Les soins de santé pour les expatriés au Pérou : comprendre, choisir, s’y retrouver

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Pérou, que ce soit pour travailler, prendre sa retraite, étudier ou vivre en nomade numérique, pose très vite une grande question pratique : comment se soigner sur place, et à quel prix ? Le pays a profondément modernisé son système de santé, surtout dans la capitale Lima, mais il reste marqué par de fortes inégalités entre public et privé, et entre grandes villes et régions rurales. Pour un expatrié, bien se préparer et comprendre le fonctionnement local est déterminant.

Bon à savoir :

Cet article fournit un guide complet sur le système de santé au Pérou pour les expatriés, incluant des données actualisées, des exemples concrets d’établissements hospitaliers, ainsi que des informations sur les coûts et les assurances santé.

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Un système de santé fragmenté, en pleine transformation

Le système de santé péruvien est à la fois plus développé qu’on ne le croit souvent et plus complexe qu’il n’y paraît. Il repose sur un empilement de régimes publics et privés qui ne communiquent pas toujours bien entre eux.

Le paysage se décompose en cinq grands blocs : le ministère de la Santé (MINSA), la sécurité sociale EsSalud, deux systèmes pour les forces armées et la police, et le secteur privé.

Les grands piliers du système

Le MINSA gère l’essentiel du réseau public de base – centres de santé et hôpitaux destinés aux populations les plus modestes. Son programme d’assurance, le Seguro Integral de Salud (SIS), vise les personnes à faibles revenus ou sans autre couverture. Le SIS s’est fortement développé : la proportion de Péruviens couverts par ce régime est passée d’environ 17 % à près de la moitié de la population en une décennie. Au total, près de 83 % des habitants disposent aujourd’hui d’une forme d’assurance santé publique ou sociale, même si cela ne rime pas toujours avec accès réel à des soins de qualité.

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Pourcentage de la population péruvienne couverte par la sécurité sociale EsSalud, principalement les travailleurs formels, les retraités, certains indépendants et les étudiants.

Enfin, le secteur privé – cliniques, hôpitaux, cabinets, laboratoires – ne sert directement qu’environ 10 % de la population, mais concentre la grande majorité des services au standard international. C’est là que se tournent la plupart des expatriés quand il s’agit de soins courants ou de prise en charge d’un problème sérieux.

Le tableau ci-dessous résume la répartition théorique de la couverture :

Entité / secteurPart estimée de la population couvertePublic / privéPublic cible principal
MINSA + SIS≈ 60 % (dont ~47 % par le SIS)Public (ministère de la Santé)Populations à faibles revenus, non assurés
EsSalud≈ 30 %Public (sécurité sociale)Salariés formels, retraités, étudiants, etc.
Forces armées (Sanidad FF.AA.)Faible proportionPublic sectorielMilitaires et familles
Police (Sanidad PNP)Faible proportionPublic sectorielPoliciers et familles
Secteur privé (cliniques, EPS, etc.)≈ 10 %PrivéClasses moyennes et aisées, expatriés

Un pays qui progresse mais reste inégalitaire

Le Pérou a mené d’importantes réformes depuis le début des années 2000 pour tendre vers une couverture quasi universelle. Les indicateurs globaux se sont améliorés : sur l’index de couverture de soins efficaces publié par The Lancet, le pays obtient un score de 76/100, non loin des États-Unis (82/100). Mais ces moyennes masquent des écarts vertigineux entre Lima et la « province », entre public et privé, et entre riches et pauvres.

Attention :

Les chiffres révèlent une situation critique : environ 29% de la population vit dans des conditions précaires. Le système de santé est sous-dimensionné avec un peu plus d’un médecin pour 1000 habitants, en deçà des recommandations de l’OMS. Les cliniques rurales, sous-équipées et sous-dotées en personnel, rendent l’accès aux soins de base aléatoire dans de nombreuses zones.

Pour un expatrié, cela se traduit par un principe simple : mis à part quelques grandes villes, il faut considérer Lima comme le véritable « back‑up » médical du pays. Beaucoup de cas graves dans les Andes ou l’Amazonie finissent par une évacuation vers la capitale, voire vers un autre pays comme le Chili ou les États‑Unis.

