S’installer à l’étranger, même dans un pays réputé paisible, soulève toujours les mêmes questions : vais‑je m’y sentir en sécurité, comment fonctionne le système de santé, quels sont les risques réels au quotidien, que faut‑il savoir côté numérique et administratif ? Dans le cas du Danemark, la réponse tient en une formule : le pays est objectivement très sûr, mais il ne faut pas confondre sécurité élevée et absence de risques.
Cet article fournit des repères factuels essentiels pour une expatriation sereine, en abordant des thèmes comme la délinquance, le terrorisme, la santé, le climat, la circulation, le numérique et la vie quotidienne. L’objectif est de donner des réflexes concrets pour profiter pleinement de la qualité de vie danoise, sans dramatiser la situation.
Un pays globalement sûr, mais pas exempt de menaces
Le Danemark figure régulièrement parmi les pays les plus pacifiques de la planète. Les niveaux de criminalité y sont faibles et les institutions jouissent d’un degré de confiance exceptionnel. Pour autant, les autorités locales comme les chancelleries étrangères rappellent qu’il existe des risques, notamment en matière de terrorisme, de cybercriminalité et de petite délinquance urbaine.
Indices de criminalité et perception de la sécurité
Les indicateurs de sécurité confirment l’impression ressentie par la plupart des expatriés : la criminalité existe, mais reste contenue.
| Indicateur (2025–2026) | Valeur Danemark | Interprétation synthétique |
|---|---|---|
| Crime Index (pays) | ~26 | Criminalité globale « faible » |
| Safety Index (pays) | ~74 | Sentiment de sécurité « élevé » |
| Crime Index (Copenhague) | 25,69 | Niveau similaire à la moyenne pays |
| Safety Index (Copenhague) | 74,31 | Forte sensation de sûreté |
| Sécurité à pied de jour | 85,0 | Perçue comme « très élevée » |
| Sécurité à pied de nuit | 69,44 | Perçue comme « élevée » |
Ces indices reposent sur plusieurs centaines de contributions d’habitants et de visiteurs. Les préoccupations les plus fréquentes restent modérées : inquiétude face aux cambriolages, aux vols ou aux agressions, mais à des niveaux relativement bas par rapport à d’autres pays européens. La corruption est jugée comme un problème « très faible », et les paiements de dessous‑de‑table pour obtenir un service public sont quasiment inexistants.
Terrorisme : une menace prise très au sérieux
La particularité du Danemark, c’est le contraste entre son quotidien très paisible et un niveau de menace terroriste officiellement élevé. Le service de renseignement et de sécurité (PET) classe le risque d’attentat à 4 sur 5, c’est‑à‑dire « significatif », un niveau maintenu depuis les attaques de Copenhague en 2015 qui ont fait deux morts et plusieurs blessés.
Les gouvernements étrangers, comme ceux du Canada et de la France, invitent leurs ressortissants à redoubler de prudence dans le contexte actuel, malgré l’absence d’incident majeur récent remettant en cause la perception globale de sécurité.
– éviter les rassemblements massifs lorsque la tension internationale est forte ;
– garder un œil sur les consignes des autorités danoises et de votre ambassade ;
– être particulièrement attentif dans les transports, près des bâtiments officiels, dans les lieux touristiques et les grands centres commerciaux.
Ces précautions sont de bon sens et proches de celles à adopter dans n’importe quelle grande capitale européenne.
Délinquance, quartiers à risque et comportements à adopter
Dans la vie de tous les jours, la principale nuisance pour un expatrié reste la petite délinquance : vols à la tire, sacs dérobés dans les lieux fréquentés, cambriolages d’appartements ou de vélos. Les agressions violentes existent, mais restent rares et concentrées sur des milieux ou des quartiers précis.
Vols, pickpockets et cambriolages
Comme partout où il y a des touristes, les pickpockets ciblent les lieux très fréquentés, surtout à Copenhague.
Les autorités signalent des risques accrus :
– dans les rues piétonnes du centre (notamment en été, juillet‑août) ;
– dans les transports publics bondés (métro, trains, bus) ;
– dans les halls d’hôtels, cafés et restaurants du centre‑ville.
