Obtenir un passeport du pays au Fidji n’est pas une simple formalité administrative : c’est l’aboutissement d’un parcours juridique qui commence avec la citoyenneté, se poursuit par des démarches auprès du Department of Immigration, et se prolonge parfois par un projet d’investissement ou de résidence à long terme. Ce guide explique, en français clair, comment fonctionne ce système, quelles sont les autorités compétentes, quelles pièces fournir, quels frais payer, et quels délais prévoir, que l’on vive aux Fidji ou à l’étranger.
Comprendre qui délivre le passeport du pays au Fidji
Aux Fidji, la politique migratoire et la délivrance des passeports sont centralisées. Le Department of Immigration (DOI) relève du Ministry of Home Affairs and Immigration, lui‑même placé sous le Bureau du Premier ministre. Cette administration applique les lois sur l’immigration, les passeports et la citoyenneté.
Le Permanent Secretary for Immigration, Aliki Salusalu, est le responsable administratif, sous la tutelle du ministre Pio Tikoduadua. Le Département de l’Immigration (DOI) traite directement les demandes déposées sur place à Fidji et coordonne les missions diplomatiques à l’étranger (hautes commissions et consulats) qui recueillent les dossiers pour Suva.
Le service des passeports fonctionne sous l’empire du Fiji Passport Act 2002. C’est lui qui précise les types de documents de voyage délivrés, leurs conditions d’émission et de validité.
Les différents types de passeports fidjiens
Le passeport du pays au Fidji n’est pas unique : la législation prévoit plusieurs catégories, auxquelles s’ajoutent des documents de voyage provisoires.
Les quatre grandes catégories
Les autorités fidjiennes émettent quatre types de passeports ou assimilés :
| Type de document | Public concerné | Couleur / particularités | Validité indicative |
|---|---|---|---|
| Ordinary Passport | Citoyens fidjiens pour les voyages courants | Passeport standard | Jusqu’à 10 ans |
| Diplomatic Passport | Président et conjoint, Premier ministre et conjoint, ministres, diplomates | Rouge écarlate, lié à la fonction | 10 ans max, mais limité à la durée du mandat |
| Official Passport (EOP/Ex Officio) | Certains fonctionnaires en mission officielle | Document de service | Liée à la mission |
| Emergency Passport / Certificate of Identity (COI) | Citoyens sans passeport valide en situation d’urgence ou de retour | Document provisoire, parfois aller simple | Durée très courte, trajet ciblé |
Le Diplomatic Passport reste la catégorie la plus restrictive : il est attaché à une fonction officielle et n’est valable que tant que le titulaire occupe son poste. Le COI ou Emergency Passport est, lui, un filet de sécurité utilisé pour les rapatriements ou les cas de force majeure, lorsque l’Ordinary Passport ne peut être délivré à temps.
Le passage aux e‑passeports biométriques
Les Fidji ont adopté un système d’e‑passeport. Toute demande implique un enregistrement biométrique (photo, empreintes, signature) effectué en personne dans un bureau d’immigration ou une mission diplomatique fidjienne. Pour les personnes réellement dans l’impossibilité de se déplacer vers un poste habilité, un mécanisme de « waiver » (dispense d’apparition physique) existe, mais reste exceptionnel et soumis à un formulaire spécifique.
L’e‑passeport renforce la sécurité et accélère les contrôles frontaliers, mais son obtention est soumise à des règles strictes, notamment concernant la prise de la photographie et la présence physique obligatoire du demandeur.
Première étape indispensable : être citoyen des Fidji
Le passeport fidjien n’est délivré qu’à des citoyens. Tout guide sérieux sur « comment obtenir le passeport du pays au Fidji » doit donc commencer par la citoyenneté. Celle‑ci est régie par le Citizenship of Fiji Act 2009 (ou Citizenship of Fiji Decree 2009), texte qui a introduit notamment la double nationalité.
