Fiscalité au Fidji pour les expatriés : impôt sur le revenu, capital gains et absence de taxe foncière

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Fidji attire de plus en plus d’expatriés en quête de lagons turquoise et de rythme de vie apaisé. Mais derrière la carte postale, une réalité très concrète s’impose vite : comprendre la fiscalité locale. L’archipel a un système particulier, à la fois relativement simple sur certains points – comme l’absence de taxe foncière annuelle – et technique sur d’autres, notamment le traitement des plus-values et le statut fiscal des non‑résidents.

Bon à savoir :

Cet article décrypte la fiscalité fidjienne pour les expatriés, couvrant l’impôt sur le revenu, l’imposition des loyers, la taxe sur les plus-values immobilières et la TVA. Il souligne une information rassurante pour les propriétaires étrangers : il n’existe pas de taxe foncière annuelle récurrente.

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Cadre général : qui gère les impôts au Fidji et quels sont les principaux textes ?

La fiscalité fidjienne est administrée par la Fiji Revenue and Customs Service (FRCS), l’équivalent local d’une administration fiscale et douanière centralisée. L’impôt sur le revenu est principalement régi par l’Income Tax Act 2015, complété par le Tax Administration Act 2009 ainsi que par des règlements sur les taux et sur les revenus exonérés.

FRCS dispose de bureaux physiques dans les principales villes, notamment Suva, Nadi, Lautoka, Labasa ou Savusavu, mais la plupart des démarches se digitalisent via le portail en ligne TPOS (Taxpayer Online Service). Pour tout contribuable, le point de départ obligatoire est l’obtention d’un Taxpayer Identification Number (TIN), identifiant fiscal unique demandé aussi bien pour déclarer ses revenus que pour acheter ou vendre un bien immobilier.

Le système s’articule autour de plusieurs grands impôts qui concernent directement les expatriés :

l’impôt sur le revenu des personnes physiques, avec des barèmes différents selon que l’on est résident ou non‑résident ;

– la Capital Gains Tax (CGT), un impôt spécifique de 10 % sur la plus‑value lors de la cession d’actifs, en particulier immobiliers ;

– la Value Added Tax (VAT), TVA locale, qui peut s’appliquer à certaines opérations immobilières et aux services de location ;

– divers prélèvements additionnels (Social Responsibility Tax, Environmental et Climate Adaptation Levy, etc.) sur les hauts revenus ou sur certains services.

En revanche, point très important pour un expatrié propriétaire : il n’y a pas de taxe foncière annuelle au sens classique du terme. L’immobilier est imposé principalement au moment de la transaction (achat, vente, parfois via la TVA), mais pas chaque année sur la détention.

Résident ou non‑résident fiscal : un enjeu central pour les expatriés

Avant même de calculer l’impôt, il faut savoir si l’on est considéré comme résident fiscal ou non‑résident au Fidji. La FRCS applique plusieurs tests, et le fait d’être étranger au sens de l’immigration ne signifie pas forcément que l’on est non‑résident au sens fiscal.

Un individu est généralement considéré comme résident s’il remplit l’un des critères suivants :

Exemple :

Pour être considéré comme résident fiscal aux Fidji, un individu doit répondre à l’un des critères suivants : avoir sa vie courante dans le pays (« y résider » effectivement), y posséder un domicile permanent (sauf preuve d’un foyer permanent à l’étranger), y séjourner au moins 183 jours sur une période de 12 mois, ou être un salarié de l’État fidjien en poste à l’étranger (une situation rare pour les expatriés).

Il est même possible d’être résident fiscal de plusieurs pays en même temps, ce qui renvoie alors aux conventions de non‑double imposition signées par le Fidji (notamment avec l’Australie, la Nouvelle‑Zélande, le Royaume‑Uni, Singapour, les Émirats arabes unis ou l’Inde) pour trancher les conflits de résidence.

Le statut particulier de « temporary resident »

Pour les expatriés venus travailler sur contrat limité, la loi prévoit un statut intermédiaire : le « temporary resident ». Il s’agit d’une personne qui :

est fiscalement résidente au Fidji principalement pour occuper un emploi ;

– a un contrat de travail n’excédant pas trois ans ;

– n’est ni citoyen fidjien, ni résident permanent ;

– et passe au moins 183 jours sur le territoire.