Les voleurs sont souvent bien habillés et opèrent en équipe, l’un distrayant la victime pendant que l’autre subtilise un sac ou un téléphone. La recommandation est classique mais efficace : ne jamais laisser un sac sur le dossier d’une chaise, un smartphone posé sans surveillance sur une table, ou des bagages visibles dans une voiture, même pour quelques minutes.
Les quartiers en mutation comme Amagerbro connaissent une hausse des cambriolages dans les logements. Parallèlement, le vol de vélos, y compris de modèles de valeur, est très répandu dans des zones prisées comme Østerbro. Pour se prémunir, l’utilisation systématique d’un bon antivol, fixant le cadre du vélo à un point d’attache solide, est essentielle.
Bandes organisées et quartiers sensibles
Le Danemark a identifié plus de 90 organisations criminelles, des gangs de rue aux clubs de motards. Cette réalité ne signifie pas que les expatriés sont directement visés, mais qu’il existe des zones où l’on redouble de prudence, surtout la nuit.
À Copenhague, les quartiers suivants sont régulièrement cités pour leur activité de gangs ou de trafics :
– Christiania (et en particulier Pusher Street) ;
– Mjølnerparken et la zone de Nørrebro / Nordvest ;
– Brønshøj‑Husum, certaines parties de Vesterbro (notamment près de la gare centrale et Istedgade) ;
– Amagerbro et, dans une moindre mesure, Østerbro (plutôt pour les vols de vélos et cambriolages).
Il s’agit du nombre de grandes zones urbaines sensibles identifiées dans les villes de province danoises, concentrant des problématiques sociales et des conflits criminels.
Le cas de Christiania mérite d’être souligné. Au‑delà de son image alternative, la zone est marquée par une forte présence de dealers et une violence récurrente liée aux trafics. Plusieurs fusillades mortelles ont eu lieu ces dernières années. Les règles locales sont très strictes :
– interdiction quasi totale de prendre des photos : des touristes ont été agressés et dévalisés pour avoir sorti un appareil ;
– interdiction de courir, assimilée à un comportement suspect (fuite, intervention policière).
Visiter Christiania est possible mais demande une grande prudence, en particulier le soir. Pour une expatriation familiale, beaucoup choisissent tout simplement d’éviter cette zone.
La règle générale reste cependant simple : le Danemark est un pays où l’on peut sortir le soir, y compris seul, à condition d’appliquer les mêmes réflexes qu’ailleurs — éviter les ruelles désertes, limiter l’alcool, surveiller ses effets personnels et, si possible, ne pas rentrer tard complètement isolé.
Santé : un des systèmes les plus sûrs et performants du monde
La sécurité, ce n’est pas seulement l’absence d’agressions : c’est aussi la garantie d’être bien soigné en cas de pépin. De ce point de vue, le Danemark cumule plusieurs atouts : un système de santé universel, un encadrement très rigoureux de la qualité des soins, et une structure pensée pour la prévention.
Comment fonctionne la « Sygesikring » pour un expatrié
Le système de santé danois repose sur une assurance maladie universelle, financée par l’impôt, appelée « Sygesikring ». Toute personne ayant le statut de résident et disposant d’un numéro personnel (CPR) y a droit.
L’inscription suit en général ce chemin :
1. Enregistrement comme résident auprès du registre de population (Folkeregistret), ce qui déclenche l’attribution du numéro CPR. 2. Réception de la carte de santé (“sygesikringskort”), la fameuse carte jaune, envoyée par la poste. On y trouve : votre CPR, votre adresse et les coordonnées de votre médecin traitant. 3. Choix de la formule de couverture dans le système public, entre deux groupes.
| Groupe d’assurance santé | Principe pour le patient | Coût des consultations de base |
|---|---|---|
| Groupe 1 | Inscription chez un médecin traitant choisi dans votre région | Consultations chez le généraliste et le spécialiste (sur prescription) gratuites |
| Groupe 2 | Libre accès à tous les médecins et spécialistes sans restriction | Vous payez la différence si le tarif dépasse le remboursement régional |
La très grande majorité de la population (environ 97 %) opte pour le Groupe 1, qui offre un parcours de soins structuré : passage d’abord par le généraliste, puis orientation vers le spécialiste si besoin. Les consultations de généralistes et spécialistes sont alors couvertes à 100 % dans le public.
