Sous la formule apparemment simple Histoire du pays au Pérou se cache l’un des récits les plus denses et les plus contrastés du continent américain. D’un territoire occupé par des chasseurs-cueilleurs à un empire andin tentaculaire, d’une vice-royauté ultrariche à une république secouée par les coups d’État, les guerres étrangères et les conflits internes, le Pérou concentre à lui seul la plupart des grands drames latino‑américains : conquête, exploitation, révoltes indigènes, réformes agraires radicales, guérillas maoïstes, violences d’État, crise de la représentation politique.
Raconter l’histoire du pays au Pérou, c’est donc tenir ensemble plusieurs fils : la longue durée des sociétés préhispaniques, la rupture coloniale, la construction difficile de l’État indépendant, l’impact durable de l’exclusion sociale et raciale, jusqu’aux fractures très actuelles entre Lima et les régions andines.
Des premières sociétés andines à l’Empire inca
Bien avant l’arrivée des Espagnols, l’actuel territoire péruvien a vu naître certaines des plus anciennes civilisations des Amériques. Les fouilles montrent une présence humaine remontant à plus de 10 000 ans avant notre ère, avec des sites d’occupation très anciens dans les grottes de Guitarrero, Toquepala, ou encore dans les vallées côtières comme Chilca et Paracas.
Les groupes de chasseurs-cueilleurs se sédentarisent vers 7000 av. J.-C., commençant par cultiver des plantes comme la calebasse et le coton pour fabriquer des outils de pêche. Sur la côte nord, dans la région de Supe, la civilisation de Caral, considérée comme la plus ancienne d’Amérique du Sud, développe dès le IIIe millénaire av. J.-C. des centres urbains et des monuments en terre monumentaux.
Un réseau de cultures va ensuite se succéder et se chevaucher : Cupisnique, Chavín, Paracas, Nazca, Moche, Wari, Chimú, Chachapoya… Toutes perfectionnent les techniques agricoles, le travail des métaux et du textile, et développent des systèmes politiques sophistiqués. Le Pérou préhispanique n’est pas un « avant » primitif, mais une mosaïque de sociétés hautement organisées.
L’essor de Tawantinsuyu
Sur ce socle se construit, au XVe siècle, l’Empire inca, ou Tawantinsuyu – « le royaume des quatre parties » en quechua. À partir de Cuzco, Pachacuti Inca Yupanqui et son fils Tupac Inca Yupanqui déclenchent une expansion fulgurante : du sud de la Colombie à la vallée centrale du Chili, des rivages pacifiques aux contreforts amazoniens. La cohésion repose sur un appareil administratif hiérarchisé, un réseau routier impressionnant (le Qhapaq Ñan), une religion d’État centrée sur le dieu solaire Inti, et une économie organisée autour de l’agriculture en terrasses et de la redistribution.
À la mort de Huayna Capac vers 1527-1528, une guerre de succession oppose ses fils Huáscar (contrôlant Cuzco et le sud) et Atahualpa (dominant le nord depuis Quito avec l’armée impériale). La victoire d’Atahualpa laisse l’empire inca affaibli et vulnérable, au moment où des maladies européennes comme la variole ravagent déjà la population.
Ce contexte de fragilisation va peser lourd lorsque le pays au Pérou rencontre les Espagnols.
Conquête espagnole et naissance du vice‑royaume du Pérou
Lorsque Francisco Pizarro arrive sur la côte septentrionale du futur Pérou au début des années 1530, il ne débarque pas dans un monde isolé. Le littoral est intégré au système inca, les ports comme Tumbes sont prospères, et plusieurs peuples – Huancas, Chankas, Cañaris, Chachapoyas – supportent mal la domination de Cuzco. Très vite, ces rivalités internes jouent en faveur des nouveaux venus.
La capture d’Atahualpa à Cajamarca
L’épisode décisif se déroule en novembre 1532 à Cajamarca. Pizarro n’a qu’une poignée d’hommes – environ 168 soldats, dont une soixantaine de cavaliers –, mais il sait que la clé se trouve dans la personne du Sapa Inca. Il tend alors une embuscade lors d’une rencontre solennelle organisée sur la place de la ville. Atahualpa se présente désarmé, entouré de milliers d’accompagnants venus l’acclamer.
Lors de la rencontre à Cajamarca en 1532, après qu’Atahualpa ait rejeté le livre religieux présenté par le moine Vicente de Valverde, les Espagnols de Pizarro déclenchèrent une attaque surprise. Le massacre qui s’ensuivit fit plusieurs milliers de victimes parmi les Indiens et permit la capture de l’empereur Inca. Cette prise de contrôle du souverain marqua un tournant décisif, offrant à Pizarro le pouvoir symbolique et politique sur l’empire.
