S’installer au Danemark, c’est accepter de vivre avec le vent, les longues soirées d’hiver… et surtout avec une culture culinaire bien plus riche que son image de “pays du hareng et des hot-dogs”. Pour beaucoup d’expatriés, le premier vrai contact avec la société danoise passe par l’assiette. Entre la tradition paysanne, le raffinement de la Nouvelle cuisine nordique et la fameuse notion de hygge, manger au Danemark est une porte d’entrée privilégiée vers la vie locale.
Ce guide pratique vous aide à comprendre et à goûter la cuisine locale, que ce soit au restaurant, chez l’habitant, lors d’un cours de cuisine ou même en faisant vos courses au supermarché.
Comprendre l’ADN de la cuisine danoise
La cuisine danoise est profondément liée à la géographie et au climat. Pays plat, entouré par la mer du Nord et la Baltique, parsemé de plus de 400 îles, le Danemark a longtemps vécu au rythme d’hivers longs et froids. Cela a façonné une gastronomie de survie devenue, au fil des siècles, une cuisine de terroir puis une scène gastronomique de premier plan.
Les bases historiques de la cuisine nordique étaient simples : pain de seigle, poisson, porc, et légumes rustiques comme le chou. La pomme de terre s’est généralisée au XIXᵉ siècle avec l’industrialisation. Cette ossature a ensuite été enrichie par les épices importées au Moyen Âge, les influences méditerranéennes des années 1960-1970, et enfin révolutionnée par la *New Nordic Cuisine* au début des années 2000.
Le résultat, aujourd’hui, est un mélange singulier : des plats familiaux très roboratifs, une culture du sandwich ouverte, une passion assumée pour les pâtisseries et, tout en haut de la pyramide, un courant gastronomique ultra-créatif qui a hissé des restaurants comme Noma ou Geranium au rang de références mondiales.
Trois repas par jour… et beaucoup de hygge
La journée alimentaire danoise est très réglée. Le matin, un petit-déjeuner froid à base de pain, fromage, confiture et café. À midi, une frokost plutôt froide aussi, centrée sur les smørrebrød, ces tartines ouvertes sur pain de seigle. Le soir, en revanche, toute la famille se retrouve autour du dîner chaud, à la maison le plus souvent, dans une ambiance que les Danois résument par un mot intraduisible : hygge.
Au Danemark, les repas sont un espace privilégié de *hygge*. Ils se caractérisent par une lumière douce, de nombreuses bougies, des conversations calmes et une nourriture généreuse mais sans ostentation. Pour un expatrié, saisir cette dimension permet d’apprécier des plats qui peuvent sembler simples au premier abord.
Les grands classiques à connaître (et à goûter)
Avant de réserver dans un restaurant étoilé, il est utile de maîtriser les fondamentaux. Voici quelques plats et produits que vous croiserez partout, de Copenhague à Aarhus.
Smørrebrød et rugbrød : la signature danoise
Le smørrebrød est peut‑être l’icône la plus forte de la cuisine danoise. Littéralement “pain beurré”, il s’agit en pratique d’une tartine de rugbrød, le fameux pain de seigle dense et acide, garnie de tout un paysage de produits : hareng mariné, roastbeef, œufs, crevettes, pommes de terre, fromages, condiments, herbes fraîches…
Le rugbrød lui-même mérite qu’on s’y attarde. C’est un pain complet à base de seigle fermenté, souvent enrichi de graines (lin, tournesol, courge). Il se conserve facilement une semaine, se tranche finement et constitue la base nutritionnelle de nombreux Danois. L’une des meilleures portes d’entrée dans la culture locale, pour un expatrié, est d’apprendre à l’aimer… et à le cuisiner.
Le smørrebrød se mange exclusivement au couteau et à la fourchette. Lors d’un repas composé de plusieurs tartines, l’ordre de dégustation est précis : on commence par les poissons (hareng, saumon), puis les garnitures à base de viande, et on termine éventuellement par les fromages. Certaines compositions portent des noms poétiques, comme le ‘stjerneskud’ (étoile filante) ou le ‘dyrlægens natmad’ (en-cas du vétérinaire).