Les trois grandes voies d’accès à la citoyenneté
Trois mécanismes principaux permettent de devenir citoyen fidjien, et donc, à terme, de demander un passeport :
| Mode d’acquisition | Public visé | Conditions clés |
|---|---|---|
| Par naissance (jus soli) | Enfants nés aux Fidji | Naissance sur le sol fidjien après le 10 avril 2009, sauf parents tous deux étrangers avec immunité diplomatique |
| Par enregistrement | Enfants de citoyens nés à l’étranger, conjoints, anciens citoyens, mineurs, adoptés | Lien familial avec un citoyen fidjien, présence légale pendant une certaine durée, bonne conduite |
| Par naturalisation | Étrangers résidant durablement dans le pays | 5 ans de présence légale sur les 10 dernières années, bonne moralité, connaissance d’une langue officielle, intention de résider |
Les enfants nés aux Fidji depuis avril 2009 de deviennent en principe citoyens automatiquement, sauf cas très spécifique de parents bénéficiant tous deux de l’immunité diplomatique et n’étant pas fidjiens. Un nouveau‑né abandonné sur le territoire est présumé citoyen par naissance.
Pour les enfants nés à l’étranger de parents fidjiens, c’est la citoyenneté par enregistrement qui s’applique. L’un des parents au moins doit être citoyen au moment de la naissance, et l’enfant doit être déclaré auprès d’une ambassade ou haute commission fidjienne.
Enregistrement : conjoints, anciens citoyens, mineurs
L’enregistrement couvre plusieurs situations :
La législation fidjienne prévoit la naturalisation pour plusieurs catégories spécifiques. Cela inclut : les mineurs nés à l’étranger d’au moins un parent citoyen fidjien ; les enfants étrangers légalement adoptés par des citoyens fidjiens ; les conjoints (ou anciens conjoints) de citoyens fidjiens, à condition que le mariage ait été durable et authentique ; et les anciens citoyens qui ont perdu leur nationalité en se naturalisant dans un autre pays avant 2009 et qui souhaitent la récupérer.
Les critères communs incluent la présence légale dans le pays (par exemple 3 ans sur les 5 années précédant la demande pour les conjoints), le bon caractère et la preuve du lien familial. Pour un mineur, la procédure de citoyenneté et la demande de passeport peuvent être déposées simultanément, ce qui permet de limiter les démarches.
Naturalisation : une voie structurée, pas un achat
La naturalisation repose sur un principe que les autorités fidjiennes revendiquent clairement : la nationalité n’est pas à vendre et doit refléter un lien réel avec le pays.
Les conditions principales pour la naturalisation sont les suivantes :
Nombre minimum d’années de résidence légale requises sur les 10 dernières années pour demander la citoyenneté fidjienne.
Le délai légal minimal de résidence a fait l’objet de débats politiques : certains projets visaient à le porter à 15 ans, mais ces propositions n’ont pas abouti. À ce jour, le seuil de 5 ans sur 10 reste la référence.
Double nationalité : un atout pour les détenteurs de passeport
Depuis 2009, la double (voire multiple) citoyenneté est admise. Les citoyens fidjiens n’ont plus à renoncer à leur autre nationalité pour conserver ou acquérir le passeport fidjien, et les anciens citoyens naturalisés à l’étranger peuvent revenir dans le giron fidjien via un dispositif spécifique.
Attention cependant : si Fidji accepte la double nationalité, l’autre État concerné ne le permet pas forcément. Il appartient à chacun de vérifier les règles de son pays d’origine avant d’engager une démarche de naturalisation ou de recouvrement de citoyenneté aux Fidji.
Obtenir la résidence puis la citoyenneté par l’investissement
Nombre de candidats au passeport du pays au Fidji envisagent la voie de l’investissement. Contrairement à certains États, les Fidji ne proposent pas de « citizenship by investment » directe, où un chèque suffirait à décrocher un passeport. Le pays offre en revanche un parcours gradué : permis de résidence par investissement d’abord, naturalisation ensuite.
Les Investor Permits : résider grâce à un projet économique
Le socle juridique du dispositif d’investissement se trouve dans l’Immigration Act 2003 (notamment la section 9(2)(c)) et dans l’Immigration Regulations 2007. Deux grandes catégories de permis d’investisseur existent :
| Type de permis investisseur | Investissement minimal | Durée du permis | Base légale |
|---|---|---|---|
| Seven‑Year Investor Permit | 500 000 FJD | 7 ans | Section 39, Immigration Regulations 2007 |
| Three‑Year Investor Permit | 50 000 FJD | 3 ans | Section 9(2)(c), Immigration Act 2003 |
Quelques points structurants :
Pour obtenir un permis de résidence par investissement aux Fidji, plusieurs conditions strictes doivent être remplies. L’investissement doit prendre la forme d’une entreprise active (commerce, industrie, services), et non d’un simple achat immobilier ou de titres d’État. Le gouvernement privilégie les projets de création de nouvelles activités plutôt que le rachat pur et simple de sociétés existantes. Les capitaux doivent provenir de l’étranger et être transférés sur un compte bancaire fidjien. L’argent investi doit rester à risque pendant toute la durée du permis. Enfin, le permis peut couvrir le conjoint et les enfants à charge du principal investisseur.