L’Inca tente d’acheter sa liberté en promettant de remplir une pièce d’or et deux de silver. Des quantités considérables de métaux précieux affluent de tout l’empire, arrachés aux temples et aux palais. Mais une fois le trésor fondu et réparti, Atahualpa est exécuté par strangulation, malgré l’opposition d’une partie des Espagnols. Le message envoyé aux élites andines est brutal : l’ordre ancien est brisé.
De la résistance inca au néo‑État de Vilcabamba
La chute de Cuzco en novembre 1533 et la fondation de Lima en janvier 1535 consacrent l’emprise espagnole sur le centre du pays. Mais la conquête est loin d’être instantanée. Un jeune prince, Manco Inca Yupanqui, d’abord utilisé comme souverain fantoche, se rebelle après des humiliations répétées, lance le siège de Cuzco, obtient plusieurs succès et finit par se replier dans les hautes vallées de Vilcabamba. Là se maintient un « État néo‑inca » indépendant pendant plusieurs décennies.
Ce n’est qu’en 1572 que le vice‑roi Francisco de Toledo met fin militairement à cette enclave, capture le dernier Inca, Túpac Amaru (à ne pas confondre avec le leader rebelle du XVIIIe siècle), et l’exécute à Cuzco. La conquête est complète ; commence alors l’ère de la vice‑royauté.
Vice-roi Francisco de Toledo
La mise en place du vice‑royaume
Créé officiellement en 1542, le vice‑royaume du Pérou, avec Lima pour capitale, devient la pièce maîtresse de l’empire espagnol en Amérique du Sud. Pendant deux siècles, il administre quasiment tout le continent sud‑américain sous contrôle espagnol, avant que d’autres vice‑royaumes ne soient taillés dans ce vaste ensemble (Nouvelle‑Grenade au nord, Río de la Plata au sud).
Le nombre de vice-rois, Francisco de Toledo et José Fernando de Abascal, dont l’action fut déterminante pour l’administration et l’exploitation minière de la vice-royauté.
Car la richesse du pays au Pérou colonial repose avant tout sur l’argent. L’immense gisement de Potosí (dans l’actuelle Bolivie) et la mine de mercure de Huancavelica alimentent un circuit économique centré sur l’exportation de métal vers l’Europe. Pour faire tourner ces exploitations, Toledo adapte l’ancienne corvée inca – la mit’a – en un système de travail forcé pour les communautés indigènes. Les effets sont dévastateurs : combinés à la maladie, à la faim et aux mauvais traitements, ils contribuent à un effondrement démographique spectaculaire. Là où les Incas recensaient des millions de sujets, les recensements du XVIe siècle n’en trouvent plus qu’une fraction.
L’arrivée d’esclaves africains, l’émergence de populations métisses, la reconnaissance partielle de certaines élites indigènes en tant que noblesse locale, composent une société hiérarchisée, profondément inégalitaire et racialisée. Le pays au Pérou entre ainsi de plein pied dans le monde atlantique, mais au prix d’une saignée humaine et culturelle.
Rébellions indigènes, réformes bourboniennes et guerre d’indépendance
Au XVIIIe siècle, la vice‑royauté n’est plus ce qu’elle était. L’épuisement progressif des mines, la concurrence d’autres centres coloniaux et les réformes dites « bourboniennes », imposées depuis Madrid pour rationaliser et augmenter les recettes, bouleversent les équilibres.
Réformes et pression fiscale
Les souverains bourbon réorganisent les territoires (création de la Nouvelle‑Grenade et du Río de la Plata), renforcent le contrôle fiscal et ouvrent certains ports au commerce direct avec l’Espagne, court‑circuitant Lima. Cette recentralisation heurte autant les élites créoles que les communautés indigènes, soumises à une (pression fiscale accrue et à des abus croissants de la part des fonctionnaires).
Dans les hautes terres andines, plusieurs soulèvements éclatent, dont certains prennent une ampleur considérable.
La grande insurrection de Túpac Amaru II
En 1780, José Gabriel Condorcanqui, cacique de Surimana, Pampamarca et Tungasuca, se proclame Túpac Amaru II, revendiquant une filiation avec la lignée des Incas. Il lance une révolte dans la région de Cuzco pour abolir le travail forcé, les abus des corregidores et, dans ses proclamations les plus radicales, l’esclavage. Le mouvement mobilise des dizaines de milliers de paysans indigènes et métis, inquiète profondément les autorités et prend une coloration anticoloniale.
La répression de la rébellion menée par Túpac Amaru II fut extrêmement violente. Son chef fut exécuté de manière atroce en 1781, bien que les combats se soient poursuivis jusqu’en 1783. Cet événement historique est marquant à plusieurs titres : les autorités viceroyales utilisèrent pour la première fois le terme « insurgés » pour qualifier les rebelles. L’épisode est devenu un symbole puissant de la résistance indigène dans les mémoires. Parallèlement, il a servi d’avertissement pour les élites criollas (créoles), qui furent effrayées par la perspective d’une « guerre des races ».