Le plat national : stegt flæsk med persillesovs
Si vous demandez à un Danois quel est le plat le plus emblématique du pays, il citera presque toujours le même : stegt flæsk med persillesovs, des tranches épaisses de poitrine de porc croustillante, servies avec des pommes de terre bouillies et une sauce au persil. Ce plat a été officiellement élu “plat national” par un vote populaire au milieu des années 2010.
Au-delà de son aspect très rustique, il condense plusieurs éléments essentiels de la cuisine danoise : l’importance du porc, la présence quasi systématique des pommes de terre, et une sauce simple mais riche, ici à base de beurre, farine, lait ou bouillon, parfumée au persil. C’est par ailleurs l’un des plats qui, en julefrokost (déjeuners de Noël), se disputent la vedette avec le flæskesteg, le rôti de porc à couenne croustillante.
Viande, pommes de terre, choux : les piliers du quotidien
La tradition paysanne et l’industrialisation ont installé une matrice assez stable : viande + pommes de terre + sauce + légumes cuits.
Parmi les plats que vous verrez souvent sur les cartes :
| Plat | Description synthétique |
|---|---|
| Frikadeller | Boulettes de viande (porc ou porc/veau) poêlées, avec pommes de terre |
| Forloren hare | “Fausse lièvre”, pain de viande porc/veau entouré de bacon |
| Medisterpølse | Grosse saucisse de porc épicée, servie avec pommes de terre et sauce |
| Æbleflæsk | Poitrine de porc avec compotée de pommes et oignons |
| Boller i karry | Boulettes de porc en sauce curry, avec riz |
| Gule ærter | Soupe épaisse de pois cassés jaunes avec morceaux de porc |
| Hakkebøf | Steak haché épais, souvent servi avec oignons et sauce brune |
À côté des plats de viande, la table danoise accorde aussi une grande place au poisson : cabillaud (kogt torsk en version pochée avec sauce moutarde), hareng mariné (syltede sild) décliné en innombrables variantes (classique, au curry, à la moutarde), ou encore poissons fumés, très appréciés sur les smørrebrød.
Les douceurs : pâtisseries, crèmes et réglisse
On a souvent l’image des Danois comme des amateurs de pâtisserie, et les chiffres confirment cette réputation : la consommation annuelle de gâteaux et viennoiseries est estimée à une dizaine de kilos par personne. Mais ce que le monde entier appelle “Danish” porte ici un autre nom : wienerbrød, littéralement “pain viennois”.
Cette famille de viennoiseries repose sur une pâte levée feuilletée, laminée au beurre en plusieurs tours jusqu’à obtenir une vingtaine de couches. La légende raconte que cette technique serait arrivée au Danemark avec des boulangers autrichiens au milieu du XIXᵉ siècle, pendant une grève des artisans locaux. Les Danois l’auraient ensuite adaptée en augmentant la proportion d’œufs et de matières grasses, donnant naissance à leurs propres spécialités.
Origine de la viennoiserie danoise
Parmi les incontournables :
| Spécialité sucrée | Particularité principale |
|---|---|
| Wienerbrød (générique) | Pâte levée feuilletée, garnie de crème, fruits, amandes, etc. |
| Spandauer | Rond, avec un cœur de crème ou de masse d’amande |
| Kanelsnegle | “Escargot” à la cannelle, roulé et coupé en disques |
| Drømmekage | Gâteau moelleux coiffé d’un mélange coco-caramel |
| Æbleskiver | Boulettes de pâte type crêpe, frites dans des moules sphériques |
| Rødgrød med fløde | Compotée de fruits rouges servie avec de la crème |
| Koldskål | Préparation froide au lait fermenté, servie avec biscuits croquants |
À côté, la confiserie joue un rôle identitaire avec la lakrids, réglisse omniprésente, y compris en version salée, dans des glaces, des snacks salés et même des spiritueux. On retrouve aussi des gâteaux de fête comme la kransekage, couronne de macarons à l’amande dressée en anneaux, traditionnellement servie au Nouvel An.
La Nouvelle cuisine nordique : quand le terroir devient haute couture
Si vous êtes attiré par la haute gastronomie, le Danemark est une destination de choix. C’est ici qu’a émergé, au milieu des années 2000, le mouvement de la New Nordic Cuisine. Porté par le chef René Redzepi (Noma) et l’entrepreneur culinaire Claus Meyer, il repose sur un manifeste rédigé à Copenhague qui promeut l’utilisation de produits locaux, naturels et saisonniers, avec une attention forte à la durabilité, au bien-être animal et à l’expression du “génie du lieu”.
