Pour de nombreux expatriés, les Émirats Arabes Unis représentent une sorte de paradis fiscal: pas d’impôt sur le revenu, pas de taxe annuelle sur la propriété, pas de prélèvements sur les plus-values ou le patrimoine. Mais cette image, si elle est globalement vraie, masque une réalité plus nuancée où se mêlent frais municipaux, TVA, droits de mutation immobilière et nouvelles règles de corporate tax.
Les expatriés aux Émirats Arabes Unis, notamment à Dubaï, ne sont pas soumis à une taxe foncière classique. Cependant, les propriétaires et locataires doivent s’acquitter de la Dubai Municipality Housing Fee, une redevance annuelle sur le logement. Il n’existe pas d’impôt sur le revenu des personnes physiques dans le pays.
Un pays sans impôt sur le revenu ni taxe foncière… au sens strict
Les Émirats Arabes Unis se sont bâtis une réputation mondiale de “haven” fiscal en grande partie parce qu’ils ne taxent pas directement les particuliers sur leurs revenus ou leur patrimoine.
Concrètement, pour un expatrié résident:
Aucun impôt sur les salaires, les revenus professionnels, les dividendes, les intérêts, les plus-values, la fortune, les successions, les donations, les pensions étrangères ni taxe foncière annuelle d’État.
Autrement dit, le simple fait de vivre, travailler et posséder un bien immobilier aux Émirats Arabes Unis ne déclenche pas, en soi, un impôt sur le revenu ou une taxe annuelle de propriété. C’est ce cadre extrêmement léger qui attire des millions d’expatriés: environ 88 % de la population totale du pays n’est pas nationale.
Mais cela ne signifie pas qu’il n’existe aucun prélèvement. La fiscalité prend d’autres formes: TVA, droits d’enregistrement, fees municipaux, corporate tax pour certaines activités, et frais de services immobiliers obligatoires.
Résidence fiscale: être “résident” sans impôt sur le revenu
Les autorités fédérales ont clarifié la notion de résidence fiscale pour les particuliers. Elle ne sert pas à leur imposer un impôt sur le revenu (qui n’existe pas), mais à gérer les conventions de non‑double imposition et la délivrance de certificats de résidence fiscale.
Un individu peut être considéré comme résident fiscal des Émirats Arabes Unis s’il remplit l’une de ces conditions:
Un individu est considéré comme résident fiscal aux Émirats Arabes Unis s’il remplit l’une des conditions suivantes : son lieu de résidence habituel et le centre de ses intérêts économiques et personnels se situent dans le pays ; il est physiquement présent au moins 183 jours sur une période glissante de 12 mois ; ou il séjourne au moins 90 jours sur 12 mois, est citoyen émirati ou du CCG ou titulaire d’un permis de résidence, et possède un logement permanent ou exerce un emploi/une activité économique dans le pays.
La plupart des expatriés s’appuient sur la condition des 183 jours pour obtenir un Tax Residency Certificate (TRC) auprès de la Federal Tax Authority. Ce document est souvent indispensable pour faire reconnaître la résidence fiscale émirienne dans le cadre des conventions de non‑double imposition.
Le Tax Residency Certificate (TRC) s’obtient via le portail EmaraTax, moyennant le paiement des frais requis et le dépôt de la demande en ligne.
– 50 AED de frais de dépôt de dossier,
– 1 000 AED de frais de traitement pour une personne physique non enregistrée à la corporate tax,
– et 250 AED par copie papier supplémentaire.
Les pièces requises incluent passeport, Emirates ID, visa de résidence, justificatif de domicile (contrat de location type Ejari, acte de propriété), attestation de revenus, et historique d’entrées/sorties. Les relevés bancaires ne sont plus systématiquement exigés.
Cette résidence fiscale reste toutefois largement “à sens unique” pour les particuliers: malgré un certificat, le pays ne prélève toujours aucun impôt sur le revenu.
