S’installer aux Émirats Arabes Unis en tant qu’expatrié : le guide complet

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer aux Émirats Arabes Unis tant qu’expatrié, ce n’est pas seulement changer de pays : c’est basculer dans un environnement ultra moderne, très sûr, sans impôt sur le revenu, mais aussi très réglementé et culturellement exigeant. Entre les démarches de visa, le choix de l’émirat, la recherche de logement, l’ouverture de compte bancaire, la scolarité des enfants ou encore le système de santé, un projet mal préparé peut vite devenir coûteux et stressant.

Bon à savoir :

Ce guide fournit une procédure détaillée, étape par étape, pour réussir son installation aux Émirats Arabes Unis en tant qu’expatrié. Il s’appuie sur les données les plus récentes disponibles.

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Comprendre le pays avant de partir

Les Émirats Arabes Unis sont une fédération de sept émirats : Abu Dhabi (capitale), Dubai, Sharjah, Ajman, Ras Al Khaimah, Fujairah et Umm Al Quwain. L’arabe est la langue officielle, mais l’anglais domine dans le business et la vie quotidienne, tant la population expatriée est massive : entre 85 % et 90 % des habitants seraient des étrangers, avec une communauté indienne particulièrement nombreuse, suivie de Pakistanais, Bangladais, Philippins, Égyptiens et bien d’autres nationalités.

Astuce :

Les Émirats Arabes Unis offrent de nombreux atouts pour les expatriés : absence d’impôt sur le revenu, stabilité politique, très faible criminalité, infrastructures modernes, hubs aériens mondiaux (comme Dubai International Airport), système de santé performant et une large offre d’écoles internationales. Cependant, le coût de la vie, particulièrement à Dubai et Abu Dhabi, peut être élevé. Les postes de dépenses les plus importants sont le logement, les frais de scolarité et la santé, surtout si l’employeur ne les prend pas en charge.

Sur le plan du climat, il faut se préparer à un environnement désertique : étés extrêmes, avec des températures dépassant régulièrement 40 °C et pouvant approcher 50 °C, et hivers doux. L’essentiel de la vie extérieure se concentre de novembre à mars, période où la météo est plus clémente.

Immigration, visas de travail et résidence

Pour vivre et travailler légalement aux Émirats Arabes Unis, un simple visa touristique ne suffit pas. Le cœur du dispositif repose sur le visa de résidence, auquel est généralement associé un permis de travail (labour card).

Principe général : visa de résidence + permis de travail

Pour un salarié “classique”, le chemin est clair :

un employeur établi aux Émirats doit vous faire une offre ferme ;

– c’est lui qui parraine votre visa de résidence et obtient votre permis de travail auprès du Ministry of Human Resources and Emiratisation (MoHRE) ou de l’autorité de la zone franche concernée ;

– vous n’avez pas le droit de travailler avec un visa visiteur ou touristique : exercer une activité professionnelle sans visa adéquat expose à des amendes et poursuites.

Le visa de résidence “standard” lié à l’emploi est souvent valable entre un et trois ans, selon le contrat et l’émirat. Il est indispensable pour pratiquement tout : ouvrir un compte bancaire, obtenir un permis de conduire, immatriculer une voiture, signer un abonnement téléphonique ou encore enregistrer un bail.

En complément, les autorités clés à connaître sont :

MoHRE (Ministry of Human Resources and Emiratisation) pour tout ce qui touche au travail ;

GDRFA (General Directorate of Residency and Foreigners Affairs) au niveau de chaque émirat, pour les questions de résidence ;

ICP (Federal Authority for Identity, Citizenship, Customs and Port Security) pour la gestion des identités et de nombreux services de visas ;

Emirates Identity Authority (EIDA) pour la délivrance de l’Emirates ID.

Le parcours du visa de travail étape par étape

Le processus est très normé, même si certains détails varient selon l’émirat ou la zone franche.

Attention :

Avant tout recrutement d’un travailleur étranger, l’entreprise doit impérativement obtenir une autorisation. Cette démarche comprend la validation des quotas applicables et peut imposer des obligations préalables de recrutement de nationaux.

2. Permis d’entrée MoHRE délivre un permis d’entrée, parfois appelé “pink card” ou “pink slip”. Il vous permet de pénétrer sur le territoire pour commencer vos démarches. Sa validité pratique est de 30 jours (prolongeable une fois), mais il doit être utilisé dans les deux mois suivant son émission.