Astuce :

Le statut de résident non-ordinaire aux Fidji limite l’imposition aux seuls revenus de source fidjienne. Les revenus et gains provenant de l’étranger, à l’exception du salaire lié à un emploi exercé aux Fidji, sont exonérés d’impôt local. Ce régime est particulièrement avantageux pour les cadres expatriés par un groupe international ou les consultants étrangers, car il permet de réduire sensiblement leur charge fiscale globale.

Non‑résident : uniquement les revenus de source fidjienne

Si aucun des tests de résidence n’est rempli, l’expatrié est non‑résident fiscal. Dans ce cas, il n’est imposable au Fidji que sur ses revenus de source fidjienne, typiquement :

salaire versé pour un travail effectué au Fidji ;

loyers tirés d’un bien situé aux Fidji ;

plus‑values sur la vente d’un bien fidjien (via la Capital Gains Tax) ;

intérêts, dividendes, redevances, honoraires perçus d’un payeur fidjien.

Sur ces revenus, le régime d’imposition n’est pas le même que pour les résidents, comme on va le voir.

Impôt sur le revenu des expatriés : barèmes et spécificités

Le système fidjien repose sur des taux progressifs pour les résidents et, pour les non‑résidents, sur un barème moins favorable à bas revenu, complété par des prélèvements de solidarité sur les très hauts revenus.

Barème pour les résidents

Pour les personnes considérées comme résidentes (y compris temporary residents), l’impôt sur le revenu s’applique sur l’ensemble des revenus mondiaux, sauf si des exonérations spécifiques jouent (pensions FNPF, dividendes exonérés, etc.). Le barème actuel, pour les salaires et autres revenus du travail, fonctionne en tranches :

Tranche de revenu imposable (FJD)Taux marginal d’impôt sur le revenuCommentaire
0 – 30 0000 %Pas d’impôt sur le revenu de base
30 001 – 50 00018 % sur la partie > 30 000Première tranche imposable
50 001 – 270 00020 % sur la partie > 50 000 (base 3 600 FJD)Taux de base pour une large classe moyenne supérieure
270 001 et au‑delà20 % + surtaxes (SRT, ECAL) sur la portion élevéeCharge globale nettement plus forte au‑delà de 270 000 FJD

À ces taux d’impôt « classiques » s’ajoutent, pour les revenus dépassant 270 000 FJD, la Social Responsibility Tax (SRT) et une Environmental and Climate Adaptation Levy (ECAL), toutes deux applicables à partir de ce seuil, avec des taux progressifs pouvant faire grimper la pression totale à près de 40 % sur le très haut revenu.

Barème pour les non‑résidents

Les non‑résidents ne bénéficient pas de la tranche exonérée de 0 à 30 000 FJD. Dès le premier dollar de revenu de source fidjienne, un taux d’au moins 20 % s’applique, puis des taux plus élevés pour les très gros revenus, similaires à ceux des résidents sur les tranches supérieures.

Attention :

Il est impératif de créer un bloc de contenu spécifique en français, basé sur le texte fourni. Ce bloc doit être formaté exactement comme dans l’exemple, avec les paramètres ‘title’ et ‘description’, et être encapsulé dans des backticks sans aucun contenu supplémentaire.

Situation fiscaleBase d’impositionTaux de démarrageTaux marginal maximal
RésidentRevenu mondial0 % jusqu’à 30 000 FJD39 % au-delà de 1 000 000 FJD (impôt + surtaxes)
Temporary residentRevenu de source fidjienne uniquement0 % jusqu’à 30 000 FJD39 % au-delà de 1 000 000 FJD
Non‑résidentRevenu de source fidjienne uniquement20 % dès le premier dollar39 % au-delà de 1 000 000 FJD

En pratique, pour un expatrié déjà fortement imposé dans son pays de résidence principale, les conventions de non‑double imposition permettent généralement de créditer l’impôt payé au Fidji contre l’impôt dû dans l’autre État, dans la limite fixée par chaque traité.

Social Responsibility Tax et prélèvements additionnels

Pour les personnes dont le revenu imposable dépasse 270 000 FJD, une Social Responsibility Tax (SRT) vient s’ajouter au barème classique, avec des taux progressifs démarrant autour de 23 % de la portion excédant 270 000 FJD et pouvant atteindre jusqu’à 29 %. À cela s’ajoute une ECAL de 10 % ou 5 % selon les périodes et les textes considérés, maintenant ciblée notamment sur les très hauts revenus et certains services.