Corporate tax: la grande nouveauté qui épargne (presque) les particuliers
Depuis juin 2023, les Émirats Arabes Unis appliquent un impôt fédéral sur les bénéfices des entreprises, avec un dispositif sophistiqué destiné à s’aligner sur les standards de l’OCDE.
Les grandes lignes sont claires:
– 0 % de corporate tax sur les bénéfices imposables jusqu’à 375 000 AED.
– 9 % sur la part de bénéfice dépassant 375 000 AED.
– 15 % pour les grands groupes multinationaux entrant dans le champ des règles de “global minimum tax” (Pillar Two) à partir de 2025.
Un freelance, un consultant indépendant, un entrepreneur individuel ou un propriétaire gérant un portefeuille locatif comme une activité commerciale structurée peut être soumis à ce régime. La condition est qu’il exerce une « Business or Business Activity » sous licence et que son chiffre d’affaires annuel dépasse 1 million d’AED.
En revanche, trois catégories de revenus sont explicitement exclues du champ de la corporate tax pour les particuliers:
– Les salaires et rémunérations d’emploi.
– Les investissements personnels (actions, obligations, placements financiers détenus à titre privé).
– Les investissements immobiliers détenus en nom propre (propriété résidentielle ou locative ne constituant pas un business structuré).
Un expatrié qui achète un appartement pour y vivre ou le louer à titre de placement privé ne se voit donc pas appliquer la corporate tax, même sur les loyers perçus.
TVA, accises et autres prélèvements de consommation
Sur le plan de la fiscalité indirecte, le pays a introduit une TVA fédérale de 5 % en 2018. Elle s’applique à la plupart des biens et services du quotidien: shopping, restaurants, hôtels, services, factures d’eau et d’électricité, etc.
Certains secteurs bénéficient d’un taux zéro ou d’exemptions partielles:
Certains biens et services bénéficient de taux réduits, d’exonérations ou de régimes particuliers en matière de Taxe sur la Valeur Ajoutée.
Les prestations dans les secteurs de la santé et de l’éducation sont en grande partie soumises à un taux zéro ou sont exonérées de TVA.
Le transport public de voyageurs et les exportations de biens hors de l’Union européenne relèvent d’un traitement fiscal particulier.
Certaines opérations spécifiques, comme la première vente d’un logement neuf, bénéficient également d’un régime dérogatoire.
Les expatriés doivent aussi tenir compte de la taxe sur les produits nocifs (excise tax) :
– 100 % sur le tabac et les boissons énergétiques.
– 50 % sur les boissons sucrées ou édulcorées.
Ces prélèvements ne constituent pas des impôts sur le revenu, mais ils ont un impact direct sur le coût de la vie. Dubaï figure ainsi dans le top 13 % des villes les plus chères au monde, même si elle reste moins onéreuse que Londres, New York ou Toronto.
Pas de taxe foncière classique, mais une constellation de frais immobiliers
La grande particularité du système émirien, c’est l’absence totale de taxe foncière nationale annuelle. Aucune administration ne taxe systématiquement, chaque année, la valeur des biens immobiliers détenus par les particuliers.
Pour autant, devenir propriétaire aux Émirats Arabes Unis implique plusieurs coûts:
– Des droits de mutation et d’enregistrement à l’achat.
– Des frais d’entretien de la copropriété (service charges / community fees).
– À Dubaï, un municipal housing fee de 5 % de la valeur locative, payé via la facture de services publics.
– Des frais administratifs ponctuels en cas d’hypothèque, de revente ou de donation (hiba).
