Fiscalité aux Îles Vierges britanniques pour les expatriés : impôt sur le revenu et taxe foncière passés au crible

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Les Îles Vierges britanniques offrent un paradoxe fiscal qui intrigue de nombreux expatriés : aucun impôt sur le revenu ni sur les plus-values, mais des règles très précises sur la propriété immobilière, la taxe foncière et l’accès à la terre pour les étrangers. Pour un investisseur ou un futur résident, comprendre ce cocktail de fiscalité zéro et de taxes ciblées est indispensable avant de se lancer.

Bon à savoir :

Aux Îles Vierges britanniques, les expatriés bénéficient de l’absence d’impôt sur le revenu. La fiscalité repose principalement sur la taxe foncière et les droits de mutation. Ces règles spécifiques ont un impact direct sur l’investissement immobilier et la vie quotidienne.

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Un territoire à fiscalité zéro sur le revenu, mais pas sans impôts

Les Îles Vierges britanniques sont un territoire britannique d’outre-mer, dont le système fiscal repose sur un principe simple : il n’y a pas d’imposition sur le revenu, ni sur les plus-values, ni sur la fortune. Pour les particuliers comme pour beaucoup de sociétés, l’impôt sur le revenu au sens classique du terme n’existe pas.

Concrètement, un expatrié qui s’installe aux Îles Vierges britanniques ne paie pas d’impôt local sur son salaire, ses revenus de placements ou ses plus-values. Le territoire applique un régime de « taxe zéro » sur le revenu des personnes physiques, sans distinction de résidence fiscale, et ne connaît ni impôt sur la fortune, ni droits de succession, ni impôt sur les donations.

Attention :

Bien qu’il n’y ait pas d’impôt sur le revenu à Bahreïn, l’État se finance par d’autres prélèvements : taxes sur l’emploi, droits de douane, taxes touristiques, droits de timbre sur les transactions immobilières et taxe foncière. Pour un expatrié, la pression fiscale reste néanmoins très faible comparée à de nombreuses autres juridictions.

Impôt sur le revenu : un taux affiché à 0 % pour les particuliers

Les autorités des Îles Vierges britanniques ne prélèvent aucun impôt sur les revenus personnels. Il n’y a ni barème progressif, ni déclaration annuelle d’impôt sur le revenu pour les particuliers, ni notion de résidence fiscale à des fins d’impôt sur le revenu.

Deux conséquences importantes en découlent pour les expatriés :

– le territoire ne cherche pas à taxer les revenus de source étrangère, quel que soit le temps passé sur place ;

– un individu n’est soumis à la législation fiscale locale que dans deux cas bien définis : s’il est gainfully employed (c’est-à-dire exerçant une activité rémunérée) dans le territoire, ou s’il transfère la propriété d’un bien immobilier situé aux Îles Vierges britanniques.

Astuce :

Pour le reste, les revenus et patrimoines sont fiscalement neutres au regard du droit local, même si l’intéressé reste bien entendu soumis aux règles de son pays d’origine ou d’autres juridictions où il serait résident fiscal.

Un environnement sans impôt sur les plus-values, la fortune ni les successions

La logique de neutralité fiscale s’étend à d’autres catégories d’imposition. Pour les particuliers comme pour nombre de structures, les éléments suivants ne sont pas taxés aux Îles Vierges britanniques :

plus-values sur les cessions de biens (y compris immobiliers ou financiers) ;

droits de succession ou d’héritage ;

droits de donation ;

impôt sur le capital ou la fortune ;

impôt sur les transmissions de patrimoine à titre gratuit.

Ainsi, un expatrié qui transmet un bien immobilier situé aux Îles Vierges britanniques à ses enfants n’est pas redevable de droits de succession ou de donation auprès des autorités locales. La seule fiscalité en jeu sera celle de sa juridiction de résidence ou de celles de ses héritiers, le cas échéant.

Ce cadre explique en partie pourquoi le territoire est devenu un centre majeur de planification patrimoniale internationale et de structuration via des sociétés et des trusts, tout en insistant officiellement sur une utilisation conforme aux standards internationaux de transparence fiscale.