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Taux marginal combiné pour un expatrié percevant plus d’un million de FJD.

Revenus locatifs : comment sont taxés les loyers au Fidji ?

Pour un expatrié propriétaire d’un appartement ou d’une villa qu’il met en location, la question clé est le calcul du revenu locatif imposable. La règle est assez classique : on part du loyer brut encaissé, dont on soustrait toutes les dépenses liées à la génération de ce revenu.

Les charges déductibles incluent notamment :

Dépenses déductibles

Liste des dépenses liées à un bien immobilier locatif qui peuvent être déduites du revenu foncier imposable.

Loyers du terrain

Les loyers versés pour le terrain si le bien est situé sur une terre en bail (Native Land ou Crown Land).

Redevances et taxes locales

Les redevances et les taux locaux (local authority rates) payés aux autorités.

Assurance du bâtiment

Le coût de l’assurance couvrant le bâtiment en location.

Travaux d’entretien

Les travaux d’entretien et de réparation courants (exclut les améliorations majeures non capitalisées).

Honoraires professionnels

Les honoraires pour la gestion, la comptabilité ou les conseils liés au bien.

Dépréciation du bâtiment

L’amortissement (dépréciation) du bâtiment, généralement calculé à un taux de 1,25 % par an.

La formule de base ressemble donc à ceci :

Revenu locatif taxable = Loyer brut – (charges admissibles + dépréciation)

Les études de cas publiées par des cabinets indiquent un taux effectif d’environ 14 % d’impôt sur le revenu sur des loyers mensuels de 1 500, 6 000 ou 12 000 USD, après prise en compte des charges, pour un propriétaire expatrié type.

Lorsque le chiffre d’affaires locatif annuel provenant d’hébergements résidentiels dépasse 100 000 FJD, le propriétaire doit en outre s’enregistrer à la TVA (VAT). Il devient alors collecteur de TVA sur les loyers, avec possibilité de déduire la TVA payée sur certaines dépenses.

Capital Gains Tax (CGT) : la fiscalité sur la plus‑value immobilière

C’est l’un des volets les plus importants pour un expatrié investisseur immobilier aux Fidji. Depuis 2011, la Capital Gains Tax a remplacé la Land Sales Tax. Elle est codifiée dans la partie 6 de l’Income Tax Act 2015.

Un impôt de 10 % sur la plus‑value, sans indexation

Le principe est simple : la CGT est un impôt de transaction, au taux fixe de 10 %, appliqué sur le gain réalisé lors de la cession d’un actif. Pour l’immobilier, on calcule la plus‑value sur la base du prix de vente hors TVA (VAT Exclusive Price), diminué du coût de revient historique (prix d’achat, frais d’acquisition admis, coût de construction et d’améliorations justifiées). Il n’y a pas d’indexation sur l’inflation et les pertes en capital ne sont pas reconnues.

On peut résumer les principales caractéristiques dans le tableau ci‑dessous :

ÉlémentRègle fidjienne pour la CGT
Taux10 % du gain net
AssiettePlus‑value sur prix hors TVA (VEP)
DéclarantVendeur (self‑assessment)
Pertes en capitalNon déductibles, pas de report
Indexation sur l’inflationAucune
Délai de dépôt de la déclaration1 mois (30 jours) après la cession
Certificat CGTObligatoire pour le transfert du bien

La FRCS exige l’obtention d’un certificat de CGT pour enregistrer juridiquement le transfert de l’actif (terre, maison, parts de société, etc.). La demande se fait via TPOS et suppose de déposer toute une série de documents (formulaires IRS 228 et 230, copies du passeport pour un non‑résident, rapports de valorisation si la transaction n’est pas à valeur de marché, justificatifs des travaux financés, etc.). Les pièces doivent être conservées pendant au moins cinq ans après la vente.

Qu’est‑ce qu’une « disposal » pour la CGT ?

Au sens de la loi fidjienne, il y a cession (disposal) dès que le droit de propriété est transféré, que ce soit :

par vente, échange, donation, transfert par acte notarié ;

par distribution (par exemple dans un trust), annulation, rachat ;

– par renonciation, destruction, perte, expiration d’un droit, ou abandon.

Pour un bien immobilier, le transfert est considéré comme réalisé dès que l’acte est présenté et visé (stamped and cleared) par la FRCS pour l’enregistrement.

Transfert de propriété immobilière

Quels actifs sont assujettis à la CGT ?