Sur le plan administratif, plusieurs acteurs interviennent : Investment Fiji (ex Fiji Trade and Investment Bureau) valide le projet et délivre un Foreign Investment Certificate, le Registrar of Companies enregistre la société, la Reserve Bank of Fiji confirme les transferts de fonds, et la Fiji Revenue and Customs Service (FRCS) attribue un numéro fiscal (TIN).
Le Residence Permit on Assured Income : une porte d’entrée pour retraités aisés
Pour ceux qui disposent de revenus garantis et n’ont pas l’intention de travailler, un Residence Permit on Assured Income est prévu par la section 48 des Immigration Regulations 2007. Il cible en pratique des personnes proches de la retraite souhaitant vivre aux Fidji.
Les grandes lignes sont les suivantes :
Critères et obligations financières pour les demandeurs du programme de résidence aux Fidji.
Le demandeur principal doit être âgé d’au moins 45 ans et doit disposer d’une assurance santé valide.
Un dépôt de 100 000 FJD est requis sur un compte bancaire local à l’approbation. Cette condition est levée si le demandeur a acheté une propriété d’une valeur équivalente aux Fidji.
Versement annuel de 30 000 FJD pour une famille de deux personnes, ou de 40 000 FJD pour une famille allant jusqu’à cinq personnes.
Tout transfert de fonds vers l’étranger nécessite une autorisation préalable du Department of Immigration.
Ce permis ne donne pas automatiquement accès au marché du travail, mais il constitue un socle de résidence légale à partir duquel il est possible, à terme, de demander la naturalisation, sous réserve de remplir les conditions de durée de séjour et de bonne conduite.
De la résidence à la citoyenneté… puis au passeport
Qu’il s’agisse d’un Investor Permit ou d’un Residence Permit on Assured Income, le temps passé légalement aux Fidji compte pour la naturalisation. Les autorités exigent 5 ans de présence légale sur les 10 années précédant la demande de citoyenneté.
Une fois la naturalisation approuvée, le nouvel arrivant se voit délivrer un certificat de citoyenneté. C’est ce document qui lui ouvre ensuite le droit de déposer un dossier de passeport ordinaire auprès du Department of Immigration, exactement comme tout autre citoyen.
Pour un investisseur qui s’installe durablement, le calendrier typique tourne autour de 5 à 6 ans entre l’arrivée et l’obtention du passeport, si la résidence est maintenue sans interruption majeure.
Dossier type pour un permis d’investisseur ou une résidence sur revenus assurés
Les exigences documentaires en matière de permis de séjour sont déjà un bon indicateur de la rigueur qui prévaudra au moment de la demande de passeport. Pour un New Investor Permit, la liste des pièces habituelles comprend notamment :
– formulaire de demande de permis investisseur signé ;
– copie certifiée conforme de la page d’identité du passeport ;
– extraits de casier judiciaire (police clearance) du pays de nationalité et de tout pays de résidence de plus de 12 mois durant les 10 dernières années ;
– certificat médical récent (moins de 3 mois) ;
– justificatifs de l’origine des fonds (épargne personnelle, ventes d’actifs), excluant en principe les prêts non garantis ;
– preuve du transfert de capitaux depuis l’étranger (relevés bancaires, lettres de la Reserve Bank of Fiji) ;
– relevé de compte bancaire local de la société ;
– certificat d’enregistrement de la société et TIN délivrés par le FRCS ;
– rapport d’avancement du projet ;
– attestations des autorités de tutelle sectorielles (agriculture, etc.) le cas échéant ;
– traduction certifiée en anglais de tout document rédigé dans une autre langue.
Les frais de dossier, de l’ordre de 650 FJD pour un nouvel Investor Permit, et 477 FJD pour un Residence Permit on Assured Income, ne sont pas remboursables. Le délai indicatif de traitement se situe autour de 21 jours ouvrables, mais dépend de la complétude du dossier et des vérifications nécessaires.