3. Demande de permis de travail Une fois sur place, l’employeur dépose la demande de permis de travail. MoHRE a défini douze types de permis couvrant les différents cas de figure.

4. Emirates ID Vous devez vous rendre dans un centre dédié pour l’enregistrement biométrique et la demande d’Emirates ID, carte d’identité obligatoire pour tous les résidents. Elle sert ensuite de sésame pour la plupart des démarches.

5. Visite médicale Un examen médical sur le sol émirien est imposé : radiographie thoracique et analyses de sang visant à dépister notamment VIH/SIDA, tuberculose, hépatite B ou lèpre. En cas de résultat positif pour certaines pathologies, le visa est refusé et l’expulsion possible.

6. Visa de résidence Après validation médicale, l’employeur finalise la demande de visa de résidence auprès de la GDRFA ou de l’ICP. En parallèle, un labour card est délivré, généralement pour deux ans, sous une dizaine de jours.

Conditions et coûts typiques

Les autorités exigent généralement :

6

Durée minimale de validité du passeport après le séjour prévu aux Émirats Arabes Unis.

Il n’y a pas d’âge plafond universel, mais au-delà de 65 ans, un surcoût de 5 000 AED tous les deux ans est appliqué pour le permis de travail. Le coût global d’un visa de travail pour un expatrié est souvent estimé autour de 7 000 AED, même si la quasi-totalité est prise en charge par l’employeur.

Les tarifs varient selon la catégorie de l’entreprise et le niveau de qualification du salarié, classé en trois niveaux (diplôme universitaire, diplôme technique, baccalauréat).

Les visas de long terme : Green Visa, Golden Visa et autres

Les Émirats Arabes Unis ont lancé ces dernières années plusieurs mécanismes pour attirer les talents et investisseurs au-delà des schémas classiques liés à un employeur.

Green Visa : 5 ans d’autonomie

La Green Visa est une résidence de cinq ans, sans parrainage d’employeur ni de citoyen émirien. Elle cible :

les freelances et indépendants (sous réserve d’un permis de free-lance délivré par le MoHRE et de preuves de solvabilité) ;

– les salariés qualifiés classés dans les niveaux 1 à 3 de la nomenclature MoHRE, disposant d’un contrat valide ;

– les investisseurs ou associés dans des projets locaux, avec preuve d’investissement et approbation des autorités compétentes.

La Green Visa permet de parrainer sa famille (conjoint, enfants, proches au premier degré) et offre un délai de grâce pouvant aller jusqu’à six mois après expiration ou annulation pour se réorganiser.

Golden Visa : 5 ou 10 ans pour les profils d’exception

Le Golden Visa est un dispositif de résidence longue durée (cinq ou dix ans) lancé en 2019, sans besoin d’employeur-sponsor. Il vise notamment :

Exemple :

Le visa longue durée des Émirats Arabes Unis est accessible à plusieurs profils spécifiques. Les investisseurs peuvent postuler s’ils effectuent un dépôt d’au moins 2 millions AED dans un fonds agréé ou possèdent un bien d’une valeur minimale équivalente. Les entrepreneurs sont éligibles s’ils dirigent une start-up réalisant un chiffre d’affaires annuel d’au moins 1 million AED ou s’ils ont revendu un projet pour au moins 7 millions AED. Les professionnels hautement qualifiés doivent justifier d’un contrat de travail, d’une classification MoHRE de niveau 1 ou 2, d’un diplôme universitaire et d’un salaire mensuel d’au moins 30 000 AED. D’autres catégories incluent les scientifiques, chercheurs, étudiants et diplômés d’exception, ainsi que les pionniers humanitaires et les ‘frontline heroes’, ces personnels ayant été en première ligne lors de crises.

Parmi les avantages, on trouve la possibilité de rester à l’étranger de longues périodes sans invalider la résidence, de parrainer un nombre illimité de membres de la famille et du personnel de maison, et une grande stabilité de statut.

