S’installer au Danemark, c’est entrer dans l’un des systèmes administratifs les plus structurés d’Europe… et l’un des plus exigeants pour les nouveaux arrivants. Entre la recherche de logement, l’obtention du fameux numéro CPR, l’ouverture d’un compte bancaire, l’accès à la santé, la scolarisation des enfants, la gestion des impôts, l’enregistrement de sa voiture et même l’arrivée du chien de la famille, chaque étape répond à des règles précises.
Cet article fournit un guide pratique pour les expatriés, basé sur les règles, organismes et procédures actuellement en vigueur au Danemark, tout en restant ancré dans la réalité du terrain.
Comprendre la logique administrative danoise
Le système danois repose sur quelques piliers clés : un registre de population centralisé, une forte numérisation des démarches, une fiscalité importante en échange de services publics très développés, et une coordination étroite entre communes, régions et État.
Le pays est organisé en 5 régions et 98 communes. Les régions gèrent principalement les hôpitaux et une partie du système de santé, tandis que les communes sont responsables des services de proximité comme les écoles publiques, les crèches, l’aide sociale et l’enregistrement des résidents. La majorité des démarches administratives peuvent être effectuées numériquement via des portails nationaux et des plateformes municipales.
Au cœur du système, un identifiant unique : le numéro CPR, qui ouvre littéralement toutes les portes administratives.
Le numéro CPR, sésame absolu pour s’installer
Sans numéro CPR (Central Person Register), un résident est pratiquement « invisible » pour l’administration danoise. Ce code à dix chiffres, basé sur la date de naissance et un identifiant individuel, est indispensable pour la plupart des démarches : santé, fiscalité, banque, connexion internet, inscription scolaire, assurance, etc.
Pour obtenir un numéro CPR, il faut : un droit légal de séjour (visa, permis ou document de résidence selon la nationalité), une adresse fixe avec un logement effectivement occupé, et un projet de séjour de plus de trois mois (six mois pour les citoyens de l’UE/EEE/Suisse, des pays nordiques et leurs proches).
La demande se dépose auprès du service des citoyens (Borgerservice) de la commune de résidence ou dans un centre International Citizen Service (ICS) dans les grandes villes. À Copenhague, une demande en ligne préalable est imposée avant de se rendre physiquement au guichet. Le schéma est souvent le même : enregistrement en ligne, prise de rendez-vous, puis présentation en personne.
L’enregistrement nécessite des documents spécifiques : passeport ou carte d’identité, contrat de location ou preuve d’hébergement, permis ou document de résidence, et, le cas échéant, actes de naissance ou de mariage ainsi que les décisions de garde pour les enfants. Tous les documents doivent être fournis en danois, anglais, allemand, suédois ou norvégien. Une redevance administrative est généralement due. Les délais de traitement varient considérablement : ils peuvent être quasi immédiats à Copenhague, mais s’étendre sur plusieurs semaines dans d’autres régions.
Une fois attribué, le CPR est valable à vie et ne change pas, même après un départ puis un retour. À l’inverse, il faut impérativement signaler son départ définitif à la commune avant de quitter le pays.
MitID, la clé numérique de la vie quotidienne
Une fois le CPR obtenu, le deuxième pilier est l’identité numérique. L’ancien système NemID a été remplacé par MitID, nouvelle norme pour se connecter à la banque en ligne, aux services fiscaux, aux portails de santé ou d’éducation, et à une multitude de services publics et privés.
Le MitID est exclusivement accessible aux détenteurs d’un numéro CPR danois. Pour l’activer, vous devrez utiliser l’application mobile, un générateur de codes physique ou un boîtier adapté. La première création nécessite généralement une démarche en présentiel, soit au Borgerservice, soit dans votre banque, avec un passeport ou une carte d’identité valide. Notez que certaines personnes peuvent effectuer cette vérification d’identité à distance en utilisant la fonction de lecture électronique de leur passeport.
L’authentification repose sur une combinaison de facteurs (quelque chose que l’on sait, quelque chose que l’on possède, éventuellement des données biométriques comme l’empreinte digitale ou la reconnaissance faciale). MitID permet aussi de signer numériquement des documents avec une valeur de signature électronique avancée conforme au règlement européen eIDAS, ce qui est central pour beaucoup de démarches en ligne.