Panorama des principaux frais immobiliers
Le tableau ci‑dessous synthétise les grands types de prélèvements liés à la propriété, en les comparant à une “taxe foncière” au sens large.
| Type de prélèvement | Nature juridique | Assiette principale | Fréquence | S’apparente à une taxe foncière ? |
|---|---|---|---|---|
| Impôt foncier national | Inexistant | Valeur cadastrale du bien | Annuel | Non, car n’existe pas |
| Droits de transfert (DLD, DMT…) | Frais/droits d’enregistrement | Prix de vente du bien | À l’achat/vente | Proche de droits de mutation |
| Dubai Municipality Housing Fee | Redevance municipale | Valeur locative annuelle (5 %) | Mensuel (via DEWA) | Partiellement, côté occupant |
| Service charges / community fees | Obligation contractuelle de copropriété | Surface (AED / sq ft / an) | Annuel / trimestriel | Non, charge privée |
| Taxe municipale sur loyers (autres émirats) | Redevance municipale | Loyer annuel (2–3 % selon émirat) | Mensuel via facture | Oui, proche de taxe d’habitation |
| Frais de maintenance courante | Contrats privés (entretien, réparations) | Coût réel des prestations | Selon besoin | Non |
Pour un expatrié, la “pression fiscale” immobilière ne vient donc pas d’un impôt national, mais d’un empilement de frais réglementaires et de redevances locales.
La Dubai Municipality Housing Fee: la quasi “taxe d’habitation” de Dubaï
À Dubaï, le dispositif qui se rapproche le plus d’une taxe foncière ou, plus précisément, d’une taxe d’habitation, est la Dubai Municipality Housing Fee, souvent appelée simplement Dubai Housing Fee ou Municipality Fee.
Qui paie et sur quelle base ?
Cette redevance annuelle est obligatoire pour tous les expatriés occupant un logement à Dubaï, qu’ils soient locataires ou propriétaires‑occupants. Les citoyens émiratis en sont intégralement exemptés.
Son calcul est simple: 5 % de la valeur locative annuelle du bien. Pour les locataires, cette base est le loyer figurant dans le contrat Ejari enregistré. Pour les propriétaires expatriés occupant leur logement ou le laissant vacant, la municipalité se réfère à une valeur locative estimée via l’index des loyers du RERA.
Quelques exemples concrets:
| Loyer annuel ou valeur locative | Housing Fee annuelle (5 %) | Paiement mensuel approximatif |
|---|---|---|
| 18 000 AED | 900 AED | 75 AED |
| 50 000 AED | 2 500 AED | 208,34 AED |
| 75 000 AED | 3 750 AED | 312,50 AED |
| 100 000 AED | 5 000 AED | 416,66 AED |
| 150 000 AED | 7 500 AED | 625,00 AED |
| 200 000 AED | 10 000 AED | 833,33 AED |
Un expatrié qui loue un appartement 100 000 AED par an acquitte donc environ 417 AED par mois de housing fee, en plus de son loyer et de ses charges courantes.
Mode de paiement: la Housing Fee cachée dans la facture DEWA
L’originalité de ce dispositif tient aussi à son mode de perception: la redevance n’est pas payée séparément. Elle est automatiquement calculée et ajoutée à la facture mensuelle d’électricité et d’eau (DEWA).
Elle apparaît sous une ligne type
Sur la facture
– “Dubai Municipality Housing Fee”
– “Housing Fee”
– ou “Housing Fee (5 %)”.
Le montant annuel est réparti sur 12 mois, ce qui atténue son impact immédiat mais la rend particulièrement discrète pour les nouveaux arrivants qui peuvent passer à côté de cette ligne s’ils ne lisent pas attentivement leur facture.
La DEWA collecte cette redevance pour le compte de la Dubai Municipality. Les sommes financent un large éventail de services publics: gestion des déchets, nettoyage des rues, espaces verts, entretien des infrastructures, parcs, sécurité alimentaire, services de santé environnementale, etc.
Ajuster le montant en cas de loyer erroné ou surestimé
Le montant de la Housing Fee dépend d’une valeur locative. Si cette base évolue (nouveau loyer, renégociation de bail) ou si le propriétaire conteste l’estimation de l’index RERA, il est possible de demander une révision.