De la crise de l’empire à l’indépendance
Lorsque Napoléon envahit l’Espagne en 1808 et renverse la monarchie, l’édifice imperial vacille. Dans de nombreuses régions d’Amérique hispanique, des juntes locales se constituent au nom du roi absent, puis glissent progressivement vers des projets indépendantistes. Le pays au Pérou, bastion royaliste, résiste plus longtemps à la contagion révolutionnaire. Le vice‑roi Abascal utilise même la vice‑royauté comme base pour écraser des mouvements patriotes dans le Haut‑Pérou (Bolivie) et au Chili.
Après les premières révoltes de 1810, la vice-royauté du Pérou connaît une série de soulèvements locaux, souvent soutenus par les armées indépendantistes venues du sud, qui annoncent la fin de la domination espagnole.
Des insurrections éclatent dans les villes de Tacna, Huánuco et Cuzco entre 1811 et 1815, montrant l’élargissement de la contestation au sein de la vice-royauté.
Ces soulèvements sont souvent coordonnés ou soutenus par les armées indépendantistes venues des Provinces-Unies du Río de la Plata, voisines au sud.
Les autorités royales parviennent à réprimer ces révoltes, parfois avec l’aide de caciques (chefs locaux) restés fidèles à la Couronne d’Espagne.
Malgré la répression, la pression indépendantiste ne faiblit pas. L’étau se resserre autour du pouvoir colonial, annonçant son effondrement futur.
Deux grands courants libérateurs vont finalement converger sur le territoire péruvien : au sud, celui du général argentin José de San Martín, passé par le Chili ; au nord, celui de Simón Bolívar, après ses victoires au Venezuela, en Colombie et en Équateur.
San Martín, Bolívar et la fin du vice‑royaume
San Martín, après avoir traversé les Andes et vaincu les royalistes au Chili, organise une expédition depuis Valparaíso et débarque dans la baie de Pisco en 1820. Il progresse lentement vers la capitale, cherchant à éviter un affrontement frontal et misant sur l’érosion du camp royaliste. Abandonnée par l’armée du vice‑roi de la Serna, Lima est finalement occupée par les patriotes en 1821. Le 28 juillet, San Martín proclame l’indépendance du Pérou sur la Plaza Mayor et assume le titre de « Protecteur ».
En 1822, les libérateurs José de San Martín et Simón Bolívar se rencontrent à Guayaquil. San Martín, conscient des limites de ses forces face aux royalistes retranchés à Cuzco dans les Andes, et en désaccord politique avec Bolívar (il préconisait une monarchie constitutionnelle, tandis que Bolívar défendait un modèle républicain), décide de se retirer. Il cède le leadership de la guerre d’indépendance à Bolívar et quitte définitivement l’Amérique du Sud.
Bolívar arrive à Lima fin 1823, réorganise l’armée, et ses troupes remportent la victoire de Junín en août 1824, puis surtout celle d’Ayacucho, en décembre de la même année. Sous le commandement d’Antonio José de Sucre, l’armée patriote écrase les forces viceregal ; le vice‑roi de la Serna est capturé et accepte la capitulation. Quelques poches de résistance subsistent jusqu’en 1826, mais le vice‑royaume a vécu. Le pays au Pérou entre dans l’ère républicaine.
Le difficile XIXe siècle : caudillos, guano et guerre du Pacifique
L’indépendance ne signifie pas l’avènement immédiat d’un État stable. Les premières décennies de vie républicaine sont dominées par les luttes entre caudillos militaires, les guerres avec les pays voisins et la difficulté à inventer un modèle politique dans une société profondément inégalitaire.
Caudillos et premières constitutions
Simón Bolívar quitte le Pérou en 1826, laissant derrière lui un pays divisé. Une constitution libérale est adoptée en 1828, mais les coups de force se succèdent : Agustín Gamarra, Felipe Salaverry, Andrés de Santa Cruz, entre autres, s’arrachent le pouvoir par les armes. L’éphémère Confédération péruano‑bolivienne, tentée par Santa Cruz dans les années 1830, est détruite par une coalition menée par le Chili à la bataille de Yungay en 1839.
Au milieu du XIXe siècle, la présidence de Ramón Castilla apporte une période de stabilisation et de modernisation, financée par les revenus du guano. Cette manne permet de financer l’armée, l’éducation publique et des infrastructures, ainsi que d’abolir la traite, l’esclavage visible et le tribut indigène. Cependant, cette prospérité repose sur une dépendance accrue aux marchés extérieurs et aux capitaux étrangers.