Grâce à MitID, l’accès aux plateformes nationales comme le portail fiscal (TastSelv), le site de santé Sundhed.dk ou la messagerie administrative de type Digital Post devient possible. Sans cet identifiant, il est pratiquement impossible d’interagir de manière autonome avec l’administration danoise.
Trouver un logement et comprendre le marché locatif
Avant même de pouvoir demander un CPR, il faut une adresse réelle. Or le marché du logement danois est tendu, surtout dans les grandes villes. Environ 38 % des ménages sont locataires, une proportion qui atteint près de la moitié à Copenhague. Les loyers sont élevés et la compétition particulièrement rude pour les expatriés.
Le parc locatif se partage entre le secteur privé et le logement social (almene boliger), géré par des associations et soumis à des loyers régulés. Le secteur social représente environ un cinquième du parc locatif, mais les listes d’attente peuvent s’étaler sur plusieurs années, avec priorité à certains publics. Pour les nouveaux arrivants, l’essentiel de l’offre immédiate se situe donc sur le marché privé ou via des sous‑locations.
Le marché immobilier danois propose principalement des appartements (lejlighed), des maisons mitoyennes (rækkehus), des maisons individuelles (hus) et des chambres en colocation (værelse). Les logements sont disponibles meublés ou non. Même un logement annoncé comme ‘non meublé’ comprend généralement une cuisine équipée (cuisinière, four, réfrigérateur) et parfois un lave-linge ou un lave-vaisselle. Les logements meublés sont plus courants pour les locations à court terme, mais ils sont aussi plus chers.
Les prix varient fortement selon la ville et le quartier. Le tableau ci-dessous donne un aperçu indicatif des loyers moyens pour un appartement de taille standard.
| Ville | Loyer moyen mensuel (env.) pour 85 m² | Plage typique 1–2 pièces (DKK/mois) |
|---|---|---|
| Copenhague | 16 600 DKK | 9 500 – 14 000 |
| Aarhus | 11 800 DKK | 8 000 – 11 500 |
| Odense | 10 000 DKK | 6 500 – 9 000 |
| Aalborg | 8 500 DKK | 6 000 – 8 500 |
| Petites villes | – | 4 500 – 7 000 |
La loi impose un plafond de loyer au mètre carré pour les immeubles anciens (construits avant 1992), mais en pratique de nombreux propriétaires le dépassent. Les locataires peuvent saisir une commission de loyers pour faire baisser un loyer illégalement élevé et obtenir un remboursement des trop-perçus.
À la signature du bail (lejekontrakt), l’usage est de verser jusqu’à trois mois de dépôt de garantie plus jusqu’à trois mois de loyer d’avance, en plus du premier loyer. Il faut donc souvent disposer de l’équivalent de six ou sept mois de loyer immédiatement. Les contrats sont souvent à durée indéterminée avec un préavis de trois mois côté locataire, mais de nombreux expatriés signent des baux à durée déterminée (12 ou 24 mois).
Formalités locatives et droits du locataire
Le contrat type (standardlejekontrakt) précise le loyer, les charges, la durée, les responsabilités d’entretien et les modalités de résiliation. En cas de litige, seule la version danoise fait foi même si un double en anglais existe.
Au Danemark, un état des lieux écrit est obligatoire au début (*indflytningsrapport*) et à la fin (*fraflytningsrapport*) du bail. Le propriétaire doit réaliser l’état des lieux d’entrée dans un délai de deux semaines. Passé ce délai, il lui sera très difficile de retenir le dépôt de garantie pour d’éventuels dommages. Le locataire doit impérativement photographier soigneusement le logement à son arrivée et à son départ, et ne jamais signer un rapport mentionnant des dégâts qu’il n’a pas causés.
Le droit locatif danois (Lejeloven) est globalement favorable aux locataires : éviction impossible sans motif valable, encadrement des augmentations de loyer (lié à l’inflation, aux travaux ou aux prix du marché), interdiction des clauses de hausse automatique annuelle déconnectées de l’indice des prix. En cas de conflit, une commission de loyers ou des associations de locataires comme la Lejernes LO peuvent accompagner les démarches.
Ouvrir un compte bancaire et déclarer son NemKonto
Dès l’obtention du CPR, l’ouverture d’un compte bancaire devient l’étape suivante. La plupart des banques traditionnelles exigent un CPR, une preuve de domicile, une pièce d’identité et parfois un contrat de travail ou une attestation d’inscription universitaire. Une visite en agence est presque toujours nécessaire, même si certaines démarches peuvent être lancées en ligne.