L’autre face du système : taxes sur l’emploi et contributions sociales

L’absence d’impôt sur le revenu ne veut pas dire que les revenus du travail échappent totalement à l’imposition. Aux Îles Vierges britanniques, c’est la payroll tax (taxe sur les rémunérations) et les contributions à la sécurité sociale et à l’assurance santé qui remplissent en partie le rôle que joue, ailleurs, l’impôt sur le revenu.

La payroll tax : une taxe sur les salaires, payée par l’employeur et l’employé

La payroll tax est la principale taxe directe liée à l’activité professionnelle. Elle s’applique à toute rémunération versée en contrepartie de services rendus « principalement ou entièrement » dans le territoire, indépendamment du lieu de versement des salaires (sur un compte local ou à l’étranger).

Exemple :

La base de calcul pour cette taxe inclut une large gamme d’éléments de rémunération : salaires, primes, gratifications, commissions, indemnités de congés payés, avantages en nature (comme un logement), l’intéressement et les indemnités de départ. Cependant, certains éléments sont explicitement exclus, tels que les dividendes versés par une société locale et les cotisations patronales versées à des régimes de santé ou de retraite agréés.

La loi distingue deux catégories d’employeurs, qui conditionnent le taux global de payroll tax :

Catégorie d’employeurConditions de qualificationTaux global de payroll tax
Class 1 (petits employeurs)Masse salariale ≤ 150 000 USD, chiffre d’affaires ≤ 300 000 USD, ≤ 7 salariés10 %
Class 2 (autres employeurs)Tous les employeurs ne répondant pas à l’ensemble des critères de la classe 114 %

Dans ces taux globaux, une partie est prélevée sur le salaire de l’employé, l’autre à la charge de l’employeur. Les textes prévoient que l’employeur peut retenir jusqu’à 8 % de la rémunération de l’employé au titre de la payroll tax, le solde étant payé directement par l’employeur.

Un abattement important est prévu : les premiers 10 000 USD de rémunération annuelle d’un employé sont exonérés de toute retenue pour cette taxe. Au-delà de ce seuil, l’employeur opère la retenue et reverse la taxe à l’administration.

Cette payroll tax se rapproche donc, pour un expatrié salarié, d’un « quasi-impôt sur le revenu » limité aux revenus du travail, mais avec des taux relativement modérés et une franchise significative.

Sécurité sociale et assurance santé : des contributions obligatoires

En parallèle de la payroll tax, les Îles Vierges britanniques imposent la participation de tous les employeurs et employés aux régimes de National Insurance Scheme (sécurité sociale) et de National Health Insurance.

8,5

Taux total des cotisations de sécurité sociale prélevé sur la rémunération.

Type de contributionTaux sur le salaire (jusqu’à un plafond)
Part employeur (sécurité sociale)4,5 %
Part employé (sécurité sociale)4 %
Total8,5 %

Ces contributions financent notamment les pensions, les prestations de maladie, maternité et certains frais funéraires. Elles sont plafonnées : au-delà d’un certain niveau de salaire mensuel ou hebdomadaire, les cotisations n’augmentent plus.

À cela s’ajoute l’assurance santé nationale (NHI), obligatoire pour toutes les personnes employées. Le taux total de NHI est de 7,5 % du salaire brut, partagé à parts égales :

3,75 % à la charge de l’employeur ;

3,75 % retenus sur le salaire de l’employé.

Contrairement à la sécurité sociale, il n’existe pas de plafond annuel pour ces contributions NHI : elles restent dues sur l’intégralité du salaire.

Pour un expatrié salarié, la combinaison payroll tax + sécurité sociale + NHI revient à un niveau de prélèvements sociaux globalement inférieur à ce que l’on observe dans de nombreux pays, mais qui n’est pas négligeable. La contrepartie est l’absence totale d’impôt sur le revenu ou sur les plus-values.

Investir dans la pierre : entre absence d’impôt sur la rente et encadrement strict de la propriété étrangère

Les Îles Vierges britanniques sont considérées comme un marché immobilier haut de gamme, porté par le tourisme, la plaisance et la demande internationale pour des villas et propriétés de luxe. Pour un expatrié, l’investissement immobilier est souvent un vecteur d’implantation, mais il s’accompagne de règles spécifiques et de taxes ciblées : droits de timbre à l’achat, taxe foncière annuelle, et surtout licence obligatoire pour les non-résidents.