Pour les adultes, les soins dentaires, la kinésithérapie, l’ostéopathie ou certains actes de psychologie sont partiellement remboursés, pouvant laisser des restes à charge importants. En revanche, les soins dentaires sont entièrement gratuits pour les enfants jusqu’à l’âge de 18 ans.
Urgences, numéros et accès aux soins
Un aspect rassurant pour un nouvel arrivant : l’architecture du système d’urgence est claire et très réactive.
| Type de situation | Numéro / dispositif | Commentaire clé |
|---|---|---|
| Urgence vitale (accident grave, détresse) | 112 | Réponse moyenne en 7 secondes, opérateurs anglophones |
| Urgence médicale non vitale (Copenhague) | 1813 | Médecin ou infirmier évalue, oriente vers garde ou urgences |
| Médecin de garde (autres régions) | N° régionaux dédiés | Prise en charge hors horaires de cabinet |
| Police non urgente | 114 | Démarches, signalements, conseils |
En pratique :
– en cas d’accident grave ou de menace immédiate pour la vie, on appelle le 112 ou on se rend directement aux urgences ;
– pour un problème de santé urgent mais non vital (forte fièvre, trauma, douleur aiguë un soir ou un week‑end), il est fortement conseillé de téléphoner d’abord au numéro de garde (1813 dans la région capitale) : un tri est effectué, ce qui évite des heures d’attente inutiles et assure que les cas les plus graves sont pris en charge en priorité.
Les soins d’urgence sont gratuits pour les résidents. En revanche, sans couverture locale, la facture peut devenir très salée : une simple consultation peut démarrer aux alentours de 250 € pour un non‑assuré. Pour un expatrié, une combinaison idéale est souvent :
Pour bénéficier du système de santé danois, plusieurs démarches sont nécessaires selon votre situation. Voici les principales étapes et options à considérer.
À utiliser pendant la phase de transition si vous êtes citoyen de l’Union Européenne. Elle assure une couverture temporaire.
Obligatoire dès l’obtention de votre numéro CPR (registre civil danois). C’est votre accès au système public de santé.
Recommandée pour accéder aux cliniques privées, améliorer la prise en charge dentaire ou bénéficier de garanties comme le rapatriement.
Vaccinations, risques sanitaires spécifiques et qualité de la prise en charge
Les autorités recommandent de mettre à jour les vaccins classiques (DTP, rougeole, oreillons, rubéole) et, selon votre profil, d’envisager :
– les hépatites A et B ;
– la typhoïde ou la méningite à méningocoques pour certains séjours, stages ou environnements collectifs ;
– la vaccination contre l’encéphalite à tiques si vous vivez ou randonnez souvent sur l’île de Bornholm ou dans le nord de la Seeland, régions où cette maladie est la plus fréquemment détectée.
La rage circule dans la faune sauvage (notamment chez les chauves‑souris), même si le risque reste limité pour la population générale.
Le système danois est très structuré en matière de sécurité des soins : autorités dédiées à la qualité, agence des médicaments surveillant les effets indésirables, contrôles sur les prescriptions, mécanismes d’indemnisation des patients victimes d’erreurs, etc. Pour un expatrié, cela se traduit par un environnement médical rassurant, mais aussi par des délais d’attente possibles pour certaines interventions non urgentes — ce qui conduit nombre de résidents à souscrire une couverture privée complémentaire.
Climat, risques naturels et sécurité du quotidien
Le Danemark ne connaît ni séismes significatifs, ni grands ouragans tropicaux, ni volcans. Les risques naturels sont donc limités, mais la combinaison de vent, pluie, neige et mer impose quelques précautions, surtout en hiver.
Un climat tempéré, humide et venté
Le pays bénéficie d’un climat océanique tempéré, influencé par le Gulf Stream : les hivers sont souvent gris, venteux et froids sans être polaires, les étés doux à modérément chauds, avec quelques pics de chaleur.