La démarche doit être effectuée via le site officiel de la Dubai Municipality ou l’application mobile DubaiNow, en utilisant le service dédié.
– “Apply to Amend Dubai Municipality Residential Fees” ou
– “Apply to Amend Dubai Municipality Housing Fee.”
Les documents couramment demandés incluent:
– Contrat Ejari pour les locataires,
– Titre de propriété pour les propriétaires,
– Plan ou descriptif du bien,
– Détails du compte DEWA.
Le traitement prend en général trois jours ouvrés. En cas de trop‑perçu, la différence est remboursée sous forme de crédit sur le compte DEWA.
Qui est exonéré ?
Sont exemptés de cette redevance:
– Les citoyens émiratis occupant un logement résidentiel.
– Certains bâtiments ou organisations spécifiques: unités commerciales, consulats et missions consulaires, Emirates General Petroleum Corporation, Banque centrale.
Dans les faits, la Housing Fee vise donc les résidents expatriés, ce qui en fait un instrument de financement des services municipaux ciblant principalement la population étrangère.
Autres taxes ou redevances sur les loyers dans les émirats voisins
Dubaï n’est pas un cas isolé. D’autres émirats appliquent des redevances municipales liées aux loyers, parfois présentées comme des “rental taxes”:
À Abu Dhabi, le prélèvement sur les loyers résidentiels est de 3 % du loyer annuel.
Dans la pratique, ces taxes sont prélevées via les factures de services municipaux ou d’électricité/eau, comme à Dubaï. Elles jouent un rôle proche d’une taxe d’habitation plutôt que d’une taxe foncière au sens classique, car elles visent l’occupant du bien (locataire ou propriétaire‑occupant) plutôt que l’investisseur en tant que tel.
Les service charges: des charges de copropriété très encadrées, mais pas un impôt
En plus de la Housing Fee, les propriétaires en copropriété supportent des service charges (community fees), qui sont souvent confondues à tort avec une taxe foncière.
Ces charges sont pourtant de nature privée: elles rémunèrent les services de maintenance et de gestion des parties communes (nettoyage, sécurité, jardins, piscines, gymnases, ascenseurs, systèmes techniques, climatisation des espaces partagés, assurance des communs, administration, réserve pour gros travaux, etc.).
Elles sont calculées en AED par pied carré et par an, en fonction de la surface nette du lot. À Dubaï, le spectre est large:
Les frais de service annuels à Dubaï varient de 3 à 40 AED par pied carré, selon le type de logement, des villas aux ensembles ultra-luxe.
Le Burj Khalifa illustre l’extrémité haute: entre 67,88 et 72 AED par pied carré et par an de service charges.
Un encadrement réglementaire strict à Dubaï
À Dubaï, ces charges sont encadrées par le Dubai Land Department (DLD) et la Real Estate Regulatory Agency (RERA). Le système Mollak impose aux associations de propriétaires et sociétés de gestion de soumettre leurs budgets pour approbation. Le DLD tient un Service Charge Index accessible en ligne, permettant de vérifier le niveau de charges par projet.
Le tableau ci‑dessous donne quelques exemples de charges annuelles, illustrant les différents types de dépenses récurrentes à prévoir sur une année.
| Communauté / Projet | Type principal | Service charges (AED / sq ft / an) |
|---|---|---|
| Arabian Ranches 1 | Villas | ~ 3,08 |
| Arabian Ranches 2 | Villas | ~ 2,44 |
| Dubai Hills Estate (villas) | Villas | 3 – 4 |
| Dubai Marina (moyenne) | Appartements | ~ 16,1 |
| JBR – Jumeirah Beach Residence | Appartements | ~ 15,4 |
| Palm Jumeirah (Shoreline Apts) | Appartements | 10 – 12 |
| Jumeirah Village Circle (villas) | Villas | 2 – 6 |
| Jumeirah Village Circle (appts) | Appartements | < 10 à ~ 22 |
| Discovery Gardens | Appartements | ~ 12,5 |
| Jumeirah Golf Estates | Villas / Appart. | ~ 6,24 |
| Emirates Hills | Villas | ~ 1,53 – 1,6 |
Ces montants sont dus par le propriétaire, qu’il occupe ou non le bien. En cas de location, il peut en répercuter une partie dans le loyer, mais demeure légalement responsable du paiement. En cas de non‑paiement, les gestionnaires peuvent limiter certains services et, au bout du processus, engager des actions en justice.