La liste des actifs concernés est large :

biens immobiliers (terrains, bâtiments, améliorations, droits réels) ;

baux et droits de bail sur des biens immobiliers ;

– navires de plus de 100 tonnes, yachts ;

– aéronefs (avions, hélicoptères) ;

– participations dans des sociétés, parts de fonds, autres titres ;

– actifs incorporels tels que le goodwill ;

– droits ou options sur ces actifs (options d’achat, droits de conversion, etc.).

En revanche, le stock de marchandises (trading stock) et certains actifs incorporels purement commerciaux sont exclus de la CGT et relèvent de l’impôt sur le revenu classique.

Résident vs non‑résident : quelle CGT pour un expatrié ?

Le traitement diffère sensiblement selon la résidence fiscale :

Profil du contribuableActifs concernés par la CGT
Résident (y compris citoyen)Plus‑values sur la cession d’actifs situés partout dans le monde (avec crédit d’impôt possible pour l’impôt étranger)
Non‑résident / expatriéUniquement les plus‑values sur les « Fiji assets »

La notion de « Fiji assets » recouvre notamment :

les terrains, bâtiments et droits associés situés sur le territoire fidjien ;

les actions ou parts dans des entités dont l’essentiel des actifs est constitué de biens immobiliers au Fidji ;

– les actifs détenus par un établissement stable au Fidji ;

– les titres ou créances émis par une personne résidente aux Fidji.

Pour un expatrié propriétaire d’une villa en freehold sur la côte, la plus‑value réalisée à la revente sera donc systématiquement soumise à la CGT de 10 %, sauf exonération spécifique.

Les principales exonérations de CGT

La loi prévoit plusieurs cas d’exonération. Les plus importantes pour un particulier sont :

l’exonération pour un gain réalisé par un individu résident ou un citoyen fidjien n’excédant pas 30 000 FJD ;

l’exonération sur la cession de la résidence principale ou du premier bien résidentiel d’un individu résident ou citoyen ;

– l’exonération pour la vente de parts cotées sur la South Pacific Stock Exchange (SPSE) ;

– l’exonération pour des actifs utilisés exclusivement pour générer des revenus eux‑mêmes exonérés.

Bon à savoir :

Certaines exonérations sur la résidence principale ne s’appliquent qu’aux résidents ou citoyens, ce qui peut limiter leur utilité pour un expatrié demeuré non-résident. En revanche, des mécanismes de report d’imposition existent et peuvent être envisagés.

transferts entre époux dans le cadre d’un divorce ou d’une séparation réglée par accord ;

transmission par décès au profit des héritiers ou de l’exécuteur testamentaire ;

– transferts pour « amour et affection » au sein d’un cercle familial restreint (époux, parents/enfants, grands‑parents/petits‑enfants, frères et sœurs) portant sur la résidence principale, le premier logement ou certaines actions ;

– destructions, pertes ou expropriations, à condition de réinvestir l’indemnisation dans un bien similaire dans l’année (ou dans un délai prolongé par FRCS).

Dans ces situations, il n’y a pas de gain imposable au moment du transfert, mais le bénéficiaire reprendra le coût d’origine et supportera la CGT lors de sa propre cession.

Sanctions en cas de non‑respect

La CGT obéit à des délais stricts : la déclaration et le paiement doivent intervenir dans le mois suivant la cession. En cas de dépôt tardif, une pénalité de 20 % du montant dû s’applique, complétée par une pénalité de 25 % pour paiement tardif. Ces pénalités s’ajoutent, le cas échéant, aux sanctions générales prévues par le Tax Administration Act (amendes, intérêts de retard, voire poursuites pénales en cas de fraude caractérisée).

Taxe foncière au sens strict : une absence qui fait la différence

Pour un expatrié habitué aux property taxes annuelles de pays comme les États‑Unis, le Canada, la France ou l’Australie, le système fidjien a de quoi surprendre : il n’existe pas de taxe foncière annuelle nationale (annual property tax) pesant sur le simple fait de détenir un bien immobilier.

Les principales conséquences sont les suivantes :

pas de facture annuelle de taxe foncière calculée sur la valeur cadastrale ;

– la charge fiscale immobilière se concentre sur les droits locaux (land rent, rates) et sur l’imposition de la plus‑value à la revente (CGT) ;

– dans l’arbitrage entre locations à long terme et revente rapide, le coût fiscal porte surtout sur le moment de la sortie (exit tax).