À titre indicatif :
– température moyenne de janvier‑février : autour de 1 à 2 °C ;
– juillet‑août : 17 à 18 °C en moyenne, avec des pointes au‑delà de 30 °C lors de rares vagues de chaleur (35,5 °C enregistrés à Odense en 2022) ;
– précipitations réparties toute l’année, environ 600 à 800 mm selon les régions, et près de 170 jours de pluie par an ;
– neige possible de novembre à mars, mais avec un manteau neigeux souvent intermittent.
La caractéristique la plus marquante pour les nouveaux arrivants, ce n’est pas tant le froid que la lumière. En décembre, le soleil peut se lever vers 8 h 30 et se coucher vers 15 h 30. Le contraste avec l’été, où les journées s’allongent énormément et où l’on connaît les fameuses « nuits blanches », est spectaculaire.
Nouveaux arrivants dans les régions nordiques
Tempêtes, inondations côtières et consignes en cas d’alerte
Des coups de vent violents, des tempêtes hivernales mêlant pluie, neige ou grêle, et des surcotes marines pouvant provoquer des inondations côtières peuvent survenir. Le risque reste globalement modéré, mais les autorités diffusent systématiquement des consignes via l’Institut météorologique danois.
Les recommandations essentielles sont simples :
Avant une tempête, il est crucial de préparer son logement (vérifier les volets, élaguer les branches) et de prévoir un équipement de secours (lampe, radio à piles). Pendant l’épisode, restez à l’intérieur, volets fermés, éloignez-vous des fenêtres, débranchez les appareils électriques et évitez toute sortie risquée. En cas de catastrophe majeure, suivez strictement les instructions officielles (via les médias comme Danmarks Radio et les sites gouvernementaux) et ne quittez votre domicile que si celui-ci est menacé.
Le risque de catastrophe industrielle, chimique ou nucléaire est également encadré par un plan national : des sirènes peuvent retentir (testées une fois par an) pour inviter la population à se calfeutrer, couper la ventilation, scotcher les ouvertures et écouter la radio nationale pour des instructions détaillées. Pour un expatrié, connaître la signification de ces signaux sonores et disposer à domicile d’un kit minimal (ruban adhésif, eau, aliments non périssables, lampe) est une sage précaution.
Hiver, conduite et déplacements : prudence de mise
Sur la route, les infrastructures et les services de déneigement sont efficaces, surtout dans les zones urbaines. Des technologies avancées de salage préventif (notamment par saumure pulvérisée) ont permis de réduire les accidents sur chaussées glissantes tout en limitant l’impact environnemental du sel.
Malgré tout, les risques typiques de l’hiver restent présents :
– verglas matinal après une nuit humide ou pluvieuse ;
– neige lourde transformant la chaussée en patinoire ;
– brouillard sur certains tronçons et ponts ;
– vents latéraux puissants sur les axes exposés.
Les autorités françaises estiment qu’environ 15 % des accidents impliquent des conditions météo défavorables, avec une hausse de 10 à 15 % des accidents entre novembre et février. Même si ces chiffres concernent la France, ils donnent une bonne idée de la vigilance à adopter également au Danemark. Les règles de base restent valables :
– rouler plus lentement, notamment sur autoroute ;
– augmenter les distances de sécurité ;
– éviter les manœuvres brusques (freinages secs, accélérations fortes) sur neige ou verglas ;
– ne jamais tenter de dépasser un chasse‑neige en opération.
La conduite en hiver est plus sûre avec des pneus adaptés : au Danemark, leur usage est très répandu. Si vous louez une voiture entre novembre et mars, il est pertinent de vérifier qu’elle est équipée de pneus hiver ou au minimum de pneus toutes saisons de bonne qualité.
Circulation, vélo et code de la route : cohabiter en sécurité
Le Danemark est souvent décrit comme un « paradis du vélo », et pour cause : plus d’un habitant sur cinq utilise quotidiennement ce mode de déplacement. Pour un expatrié, cela signifie deux choses : un énorme confort de mobilité… et l’obligation de bien comprendre les règles pour éviter les accidents.