Visas investisseurs et free-lance

Pour ceux qui souhaitent s’installer comme indépendants ou par l’investissement, plusieurs options existent :

visa investisseur immobilier (souvent cinq ans) : investissement d’au moins 5 millions AED dans un bien sans financement bancaire, conservé au moins trois ans ;

visa investisseur “public investments” (dix ans) : au moins 10 millions AED dans un fonds ou une société, ou en partenariat, également maintenus trois ans ;

– visa entrepreneur (cinq ans) : projet avec un capital d’au moins 500 000 AED ou validation d’un incubateur ;

– visa free-lance, délivré dans certaines zones franches spécialisées (métiers créatifs, médias, design, éducation, etc.), nécessitant l’obtention d’une licence professionnelle dans cette zone et, souvent, la location d’un bureau ou flexi-desk.

Les grandes zones franches accueillant les freelances incluent Twofour54 à Abu Dhabi, Dubai Media City, Dubai Design District, Dubai Knowledge Village ou encore Fujairah Creative City.

Venir d’abord en visite ou pour chercher un emploi

Avant de décrocher un contrat, beaucoup d’expatriés commencent par un séjour exploratoire avec un visa de visite ou de tourisme. Les règles diffèrent selon la nationalité.

Une large liste de pays bénéficie d’une exemption de visa (séjours de 30 ou 90 jours), d’autres peuvent obtenir un visa à l’arrivée, notamment certaines catégories de ressortissants indiens détenteurs de visas ou résidences valides dans d’autres pays (États-Unis, Union européenne, etc.), moyennant un droit de 63 USD pour un séjour de 14 jours. D’autres encore doivent demander un visa touristique préalablement, par exemple via la compagnie Emirates, qui propose :

Type de visa touristiqueDurée de séjourPrix indicatif (USD)Prolongation possible
Transit 48 h2 jours10Non
Transit 96 h4 jours49Non
Tourisme 30 j simple30 jours90Oui (≈ 230 USD)
Tourisme 30 j multi30 jours136Oui
Tourisme 60 j simple60 jours177Oui
Tourisme 60 j multi60 jours231Oui

Dans tous les cas, il reste interdit de travailler avec ces visas. L’enchaînement classique consiste à entrer, passer des entretiens, puis sortir et revenir sous permis d’entrée lié à un emploi.

Documents requis pour les visas touristiques

Liste des pièces généralement nécessaires pour constituer un dossier de demande de visa touristique, ainsi que les délais de traitement.

Documents d’identité

Copie couleur du passeport en cours de validité et une photo d’identité couleur récente.

Formulaire et preuves de séjour

Formulaire de demande dûment rempli, ainsi qu’une preuve de réservation hôtelière ou un bail.

Billet de retour

Présentation d’un billet d’avion aller-retour, souvent avec la compagnie Emirates ou en code-share.

Demandes familiales

Pour les demandes regroupant la famille, une preuve du lien de parenté est exigée.

Délai de traitement

Le traitement de la demande est généralement effectué en 3 à 4 jours ouvrables.

Toute prolongation de séjour non régularisée est sanctionnée par une amende quotidienne d’environ 50 AED à partir du premier jour de dépassement.

Parrainer sa famille : le family visa

Une fois votre propre visa de résidence obtenu, vous pouvez faire venir votre famille sous votre parrainage. Ce volet est crucial pour les expatriés s’installant aux Émirats Arabes Unis tant qu’expatrié en couple ou avec enfants.

Conditions générales

Le détenteur d’un visa de résidence peut sponsoriser :

son conjoint et ses enfants ;

– dans certains cas, ses parents, beaux-parents, frères, sœurs ou autres proches, sous réserve de seuils de revenus plus élevés.

Les salaires minimums de référence sont les suivants :

Personnes à parrainerSalaire mensuel minimum requis (AED)
Épouse, enfants, parents, beaux-parents4 000 (ou 3 000 avec logement fourni)
Frères, sœurs, autres personnes à charge5 500
Frères / sœurs par alliance7 000
Amis, autres proches non directs10 000

Le sponsor dispose en principe de 60 jours après l’entrée des membres de famille pour transformer leur visa d’entrée en visa de résidence. La durée de validité du visa familial est alignée sur celle du visa du sponsor.

Bon à savoir :

Un homme expatrié peut parrainer son épouse et ses enfants. Le mariage doit être attesté par un acte officiellement traduit en arabe. Les filles non mariées peuvent être parrainées sans limite d’âge. Les fils sont généralement parrainés jusqu’à 18 ans, ou jusqu’à 21 ans s’ils poursuivent des études. Un dépôt peut être requis pour le visa d’un fils adulte.

