S’installer aux Comores en tant qu’expatrié : guide pratique complet

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer aux Comores tant qu’expatrié, c’est faire le choix d’un archipel tropical encore préservé du tourisme de masse, mais aussi d’un pays pauvre, à l’infrastructure limitée et au cadre de vie très différent des standards occidentaux. Avant de poser vos valises à Moroni, à Anjouan ou à Mohéli, il est indispensable de comprendre le coût de la vie, les démarches de séjour, les réalités du logement, de la santé, d’internet, de la scolarité ou encore des banques.

Bon à savoir :

Ce guide utilise des données chiffrées, replacées dans le contexte du quotidien d’un expatrié, pour vous aider à construire un projet solide et financièrement viable.

Comprendre le contexte : un archipel séduisant mais fragile

Les Comores, officiellement Union des Comores, forment un petit État insulaire au nord du canal du Mozambique, entre Madagascar et la côte du Mozambique. L’archipel compte trois îles principales sous souveraineté comorienne (Grande Comore/Ngazidja, Anjouan/Nzwani, Mohéli/Mwali) et revendique Mayotte, restée département français.

La population tourne autour de 850 000 à 900 000 habitants, ce qui en fait un pays peu peuplé mais très densément occupé. L’économie est largement agricole, avec quelques produits phares : ylang-ylang, vanille, clous de girofle. Le pays est classé parmi les plus pauvres du monde : près de 40 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, le PIB par habitant tourne autour de 1 400 à 1 784 dollars, et l’indice de développement humain reste faible.

Attention :

La capitale Moroni concentre l’essentiel des services administratifs, des logements internationaux, des écoles et des cliniques mieux équipées. Le climat est tropical marin, avec une saison chaude et humide (novembre à avril, risques de cyclones) et une saison plus fraîche et sèche (mai à octobre).

Avant d’aller plus loin, il est utile de garder en tête que nombre d’indicateurs de “qualité de vie” sont très bas : l’indice global de qualité de vie est estimé à 12, le pays est classé 187e sur 197 pour l’attrait résidentiel, le score de liberté humaine est autour de 3,8 et la corruption est très présente (indice de perception à 20). La vie sur place peut être agréable pour un expatrié correctement rémunéré, mais le contexte reste celui d’un pays en développement fragile.

Coût de la vie : un pays moins cher que l’Occident, mais pas “bon marché”

Les chiffres disponibles montrent un tableau nuancé. Les Comores ne sont pas une destination “ultra low cost” comme on pourrait l’imaginer.

Pour un expatrié, les grandes masses budgétaires se répartissent de la manière suivante :

ProfilCoût mensuel total (avec loyer)Coût hors loyer
Personne seule1 207 USD472 USD
Famille de 42 774 USD1 519 USD

Ces moyennes restent largement inférieures aux coûts américains : le niveau général des prix est environ 42 % plus bas qu’aux États‑Unis, avec un coût de la vie estimé à 56 % moins élevé. Pour un même niveau de confort :

3170

Une famille aurait besoin d’environ 3 170 USD par mois aux Comores pour un niveau de vie équivalent à 5 375 USD aux États‑Unis.

Mais un élément clé change totalement la perspective : les salaires locaux. Les estimations varient, mais plusieurs sources indiquent :

salaire net moyen local entre 159 et 675 USD par mois ;

coût de la vie environ 7,6 fois supérieur au salaire moyen le plus bas cité ;

le salaire moyen le plus faible ne couvre que… 0,1 mois de dépenses type “expat”.

Exemple :

Un expatrié rémunéré selon les standards internationaux trouvera la vie abordable aux Comores, tandis qu’un étranger tentant de vivre sur un salaire local rencontrerait rapidement des difficultés financières. À l’échelle mondiale, l’indice du coût de la vie dans l’archipel est légèrement supérieur à la moyenne mondiale, avec un coefficient de 1,06.

Pour comprendre comment se structure le budget d’un ménage, des données détaillent la répartition moyenne des dépenses :

Poste de dépensePart du budget mensuelDépense moyenne (KMF)Fourchette observée (KMF)
Logement24 %69 0006 900 – 1 000 000
Alimentation / courses28 %58 0005 800 – 870 000
Transport7 %23 0002 300 – 350 000
Santé10 %16 0001 600 – 240 000
Éducation5 %14 0001 400 – 210 000
Autres biens / services5 %9 200920 – 140 000
Épargne16 % (en moyenne)72 000 (≈160 USD)7 200 – 1 100 000

Près de 60 % des personnes interrogées déclarent épargner, avec des taux d’épargne plus élevés chez les célibataires (20 % du revenu en moyenne) que chez les familles (15 %).