Une approche qui fusionne savoir-faire traditionnels et innovations contemporaines pour une cuisine respectueuse et créative.
Remise à l’honneur des méthodes traditionnelles comme le fumage, le salage, la fermentation, les marinades et le séchage.
Utilisation complète de l’animal pour réduire le gaspillage et valoriser chaque partie dans la préparation des plats.
Intégration de plantes sauvages, d’algues et de baies directement issues de la nature pour des saveurs authentiques.
Recours à des techniques contemporaines telles que la cuisson sous-vide et l’expérimentation en laboratoires culinaires.
Des restaurants comme Noma ou Geranium, tous deux à Copenhague, ont été récompensés par plusieurs étoiles Michelin et ont souvent trôné en tête des classements mondiaux. À un niveau plus accessible, une foule de bistrots et de tables “bistronomiques” déclinent cette philosophie version quotidienne, avec des cartes courtes, très saisonnières, centrées sur quelques produits de qualité.
Pour un expatrié, cette “révolution nordique” a un effet direct : même dans un simple supermarché ou dans la cantine de l’entreprise, on ressent la valorisation des ingrédients locaux, des légumes, du bio et des produits laitiers et carnés issus de filières plus responsables.
Festivals, événements et vie culinaire
Vivre au Danemark, c’est aussi profiter d’un calendrier très dense de festivals alimentaires et de rendez‑vous gourmands.
Deux grands festivals gastronomiques rythment l’année à Copenhague, dont Copenhagen Cooking, l’un des plus importants d’Europe du Nord.
Autre rendez-vous phare : le Tivoli Food Festival dans les jardins de Tivoli. Au programme : dégustations, ateliers, démonstrations en direct, grands dîners collectifs, ainsi qu’une forte présence de chefs danois et nordiques. toujours dans ce parc emblématique, on trouve également un festival du smørrebrød et un festival “Food & Wine” où les restaurants du parc et le château d’H. C. Andersen déclinent le patrimoine culinaire classique.
Hors de la capitale, Food Festival Aarhus rassemble chaque année plus de 30 000 visiteurs, 250 producteurs et artisans sur une vaste esplanade en bord de mer. Objectif affiché : faire aimer la bonne nourriture, soutenir le patrimoine gastronomique danois et créer un lien direct entre consommateurs, chefs et producteurs. Plus au sud, le Oyster Festival dans le parc national de la mer des Wadden (inscrit à l’UNESCO) propose safaris à huîtres, cueillette d’ingrédients sauvages et concours très disputé pour désigner “le chef de l’huître de l’année”.
Pour un expatrié, ces événements sont une occasion idéale de goûter beaucoup de choses en peu de temps, de parler directement avec des producteurs et d’observer comment les Danois vivent la nourriture dans un cadre festif.
Cours de cuisine : apprendre par la pratique
Rien ne vaut les mains dans la pâte pour apprivoiser une nouvelle culture culinaire. Bonne nouvelle : au Danemark, l’offre de cours de cuisine pensés pour les touristes et expatriés est riche, surtout à Copenhague.
CPH Cooking Class et autres écoles à Copenhague
Près de Nyhavn, l’école CPH Cooking Class (Herluf Trolles Gade 9) organise des ateliers en anglais, centrés sur la cuisine danoise et nordique. La plupart des séances suivent la même logique : une partie pratique très guidée, puis un repas collectif dans une salle à manger conviviale, dans un esprit clairement “hygge”.