Demander un passeport du pays au Fidji : conditions générales
Une fois la citoyenneté acquise, la demande de passeport peut commencer. Le Fiji Passport Act 2002 précise que seul un citoyen peut recevoir un passeport fidjien. Les requérants doivent utiliser les formulaires officiels disponibles sur le site du Department of Immigration ou auprès des missions diplomatiques.
Documents de base pour un premier passeport
Pour une première demande de passeport ordinaire, les pièces suivantes sont généralement exigées :
La constitution d’un dossier de demande de passeport fidjien nécessite plusieurs documents originaux ou copies certifiées conformes. Il faut notamment fournir un acte de naissance, une pièce d’identité avec photo, et le certificat de citoyenneté fidjienne pour les personnes naturalisées. Deux photos d’identité récentes aux normes sont exigées. Des documents supplémentaires sont requis dans des cas spécifiques : certificat de mariage pour porter un nom d’épouse, deed poll en cas de changement de nom, et pour les mineurs, les actes d’état civil des parents ainsi qu’une autorisation écrite si la demande est faite par un tiers.
Les formulaires imposent aussi la fourniture d’un empreinte du pouce gauche et d’un spécimen de signature, le tout devant être certifié par une personne de bonne réputation (Notary Public, Justice of the Peace ou équivalent).
Pièces spécifiques selon la situation
Les demandes varient ensuite selon le cas :
| Situation | Pièces complémentaires typiques |
|---|---|
| Renouvellement d’un passeport arrivé à expiration | Passeport précédent en original |
| Remplacement d’un passeport perdu ou volé | Rapport officiel de police, déclaration solennelle détaillant les circonstances de la perte, parfois annonce dans la presse locale (ex. Londres) |
| Remplacement d’un passeport endommagé | Rapport (police ou incendie) si pertinent, ancien passeport endommagé |
| Demande pour un enfant adopté | Ordonnance d’adoption définitive rendue par le tribunal compétent |
| Femme divorcée ou veuve souhaitant changer de nom | Jugement de divorce ou certificat de décès du conjoint |
| Demande à partir de l’étranger (Nouvelle‑Zélande, Australie, etc.) | Preuve du statut migratoire local (visa, permis de séjour), enveloppe de retour pré‑affranchie, certificats de naissance/mariage au format intégral A4 avec numéro d’enregistrement |
Les citoyens n’ayant pas voyagé aux Fidji depuis l’entrée en vigueur de la loi sur la double citoyenneté peuvent se voir demander une lettre de confirmation de leur statut migratoire par les autorités du pays de résidence, notamment en Nouvelle‑Zélande.
Des photos très normées : un motif fréquent de rejet
Les autorités fidjiennes insistent sur la qualité des photos. L’alignement avec les standards biométriques internationaux rend la moindre approximation risquée.
Les principales exigences sont les suivantes :
La photo doit être au format 35 x 45 mm, en couleur et récente (moins de six mois). Le fond doit être uni et très clair (blanc, bleu très pâle ou off‑white), sans ombre. Le visage doit être centré, avec un regard droit, une expression neutre et la bouche fermée. La hauteur de la tête (cheveux compris) doit représenter 70 à 80 % de la photo (31 à 36 mm), et les yeux doivent être placés à une hauteur précise par rapport au bas de la photo (entre 56 et 69 %). Les oreilles et le front doivent être dégagés, sans lunettes ni couvre‑chef, sauf pour motifs religieux ou médicaux justifiés par attestation. Les lunettes teintées, les reflets, les casques audio et les accessoires masquant le visage sont interdits. Pour les enfants et nourrissons, la photo doit les représenter seuls, sans jouets, mains ou objets visibles.
Toute photo non conforme entraîne un blocage du dossier. Les autorités rappellent que l’erreur de photo est l’un des motifs les plus courants de rejet. L’usage de services professionnels ou d’outils en ligne spécialisés dans les photos de passeport fidjien est donc fortement conseillé.
Frais et délais pour le passeport du pays au Fidji
Les coûts varient selon le type de service (normal ou urgent), la situation du passeport (nouveau, renouvellement, perdu, endommagé) et le lieu de dépôt (aux Fidji ou via une mission diplomatique).