Public ou privé : que doit choisir un expatrié ?

Sur le papier, tout résident – y compris étranger – a le droit d’accéder au système public. Dans la pratique, la grande majorité des expatriés privilégient les structures privées, tant pour la qualité des soins que pour la gestion plus fluide, la présence de personnel bilingue et des délais beaucoup plus raisonnables.

Les limites du public pour un étranger

L’offre publique (MINSA + SIS, EsSalud) couvre théoriquement un large spectre : médecine générale, spécialistes, hospitalisation, maternité, vaccinations, rééducation, etc. EsSalud inclut même des soins dentaires. Mais les témoignages concordent : les délais et la charge des hôpitaux publics en font une solution difficilement compatible avec les attentes d’un expatrié habitué à des standards nord-américains ou européens.

Astuce :

Les délais d’attente pour une consultation spécialisée peuvent dépasser un mois, et l’accès au bloc opératoire se compte parfois en dizaines de jours. Le matériel est souvent ancien, les stocks de médicaments sont limités, et l’organisation souffre de difficultés budgétaires et managériales chroniques. Hors de la capitale Lima, de nombreux hôpitaux publics ne disposent tout simplement pas de l’équipement requis pour réaliser des actes médicaux complexes.

En clair, un expatrié qui dépendrait uniquement du système public pour une pathologie importante se mettrait en situation de forte vulnérabilité, sans compter la barrière de la langue : dans les établissements publics, il est rare de trouver du personnel parlant un bon anglais.

Le privé : la voie privilégiée des expatriés

Le secteur privé péruvien est une autre histoire. Concentré dans les grandes agglomérations – avant tout Lima, mais aussi Arequipa, Cusco ou Trujillo – il aligne des cliniques modernes, souvent certifiées à l’international, dotées de blocs opératoires de dernière génération, d’IRM, de scanners et même de robots chirurgicaux.

Exemple :

Les cliniques privées de Lima sont devenues une référence régionale pour des spécialités comme la cardiologie, l’oncologie, la chirurgie orthopédique et la fertilité. Leur attractivité internationale croissante s’explique par des coûts nettement inférieurs à ceux de l’Amérique du Nord ou de l’Europe de l’Ouest, ce qui stimule le développement du tourisme médical vers le Pérou.

Une consultation de médecine générale dans une clinique privée de haut niveau se facture habituellement entre 25 et 50 dollars, soit souvent bien moins qu’un ticket modérateur dans certains systèmes occidentaux. Une nuit d’hospitalisation en chambre privée tourne autour de 100 à 200 dollars. Selon les traitements, le gain par rapport aux États‑Unis ou à l’Europe peut aller de 40 % à 70 %.

Le tableau suivant donne quelques ordres de grandeur, en comparant plusieurs profils de coûts :

Type de dépensePublic SIS* (USD)EsSalud (USD)Privé Pérou (USD)Commentaire
Consultation privée (Lima, clinique haut de gamme)25 – 50Beaucoup moins cher qu’en Amérique du Nord
Consultation privée (autre source)50 – 100Selon spécialité et clinique
Nuit en chambre dans clinique privée100 – 200Chambre individuelle
Lit clinique 10 jours (COVID, étude)3772 4502 500Exemple comparatif public/privé
15 jours en réanimation (COVID, étude)5 70012 00026 250Coût brut sans assurance
Coût moyen assurance internationale (individuel, par an)≈ 4 213Police santé internationale
Coût moyen assurance internationale (famille, par an)≈ 12 463Famille expatriée

*Pour SIS et EsSalud, il s’agit de coûts théoriques de prise en charge d’un cas type de COVID‑19 dans une étude, permettant de comparer l’ordre de grandeur.

Ces tarifs restent toutefois très élevés pour un local sans assurance privée, mais pour un expatrié habitué aux factures hospitalières des États‑Unis, ils apparaissent relativement abordables – à condition, bien sûr, d’être couvert par une bonne police d’assurance.