Aucun impôt local sur les loyers ou les plus-values… mais attention à votre pays d’origine

Sur le plan strictement local, les loyers perçus et les plus-values issues de la vente d’un bien immobilier ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu ni à l’impôt sur les plus-values. Un propriétaire expatrié qui loue sa villa ou revend son terrain n’est donc pas imposé par les autorités des Îles Vierges britanniques sur ces flux.

Toutefois, cela ne signifie pas que ces revenus sont détaxés partout : de nombreux pays imposent leurs résidents fiscaux sur leurs revenus mondiaux, y compris les loyers et plus-values provenant de biens situés à l’étranger. L’intérêt de la neutralité fiscale des Îles Vierges britanniques se joue donc dans la combinaison avec la fiscalité du pays d’origine de l’expatrié, et nécessite, dans la pratique, un conseil spécialisé.

Droits de timbre à l’achat : 4 % pour les locaux, 12 % pour les expatriés

Si la détention et l’exploitation d’un bien sont fiscalement douces, l’acquisition est, elle, soumise à une taxe de transaction incontournable : le stamp duty, ou droit de timbre, payé une seule fois au moment du transfert de propriété.

Le stamp duty n’est pas calculé sur la transaction en tant que telle, mais sur l’acte qui constate le transfert. Son assiette correspond à la valeur la plus élevée entre :

le prix de vente convenu entre les parties ;

la valeur estimée par un expert indépendant (valuation report).

Taux de TVA applicables

Le taux de TVA appliqué lors de l’acquisition d’un bien immobilier varie principalement en fonction du statut de l’acquéreur et de la nature du bien.

Particulier

Pour un acquéreur particulier, le taux de TVA standard de 20% s’applique généralement sur les ventes de biens immobiliers neufs.

Entreprise assujettie

Pour une entreprise assujettie à la TVA, le taux applicable peut être le taux normal (20%) ou un taux réduit, selon la nature de l’acquisition et son usage.

Promoteur-constructeur

Lorsque l’acquéreur est un promoteur-constructeur pour un projet de revente, des règles spécifiques et le taux de 20% s’appliquent.

Statut de l’acheteurTaux de stamp duty sur un bien en pleine propriété
Belonger (personne relevant du statut local)4 %
Non-Belonger (expatrié / étranger)12 %

La distinction entre Belonger et Non-Belonger est centrale. Un Belonger est, schématiquement, une personne d’origine locale ou ayant obtenu ce statut par naturalisation ou décision administrative. Un Non-Belonger recouvre l’ensemble des étrangers, y compris les sociétés étrangères ou bviannes contrôlées par des non-Belongers.

Pour les expatriés, le coût d’entrée dans l’immobilier est donc sensiblement plus élevé, avec un droit de timbre à 12 %. Pour les acquisitions en bail (leasehold), les taux sont plus faibles mais restent différenciés :

Type d’acquéreurBien en leasehold : assiette et taux
Belonger1 % du prix + 20 premières années de loyer
Non-Belonger1,5 % du prix + 20 premières années de loyer

Ce droit de timbre doit être acquitté auprès de l’Inland Revenue Department avant l’enregistrement du transfert au Land Registry. Un acte non ou mal timbré ne peut ni être enregistré, ni être produit devant un tribunal, ce qui rend le paiement de la taxe incontournable.

Un régime foncier sécurisé… moyennant enregistrement et cadastre

Sur le plan juridique, les Îles Vierges britanniques reposent sur un système de droit de propriété inspiré du common law anglais. La plupart des terres sont détenues en fee simple (équivalent de la pleine propriété) et tous les droits réels sont enregistrés au Land Registry du gouvernement local.

Aucun transfert ne peut être finalisé tant que les limites exactes de la parcelle n’ont pas été validées par le Registraire des terres. Pour les cessions, un cadastral survey plan à jour et un rapport de valuation sont généralement exigés, ce qui participe à la sécurité du marché.