Il s’agit du nombre de banques majeures traditionnelles citées comme opérant au Danemark, auxquelles s’ajoutent des banques numériques.
Un point crucial est la désignation d’un NemKonto. Il s’agit d’un compte « par défaut » dans lequel l’État verse tous les paiements publics : remboursements d’impôts, aides, allocations, bourses étudiantes, retraites, etc. Un seul compte, lié au CPR, peut être déclaré comme NemKonto, et il peut théoriquement être étranger si certaines conditions sont réunies.
Ouvrir un compte entraîne parfois des frais de tenue, des frais sur les cartes ou sur les opérations internationales. Dans un contexte réglementaire renforcé en matière de lutte contre le blanchiment, les banques peuvent être particulièrement tatillonnes pour les nouveaux arrivants et demander des justificatifs détaillés sur l’origine des fonds.
L’obtention du CPR déclenche automatiquement l’inscription à l’assurance maladie publique. Deux à quatre semaines plus tard, la carte jaune d’assurance santé (sundhedskort) est envoyée au domicile. Elle mentionne le nom, l’adresse, le CPR et le généraliste référent (egen læge). Un document provisoire peut être délivré immédiatement après l’enregistrement en attendant la carte physique, et une version numérique est disponible via une application.
Cette carte donne accès à la quasi-totalité des soins de santé sans paiement direct : consultations chez le médecin généraliste, hospitalisations, suivi médical ordinaire, urgence. Pour la spécialité, un passage par le médecin traitant est en général nécessaire, sauf pour des secteurs comme l’ophtalmologie, l’ORL ou le dentaire.
Le système repose sur une forte prévention et une médecine de ville développée, avec une gestion informatisée des données. Les soins dentaires sont gratuits pour les enfants et adolescents, tandis que les adultes participent financièrement aux soins dentaires, médicaments, kinésithérapie, psychologie et chiropractie, souvent via des remboursements partiels. Beaucoup complètent la couverture publique par une assurance privée, comme via l’organisme non lucratif Sygeforsikringen ‘danmark’ ou les assurances proposées par l’employeur.
L’accès aux services d’urgence est unifié : le 112 pour les urgences vitales (ambulance, police, incendie) et un numéro de garde médicale (comme le 1813 dans la région capitale) pour les problèmes urgents sans danger immédiat. Les pharmacies (apotek) assurent une permanence via un système de pharmacie de garde.
Faire entrer ses animaux de compagnie au Danemark
Pour beaucoup de familles, l’installation au Danemark comporte un volet sensible : faire venir chien ou chat. Le pays applique strictement la réglementation européenne visant à prévenir l’introduction de la rage. Les règles varient selon qu’il s’agit d’un déplacement non commercial (animal qui déménage avec son propriétaire, sans intention de vente) ou commercial (vente, transfert de propriété, transport non lié directement au déménagement du propriétaire, voyage décalé de plus de cinq jours par rapport à celui du propriétaire).
Les animaux concernés par ce cadre spécifique sont les chiens, chats et furets. Ils doivent être identifiés individuellement par transpondeur électronique conforme aux normes ISO 11784/11785, ou par tatouage lisible effectué avant juillet 2011, avec vaccination antirabique postérieure à l’identification et rappels à jour. Le microchip doit être posé ou vérifié avant toute vaccination.
Vaccination et sérologie antirabique
Les chiens, chats et furets de plus de 12 semaines doivent être vaccinés contre la rage avec un vaccin administré par un vétérinaire agréé. Pour une première vaccination, un délai minimal de 21 jours (parfois 30 selon les recommandations du fabricant) est exigé avant l’entrée dans l’Union. Les rappels effectués dans la période de validité du vaccin sont immédiatement valides. En revanche, un rappel effectué après expiration est considéré comme une nouvelle primovaccination et redéclenche le délai de 21 jours avant tout voyage.