Il faut y ajouter, ponctuellement, les contributions au sinking fund (fonds de réserve) destinées à financer de gros travaux à long terme (façade, toitures, remplacement de systèmes techniques). Les montants demandés peuvent aller de quelques centaines à plusieurs dizaines de milliers d’AED, selon la taille du bien.
Coût d’acquisition: droits de mutation et frais d’enregistrement
Même si les Émirats Arabes Unis ne prélèvent pas de taxe annuelle sur la propriété, l’acquisition d’un bien s’accompagne de droits d’enregistrement substantiels, variables selon l’émirat.
Dubaï: 4 % de droits de transfert
Le Dubai Land Department applique un droit de transfert standard de 4 % de la valeur du bien. Dans la pratique, ce coût est généralement supporté par l’acheteur, même s’il peut théoriquement être partagé.
À ces 4 % s’ajoutent:
Frais d’enregistrement pour un bien immobilier d’une valeur supérieure ou égale à 500 000 AED, incluant la TVA.
L’enregistrement doit intervenir dans les 60 jours suivant la signature du contrat, sous peine d’amende. En pratique, les agences et bureaux de trustees gèrent ces formalités au guichet du DLD ou dans les centres agréés.
Abu Dhabi et autres émirats: droits réduits mais structure similaire
À Abu Dhabi, le droit de transfert est de 2 % du prix du bien. Sharjah applique généralement des taux compris entre 2 et 3 %. L’essentiel du reste de la mécanique (frais d’enregistrement, titre de propriété, trustee offices) est comparable, avec des montants spécifiques par émirat.
Lorsque l’achat d’un bien est financé par un prêt, une taxe d’enregistrement hypothécaire s’ajoute aux frais à prévoir.
– À Dubaï, 0,25 % du montant du prêt + environ 290 AED d’administration.
– À Abu Dhabi, souvent autour de 0,1 à 0,25 % du montant du prêt.
Depuis 2025, les banques ne peuvent plus financer ces frais d’enregistrement et commissions via le prêt hypothécaire. L’acheteur doit les régler de sa poche. Pour un achat de 2 millions d’AED à Dubaï, le total de ces frais annexes hors apport peut approcher 7 à 10 % du prix du bien selon les cas (droits DLD, commission d’agent, enregistrement, NOC, frais de dossier bancaire, etc.).
Revenus locatifs: pas d’impôt sur le revenu, mais TVA et corporate tax possibles
Pour les particuliers, les loyers perçus sur un bien détenu en nom propre ne sont pas soumis à un impôt sur le revenu ou à une taxe sur les plus‑values. Un investisseur expatrié qui loue son appartement à Dubaï ne paie pas d’impôt national sur ces loyers.
Il doit toutefois intégrer:
– Les service charges et autres frais d’entretien.
– Les éventuelles taxes municipales sur les loyers, selon l’émirat.
– La corporate tax s’il structure son investissement comme un business dépassant certains seuils.
La taxe sur les sociétés peut s’appliquer à une activité de location si celle-ci est considérée comme commerciale. Cela inclut la gestion d’un portefeuille important au sein d’une structure, ou le cas d’un individu exerçant une activité de location formellement licenciée générant un chiffre d’affaires supérieur à 1 million AED.
– 0 % jusqu’à 375 000 AED de bénéfice.
