Le marché du travail au Fidji : quelles vraies opportunités pour les expatriés ?

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Le Fidji fait rêver avec ses lagons turquoise et son rythme de vie nonchalant, mais derrière la carte postale se cache un marché du travail plus complexe qu’il n’y paraît. Pour un expatrié, les possibilités existent bel et bien, mais elles concernent des profils précis, dans des secteurs ciblés, avec un cadre légal et économique à bien comprendre avant de faire ses valises.

Bon à savoir :

Cet article fournit une analyse complète du marché de l’emploi aux Fidji, incluant les salaires, les secteurs porteurs, les conditions de travail, le coût de la vie et les démarches pour obtenir un permis de travail. Il vise à aider un professionnel étranger à transformer l’idée d’une installation dans l’archipel d’un simple rêve tropical en un projet viable et sérieusement envisageable.

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Un petit pays, une économie en mutation

Le Fidji est un archipel de quelque 330 îles (dont seulement un tiers habité), avec une population d’environ 900 000 habitants. La capitale, Suva, concentre l’essentiel de l’activité politique, économique et universitaire, tandis que Nadi et Lautoka, sur l’île de Viti Levu, sont des pôles touristiques et logistiques majeurs.

L’économie est classée « en développement », mais le pays joue le rôle de hub relativement avancé dans le Pacifique. Les grands piliers restent le tourisme et l’agriculture, auxquels s’ajoutent la finance, le secteur public, une industrie manufacturière modeste et, de plus en plus, les services IT et l’externalisation.

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Le secteur des services, incluant le tourisme, représente environ 60 % du PIB.

Le marché du travail est officiellement relativement « tendu » : le taux de chômage tourne autour de 4–5 %, avec un taux d’emploi d’environ 54 %, inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE. Pourtant, les employeurs se plaignent de pénuries de compétences, tandis que le chômage des jeunes (NEET) dépasse 26 %. Autrement dit, le problème n’est pas tant le manque de travailleurs que le décalage entre les qualifications disponibles et les besoins.

80000

Nombre estimé de résidents ayant quitté les Fidji pour l’étranger entre 2018 et 2023, attirés par de meilleures conditions de travail.

Résultat paradoxal : le pays voit partir ses infirmiers, enseignants, techniciens et cadres, tout en délivrant plus de 6 000 permis de travail à des étrangers entre août 2023 et début 2025. C’est précisément dans ces « trous » du marché que peuvent s’insérer certains expatriés.

Salaires au Fidji : ce que valent réellement les postes pour expatriés

Le salaire moyen et le coût de la vie sont les deux variables à mettre en face pour juger de la viabilité d’une expatriation.

Les chiffres de rémunération sont très dispersés selon les sources, mais on peut dégager plusieurs ordres de grandeur cohérents.

Niveaux de salaires : panorama chiffré

Plusieurs bases de données et enquêtes indiquent :

salaire annuel moyen autour de 57 000 FJD, avec une médiane de 61 780 FJD ;

– fourchette typique de salaires bruts mensuels entre 2 300 et 7 500 FJD ;

– salaires mensuels extrêmes allant de 480 FJD aux alentours de 21 500 FJD.

En pratique, pour un poste qualifié en milieu de carrière dans le secteur privé, beaucoup de sources convergent vers une moyenne entre 4 800 et 5 800 FJD par mois, parfois 7 000 FJD pour des fonctions de management ou de spécialiste rare.

Quelques exemples concrets, tous en FJD brut mensuel :

ProfessionSalaire mensuel moyen (FJD)
Software Engineer4 680
Data Analyst4 300
Business Analyst5 710
Business Development Manager7 190
Project Manager6 130
Product Manager (général)6 880
Sales Manager8 240
IT Project Manager7 120
Network Engineer4 560
Graphic Designer3 840
Digital Marketer4 020
PR Manager5 070
Financial Accountant3 030
Financial Controller6 970
Investment Banker5 950
HR Generalist3 980
Recruiter4 170

À l’autre extrémité, les emplois ouvriers ou de service peu qualifiés se situent souvent entre 2 200 et 2 500 FJD mensuels : manutentionnaire, couturière, porteur, ouvriers textile, employé de caisse bancaire, etc.