Les thèmes vont des bases du four au smørrebrød. Parmi les ateliers proposés :
| Atelier (CPH Cooking Class) | Contenu principal | Prix indicatif (DKK) |
|---|---|---|
| Taste of Denmark – Pixi | Introduction express à la cuisine danoise | 595 |
| Danish Baking | Pains et brioches, levain, façonnage | 870 |
| Danish Pastry | Lamination, viennoiseries, wienerbrød | 695 |
| Smørrebrød | Pain de seigle + tartines garnies de saison | 715 |
| New Nordic Cooking Class & Dinner | Dîner trois services dans l’esprit nouvelle nordique | 1 150 |
| Cardamom Buns | Brioches à la cardamome | 475 |
| Eat More Greens | Cuisine végétarienne nordique | 645 |
| Fastelavns Boller | Brioches à la crème de saison festive | 495 |
| Shape & Bake | Façonnage de pâtes préparées à l’avance | 615 |
| Pickling and Preserving | Marinades, pickles, conserves | 795 |
| Steak Me Out / We Love Fish | Techniques autour de la viande ou du poisson | 870 |
Les groupes sont généralement de taille modeste, les ateliers sont adaptés aux débutants, et il est possible d’organiser des événements privés (souvent à partir de 8 personnes). Certains forfaits incluent bar ouvert avec vins bio, bières artisanales, thés pétillants et boissons sans alcool.
Le paysage gastronomique de Copenhague est complété par des acteurs variés. Hahnemanns Køkken, dans le quartier d’Østerbro, est un espace polyvalent dirigé par la cheffe Trine Hahnemann, alliant café, librairie et ateliers culinaires axés sur les céréales anciennes et la cuisine durable. Par ailleurs, des plateformes comme Cozymeal ou Miummium permettent de réserver des cours de cuisine thématiques (pâtisserie, cuisines du monde) ou un chef privé, avec des options en ligne disponibles.
À Frederiksberg, une école comme Terrible (animée par le chef du même nom) travaille aussi avec une clientèle internationale. Dans le quartier des abattoirs, Oiran Japanese Cooking School illustre à quel point Copenhague est devenue un terrain de jeu culinaire global, où l’on peut enchaîner un atelier de smørrebrød et un cours de cuisine japonaise.
Ailleurs dans le pays
Les grandes villes régionales ne sont pas en reste. Aarhus et Odense disposent d’ateliers destinés au grand public, souvent en soirée : initiation à la cuisine nordique, cours de pain au levain, ateliers sur les pickles et la fermentation. Des plateformes comme Kromans.dk ou All About Cooking référencent des dizaines de menus en anglais, adaptés aux groupes d’expatriés ou aux entreprises.
Pour un nouvel arrivant dans un pays ou une entreprise, participer à des projets collaboratifs ou partager un espace de travail commun permet de se constituer rapidement un premier réseau social. Les interactions informelles et les échanges autour d’une tâche facilitent la surmonte des barrières culturelles, car la collaboration concrète crée un terrain d’entente et de compréhension mutuelle.
Manger dehors : du hot-dog à la table étoilée
On entend souvent que “manger au restaurant est cher au Danemark”. C’est vrai, surtout si l’on compare aux moyennes européennes. Mais bien connaître la gamme d’options aide à adapter ses habitudes.
La restauration du quotidien
Les pølsevogne, chariots à hot-dogs, sont une institution. Le rød pølse (saucisse rouge) se déguste dans un petit pain, avec oignons crus, oignons frits, cornichons, moutarde, ketchup et remoulade, cette sauce jaune épaisse à base de mayonnaise, pickles et épices. Certains kiosques bio, comme DØP à Copenhague, revisitent ce classique avec des ingrédients locaux et durables.
Les cafés et burger/grill bars servent burgers, frites, salades et un choix de sandwiches variés. Les pizzerias, souvent tenues par des familles étrangères, sont omniprésentes. La cuisine turque et moyen-orientale (kebabs, falafels, shawarma) est devenue un pilier de la restauration rapide en ville.
Les cafés proposent désormais des brunchs copieux, des porridges (grød) revisités et des tartines créatives, sous l’influence du mouvement New Nordic. Cette tendance met l’accent sur les produits biologiques, les légumes et les produits laitiers à l’origine tracée.
Les temples du smørrebrød et de la cuisine danoise
Pour découvrir la version “restaurant” de la cuisine locale, quelques adresses de Copenhague sont particulièrement parlantes. Des lieux historiques comme Restaurant Schønnemann (fondé en 1877) ou Husmanns Vinstue (1888) servent des smørrebrød fastueux, des harengs préparés maison et des snaps (eaux‑de‑vie parfumées au carvi, à l’aneth, etc.) dans une atmosphère demeurée quasi intacte depuis plus d’un siècle.
