S’initier aux saveurs émiriennes : le guide culinaire de l’expatrié aux Émirats Arabes Unis

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer aux Émirats Arabes Unis, c’est entrer dans un pays où l’on peut manger presque tout ce qui existe sur la planète… sauf, souvent, ce que cuisinent les grands-mères émiriennes. Entre les brunchs d’hôtels cinq étoiles, les sushis en rooftop et les burgers gourmets, la cuisine locale passe facilement au second plan. Pour un expatrié, la vraie découverte commence pourtant là : dans un plat de machboos parfumé au citron noir, dans un bol fumant de harees servi pendant le Ramadan, ou dans une tasse de gahwa accompagnée de quelques dattes.

Bon à savoir :

Ce guide propose un itinéraire pour découvrir la gastronomie locale à Dubaï et Abu Dhabi, en intégrant des repères culturels essentiels pour une expérience authentique à table.

Comprendre la cuisine émirienne : une identité entre désert, mer et routes des épices

La cuisine des Émirats Arabes Unis est le fruit de trois mondes qui se sont longtemps entremêlés : celui des bédouins du désert, des pêcheurs de la côte du Golfe arabo-persique et des cultivateurs d’oasis centrés autour du palmier dattier. Pendant des siècles, le régime alimentaire a été dicté par ce que permettaient le climat et le commerce : lait de chamelle, viande de chèvre ou d’agneau, poissons séchés ou salés, dattes sous toutes leurs formes, blé et, plus tard, riz importé d’Inde et de Perse.

Astuce :

La cuisine émirienne est marquée par les anciennes routes commerciales, intégrant des influences persanes, indiennes, omanaises, saoudiennes, africaines et levantines. Elle est structurée par les grandes épices du Moyen-Orient comme la cardamome, le safran, le curcuma, la cannelle, les clous de girofle, le cumin, la coriandre, le thym et le citron noir séché (loomi). Contrairement à une idée reçue, elle n’est généralement pas très piquante, privilégiant davantage les parfums que la force du piment.

Avant l’arrivée du pétrole, l’alimentation restait principalement simple, nourrissante et cuite souvent dans un seul récipient, pratique pour la vie nomade. La transformation ultra-rapide du pays à partir des années 1960, l’urbanisation massive et l’afflux d’expatriés ont profondément modifié les habitudes alimentaires. L’émergence des fast-foods, des buffets internationaux et des boissons sucrées a accompagné la hausse de l’obésité et du diabète, largement documentée par les études sanitaires. Paradoxalement, c’est au moment où la cuisine quotidienne s’occidentalisait que l’on a commencé à codifier et valoriser la « cuisine émirienne » comme patrimoine à préserver, via des restaurants spécialisés, des festivals et des écoles de cuisine.

Bon à savoir :

Ce que l’on appelle souvent ‘cuisine arabe’ dans les menus est en réalité une cuisine levantine (libanaise, syrienne, etc.). La cuisine émiratie authentique se distingue par des plats à base de riz épicé, des mijotés parfumés au citron noir, à la cardamome et au safran, et utilise moins d’huile d’olive que les mezze.

Les ingrédients-clés à connaître pour « lire » un menu émirien

Entrer dans un restaurant local sans repères peut être déstabilisant. Comprendre quelques piliers de la cuisine émirienne permet de déchiffrer les cartes.

Exemple :

L’alimentation repose sur des céréales comme le blé, transformé en pains (regag, khameer) ou en bouillies (harees), et le riz, central dans des plats festifs comme le machboos. Les protéines animales incluent les viandes (agneau, poulet) pour le quotidien et la viande de chameau pour les occasions. La mer fournit une grande variété de poissons (hamour, kingfish) et fruits de mer (crevettes, calamars), utilisés notamment dans des plats comme le jesheed à base de petit requin.

Côté végétal, la cuisine traditionnelle s’accommode de légumes faciles à cultiver ou à conserver : tomates, concombres, aubergines, courgettes, gombos, pommes de terre, oignons, ail. Le palmier dattier demeure le pilier historique : on consomme les dattes fraîches, séchées, en sirop (dibs), en pâte incorporée aux gâteaux ou en boisson.