Les meilleurs hôpitaux et cliniques pour expatriés à Lima

Pour un étranger, la différence de niveau entre établissements est considérable. À Lima, la capitale concentre les hôpitaux les plus avancés du pays, tant publics que privés. Pour les expatriés, une poignée de cliniques privées s’imposent comme des adresses incontournables.

Clínica Anglo Americana (British American Hospital)

Située dans le district aisé de San Isidro, la Clínica Anglo Americana – parfois désignée sous son nom anglophone de British American Hospital – est l’une des institutions privées les plus anciennes et les plus réputées du pays. Fondée au début du XXe siècle, elle est ISO‑certifiée et propose une prise en charge clairement orientée vers une clientèle internationale, avec un service dédié aux patients étrangers et un personnel largement anglophone.

L’établissement dispose d’un service d’urgences ouvert 24h/24, d’unités de soins intensifs, d’un plateau technique complet et de nombreux services spécialisés : cardiologie, chirurgie cardiaque, orthopédie et traumatologie, oncologie, pédiatrie, maternité, neurologie, chirurgie esthétique, endoscopie digestive, soins dentaires, etc. Une unité de soins intensifs néonatals se consacre aux grands prématurés.

Bon à savoir :

Le Département International de la clinique assiste les patients étrangers pour les démarches administratives, la logistique, les assurances et parfois l’hébergement. Elle collabore avec des assureurs majeurs (Allianz, Cigna, BUPA, AXA), mais il est crucial de vérifier la couverture spécifique avant toute admission.

Clínica Ricardo Palma

Elle aussi située à San Isidro, la Clínica Ricardo Palma est le plus grand établissement privé pluridisciplinaire de Lima. Créée dans les années 1950, elle cumule plusieurs accréditations internationales et joue le rôle de centre de référence pour des cas complexes.

L’établissement offre un spectre de spécialités très large : chirurgie générale, traumatologie, néphrologie et dialyse, rééducation cardiaque, maternité et néonatologie, cardiologie, oncologie, neurologie, urologie, gastroentérologie, chirurgie plastique, dermatologie, et même un centre spécialisé dans la fertilité et la FIV. Une pharmacie et un laboratoire fonctionnent 24h/24, complétés par un service d’urgences adultes, pédiatriques et obstétricales.

Pour les expatriés, c’est l’une des adresses de choix pour un suivi médical complet, y compris les bilans de santé, la prise en charge des grossesses à risque ou les traitements lourds.

Clínica Internacional

Avec plusieurs sites dans Lima (La Victoria, San Borja, San Isidro), la Clínica Internacional est l’une des structures privées les plus modernes du pays. Elle est notamment le premier hôpital péruvien à avoir reçu l’accréditation convoitée de la Joint Commission International (JCI), référence mondiale en matière de qualité hospitalière.

Spécialités et Technologies Médicales

Découvrez l’expertise médicale et les équipements de pointe de la clinique, conçus pour offrir des soins complets et innovants.

Technologies de Pointe

Investissement en robotique chirurgicale, chirurgie mini‑invasive et imagerie avancée (IRM, scanners, TEP scan) pour des interventions précises et moins invasives.

Spécialités Médicales Étendues

Large éventail de spécialités couvertes : neurologie, neurochirurgie, oncologie, hématologie, cardiologie, transplantations, gastroentérologie, ophtalmologie, chirurgie bariatrique, pédiatrie et obstétrique.

Services de Télémédecine

Consultations à distance et second avis médical en ligne, spécialement utiles pour les expatriés nécessitant un suivi ou une expertise à distance.

Clínica Delgado (groupe AUNA)

Installée à Miraflores, quartier touristique et résidentiel prisé des expatriés, la Clínica Delgado est souvent citée parmi les hôpitaux privés technologiquement les plus avancés d’Amérique latine. Elle est elle aussi accréditée par la JCI et dispose de salles hybrides de chirurgie, combinant imagerie temps réel et bloc opératoire, ainsi que d’unités de soins intensifs modernes.