Pour un expatrié, ces chiffres montrent deux choses : d’une part, il est réaliste de se constituer une capacité d’épargne si l’on est payé par une entreprise ou une ONG étrangère ; d’autre part, le coût de la vie n’est pas négligeable et impose une vraie préparation budgétaire.

Monnaie, change et environnement bancaire

La monnaie locale est le franc comorien (KMF). C’est une économie très majoritairement en cash : les cartes bancaires sont peu acceptées en dehors de certains hôtels ou restaurants de la capitale, et les distributeurs automatiques sont rares, surtout hors de Moroni.

Le taux de change indicatif donne un ordre d’idée :

DeviseÉquivalent en KMF
10 USD≈ 4 300 KMF
100 USD≈ 43 000 KMF

Et en sens inverse : Le flux d’informations et les relations entre les acteurs évoluent selon un schéma dynamique qui mérite d’être analysé.

Montant en KMFÉquivalent en USD
100 KMF≈ 0,232 USD

Pour un séjour de long terme, il est judicieux de disposer à la fois :

d’un compte à l’étranger (ou dans votre pays d’origine) pour les gros transferts et l’épargne ;

– et, si besoin, d’un compte local ou offshore basé aux Comores.

Le pays développe en effet une activité de banque offshore, avec des structures physiques comme BIC‑Comores et des banques digitales comme The Kingdom Bank ou Jetonbank. Ces établissements proposent souvent :

Services bancaires internationaux

Découvrez les fonctionnalités essentielles pour gérer vos finances à l’échelle mondiale.

Comptes multidevises

Ouvrez et gérez des comptes dans de nombreuses devises (USD, EUR, GBP, CHF, JPY, et plusieurs dizaines d’autres).

Cartes de paiement

Bénéficiez de cartes Visa ou équivalent pour vos dépenses quotidiennes et vos voyages.

Virements internationaux

Effectuez des transferts d’argent à l’étranger via le réseau SWIFT, rapide et sécurisé.

Accès en ligne et mobile

Gérez vos comptes où que vous soyez grâce à nos plateformes de online et mobile banking.

L’ouverture de compte implique généralement :

passeport valide, preuve d’adresse, justificatif d’origine des fonds ;

– parfois une lettre de recommandation professionnelle ;

– un dépôt minimum (par exemple 10 000 KMF pour certains comptes épargne ou courants, ou des montants plus significatifs autour de 1 000 USD pour des banques digitales orientées “offshore”).

Pour les transferts domestiques, un système national de règlement brut en temps réel existe, mais vous l’utiliserez surtout via votre banque ou votre employeur.

Dans la pratique, au quotidien, un expatrié paiera encore la plupart de ses dépenses en espèces. Il est conseillé d’arriver avec une réserve en euros ou dollars, à changer dans les banques locales, et de limiter la dépendance aux distributeurs.

Logement aux Comores : Moroni, le point de chute principal

Pour un expatrié, la principale porte d’entrée est la ville de Moroni, sur Grande Comore. C’est là que se concentrent :

la majorité des appartements et maisons adaptés à des standards “internationaux” ;

– les hôtels, résidences et lodges pouvant servir de solution temporaire ;

– les services (cliniques privées, écoles internationales, administrations, connexions internet un peu plus stables).

Il existe aussi des possibilités sur Anjouan (Mutsamudu) ou Mohéli, notamment via des écolodges ou des maisons d’hôtes, mais pour une installation à l’année, Moroni reste le choix le plus courant.

Niveaux de loyers : du studio à la villa

Les données de marché montrent un éventail de prix assez large, avec une forte variation selon :

l’emplacement (centre de Moroni, quartiers résidentiels, villages côtiers) ;

le standing (simple maison locale, appartement meublé “européen”, villa avec jardin, résidence sécurisée) ;

la surface.