Attention :

La cuisine utilise une grande variété d’épices communes comme le curcuma, la cannelle ou le citron noir séché (loomi). Chaque famille personnalise souvent son propre mélange maison, le bezar, dont la recette varie d’un foyer à l’autre.

Les produits laitiers complètent l’ensemble : lait et yaourt (laban), fromages locaux comme le chami, ghee (beurre clarifié) utilisé pour enrichir les plats de fête. On retrouve enfin un usage fréquent de l’eau de rose et de l’eau de fleur d’oranger dans les desserts, qui apporte une note florale caractéristique.

Un élément important pour l’expatrié : le porc est absent de la cuisine traditionnelle pour des raisons religieuses et, lorsqu’il est vendu, il l’est dans des espaces clairement signalés de certains hôtels ou supermarchés. L’alcool, lui, est limité aux hôtels, clubs et restaurants agréés, et interdit dans l’émirat de Sharjah.

Les grands classiques à goûter absolument

Pour entrer concrètement dans la cuisine locale, mieux vaut identifier quelques plats emblématiques. Nombre d’entre eux sont associés à des moments forts de la vie sociale : Ramadan, Eid, mariages ou grandes réunions familiales.

Les petits-déjeuners émiro-émiratis : douceurs, pains et œufs

Le matin, dans un foyer traditionnel, on retrouve souvent un trio de pains et de préparations sucrées-salées qui surprendra un palais occidental.

Le balaleet est l’exemple le plus déroutant pour un expat habitué aux tartines : de fins vermicelles cuits avec sucre, cardamome et safran, parfois un trait d’eau de rose, puis recouverts d’une omelette fine. Le résultat est à la fois doux, épicé et légèrement salé. On le sert au petit-déjeuner, mais également à l’aube de l’Eid ou pour l’iftar pendant le Ramadan.

Autre incontournable, le chabab (ou chebab), une crêpe épaisse parfumée à la cardamome et au safran, dorée à la poêle, que l’on déguste avec du sirop de dattes, du miel et du fromage salé type chami. C’est une excellente porte d’entrée pour les enfants ou les adultes peu aventureux.

Le khameer, pain rond gonflé, légèrement sucré par l’ajout de pâte de dattes et relevé de cardamome, safran et fenouil, se prête aussi bien au petit-déjeuner qu’aux en-cas. Il est souvent servi chaud, fendu et garni de fromage ou de beurre.

Enfin, le pain regag (ou raqaq) incarne la simplicité : une feuille ultra-fine et croustillante cuite sur une plaque chaude, que l’on peut garnir de fromage, d’œufs, de sirop ou même de chips pour une version de rue très populaire.

Exemple :

De nombreux restaurants spécialisés proposent désormais des plateaux complets de petit-déjeuner « à la façon émirienne ». Ces plateaux permettent de découvrir des spécialités locales telles que le balaleet (nouilles sucrées-salées), le chabab (crêpes parfumées au safran), le khameer (pain doux), des œufs à la tomate (shakshouka ou beid wa tomat), du labneh (fromage frais), du houmous, le tout accompagné du thé karak chai, un thé épicé et crémeux typique de la région.

Les plats principaux : riz parfumés, ragoûts et viandes mijotées

Au cœur de la table émirienne, on trouve des plats complets riches en riz, viande ou poisson, pensés pour être partagés.

Le machboos, parfois écrit majboos ou machbous, est souvent présenté comme l’un des plats nationaux. Il s’agit d’un riz cuit dans un bouillon épicé (cardamome, cannelle, clous de girofle, curcuma, loomi, safran), garni de morceaux de poulet, d’agneau ou de poisson. La présence du citron noir lui donne une saveur acidulée très reconnaissable.

Le khuzi (ou ghuzi, ouzi) représente la version la plus spectaculaire : un agneau ou chevreau lentement rôti, servi sur une immense montagne de riz au safran, parsemé d’amandes, de pignons et parfois de raisins secs. C’est le plat des mariages, des grandes fêtes, des Eid. Pour un expatrié, goûter un vrai khuzi partagé sur un plateau central, éventuellement assis à même le tapis, est une expérience culturelle forte.