Avec ses suited patient luxueuses, son environnement très confortable et ses nombreux spécialistes (oncologie, cardiologie, neurologie, neurochirurgie, orthopédie, chirurgie cardiaque, maternité, néonatalogie), la clinique attire une clientèle aisée péruvienne et étrangère. Pour un expatrié, c’est un choix naturel pour une opération programmée, un accouchement ou un traitement complexe.

Clínica San Felipe

Autre pilier du secteur privé, la Clínica San Felipe, à Jesús María, mise sur une combinaison de technologie et d’accompagnement humain. L’établissement, qui revendique un très bon taux de satisfaction des patients, offre des programmes de prévention, des bilans personnalisés et des parcours de soins coordonnés.

Bon à savoir :

L’établissement propose une large gamme de spécialités médicales, dont la gastroentérologie, la pneumologie, la dermatologie, la chirurgie plastique, l’urologie, la médecine interne, la cardiologie, la pédiatrie, la chirurgie bariatrique, l’endocrinologie et la gynécologie-obstétrique. Il dispose également d’un service de psychiatrie et de psychologie, particulièrement utile pour les expatriés pouvant rencontrer des difficultés d’adaptation ou des troubles anxio-dépressifs.

Les grands hôpitaux publics de référence

Même si le privé domine pour les expatriés, certains hôpitaux publics de Lima jouent un rôle majeur, notamment pour des pathologies très spécialisées :

– Le Hospital Nacional Edgardo Rebagliati Martins, plus grand hôpital public du pays (plus de 1 500 lits), centre national de référence pour les greffes (reins, foie, cœur) et les cas complexes, doté de soins intensifs de haut niveau.

– L’Instituto Nacional de Enfermedades Neoplásicas (INEN), dédié au cancer, avec radiothérapie et chimiothérapie avancées.

– L’Instituto Nacional de Salud del Niño (INSN), hôpital pédiatrique de référence nationale.

– Le Hospital Nacional Cayetano Heredia, associé à l’université du même nom, centre d’excellence pour les maladies infectieuses et tropicales.

Pour un expatrié, ces institutions publiques ne sont pas le premier réflexe, mais elles peuvent intervenir dans certains scénarios extrêmes, notamment via des réseaux de coopération avec des cliniques privées et des programmes de recherche.

Hors de Lima : un niveau très contrasté

En dehors de la capitale, l’offre de soins est plus inégale. Des villes comme Arequipa, Cusco, Trujillo, Chiclayo ou Ica disposent d’hôpitaux régionaux et de cliniques privées correctes pour les soins de routine ou la prise en charge de pathologies courantes.

Cusco dispose de structures privées capables de gérer efficacement le mal des montagnes, les infections respiratoires en altitude ou les petits traumatismes. Cependant, pour un AVC, un infarctus compliqué ou un polytraumatisme, un transfert vers Lima est quasi systématiquement recommandé, l’équipement lourd (angiographie, neurochirurgie avancée, blocs spécialisés) restant concentré dans la capitale.

Médecins spécialistes

Dans l’Amazonie, à Iquitos, l’écart se creuse encore. Les sources soulignent que le niveau de soins y est « bien en dessous des standards internationaux », avec un seul établissement privé capable d’assurer des soins de routine et une stabilisation en urgence. Les hôpitaux publics locaux manquent d’équipements de base.

Pour un expatrié amené à voyager ou travailler dans ces régions, l’assurance incluant une évacuation médicale n’est pas un luxe, mais un impératif. Le coût d’un rapatriement sanitaire, en avion médicalisé vers Lima ou vers un autre pays, peut atteindre 100 000 dollars.

Systèmes d’assurance pour expatriés : public, local, international

Pour un expatrié au Pérou, la question n’est pas seulement « où se soigner ? », mais aussi « comment financer ces soins ? » Le pays n’offre pas de gratuité systématique : on paye pour les consultations, les examens, l’hospitalisation et les médicaments, selon son type de couverture.

EsSalud et SIS : que valent-ils pour un étranger ?