La dispersion est extrême en haut de l’échelle. Certaines sources rapportent des salaires annuels dépassant 200 000 FJD pour des chirurgiens, professeurs d’université, dirigeants de grandes entreprises ou chefs de projets IT très expérimentés.

Exemple :

Exemples de salaires annuels élevés, donnés à titre d’ordres de grandeur, pour illustrer les rémunérations les plus importantes sur le marché du travail.

FonctionSalaire annuel moyen (FJD)
Professeur d’université~267 000
CEO~246 000
Chirurgien~208 000
Finance Manager~159 000
IT Project Manager senior~100 000

Pour un expatrié, les offres se situent souvent dans la fourchette haute du marché local, surtout si l’employeur recherche une expertise rare (IT, ingénierie, finance, management hôtelier, consultants spécialisés).

Salaires et expérience : prime à la seniorité

Les données montrent une progression importante avec les années d’expérience :

Expérience professionnelleSalaire annuel moyen (FJD)
1–3 ans29 667
4–6 ans38 333
7–9 ans48 750
10+ ans58 333

Les hausses typiques sont de l’ordre de : 20% à 30%.

+35 % entre un junior et un profil 2–5 ans ;

+20 % supplémentaires après 10 ans d’expérience ;

encore +15 % au-delà de 15 ans.

Les travailleurs très expérimentés (plus de 16 ans) atteignent parfois des niveaux proches ou supérieurs à 150 000 FJD annuels, même si les données deviennent plus erratiques sur cette tranche.

Pour les expatriés, cette progression est cruciale : un spécialiste avec 7–10 ans d’expérience dans un domaine en tension (cybersécurité, cloud, gestion de projets complexes, ingénierie de construction) peut prétendre à des rémunérations qui, sans être « occidentales », permettent de couvrir plus confortablement le coût élevé de la vie locale.

Salaires et diplôme : l’éducation paye cher

Le niveau d’études joue un rôle déterminant. Les écarts moyens sont significatifs :

Impact du niveau d’études sur le revenu

Les données suivantes illustrent l’augmentation moyenne du revenu associée à chaque niveau d’études supérieur, par rapport au niveau précédent.

Certificat ou diplôme court

Rapporte environ 17 % de plus qu’un simple niveau lycée.

Licence

Permet de gagner environ 25 % de plus qu’un titulaire de diplôme/certificat court.

Master

Ajoute encore 30 % au revenu d’un diplômé de licence.

Doctorat

Apporte en moyenne 22 % supplémentaires par rapport au master.

En valeur absolue, les enquêtes indiquent :

Niveau d’étudesSalaire annuel moyen (FJD)
Éducation inférieure au lycée~2 800 à 5 700
Secondaire complet~5 700
Enseignement tertiaire (général)~10 800
Doctorat (échantillon réduit)>160 000

Pour un expatrié, l’intérêt de ces chiffres n’est pas de « négocier comme un local », mais de comprendre le positionnement : un master ou un MBA, ou encore un doctorat avec spécialisation utile (ingénierie, finances, sciences de la mer, énergie), vous place automatiquement dans la frange supérieure du marché. C’est souvent la condition pour décrocher des postes clairement au-dessus du coût de la vie.

Inégalités de revenus et écart hommes-femmes

L’indice de Gini de 0,493 traduit une inégalité de revenus modérée à élevée. La distribution mensuelle montre :

25 % des travailleurs gagnent moins de 2 880 FJD ;

10 % gagnent 1 920 FJD ou moins ;

10 % gagnent au moins 6 400 FJD.

Les hommes perçoivent en moyenne 11 à 13 % de plus que les femmes à poste comparable. Pour une expatriée, cela signifie qu’il est utile d’arriver informée de ces écarts afin de négocier le salaire et les avantages sans se caler sur les pratiques locales parfois défavorables aux femmes.

Public, privé, bonus : comment se structure la rémunération

Pour un expatrié en quête de stabilité, il est important de comprendre les différences entre secteurs, ainsi que les mécanismes d’augmentation et de primes.