Grille indicative de frais sur place
Aux Fidji, les barèmes couramment cités se structurent ainsi :
| Type de demande (Ordinary Passport) | Délai indicatif | Frais (FJD) – versions les plus récentes citées |
|---|---|---|
| Nouvelle demande / renouvellement – traitement normal | 7 à 15 jours ouvrables | ~206,50 à 258,10 |
| Nouvelle demande / renouvellement – urgent | 3 jours ouvrables | ~283,85 à 309,70 |
| Passeport perdu/volé ou endommagé mais encore valide – normal | 15 jours ouvrables | ~412,90 |
| Passeport perdu/volé ou endommagé mais encore valide – urgent | 3 jours ouvrables | ~536,75 |
| Urgent (nouveau ou renouvellement) les week‑ends/jours fériés | 3 jours ouvrables | ~627,60 |
| Certificate of Identity (COI) | 3 à 5 jours ouvrables | 144,55 |
| Endossement de passeport | Variable | 154,85 |
| Surclassement de « normal » à « urgent » (en semaine) | Variable | 129,05 |
| Surclassement en week‑end/jour férié | Variable | 426,60 |
| EOP (Ex Officio Passport) | Variable | 56,80 |
Toutes les taxes sont non remboursables. À partir d’une certaine date, de nouveaux barèmes peuvent entrer en vigueur ; il est donc indispensable de vérifier l’information la plus récente sur le site officiel.
Les demandes payées depuis l’étranger peuvent engendrer des frais spécifiques, tels que des frais de traitement Stripe (2,9 % + 0,30) et des commissions bancaires. Les montants sont parfois exprimés dans la devise locale (NZD, AUD, JPY, etc.) et sont convertis en dollars fidjiens par l’administration.
Exemples de frais à l’étranger
À titre illustratif :
– Haute Commission des Fidji à Wellington (Nouvelle‑Zélande) : environ 200 NZD pour un renouvellement, 340 NZD pour un remplacement de passeport perdu/volé ;
– Haute Commission à Londres : environ 70 GBP pour un renouvellement, 30 GBP pour l’acheminement aller‑retour du passeport vers/depuis les Fidji, 10 GBP pour l’impression d’une photo envoyée par voie électronique ;
– Ambassade à Tokyo : 34 000 JPY pour un traitement ordinaire, 45 000 JPY pour une procédure accélérée.
Les délais peuvent alors s’allonger à 2–3 mois, le temps d’acheminement du dossier et du passeport entre la mission diplomatique et Suva.
Modalités pratiques de dépôt : en ligne, sur rendez‑vous, en personne
Le Department of Immigration modernise progressivement ses procédures. Les demandeurs peuvent pré‑enregistrer leurs données sur un formulaire en ligne, puis se rendre à un bureau pour les empreintes biométriques. Les walk‑ins (demandes sans rendez‑vous) sont en voie de suppression : une date butoir a été annoncée, au‑delà de laquelle seuls les dossiers urgents pourront encore être déposés sans rendez‑vous.
Les bureaux d’immigration sont ouverts de 8h30 à 15h pour l’enrôlement et la remise des passeports. Pour éviter tout imprévu (pannes techniques, affluence saisonnière), il est recommandé de ne pas prévoir de vols non remboursables autour de la date de dépôt de votre dossier.
À l’étranger, la plupart des missions fonctionnent exclusivement sur rendez‑vous, notamment en Australie, en Nouvelle‑Zélande, au Japon, au Royaume‑Uni et aux États‑Unis.
Payer les frais : virement bancaire et référence FID
Les paiements pour les demandes en ligne ou centralisées passent par un virement bancaire. Les coordonnées bancaires officielles incluent un compte au nom de « Consolidated Fund Account Fiji Government » ou « CONSOLIDATED FUND ACCOUNT – FIJI IMMIGRATION DEPARTMENT ».
Selon les notices, deux banques (ANZ et BSP) peuvent être mentionnées, chacune avec ses coordonnées spécifiques (numéro de compte, BSB, code SWIFT). Quel que soit l’établissement, il est impératif d’indiquer dans le libellé du virement le FID REFERENCE NUMBER reçu par email après le dépôt de la demande, ainsi que le nom complet du demandeur.
Sans cette référence, l’administration aura du mal à rapprocher le paiement du dossier, ce qui risque d’allonger les délais.
Et si le passeport est expiré ou perdu à l’étranger ?
Les cas d’urgence sont relativement fréquents : passeport arrivé à expiration sans que son titulaire s’en soit rendu compte, document perdu ou volé alors qu’on se trouve à l’étranger, nécessité rapide de rentrer aux Fidji.