Les femmes expatriées peuvent, selon l’émirat et le métier, parrainer leur famille. À Abu Dhabi, notamment pour les ingénieures, enseignantes ou médecins gagnant au moins 8 000 à 10 000 AED, c’est possible. À Dubai, un salaire supérieur à 10 000 AED permet parfois d’obtenir une autorisation spéciale.

Bon à savoir :

Une mère célibataire peut parrainer son enfant en fournissant les documents justificatifs requis, tels qu’un jugement de garde ou un acte de naissance.

Pour les parents, la règle veut que les deux soient parrainés ensemble, sauf en cas de décès ou de divorce dûment justifiés. Une assurance santé locale est généralement obligatoire.

Le coût du visa familial reste modeste : autour de 100 AED de frais de visa, auxquels il faut ajouter les inévitables examens médicaux pour les adultes, l’Emirates ID et l’assurance santé.

Système de santé : assurances, hôpitaux et examens

Les Émirats Arabes Unis disposent d’un système de santé parmi les plus avancés de la région, avec des hôpitaux publics et privés bien équipés. Plusieurs classements internationaux les placent en tête du monde arabe pour l’efficacité et la qualité des soins.

Accès aux soins : nationaux vs expatriés

Les citoyens émiratis bénéficient d’une couverture quasi gratuite dans le secteur public. Les expatriés, eux, doivent impérativement avoir une assurance santé privée pour accéder au système à des conditions raisonnables. À Dubai et Abu Dhabi, l’assurance maladie est obligatoire pour tous les résidents, et un visa de résidence ne peut être délivré sans preuve de couverture.

Dans la pratique :

– à Abu Dhabi, l’employeur doit assurer le salarié et sa famille (un conjoint et jusqu’à trois enfants de moins de 18 ans) ;

– à Dubai, l’employeur n’est tenu que de couvrir l’employé, même si beaucoup offrent des formules familiales.

Les autres émirats généraliseront progressivement l’obligation via un schéma national de base. En parallèle, un “health card” permet d’accéder aux hôpitaux publics avec des réductions (jusqu’à 50 % sur certains actes) pour ceux qui n’ont pas d’autre couverture.

Les frais de cette carte varient selon l’âge, mais restent symboliques au regard des coûts médicaux globaux.

Coût et types d’assurances

Les assurances sont structurées par paliers :

Type de couverturePrix annuel indicatif (AED)
Plan de base (Essential Benefits Plan)550 – 650 (revenus < 4 000 AED/mois)
Plan de base nouvelle formuleà partir de 320
Couverture simple individuel500 – 1 500
Plans moyens1 500 – 7 500
Plan complet individuel≈ 10 000
Famille (couverture de base)≈ 17 000
Famille (couverture complète)≈ 33 500

Les tarifs dépendent de l’âge, de l’état de santé, de l’étendue géographique (Émirats seuls, région, monde entier) et de la franchise.

Examen médical de résidence

Tout expatrié doit obtenir un certificat d’aptitude médicale (“Medical Fitness Certificate”) pour valider son visa de résidence. Il comprend analyses de sang et radiographie pulmonaire (obligatoire à Abu Dhabi, variable ailleurs). Un test positif à la tuberculose, au VIH ou à l’hépatite B entraîne un refus de visa et l’expulsion.

Coût des soins

Sans assurance, l’addition grimpe vite :

20 000

Le coût d’un forfait maternité complet dans un hôpital privé à Dubaï peut dépasser 20 000 AED.

Les délais d’attente sont généralement plus courts dans le privé, où l’anglais est largement utilisé, avec du personnel souvent formé à l’étranger. Les hôpitaux publics peuvent avoir des files plus longues, mais restent bien équipés.

Se loger : location, achat et quartiers

Le logement est presque toujours le plus gros poste de dépense pour un expatrié. Selon les sources, il représente entre 30 % et 40 % du revenu dans les grandes villes.

Location : règles et coûts

À Dubai, tout bail doit être enregistré dans le système Ejari. À Abu Dhabi, c’est le système Tawtheeq. Cette inscription est exigée pour ouvrir les compteurs de services (eau, électricité, etc.).