Public vs privé : un avantage salarial relatif dans la fonction publique

Les données disponibles indiquent que les salaires du secteur public sont en moyenne plus élevés de 25 % pour un même poste que dans le privé. Selon les sources :

salaire moyen secteur public : entre 39 958 et 63 480 FJD par an ;

salaire moyen secteur privé : entre 31 966 et 50 660 FJD par an.

Astuce :

Les postes dans l’administration, l’éducation publique ou la santé peuvent être attrayants pour les expatriés, notamment pour des fonctions de haut niveau comme consultant en réforme, spécialiste IT ministériel ou expert en finances publiques. Cependant, ces opportunités sont plus rares et souvent réservées à des profils très spécifiques, parfois recrutés via des organisations internationales.

Augmentations, primes et 13e mois

Les mécanismes d’évolution salariale sont plutôt modestes :

augmentation moyenne : environ 5 % tous les 28 mois, soit à peine 2 % par an ;

– dans les grandes industries (banque, énergie, IT, santé, construction, éducation, voyages) : augmentations annuelles moyennes autour de 9 %.

La progression dépend aussi du niveau hiérarchique :

junior : 3 à 5 % par an ;

intermédiaire : 6 à 9 % ;

senior : 10 à 15 % ;

top management : 15 à 20 %.

Les primes ne sont ni systématiques ni massives :

Les primes et bonus en entreprise

Panorama des pratiques de rémunération variable selon les secteurs d’activité en France

Portée des bonus

39 % des salariés déclarent avoir reçu au moins un bonus l’an dernier, contre 61 % n’en ayant reçu aucun.

Montant typique

Le bonus représente généralement entre 2 % et 7 % du salaire annuel du salarié.

Secteurs les plus généreux

La finance, l’architecture, la vente, le développement commercial, le marketing et la publicité.

Secteurs à primes intermédiaires

L’IT, la santé, l’assurance, le service client et les ressources humaines.

Secteurs aux bonus plus faibles

La construction, les transports et l’hôtellerie-restauration.

Les chiffres montrent également que les cadres supérieurs touchent des primes en moyenne 12 % plus élevées que les cadres intermédiaires et 34 % supérieures à celles des débutants.

Enfin, une pratique assez répandue consiste à verser un 13e mois en guise de prime de fin d’année, sans que cela soit une obligation légale. Un expatrié peut légitimement intégrer cette dimension dans sa négociation de package.

Conditions de travail : horaires, congés, protections

La semaine de travail standard est de 48 heures, généralement du lundi au samedi. Les contrats peuvent prévoir 45 ou 48 heures, mais la norme légale se situe dans cette fourchette. Au-delà, les heures supplémentaires s’appliquent :

jours ordinaires : 1,5 fois le taux horaire pour les deux premières heures, puis 2 fois ;

jours fériés : 2 fois le taux horaire.

La loi impose au moins un jour de repos hebdomadaire. Le travail de nuit est réglementé et peut donner lieu à des majorations.

Concernant les congés, le socle légal minimum est le suivant :

Attention :

Les salariés bénéficient de 10 jours de congés annuels ouvrables et de 10 jours de congés maladie par an (pour les temps pleins). Le congé maternité est de 98 jours payés (tendance à l’augmentation), le congé paternité est d’environ 5 à 10 jours, et les congés de soins familiaux incluent désormais la prise en charge des parents âgés.

En matière de rupture, l’employeur doit généralement respecter un préavis d’un mois (ou celui fixé contractuellement), sauf faute grave justifiant un licenciement sans préavis. Une indemnité de licenciement de l’ordre de 5/6 de jour de salaire par mois travaillé, soit environ une semaine de salaire par année d’ancienneté, est prévue dans certains cadres.

Pour un expatrié, le point sensible est moins la loi que la capacité de l’employeur à respecter scrupuleusement les procédures, notamment en cas de litige. Le cas d’un chef mexicain licencié abusivement d’un resort de Denarau, indemnisé après plusieurs années de procédure, illustre à la fois l’existence de recours et la lenteur du système.

Un coût de la vie surprenant, surtout pour les expatriés

L’un des plus grands pièges du Fidji pour les étrangers est le décalage entre salaires locaux et coût de la vie. Si l’on se fie aux comparaisons internationales, le salaire moyen en dollars est nettement inférieur à celui du Japon, du Royaume-Uni, de l’Allemagne ou de l’Australie, mais le niveau des prix – surtout dans les grandes villes – reste élevé pour qui gagne à la manière locale.