Réseau cyclable et culture vélo
Le pays dispose de milliers de kilomètres de pistes cyclables dédiées, souvent surélevées et séparées des voies automobiles par un bord de trottoir ou une bande de stationnement. Dans les grandes villes, les pistes sont continues, larges, marquées de bandes bleues aux intersections, et souvent dotées de feux spécifiques.
Quelques chiffres illustrent cette densité :
| Ville danoise | Kilométrage de pistes cyclables approximatif |
|---|---|
| Aalborg | ~609 km |
| Odense | ~510 km |
| Aarhus | ~450 km |
| Copenhague | ~412 km |
Copenhague a développé un réseau de « greenways » pour traverser la ville de façon rapide, agréable et sécurisée, et la région capitale aménage de véritables « autoroutes cyclables » intercommunales pour les trajets domicile‑travail. Résultat : entre 1995 et 2016, la distance parcourue à vélo dans la capitale a doublé, tandis que le nombre de blessés et de tués à vélo a été divisé par deux.
Pour un expatrié, se déplacer à vélo est une solution pratique, économique et sûre, à condition de respecter scrupuleusement les règles de circulation et de sécurité en vigueur dans le pays d’accueil.
Règles de circulation et équipements obligatoires
Le code de la route danois encadre de manière détaillée les obligations des cyclistes. Parmi les principales :
– rouler toujours à droite ;
– emprunter les pistes cyclables lorsqu’elles existent ;
– respecter les feux (des amendes importantes sanctionnent le « grillage » de feu rouge) ;
– signaler ses changements de direction avec le bras ;
– tourner à gauche en deux temps (traverser d’abord tout droit, puis se replacer pour repartir dans la direction souhaitée) ;
– ne jamais rouler sur les trottoirs ni à contresens sur une piste unidirectionnelle.
Côté équipement, un vélo doit au minimum comporter : les éléments de sécurité nécessaires, tels que des freins, des réflecteurs, et un éclairage.
– une sonnette en état de marche ;
– un catadioptre blanc à l’avant ;
– un catadioptre rouge à l’arrière ;
– des catadioptres jaunes sur les pédales.
De la tombée à la levée du jour, l’éclairage est obligatoire : un feu blanc ou jaune à l’avant, un feu rouge à l’arrière, et des dispositifs réfléchissants visibles latéralement. Les feux clignotants sont autorisés, à condition d’avoir une fréquence minimale spécifique.
Le casque n’est pas imposé par la loi aux adultes, mais son usage est fortement recommandé et systématisé chez les enfants. Les campagnes de prévention et l’éducation au code de la route à l’école ont permis de faire passer le port du casque de 6 % à 50 % pour l’ensemble des cyclistes en moins de vingt ans, et de 33 % à près de 80 % chez les élèves.
Les amendes pour les cyclistes peuvent être élevées (plusieurs centaines de couronnes pour un feu rouge franchi, un éclairage absent, un téléphone à la main), ce qui incite à la discipline. Pour un expatrié non habitué à circuler dans un trafic vélo aussi dense, il est recommandé de :
– commencer par des trajets simples, à heures creuses ;
– observer comment se comportent les Danois aux intersections ;
– toujours rester dans le flux, sans zigzag ni slalom.
Conduite automobile : respecter les règles locales
En voiture, la sécurité routière repose sur un réseau bien entretenu, des contrôles fréquents et des règles strictes :
En agglomération, la vitesse est limitée à 50 km/h, puis à 80 km/h sur les routes nationales et entre 90 et 120 km/h sur autoroute selon les tronçons. Le taux d’alcoolémie maximum autorisé est de 0,5 g/L. Il est obligatoire d’allumer les feux de croisement en permanence, même de jour. L’utilisation d’un téléphone portable tenu en main est interdite ; seul le kit mains libres est autorisé. Enfin, il est interdit de se garer à moins de 10 mètres d’une intersection.
Les cyclistes ont souvent la priorité, en particulier aux carrefours où leurs pistes traversent la chaussée. Les automobilistes danois sont globalement très attentifs à cette cohabitation, mais un nouvel arrivant doit redoubler de prudence le temps de s’adapter à cette culture du vélo très ancrée.