– 9 % au‑delà, si le seuil de 1 million AED de chiffre d’affaires est franchi pour un individu.
D’un point de vue TVA, la location résidentielle de long terme est en principe exonérée, sauf première livraison d’un logement neuf par un promoteur, qui bénéficie d’un taux zéro. En revanche, la location de biens commerciaux (bureaux, boutiques, entrepôts) est soumise à 5 % de TVA. Les propriétaires qui réalisent plus de 375 000 AED de revenus locatifs commerciaux par an doivent s’enregistrer à la TVA.
Hôtellerie, tourisme: une fiscalité spécifique mais ciblée sur les visiteurs
Les expatriés doivent également tenir compte de la fiscalité touristique, très visible sur les factures d’hôtel, mais qui ne les frappe généralement que lorsqu’ils voyagent ou accueillent de la famille.
Selon l’émirat, la note peut inclure:
– Taxe hôtelière de 10 %.
– Service fee de 10 %.
– Municipal tax entre 0 et 10 %.
– City tax autour de 6 à 10 %.
– Touristic fee d’environ 6 %.
La redevance Tourism Dirham à Dubaï n’est due que pendant les 30 premières nuits d’un même séjour.
Ces taxes ne concernent pas la propriété immobilière au sens strict, mais participent à l’architecture globale de la fiscalité indirecte du pays.
Héritage et donation: pas de droits de succession, mais des frais de transfert
En matière successorale, la fiscalité reste légère: aucun impôt sur les successions, donations ou patrimoine. Cependant, la question clé pour les expatriés n’est pas fiscale mais juridique, car à défaut de dispositions spécifiques (testament enregistré, recours au droit civil des non‑musulmans, etc.), la répartition du patrimoine peut être faite selon les règles de la charia.
Sur le plan strictement financier:
Le transfert d’un bien par héritage est soumis à un droit de transfert de 4% de sa valeur, réduit à 0,125% dans le cadre d’une donation familiale (hiba). Les frais de gestion par un trustee s’élèvent généralement entre 2 000 et 4 000 AED. La revente ultérieure du bien hérité n’est pas soumise à l’impôt sur la plus-value pour un particulier, mais l’acheteur devra acquitter les droits de transfert habituels.
Ce dispositif fait que la fiscalité de transmission se limite à des droits de mutation supportés à l’occasion des changements de propriétaire, sans prélèvement spécifique sur la valeur de l’héritage.
Double imposition internationale: le rôle clé des conventions
Si les Émirats Arabes Unis ne taxent pas les revenus personnels, la question de la double imposition se pose surtout vis‑à‑vis du pays d’origine de l’expatrié.
Le pays a signé plus de cent conventions de non‑double imposition (les chiffres varient selon les sources entre 137, 140 et 143), couvrant la plupart des grandes économies européennes et asiatiques (France, Allemagne, Royaume‑Uni, Inde, Singapour, etc.). Ces accords déterminent quel État a le droit d’imposer telle ou telle catégorie de revenu et prévoient des mécanismes de crédit d’impôt ou d’exemption.
Deux points importants pour les expatriés:
Les Émirats Arabes Unis n’appliquent aucune retenue à la source (taux de 0 %) sur les paiements de dividendes, d’intérêts et de redevances versés à l’étranger. De plus, il n’existe pas d’impôt local sur le revenu des personnes physiques. Par conséquent, l’imposition de ces revenus dépend principalement des règles du pays d’origine du bénéficiaire, qui peuvent tenir compte ou non d’une convention fiscale éventuelle avec les Émirats.
Un cas notable reste les États‑Unis, qui n’ont pas de convention de non‑double imposition avec les Émirats Arabes Unis sur l’impôt sur le revenu des particuliers. Les citoyens et détenteurs de green card américains restent soumis à l’IRS sur leurs revenus mondiaux, même en vivant à Dubaï ou Abu Dhabi, et doivent jouer avec des dispositifs tels que le Foreign Earned Income Exclusion, le Foreign Tax Credit ou les régimes de compliance allégée.