Quelques repères :

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Budget mensuel réaliste pour une famille de quatre à Suva, incluant logement, école internationale, santé privée et loisirs.

Les loyers constituent le poste le plus lourd, notamment à Suva et Nadi. À Suva, un appartement d’une chambre en centre-ville peut coûter autour de 1 500 FJD, tandis qu’une maison de trois chambres correctement sécurisée grimpe aisément à 4 000 FJD, voire plus pour les quartiers très prisés ou les logements modernes « expatriés ». À Nadi, les loyers peuvent être jusqu’à 30 % plus bas pour des biens similaires, mais les variations entre quartiers sont fortes.

D’autres postes sont aussi à surveiller : à surveiller

Astuce :

À Fidji, le coût de la vie peut être élevé pour les expatriés. L’alimentation importée (fromages européens, produits bio, céréales spéciales) est nettement plus chère que les produits locaux. Pour les familles, les écoles internationales (International School Suva, International School Nadi, etc.) facturent souvent entre 8 000 et près de 19 000 USD de frais de scolarité annuels par enfant. Enfin, l’accès à une santé de qualité implique généralement de souscrire une assurance couvrant les évacuations sanitaires vers l’Australie ou la Nouvelle-Zélande pour les cas sérieux.

Pour un expatrié, la conséquence est claire : un salaire simplement « local moyen » ne suffit pas à maintenir un niveau de vie comparable à celui d’un cadre moyen en Europe ou en Australie, surtout avec famille. Il faut viser la partie haute du marché (management, expertise, postes internationaux, package incluant logement ou primes) ou négocier des compléments significatifs (logement, scolarité, assurances).

Où sont les vraies opportunités pour expatriés ?

Contrairement à d’autres pays d’Asie ou à certains émirats, le Fidji n’est pas un eldorado de contrats expatriés surpayés. La plupart des étrangers qui s’y installent le font pour la retraite ou un changement de vie, non pour « faire fortune ». Néanmoins, pour des professionnels ciblés, il existe un faisceau d’opportunités réelles.

Tourisme haut de gamme et hôtellerie

Le tourisme est de loin le premier employeur dans le secteur privé. Les resorts haut de gamme et hôtels internationaux de Denarau, des Mamanuca ou des Yasawa recherchent parfois des profils étrangers pour :

la direction d’hôtels ou de départements (hébergement, restauration, spa, finances) ;

la gestion marketing et commerciale orientée clients australiens, néo-zélandais, nord-américains ou européens ;

– des fonctions techniques spécialisées (F&B managers très expérimentés, chefs exécutifs de niveau international, directeurs de centre de plongée, responsables d’activités nautiques hautement qualifiés).

À titre d’illustration, certains directeurs de resort ou chefs exécutifs peuvent percevoir des rémunérations mensuelles à cinq chiffres en FJD, parfois accompagnées de logement, repas et bonus sur performances. Toutefois, ces postes sont rares, très convoités, et souvent réservés à des professionnels avec parcours international solide.

Construction, infrastructure, énergie

Le pays est engagé dans d’importants projets d’infrastructures (routes, ponts, réseaux électriques, aéroports, bâtiments publics, hôtels). L’investissement total dans la construction dépasserait les 2 milliards de FJD avec plus de 30 nouveaux projets à venir selon des organismes de promotion des investissements.

Dans ce contexte, la demande est forte pour : les produits écologiques et durables.

ingénieurs civils, chefferies de projet, directeurs de travaux ;

architectes et urbanistes ;

ingénieurs électriciens, techniciens spécialisés dans les réseaux et énergies renouvelables (solaire notamment) ;

managers HSE (santé-sécurité environnementale).

Certaines statistiques salariales indiquent que les métiers de la logistique, du transport routier et ferroviaire, ainsi que les ouvriers du bâtiment qualifiés se situent parmi les mieux payés du pays, avec des moyennes annuelles dépassant parfois les 100 000 FJD pour les profils les plus expérimentés.