En moyenne, les montants suivants sont cités :

Type de logementMontant moyenCommentaire
Appartement 85 m² meublé, quartier cher227 554 KMF (≈527 USD)Quartiers résidentiels prisés
Appartement 85 m² meublé, quartier standard158 325 KMF (≈367 USD)Secteurs plus “locaux”
Studio 45 m² meublé, quartier cher112 450 KMF (≈261 USD)
Studio 45 m² meublé, quartier standard75 000 KMF (≈174 USD)
1 chambre (40 m²) centre-ville (marché global)≈675 USDDonnées comparables au niveau mondial
1 chambre (40 m²) plus abordable≈566 USD
3 chambres (80 m²) centre-ville≈1 440 USD
3 chambres (80 m²) plus abordable≈1 173 USD

Pour Moroni, certaines indications en euros donnent une image plus concrète :

Type de bien à MoroniLoyer mensuel (approx.)
1 chambre centre‑ville650 €
1 chambre hors centre540 €
3 chambres centre‑ville1 250 €
3 chambres hors centre1 015 €

On voit que les loyers des appartements “confortables” à Moroni sont loin d’être dérisoires : on se rapproche, pour les biens bien situés, de prix rencontrés dans certaines villes européennes de taille moyenne.

Pour l’achat, les prix affichés au mètre carré sont du même ordre :

Type d’achatPrix moyen m²
Appartement centre-ville1 626 USD/m²
Maison en périphérie1 385 USD/m²

Typologie de biens : de la guesthouse à la villa en bord de mer

Les options de logement sont assez variées :

villas ou maisons familiales avec plusieurs chambres, jardin, terrasse, parfois réserve d’eau privée et parking ;

– appartements F1 à F4, souvent meublés, avec climatisation et cuisine équipée ;

– studios modernes avec vue mer, parfois intégrés à une résidence ;

– écolodges et bungalows en bord de plage sur Grande Comore ou Mohéli, plus adaptés à un mode de vie semi‑touristique qu’à une vraie résidence principale.

Des exemples de biens typiques montrent les standards proposés :

des maisons de 5 chambres avec deux cuisines (gaz à l’intérieur, charbon à l’extérieur), jardin, réserve d’eau et parking ;

des résidences comme “Le Paradis Bleu” à Maluzini, à 5 minutes du centre de Moroni, offrant des appartements T2 à T4 avec vue mer et transferts aéroport ;

– des studios récents avec balcon et kitchenette, proches du centre ;

– des maisons en bord de mer dans des villages de pêcheurs à quelques kilomètres de Moroni.

Pour une installation durable, il est souvent recommandé de :

Astuce :

Pour s’installer à l’étranger, il est conseillé de : 1) Réserver un hébergement temporaire (hôtel, guest-house, Airbnb) pour les premières semaines, le temps de visiter les lieux. 2) Visiter plusieurs biens avec l’aide d’un intermédiaire local (agence immobilière, contact expatrié, propriétaire recommandé). 3) Vérifier scrupuleusement certains points essentiels : l’accès à l’eau, la qualité du réseau électrique, la couverture mobile et internet, ainsi que la proximité des commerces et des écoles.

Charges et services : eau, électricité, internet

Les charges courantes représentent une part modérée du budget mais doivent être anticipées, d’autant que les infrastructures sont fragiles.

Les données moyennes donnent :

PosteCoût mensuel moyen
Électricité, eau, gaz (85 m²)15 000 KMF (≈35 USD)
Charges studio 45 m²10 000 KMF (≈23 USD)
Internet 8 Mbps8 788 KMF (≈20 USD)
Internet rapide (50 Mbps+)≈75,7 USD

À Moroni, certaines estimations en euros évoquent :

100 € pour les services de base (électricité, eau, déchets) pour un 85 m² ;

– environ 66 € par mois pour un accès internet fixe rapide ;

– plus de 30 € pour un forfait mobile avec appels et plus de 10 Go de données.

Il faut garder à l’esprit que : il est essentiel de rester concentré sur nos objectifs et de ne pas se laisser distraire par des éléments périphériques.

les coupures d’électricité sont fréquentes, obligeant parfois à investir dans un groupe électrogène ou des solutions solaires ;

– l’approvisionnement en eau est irrégulier dans certains quartiers ; disposer d’une citerne ou d’une réserve d’eau est un vrai plus ;

– l’internet fixe reste rare, la grande majorité des connexions se font par 3G/4G, parfois via des routeurs “box 4G”.