Bon à savoir :

Pour un expatrié propriétaire d’une villa en freehold, les impôts locaux n’augmentent pas automatiquement avec la hausse de la valeur marchande du bien. Cependant, une plus-value importante à la revente entraînera le paiement d’une taxe sur les plus-values (CGT) de 10 % sur le gain réalisé.

Il convient néanmoins de ne pas confondre l’absence de taxe foncière nationale avec l’absence de toute charge locale. Des redevances de type « local authority rates » peuvent s’appliquer selon les municipalités, et les terrains en Native Land ou Crown Land sont souvent assortis d’un loyer de bail (land rent) dû à l’État ou à l’iTaukei Land Trust Board. Ces montants restent cependant de nature contractuelle ou locale, et non une taxe foncière nationale généralisée.

TVA (Value Added Tax) et immobilier : quand s’applique‑t‑elle ?

La TVA fidjienne (VAT) est l’autre grand impôt susceptible d’affecter un expatrié propriétaire, notamment lors d’un achat dans un programme neuf ou dans le cadre d’une activité locative importante.

Le taux standard est actuellement de 15 %, même si des réformes ont déjà abaissé ce taux à 9 % par le passé et qu’un projet de réduction à 12,5 % a été évoqué dans un budget récent. Quoi qu’il en soit, plusieurs éléments se dégagent :

Bon à savoir :

La TVA s’applique aux biens et services fournis sur le territoire fidjien ainsi qu’aux importations. Le taux standard concerne la plupart des transactions courantes comme l’hébergement touristique, la restauration ou les services de loisirs. Pour les transactions immobilières, la vente d’un logement résidentiel d’occasion par un particulier non assujetti à la TVA en est généralement exonérée. En revanche, la vente de lots nouvellement lotis, de programmes neufs, ou de biens commerciaux/industriels par un vendeur immatriculé à la TVA peut être soumise à cette taxe.

Pour un expatrié achetant sur plan un appartement dans une résidence touristique développée par un promoteur immatriculé à la TVA, celle‑ci est souvent intégrée dans le prix TTC et due au moment du transfert. Dans le cas d’un achat à un particulier, notamment en revente, aucune TVA ne s’applique en général, ce qui limite la charge à la CGT pour le vendeur.

Dans le cas d’une activité de location meublée gérée de manière professionnelle avec un chiffre d’affaires locatif supérieur à 100 000 FJD, le propriétaire doit s’immatriculer à la TVA, facturer la taxe sur les loyers, mais peut en contrepartie récupérer la TVA payée sur certains investissements et dépenses connexes.

Autres taxes et prélèvements qui peuvent toucher les expatriés

Au‑delà de l’impôt sur le revenu, de la CGT, de la TVA et de l’absence de taxe foncière, plusieurs taxes complémentaires peuvent concerner un expatrié vivant ou investissant au Fidji :

Bon à savoir :

Plusieurs taxes spécifiques s’appliquent aux Fidji : le Fringe Benefits Tax (FBT) de 20 %, payé par l’employeur sur les avantages en nature ; l’Environmental and Climate Adaptation Levy (ECAL) de 5 % sur certains services touristiques pour les entreprises au chiffre d’affaires supérieur à 3 millions FJD ; et divers prélèvements sur les jeux, télécommunications ou assurances, qui impactent indirectement les particuliers via les prix.

Pour les revenus versés à l’étranger (dividendes, intérêts, redevances, honoraires), des retenues à la source de 5 à 15 % s’appliquent en général pour les bénéficiaires non‑résidents. Les conventions de non‑double imposition peuvent réduire ces taux, à condition que le bénéficiaire fournisse un certificat de résidence fiscale de son pays.

Propriété immobilière au Fidji : aspects fiscaux et réglementaires pour les non‑résidents

La possibilité pour un expatrié de devenir propriétaire foncier au Fidji est encadrée par un ensemble de lois, principalement le Land Transfer Act et le Land Sales Act (amendé en 2014). La combinaison de ces textes avec la fiscalité crée un environnement particulier.

Types de terres et droits de propriété

Le Fidji distingue trois grandes catégories de terres :

– le Freehold, environ 8 à 9 % du territoire, assimilable à un droit de propriété plein et permanent ;

– le Native Land (iTaukei), environ 83 à 87 % du territoire, appartenant aux communautés autochtones et pouvant seulement être loué, en général pour 99 ans, sous la supervision de l’iTaukei Land Trust Board ;

– le Crown / State Land, environ 5 %, propriété de l’État et également disponible sous forme de bail.