Endettement et rivalités régionales
Les gouvernements suivants, notamment celui de Manuel Pardo, misent massivement sur l’emprunt pour financer des projets d’infrastructures, notamment ferroviaires. Les dettes explosent. Dans le même temps, les frontières héritées de l’époque coloniale restent floues, et les zones désertiques riches en guano et nitrates du sud attirent la convoitise de plusieurs pays.
C’est dans ce contexte qu’éclate, en 1879, la guerre du Pacifique, opposant le Chili à une alliance défensive entre le Pérou et la Bolivie.
La guerre du Pacifique : un traumatisme national
Le conflit trouve son origine proche dans un différend entre le Chili et la Bolivie autour des taxes sur le salpêtre dans la région d’Antofagasta. Mais en toile de fond, il s’agit du contrôle des gigantesques gisements de nitrates et de guano de l’Atacama, ressources clés pour les finances publiques et l’industrie européenne.
Lorsque la Bolivie tente unilatéralement d’alourdir la fiscalité d’une compagnie chilienne en 1878, Santiago considère cela comme une violation des traités et occupe le port d’Antofagasta en février 1879. Lié par un traité secret à la Bolivie, le Pérou cherche d’abord à jouer les médiateurs, mais finit entraîné dans la guerre après la déclaration chilienne d’avril 1879.
Contexte historique du déclenchement de la Guerre du Pacifique
La supériorité navale chilienne se confirme progressivement – malgré des exploits comme ceux du monitor péruvien Huáscar – et permet un débarquement des troupes au sud du Pérou. Après une série de batailles terrestres, l’armée chilienne marche sur Lima. Les combats de San Juan, Chorrillos et Miraflores, en janvier 1881, sont particulièrement meurtriers. La capitale est occupée, pillée ; la Bibliothèque nationale est dévastée.
Une résistance péruvienne se réorganise dans la Sierra, autour du général Andrés Avelino Cáceres, qui mène une guerre de guérilla acharnée. Mais après la défaite de Huamachuco en 1883, le pays, exsangue et divisé entre plusieurs gouvernements rivaux, est contraint de négocier. Le traité d’Ancón de 1883 cède à titre définitif la province de Tarapacá au Chili, et place Tacna et Arica sous administration chilienne en attendant un plébiscite qui n’aura jamais lieu sous la forme prévue. La Bolivie, de son côté, perd tout accès à la mer.
L’impact pour le Pérou est immense : pertes humaines, ruine financière, traumatisme symbolique. Pour gérer sa dette, le pays concède en 1889 à la Peruvian Corporation, société basée à Londres, le contrôle de ses chemins de fer et une partie de l’exploitation du guano. La guerre du Pacifique devient un point de référence majeur dans la mémoire nationale, souvent relue à travers un prisme de trahisons internes, de racisme envers les populations andines accusées de « faiblesse », et de ressentiment envers le Chili.
De la République oligarchique aux réformes militaires
La fin du XIXe siècle et le début du XXe sont marqués par une consolidation d’un ordre dit « oligarchique ». Un parti civiliste, représentant les grands propriétaires et les commerçants, gouverne en étroite alliance avec les intérêts étrangers. Si l’économie se diversifie (cuivre, coton, sucre, laine), la structure agraire reste dominée par les haciendas ; la plupart des paysans indigènes vivent encore dans des conditions proches du servage.
L’aprismo et les premières contestations de masse
Entre les deux guerres mondiales, les tensions sociales s’exacerbent. La constitution de 1920 reconnaît les communautés indigènes et, théoriquement, protège leurs terres (article 58), mais ces garanties ne sont pas mises en pratique. C’est dans ce contexte que naît l’Alliance Populaire Révolutionnaire Américaine (APRA), créée par Víctor Raúl Haya de la Torre en exil au Mexique en 1924. Son programme mêle anti-impérialisme, défense des peuples indigènes, planification économique et nationalisation des entreprises étrangères.
Durant les années 1930-1950, les élites et l’armée perçoivent l’APRA comme une menace existentielle. Cette période est marquée par des coups d’État (Sánchez Cerro, Odría), des soulèvements apristes, des répressions sanglantes et des interdictions du parti. L’armée développe ainsi une hostilité durable envers l’aprisme, qui influencera profondément toute la vie politique péruvienne.
Belaúnde, coup d’État et « décenio militaire »
Au début des années 1960, Fernando Belaúnde Terry, architecte et centriste, est élu sur un programme de réforme agraire modérée et de développement des régions andines. Mais les résistances parlementaires et les intérêts établis bloquent les réformes. Le pays est secoué par des occupations de terres, notamment autour de Cuzco, où des paysans organisés dans la Confédération paysanne du Pérou (CCP) exigent une redistribution des grandes propriétés.