Alimentation et vie quotidienne : panier de courses et restaurants

L’alimentation représente le premier poste de dépense d’un ménage, avec environ 28 % du budget mensuel. Les prix varient selon que vous consommez des produits locaux ou des produits importés.

Quelques repères en monnaie locale (KMF) :

Produit / servicePrix approximatif (KMF)Équivalent USD (arrondi)
Menu déjeuner simple en quartier d’affaires4 750≈11
Combo fast-food3 314≈8
Pain quotidien pour deux personnes199≈0,46
Lait entier 1 L947≈2,19
Douzaine d’œufs1 422≈3,30
Tomates 1 kg1 123≈2,60
Pommes 1 kg1 167≈2,70
Pommes de terre 1 kg738≈1,71
Bière locale 0,5 L en supermarché1 000≈2,32
Coca‑Cola 2 L1 103≈2,56

Et en moyenne en dollars pour certains produits de base :

ProduitPrix moyen (USD)
Menu déjeuner moyen6,37
Dîner pour deux19,40
Fast‑food8,28
Lait 1 L4,48
Pain 0,5 kg0,59
Riz 1 kg1,75
Douzaine d’œufs5,17
Fromage 1 kg8,04
Blanc de poulet 1 kg4,40
Steak de bœuf 1 kg12,80
Bananes 1 kg1,24
Oranges 1 kg1,64
Eau 1,5 L1,34
Bouteille de vin milieu de gamme17,36
Paquet de cigarettes2,95

Dans l’absolu, les produits de base restent abordables, mais les produits importés (fromages, viandes de qualité, vins, boissons alcoolisées) sont chers. Pour réduire la facture, un expatrié a tout intérêt à s’aligner davantage sur le régime alimentaire local (poisson, riz, fruits, légumes tropicaux, plats comoriens).

20

Le coût d’un dîner pour deux dans un restaurant fréquenté par les expatriés.

Transports : circuler entre routes abîmées et liaisons maritimes risquées

Le transport représente en moyenne 7 % des dépenses mensuelles, mais son importance dépasse ce pourcentage : il conditionne votre sécurité et votre confort de vie.

Les coûts indicatifs sont les suivants :

Service / produitPrix moyen (indicatif)
Ticket de transport local simple≈0,63 USD (≈0,54 € à Moroni)
Abonnement mensuel transport≈33,20 USD (≈28,75 €)
Trajet taxi 8 km≈8,89 USD
Essence 1 L625 KMF (≈1,45 USD)
Essence 1 gallon à Moroni≈10,18 €

Les routes sont un point noir majeur :

– la “rocade” principale autour de Grande Comore est correcte, mais beaucoup de routes secondaires sont étroites, défoncées, mal signalées ;

– l’éclairage nocturne est rare, les animaux errants fréquents, les accidents mortels nombreux ;

– il n’existe pas de véritable assistance routière.

Attention :

Il est vivement déconseillé de conduire de nuit en dehors des zones urbaines. Pour conduire, un permis de conduire international est nécessaire. Un permis étranger (comme un permis britannique au format carte) n’est accepté que pour quelques mois ; au-delà de cette période, une démarche locale pour obtenir un permis est à prévoir.

Le transport en commun (minibus, taxis collectifs) est souvent bondé, irrégulier et parfois peu sûr. Pour un expatrié, les options les plus réalistes sont :

taxi individuel, avec négociation du tarif avant la course ;

location de voiture avec chauffeur ;

voiture personnelle, en gardant à l’esprit les contraintes d’importation (limite d’âge des véhicules, normes, taxes calculées sur la base CIF).

Les liaisons entre les îles (ferries, bateaux) sont à aborder avec prudence : surcharge, faible présence d’équipements de sécurité, accidents avec pertes humaines. L’avion reste plus cher mais plus sûr quand il est disponible.

Santé : un système très limité, l’évacuation comme file de sécurité

Pour un expatrié, la question sanitaire est centrale. Les Comores ne disposent pas d’un système de santé national performant, ni de standards médicaux comparables à ceux d’Europe ou d’Amérique du Nord.

Les grandes lignes du paysage médical sont les suivantes :

absence de couverture publique universelle ;

hôpitaux publics sous‑équipés, souvent surchargés, avec des coupures fréquentes d’eau et d’électricité ;

– manque de médicaments, de matériel, d’examens spécialisés (scanner, imagerie avancée), de médecins spécialistes ;

– très peu de pharmacies, et stocks irréguliers ;

– secteur privé limité, concentré à Moroni, un peu plus confortable mais exposé aux mêmes pénuries.