IT, numérique et externalisation

Le secteur IT, encore modeste à l’échelle mondiale (valeur estimée à environ 102 millions USD), affiche une croissance rapide, proche de 8–9 % par an. Les domaines porteurs sont :

développement logiciel (full-stack, mobile, web) ;

cloud computing (architectes et ingénieurs cloud AWS, Azure, GCP) ;

cybersécurité (analystes, ingénieurs sécurité, spécialistes SOC) ;

data science, data engineering, BI ;

gestion de projets IT.

Les salaires pour des postes IT intermédiaires se situent généralement entre 4 500 et 7 500 FJD par mois, mais les fonctions de direction (IT Director, Head of Product, programme managers) dépassent volontiers les 9 000–12 000 FJD mensuels.

Pour des spécialistes de cybersécurité, de cloud ou d’IA, les grilles internationales citées pour 2025 font état de fourchettes annuelles entre 80 000 et 150 000 FJD pour les postes expérimentés ou d’architecte – bien au-dessus de la moyenne locale, et compatibles avec un niveau de vie confortable.

Bon à savoir :

Fidji est une plateforme d’outsourcing pour l’Australie et la Nouvelle-Zélande, notamment dans les centres d’appels et le support technique, où l’anglais est couramment utilisé. La majorité des postes opérationnels sont pourvus localement. Pour un expatrié, les opportunités se situent plutôt dans des rôles de gestion de centre, d’implémentation de processus, de direction informatique ou de cybersécurité.

Finance, banque, audit, conseil

Les grandes institutions financières (banques commerciales comme BSP, Westpac, Bank of the South Pacific, compagnies d’assurance, banques de développement) recrutent des profils :

de direction financière et de contrôle ;

d’analystes financiers, risk managers, auditeurs ;

de spécialistes conformité/réglementation.

Les rémunérations dans la finance sont compétitives pour le marché local : un finance manager peut approcher les 9 700 FJD par mois, un contrôleur financier près de 7 000 FJD, un analyste financier autour de 4 300 FJD. Pour un expatrié cadre, ces montants peuvent être renforcés par des avantages (logement, voiture, primes).

Santé, éducation, ONG et organisations internationales

Le secteur de la santé subit de plein fouet la fuite des talents : infirmiers, médecins et spécialistes quittent le pays pour l’Australie, la Nouvelle-Zélande ou les États-Unis. De même, l’éducation (notamment les enseignants de secondaire, les formateurs techniques) a vu un nombre important de professionnels partir.

Les opportunités pour expatriés se trouvent moins dans le secteur public pur – où les salaires restent modestes – que dans :

Exemple :

Les opportunités d’emploi dans le secteur de la santé et du développement aux Fidji se trouvent notamment dans : les hôpitaux et cliniques privées à Suva et Nadi ; les ONG internationales actives dans la santé communautaire, la santé sexuelle et reproductive, la nutrition ou la lutte contre les maladies non transmissibles ; les agences de développement et institutions régionales comme le Secrétariat de la Communauté du Pacifique, les agences de l’ONU ou les programmes financés par la Banque mondiale ; ainsi que dans les universités et grandes écoles telles que l’University of the South Pacific, l’University of Fiji ou la Fiji National University pour des postes d’enseignant-chercheur ou d’expert invité.

Ces postes sont souvent mieux rémunérés, parfois alignés sur des grilles internationales, et incluent fréquemment des avantages (billets d’avion, assurance santé complète, logement temporaire, allocations diverses).

Entrepreneuriat et investissement

Le Fidji cherche à attirer les investisseurs étrangers, avec un régime de permis d’investissement relativement accessible et de nombreux incitatifs fiscaux dans certains secteurs (tourisme, agro-industrie, énergie renouvelable, technologies de l’information, zones franches, etc.).

Pour un expatrié, créer ou racheter une entreprise peut être un levier intéressant dans :

les guest houses, petits hôtels ou écolodges orientés vers une clientèle internationale ;

la restauration, les cafés, les activités nautiques et de plongée dans les zones touristiques ;

– les services B2B à forte valeur ajoutée (cabinet de conseil, bureaux d’études techniques, services IT spécialisés, design, marketing digital) ;

– les projets agricoles ou agroalimentaires innovants (produits bio, agroforesterie, transformation locale).