L’International Driving Permit est recommandé même si les permis européens sont reconnus. Pour les jeunes conducteurs, un relevé d’informations de votre ancien assureur peut permettre d’obtenir de meilleurs tarifs.
Environnement numérique : un pays hyper‑digitalisé, cible de cyberattaques
Autre dimension de la sécurité à ne pas négliger : le numérique. Le Danemark figure parmi les pays les plus avancés au monde en matière de services en ligne. Impôts, démarches administratives, correspondances avec les autorités, opérations bancaires… tout se fait ou presque par voie électronique. Cette « digitalisation par défaut » a un revers : le pays est l’une des cibles privilégiées de la cybercriminalité.
Un écosystème très connecté, donc exposé
La quasi‑totalité des démarches citoyennes passe par des outils numériques : portail de santé (sundhed.dk), messagerie sécurisée avec les pouvoirs publics, paiement en ligne, signature électronique via NemID/MitID, etc. Cette densité d’usages fait du Danemark un terrain attractif pour :
– le cyber‑espionnage, visant les autorités et les entreprises stratégiques ;
– les attaques par rançongiciel ciblant hôpitaux, communes, grandes entreprises ;
– les escroqueries en ligne (hameçonnage, fraude bancaire, usurpation d’identité) ;
– la cybercriminalité organisée, facilitée par les cryptomonnaies et des outils d’anonymisation.
Le Centre danois pour la sécurité informatique (CFCS) estime ainsi que :
Deux types de cybermenaces sont actuellement considérés comme très élevés : la cybercriminalité et le cyberespionnage.
Une attaque spectaculaire a frappé le groupe danois ISS en 2020, paralysant une partie de ses systèmes d’information pendant près de deux semaines. Ce type d’incident illustre la capacité des cyberattaques à perturber concrètement les services dont dépendent les habitants.
Face à ce constat, le gouvernement a lancé une stratégie nationale de cybersécurité, dotée d’un budget d’environ 740 millions d’euros sur cinq ans, articulée autour de plusieurs piliers : protection des infrastructures critiques, montée en compétences de la population, clarification des rôles entre acteurs publics et privés, et développement d’un marché de solutions de cybersécurité.
Bonnes pratiques numériques pour les expatriés
Dans ce contexte, un expatrié doit intégrer quelques réflexes de base :
Utilisez des mots de passe robustes et uniques, activez l’authentification à deux facteurs, et maintenez vos systèmes et logiciels à jour avec un antivirus et un pare-feu. Méfiez-vous des réseaux WiFi publics, évitez-y les opérations sensibles et utilisez un VPN si nécessaire. Apprenez à reconnaître les tentatives de phishing et limitez la diffusion de vos informations personnelles en ligne.
Le fait que le Danemark soit très digitalisé est un avantage pour la vie quotidienne, mais impose une discipline minimale pour ne pas devenir la cible idéale de fraudeurs, souvent basés à l’étranger.
Femmes, minorités et violences : un cadre protecteur, mais des enjeux réels
Le Danemark bénéficie d’une réputation solide en matière d’égalité femmes‑hommes et de respect des minorités. Pour une femme qui s’expatrie seule, ou pour des personnes LGBTQIA+, c’est un facteur majeur de sérénité.
Un environnement globalement sûr pour les femmes et les minorités
Les rapports des chancelleries étrangères convergent : le Danemark est considéré comme un pays où les femmes peuvent circuler seules, de jour comme de nuit, sans menace particulière de violences sexuelles ciblées. Les agressions existent, mais ne sont ni plus fréquentes ni plus graves que dans la majorité des pays d’Europe occidentale.
La société danoise est largement ouverte à la diversité : l’orientation sexuelle n’est pas un motif courant de discrimination ni de violence dans l’espace public. Les couples de même sexe se tiennent la main sans susciter d’hostilité manifeste, surtout dans les grandes villes.
