Comprendre la foi au Pérou : guide des pratiques religieuses pour expatriés

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Pérou, ce n’est pas seulement changer de continent ou de climat. C’est aussi plonger dans un paysage spirituel unique, où crucifix et images de la Vierge cohabitent avec les offrandes à Pachamama et la vénération des montagnes. Pour un expatrié, comprendre ces codes religieux est indispensable pour décoder la vie quotidienne, éviter les maladresses et, surtout, créer des liens.

Bon à savoir :

Cet article fournit une cartographie claire des principales religions pratiquées au Pérou, avec des explications concrètes et des repères pratiques pour faciliter l’intégration, la vie quotidienne et le travail sur place, en évitant les maladresses culturelles.

Un pays massivement croyant, mais religieusement pluriel

Le Pérou est l’un des pays les plus croyants d’Amérique latine : environ 96 % de la population se définit comme « croyante », même si l’appartenance formelle à une Église évolue.

Pour avoir une idée d’ensemble, on peut résumer le paysage religieux ainsi : les différentes traditions et croyances se côtoient et interagissent, influençant les pratiques et les valeurs des sociétés modernes.

Groupe religieux / convictionFourchette d’estimation récente
Catholiques≈ 66,4 % – 81,3 %
Protestants / évangéliques≈ 14 % – 18,9 %
Adventistes≈ 1,4 % – 2,5 %
Témoins de Jéhovah≈ 0,9 %
Mormons (LDS)≈ 0,8 % (env. 114 000 recensés)
Autres religions organisées≈ 1 % – 2 %
Sans religion (athées, agnostiques…)≈ 5,1 % – 6,8 %

Plus de 60 % des Péruviens déclarent assister à un office religieux au moins une fois par mois. Dans les faits, cela signifie qu’un week‑end « normal » dans un quartier populaire peut être rythmé à la fois par les cloches d’une paroisse catholique et la musique amplifiée d’un temple évangélique.

Exemple :

Pour un expatrié en Amérique latine, le paysage religieux présente deux réalités simultanées. D’un côté, le catholicisme reste omniprésent, visible dans les symboles publics, le calendrier des fêtes et les rites familiaux traditionnels. De l’autre, on observe une montée rapide des Églises évangéliques, ainsi qu’une présence plus discrète mais réelle d’autres traditions religieuses comme le bouddhisme, l’islam, le judaïsme et les spiritualités andines autonomes.

Un État officiellement laïc, mais à forte empreinte catholique

Sur le papier, la Constitution péruvienne garantit la liberté de conscience et de religion et proclame la séparation de l’Église et de l’État. Toutes les confessions peuvent pratiquer publiquement, tant qu’elles ne troublent pas l’ordre public.

Dans la pratique, le catholicisme bénéficie d’un statut privilégié, issu d’un accord signé avec le Vatican en 1980 et formalisé à l’article 50 de la Constitution, qui reconnaît son rôle historique, culturel et moral. Concrètement, cela se traduit par :

DomaineTraitement habituel accordé au catholicisme
Financement publicSubventions annuelles et mensualités aux diocèses, salaires aux évêques
FiscalitéExemptions d’impôts sur certains biens et revenus
Éducation publiqueCours de religion obligatoires centrés exclusivement sur le catholicisme
SymbolesCrucifix et images mariales dans bâtiments publics, écoles, commissariats
Aumônerie militaire et pénitentiaireChaplains officiels exclusivement catholiques

Les autres groupes religieux peuvent se faire enregistrer auprès du ministère de la Justice pour obtenir une personnalité juridique, mais cette inscription n’ouvre pas automatiquement les mêmes avantages fiscaux, ni l’accès systématique aux fonctions d’aumônerie. En 2023, 168 groupes non catholiques étaient officiellement enregistrés.

Attention :

Pour un expatrié, même dans une entreprise laïque, l’exposition aux fêtes, symboles et références catholiques est inévitable, y compris dans le système scolaire public pour les enfants.