Le parcours administratif reste toutefois long et parfois opaque : enregistrement au registre des sociétés, obtention d’un Tax Identification Number, enregistrement à la Caisse de retraite (FNPF), approbation d’Investment Fiji, respect des règles de propriété foncière (souvent coutumières), et du contrôle des changes géré par la Banque centrale.

Permis de travail : un passage obligé, très encadré

Aucun étranger ne peut travailler légalement au Fidji sans permis de travail. La règle de base est claire : il faut impérativement obtenir ce permis avant d’entrer dans le pays pour travailler. On ne « convertit » pas un visa touriste en autorisation d’emploi une fois sur place.

Types de permis pertinents pour un expatrié salarié

Plusieurs catégories existent :

Work Permit standard : pour un emploi de longue durée lié à un employeur et un poste précis, valable classiquement 1 à 3 ans, renouvelable ;

Short-Term Work Permit : pour des missions jusqu’à un an ;

– permis spécifiques (éducation, religieux, volontaire, consultant spécialisé) selon la nature du poste ;

Investor Permit : pour les personnes qui injectent un volume significatif de capital dans une entreprise locale, avec des droits au travail pouvant aller jusqu’à 14 ans.

Depuis avril 2025, toutes les demandes doivent se conformer strictement à l’Immigration Act 2003. Les anciens dispositifs de « Qualified Employers » ou de comités spécifiques pour professionnels qualifiés ont été abandonnés afin de revenir à un cadre unique.

Rôle de l’employeur et procédure

Le sponsor (employeur fidjien enregistré) joue un rôle central :

Attention :

L’employeur doit prouver l’absence de candidat local adéquat via une offre publiée et une justification écrite. Il doit compléter le dossier de demande avec le candidat avant son arrivée, fournir une lettre de soutien, le contrat, les documents légaux de l’entreprise et, le cas échéant, un programme de transfert de compétences. Le dossier complet doit être déposé au Département de l’Immigration à Suva.

Du côté du candidat, il faut réunir :

application form complété ;

copie du passeport valide ;

– photos d’identité récentes ;

– CV détaillé ;

– copies certifiées des diplômes et certificats de travail ;

– certificat médical ;

– extrait de casier judiciaire (pays d’origine et pays de résidence de plus de 12 mois sur les 10 dernières années) ;

– contrat de travail ou lettre d’offre.

3-4

C’est le nombre de mois que peuvent prendre les procédures pour les dossiers de visa complexes ou incomplets aux Fidji.

Les conjoints et enfants mineurs peuvent être mentionnés comme « dépendants », avec un permis de séjour aligné sur celui du titulaire principal. Ils n’ont toutefois pas automatiquement le droit de travailler : si le conjoint veut exercer une activité, il devra, lui aussi, passer par une procédure d’autorisation adéquate.

Respect strict des règles

Les autorités insistent sur le respect des conditions :

le titulaire ne peut travailler que pour l’employeur et dans le poste mentionnés ;

tout changement d’employeur ou de fonction requiert une nouvelle approbation ;

– en cas de rupture du contrat, l’employeur doit avertir l’Immigration, et le salarié doit soit régulariser sa situation, soit quitter le pays.

Le non-respect des règles (travail sans permis, employeur ne déclarant pas l’embauche, activité différente de celle autorisée) peut entraîner amendes, expulsions, voire interdiction temporaire de territoire. Dans un marché aussi petit, la réputation auprès des autorités compte.

Régime fiscal et charges sociales pour les expatriés

Travailler au Fidji signifie entrer dans le système fiscal fidjien, gouverné par le Fiji Revenue & Customs Service (FRCS).

Résidence fiscale et imposition

En général, un étranger qui vient « vivre et travailler » au Fidji sur un contrat de un à trois ans est considéré comme résident fiscal dès son arrivée, dès lors qu’il séjourne plus de 183 jours sur l’année et que son centre d’intérêt se déplace clairement dans le pays.