Le harees (ou hareeth) propose un contraste radical : blé concassé et viande (poulet, agneau ou chèvre) sont cuits ensemble des heures durant jusqu’à obtenir une sorte de crème très lisse, quasi sans texture, enrichie de ghee et parfumée à la cannelle et à la cardamome. Ce plat, inscrit au patrimoine immatériel de l’UNESCO, est indissociable du Ramadan et des grandes célébrations.

Associe un ragoût de viande et de légumes à des morceaux de pain regag imbibés du bouillon. Considéré comme une version locale du « pain dans la sauce », il se prépare avec des pommes de terre, courgettes, carottes, gombos, et de la viande de poulet ou d’agneau. C’est un plat particulièrement prisé pour l’iftar, car nourrissant sans être trop lourd.

Le thareed (thereed, farid)

La saloona, enfin, sert de base à une infinité de déclinaisons : un ragoût de tomate, oignon, ail et légumes, auquel on ajoute du poulet, de l’agneau, du bœuf ou du poisson. À la maison, c’est un plat du quotidien, servi avec du riz ou du pain.

La table suivante résume quelques plats salés emblématiques et leur rôle culturel, utile pour savoir quoi chercher au restaurant ou dans les cours de cuisine.

PlatComposition principaleRôle / Occasion typique
MachboosRiz épicé, poulet/agneau/poisson, loomi, safranPlat de fête, repas de famille
Khuzi / OuziAgneau/goat rôti, riz au safran, fruits secsMariages, Eid, grandes célébrations
HareesBlé concassé, viande, ghee, épices doucesRamadan, mariages, fêtes nationales
ThareedRagoût viande-légumes, pain regag imbibéIftar, repas traditionnels
SaloonaRagoût tomate-légumes + viande ou poissonPlat de tous les jours
MadroobaPoisson salé, farine, épices, gheePlat réconfortant, plutôt en hiver
Samak mashwiPoisson entier grillé, marinade aux épicesLié au patrimoine de pêche du Golfe
Jesheed / JasheedRequin ou poisson haché épicé, servi sur rizSpécialité de bord de mer, plat identitaire

Douceurs et desserts : dattes, farine grillée et beignets

Impossible d’évoquer la cuisine émirienne sans parler de ce que l’on mange avec le café, en fin de repas ou pendant les soirées du Ramadan.

La star absolue reste la luqaimat : petites boules de pâte levée, parfumées au safran et à la cardamome, frites jusqu’à devenir crousti-moelleuses, puis arrosées de sirop de dattes ou de miel et saupoudrées de sésame. Pendant le Ramadan, elles envahissent les marchés et stands de rue. Pour un expatrié, c’est souvent le premier dessert local dont on tombe amoureux.

Le khabeesa (ou khabis) illustre un autre versant : farine ou semoule légèrement grillée, travaillée avec ghee, sucre, cardamome, safran, parfois eau de rose, garnie de fruits secs. On obtient une texture entre la crème et le crumble humide, très rassasiante.

Le batheetha, lui, part de la pâte de dattes mélangée à de la farine ou de la semoule et à des épices (cardamome, gingembre), façonnée en bouchées souvent servies avec le café arabe.

Les Dattes : Un Fruit aux Mille Déclinaisons

Découvrez les différentes façons de déguster et d’utiliser les dattes, des variétés les plus célèbres à leurs transformations gourmandes.

Un Fruit Polyvalent

Les dattes servent de dessert, d’en-cas ou de cadeau, s’adaptant à de nombreux moments de consommation.

Variétés Célèbres

Parmi les variétés les plus connues : Medjool, Khalas, Dabbas, Ajwa et Deglet Nour.

Dégustations Simples et Fourrées

Elles se dégustent natures ou fourrées, par exemple avec des noix ou de l’écorce d’orange confite.

Transformations Gourmandes

Les dattes sont aussi enrobées de chocolat, transformées en confitures, sirops ou vinaigres balsamiques.

Boissons : entre café rituel, thé indien et lait fermenté

Les boissons complètent le tableau gustatif et culturel.