Les coûts de soins usuels

Quelques repères sur les coûts de soins usuels.

Service / produitPrix indicatif KMFÉquivalent USD (approx.)
Consultation médecin généraliste5 000≈12 (données locales)
Consultation médicale moyenne≈17 (donnée globale)
Médicament pour un rhume (6 jours)1 000≈2,32 (≈3,65 USD selon autre source)
Coupe de cheveux simple≈3,94
Abonnement salle de sport mensuel25 000≈58 (≈35,55 USD en moyenne globale)

Le véritable enjeu n’est pas tant le coût que la qualité et l’accès. En cas de problème grave (urgence cardiaque, chirurgie complexe, traumatisme majeur, accouchement à risque…), une évacuation médicale vers Mayotte, La Réunion, Madagascar, Maurice ou l’Afrique du Sud est souvent indispensable. Le coût d’une telle évacuation peut grimper jusqu’à 250 000 USD.

Pour un expatrié, une assurance santé internationale solide n’est pas une option : c’est une nécessité absolue. Elle doit idéalement couvrir :

Bon à savoir :

Avant un départ, vérifiez les garanties de votre assurance pour l’hospitalisation, les soins ambulatoires, l’évacuation et le rapatriement sanitaire. Pensez à déclarer les maladies chroniques ou antérieures. Si vous voyagez en famille, renseignez-vous sur la couverture liée à la maternité. Enfin, assurez-vous que votre contrat prévoit une prise en charge dans les pays voisins disposant de meilleures infrastructures médicales.

Sur le plan sanitaire, il faut également tenir compte :

des maladies vectorielles (paludisme, dengue, chikungunya) : prophylaxie antipaludique conseillée, moustiquaires, répulsifs, vêtements couvrants ;

– du risque de diarrhées du voyageur, typhoïde, choléra : prudence sur l’eau (bouteillée ou traitée) et les aliments crus ;

– de la présence de rage (chiens, faune sauvage) : vaccination pré‑exposition à envisager ;

– des recommandations vaccinales larges (hépatites A et B, typhoïde, méningite, polio, rappel DTP, rougeole, grippe, etc.).

Les soins de maternité et de pédiatrie sont en amélioration grâce à des programmes internationaux, mais le taux de mortalité maternelle reste élevé et toutes les grossesses à risque ne peuvent pas être prises en charge localement dans de bonnes conditions.

Internet et téléphonie : indispensable, mais imparfait

Pour un expatrié moderne, la connectivité n’est plus un luxe. Or, aux Comores, l’internet reste cher et relativement lent, même si la situation s’est améliorée grâce aux câbles sous‑marins (EASSy, FLY‑LION3, AVASSA, projet 2Africa).

En 2025, on estime à : *

environ 312 000 le nombre d’utilisateurs d’internet, soit 35,7 % de la population ;

– 679 000 connexions mobiles actives, dont la majorité compatibles 3G/4G.

Le marché mobile est un duopole :

OpérateurPosition / Particularités
Comores TelecomOpérateur historique public, marque mobile Huri
Telma / Yas ComoresOpérateur privé du groupe Axian, arrivé en 2016

La couverture 4G touche une bonne partie de la population (84 % environ), mais les débits moyens restent modestes (autour de 9 Mbps). Des tests pilotes 5G ont été autorisés en 2025, avec une couverture encore marginale.

Bon à savoir :

L’accès à internet fixe (ADSL, fibre) est très limité pour les particuliers, avec seulement quelques milliers d’abonnements dans tout le pays. La majorité du trafic internet transite par les réseaux mobiles. Il est courant d’utiliser des routeurs 4G pour les connexions domestiques.

Les coûts restent élevés :

– 1 Go de données mobiles coûte en moyenne autour de 12,50 USD, soit bien plus que dans de nombreux pays voisins ;

– un forfait mensuel “d’entrée de gamme” peut représenter plus de 6 % du revenu national moyen ;

Exemple :

À Mayotte, les cartes SIM prépayées sont disponibles à l’aéroport international Prince Saïd Ibrahim ainsi que dans les boutiques des opérateurs téléphoniques. Pour enregistrer une ligne, la présentation d’un passeport est obligatoire. Pour un expatrié, il s’agit de la solution d’accès à la téléphonie mobile la plus courante et la plus simple à mettre en place.

une SIM locale pour la voix, la data quotidienne et les services locaux ;

éventuellement une eSIM internationale pour conserver un numéro étranger ou profiter de packs data multi‑pays.