Syncrétisme andin : quand la messe rencontre Pachamama

La spécificité péruvienne la plus déroutante pour un nouvel arrivant, surtout dans les Andes et l’Amazonie, est le syncrétisme : une fusion entre catholicisme et religions préhispaniques.

Dans l’ancienne vision andine, le cosmos se divise en trois plans :

Nom quechuaTraduction approximativeSignification spirituelle principale
Hanan PachaMonde d’en hautDomaine des dieux, astres, esprits supérieurs
Kay PachaMonde d’ici-basMonde présent, des humains, animaux, plantes
Ukhu / Uku PachaMonde d’en dessous / intérieurMonde des ancêtres, de la gestation, des forces cachées

Au cœur de cette cosmologie se trouvent des entités comme Pachamama (Mère Terre), Inti (dieu Soleil), Mama Killa (Lune), et les Apus, esprits des montagnes. Pour beaucoup de paysans quechua ou aymara, ces figures ne disparaissent pas avec le baptême : elles se réinterprètent.

Exemple :

Un agriculteur commence sa journée par une prière chrétienne devant un crucifix, puis effectue une offrande de bière à la Terre-Mère Pachamama. De même, une famille peut assister à la messe dominicale tout en pratiquant, la veille des semailles, un rituel traditionnel de « pago a la tierra » avec des offrandes de coca, de maïs et d’alcool. Ces exemples illustrent la coexistence et la fusion des croyances catholiques et des traditions autochtones.

Pour un expatrié, l’important est de comprendre que ces gestes ne sont pas « folkloriques » ni forcément perçus comme contradictoires avec la foi chrétienne. Ils expriment un principe clé de la pensée andine, l’« ayni », la réciprocité sacrée : on reçoit de la nature, on lui rend.

Grands repères du calendrier religieux

Vivre au Pérou, c’est aussi apprendre à lire le calendrier à travers le prisme des fêtes religieuses, catholiques et andines, souvent entremêlées. Plusieurs de ces dates impactent directement la vie quotidienne : congés, bureaux fermés, embouteillages, hausse des prix des transports ou des hôtels.

Semaine Sainte et Corpus Christi : le cœur catholique de l’année

La Semaine Sainte (Semana Santa) est la période la plus importante du calendrier religieux. Plus de 75 % de la population y participe d’une manière ou d’une autre. Processions nocturnes, offices spéciaux, cuisine rituelle (comme les « douze plats » du Vendredi saint) marquent ces jours. Dans une ville comme Cusco, le Seigneur des Tremblements (Señor de los Temblores) est porté en procession, recouvert de fleurs rouges qui symbolisent à la fois le sang du Christ et une plante andine traditionnelle.

Corpus Christi, quelques semaines plus tard, est particulièrement spectaculaire à Cusco : les statues des saints de chaque paroisse sont transportées jusqu’à la cathédrale, suivies par des danseurs en costumes, orchestres de cuivres et groupes de fidèles. Officiellement, c’est une fête catholique dédiée à l’Eucharistie. Officieusement, on y sent aussi le prolongement de processions andines autour des anciens huacas.

Inti Raymi, Qoyllur Rit’i et Pachamama Raymi : le fil inca toujours vivant

Plusieurs grandes célébrations perpétuent directement l’héritage inca et andin, souvent avec une coloration officiellement « culturelle », mais une charge religieuse bien réelle pour les communautés locales.

Célébré le 24 juin à Cusco, c’est une vaste reconstitution historique avec cortèges, sacrifices symboliques et discours en quechua. Pour les touristes, c’est un spectacle. Pour beaucoup de Péruviens, c’est un moment de reconnection à Inti et aux ancêtres.

Inti Raymi, le festival du Soleil

Le pèlerinage de Qoyllur Rit’i, dans la vallée de Sinakara près de l’Ausangate, mêle directement catholicisme et tradition préhispanique. Des milliers de pèlerins marchent plusieurs jours pour vénérer une image du Christ associée à l’« étoile de neige », tout en accomplissant des rituels pour les Apus et en participant à des danses où apparaissent les ukukus, personnages mi‑homme mi‑ours.