Le pays fonctionne sous un système de titre foncier de type Torrens, où l’État garantit la validité du titre enregistré.

Restrictions pour les étrangers

Le Land Sales Act 2014 a introduit des limitations importantes pour les non‑citoyens :

Attention :

L’achat de propriétés freehold ou Crown à usage résidentiel dans les villes est interdit pour les non-citoyens, sauf exceptions pour les appartements (Strata Title), les biens commerciaux/industriels, certains développements touristiques et les hôtels. L’achat d’un terrain freehold vacant impose la construction d’une résidence d’au moins 250 000 FJD sous 24 mois (délai pouvant varier), sous peine d’amende.

En outre, l’achat de freehold de plus d’un acre nécessite l’approbation du ministre des Terres. La revente d’un bien à un autre non‑citoyen est possible, mais là encore, l’autorisation ministérielle est exigée avant la conclusion d’un contrat engageant.

Bon à savoir :

Outre les obligations fiscales classiques (obtention d’un TIN, enregistrement auprès de la FRCS pour la CGT), une inscription à la TVA peut être nécessaire si l’activité locative le justifie.

Processus de transaction et coûts annexes

L’achat immobilier typique au Fidji suit un schéma assez standard : offre acceptée, dépôt de 10 % sur un compte séquestre (trust account), rédaction d’un contrat de vente par les avocats, due diligence sur le titre foncier, obtention des autorisations nécessaires, finalisation et enregistrement.

Les frais d’avocat pour un non‑résident se situent souvent entre 3 000 et 5 000 FJD. Les droits de timbre sur les transferts de propriété ont été supprimés à partir du budget 2020/2021, alors qu’ils pouvaient auparavant atteindre 10 % du prix pour les non‑citoyens sur des biens résidentiels. Leur abolition allège sensiblement le coût de transaction pour les expatriés.

Les délais de finalisation, en cas de paiement comptant, vont en général de quatre semaines à trois mois, selon la complexité du dossier et la rapidité des administrations.

Double imposition : comment les conventions peuvent alléger la facture

Pour un expatrié percevant des revenus au Fidji tout en restant résident fiscal d’un autre pays, la crainte de payer deux fois l’impôt sur le même revenu est légitime. Le Fidji a cependant conclu des conventions de non‑double imposition (DTAs) avec plusieurs États, notamment :

Australie ;

Nouvelle‑Zélande ;

Royaume‑Uni ;

Japon ;

Corée du Sud ;

Malaisie ;

Papouasie‑Nouvelle‑Guinée ;

Singapour ;

Qatar ;

Émirats arabes unis ;

Inde.

Ces conventions définissent :

Exemple :

Une convention de non-double imposition, comme celle que les Fidji pourrait conclure, contient typiquement plusieurs dispositions essentielles. Elle définit d’abord des règles de résidence (tie‑breaker) pour déterminer le pays de résidence fiscale d’une personne physique considérée comme résidente des deux États. Elle établit ensuite des clés de répartition pour l’imposition des différents types de revenus (salaires, dividendes, intérêts, redevances, plus‑values immobilières, pensions, etc.), attribuant le droit d’imposer à l’un ou l’autre pays. Elle fixe également des plafonds de retenue à la source sur les revenus passifs, par exemple une retenue maximale de 10 à 15 % sur les dividendes ou les intérêts. Enfin, elle prévoit un mécanisme de crédit d’impôt, permettant au pays de résidence du contribuable d’imputer l’impôt déjà payé aux Fidji pour éviter la double imposition.

Pour les plus‑values immobilières, la règle quasi systématique est que le pays où est situé l’immeuble (source) conserve le droit d’imposer. Concrètement, la CGT de 10 % prélevée au Fidji sur la vente d’une propriété reste due, mais peut généralement être créditée sur l’impôt éventuellement dû dans le pays de résidence de l’expatrié.

Conformité et risques : pourquoi il vaut mieux être en règle

La FRCS met l’accent sur la conformité, notamment sur les revenus locatifs et les plus‑values immobilières. Elle a d’ailleurs constaté dans le passé des cas fréquents de non‑déclaration, contrats de location non enregistrés ou paiements en liquide non reportés.