Le 3 octobre 1968, un groupe d’officiers dirigé par le général Juan Velasco Alvarado renverse le président Fernando Belaúnde Terry. Ce coup d’État instaure un gouvernement militaire se réclamant du « nationalisme révolutionnaire », marquant le début d’une période historique connue sous le nom de *décenio militar* (1968‑1980).
La réforme agraire de Velasco : rupture dans la campagne andine
Au cœur du projet de Velasco se trouve une réforme agraire radicale, lancée officiellement le 24 juin 1969. L’objectif affiché est double : briser le pouvoir des grands propriétaires terriens (latifundistas) et transformer les paysans, jusque‑là soumis à des relations quasi féodales, en « citoyens libres ».
Avant la réforme, la structure agraire du pays est l’une des plus inégalitaires du continent : 1 % des propriétaires détiennent plus de 60 % des terres cultivables. Dans les haciendas, les peones indigènes travaillent souvent sans salaire ou pour des rémunérations dérisoires, soumis à l’arbitraire des gamonales, grands notables locaux qui cumulent de fait autorités économiques, judiciaires et politiques.
Expropriations et coopératives
La loi de 1969 exproprie la quasi‑totalité des grandes propriétés sans exceptions régionales, contrairement à la tentative de réforme de Belaúnde quelques années plus tôt. Entre 1969 et 1979, plus de 9 millions d’hectares sont redistribués, touchant près de 370 000 familles, soit bien davantage que la réforme précédente.
La réforme agraire au Pérou ne distribue pas la terre en petites parcelles individuelles. Elle la regroupe en grandes coopératives de production : les CAP (Coopératives agraires de production) sur la côte et dans certaines vallées andines, et les SAIS (Sociétés agraires d’intérêt social) dans les régions d’élevage. L’objectif est de maintenir les économies d’échelle des anciens grands domaines tout en les plaçant sous le contrôle des travailleurs. Les anciens propriétaires sont indemnisés via des obligations d’État à long terme.
Tensions, occupation des terres et héritages
Si la réforme démantèle effectivement la classe des grands propriétaires dans la Sierra – au point qu’un anthropologue parlera plus tard d’une « élimination totale de la classe terrienne » dans les campagnes andines –, sa mise en œuvre suscite beaucoup de tensions. Dans certaines coopératives emblématiques comme Túpac Amaru II dans la région de Cuzco, les directions technocratiques, peu sensibles aux logiques communautaires et ne parlant pas quechua, se heurtent aux communautés. Des occupations de terres par des paysans, parfois soutenus par des organisations comme la CCP, éclatent dès le début des années 1970 pour exiger une répartition plus directe.
Après le renversement du général Velasco en 1975, le général Morales Bermúdez initie un tournant libéral en réponse à la crise économique. Les expropriations ralentissent, la priorité est donnée à la gestion macroéconomique et au ré-endettement auprès du FMI. La transition démocratique débute avec l’élection d’une Assemblée constituante en 1978, dominée par l’APRA, aboutissant à l’adoption d’une nouvelle constitution en 1979.
Dans les années 1980, les gouvernements civils qui succèdent à la junte – notamment celui de Belaúnde, revenu au pouvoir – laissent se dissoudre progressivement les grandes coopératives. Beaucoup de terres sont alors réparties entre communautés et petits producteurs individuels. Parallèlement, de vastes projets de colonisation agricole en Amazonie, portés par l’État, entraînent déforestation, migrations massives et expansion de la culture de coca.
Ce paysage rural profondément transformé sert de toile de fond à l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire contemporaine du pays au Pérou : la guerre interne des années 1980‑2000.
Le conflit armé interne : Sendero Luminoso, MRTA et contre‑insurrection
Entre 1980 et 2000, le Pérou est ravagé par un conflit armé interne d’une intensité rarement atteinte sur le continent depuis les guerres d’indépendance. Deux groupes de guérilla – le Sentier lumineux (Sendero Luminoso) et le Mouvement révolutionnaire Túpac Amaru (MRTA) – se soulèvent contre l’État, chacun avec sa propre logique. La réponse des forces armées et des services de renseignement, marquée par des violations massives des droits humains, fait presque autant de victimes que l’insurrection elle‑même.
La naissance de Sendero Luminoso
Le Sentier lumineux trouve ses racines dans les années 1960–1970. Son fondateur, Abimael Guzmán, professeur de philosophie à l’université de Huamanga (Ayacucho), est profondément influencé par le maoïsme et la Révolution culturelle chinoise. Convaincu que les réformes agraires menées par les militaires ne transforment pas fondamentalement la société, il prône la « guerre populaire prolongée » et la construction d’une nouvelle démocratie prolétarienne, étape vers un communisme mondial.