Un expatrié employé par une entreprise péruvienne est obligatoirement affilié à EsSalud. Cette couverture donne accès au réseau d’hôpitaux EsSalud, avec une prise en charge large (consultations, hospitalisation, maternité, laboratoire, médicaments, rééducation, prévention, vaccination). Pour un étranger dont le budget est limité, c’est une couche de protection utile, notamment pour les soins de base ou les hospitalisations imprévues.

Mais EsSalud souffre des mêmes défis que le reste du public : surcharge, délais, distribution inégale des établissements (au moins la moitié des centres EsSalud se trouvent à Lima), qualité variable, et quasi absence de personnel anglophone. Beaucoup d’expatriés restent donc inscrits à EsSalud par obligation, tout en comptant réellement sur le secteur privé.

Le SIS, quant à lui, cible les populations pauvres sans autre assurance. Un expatrié disposant de revenus, même modestes, n’y a généralement pas accès. Il ne constitue donc pas une solution réaliste pour la plupart des étrangers.

Les assurances privées locales

Le marché péruvien de l’assurance santé compte plusieurs grands acteurs : MAPFRE, Pacífico Seguros, Rimac, La Positiva ou Sanitas, entre autres. Ces compagnies proposent des plans nationaux et parfois internationaux, avec des réseaux de cliniques partenaires, des franchises modestes et des systèmes de tiers payant.

MAPFRE par exemple offre plusieurs gammes de produits, dont un plan avec couverture internationale complète et d’autres incluant une assistance en cas d’urgence à l’étranger, jusqu’à un certain plafond (par exemple 15 000 dollars remboursés après retour). L’inscription est possible dès l’arrivée au Pérou avec un simple passeport, avant de mettre à jour les données avec le titre de séjour (carné de extranjería). Les contrats sont en général d’une durée minimale de douze mois, renouvelables tacitement, avec des primes payables au mois, au trimestre ou à l’année.

Bon à savoir :

Pour un expatrié s’installant à long terme et voyageant peu hors du pays, un plan local offre un accès économique aux cliniques partenaires (quote-part d’environ 10$ par consultation). Cependant, il présente généralement une couverture limitée à l’étranger et des garanties d’évacuation restreintes.

Les assurances internationales pour expatriés

Beaucoup d’expatriés optent pour une assurance santé internationale conçue pour les mobilités longues, proposée par des acteurs comme Cigna Global, Allianz Care, Aetna International, BUPA, GeoBlue ou APRIL International. Ces plans sont plus coûteux mais offrent plusieurs avantages cruciaux :

Accès à un large réseau privé au Pérou (les grandes cliniques de Lima travaillent avec la plupart de ces assureurs).

Tiers payant possible pour l’hospitalisation, évitant d’avancer des sommes importantes.

– Couverture d’évacuation médicale et de rapatriement, indispensable si l’on voyage dans l’Amazonie, les Andes ou les pays voisins.

– Continuité des soins lors de déplacements vers d’autres pays.

– Prise en charge élargie de la santé mentale, de la prévention, parfois de la maternité et de la dentisterie.

12500

Le coût annuel moyen d’une assurance santé pour une famille est d’environ 12 500 dollars.

Pour un cadre expatrié, un nomade numérique ayant des revenus confortables ou un retraité souhaitant la tranquillité, ce type de couverture est souvent la solution la plus cohérente. Il est recommandé de vérifier attentivement le réseau de cliniques partenaires au Pérou, les conditions d’évacuation, les exclusions (préexistants, grossesses, sports à risque) et les plafonds de remboursement.

Payer sur place : cartes, espèces, dépôts

Dans la pratique, même avec une bonne assurance, beaucoup de cliniques privées péruviennes demandent un dépôt ou une garantie par carte bancaire avant d’admettre un patient, surtout en urgence. Si l’assureur n’a pas de conventionnalisation directe avec l’établissement, le patient devra souvent payer puis se faire rembourser. Mieux vaut donc toujours avoir une carte de crédit avec une marge suffisante et conserver soigneusement factures et comptes-rendus médicaux.

La plupart des hôpitaux privés et nombre d’hôpitaux publics acceptent les cartes Visa, MasterCard et, assez souvent, American Express. La facturation se fait en soles péruviens (PEN), même si certains établissements affichent aussi des montants en dollars pour information.