Les coupures de courant affectent directement la qualité du réseau ; les opérateurs disposent de générateurs mais la continuité n’est pas toujours garantie. Le Wi‑Fi public reste rare, limité à certains hôtels, cafés ou lodges.

Visa, séjour et cadre légal : construire un projet de moyen ou long terme

Tout étranger a besoin d’un visa pour entrer aux Comores, aucun régime d’exemption n’existe pour les touristes ordinaires. La formule la plus répandue est le visa à l’arrivée, délivré aux aéroports et ports principaux.

Entrer sur le territoire

Les conditions générales incluent :

passeport valable au moins 6 mois après la date de départ envisagée ;

billet retour ou justificatif de continuation de voyage ;

paiement d’un droit de visa touristique (habituellement 30 € ou 50 USD pour un séjour jusqu’à 45 jours) ;

– pour certaines nationalités, preuve de moyens financiers suffisants.

Un visa de transit de 24 h peut être délivré gratuitement. Certains détenteurs de passeports diplomatiques de pays précis (Libye, Chine) bénéficient d’exemptions partielles, mais cela ne concerne pas la majorité des expatriés.

Bon à savoir :

Pour un séjour dépassant la durée d’un court séjour, il est nécessaire d’obtenir un statut spécifique. Les options incluent le visa d’affaires, le visa de travail, le visa étudiant, ou un permis de séjour.

Travailler ou étudier : visas spécifiques et permis de résidence

Pour un expatrié salarié, le schéma classique est le suivant : le salarié est détaché par son employeur dans un autre pays pour une durée déterminée, tout en conservant son contrat de travail d’origine.

un employeur local (entreprise, ONG, institution) vous sponsorise pour un visa de travail ;

– ce visa nécessite de fournir contrat de travail, preuves de qualifications, documents d’état civil et parfois un casier judiciaire ;

– il débouche sur un permis de séjour temporaire, en général d’un an, renouvelable.

Pour un étudiant, le visa étudiant s’obtient sur présentation de :

lettre d’acceptation d’un établissement comorien ;

preuve de moyens financiers ;

attestations médicales (y compris parfois un test VIH négatif) ;

assurance santé ;

billet retour.

Attention :

Le permis de résidence étudiante doit être sollicité sur place, généralement dans les 90 jours suivant l’arrivée.

Il existe aussi, à plus long terme, des permis de résidence permanente pour des étrangers installés de longue date, fondés sur :

plusieurs années de résidence régulière ;

un revenu stable ;

la maîtrise du français et du comorien ;

un casier judiciaire vierge.

Dans tous les cas, il est fortement recommandé d’anticiper : les délais de traitement peuvent aller de quelques jours à plusieurs semaines, avec des prolongations possibles en cas de demande de documents complémentaires. Les renouvellements doivent être initiés au moins un à deux mois avant expiration.

L’overstay est à bannir : un dépassement de visa de 1 à 30 jours peut entraîner une interdiction d’entrée de deux ans ; entre 30 et 90 jours, une interdiction de trois ans, plus amendes et poursuites éventuelles.

Travailler, investir et faire des affaires : atouts et obstacles

Pour des entrepreneurs ou cadres expatriés, les Comores offrent quelques opportunités, mais dans un environnement complexe.

Les secteurs identifiés comme porteurs sont :

l’agriculture de niche (vanille, ylang‑ylang, clous de girofle, produits transformés) ;

la pêche et l’aquaculture ;

le tourisme (écolodges, plongée, randonnées, circuits nature) ;

les énergies renouvelables ;

certains services (télécoms, solutions numériques, finances offshore).

Le cadre réglementaire prévoit : les normes et conditions à respecter pour assurer la conformité des activités exercées.

Bon à savoir :

Les étrangers peuvent créer différents types d’entreprises (individuelles, joint-ventures, SARL) mais doivent obligatoirement s’enregistrer au Tribunal de commerce et obtenir un identifiant fiscal. Des licences spécifiques sont requises pour les secteurs régulés comme les télécoms, les mines ou la pêche. La fiscalité est caractérisée par un impôt sur les sociétés élevé à 50% et une TVA standard de 10%.