Refusant toute participation au jeu électoral de 1980 – année du retour à la démocratie après le décenio militaire –, le groupe marque le début de sa lutte armée en brûlant des urnes dans un village d’Ayacucho le 17 mai 1980. À l’époque, il ne compte que quelques centaines de militants, mais va rapidement étendre son influence dans les campagnes andines les plus pauvres, profitant du discrédit de l’État et des partis.
C’est la proportion, environ la moitié, de combattants féminins au sein du mouvement décrit.
MRTA : une autre gauche armée
Face à ce maoïsme dogmatique, le MRTA, fondé en 1982 à partir de résidus d’autres groupes révolutionnaires, se réclame d’un marxisme‑léninisme inspiré par les guérillas castristes latino‑américaines. Ses membres portent des uniformes, se disent défenseurs de la démocratie, et se distinguent parfois de Sendero par le choix de cibles plus symboliques et la volonté de ménager l’opinion publique.
Mais leur poids relatif reste faible : selon la Commission de la Vérité et Réconciliation (CVR), créée en 2001 pour faire la lumière sur le conflit, le MRTA n’est responsable que d’environ 1,5 % des victimes. L’épisode le plus médiatisé restera la prise d’otages de la résidence de l’ambassadeur du Japon à Lima, en 1996, qui se termine en 1997 par l’assaut spectaculaire de l’armée (opération Chavín de Huántar) et la mort des derniers guérilleros.
La spirale de la violence
Les gouvernements civils qui se succèdent – celui de Belaúnde (1980‑1985), puis d’Alan García (1985‑1990), et surtout d’Alberto Fujimori (1990‑2000) – sont rapidement débordés. Dans les régions d’Ayacucho, Apurímac, Huancavelica, Junín, Huánuco, l’état d’urgence est décrété, confiant aux forces armées la conduite des opérations dans des zones où vit une population majoritairement quechuaphone. L’impunité devient la norme : disparitions forcées, exécutions extrajudiciaires, torture se multiplient. Des unités comme les Sinchis, bataillon de police formé par les États‑Unis, acquièrent une réputation sinistre.
Les paysans, pris entre Sendero Luminoso et la répression de l’État, forment des comités d’autodéfense appelés *rondas campesinas*. Soutenus par l’État à partir du milieu des années 1980, ils contribuent de manière décisive à affaiblir l’emprise de Sendero dans les campagnes, mais sont également responsables de graves abus.
Le bilan humain est accablant. La CVR, dans son rapport final de 2003, estime à près de 69 280 le nombre de morts et de disparus entre 1980 et 2000. Environ 45 % de ces victimes sont attribuées au Sentier lumineux, un tiers aux forces armées et aux forces de l’ordre, le reste à d’autres groupes. Fait crucial : près des trois quarts sont des indigènes dont la langue maternelle est le quechua. Autrement dit, ce sont les populations historiquement marginalisées qui paient le prix le plus lourd d’un conflit déclenché et dirigé depuis les centres urbains.
Fujimori, la victoire militaire et l’autoritarisme
Élu en 1990 sur un discours antipolitique, Alberto Fujimori profite du discrédit des partis traditionnels et de la crise économique – hyperinflation, dette colossale, rupture avec le FMI sous Alan García – pour imposer un programme de thérapie de choc néolibérale. En avril 1992, il réalise un autogolpe : il dissout le Congrès, suspend la constitution, gouverne par décret avec l’appui des militaires et des services secrets dirigés par Vladimiro Montesinos.
La chute rapide de la guérilla du Sentier Lumineux dans les années 1990 est attribuée à une combinaison de facteurs : la capture de son leader Abimael Guzmán par le GEIN en 1992, l’arrestation ou l’élimination d’autres chefs, des lois encourageant la reddition des combattants, et l’action des milices rurales (rondas) qui ont isolé le mouvement.
Mais cette « victoire » a un coût démocratique et humain très lourd : massacres de Barrios Altos, de La Cantuta, de Santa par le groupe paramilitaire Colina, stérilisations forcées de centaines de milliers de femmes indigènes dans le cadre d’un programme de contrôle de population, contrôle étroit des médias, corruption massive. Lorsque des vidéos montrant Montesinos en train de soudoyer des parlementaires sont rendues publiques en 2000, le régime s’effondre. Fujimori s’enfuit au Japon, d’où il tente un retour politique avant d’être extradé, jugé et condamné pour crimes contre l’humanité et corruption.
La transition démocratique qui suit, marquée par les présidences d’Alejandro Toledo, d’Alan García (revenu au pouvoir de 2006 à 2011), d’Ollanta Humala, de Pedro Pablo Kuczynski, va tenter de refermer la page du conflit armé, sans jamais véritablement guérir les blessures structurelles qui l’ont rendu possible.