Des tables plus contemporaines comme Aamanns 1921 ou Restaurant Palægade proposent des versions modernisées mais très respectueuses des codes, en s’approvisionnant presque exclusivement en produits bio ou artisanaux. Des restaurants comme Selma jouent la carte créative, avec un chef suédois qui appréhende le smørrebrød comme un support artistique.
Pour un expatrié, ces adresses sont précieuses : on y découvre comment un plat du quotidien peut être sublimé, et on peut observer l’art des toasts – *skål* – au *snaps*, avec ce rituel du regard dans les yeux au moment de trinquer.
Haute gastronomie et Nouvelle nordique
Au sommet de la pyramide se trouvent les restaurants qui ont bâti la réputation internationale du pays. Sans forcément y réserver une table (les prix et les listes d’attente peuvent être dissuasifs), il est utile de connaître leur rôle, ne serait-ce que pour comprendre ce qui infuse ensuite dans la restauration plus abordable.
Noma a popularisé l’idée qu’on pouvait servir des ingrédients extrêmement locaux – algues, mousses, fourmis vivantes, coquillages rares – dans des menus à forte dimension narrative, où chaque plat raconte un morceau de paysage ou d’histoire. Geranium, autre étoilé de Copenhague, a poussé encore plus loin la notion de raffinement et d’esthétique minimaliste, en travaillant beaucoup sur les légumes, les herbes, les poissons de saison.
De nombreuses brigades de ces maisons irriguent ensuite d’autres projets, plus accessibles : bistrots, cafés, bars à vin, cantines de quartier où l’on retrouve, à petite échelle, la même exigence sur les produits et les saisons.
S’inviter chez des Danois : rites et codes autour de la table
Partager un repas chez l’habitant est peut‑être la manière la plus intime de comprendre la relation des Danois à la nourriture. Mais le cadre social est codifié, et le respecter facilite grandement l’intégration.
L’invitation et l’arrivée
Les Danois sont ponctuels. Arriver à l’heure n’est pas un détail de politesse, c’est une norme sociale. Même cinq minutes de retard méritent un coup de fil pour prévenir. On ne s’invite pas spontanément chez quelqu’un, les visites se préparent.
Apporter un petit cadeau n’est pas obligatoire mais vivement apprécié : fleurs, vin, chocolats, bougie, voire un objet de votre pays d’origine. Le papier cadeau ou un petit sac soigné sont la norme. La personne qui reçoit ouvrira généralement le présent devant vous.
Il est de coutume d’enlever ses chaussures à l’entrée, sauf lors d’événements très habillés. Les hôtes, souvent fiers de leur intérieur qu’ils ont généralement aménagé eux-mêmes, proposent fréquemment une visite guidée. Il est apprécié d’offrir son aide pour mettre la table ou apporter les plats.
À table : toasts, couverts et tak for mad
Le service, même pour un barbecue, reste assez formel : multiples plats, annonce du repas par l’hôte, places parfois assignées. On se tient derrière sa chaise jusqu’à ce que l’hôte donne le signal pour s’asseoir.
On ne commence pas à manger avant le premier toast (skål) ou avant que la personne qui a cuisiné ait entamé son assiette. Le style de tenue des couverts est “continental” : couteau à droite, fourchette à gauche, tous deux gardés en main pendant que l’on mange. On garde les poignets au bord de la table, pas les coudes.
Le principe implicite est de goûter à tout ce qui est proposé, même en petite quantité, par respect pour l’effort du ou de la cuisinière. On prend de petites portions au premier service, car il est très mal vu de laisser de la nourriture dans son assiette. Des secondes portions seront souvent offertes, que l’on peut librement accepter ou décliner.
Pour signaler la fin du repas, placez votre couteau et votre fourchette parallèles, manches à droite et dents de la fourchette vers le haut. Il est essentiel de remercier en disant ‘tak for mad’ (merci pour la nourriture). Proposer son aide pour débarrasser ou faire la vaisselle est un geste très apprécié.
Les toasts ponctuent souvent le repas, surtout s’il y a du snaps ou de la bière. On lève le verre à hauteur des yeux, on cherche le regard de ses voisins, on dit skål et on boit une gorgée. Il est parfaitement acceptable de trinquer avec de l’eau ou une boisson sans alcool.