Le pays fait partie du COMESA, ce qui ouvre théoriquement un accès préférentiel à certains marchés régionaux. Toutefois, le marché intérieur est très restreint, les coûts logistiques sont élevés, et les infrastructures insuffisantes (routes, ports, énergie, numérique).

Bon à savoir :

Les milieux d’affaires comoriens privilégient fortement la relation humaine, la confiance et l’intégration dans le tissu local. Leur culture d’entreprise est un mélange d’influences africaines, arabes et françaises.

hiérarchie marquée, respect des titres et des aînés ;

– décisions souvent lentes, nécessitant des validations multiples ;

– importance du “fit culturel” dans les recrutements (jusqu’à 83 % des employeurs placeraient ce critère au‑dessus des compétences techniques pour des postes intermédiaires et supérieurs).

Pour un expatrié, cela implique de : s’adapter à un nouveau pays, naviguer des différences culturelles, gérer des formalités administratives, établir des réseaux sociaux, et réapprendre à vivre au quotidien.

consacrer du temps à la construction du réseau local ;

– éviter les approches trop directes ou agressives en négociation ;

respecter les horaires de prière et le calendrier islamique (Ramadan, Aïd, etc.) dans la planification des réunions.

Éducation et scolarité : options limitées, surtout pour le secondaire

Si vous venez en famille, la question de l’école est cruciale. Le système éducatif public comorien s’inspire du modèle français, mais souffre d’un manque chronique de moyens : classes surchargées, bâtiments vétustes, pénurie de manuels, salaires d’enseignants en retard de paiement, grèves fréquentes.

Les taux de scolarisation se sont améliorés, mais la qualité reste très inégale. Beaucoup d’enfants cumulent école coranique et école publique, et une part non négligeable quitte le système avant la fin du secondaire.

Pour des enfants expatriés, deux options sont généralement envisagées :

1. écoles locales publiques ou privées francophones ; 2. écoles internationales ou à programme français reconnu.

Moroni accueille notamment :

1464

Les frais de scolarité annuels à l’École Henri Matisse (réseau AEFE) commencent à partir de 1 464 euros.

Des chiffres globaux sur le coût de la scolarité privée donnent un ordre de grandeur :

Type de service éducatifCoût moyen
Crèche / maternelle privée (par mois)≈414 USD
École primaire internationale (par an)≈14 572 USD

À Moroni, des données spécifiques mentionnent une maternelle privée à environ 356 € par mois, et des écoles primaires internationales autour de 12 563 € par an.

En pratique, pour une famille expatriée, la scolarité peut devenir le principal poste de dépenses si l’on souhaite une éducation conforme aux standards occidentaux. Certains parents optent donc pour :

des scolarités internationales coûteuses mais complètes sur place ;

– ou des solutions à distance (CNED, écoles en ligne), combinées à un encadrement local.

Sécurité, vie sociale et cadre culturel

Les Comores restent un pays relativement calme en termes de criminalité : la petite délinquance existe (pickpockets, vols opportunistes, cambriolages de maisons peu sécurisées), mais la violence grave est rare. Des précautions de base suffisent en général :

éviter de se promener seul la nuit, surtout dans les quartiers isolés ;

ne pas exhiber d’objets de valeur ;

sécuriser les portes et fenêtres de son logement.

Plus préoccupants sont parfois :

Attention :

Les déplacements aux Comores peuvent être affectés par des troubles politiques occasionnels (barrages routiers, heurts), des conditions de transport maritime dangereuses (ferries surchargés, équipement de sécurité défaillant) et des risques naturels significatifs (cyclones, pluies torrentielles, activité volcanique du Karthala).

Sur le plan des mœurs, la société est profondément musulmane et conservatrice. Il est attendu des étrangers qu’ils :

Attention :

Les visiteurs doivent adopter une conduite respectueuse des coutumes locales. Cela inclut une tenue modeste (épaules et genoux couverts, surtout pour les femmes) hors des plages, l’évitement des démonstrations d’affection en public, et le strict respect des usages du Ramadan (pas de nourriture, boisson ou cigarette en public le jour). La consommation d’alcool est interdite dans l’espace public et l’ivresse peut être sanctionnée. Toute activité illégale, comme la promotion d’autres religions ou les relations homosexuelles, est sévèrement réprimée.