Les pratiques courantes :

Astuce :

Pour louer un logement aux Émirats Arabes Unis, plusieurs frais et modalités de paiement sont à prévoir. Le dépôt de garantie s’élève à 5 % du loyer annuel pour un logement non meublé et à 10 % pour un logement meublé. Les frais d’agence peuvent atteindre jusqu’à 5 % du loyer annuel. Concernant le paiement du loyer, il est souvent exigé en un petit nombre de chèques post-datés (par exemple 1, 2 ou 4 chèques), bien que la tendance aux paiements plus fréquents progresse. Enfin, à Dubai et Abu Dhabi, une taxe municipale d’environ 5 % du loyer annuel est ajoutée aux factures d’électricité et d’eau.

Les fourchettes de loyers sont très variables selon l’émirat et le quartier. À titre indicatif :

Ville / zone (annuel)Studio (AED)1 ch. (AED)2 ch. (AED)
Dubai – quartiers centraux55 000–85 00085 000–130 000120 000–180 000
Abu Dhabi – centre / Reem45 000–65 00060 000–90 00085 000–130 000
Sharjah – Al Majaz / Nahda20 000–30 00032 000–45 00045 000–65 000

À cela peuvent s’ajouter des “chiller fees” ou coûts de refroidissement (district cooling) facturés séparément, de l’ordre de 500 à 1 000 AED par mois en été selon la superficie.

Achat immobilier et propriété des étrangers

Les Émirats ont ouvert progressivement la possibilité pour les étrangers de devenir propriétaires en pleine propriété dans des zones d’investissement désignées (freehold), notamment :

Dubai : Palm Jumeirah, Downtown, Dubai Marina, Dubai Hills Estate, etc. ;

Abu Dhabi : Saadiyat Island, Yas Island, Al Raha Beach, Reem Island, Al Jubail.

Bon à savoir :

Depuis une réforme de 2019 à Abu Dhabi, les individus et entreprises étrangers peuvent détenir des titres de propriété en pleine propriété dans certaines zones, une évolution majeure par rapport au système précédent qui n’autorisait que des baux de 99 ans.

Les prix d’achat à Dubai illustrent les ordres de grandeur :

Type de bienPrix moyen (AED)
Studio≈ 709 000
1 chambre1 000 000 – 1 600 000
2 chambres2 300 000 – 2 800 000
Villa 4 chambres4 040 000 – 6 000 000

Le prix au m² (ou plutôt au pied carré) varie largement, mais les moyennes tournent autour de 2 468 AED/ft² en centre-ville et 1 369 AED/ft² en périphérie.

Les expatriés qui investissent au moins 2 millions AED dans un bien à Abu Dhabi ou Dubai peuvent prétendre à un Golden Visa de 10 ans, y compris si l’achat est partiellement financé par un prêt auprès de banques locales agréées, à condition que la partie effectivement payée atteigne le seuil requis.

Mettre en place les services essentiels : eau, électricité, internet

Une fois le bail signé et enregistré, vient la mise en service des utilities. C’est une étape clé et souvent sous-estimée.

Électricité et eau

Chaque émirat a son opérateur principal :

Dubai : DEWA (Dubai Electricity and Water Authority) ;

Abu Dhabi et alentours : ADDC (Abu Dhabi Distribution Company) et AADC (Al Ain Distribution Company) ;

Sharjah : SEWA (Sharjah Electricity, Water and Gas Authority) ;

– autres émirats du Nord : FEWA.

À Dubai, on configure son compte DEWA en ligne ou via l’application, dès l’obtention du certificat Ejari. Les délais d’activation sont en général de 15 à 48 heures après dépôt des documents et paiement.

Les principaux montants sont :

ÉlémentMontant indicatif (AED)
Dépôt de garantie (appart.)2 000
Dépôt de garantie (villa)4 000
Frais d’activation petit compteur≈ 130 (hors TVA)
Frais d’activation grand compteur300 (hors TVA)

Une taxe de logement de 5 % du loyer annuel est automatiquement prélevée via les factures DEWA des expatriés.

500-1200

Les factures d’électricité et d’eau pour un appartement standard de 85 m² oscillent entre 500 et 1 200 AED par mois, fortement influencées par l’usage de la climatisation.