Après le repas
Souvent, la soirée se poursuit au salon, autour d’un café, d’un digestif ou d’une assiette de gâteaux secs et de chocolats. Les dîners ne se prolongent pas jusqu’au bout de la nuit : tout le monde quitte généralement les lieux à peu près en même temps.
Le lendemain ou lors de la prochaine rencontre, il est courant de dire tak for sidst (“merci pour la dernière fois”), une manière de prolonger le lien social forgé autour de la table.
Supermarchés et courses : apprivoiser le quotidien
L’apprentissage de la gastronomie locale passe aussi par les rayons du supermarché, étape souvent déroutante pour un expatrié.
Comment fonctionne la grande distribution danoise ?
Le marché est dominé par quelques grands groupes (Salling Group, Coop, Rema 1000, Lidl, etc.), avec une hiérarchie assez claire : discounters (Netto, Rema 1000, Lidl, 365discount…), supermarchés milieu/haut de gamme (Føtex, SuperBrugsen, Meny…), et hypermarchés type Bilka.
Les magasins ouvrent tôt (7 h–8 h) et ferment tard (21 h–22 h), y compris le dimanche pour la plupart. Ils sont nombreux, surtout en ville : dans Copenhague, avoir trois ou quatre supermarchés à moins de deux kilomètres est courant. L’espace est souvent compté, les allées étroites et parfois encombrées, surtout aux heures de pointe.
Un choc culturel fréquent pour les expatriés vient de la rapidité des caisses : vous posez vos produits sur le tapis, on les scanne vite, puis vous devez payer, tout ranger et libérer l’espace immédiatement, sous le regard du client suivant. Les Danois emballent eux-mêmes leurs achats, c’est la norme. Mieux vaut venir avec ses sacs, les sacs plastiques étant payants.
Les prix indiqués incluent toutes les taxes, dont la TVA à 25%. Une consigne (pant) s’applique sur les bouteilles et canettes, remboursable via les automates en magasin. Le paiement se fait principalement par carte bancaire ou via l’application MobilePay ; l’usage du cash est devenu très marginal.
Ce que l’on trouve (et ce qui surprend)
Les supermarchés danois ont la réputation d’offrir moins de variété qu’ailleurs en Europe : souvent un ou deux choix par produit, pas dix. Mais ils sont très bien fournis en produits laitiers, charcuteries, poissons en conserve et pain de seigle.
On repère rapidement quelques incontournables : plateaux de hareng mariné ou fumé, portions de leverpostej (pâté de foie de porc), grands pains de rugbrød entiers ou prédécoupés, énormes rayons de pommes de terre et de choux, crème fraîche épaisse, lait fermenté, beurre salé. La section bougies et serviettes en papier colorées surprend souvent par son importance : créer une atmosphère hygge à table est pris très au sérieux.
Le Danemark a été un précurseur dans le contrôle public de l’agriculture biologique dès les années 1980. Aujourd’hui, les produits bio, identifiables par le logo rouge ‘Ø’ ou la feuille verte européenne, sont largement disponibles, y compris dans les enseignes discount. Les supermarchés proposent également des rayons dédiés aux régimes spécifiques : végétarien, végan, sans gluten ou sans lactose.
Pour des épices à prix raisonnables, des fruits exotiques ou des produits plus proches de ce que vous connaissez dans votre pays, les boutiques ethniques (magasins asiatiques, moyen‑orientaux, etc.) et les grands bazars comme Bazaar Vest à Aarhus ou Vestegnens Bazar près de Copenhague sont souvent plus adaptés.
Conseils pratiques pour bien s’y retrouver
Il peut être utile de se doter rapidement d’un petit vocabulaire danois lié à l’alimentation, ne serait-ce que pour éviter les confusions. Distinguer svinekød (porc), oksekød (bœuf), fisk (poisson), skaldyr (fruits de mer), rugbrød (pain de seigle) ou kartoffel (pomme de terre) vous simplifiera la vie.