Le gahwa (ou qahwa) est l’emblème absolu de l’hospitalité. Ce café très léger, souvent doré plutôt que noir, élaboré à partir de grains légèrement torréfiés, est parfumé avec cardamome et safran, parfois clou de girofle ou eau de rose. On le prépare dans une série de dallah (grandes cafetières ventrues) de différentes tailles et on le sert dans de minuscules tasses sans anse, les finjan. Traditionnellement, le serveur, appelé muqahwi, remplit la tasse à un tiers seulement, avec la main droite, et continue de resservir jusqu’à ce que l’invité secoue délicatement sa tasse pour signifier qu’il a assez bu.

Le karak chai, quant à lui, raconte l’histoire des échanges avec le sous-continent indien. Il s’agit d’un thé noir très infusé, cuit avec du lait (souvent concentré sucré), du sucre, de la cardamome et parfois du safran. Aujourd’hui, il se vend autant dans les cafés branchés que dans les petites échoppes de quartier, et accompagne volontiers un morceau de regag ou de cake au karak.

Le laban, boisson à base de yaourt battu, légèrement salée, constitue un excellent allié face à la chaleur et accompagne fréquemment les repas. On trouve aussi quantité de jus de fruits frais — pastèque, mangue, goyave, papaye, canne à sucre, tamarin — ainsi que des boissons traditionnelles associées au Ramadan comme le jellab (mélange de mélasse de raisin et de dattes, eau de rose, pignons) ou le qamar al-din (nectar d’abricot).

Où manger émirien quand on est expatrié

Dans un pays saturé de restaurants internationaux, la question cruciale est : où trouver de la vraie cuisine locale, et pas seulement une brochette de shawarma estampillée « Arabic » ?

S’orienter à Dubaï : des maisons patrimoniales aux malls

À Dubaï, plusieurs adresses reviennent régulièrement lorsqu’il s’agit de cuisine émirienne.

Al Fanar Restaurant & Café s’est donné pour mission de recréer l’ambiance des années 1960, avec décors de vieilles ruelles, lanternes et ustensiles traditionnels. On y mange machboos, harees, saloona, balaleet, luqaimat ou encore des plateaux de fruits de mer, pour un budget moyen d’environ 80 AED par personne (hors boissons) dans les branches de centre commercial. L’une de ses adresses figure dans le Guide Michelin, ce qui donne une indication sur la qualité perçue. L’enseigne dispose de plusieurs sites, notamment au Dubai Festival City Mall (Canal Walk) et bientôt dans le Town Centre de Jumeirah.

Arabian Tea House, ouverte à la fin des années 1990, fait figure de pionnière dans la mise en scène de la cuisine émirienne dans un cadre « maison de famille ». Sa cour ombragée à Al Fahidi, au cœur du quartier historique de Bur Dubai, attire autant les touristes que les résidents. On y retrouve des plateaux de petit-déjeuner émirien, balaleet, regag, fouls, chabab, thareed, machboos, ainsi qu’un vaste choix de thés et de jus.

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Al Khayma Heritage Restaurant propose un cours de cuisine dédié aux expatriés pour apprendre à préparer trois plats traditionnels émiratis.

D’autres enseignes jouent la carte du « moderne local ». Logma, à Dubai Mall et dans d’autres quartiers comme Boxpark, propose par exemple des machboos revisités, des « logma fries », des desserts à la datte ou au karak, dans un décor contemporain. Mama Tani, à Jumeirah, a construit sa carte autour du pain khameer agrémenté de garnitures diverses, tandis que des lieux comme The Majlis, au Souk de Dubai Mall, exploitent le lait de chamelle dans des boissons comme le « camelccino » et des chocolats signés Al Nassma.

Le tableau ci-dessous donne un aperçu de quelques adresses emblématiques à Dubaï et de ce qu’un expatrié peut y découvrir.