Crises politiques contemporaines et fractures persistantes
Le début du XXIe siècle n’épargne pas le pays au Pérou. Si la croissance économique est souvent robuste – portée par les exportations minières et un cadre macroéconomique relativement orthodoxe –, la scène politique reste instable et minée par la corruption. Entre 2016 et 2025, pas moins de huit présidents se succèdent, souvent emportés par des scandales ou des affrontements avec un Congrès fragmenté.
Post‑Fujimori : mémoire du conflit et nouveaux scandales
Sous la présidence d’Alejandro Toledo (premier chef d’État quechua élu démocratiquement), la Commission de la Vérité et Réconciliation est créée et remet son rapport, mais ses conclusions – notamment l’attribution d’une part importante des crimes aux forces de l’État – suscitent une forte résistance de la part de l’armée, de partis politiques et de secteurs de l’Église. Les réparations avancent lentement ; les territoires andins traumatisés par la guerre restent pauvres et marginalisés.
Le scandale Lava Jato, parti du Brésil, révèle un système généralisé de pots‑de‑vin versés par l’entreprise Odebrecht à des dirigeants de toute la région. Plusieurs ex‑présidents péruviens se retrouvent impliqués ; Alan García se suicide en 2019 pour éviter son arrestation. Cette succession d’affaires corrode encore davantage la confiance des citoyens dans la classe politique.
Le scandale Lava Jato et Odebrecht
Un pays coupé en deux : Lima et le « pays profond »
Les élections de 2021 mettent en lumière le fossé qui s’est creusé entre Lima et le reste du pays, en particulier les régions andines et amazoniennes. Un instituteur rural, Pedro Castillo, issu de la gauche radicale, arrive en tête du premier tour puis l’emporte de justesse au second face à Keiko Fujimori, fille de l’ancien président. La carte électorale est éloquente : Castillo obtient plus de 80 % des voix dans des départements comme Cuzco, Puno, Ayacucho, Apurímac, Huancavelica – des zones marquées à la fois par la pauvreté, la mémoire de la violence des années 1980‑1990 et la marginalisation linguistique et culturelle. Keiko Fujimori domine largement à Lima et dans les quartiers les plus aisés de la capitale.
La contestation des résultats par le camp Fujimori, cherchant à invalider des votes ruraux sans preuve de fraude, alimente un sentiment d’injustice et de mépris social chez ceux qui se désignent comme « le pays profond ». À peine entré en fonctions, Castillo est confronté à un Congrès hostile qui brandit à plusieurs reprises la menace de destitution pour « incapacité morale ».
Analyse politique post-électorale péruvienne
Le 7 décembre 2022, dans une tentative désespérée d’échapper à une nouvelle procédure de révocation, Castillo annonce par télévision la dissolution du Parlement et la mise en place d’un gouvernement d’exception. L’armée se détourne de lui, l’accusant de coup d’État ; il est arrêté, et sa vice‑présidente, Dina Boluarte, prête serment.
Protests, répression et impasse institutionnelle
La prise de pouvoir de Boluarte déclenche un puissant mouvement de protestation, surtout dans le sud andin. Les manifestants réclament sa démission, la dissolution du Congrès et la convocation d’une Assemblée constituante. Dans plusieurs villes – Ayacucho, Juliaca, Cuzco, Puno – les affrontements avec les forces de l’ordre font des dizaines de morts. Des organisations des droits humains parlent de massacres ; la justice peine à avancer, et l’impunité est quasi totale.
Malgré une impopularité record (4% d’opinions favorables) et un fort rejet électoral (près de 40% des citoyens envisagent un vote blanc ou nul), la présidente Boluarte se maintient au pouvoir grâce à une alliance avec une majorité parlementaire conservatrice et fujimoriste. Le discours officiel utilise des méthodes de délégitimation, dénonçant des ingérences étrangères, accusant les manifestants de terrorisme (pratique du *terruqueo* héritée des années 1990) et attribuant les morts à de supposés complots.
En parallèle, l’insécurité explose, nourrie par l’essor de la criminalité organisée, de l’extorsion et de l’exploitation minière illégale. Face à une opinion scandalisée par des crimes fortement médiatisés, le Congrès finit par voter en octobre 2025 la destitution de Boluarte pour « incapacité morale permanente », après une série de tentatives avortées. José Jerí est désigné président intérimaire, ajoutant un nom de plus à la longue liste de chefs d’État éphémères.
Continuités et lignes de fracture dans l’histoire du pays au Pérou
À travers cette traversée rapide – mais déjà dense – de l’histoire du pays au Pérou, plusieurs constantes apparaissent. Elles permettent de relier des épisodes en apparence très éloignés, des sacrifices d’enfants chimú aux stérilisations forcées, des batailles de l’indépendance aux manifestations contre la répression contemporaine.