Les expatriés face à la Non-Belonger Land Holding License : le passage obligé

Pour un étranger, acheter une maison ou un terrain ne se résume pas à trouver un vendeur et signer un compromis. Le droit des Îles Vierges britanniques impose une contrainte majeure : les Non-Belongers ne peuvent pas légalement détenir de propriété foncière sans licence gouvernementale, appelée Non-Belonger Land Holding License (NBLHL).

Cette licence présente plusieurs caractéristiques structurantes pour l’investisseur expatrié :

– elle est obligatoire pour tout achat de terrain ou de bien bâti par un Non-Belonger, y compris les citoyens britanniques ;

– elle est spécifique au bien : une licence par propriété, non transférable ;

– elle doit être demandée après la signature d’un Sale and Purchase Agreement (SPA), pas avant ;

– elle est délivrée par le gouvernement, après examen du dossier par le ministre compétent et approbation du Cabinet, puis signature du Gouverneur.

Pendant l’instruction, qui dure en général de 3 à 9 mois, le bien est retiré du marché et réservé à l’acheteur candidat, sous réserve de l’obtention de la licence. Le processus est géré par l’avocat de l’acheteur, très impliqué dans la constitution du dossier.

Parmi les pièces habituelles pour un demandeur personne physique, on retrouve :

deux lettres de référence personnelle ;

des références financières ou relevés bancaires récents ;

un certificat de bonne conduite délivré par la police du pays de résidence ;

une photo d’identité et une copie de passeport valide.

Du côté du bien, il faut généralement produire :

un rapport d’expertise indépendante (valuation report) ;

un extrait du cadastre (Cadastral Survey Plan) ou as-built survey ;

la copie de l’accord de vente signé.

Un élément singulier du dispositif est l’obligation de publicité locale : le projet de vente doit être annoncé dans un journal des Îles Vierges britanniques pendant quatre semaines consécutives, aux mêmes prix et conditions. Ce délai permet à un Belonger de se porter acquéreur prioritaire. Ce n’est qu’en l’absence d’offre locale que le dossier de licence Non-Belonger est instruit jusqu’au bout.

Dispositif de vente aux Îles Vierges britanniques

Les frais officiels associés à la NBLHL sont clairement tarifés :

Type de redevableFrais de dépôt de la demandeFrais de délivrance de la licence
Individu (par personne)200 USD600 USD
Société (par entité)500 USD1 000 USD
Société : par actionnaire / directeur600 USD / personne

Ces montants s’ajoutent aux honoraires d’avocats, généralement compris entre 1 % et 2 % du prix d’achat pour la partie juridique de la transaction.

Pour les terrains non bâtis ou partiellement développés, l’administration impose souvent un engagement d’investissement : le titulaire de la licence doit consacrer un certain montant (souvent au-delà de 250 000 USD, croissant avec la superficie) au développement du bien dans un délai d’environ trois ans. Le non-respect de ces conditions peut entraîner des restrictions, voire une pénalité à la revente.

Un marché immobilier attractif mais exigeant en capitaux

Malgré ce formalisme, les Îles Vierges britanniques attirent une clientèle internationale haut de gamme, séduite par la stabilité politique, la sécurité, la beauté naturelle et le caractère fiscalement avantageux de la détention immobilière.

Le coût de la construction est élevé : les estimations situent la construction de qualité autour de 250 à 350 USD par pied carré, auxquels il faut souvent ajouter 40 000 à 60 000 USD pour une piscine. Les banques locales financent volontiers les acheteurs étrangers, proposant en général :

– des prêts pouvant atteindre 80 % de la plus faible des deux valeurs (prix d’achat ou valeur expertisée) ;

– des durées de remboursement s’étalant souvent sur 20 à 30 ans ;

– des taux d’intérêt indexés autour de 1,5 % au-dessus du New York Prime Rate.

Il en résulte un modèle où l’entrée sur le marché requiert un apport conséquent (stamp duty à 12 %, frais juridiques, éventuelle construction), mais où la fiscalité récurrente reste étonnamment légère.