LieuLocalisation principaleSpécialités / Intérêt principal
Al Fanar Restaurant & CaféDubai Festival City Mall, Al Seef, etc.Machboos, harees, thareed, ambiance « années 60 », cuisine canonique
Arabian Tea HouseQuartier Al Fahidi, Sharjah, autres branchesPetit-déjeuner émirien, thareed, machboos, vaste choix de thés
Al Khayma Heritage RestaurantQuartier historique Al FahidiPlats traditionnels, cours de cuisine, cadre maison patrimoniale
LogmaDubai Mall, BoxparkCuisine émirienne et moyen-orientale modernisée
The Majlis (camel milk café)Souk de Dubai MallBoissons et chocolats au lait de chamelle
Local HouseProche de la Bastakiya / Al FahidiBurgers de chameau, spécialités locales
Klayya BakeryQuartier Al BarshaBoulangerie traditionnelle, khameer, chabab, gâteaux de dattes

En dehors de ces enseignes, les quartiers comme Souk Al Seef le long du Creek, City Walk, ou les souks de Deira offrent une concentration intéressante de cafés et petits restaurants où l’on peut grignoter regag, luqaimat ou déguster un karak en observant le va-et-vient.

Explorer Abu Dhabi : des maisons traditionnelles aux tables étoilées

À Abu Dhabi, la scène de la cuisine locale s’est aussi structurée, avec un mélange de restaurants populaires et d’adresses distinguées par le Guide Michelin.

Bon à savoir :

Al Mrzab Traditional Restaurant, sur Airport Road, est un établissement familial récompensé d’un Bib Gourmand, proposant une cuisine locale (machboos, mandi) dans un décor de majlis. Meylas, sur le front de mer d’Al Muneera, réinterprète la cuisine émirienne (balaleet, thereed, luqaimat) dans un cadre de café de plage, idéal pour un brunch.

Plus haut dans la gamme, Erth, situé dans le quartier historique d’Al Hosn, illustre la façon dont des chefs contemporains revisitent le patrimoine culinaire. Cette table distinguée par une étoile Michelin travaille avec des produits locaux et décline des classiques comme le harees, le machboos ou le poisson du Golfe dans des assiettes très travaillées. Pour un expatrié amateur de gastronomie, c’est un exemple concret de ce que peut signifier « haute cuisine émirienne ».

Al Fanar possède aussi une branche à Yas Mall, décorée comme un village ancien, où l’on peut retrouver l’essentiel des grands classiques. D’autres lieux comme Qasr Al Hosn ou la House of Artisans proposent parfois des repas ou goûters culturels associant café arabe, dattes et mets simples servis dans un cadre muséal ou patrimonial.

Street food, marchés et expériences immersives

Pour ressentir la dimension populaire de la cuisine locale, rien ne remplace les marchés et la restauration de rue. À Abu Dhabi, le marché aux poissons du port de Mina et les échoppes alentours permettent de choisir un poisson local (hamour, dorade, kingfish) et de le faire griller à la manière traditionnelle (samak mashwi). Les marchés de fruits et légumes, comme ceux de Mina ou d’Al Ain, étalent une profusion de dattes, d’herbes, d’épices et de produits saisonniers.

Pendant le Ramadan, des festivals de street food animent les quartiers historiques : stands de luqaimat, de regag, de jus, kiosques proposant harees et thareed à l’iftar. À Dubaï, des événements comme le Ramadan Street Food Festival ou les marchés de nuit organisés dans des lieux comme Al Seef ou le Dubai Shopping Festival transforment littéralement certains quartiers en immenses cantines à ciel ouvert.

Les prix restent généralement abordables : on peut manger pour 30 à 50 AED dans de petites échoppes ou stands, boisson comprise, à condition de privilégier les lieux propres, où la nourriture est préparée à la minute.

Participer plutôt que consommer : cours de cuisine et expériences culturelles

Une façon particulièrement riche pour un expatrié de s’approprier la cuisine locale consiste à enfiler le tablier plutôt qu’à s’asseoir uniquement au restaurant.

Exemple :

À Dubaï, Al Khayma Heritage House propose un atelier immersif pour visiteurs étrangers. Après un accueil traditionnel avec parfums, dattes et café, une visite guidée de la maison explique l’histoire locale. Puis, un chef émirati enseigne la préparation de plats typiques : le pain regag, un machboos de poulet et les luqaimat. L’objectif est que les participants repartent avec des recettes reproductibles et une compréhension des histoires et symboles liés à chaque plat.