Sur les étiquettes, l’abréviation stk. signifie “pièce”, ce qui permet de comprendre si le prix s’entend “par unité”. Des applis comme Google Translate (mode caméra) peuvent dépanner en temps réel. Les sites et applis de promotions comme eTilbudsavis ou minetilbud.dk aident à repérer les bonnes affaires de la semaine ; beaucoup de Danois consultent ces dépliants numériques avant de faire leurs courses.
Enfin, ne soyez pas surpris par la courte durée de vie de certains produits frais : moins de conservateurs signifie qu’il faut éviter les achats trop volumineux, d’autant que beaucoup de ménages font des courses fréquentes à vélo ou à pied.
Langue, codes et intégration par la gastronomie
Même si la majorité des Danois parlent un excellent anglais, montrer un effort pour utiliser quelques mots locaux, surtout dans un cadre culinaire, est très apprécié. L’expression Det smager fantastisk! (“c’est délicieux !”) fonctionne partout, du dîner chez des amis au stand de smørrebrød dans un marché.
Apprendre quelques phrases clés en danois, comme ‘Jeg vil gerne bestille…’ (commander), ‘Kan jeg få menuen, tak?’ (demander le menu) ou indiquer un régime végétarien ou une allergie, facilite grandement les repas au restaurant. Les serveurs sont généralement très compréhensifs vis-à-vis des restrictions alimentaires, en particulier dans les zones urbaines.
À l’inverse, respecter les codes de table (ne pas manger avec les doigts ce qui se mange traditionnellement aux couverts, ne pas trop élever la voix, ne pas se vanter ou “se mettre en avant” de façon ostentatoire) vous aidera à ne pas détonner dans un environnement où la modestie et la discrétion sont très valorisées.
Pour les expatriés gourmets : quelques stratégies
Adopter la gastronomie danoise ne signifie pas renoncer à sa culture alimentaire d’origine, mais plutôt ajouter une nouvelle couche à son identité culinaire.
Quelques pistes concrètes pour y parvenir :
Pour s’approprier la culture culinaire danoise, adoptez une routine hebdomadaire de *smørrebrød* avec des produits locaux, maîtrisez trois recettes de base (un plat de viande comme les *frikadeller*, un plat de poisson type *kogt torsk*, et un dessert tel que les *kanelsnegle*), participez à un grand festival gourmand (Copenhagen Cooking, Food Festival Aarhus, etc.), suivez un cours de cuisine en anglais pour saisir les techniques, et explorez les rayons bio des supermarchés pour cuisiner nordique en privilégiant produits de saison, locaux et fermentations.
Peu à peu, ce qui paraissait étrange – le pain très sombre, les harengs en bocal, la passion pour la sauce au persil – devient familier, puis apprécié. Et il n’est pas rare de voir des expatriés repartir de plusieurs années au Danemark avec un levain de rugbrød dans leurs bagages, quelques expressions danoises liées à la table et une nostalgie très précise pour le bruit croquant de la couenne du flæskesteg sous la dent.
En fin de compte, découvrir la gastronomie locale au Danemark, pour un expatrié, c’est beaucoup plus que cocher des plats sur une liste : c’est entrer dans le rythme des saisons, comprendre la manière dont un pays se raconte à lui‑même à travers ce qu’il mange, et se donner une chance supplémentaire de se sentir, à table, un peu moins étranger.
Un futur retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien diversifié en Europe, souhaitait transférer sa résidence fiscale au Danemark pour optimiser sa charge imposable, sécuriser son environnement social et rester connecté à la France. Budget prévu : 10 000 € pour un accompagnement complet (conseil fiscal international, démarches administratives, relocalisation et structuration patrimoniale), sans obligation de céder ses actifs existants.
Après étude de plusieurs destinations (Portugal, Pays-Bas, Suède, Danemark), la stratégie retenue a été de cibler le Danemark pour son cadre fiscal et social très stable, son système de santé performant et sa protection juridique solide, malgré une fiscalité élevée. La mission a porté sur : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions FR‑DK), obtention du permis de résidence avec location longue durée, coordination sécurité sociale (CPAM/Udbetaling Danmark), transfert de banques, plan de rupture des liens fiscaux français (séjour >183 jours, centre d’intérêts vitaux au Danemark), intégration dans un réseau local bilingue (avocat, comptable, agent immobilier) et restructuration patrimoniale pour profiter du cadre nordique de gestion de fortune.
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