Bon à savoir :

Le 1er août est la journée de Pachamama Raymi, une célébration dédiée à la Mère Terre dans de nombreuses communautés andines. Des offrandes collectives sont réalisées à cette occasion, notamment dans les champs, au bord des rivières ou dans les jardins des maisons en milieu urbain.

Le Seigneur des Miracles et les processions urbaines

À Lima, octobre est le mois du Seigneur des Miracles (Señor de los Milagros), l’une des plus grandes processions catholiques au monde. Jusqu’à deux millions de personnes participent aux différentes dates de sortie de l’image, une représentation du Christ peinte au XVIIᵉ siècle par un esclave angolais dans le quartier de Pachacamilla et réputée miraculeuse.

La mer violette des habits des fidèles, les encensoirs, les chants et les pleurs au passage de la lourde anda (char porte‑image) transforment le centre‑ville. Pour un expatrié, assister à cette procession est une immersion dans un catholicisme populaire profondément émotionnel, mais il faut être prêt à affronter une foule extrêmement dense.

Fêtes patronales et saints protecteurs

Au‑delà des grandes dates nationales, chaque ville, chaque quartier – parfois chaque colline – a son « patron » catholique : un saint, une Vierge, un Christ particulier. Les fêtes patronales peuvent durer plusieurs jours : messes, processions, concours de danses, corridas, feux d’artifice, mais aussi grandes beuveries et concerts.

Beaucoup de ces fêtes sont aussi l’occasion de renouveler les liens de compadrazgo (parrainage spirituel), de lever des fonds pour la paroisse et de réaffirmer l’identité du quartier.

Pratiques du quotidien : ce que voit, sent et entend l’expatrié

Dans la vie de tous les jours, l’influence religieuse se manifeste de manière diffuse.

En entrant dans un taxi, vous verrez souvent un petit crucifix suspendu au rétroviseur, une image de la Vierge de la Candelaria, du Señor de los Milagros ou d’un saint « spécialiste » (saint Expédit pour les causes urgentes, par exemple). Dans les commerces, il n’est pas rare de trouver un petit autel avec des bougies, des fleurs, parfois une bouteille de bière ouverte « pour la sainte ».

Bon à savoir :

Dans les bureaux, écoles et hôpitaux publics, la présence de crucifix est courante. De plus, certaines réunions ou événements, particulièrement en province ou dans les institutions liées à l’Église, peuvent débuter par une courte prière.

Dans les cimetières, la dimension religieuse est particulièrement visible. La plupart des familles optent encore pour l’inhumation, même si la crémation progresse en ville. Les tombes sont décorées de photos, fleurs, objets personnels, parfois nourriture et boissons (y compris bière et feuilles de coca). Le 2 novembre, jour des morts, les cimetières se transforment en véritables lieux de pique‑nique et de musique, où l’on passe la journée auprès des défunts.

Codes de conduite pour lieux sacrés et fêtes

Pour éviter les maladresses, quelques règles implicites sont importantes à connaître.

Tenue vestimentaire

Dans les églises, sanctuaires et communautés rurales conservatrices, la modestie est la norme. On évite :

mini‑shorts, jupes très courtes, pantalons taille basse

débardeurs très échancrés, tops laissant voir le ventre

casquette ou chapeau gardés à l’intérieur d’une église

Idéalement, on couvre les épaules, et les jambes au‑dessous du genou. Ce code vaut aussi pour certaines cérémonies andines, même lorsqu’elles se déroulent en plein air.

Attitude et gestes

Dans les espaces sacrés – qu’il s’agisse d’une cathédrale baroque ou d’une clairière choisie pour un « pago a la tierra » – l’attente principale est la retenue : voix basse, téléphone en mode silencieux, pas de gestes brusques ni de rires sonores.

Astuce :

Sur les sites archéologiques sacrés comme le Machu Picchu ou Sacsayhuamán, il est strictement interdit de grimper sur les murs, de graver des initiales ou de laisser des déchets. Les guides et les gardiens surveillent attentivement le respect de ces règles.

Les démonstrations affectives trop marquées (embrassades prolongées, gestes très intimes) sont mal vues pendant les cérémonies religieuses et dans de nombreux villages andins.