Urgences, ambulances et évacuation : ce qu’il faut savoir

Quand un problème grave survient, le temps de réponse et la chaîne de soins préhospitaliers sont aussi importants que la qualité de l’hôpital de destination. Or, le Pérou est loin de disposer d’un système d’ambulances standardisé comparable à celui de certains pays européens.

Numéros d’urgence et réalité du terrain

Plusieurs numéros coexistent : 105 pour la police, 116 ou 117 pour les services de secours, 911 comme numéro générique dans certaines zones, 106 dans d’autres. Cette pluralité prête à confusion, y compris chez les locaux. À Lima, il n’existe pas de système préhospitalier unifié ; en cas d’urgence, un citoyen peut appeler au choix la police, les pompiers, un service ambulancier public, ou directement l’ambulance d’une clinique privée.

Attention :

Dans les zones urbaines congestionnées, la fragmentation des services d’urgence et le manque de culture de priorité aux véhicules de secours entraînent des retards fréquents. Conséquence directe : une part importante des patients traumatisés arrive à l’hôpital par taxi ou véhicule personnel, en raison de l’indisponibilité des ambulances ou de la méconnaissance des numéros d’urgence.

Pour un expatrié, la stratégie la plus prudente consiste à :

Identifier, avant même d’en avoir besoin, au moins une clinique privée de référence proche de son domicile ou de son lieu de travail (Clínica Anglo Americana, Ricardo Palma, Delgado, San Felipe, etc.).

– Noter leurs numéros d’ambulance privés (la plupart des grandes cliniques disposent de leur propre service).

– Conserver sur soi les numéros d’assistance de son assureur international (par exemple, UnitedHealthcare Global, qui accepte les appels en PCV et coordonne les évacuations).

Accès aux urgences pour les étrangers

Une donnée rassurante : la loi péruvienne oblige tous les hôpitaux, publics comme privés, à fournir des soins d’urgence, quel que soit le statut d’assurance ou la nationalité du patient. L’établissement peut exiger un paiement ou une garantie après la stabilisation, mais ne peut pas refuser la prise en charge urgente.

Bon à savoir :

La qualité des urgences varie considérablement selon les établissements. Les cliniques privées de Lima offrent des services modernes, incluant soins intensifs et urgences. En revanche, les hôpitaux publics et les centres de santé ruraux manquent souvent de ressources. Dans les régions, il est fréquent qu’un patient ne reçoive qu’un traitement de stabilisation minimal avant d’être transféré vers un centre mieux équipé.

Là encore, l’évacuation sanitaire joue un rôle central. La plupart des assurances internationales sérieuses incluent une clause de transport médical, parfois jusqu’à un pays tiers (Santiago du Chili, Bogotá, États‑Unis) si les capacités locales sont jugées insuffisantes. Vu le coût astronomique possible de ce type d’opération, vérifier cette clause n’est pas un détail.

Pharmacies, médicaments et vaccination : le quotidien de la santé

Au quotidien, les soins ne se limitent pas aux hôpitaux. Au Pérou, l’accès aux pharmacies (farmacias ou boticas) est extrêmement facile, en particulier dans les villes.

Abondance de pharmacies… et surconsommation de médicaments

Les grandes chaînes comme Inkafarma ou Mifarma sont présentes dans tous les quartiers urbains, souvent ouvertes 24h/24. De nombreux supermarchés intègrent leur propre comptoir pharmaceutique. Une large partie des médicaments courants, y compris des antibiotiques dans la pratique, est vendue sans ordonnance, malgré des lois de plus en plus strictes censées limiter ce phénomène.

Les études montrent qu’environ la moitié des Péruviens achètent des médicaments normalement soumis à prescription… sans aucune ordonnance. Les raisons principales ? L’habitude d’avoir déjà pris le médicament par le passé, les délais d’obtention d’un rendez-vous médical et le conseil direct du pharmacien. Les génériques sont très répandus et bon marché, même si certains produits de marque ou spécialisés doivent être importés.