La lettre de facilitation : voyager avec un passeport expiré
Pour les citoyens souhaitant rentrer aux Fidji avec un passeport expiré ou introuvable, il existe la possibilité de demander une facilitation letter. Cette lettre, émise par le Department of Immigration, autorise le titulaire à embarquer pour un vol à destination des Fidji, uniquement sur cet itinéraire.
Une fois arrivé à l’aéroport international de Nadi, le voyageur se voit délivrer un Certificate of Identity (COI) contre paiement d’un droit (autour de 144,55 FJD ou 133 FJD selon les sources). Ce document sert ensuite de titre de voyage de substitution jusqu’au renouvellement du passeport sur place.
La demande doit être envoyée au moins deux semaines avant le départ, par email aux adresses officielles. Elle doit inclure l’itinéraire, une copie de l’ancien passeport (même expiré) et, si applicable, une copie du visa du pays de séjour.
Le Certificate of Identity pour les cas d’extrême urgence
En dehors de ce scénario, certaines missions (hautes commissions, consulats) peuvent délivrer un COI ou un document de voyage similaire pour permettre un déplacement ponctuel, généralement en aller simple. La délivrance est conditionnée à :
– un motif valable (raisons médicales, décès dans la famille, autres urgences avérées) ;
– la fourniture de documents probants (certificat médical, avis de décès, etc.) ;
– un contrôle d’identité solide (acte de naissance, photo, copie d’anciens passeports).
La procédure est plus rapide qu’un passeport (3 à 5 jours ouvrables) mais ne remplace pas celui‑ci : elle vise uniquement à permettre un trajet urgent.
Où déposer sa demande aux Fidji ?
Le Department of Immigration dispose de plusieurs bureaux dans le pays, complétés par des antennes dans certaines îles et par des missions à l’étranger.
Parmi les principales implantations aux Fidji :
| Ville / île | Adresse | Téléphone / remarques |
|---|---|---|
| Suva | 969 Rodwell Rd, P.O. Box 2224 Government Buildings, Suva | 3312622, 3313093, 3301653 – Siège principal |
| Nadi | Airport Central Building, Namaka, P.O. Box 9022 Nadi Airport | 6722263, 6721720, 3301653 |
| Lautoka | Rez‑de‑chaussée Rogorogoivuda House, Queens Wharf, P.O. Box 1079 | 6661706, 9905070, 6668120 |
| Nausori | Aéroport de Nausori, P.O. Box 9022 Nadi Airport | 9905063 |
| Labasa | Level 1, Ratu Raobe Building, P.O. Box 4255 | 8811520, 8811500 |
| Savusavu | Webster Building, Palm Complex, P.O. Box 566 | 8850800, 8853492 |
| Autres | Levuka, Rotuma | Présence signalée |
À l’international, les hautes commissions (Canberra, Wellington, Londres, etc.) et les consulats (par exemple le Fiji Consulate General & Trade Commission à Sydney) recueillent les demandes des communautés fidjiennes expatriées. Certaines se partagent les compétences : la haute commission de Canberra gère ainsi les demandes de double citoyenneté et les enregistrements de mineurs pour un large périmètre, tandis que Sydney traite les dossiers de passeports pour les résidents de Nouvelle‑Galles du Sud.
Les contacts électroniques clés pour les passeports sont notamment :
– immigration@govnet.gov.fj (adresse générale) ;
– IMM-Passport@govnet.gov.fj (passeports et waivers) ;
– fidpassport@gmail.com (facilitation letters et certaines communications pratiques) ;
– consulardivision@fhcnz.org (Wellington) ;
– consular@aus-fhc.org (Canberra).
Délais de traitement et sources de retard
Les délais annoncés pour un passeport ordinaire sont relativement courts : de 3 jours ouvrables pour un traitement urgent à 15 jours pour une procédure standard, auxquels s’ajoutent les éventuels temps d’acheminement si le document doit transiter par une mission diplomatique.
Dans la pratique, plusieurs facteurs peuvent rallonger les délais :
Les retards dans le traitement des passeports peuvent être dus à plusieurs facteurs : des dossiers incomplets ou mal renseignés (absence de documents, formulaires non signés, photos non conformes), des vérifications administratives supplémentaires (authenticité des actes, contrôle de casier judiciaire, validation d’un changement de nom), des pics saisonniers d’activité, des pannes techniques du système d’e‑passeports, ainsi que des délais postaux ou de messagerie indépendants de l’administration.
