts importants sans contrat écrit clair ;

– privilégier les annonces publiques dans des supports locaux (journaux, groupes d’expatriés, plateformes reconnues) ;

– rencontrer les colocataires et visiter les lieux avant de s’engager.

Dans certains secteurs (hôtellerie, enseignement), les employeurs incluent parfois le logement dans le contrat, notamment sous forme de chambre en résidence staff ou de budget allocation. Pour un étudiant qui travaille à temps partiel dans un resort, ce type d’arrangement peut se combiner avec les études, mais exige une très bonne organisation.

Bourses, financement et stratégies pour réduire les coûts

L’autre dimension clé d’un projet d’études à l’étranger aux Maldives est le financement. Même si les frais de scolarité sont souvent plus faibles qu’en Europe ou en Amérique du Nord, le coût de la vie, surtout à Malé, impose d’anticiper.

Bourses locales et dispositifs nationaux

The Maldives National University a mis en place un programme de bourses internes destiné à reconnaître l’excellence académique et à soutenir les étudiants motivés. Ces bourses, financées intégralement par l’université, s’inscrivent dans un objectif stratégique de « responsabilisation et réussite étudiante ». Elles s’adressent en priorité aux citoyens maldiviens inscrits à temps plein et non déjà financés par d’autres dispositifs, mais elles indiquent la volonté d’institutionnaliser la culture de l’aide financière.

Astuce :

Le gouvernement maldivien propose un programme national de bourses pour l’Université nationale des Maldives (MNU). Ce programme couvre intégralement les frais de scolarité, inclut une allocation pour les livres, une aide à la recherche en fin de cursus et un stipend de vie d’environ 5 000 MVR par mois. Il vise à soutenir les étudiants démontrant une excellence académique, un leadership et un engagement en faveur de l’équité, en priorité ceux issus de groupes défavorisés ou sous-représentés. Les bourses sont ouvertes aux étudiants maldiviens et, sous conditions, aux candidats internationaux admis en master ou diplôme postgradué à temps plein sur le campus de Malé.

D’autres institutions locales, comme Villa College, Cyryx College ou certaines banques (Bank of Maldives), proposent des bourses au mérite ou des financements pour des études en lien avec leurs secteurs (finance, banque, etc.), parfois pour des études à l’étranger dans des universités du Top 200 mondial.

Réduire le budget par les choix de vie

Au-delà des bourses, une série de choix peuvent réduire substantiellement le coût global du séjour :

Astuce :

Pour réduire ses dépenses lors d’un long séjour aux Maldives, plusieurs stratégies sont efficaces. Privilégiez un logement sur une île locale plutôt qu’à Malé ou dans une zone resort. Pensez à partager un appartement pour mutualiser les charges comme l’électricité et Internet. Cuisinez à la maison en vous approvisionnant dans les marchés locaux, moins chers que les boutiques touristiques. Pour vos déplacements, utilisez les ferries publics et les bus lorsque c’est possible, ou optez pour le vélo. Enfin, n’hésitez pas à négocier des tarifs longue durée dans les guesthouses ou pour vos locations d’appartements.

Pour un doctorant ou un masterant venant avec un financement externe (bourse internationale, projet de recherche, sponsoring d’entreprise), ces optimisations peuvent permettre de concentrer le budget sur le terrain de recherche ou l’achat de matériel.

Une expérience académique dans un pays en première ligne du changement climatique

Au-delà des chiffres, ce qui distingue vraiment des études supérieures aux Maldives, c’est le fait de vivre dans un pays classé parmi les plus vulnérables au changement climatique, et qui a fait de cette vulnérabilité un levier de plaidoyer international et de recherche appliquée.

Exemple :

Depuis les années 1980, le gouvernement maldivien mène une diplomatie climatique active, notamment en participant à la Déclaration de Malé, en ratifiant tôt le Protocole de Kyoto et l’Accord de Paris, et en servant de porte-voix pour les petits États insulaires. Sur le terrain, cela se traduit par des projets concrets comme la construction de l’île artificielle de Hulhumalé à haute altitude pour la relocalisation, l’installation de protections côtières (brise-lames, digues) sur la plupart des îles habitées, ainsi que la restauration de récifs, la plantation de mangroves et la création d’aires marines protégées.

Les organismes impliqués sont nombreux : ministère de l’Environnement et de l’Énergie, Agence de protection de l’environnement, Centre de recherche marine, Département de météorologie, ministère de la Pêche et de l’Agriculture, ministère du Tourisme, ministères de la Santé et de l’Éducation, etc. Des partenaires internationaux financent et accompagnent ces efforts : Banque mondiale, Banque asiatique de développement, Fonds vert pour le climat, PNUD.

Bon à savoir :

Pour un étudiant en master ou doctorat aux Maldives sur les thématiques climatiques, la proximité avec les acteurs locaux facilite l’accès aux données, études de cas et politiques publiques. La Stratégie nationale de recherche sur le changement climatique identifie notamment l’Université nationale des Maldives (MNU) comme une institution clé pour la coordination, potentiellement en synergie avec un futur Centre du climat ou une fondation nationale de la recherche.

Faut-il choisir les Maldives pour ses études supérieures ?

Poursuivre des études supérieures à l’étranger aux Maldives n’a évidemment rien de comparable avec un séjour dans une grande capitale académique occidentale. Le pays compte peu d’institutions, des ressources de recherche encore limitées, un coût de la vie élevé à Malé et une géographie qui rend certains déplacements logistiques et coûteux. Les diplômes, bien que reconnus et adossés à une agence de qualité internationale comme la QAA, restent encore peu connus dans de nombreux systèmes extérieurs, même si les secteurs directement liés aux Maldives (tourisme, marine, climat, SIDS) valorisent cette expérience.

Mais pour certains profils, le choix peut s’avérer particulièrement pertinent :

Exemple :

Ce programme attire principalement quatre types d’étudiants : des étudiants en sciences marines, environnement, climat ou tourisme durable, cherchant une expérience de terrain concrète avec les acteurs locaux ; des doctorants dont la recherche porte sur la vulnérabilité des petits États insulaires ; des profils spécialisés en finance islamique, droit islamique, éducation ou santé, désireux d’une immersion dans un pays musulman insulaire aux défis spécifiques ; et des étudiants valorisant un cadre de vie et d’études serein, à petite échelle, favorisant la concentration et la vie communautaire.

Avec une université nationale désormais accréditée par la QAA, une stratégie claire de développement de la recherche sur le climat, une offre de formations alignée sur les besoins de l’économie, et un réseau croissant de partenariats internationaux, les Maldives offrent aujourd’hui bien plus qu’un décor de carte postale : un laboratoire vivant pour comprendre, par l’étude et par la pratique, ce que signifie habiter et gouverner un pays au bord de l’océan, au sens propre comme au sens figuré.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements internationaux, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Maldives, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler les Maldives pour leur régime favorable aux non-résidents (absence d’impôt sur le revenu des personnes physiques, fiscalité centrée sur la consommation et le tourisme), combinant environnement sécurisé pour le patrimoine, qualité de vie balnéaire et statut de juridiction reconnue par l’OCDE. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention d’un permis de résidence longue durée via investissement, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire et ouverture de comptes locaux, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), intégration dans un réseau local (avocat, immigration, family office) et restructuration patrimoniale internationale (holding, assurances‑vie luxembourgeoises, immobilier hors UE).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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