Taxe foncière : une charge annuelle modeste, structurée autour du terrain et de la maison

Passé le choc du droit de timbre à l’achat, le propriétaire expatrié découvre que la taxe foncière annuelle est relativement symbolique. Aux Îles Vierges britanniques, cette taxe, appelée Property Tax, agrège deux composantes : la Land Tax (taxe sur le terrain) et la House Tax (taxe sur le bâtiment).

Land Tax : un barème qui pénalise davantage les Non-Belongers

La Land Tax est calculée sur la superficie du terrain (en acres) et non sur sa valeur de marché. Le barème distingue très nettement les Belongers et les Non-Belongers.

Pour les Belongers, les taux sont extrêmement bas :

Propriétaire BelongerTaux annuel de Land Tax
Premier acre (ou fraction)10 USD
Chaque acre supplémentaire3 USD

Pour les Non-Belongers (expatriés), la structure tarifaire est plus onéreuse, mais reste modeste à l’échelle d’un investissement immobilier :

Propriétaire Non-BelongerTaux annuel de Land Tax
Jusqu’à 0,50 acre (ou fraction)50 USD
De 0,50 à 1 acre (ou fraction)150 USD
Chaque acre supplémentaire (ou fraction)50 USD

Une précision importante : lorsque le terrain est détenu en bail de longue durée (lease) auprès de la Couronne, il est imposé au tarif Belonger, quel que soit le statut du locataire. Ce régime peut intéresser certains expatriés désireux de réduire la charge foncière, tout en restant dans un schéma locatif de très long terme.

Attention :

Si un Non-Belonger détient plus d’un tiers d’un bien en copropriété, la totalité de la propriété est soumise au barème fiscal des Non-Belongers. La structure de détention, y compris via des sociétés, a donc une incidence directe.

House Tax : 1,5 % de la valeur locative annuelle

La House Tax est prélevée sur la valeur locative annuelle estimée (Annual Rental Value) de tout bâtiment, qu’il serve à l’habitation ou à un usage commercial. La définition de « house » inclut en pratique toute construction.

Le taux est uniforme :

1,5 % de la valeur locative annuelle estimée, pour tous les propriétaires, Belongers comme Non-Belongers.

Cette valeur locative n’est pas nécessairement le loyer de marché réel, mais un montant fixé par l’administration, censé représenter un loyer raisonnable sur l’année. Dans les faits, il est fréquemment admis que la valeur retenue pour les résidences occupées par leur propriétaire est inférieure à la valeur locative de marché, ce qui réduit l’impact de la House Tax.

Bon à savoir :

L’administration fiscale évalue chaque année l’ensemble du parc immobilier et publie une liste d’évaluation par île habitée. Les propriétaires qui contestent le montant peuvent déposer une réclamation, être entendus par un magistrat et ont une possibilité d’appel.

Une taxe foncière globalement dérisoire

Pour un bien résidentiel moyen (maison de deux ou trois chambres avec un terrain modeste), la combinaison Land Tax + House Tax donne généralement un montant inférieur à 500 USD par an. Certains textes évoquent même des niveaux « rarement supérieurs à 100 USD » pour des biens de taille plus modeste.

Ce caractère dérisoire de la taxe foncière entraîne un comportement singulier : il n’est pas rare que des propriétaires négligent le paiement pendant plusieurs années, et ne régularisent la totalité des arriérés et pénalités qu’au moment de la revente, lorsqu’un avocat se charge de purger la situation pour sécuriser le transfert.

Calendrier et pénalités de la Property Tax

La Property Tax obéit à un calendrier fixe :

Attention :

La taxe est due le 1er septembre de chaque année pour l’année civile en cours. Un délai de grâce est accordé jusqu’au 30 novembre. Passé cette date, des intérêts de 20 % par an sur le montant impayé sont appliqués, pouvant excéder le montant initial en cas d’oubli prolongé.

Contrairement à ce que connaissent certains expatriés dans d’autres pays, l’Inland Revenue Department n’envoie pas de factures ou de rappels. Il revient au propriétaire de se rappeler ses échéances et de se présenter au guichet muni des références cadastrales de son bien (section de registre, numéros de parcelles et de blocs, nom du propriétaire enregistré).