Astuce :

Pour un expatrié, l’accès facile aux médicaments présente deux aspects : il est pratique pour se procurer des traitements simples (antalgiques, antiacides, médicaments pour les troubles digestifs, etc.), mais l’automédication d’antibiotiques ou de psychotropes sans suivi médical comporte des risques sérieux. Il est conseillé de conserver ses réflexes de prudence, de consulter un médecin pour tout problème persistant et, si nécessaire, de demander une ordonnance formelle.

Vaccins recommandés et risques sanitaires

Avant de s’installer au Pérou, il est conseillé de mettre à jour ses vaccinations de base : tétanos‑diphtérie‑coqueluche, poliomyélite, rougeole‑oreillons‑rubéole, grippe, Covid‑19, varicelle, zona selon l’âge. Pour les expatriés qui voyageront en dehors de Lima, s’ajoutent des vaccins recommandés comme l’hépatite A et B, la typhoïde, voire la rage selon les activités (séjours ruraux prolongés, travail avec des animaux).

Bon à savoir :

La vaccination est recommandée pour les séjours en Amazonie ou dans certaines régions en dessous de 2 300 m d’altitude (Amazonas, Loreto, Madre de Dios, San Martín, Ucayali, et certaines zones de Cusco, Junín, Puno). Elle n’est généralement pas exigée pour Lima, la ville de Cusco, le Machu Picchu ou la côte. Un certificat peut toutefois être demandé par d’autres pays lors d’un voyage ultérieur en provenance du Pérou.

La malaria est présente dans certaines zones de basse altitude, en particulier dans l’Amazonie, mais inexistante à Lima, Cusco ville, Machu Picchu ou le lac Titicaca. Les médecins de voyage recommandent parfois un traitement préventif pour des séjours prolongés en forêt, mais la protection contre les moustiques (répulsifs, vêtements longs, moustiquaires) reste la priorité.

D’autres risques existent : dengue, Zika, Oropouche, leishmaniose, diarrhées infectieuses, parasites intestinaux. Ils concernent surtout les zones tropicales et les voyageurs qui mangent dans la rue ou boivent de l’eau non traitée. Pour un expatrié urbain à Lima, le principal enjeu au quotidien reste souvent la qualité de l’eau (on évite de boire celle du robinet) et la prudence alimentaire.

Santé mentale et choc culturel : un angle souvent négligé

Quitter son pays pour un environnement social, économique et culturel très différent peut fragiliser l’équilibre psychique. Or, au Pérou, la santé mentale a longtemps été un parent pauvre du système de santé.

80

C’est le pourcentage de Péruviens souffrant d’un trouble mental qui ne reçoivent jamais de prise en charge.

Pour un expatrié, le principal frein est souvent la langue : hors de quelques grandes cliniques privées à Lima, trouver un thérapeute anglophone est difficile. Dans les grandes villes toutefois, certains psychologues et psychiatres orientent spécifiquement leur offre vers la communauté expatriée, avec des thérapies cognitivo‑comportementales ou des approches plus intégratives. Beaucoup d’expatriés recourent aussi à la téléconsultation avec un thérapeute basé dans leur pays d’origine, une solution pragmatique quand on dispose d’une bonne connexion internet.

Bon à savoir :

La culture péruvienne est souvent plus stigmatisante envers les problèmes de santé mentale que les sociétés occidentales. Parler ouvertement de dépression ou d’anxiété peut être mal compris socialement, ce qui peut isoler les expatriés. Il est donc crucial de se constituer un réseau de soutien (amis, groupes d’expatriés, associations) et de ne pas hésiter à consulter un professionnel si nécessaire.

Tourisme médical et dentaire : opportunité ou piège ?

Le Pérou s’est imposé comme une destination montante de tourisme médical en Amérique latine, particulièrement dans le domaine dentaire. À Lima, certaines cliniques de Miraflores et San Isidro ciblent ouvertement une clientèle internationale, combinant soins dentaires, chirurgie esthétique ou bilans complets avec des séjours touristiques.