Les principes sont les suivants :

Bon à savoir :

Un résident fiscal est imposé sur l’ensemble de ses revenus mondiaux, tandis qu’un non-résident n’est imposé que sur ses revenus de source fidjienne. Les résidents bénéficient d’un seuil d’imposition annuel de 30 000 FJD : aucun impôt sur le revenu n’est dû en dessous de ce montant. Au-delà, un barème progressif s’applique, avec des taux de 18 % puis 20 % sur les tranches supérieures. Des surtaxes supplémentaires, via un impôt de « responsabilité sociale », concernent les revenus très élevés.

Les non-résidents, eux, sont taxés à 20 % dès le premier dollar de revenu fidjien.

L’impôt sur le salaire est prélevé à la source via le système PAYE, qui agit comme impôt libératoire dans la plupart des cas. Si vous n’avez qu’un seul employeur et pas d’activité indépendante, vous n’avez en principe pas de déclaration annuelle à déposer.

Cotisations retraite (FNPF) et autres contributions

Le Fiji National Provident Fund est la caisse de retraite obligatoire pour les citoyens fidjiens. Pour eux, l’employeur cotise environ 18 % du salaire brut (tout en pouvant récupérer une partie sur la retenue salariale). Les expatriés ne sont pas obligatoirement affiliés, mais peuvent l’être sur demande conjointe de l’employeur et du salarié.

Pour un employeur, le coût total d’un expatrié inclut :

salaire brut ;

– cotisation FNPF si choisie ;

charges fiscales sur certains avantages en nature (voiture de fonction, logement) via la Fringe Benefits Tax, à 20 % sur une base « gross-up » ;

– éventuellement, formation et assurance.

Le taux global d’imposition sur les profits des entreprises oscille entre 20 et 25 % selon le statut de la société (cotée ou non) et les régimes incitatifs. Les expatriés dirigeants doivent aussi suivre les questions de prix de transfert, de retenues à la source sur dividendes, intérêts et redevances vis-à-vis de l’étranger, souvent couverts par des conventions de non-double imposition avec l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni, le Japon, l’Inde, etc.

Conditions de vie et culture au travail : ce que les chiffres ne disent pas

Même lorsqu’un package semble correct sur le papier, la réussite d’une expatriation se joue aussi sur l’adaptation au contexte local.

« Fiji Time », hiérarchie et multiculturalisme

Dans les entreprises fidjiennes, on retrouve un mélange de cultures : iTaukei (indigènes), Indo-Fijians (d’origine indienne), Chinois, Européens, Rotumans, etc. L’anglais est la langue de travail, aux côtés du fidjien et du hindi local.

Bon à savoir :

La culture professionnelle est marquée par un respect hiérarchique important envers les aînés et les managers, avec des décisions rarement ultra-collégiales. Parallèlement, le concept de « Fiji Time » prévaut : la ponctualité est moins rigide, les réunions peuvent débuter en retard et les délais sont souvent flexibles.

Un expatrié qui arrive avec une culture du temps très stricte devra faire preuve à la fois de fermeté (pour tenir ses objectifs) et de patience (pour garder de bonnes relations). Ceux qui parviennent à concilier professionnalisme et respect du rythme local s’intègrent le mieux.

Infrastructures, sécurité, santé

Les infrastructures restent fragiles : coupures de courant, surtensions, routes dégradées, inondations fréquentes pendant la saison des pluies, cyclones entre novembre et avril. Dans les grandes villes, l’eau et l’électricité sont globalement disponibles, mais l’achat d’onduleurs ou de petits générateurs n’est pas rare chez les expatriés.

Bon à savoir :

Bien que les Fidji ne soient pas un pays ultra-violent, des actes comme les cambriolages, vols à l’arraché et effractions de véhicules ou de maisons existent, principalement en zone urbaine. Il est courant que les expatriés optent pour des logements sécurisés, équipés de clôture, d’un système d’alarme et parfois d’un gardien de nuit.

Le système de santé public est perfectible. Pour des soins courants, les hôpitaux et cliniques de Suva et Nadi font l’affaire ; pour des interventions lourdes ou complexes, la norme est de se faire évacuer vers l’Australie ou la Nouvelle-Zélande. D’où l’importance d’une assurance santé internationale robuste.