Au niveau législatif, le pays a considérablement renforcé son arsenal :
Depuis 2021, la loi française définit le viol par l’absence de consentement. Elle pénalise spécifiquement le cyber‑harcèlement, le harcèlement obsessionnel (stalking) et la diffusion non consentie d’images intimes. Des unités de police spécialisées ont été créées et les procédures d’audition des victimes sont améliorées, notamment par l’utilisation d’enregistrements vidéo recevables en justice.
Ces évolutions répondaient aussi à une réalité préoccupante : la hausse des plaintes pour viol (passées de quelques centaines à près de 2 000 en moins de dix ans) et l’explosion des délits liés à la sexualité en ligne (diffusion d’images, sextorsion, etc.).
Violences conjugales et ressources pour les victimes
Comme partout, les violences intrafamiliales n’épargnent pas le Danemark. Les expatriées peuvent se retrouver particulièrement vulnérables en cas de relation abusive : isolement géographique, dépendance financière à un conjoint, méconnaissance du système local, barrière de la langue.
Les recommandations essentielles pour une expatriée sont :
Avant de s’installer dans un nouveau pays comme le Danemark, il est crucial de se renseigner sur les associations locales d’aide aux victimes et les services sociaux. Il est également recommandé de conserver des copies numériques de ses documents importants (passeport, permis, contrat de travail, bail, carnet de santé, etc.) dans une messagerie sécurisée. Pour préserver son autonomie, maintenir un compte bancaire personnel dans le pays d’origine ou sur place est conseillé. Enfin, envisager un bilan juridique avant le départ (régime matrimonial, droit applicable en cas de séparation, garde d’enfants) permet d’anticiper d’éventuelles difficultés.
Le pays dispose d’un réseau structuré d’organismes d’aide :
– LEV UDEN VOLD (Vivre sans violence), ligne 1888, ouverte 24h/24 ;
– LOKK, organisation nationale des centres d’accueil pour femmes, avec un numéro de crise 24h/24 ;
– Mødrehjælpen, qui soutient notamment les femmes enceintes et les familles ;
– des structures spécialisées pour les hommes victimes ou auteurs de violences (Mandecentret, Dialog mod vold).
Les ressortissants étrangers peuvent également solliciter leurs ambassades et consulats, qui disposent de listes de contacts et, dans certains cas, d’un annuaire d’associations francophones ou anglophones.
Cadre légal, formalités et sécurité juridique de l’expatrié
La sécurité d’une expatriation tient aussi à la clarté du cadre administratif : droit au séjour, accès aux droits sociaux, reconnaissance des documents, obligations particulières.
Entrée, séjour et statut de résident
Pour les citoyens de l’Union européenne, le Danemark fait partie de l’espace Schengen : un passeport ou une carte nationale d’identité en cours de validité suffit pour entrer et séjourner jusqu’à trois mois. Au‑delà, il faut :
– demander un certificat de résidence auprès de l’administration compétente (Statsforvaltningen / SIRI) ;
– s’enregistrer au registre de population (Folkeregistret) de sa commune pour obtenir son CPR et, par ricochet, la carte de santé et l’accès aux autres services (éducation, allocations, etc.).
Les ressortissants non-européens (comme les Canadiens) sont généralement exemptés de visa pour des séjours touristiques de moins de 90 jours sur 180. Pour tout projet d’installation de longue durée (emploi, études, regroupement familial), un visa ou un permis de résidence est obligatoire. Un niveau minimal de ressources, estimé entre 350 et 500 DKK par jour de séjour, est également exigé pour prouver sa solvabilité.
Droit, police et pratiques locales
Quelques éléments de droit local à connaître pour éviter les mauvaises surprises :
La consommation, la détention et le trafic de stupéfiants sont sévèrement réprimés. L’usage de drones est réglementé et nécessite une autorisation de la police dans certains cas. Il est interdit de se couvrir intégralement le visage dans l’espace public, sauf motifs valables. La conduite sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants, ainsi que les grands excès de vitesse, sont fortement sanctionnés.
Les forces de l’ordre bénéficient d’un fort capital de confiance : la corruption y est quasi inexistante et la coopération avec la police est plutôt bien vécue par la population. En cas de vol, d’agression ou de litige, déposer plainte rapidement facilite les démarches d’assurance et, le cas échéant, l’obtention de documents de remplacement.