Les hautes commissions avertissent qu’elles ne peuvent pas être tenues responsables des lenteurs imputables à la poste, aux transporteurs ou aux autorités fidjiennes elles‑mêmes. Pour les voyageurs, la conséquence est claire : éviter d’organiser un déplacement international sur la base d’un passeport en attente d’émission, surtout si l’on dépend de l’envoi par courrier.
Ce que permet le passeport fidjien dans le monde
Au‑delà de la procédure, il est utile de comprendre ce que vaut un passeport du pays au Fidji une fois en poche. Les différents index internationaux lui attribuent un rang intermédiaire, compris globalement entre la 50e et la 60e place mondiale selon les méthodologies (Henley Passport Index, Guide Passport Index, etc.).
Les détenteurs d’un passeport fidjien bénéficient d’un accès facilité (sans visa, visa à l’arrivée ou autorisation de voyage électronique) à de nombreuses destinations à travers le monde, notamment en Asie (Singapour, Hong Kong, Corée du Sud), en Amérique latine (Brésil, Argentine, Chili), ainsi que dans certaines régions d’Europe, d’Afrique et du Pacifique.
En revanche, l’accès sans visa n’est pas acquis pour l’espace Schengen ni pour l’Amérique du Nord. Pour ces régions, il reste nécessaire d’obtenir une autorisation préalable auprès des ambassades compétentes.
Malgré ces limites, les autorités considèrent que la prudence en matière de citoyenneté (refus d’un passeport « vendu » contre un simple investissement) contribue à préserver la réputation du document et à éviter les sanctions de partenaires internationaux, comme l’a illustré la suspension temporaire de l’exemption de visa Schengen pour certains pays de la région ayant mis en place des programmes de citoyenneté trop laxistes.
Considérations pratiques et conseils pour un projet de passeport fidjien
Demander un passeport du pays au Fidji suppose de bien planifier les étapes en amont, surtout lorsque la citoyenneté reste à acquérir.
Pour un citoyen de naissance ou un ancien citoyen réintégré, l’enjeu principal est de réunir les bons documents (actes d’état civil, certificats de citoyenneté, preuves de changement de nom) et de s’assurer que les photos, le paiement et le formulaire sont impeccables.
Pour un investisseur ou un retraité étranger, le passeport est la conclusion d’une démarche plus longue :
Pour obtenir la naturalisation et le passeport fidjien, il est essentiel de suivre un processus structuré. Celui-ci commence par la définition d’un projet économique ou d’un schéma de résidence financièrement solide. Ce projet doit ensuite être validé par Investment Fiji et les autorités de régulation. Il faut impérativement respecter les conditions du permis d’investisseur (Investor Permit) ou du permis de résidence sur revenus assurés (Residence Permit on Assured Income). Un séjour physique suffisant sur le territoire est requis pour atteindre les 5 ans de résidence légale. Il est également crucial de sécuriser sa situation fiscale et migratoire. Enfin, après ces étapes, il est possible de solliciter la naturalisation, puis le passeport.
Tout au long de ce processus, il faut garder à l’esprit que les règles peuvent évoluer, que la décision finale comporte une part d’appréciation discrétionnaire et que des délais supplémentaires sont toujours possibles.
En contrepartie, la citoyenneté fidjienne et le passeport qui l’accompagne offrent un accès privilégié à un pays politiquement relativement stable, de tradition juridique anglo‑saxonne, stratégiquement situé dans le Pacifique Sud, et ouvert à la double nationalité. Pour ceux qui aspirent à faire des Fidji leur deuxième maison, il s’agit d’un horizon à la fois exigeant et réaliste, à condition de s’y préparer avec rigueur et patience.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable, diversifier ses investissements et profiter d’un cadre de vie tropical, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Fidji, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler les îles Fidji, combinant fiscalité personnelle avantageuse pour les non-résidents habituels, absence d’impôt sur la fortune, coût de vie inférieur à la France métropolitaine et cadre de vie stable dans le Pacifique. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention du statut de résident à long terme lié à l’achat d’un bien immobilier local, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, immigration, banque) et intégration patrimoniale globale (analyse et restructuration si nécessaire).
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