Climatisation et “district cooling”

Beaucoup d’immeubles modernes sont raccordés à un système de refroidissement collectif (Empower, Emicool, Tabreed, etc.). Le locataire doit alors ouvrir un compte auprès de ce fournisseur, fournir passeport, visa, Emirates ID et parfois une copie du contrat DEWA, et verser un dépôt (souvent 1 500 à 2 500 AED). La facture de cooling est distincte de celle de DEWA.

Internet, télévision et téléphone

Deux grands opérateurs se partagent le marché : Etisalat by e& et du. Selon la résidence, l’un ou l’autre peut être imposé, car les infrastructures sont parfois exclusives à un fournisseur.

Les offres combinent généralement :

internet fixe illimité ;

bouquet TV (chaînes locales et internationales) ;

ligne fixe.

Les prix pour une connexion correcte (≈ 60 Mbps ou plus) tournent autour de 230 à 450 AED par mois. Les offres d’entrée de gamme commencent vers 299 AED pour de faibles débits, tandis que les packages fibre 1 Gbps se situent autour de 399 AED et plus.

Pour la téléphonie mobile, des forfaits avec voix et 10 Go et plus de data coûtent en moyenne un peu plus de 200 AED par mois. Avoir un numéro local est très utile, y compris pour certaines démarches administratives ou bancaires.

Banque, finances et coût de la vie

L’un des grands avantages de s’installer aux Émirats Arabes Unis tant qu’expatrié est l’absence totale d’impôt sur le revenu des personnes physiques. Il n’y a ni impôt sur le salaire, ni taxe sur les plus-values ou l’héritage au niveau individuel. En revanche, la TVA à 5 % s’applique à la plupart des biens et services, et un impôt sur les sociétés de 9 % frappe les bénéfices des entreprises au-delà de 375 000 AED par an.

Ouvrir un compte bancaire

Pour un résident, l’ouverture de compte est relativement simple, sous réserve de disposer : d’un justificatif d’identité, d’une preuve de résidence, et éventuellement d’un dépôt initial.

Documents requis pour une demande

Liste des pièces justificatives nécessaires pour constituer un dossier de demande de résidence ou de services administratifs aux Émirats Arabes Unis.

Passeport et visa

Un passeport valide accompagné d’un visa de résidence en cours de validité.

Emirates ID

La carte d’identité émiratie (Emirates ID) ou, à défaut, le récépissé de la demande en cours.

Justificatif de domicile

Un document attestant de l’adresse de résidence, tel qu’un contrat de bail ou une facture de services.

Preuves de revenus

Documents démontrant la stabilité financière : contrat de travail, attestation de salaire ou relevés bancaires récents.

Les grandes banques offrent des comptes courants, livrets d’épargne, cartes de débit et de crédit, prêts, etc. Les non-résidents peuvent souvent ouvrir des comptes d’épargne ou à dépôt, mais l’accès aux comptes courants et moyens de paiement est plus restreint.

Bon à savoir :

Les banques imposent généralement un solde minimum sur les comptes. Si ce seuil n’est pas maintenu, des frais mensuels peuvent être appliqués. Le montant requis varie considérablement : de quelques milliers de dirhams émiratis (AED) pour un compte standard à plusieurs centaines de milliers d’AED pour les services de banque privée ou ‘priority banking’.

Salaire et budget de vie

Le salaire net moyen à Dubai est estimé autour de 15 000 AED par mois, soit l’équivalent d’environ 53 000 USD par an après impôt… sachant qu’il n’y a justement pas d’impôt sur le revenu à déduire. D’après diverses analyses, un célibataire a besoin d’environ 12 000 à 18 000 AED mensuels pour vivre confortablement à Dubai ou Abu Dhabi, logement compris, tandis qu’une famille de quatre nécessite plutôt 35 000 à 45 000 AED pour un niveau de vie équivalent.

On peut synthétiser les ordres de grandeur pour un célibataire à Dubai (hors épargne) :

Poste de dépenseFourchette mensuelle indicative (AED)
Loyer studio/1 ch.4 500 – 8 000
Utilities (eau, élec., cooling, internet)800 – 1 500
Courses800 – 1 500
Transports300 – 700
Sorties / loisirs500 – 1 500
Divers / imprévus500 – 1 000

Les familles doivent ajouter la scolarité, potentiellement très élevée, et une assurance santé plus large.