Photographie : demander avant de cliquer

L’un des points sensibles pour les communautés autochtones est la photo. Prendre un gros plan d’une femme en habits traditionnels, d’un danseur de Qoyllur Rit’i ou d’un enfant, sans demander, est perçu comme irrespectueux, voire intrusif.

0.5 à 1

C’est le montant en sols généralement demandé comme pourboire pour prendre une photo d’une personne dans les zones touristiques du Pérou.

Dans les églises, les couvents et certains musées, la photo est parfois interdite, ou autorisée sans flash. Là encore, suivre les indications affichées et les instructions du personnel évite les problèmes.

Participer ou observer : comment se positionner en tant qu’étranger

Beaucoup d’expatriés souhaitent comprendre les rituels locaux de l’intérieur, sans savoir jusqu’où aller. Le Pérou, dans l’ensemble, est tolérant envers les étrangers, mais plusieurs nuances comptent.

Être invité à un rituel andin

Dans la région de Cusco, du lac Titicaca ou de la Vallée sacrée, il est courant que les agences proposent des cérémonies simplifiées d’offrande à Pachamama ou des lectures de coca. La qualité et l’authenticité varient beaucoup.

Pour participer avec respect :

Astuce :

Pour participer à un rituel traditionnel de manière respectueuse, privilégiez les guides recommandés par des organismes sérieux plutôt que des intermédiaires anonymes. Acceptez ou refusez sobrement les boissons alcoolisées offertes (comme la chicha ou l’aguardiente), sans vous moquer ni vous vanter de votre résistance à l’alcool. Écoutez d’abord les explications sur le sens du rituel avant de poser des questions plus critiques. Enfin, évitez de poster immédiatement sur les réseaux sociaux des vidéos très intimes de la cérémonie, car certaines communautés y sont sensibles.

On peut parfaitement assister comme observateur, sans accomplir tous les gestes, à condition de rester discret et de ne pas perturber la dynamique du groupe.

Fêtes de quartier et festivals populaires

Durant les grandes fêtes (Señor de los Milagros, Candelaria, Inti Raymi, carnavals…), la frontière entre participants « religieux » et spectateurs « culturels » est poreuse. On vous proposera à boire, à manger, à danser. Refuser reste toujours possible, mais on gagne à le faire avec chaleur et tact : un « muchas gracias, mais non puedo » vaut mieux qu’un air dégoûté.

Bon à savoir :

La consommation d’alcool est courante dans ces contextes, mais l’excès, surtout de la part d’un étranger, est très mal perçu. Il est essentiel de rester maître de soi, même si l’ambiance générale devient très arrosée.

Parler de religion : prudence et finesse

Dans les milieux urbains éduqués de Lima, Arequipa ou Trujillo, on rencontre de plus en plus de personnes « spirituelles mais non religieuses », athées ou agnostiques. Mais dans beaucoup de quartiers populaires ou de zones rurales, dire ouvertement « je n’ai pas de religion » peut susciter méfiance ou incompréhension.

Mieux vaut éviter :

de tourner en dérision les croyances (Pachamama, processions, reliques…)

d’entrer frontalement dans des débats sur l’avortement, l’homosexualité ou d’autres sujets sensibles, sauf si la relation est déjà solide

– de chercher à convaincre ou à « éclairer » ses interlocuteurs sur ce qu’on considère comme des superstitions

En revanche, montrer de la curiosité, poser des questions sincères sur ce que la foi signifie dans la vie quotidienne est généralement bien accueilli.

Les Églises évangéliques et la diversification du christianisme

Depuis les années 1990, les Églises évangéliques et pentecôtistes se sont multipliées, surtout dans les quartiers issus de l’exode rural, les zones défavorisées et certaines régions de l’Amazonie. Leurs cultes se distinguent par une musique très présente, des témoignages personnels, un style direct, et souvent un fort accent sur la morale personnelle (alcool, sexualité, famille).