Au-delà d’Al Khayma, l’offre de cours de cuisine à Dubaï est très vaste, même si tous ne sont pas centrés sur la cuisine locale. Des écoles comme Top Chef Cooking Studio à Jumeirah — fondée par Nadira Benaissa —, Culinary Boutique, ou encore l’International Centre for Culinary Arts (ICCA) proposent des ateliers thématiques. Certains programmes, comme les « Healthy Cooking Classes in Dubai », incluent explicitement des spécialités émiriennes revisitées (machboos, thareed, madrouba) dans une optique santé. Les prix se situent généralement entre 200 et 600 AED par personne pour 2 à 3 heures, ingrédients et dégustation compris.

Astuce :

Pour découvrir la culture émiratie de l’intérieur, des acteurs spécialisés comme Hi DMC proposent des expériences sur-mesure, telles que des cours de cuisine privés dans une maison traditionnelle ou des rencontres avec une famille locale. Parallèlement, des plateformes d’expériences entre particuliers offrent des repas partagés autour d’une « cuisine maison émirienne ». Ces moments uniques sont souvent animés par des hôtes qui partagent leurs souvenirs d’enfance tout en servant des plats typiques comme le harees ou le thareed.

Pour un expatrié, ce type d’atelier présente un double avantage : rompre la barrière entre « cuisine de restaurant » et « cuisine de famille », et comprendre de l’intérieur la place de la nourriture dans la vie sociale, au-delà du simple plaisir gustatif.

Le rituel café-dattes : le langage silencieux de l’hospitalité

Pour saisir la culture culinaire émirienne, il est indispensable de se pencher sur un geste que tout le monde finit par vivre un jour ou l’autre aux Émirats Arabes Unis : l’offre d’une tasse de gahwa et de quelques dattes.

Dans la tradition bédouine, offrir café et dattes à un visiteur de passage dans le désert n’était pas seulement de la politesse, mais une obligation morale, un devoir de survie partagé. Aujourd’hui encore, une visite est considérée comme incomplète si l’hôte n’a pas proposé au minimum du café — même si un repas complet a été servi.

Bon à savoir :

Le gahwa, café traditionnel des Émirats, se caractérise par sa couleur claire due à une torréfaction légère. Sa préparation suit un rituel précis : les grains d’Arabica sont légèrement grillés dans une tawa (poêle en fer), brassés avec un mehmas (bâton), refroidis dans une mebrada (filet en osier) puis broyés au mortier en laiton. La boisson est ensuite bouillie dans une grande khamara (cafetière) avant d’être transvasée dans des dallah de plus en plus petites, jusqu’à la mezalah, cafetière de service souvent ornée.

Le service obéit à un protocole précis : le serveur tient la cafetière dans la main gauche et les tasses dans la main droite, verse une petite quantité dans la première tasse pour la goûter (assurer la qualité), puis sert d’abord la personne la plus importante ou la plus âgée. On offre toujours et on reçoit toujours avec la main droite. Le café est resservi jusqu’à ce que l’invité remue doucement son finjan pour signifier qu’il ne souhaite plus être resservi. Ne pas accepter au moins une tasse, sans motif valable, peut être vu comme un manque de respect.

plusieurs milliers

Le prix au kilo que peuvent atteindre les dattes lors des enchères du Liwa Date Festival aux Émirats.

Pour vivre ce rituel en profondeur, les expatriés peuvent visiter des lieux comme le Coffee Museum et le quartier historique d’Al Fahidi à Dubaï, la Sharjah Heritage Area ou des centres culturels comme le Sheikh Mohammed Centre for Cultural Understanding (SMCCU), qui organisent régulièrement des sessions explicatives autour du café arabe et de la majlis.

Manger local en respectant les codes : quelques repères pour expatriés

Au-delà de la carte, la façon de se tenir à table et de se comporter lors d’un repas partagé compte beaucoup aux Émirats Arabes Unis. Pour un expatrié, adopter quelques réflexes simples suffit à montrer du respect pour la culture locale.

La punctualité reste appréciée, mais pour un repas chez l’habitant, arriver avec cinq à quinze minutes de décalage est souvent mieux perçu qu’une arrivée en avance qui surprendrait l’organisation de l’hôte. Avant d’entrer dans une maison ou un majlis traditionnel, on retire généralement ses chaussures.