La marginalisation des populations rurales et indigènes traverse toute l’histoire : expropriations coloniales, travail forcé dans les mines, servage sur les haciendas, exclusion de la citoyenneté (les analphabètes, majoritairement indigènes, ne votent pas avant 1979), terribles disproportion des victimes du conflit armé interne. Les quechuaphones représentent environ 75 % des morts et disparus de la guerre des années 1980‑2000 ; les régions andines continuent, aujourd’hui encore, de concentrer la pauvreté, la faiblesse des services publics et la répression la plus brutale lors des manifestations.
Cette continuité explique en partie la réceptivité de certains secteurs au discours radical de Sendero Luminoso dans les années 1980, la force du vote pour des candidats se présentant comme « provinciaux » ou « paysans » au XXIe siècle, et la profondeur de la méfiance envers Lima, perçue comme centre lointain, élitiste, souvent hostile.
Centralisme et fragmentation
Lima, fondée par Pizarro comme tête de pont du pouvoir colonial, reste, jusqu’à aujourd’hui, le cœur surdimensionné de l’appareil politique, économique et médiatique. De la centralisation extrême de la vice‑royauté à la concentration des institutions modernes, une constante se dessine : les décisions majeures sont souvent prises sans consultation réelle des régions. Lorsque celles‑ci protestent – que ce soit contre un projet minier, une loi sur l’Amazonie ou une politique d’ajustement structurel –, le réflexe institutionnel privilégie souvent la répression sur le dialogue.
La tentative de décentralisation et de renforcement des gouvernements régionaux depuis les années 2000 progresse, mais reste incomplète. Elle s’accompagne parfois de nouveaux réseaux de corruption locale, sans remettre totalement en cause le centralisme de fond.
Violence politique et instabilité institutionnelle
Depuis l’indépendance, le pays au Pérou a connu une instabilité chronique : entre 1821 et 1845, on compte presque un changement de gouvernement par an, plusieurs constitutions se succèdent. Cette propension aux coups d’État et aux solutions de force ne disparaît jamais complètement. Le « décenio militaire », l’autogolpe de Fujimori, les multiples destitutions présidentielles récentes témoignent d’une culture politique où la légalité constitutionnelle reste fragile.
Le recours historique à la violence extrajudiciaire, des exécutions sous les vice-rois aux répressions d’insurrections et aux massacres antiterroristes, a laissé des cicatrices profondes et une méfiance durable envers les institutions.
Une mémoire disputée
Les grandes figures – Atahualpa, Túpac Amaru II, San Martín, Bolívar, Velasco, Guzmán, Fujimori – sont l’objet de lectures concurrentes, selon les groupes sociaux et les moments. Velasco est vu par certains comme le seul à avoir brisé le pouvoir des gamonales et rendu la terre aux communautés, par d’autres comme le responsable d’une décennie de stagnation agricole et de dérapages autoritaires. Fujimori, condamné pour crimes contre l’humanité, reste, pour une partie de la population, celui qui a « vaincu le terrorisme » et stabilisé l’économie.
Le conflit armé interne au Pérou continue d’influencer les politiques publiques : les recommandations de la Commission de la Vérité ne sont que partiellement appliquées, les réparations pour la réforme agraire et les dettes non honorées font débat, et les responsabilités dans les cas de stérilisations forcées sont contestées en justice. Par ailleurs, l’accusation de « terrorisme » est régulièrement utilisée pour discréditer les mouvements sociaux lors des crises.
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L’histoire du pays au Pérou n’est pas un récit linéaire de progrès, ni une simple succession de catastrophes. C’est une trajectoire faite de ruptures et de réappropriations, où les communautés rurales, les peuples indigènes, les femmes, longtemps invisibilisés, ont pourtant joué un rôle central : dans la construction des civilisations andines, dans les révoltes anticoloniales, dans les luttes agraires, dans les comités d’autodéfense contre Sendero, dans les mobilisations récentes pour exiger une représentation plus juste.
Comprendre cette histoire, depuis les temples de Caral jusqu’aux manifestations de Juliaca, en passant par les salles de la Bibliothèque nationale détruite en 1881 ou les locaux du GEIN où fut capturé Guzmán, c’est saisir ce qui se joue aujourd’hui au Pérou : la difficulté à construire un contrat social réellement inclusif, dans un pays où les fractures de race, de classe et de territoire restent béantes mais où, à chaque génération, des acteurs cherchent à les dépasser – parfois par la réforme, parfois par la révolte, parfois hélas par la guerre.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Pérou, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Pérou pour son régime fiscal intéressant pour les non-résidents, la possibilité de ne taxer que les revenus de source péruvienne, le coût de vie très inférieur à la France (Lima ~40% moins cher que Paris) et l’accès à une économie émergente dynamique. La mission a inclus : audit fiscal pré-expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec achat de résidence principale, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec réseau local (avocat, immigration, réseau francophone) et intégration patrimoniale.
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