Ce que cela signifie concrètement pour un expatrié propriétaire
Pour résumer l’impact de ce système sur un expatrié qui s’installe et achète un logement:
L’achat d’un bien immobilier aux Émirats Arabes Unis s’accompagne d’une fiscalité spécifique : aucun impôt sur le revenu local, ni taxe foncière annuelle. Cependant, l’acquéreur doit prévoir des droits de mutation (4% à Dubaï, 2% à Abu Dhabi) et des frais annexes portant le coût total à 7-10% du prix. Le propriétaire paie des charges annuelles variables (service charges) et, à Dubaï, une taxe municipale de 5% sur la valeur locative (Dubai Municipality Housing Fee) via la facture DEWA, applicable aux occupants non-émiratis. D’autres émirats appliquent une taxe municipale similaire de 2 à 3%. Il n’existe pas de droits de succession, mais des droits de transfert peuvent s’appliquer en cas de décès ou de donation.
Pour un investisseur purement locatif, le principal arbitrage consistera à comparer les rendements bruts (souvent élevés par rapport à d’autres grandes métropoles) et ces coûts de détention et d’acquisition. Le fait de ne pas payer de taxe foncière récurrente ni d’impôt sur les loyers ou les plus‑values offre un avantage significatif sur la durée, d’autant plus que la population et la demande locative continuent de croître.
Vers une remontée progressive de la pression fiscale ?
Le paysage fiscal des Émirats Arabes Unis n’est pas figé. L’introduction de la corporate tax, la mise en place d’un Domestic Minimum Top‑up Tax de 15 % pour les grands groupes, le renforcement des standards de transparence (CRS, FATCA, Economic Substance Regulations) et le développement d’outils numériques de contrôle (Mollak, e‑invoicing à venir) témoignent d’une mutation en cours.
Pour l’instant, la ligne rouge reste cependant claire: aucune volonté affichée de taxer directement le revenu des particuliers ou d’introduire une taxe foncière nationale. La stratégie consiste plutôt à:
Les quatre piliers proposés pour structurer la politique fiscale et financière.
Taxer les bénéfices des entreprises et des activités professionnelles structurées.
S’appuyer sur la TVA et les taxes à la consommation.
Développer des redevances ciblées (Housing Fee, taxes touristiques).
Encadrer strictement les flux financiers et les structures juridiques pour respecter les standards internationaux.
Pour les expatriés, le message reste donc double: la fiscalité directe sur leurs revenus et leur patrimoine est l’une des plus légères du monde, mais le pays n’est ni hors‑sol ni hors norme. Les règles deviennent plus complexes pour les entrepreneurs, les investisseurs professionnels et les citoyens de pays qui taxent la résidence mondiale, comme les États‑Unis ou, sous certaines conditions, l’Inde pour ses résidents fiscaux.
Dans ce contexte, comprendre la mécanique des redevances locales – en particulier la Dubai Municipality Housing Fee et les service charges – est désormais aussi important que de savoir qu’il n’existe pas “d’impôt sur le revenu” ni de “taxe foncière” au sens classique aux Émirats Arabes Unis.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers les Émirats Arabes Unis pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités de résidence, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Émirats Arabes Unis, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler les Émirats Arabes Unis pour l’absence d’impôt sur le revenu des personnes physiques, l’absence d’impôt sur la fortune et un environnement pro-investisseurs (zones franches, fiscalité attractive pour les sociétés), combinant niveau de vie élevé, sécurité et connectivité internationale. La mission a inclus : audit fiscal pré-expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence via visa long séjour / Golden Visa, coordination couverture santé locale/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français, mise en relation avec un réseau local (avocat, conseil immigration, family office) et intégration patrimoniale globale.
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