Bon à savoir :

Le salut traditionnel est « As-salamu alaykum ». Pour les poignées de main, il est d’usage de serrer la main des hommes, mais d’attendre qu’une femme initie le geste ; une main sur le cœur accompagnée d’un sourire est une alternative courante. Lors d’une assise sur des coussins au sol, il est acceptable de signaler toute gêne physique.

À table ou autour du plateau central, on utilise la main droite pour manger, passer les plats, prendre un verre. Les couverts sont bien sûr disponibles dans les restaurants et personne n’attend des expatriés qu’ils mangent du riz à la main s’ils ne s’en sentent pas capables. Mais dans un contexte plus intime, suivre le geste du groupe — en prenant la nourriture dans la zone qui se trouve devant soi dans le plat partagé — témoigne d’une volonté d’intégration.

Bon à savoir :

Il est poli d’attendre que la personne la plus âgée ou l’hôte commence à manger. Pour éviter de sembler avoir encore faim, il est parfois préférable de laisser un petit reste dans son assiette plutôt que de la vider entièrement. Le repas se prolonge traditionnellement par un moment de conversation autour d’un thé à la menthe, d’un café (gahwa) ou lors d’une circulation d’encens (oud ou bakhour) pour se parfumer.

Dans les restaurants, les codes sont plus souples, mais la modestie vestimentaire reste appréciée, surtout dans les quartiers historiques ou les établissements très familiaux : épaules couvertes, shorts trop courts évités, en particulier pour les femmes.

Festivals, événements et calendrier culinaire : profiter de la scène food en tant qu’expat

Au-delà des restaurants, la gastronomie locale se donne à voir à travers une multitude d’événements qui rythment l’année. Certains sont plutôt orientés professionnels, comme Gulfood, vaste salon mondial de l’alimentation organisé entre le Dubai World Trade Centre et Expo City, d’autres s’adressent directement au grand public.

Exemple :

Les expatriés gourmets peuvent profiter du grand festival culinaire Taste of Dubai. Cet événement, qui se déroule sur un week-end, rassemble des stands de restaurants réputés proposant des plats en version dégustation, avec des options végétariennes et adaptées aux enfants. Le festival inclut également des classes de cuisine animées par des chefs célèbres, des concerts et un marché d’artisans.

Le Dubai Food Festival, décliné dans tout l’émirat, offre lui une programmation plus large : semaines de la gastronomie, menus spéciaux dans des centaines de restaurants, marchés éphémères, concours culinaires et mises à l’honneur des cuisines locales.

Bon à savoir :

Abu Dhabi propose plusieurs événements pour découvrir sa scène culinaire. Les festivals Taste of Abu Dhabi, Abu Dhabi Food Festival et le festival du Guide Michelin mettent en valeur la cuisine émirienne ainsi que les influences levantines, indiennes et asiatiques. Le Sheikh Zayed Festival, à Al Wathba, offre une expérience plus large avec des stands de nourriture traditionnelle, des spectacles et des reconstitutions historiques, et se déroule sur plusieurs mois.

Les fêtes religieuses constituent probablement les moments les plus forts sur le plan gastronomique. Pendant le Ramadan, les iftars (repas de rupture du jeûne) sont l’occasion de découvrir harees, thareed, saloona, luqaimat et soupe de lentilles dans des contextes très variés : tentes d’hôtels de luxe, buffets de mosquées, tables familiales. Les marchés de nuit et festivals de street food mis en place pour l’occasion sont aussi un terrain de jeu formidable pour un expatrié curieux, à condition de respecter les codes (pas de nourriture en public avant la rupture du jeûne, vêtements respectueux, attitude sobre).

Cuisine locale et santé : entre tradition nourrissante et nouveaux défis

Les plats émiro-émiriens traditionnels ont été conçus pour soutenir une vie active dans un environnement difficile : longues journées au soleil, travail du désert ou de la mer. Ils sont naturellement riches en glucides complexes (blé, riz, dattes), en protéines animales et en lipides via le ghee. Dans ce contexte ancien, ils jouaient un rôle d’apport énergétique indispensable.