Exemple :

Pour un expatrié, dans le même pâté de maisons, on peut trouver une paroisse catholique, un temple évangélique fréquenté par des migrants andins, et une petite salle d’une autre dénomination. Certains de ces groupes pratiquent un prosélytisme très actif, parfois en porte-à-porte, illustrant la densité et la dynamique missionnaire de certaines communautés religieuses à l’étranger.

Si l’on ne souhaite pas entrer dans une discussion religieuse, un simple « gracias, pero no » reste la meilleure réponse. En revanche, pour ceux qui cherchent une communauté chrétienne vivante, ces Églises offrent souvent des réseaux très chaleureux et solidaires.

Minorités religieuses : visibilité discrète, présence réelle

Au‑delà du christianisme, le Pérou abrite de petites communautés juives, musulmanes, bouddhistes, hindoues et bahá’íes, concentrées en grande partie à Lima et dans quelques grandes villes.

50000

On estime à un peu plus de 50 000 le nombre de bouddhistes au Pérou, originaires principalement des migrations japonaise, chinoise et coréenne.

Ces groupes organisent leurs propres célébrations, souvent peu connues du grand public. Pour un expatrié issu de ces traditions, l’insertion se fera surtout via ces communautés spécifiques, rarement visibles dans l’espace public.

Funérailles, mort et mémoire : entre tombeau et pique‑nique

Les pratiques liées à la mort révèlent la profondeur du syncrétisme. Les obsèques modernes combinent généralement un veillé funèbre avec prières catholiques, chants ou rosaires, et parfois de la musique populaire et des boissons. L’inhumation reste largement majoritaire, même si la crémation progresse dans les milieux urbains.

Bon à savoir :

Le 2 novembre, les familles péruviennes honorent leurs défunts en nettoyant les tombes et en y apportant des offrandes comme des fleurs, de la nourriture, des boissons (parfois du coca) ou même des cigarettes. Contrairement au recueillement silencieux observé dans les cimetières européens, il est courant que les proches passent plusieurs heures sur place à discuter, chanter et partager un repas. Cette pratique vivante et colorée, profondément ancrée dans la vision andine, exprime la continuité du lien avec les ancêtres.

Pour un étranger invité à se rendre au cimetière ce jour‑là, il est recommandé de se vêtir sobrement, de suivre la dynamique de la famille, et d’éviter de transformer le moment en séance photo.

Vivre à Lima en tant que croyant : repères pour expatriés chrétiens

La capitale concentre une grande partie de la diversité religieuse du pays. De nombreuses Églises se sont organisées spécifiquement pour accueillir des étrangers, en particulier anglophones.

Pour les chrétiens protestants ou évangéliques à la recherche de cultes en anglais ou bilingues, on trouve notamment :

Église / communautéLangue principaleQuartierParticularités pour expatriés
The Union Church of Lima (UCL)AnglaisMirafloresÉglise internationale interdenominationnelle
The Cathedral Church of the Good ShepherdAnglais & espagnolMirafloresCathédrale anglicane historique, communauté mixte
Potential Church LimaBilingueMirafloresStyle contemporain, louange avec groupe moderne
La Ciudad ChurchBilingueMirafloresÉglise multiculturelle, traduction simultanée
Familias con Propósito Christian ChurchAnglais & espagnolMirafloresServices distincts par langue, focus sur la famille
Camino de VidaEspagnol (avec traduction)MonterricoMégachurch non confessionnelle, nombreux expatriés

Ces communautés organisent, en plus du culte, des groupes de maison, activités pour enfants, cours bibliques, actions sociales. Elles constituent souvent un point d’entrée précieux dans la vie locale pour un expatrié, qu’il soit croyant engagé ou simplement en recherche de repères et de réseau.

Spiritualités andines et tourisme : entre quête personnelle et risques d’appropriation

Le succès international d’expériences comme l’ayahuasca, les retraites « chamaniques » ou les pèlerinages à Machu Picchu a fait du Pérou un haut lieu du tourisme spirituel. Pour de nombreux expatriés, il est tentant de profiter du séjour pour « vivre » ces expériences.