Éducation : écoles publiques, écoles privées, internationales

Les Émirats ont massivement investi dans l’éducation, en particulier dans l’offre privée internationale, pour accompagner la démographie expatriée. La scolarité est obligatoire pour les enfants, et les autorités de chaque émirat contrôlent de près la qualité des établissements.

Public vs privé

Les écoles publiques (government schools) sont gratuites pour les Émiratis, mais payantes pour les expatriés. Elles enseignent principalement en arabe, avec une place croissante accordée à l’anglais dans les matières scientifiques, et restent largement non mixtes après le primaire.

90

À Dubai, environ 90 % des élèves étrangers sont scolarisés dans des écoles privées.

Quel que soit le type d’école, le port de l’uniforme est la règle.

Curricula et diplômes

Le choix du programme scolaire dépend souvent du projet universitaire et du pays de retour éventuel :

Principaux programmes d’études internationaux

Présentation des systèmes éducatifs internationaux les plus répandus, détaillant leurs structures, leurs objectifs et leurs débouchés.

British (IGCSE, A-Levels)

Programme très populaire, avec une filière structurée (Key Stages, GCSE, A-Levels) ouvrant aisément les portes des universités britanniques.

International Baccalaureate (IB)

Programme internationalement reconnu, réputé exigeant. Comprend les cycles PYP, MYP, DP et CP, avec un fort accent sur la pensée critique et les projets (TOK, CAS, Extended Essay).

American

Système de crédits par matière, souvent avec possibilité d’AP (Advanced Placement), adapté à une poursuite d’études aux États-Unis.

Indien (CBSE, CISCE)

Programmes très répandus, particulièrement auprès de la communauté indienne, avec des approches plus théoriques (CBSE) ou plus équilibrées (CISCE).

Tous les établissements privés doivent intégrer un socle d’enseignement local : arabe, éducation islamique pour les élèves musulmans et matières de culture et société émiriennes.

Coût de la scolarité

Les frais de scolarité varient énormément selon l’émirat, le programme, la réputation de l’école et le niveau. À Dubai, qui est l’émirat le plus cher, on observe :

Niveau / type d’écoleFrais annuels indicatifs (AED)
École publique pour expatriés≈ 6 000 par an
Écoles privées “budget”12 000 – 25 000
Écoles privées “mid-tier”35 000 – 65 000
Écoles privées “premium”60 000 – 120 000 et plus

À Abu Dhabi et dans les autres émirats, les ordres de grandeur sont similaires, mais souvent légèrement inférieurs à ceux de Dubai. Il faut en outre compter :

des frais d’inscription non remboursables (souvent autour de 500 AED) ;

l’uniforme, les livres, les transports scolaires, les activités extra-scolaires.

Les parents doivent s’y prendre tôt : les écoles les plus cotées ont parfois plusieurs années de liste d’attente, en particulier aux niveaux maternelle et primaire.

Culture, religion, lois et vie quotidienne

Ce qui distingue le plus la vie aux Émirats pour un expatrié, au-delà du climat et du confort matériel, ce sont les normes sociales, très influencées par l’islam et la culture arabe.

Valeurs et comportements attendus

Les valeurs clés incluent la solidarité familiale, le respect des aînés, la modestie, l’hospitalité et l’importance de la dignité. Les comportements agressifs ou bruyants en public, les disputes, les gestes grossiers, les insultes verbales, y compris en voiture, peuvent relever du droit pénal.

Des gestes anodins dans d’autres pays sont mal perçus : exposer la plante de ses pieds face à quelqu’un, s’asseoir de manière jugée trop désinvolte dans un majlis, ou effectuer certains gestes de la main. À noter qu’un thumbs-up peut être interprété comme un signe insultant dans certaines situations.

Attention :

Les relations hommes-femmes en public sont strictement codifiées : les marques d’affection (embrassades, accolades) peuvent être sanctionnées. Bien que la cohabitation hors mariage soit désormais tolérée par la loi, son affichage public reste une situation délicate.