Enfin, la sérénité d’une expatriation se joue aussi sur le terrain financier. Le Danemark est cher — souvent plus que la France —, mais compense par des salaires moyens élevés et un système de protection sociale étendu.
Coût de la vie et pouvoir d’achat
Le pays fait partie des économies à plus fort niveau de prix en Europe. Cependant, le salaire net moyen dépasse les 3 600 € mensuels au niveau national, et dépasse les 4 000 € à Copenhague. Cette combinaison conduit à un pouvoir d’achat local élevé pour ceux qui perçoivent un revenu danois.
Pour un expatrié rémunéré localement, la gestion du budget doit intégrer logement, transport et santé. Le système public de santé est financé par l’impôt, sans cotisation directe apparente. Cependant, souscrire des assurances complémentaires (habitation, responsabilité civile, couverture internationale) est indispensable, particulièrement si vous possédez des biens ou conservez un logement dans votre pays d’origine.
Le système danois de sécurité sociale couvre l’essentiel des risques : maladie, maternité, invalidité, vieillesse, accidents du travail, chômage (sur base volontaire), prestations familiales. Financé principalement par l’impôt, il offre un socle de droits universels basé sur la résidence.
Pour autant, tout n’est pas automatique :
L’adhésion à une caisse de chômage (A-kasse) est généralement volontaire pour bénéficier de l’assurance chômage. De plus, certains remboursements de soins, comme ceux pour les soins dentaires, les lunettes ou la kinésithérapie, ne sont que partiels. Enfin, pour des prestations comme les indemnités journalières, les indemnités de maternité ou la pension d’invalidité, il existe souvent des conditions telles que des périodes de carence, des plafonds de versement ou une durée minimale d’activité préalable.
Avant de partir, il est utile de : vérifier ses documents de voyage, s’assurer d’avoir tous les billets et réservations, faire un inventaire des affaires à emporter, et informer quelqu’un de son itinéraire.
– faire le point sur vos droits de retraite dans votre pays d’origine et la possibilité de cotiser à distance via des organismes comme la CFE pour les Français ;
– vérifier comment vos contrats (assurance vie, prévoyance, mutuelle) s’appliquent une fois résident à l’étranger ;
– clarifier votre régime matrimonial et la loi applicable en cas de séparation, notamment si votre conjoint est celui qui part avec un package local.
En résumé : un pays très sûr, à condition de rester acteur de sa propre sécurité
La sécurité au Danemark repose sur plusieurs piliers solides : criminalité faible, institutions transparentes, système de santé performant, transports fiables, infrastructures cyclables de référence, cadre juridique protecteur, haut niveau de confiance sociale. Pour un expatrié, c’est un environnement remarquablement favorable.
Pour vivre cette expatriation sereinement, il reste néanmoins indispensable de :
Pour une installation réussie au Danemark, il est crucial de : connaître les quartiers nécessitant de la prudence, surtout la nuit ; s’adapter à la culture vélo et aux règles de circulation ; anticiper les effets du climat hivernal et des tempêtes ; sécuriser sa vie numérique dans une société très digitalisée ; comprendre le système de santé publique, le CPR et les services d’urgence ; et préserver une autonomie financière et juridique, particulièrement pour les familles ou conjoints accompagnants.
Une fois ces repères acquis, la sécurité cesse d’être une préoccupation permanente pour devenir un cadre stable, dans lequel il est possible de profiter pleinement de ce que le Danemark offre de mieux : un haut niveau de qualité de vie, un sens aigu du bien‑être collectif et un quotidien où l’on se sent, très vite, chez soi.
Un futur retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale en Danemark pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Danemark, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Danemark pour la sécurité juridique, la stabilité politique, la qualité de vie (Copenhague ~20% plus chère que Paris mais avec un haut niveau de services publics) et l’accès UE/Schengen. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence danoise (CPR, Folkeregister), détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, fiscaliste, agents immobiliers, réseau francophone) et intégration patrimoniale globale (analyse et restructuration si nécessaire), tout en gérant la convention fiscale FR–DK pour éviter la double imposition.
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