Les chiffres avancés montrent des économies allant jusqu’à 70 % voire 80 % sur les tarifs pratiqués aux États‑Unis, au Canada, en Europe ou en Australie, pour des services comme les implants, les couronnes, les facettes ou les restaurations complètes. Des cliniques utilisent des technologies de pointe (scanners 3D, systèmes CAD/CAM, CEREC) et affichent diplômes internationaux et affiliations à des sociétés savantes étrangères.

Attention :

Pour un expatrié, le coût avantageux des soins dentaires au Pérou peut compenser les faibles remboursements des assurances. Cependant, il est impératif de vérifier les qualifications des praticiens, la qualité des équipements, les normes de stérilisation, les avis des patients étrangers et de bien comprendre les plans de traitement proposés.

Les autorités américaines rappellent que les listes de prestataires fournis par les ambassades n’impliquent aucune garantie, et que les cliniques privées exigent en général un paiement immédiat, même pour des soins planifiés de longue date.

Stratégies concrètes pour les expatriés : comment s’organiser ?

Au-delà des grandes considérations sur le système, quelques décisions simples peuvent faire la différence dans la vie quotidienne d’un expatrié au Pérou.

D’abord, clarifier sa couverture : si l’on vient travailler pour une entreprise locale, vérifier si l’affiliation à EsSalud est complétée par une assurance privée locale ou internationale ; si l’on est indépendant, retraité ou digital nomad, choisir une police internationale qui inclut à la fois les soins au Pérou et l’évacuation. Dans tous les cas, garder sur soi une copie de la police, les coordonnées de l’assureur, ainsi que ses antécédents médicaux et ordonnances (de préférence traduits en espagnol ou en anglais médical clairement compréhensible).

Astuce :

Après votre installation, identifiez un médecin généraliste ou une clinique de confiance près de votre domicile. Notez les numéros d’urgence et les adresses des hôpitaux recommandés. Inscrivez-vous, si possible, au service dédié aux patients internationaux de l’établissement choisi. Certains hôpitaux proposent des bilans de santé spécifiques pour expatriés, pouvant inclure une mise à jour vaccinale ou des check‑ups complets.

Enfin, anticiper les déplacements en régions : avant un séjour prolongé à Cusco, Iquitos ou dans des zones isolées, vérifier les recommandations de vaccination, emporter un kit de base (traitements personnels, anti‑diarrhéiques, antalgiques, répulsifs anti‑moustiques, etc.), et s’assurer que son contrat d’assurance prévoit bien l’évacuation médicale vers Lima ou vers un pays tiers si nécessaire.

Conclusion : un pays attractif, à condition d’être bien couvert

Les soins de santé pour les expatriés au Pérou s’inscrivent dans un double mouvement : d’un côté, un pays qui modernise vite son offre médicale, surtout à Lima, avec des cliniques privées au niveau international et des coûts très inférieurs à ceux des pays riches ; de l’autre, un système public encore fragile, des inégalités territoriales marquées et un maillage d’urgences préhospitalières loin d’être optimal.

Astuce :

Pour un expatrié, la clé n’est pas d’éviter le Pérou, qui est devenu un pôle majeur de santé en Amérique latine, mais de s’y préparer intelligemment. Cela implique de choisir une assurance santé adaptée, de repérer à l’avance les établissements de référence, de comprendre les forces et les limites des systèmes public et privé, et de rester vigilant face aux risques spécifiques comme l’altitude, les maladies tropicales et la surconsommation de médicaments en automédication.

Avec ces précautions, il est possible de profiter pleinement de la richesse culturelle, des paysages et des opportunités professionnelles du pays tout en bénéficiant de soins de qualité, comparables à ceux des meilleurs systèmes de la région, voire au‑delà.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Pérou, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Pérou pour son régime fiscal compétitif applicable aux revenus étrangers, son coût de vie nettement inférieur à la France (Lima ~40–50 % moins chère que Paris) et la possibilité de structurer une présence internationale (Amérique latine / Europe). La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention d’un visa de résident rentier, choix et achat de résidence principale, organisation de la protection sociale privée, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre des intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, comptable bilingue) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire), afin de réduire significativement la pression fiscale tout en maîtrisant les risques de double imposition (convention FR‑PE) et de contrôle.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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