Religion et calendrier

L’islam structure le rythme de la vie : appels à la prière cinq fois par jour, importance du vendredi (jour saint), forte identité pendant le mois de Ramadan. Pendant ce dernier :

les musulmans jeûnent du lever au coucher du soleil ;

il est interdit, y compris pour les non-musulmans, de manger, boire, fumer ou mâcher un chewing-gum en public pendant la journée (sauf exceptions médicales, femmes enceintes, jeunes enfants) ;

– les horaires de travail sont réduits d’environ deux heures par jour ;

– de nombreux restaurants ferment en journée ou proposent seulement des services discrets.

Les non-musulmans sont toutefois respectés et peuvent pratiquer leur religion dans des lieux de culte reconnus (églises, temples, etc.), dans un cadre réglementé.

Lois spécifiques à connaître

Les Émirats appliquent un arsenal juridique strict, inspiré de la charia mais aussi de codes civils modernes. Quelques points sensibles pour les expatriés :

Attention :

Les drogues sont soumises à une tolérance zéro, y compris pour des traces dans le sang. L’alcool ne peut être consommé que dans des lieux licenciés ou avec un permis privé. Les publications sur les médias sociaux, notamment les critiques envers le gouvernement ou les photos de personnes sans leur accord, peuvent entraîner des poursuites. Les relations homosexuelles sont illégales, avec une tolérance variable et discrétionnaire.

En parallèle, beaucoup d’expatriés soulignent le haut niveau de sécurité (vidéosurveillance omniprésente, criminalité très basse) et la liberté de circuler même la nuit dans les grandes villes.

Transport, mobilité et permis de conduire

La voiture reste un mode de transport très utilisé, notamment en dehors des centres de Dubai et Abu Dhabi. L’essence est relativement bon marché (aux alentours de 2,5–2,7 AED le litre selon les périodes), mais il faut intégrer :

l’enregistrement annuel du véhicule ;

l’assurance obligatoire ;

– les péages électroniques (Salik à Dubai, 4 AED par passage) ;

– le stationnement payant dans de nombreuses zones ;

– l’entretien.

Bon à savoir :

À Dubai, le réseau de transports en commun (métro automatique, tram, bus) est bien développé. Dans les autres émirats, comme Abu Dhabi, l’offre est plus limitée mais s’améliore progressivement. Les abonnements mensuels pour le bus ou le métro sont généralement abordables, coûtant quelques centaines de dirhams (AED) par mois.

Les taxis sont omniprésents, disponibles 24 h/24, et les applications type Uber ou Careem sont actives. Pour le permis de conduire, certains permis étrangers sont échangeables directement, d’autres exigent le passage d’examens locaux.

Est-ce que l’expatriation aux Émirats vous correspond ?

Venir s’installer aux Émirats Arabes Unis tant qu’expatrié, c’est adopter un quotidien à la fois très confortable, très cosmopolite et fortement encadré par la loi et la culture locale. Le pays offre une combinaison rare de :

stabilité politique et sécurité ;

salaires attractifs et absence d’impôt sur le revenu ;

infrastructures de très haut niveau ;

réseau scolaire et médical développé.

Mais il faut aussi accepter :

Bon à savoir :

Avant de s’installer dans le pays, il est important de prendre en compte plusieurs facteurs : le coût de la vie est élevé dans les grandes villes, et les conditions climatiques peuvent être extrêmes une grande partie de l’année. De plus, les normes sociales et juridiques sont strictes, en particulier concernant les mœurs, la consommation d’alcool et l’expression publique. Enfin, le séjour est généralement lié administrativement à un employeur, sauf si l’on obtient un visa de long terme (comme le Green Visa ou Golden Visa) via un investissement, une activité entrepreneuriale ou une reconnaissance professionnelle d’excellence.

Une préparation sérieuse – budgétaire, juridique, culturelle – et des échanges avec des expatriés déjà sur place, via des communautés comme InterNations ou d’autres réseaux, sont les meilleures garanties pour transformer ce projet en réussite durable.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers les Émirats Arabes Unis pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Émirats Arabes Unis, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler les Émirats Arabes Unis pour l’absence d’impôt sur le revenu des personnes physiques, l’absence d’impôt sur la fortune et la possibilité de structurer des sociétés en zone franche pour ses investissements. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence (visa long terme type Golden / retirement visa), couverture santé privée, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, cabinet d’immigration, family office francophone) et intégration patrimoniale globale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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