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Plus de 20 % des apports caloriques journaliers des jeunes proviennent du grignotage.

Les autorités sanitaires émiriennes ont depuis lancé plusieurs initiatives visant à encourager une alimentation plus équilibrée : programmes scolaires, campagnes de promotion de l’activité physique, lignes directrices nutritionnelles. Dans ce mouvement, de nombreux chefs et entrepreneuses émiriennes travaillent à revisiter les recettes de leur enfance dans une version allégée : moins de ghee, plus de légumes, portions mieux maîtrisées. Des cours de cuisine « healthy » à Dubaï intègrent par exemple des machboos riches en légumes, des thareed à base de légumineuses, ou des desserts au sirop de dattes moins sucrés.

Astuce :

Pour un expatrié, il est possible de profiter de la cuisine locale tout en préservant sa santé. Il suffit d’adopter quelques réflexes : contrôler les portions de riz, privilégier les plats mijotés plutôt que les fritures, partager les desserts et profiter de la variété des légumes dans les soupes, salades, mezze et accompagnements.

Conseils pratiques pour apprivoiser la gastronomie locale au quotidien

S’installer durablement aux Émirats Arabes Unis offre le luxe du temps : celui d’explorer progressivement, plutôt que de tout vouloir goûter en deux semaines. Pour qu’un expatrié tire vraiment profit de ce patrimoine culinaire, quelques pistes concrètes peuvent guider les premiers mois.

Exemple :

Pour s’immerger dans la culture culinaire locale, on peut se fixer des objectifs simples : tester un nouveau plat local par semaine, alterner entre restaurants patrimoniaux (comme Arabian Tea House, Al Fanar, Al Mrzab, Meylas) et petites cantines populaires, participer à un cours de cuisine après l’installation, réserver un iftar dans un lieu culturel pendant le Ramadan, ou vivre une expérience gastronomique dans un restaurant étoilé tel qu’Erth, qui réinterprète les traditions.

Se faire accompagner par des locaux — collègues, voisins, amis — constitue une clé supplémentaire. Beaucoup d’Émiriens sont fiers de leur héritage culinaire et ravis d’expliquer la différence entre un machboos et un mandi, entre un khabeesa et un batheetha, ou de montrer comment former les luqaimat à la main. De nombreuses plateformes proposent par ailleurs des « food tours » guidés dans les quartiers historiques de Dubaï ou d’Abu Dhabi, qui combinent histoires, dégustations et promenades dans les souks.

Astuce :

Pour intégrer les saveurs émiriennes à votre quotidien, procurez-vous les ingrédients essentiels : des épices typiques comme le bezar, le loomi, la cardamome et le safran dans les souks, des dattes de qualité chez des spécialistes (ex: Bateel), ainsi qu’une dallah et du café arabe. Complétez avec un livre de recettes émiriennes ou un cours de cuisine locale. Ainsi, des plats comme le balaleet du dimanche, le karak chai du soir ou le machboos maison du vendredi peuvent devenir des rituels familiers.

Découvrir la gastronomie locale aux Émirats Arabes Unis ne se résume alors plus à « goûter un plat typique », mais bien à apprendre un langage : celui des épices, des gestes d’hospitalité, de la générosité à table et des histoires que l’on se raconte en partageant un plateau de riz parfumé. Pour un expatrié, c’est probablement l’une des portes les plus directes vers la compréhension intime du pays qui l’accueille.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier de plus d’un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers les Émirats Arabes Unis pour optimiser sa charge imposable, profiter d’un environnement sans impôt sur le revenu des personnes physiques et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités de visa/résidence, relocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Grèce, Chypre, Maurice, Émirats Arabes Unis), la stratégie retenue a consisté à cibler Dubaï/Abu Dhabi pour leur fiscalité avantageuse, la stabilité réglementaire, l’accessibilité aérienne avec la France et un écosystème financier dynamique. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions FR‑EAU), obtention d’un résident visa via création de société ou investissement, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (séjour >183 jours hors de France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, expert‑comptable) et intégration patrimoniale (restructuration, préparation transmission internationale), tout en gérant les risques de double résidence fiscale et d’adaptation culturelle.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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