Stratégies pour un expatrié : comment aborder le marché fidjien

Pour un professionnel étranger, le Fidji n’est ni un marché de masse, ni une simple destination touristique. C’est un petit écosystème où la clé est de se positionner sur une niche.

Plusieurs approches se dégagent :

Astuce :

La majorité des expériences soulignent la difficulté de trouver un emploi une fois installé aux Fidji, en raison de la nécessité d’un permis de travail lié à un employeur et d’une réelle concurrence. Il est donc conseillé de postuler avant votre arrivée en ciblant directement les entreprises et institutions qui recrutent des profils internationaux, comme les compagnies aériennes, les télécoms, les grandes banques, les resorts haut de gamme, les ONG ou les agences onusiennes. Utilisez pour cela des plateformes spécialisées telles que MyJobsFiji, eJobsFiji, LinkedIn, ou les sites carrières des grands groupes (Fiji Airways, Vodafone, Telecom Fiji, banques, universités).

2. Passer par les réseaux internationaux : pour les métiers de l’humanitaire, du développement, de l’enseignement supérieur ou de la recherche, les offres sont souvent publiées sur les portails des organisations (ONU, SPC, grandes ONG), ou relayées par des réseaux professionnels internationaux.

3. Cibler une expertise rare : plus vous apportez une compétence pointue difficile à trouver localement (cybersécurité, architecture cloud, ingénierie hautement spécialisée, direction de projets complexes, finance quantitative, management hôtelier de luxe), plus vous justifiez un recrutement étranger malgré les exigences de priorité aux nationaux.

Attention :

Ouvrir une guest house, un restaurant, une structure de plongée ou un cabinet de conseil peut être séduisant, mais implique d’accepter une bureaucratie importante, des règles foncières particulières et un marché de taille réduite. L’accompagnement par un avocat local et un comptable expérimenté est indispensable.

5. Évaluer le package global, pas seulement le salaire : entre la fiscalité, les loyers, la scolarité (le cas échéant), les assurances et les billets d’avion pour rentrer voir sa famille, un salaire brut de 6 000 FJD n’a pas du tout la même signification selon que l’employeur prend en charge le logement, la scolarité, la santé ou non.

Le Fidji, une opportunité raisonnée plutôt qu’un rêve naïf

Le marché du travail au Fidji offre de réelles ouvertures aux expatriés, mais n’a rien d’une manne infinie. Les postes véritablement attractifs se concentrent dans quelques segments : direction de resorts, IT de pointe, ingénierie d’infrastructure, finance de haut niveau, postes stratégiques dans les ONG et les institutions régionales, entrepreneuriat bien ciblé.

Les salaires, même dans le haut de la fourchette fidjienne, restent très inférieurs aux rémunérations d’Australie, de Nouvelle-Zélande, d’Europe ou d’Amérique du Nord, alors que le coût de la vie, notamment pour le logement, l’éducation et la santé privée, est étonnamment élevé pour un pays en développement.

La bonne question n’est donc pas « Vais-je gagner plus qu’en Occident ? », mais plutôt :

Pour un expatrié

« Ce poste me permet-il de couvrir confortablement mes coûts au Fidji ? »

« M’offre-t-il une expérience professionnelle et personnelle que je valorise, même au prix d’un sacrifice financier relatif ? »

« Le package (salaire + avantages + qualité de vie) correspond-il à mes priorités actuelles ? »

Si la réponse est oui, et si l’on accepte le rythme du « Fiji Time », la multiculturalité, les infrastructures parfois capricieuses et une certaine incertitude, le Fidji peut devenir bien plus qu’une carte postale : un terrain de jeu professionnel à taille humaine, dans un pays en pleine recomposition, où l’apport d’un expatrié compétent et respectueux du contexte local peut réellement faire la différence.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa fiscalité et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Fidji, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler les îles Fidji pour leur fiscalité personnelle compétitive, l’absence d’impôt sur la fortune, un coût de vie inférieur aux grandes métropoles françaises et un environnement stable favorable aux expatriés. La mission a inclus : audit fiscal pré-expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec achat d’une résidence principale, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre des intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, intermédiaires bilingues) et intégration patrimoniale globale (analyse et restructuration si nécessaire), tout en vérifiant les conventions de non double imposition applicables.

Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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