Malgré ces pénalités, l’impact financier reste faible au regard de la valeur des propriétés. C’est l’une des raisons pour lesquelles la taxe foncière est parfois décrite comme « si faible qu’elle coûte presque plus cher à percevoir qu’elle ne rapporte ».

Autres paramètres fiscaux à connaître pour les expatriés

Au-delà de l’impôt sur le revenu (absent) et de la taxe foncière (modeste), quelques éléments fiscaux et réglementaires complètent le tableau pour un expatrié qui envisage de vivre ou d’investir aux Îles Vierges britanniques.

Résidence, immigration et travail : l’immobilier ne donne pas de droit automatique

Acheter un bien immobilier ne confère aucun droit automatique de résidence. Un étranger titulaire d’une Non-Belonger Land Holding License est généralement autorisé, sous réserve de la décision des services de l’immigration, à séjourner jusqu’à six mois par an sur place. Pour rester plus longtemps, il doit demander un permis de résidence annuel.

La propriété d’un bien joue alors en sa faveur, au même titre que la démonstration de ressources suffisantes et d’un casier judiciaire vierge, mais ne garantit en rien l’obtention de ce statut. Ni la NBLHL ni un permis de résidence annuelle ne donnent, en outre, le droit de travailler : pour exercer une activité salariée ou indépendante, un expatrié a besoin d’un work permit, souvent sollicité par un employeur local qui doit démontrer l’absence de candidat local qualifié.

Douane et consommation : pas de TVA, mais des droits de douane

Les Îles Vierges britanniques ne connaissent ni TVA ni taxe sur les ventes. Les recettes indirectes proviennent notamment des droits de douane sur les biens importés, des taxes touristiques, des droits de charter, voire de petites taxes sur certains moyens de paiement (cheque duty).

Bon à savoir :

Pour un expatrié qui s’installe, une franchise est prévue.

– un nouveau résident adulte peut importer jusqu’à 1 000 USD de biens d’occasion (effets personnels, mobilier, etc.) sans droits de douane, à condition de le faire dans les six mois suivant son arrivée ;

– au-delà de cette période, les droits de douane s’échelonnent généralement entre 5 % et 20 %, selon la nature des biens ;

– les véhicules sont soumis à un droit d’importation de 20 %.

Sur le plan de la consommation, l’absence de TVA est partiellement compensée par ces droits et par le niveau élevé de certains prix, lié à l’insularité et à la dépendance aux importations.

Synthèse : la position des expatriés face à la fiscalité locale

Pour un expatrié, la fiscalité des Îles Vierges britanniques se résume, en pratique, à quelques grands axes :

Astuce :

Le régime fiscal des Îles Vierges britanniques (IVB) présente des caractéristiques distinctes pour les Non-Belongers. Il n’existe aucun impôt local sur le revenu (salaires, pensions, loyers, dividendes, plus-values). La taxation du travail s’effectue via une payroll tax et des contributions sociales (sécurité sociale, assurance santé) à des niveaux raisonnables. L’acquisition immobilière est soumise à un droit de timbre de 12% et à des frais de licence foncière, représentant un coût ponctuel significatif. En revanche, la taxe foncière annuelle (Land Tax et House Tax) est très faible, à condition de payer dans les délais pour éviter les intérêts. Enfin, il n’y a aucun impôt sur les plus-values immobilières ni sur la transmission du patrimoine, ce qui est avantageux pour les stratégies patrimoniales à long terme.

Dans ce paysage, l’élément déterminant reste souvent la fiscalité du pays d’origine ou de résidence fiscale de l’expatrié. Les autorités des Îles Vierges britanniques ont construit un cadre légal où la neutralité fiscale locale est réelle, mais entourée de mécanismes d’échange d’informations (accords TIEA, normes CRS, FATCA pour les Américains) qui rendent illusoire toute tentative de dissimulation vis-à-vis des autres juridictions.

La combinaison d’une pression fiscale locale extrêmement faible, d’un marché immobilier haut de gamme, d’un cadre juridique anglo-saxon et d’une politique de transparence internationale explique que les Îles Vierges britanniques restent, pour de nombreux expatriés et investisseurs, un territoire à part dans la cartographie mondiale des paradis – ou, comme le gouvernement préfère les qualifier, des centres financiers offshore modernes.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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