Les pratiques traditionnelles autour de plantes maîtresses (ayahuasca en Amazonie, San Pedro dans les Andes), des offrandes à Pachamama ou des lectures de coca s’inscrivent dans une logique de soin, d’équilibre et de réciprocité, encadrée par des spécialistes formés pendant des années, parfois appelés paqos, curanderos ou altomisayoc.

Face à la demande internationale, des offres très diverses sont apparues : du centre sérieux travaillant avec des communautés indigènes, à la retraite improvisée par des non‑spécialistes. Pour un expatrié, plusieurs enjeux se posent :

santé : certaines plantes ont des effets puissants, incompatibles avec certains traitements médicaux ou troubles psychiques

éthique : participation à des rituels authentiques ou simple consommation de « produits spirituels » fabriqués pour touristes

respect culturel : risque de réduire des traditions complexes à des expériences Instagram

La prudence invite à se renseigner longuement, à privilégier des structures transparentes quant à leurs liens avec les communautés locales, et à se rappeler qu’on n’a pas « droit » à toutes les expériences, simplement parce qu’on est de passage.

Religion, politique et société : ce qu’il est utile de savoir

Sans plonger dans l’analyse politique, il est utile pour un expatrié de savoir que les groupes religieux pèsent dans le débat public. Certains leaders évangéliques soutiennent ouvertement des candidats et défendent des positions conservatrices sur les questions de famille, d’éducation sexuelle ou de droits LGBTQ+. Le catholicisme institutionnel, de son côté, continue d’influencer discrètement les grandes orientations, tout en étant traversé par des courants plus progressistes, notamment inspirés par la théologie de la libération.

Des organisations comme le Conseil interreligieux du Pérou cherchent à promouvoir le dialogue entre confessions et l’égalité de traitement, notamment en matière d’exemptions fiscales ou d’accès aux aumôneries. À l’autre bout du spectre, des associations laïques militent pour la suppression de l’enseignement religieux obligatoire à l’école publique.

Dans la vie courante de l’expatrié, ces tensions se traduisent rarement par des conflits ouverts, mais elles peuvent surgir dans les conversations de bureau, les débats médiatiques ou les discussions familiales. Les aborder exige la même prudence que dans bien d’autres pays : écouter avant de juger, et mesurer l’impact possible de ses prises de position.

Clés pratiques pour une intégration respectueuse

En résumé, vivre au Pérou en tant qu’expatrié, c’est accepter de cheminer dans un univers religieux très présent, où se croisent processions baroques, messes en quechua, cultes évangéliques en plein air et rituels discrets à la Mère Terre. Quelques attitudes facilitent grandement l’intégration :

Astuce :

Lors de vos voyages, considérez les expressions religieuses comme un élément central de la culture locale, au même titre que la cuisine ou la musique. Adoptez une attitude respectueuse : demandez toujours l’autorisation avant de photographier et écoutez avant de commenter. Adaptez votre tenue vestimentaire et votre comportement dans les espaces considérés comme sacrés. Reconnaissez que la frontière entre le « religieux » et le « culturel » est souvent plus floue que dans les sociétés occidentales. Enfin, gardez à l’esprit que, dans de nombreuses familles, l’identité religieuse est intrinsèquement liée à la dignité et au respectabilité sociale.

Comprendre ces pratiques ne signifie pas y adhérer ni renoncer à ses propres convictions. C’est simplement ouvrir un espace de rencontre avec un pays où la foi, sous des formes multiples, reste l’une des grandes grilles de lecture du monde – et donc, un des meilleurs points d’entrée pour qui veut vraiment s’y ancrer.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable, diversifier ses investissements et conserver un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Pérou, Portugal, Grèce, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Pérou pour sa fiscalité territoriale (imposition principalement sur les revenus de source péruvienne), l’absence d’impôt sur la fortune, un coût de vie très inférieur à la France (Lima ~40% moins cher que Paris) et une forte dynamique immobilière locale. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions FR‑PE pour éviter la double imposition), obtention de la résidence avec achat d’un bien d’habitation, organisation de la couverture santé locale et complémentaire, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, fiscaliste, agents immobiliers) et intégration patrimoniale globale (analyse, restructuration et préparation de la transmission).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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