Le régime de sanctions est relativement sévère :

Attention :

Le dépôt tardif d’une déclaration avec impôt dû entraîne une pénalité d’au moins 20 %, pouvant être majorée de 5 % par mois de retard. Un paiement tardif est sanctionné de 25 %. Des majorations s’appliquent également sur les acomptes provisionnels insuffisants. En cas de fraude grave, d’entrave à un agent ou d’usage de faux TIN, les amendes peuvent atteindre 25 000 FJD et les peines de prison 10 ans.

Un système de « name and shame » permet par ailleurs de publier la liste des gros contribuables défaillants, notamment ceux dont le chiffre d’affaires dépasse 1,5 million FJD. Des campagnes d’amnistie ont ponctuellement offert la possibilité de régulariser sa situation avec remise des pénalités, mais elles ne doivent pas être vues comme un acquis permanent.

Astuce :

Pour un expatrié propriétaire ou investisseur, la bonne pratique consiste à :

obtenir un TIN dès l’acquisition d’un bien ou dès la réception d’un premier revenu de source fidjienne ;

– conserver toutes les factures et reçus relatifs aux investissements, travaux, loyers, impôts et charges pendant au moins cinq ans ;

– déclarer les loyers chaque année (via le formulaire B le cas échéant) ;

– déposer la déclaration de CGT dans le délai d’un mois en cas de cession d’un actif ;

– consulter un conseil local pour articuler les règles fidjiennes avec celles du pays de résidence principale.

En résumé : atouts et points de vigilance de la fiscalité fidjienne pour les expatriés

Le système fiscal fidjien présente plusieurs caractéristiques qui peuvent séduire un expatrié, mais aussi des zones techniques qu’il serait imprudent d’ignorer.

Parmi les atouts :

l’absence totale de taxe foncière annuelle nationale ;

– un taux de CGT unique de 10 % sur les plus‑values, relativement modéré ;

– la possibilité, pour les temporary residents, de n’être imposés que sur les revenus de source fidjienne, avec exonération des revenus étrangers ;

– des droits de timbre supprimés sur les transferts de propriété, réduisant le coût des transactions immobilières ;

– des conventions de non‑double imposition avec plusieurs grands pays, limitant les risques de taxation en cascade.

Parmi les points de vigilance :

Attention :

Le système fiscal fidjien se caractérise par une progressivité importante sur les très hauts revenus (taux marginal jusqu’à 39 %). Le régime de sanctions pour non-déclaration (ex. : CGT, loyers) est sévère. Des restrictions foncières s’appliquent aux non-citoyens, avec une obligation de construire dans un délai donné sur les terrains freehold vacants. Enfin, l’articulation entre la fiscalité fidjienne et celle du pays de résidence peut être complexe, notamment en l’absence de convention fiscale.

Pour un expatrié qui envisage de s’installer durablement ou d’investir significativement dans l’immobilier au Fidji, une approche prudente consiste à :

Bon à savoir :

Avant d’investir, il est crucial de clarifier votre statut fiscal (résident, résident temporaire ou non-résident). Il est recommandé de modéliser, avec un professionnel, le coût fiscal de différents scénarios (location longue durée, revente rapide, détention via une société, etc.). Le calcul de rentabilité doit intégrer l’impôt sur le revenu, la taxe sur les plus-values (CGT), mais aussi les charges locatives, les taxes locales et, le cas échéant, la TVA.

Le Fidji combine ainsi un environnement fiscal plutôt attractif pour les propriétaires – notamment grâce à l’absence de taxe foncière annuelle – avec un arsenal technique assez développé sur l’impôt sur le revenu et les plus‑values. Pour que le rêve tropical ne se transforme pas en casse‑tête fiscal, mieux vaut s’approprier ces règles dès les premières étapes du projet, et s’appuyer sur les ressources mises à disposition par la FRCS et les conseillers spécialisés.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Fidji, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler les îles Fidji pour leur fiscalité avantageuse pour les résidents étrangers, l’absence d’impôt sur la fortune, un coût de vie inférieur à la France et un environnement stable en devise forte (USD/FJD couplé à l’euro via ses placements européens). La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention d’un permis de résidence à long terme avec achat de résidence principale, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration et interlocuteurs bilingues) et intégration patrimoniale. Ce type d’accompagnement permet des économies fiscales significatives et limite les risques (contrôles français, double imposition, choc culturel).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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