Les relations sociales s’organisent autour de concepts forts de solidarité et de respect : la famille élargie, les réseaux de voisinage, les cérémonies, la pratique religieuse. L’hospitalité est une valeur cardinale : un expatrié bienveillant, respectueux des codes et curieux de la culture locale est en général très bien accueilli.

Construire un budget réaliste d’expatrié

En regroupant les différents éléments chiffrés, on peut dessiner le budget mensuel type d’un expatrié à Moroni.

Pour une personne seule :

loyer d’un studio ou petit appartement meublé correct : 250 à 600 USD ;

– charges (eau/électricité/gaz) : 20 à 70 USD ;

– internet / téléphone : 20 à 80 USD selon l’usage ;

– alimentation (mélange de cuisine maison et repas à l’extérieur) : 200 à 350 USD ;

– transport (taxis, essence si voiture, quelques trajets inter‑urbains) : 50 à 150 USD ;

– santé courante, loisirs, vêtements, divers : 100 à 200 USD.

2500-3000

Coût mensuel estimé pour une famille de quatre personnes vivant confortablement, incluant un logement plus grand, la scolarité et des dépenses de consommation supérieures.

Les chiffres globaux (1 207 USD pour une personne seule, 2 774 USD pour une famille) s’avèrent donc cohérents.

Pour que cette expatriation soit viable et utile économiquement, il est fortement recommandé que :

votre rémunération nette mensuelle soit nettement supérieure à ces montants, afin d’intégrer les voyages, les imprévus et l’épargne ;

votre package de poste inclue idéalement au moins une partie du logement, de la scolarité et de la couverture santé internationale.

En résumé : à qui convient une expatriation aux Comores ?

Les Comores ne sont ni un “paradis low‑cost”, ni un environnement urbain densément équipé à la manière de grandes capitales africaines. Il s’agit d’un archipel à l’économie fragile, avec une nature spectaculaire, une société accueillante mais très codifiée, et des infrastructures limitées en santé, transport, énergie et numérique.

Une expatriation y est plus adaptée :

Exemple :

L’installation durable aux Comores convient principalement à trois types de profils. Premièrement, les profils missionnés, tels que les employés d’ONG, d’agences internationales, d’entreprises ou de projets de coopération, qui bénéficient d’un cadre contractuel solide. Deuxièmement, les entrepreneurs conscients des contraintes logistiques et réglementaires locales, prêts à investir dans des niches comme le tourisme responsable, une agriculture de qualité ou des services spécialisés. Troisièmement, les expatriés en quête d’une vie insulaire plus simple et disposant de ressources financières stables provenant de l’étranger.

Elle conviendra moins :

aux personnes dépendantes d’un système de santé très performant ;

aux familles cherchant une grande diversité d’écoles internationales ;

– aux travailleurs indépendants à faible revenu cherchant à “vivre avec peu” : le coût réel de la vie, notamment en logement et connectivité, est plus élevé qu’il n’y paraît.

Avec un projet bien préparé, un budget adapté et un profond respect de la culture locale, s’installer aux Comores tant qu’expatrié peut toutefois offrir une expérience de vie rare : celle d’un petit pays à l’identité forte, où la mer, la montagne volcanique et les relations humaines structurent un quotidien très éloigné des métropoles suréquipées.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable, diversifier ses investissements et rester connecté à la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Comores, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler les Comores pour leur fiscalité globalement légère, la possibilité de négocier un cadre de résidence privilégiée, un coût de vie nettement inférieur à la France (logement, services, main-d’œuvre) et un environnement propice aux investissements locaux (tourisme, immobilier, activités maritimes). La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, report d’imposition), obtention de la résidence avec achat ou location longue durée, bascule de la protection sociale, transfert de la résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau comorien (avocat, fiscaliste, intermédiaires francophones) et intégration patrimoniale. Cet accompagnement permet des économies fiscales significatives et une meilleure diversification, tout en maîtrisant les risques (contrôles français, double imposition, adaptation culturelle insulaire).

Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.

Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.

RETROUVEZ-MOI RÉGULIÈREMENT DANS LA PRESSE

Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.

A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux :
  • LinkedIn
  • Twitter
  • YouTube
Nos guides :
Découvrez les autres destinations pour vous expatrier à l'étranger :