Pour les animaux venant de certains pays hors UE non listés comme ‘à risque maîtrisé’, un test sérologique est obligatoire. Le prélèvement sanguin doit être effectué au moins 30 jours après la vaccination et analysé dans un laboratoire agréé de l’UE, avec un résultat d’au moins 0,5 UI/ml. L’entrée dans l’UE n’est autorisée qu’après un délai supplémentaire de trois mois suivant ce prélèvement. Un test favorable est ensuite valable à vie pour les voyages ultérieurs dans l’UE, à condition que les rappels de vaccin soient effectués à temps.
Documents vétérinaires et certificats
Pour un mouvement non commercial depuis un État membre de l’UE ou un pays assimilé (type Norvège, Suisse sous certains aspects), un passeport européen pour animaux de compagnie peut servir de référence. Il doit être délivré par un vétérinaire autorisé dans un pays de l’UE et attester de l’identification et de la vaccination antirabique. Les injections effectuées hors UE doivent, elles, être consignée sur un certificat séparé.
Pour importer un animal depuis un pays tiers (catégories 1 ou 2 de l’UE), un certificat sanitaire bilingue UE spécifique au Danemark est obligatoire. Il doit être complété par un vétérinaire et validé par l’autorité vétérinaire officielle du pays d’origine dans les 10 jours avant l’entrée dans l’UE. Sa validité est de 4 mois pour circuler dans l’UE, sous réserve que la vaccination reste valide.
En cas d’importation commerciale, un autre modèle de certificat sanitaire s’applique, assorti de règles plus strictes (délivrance et visa dans les 48 heures précédant le départ, enregistrement dans le système européen TRACES, etc.). Les envois en groupage, les refuges et les entreprises agréées sont soumis à des listes officielles tenues au niveau européen.
Limites, races interdites et points d’entrée
Dans le cadre non commercial, un propriétaire ne peut généralement voyager qu’avec un maximum de cinq animaux de compagnie (chiens, chats, furets réunis). Cette limite peut être dépassée uniquement si tous les animaux ont plus de six mois et se déplacent pour une compétition, une exposition ou un événement sportif, avec justificatifs à l’appui.
Le Danemark interdit l’entrée sur son territoire à plusieurs races de chiens considérées comme dangereuses et à leurs croisements. Cette liste inclut le Pit Bull Terrier, le Tosa Inu, l’American Staffordshire Terrier, le Fila Brasileiro, le Dogo Argentino, certains Ovcharka, le Boerboel et le Kangal. Une exception très encadrée existe pour les animaux appartenant au même propriétaire depuis avant le 17 mars 2010. Ces chiens peuvent néanmoins transiter par le Danemark en restant dans la zone sécurisée d’un aéroport ou à bord d’un véhicule, sans pénétrer sur le territoire au sens strict.
Les chiens et chats provenant de pays tiers doivent arriver par un poste frontalier agréé, généralement un aéroport international comme Copenhague-Kastrup, Billund ou Aalborg. Le passage doit être annoncé à l’avance, et les documents sont vérifiés par les douanes ou un vétérinaire officiel. Si tout est conforme, aucune quarantaine n’est imposée. En cas d’irrégularité, les autorités peuvent décider d’une mise en quarantaine si des installations existent, d’un renvoi immédiat dans le pays d’origine, voire d’une euthanasie aux frais de l’importateur.
Une fois au Danemark, tous les chiens doivent être enregistrés dans le registre canin national dans les quatre semaines suivant l’arrivée (si le séjour dépasse ce délai), et une assurance responsabilité civile pour chien est obligatoire. Les propriétaires doivent par ailleurs se conformer aux règles de la loi danoise sur les chiens.
Scolariser ses enfants dans le système éducatif danois
Parallèlement aux démarches de résidence et de santé, les familles doivent rapidement organiser la scolarisation. Le Danemark dispose d’un système éducatif réputé, et l’école publique, totalement gratuite jusqu’au supérieur pour les résidents, est largement majoritaire.
La scolarité obligatoire dure dix ans, en général de 6 à 16 ans. L’école communale de base (Folkeskole) regroupe l’école primaire et le début du secondaire, du niveau 0 (classe préscolaire, obligatoire à 6 ans) au niveau 9. Une 10e année facultative existe, souvent fréquentée dans des structures résidentielles appelées efterskole.
Le calendrier scolaire impose 200 jours de classe entre août et juin, pour environ 30 à 35 heures par semaine, le plus souvent entre 8h et 15h. La langue d’enseignement des écoles publiques est le danois, mais des dispositifs d’accueil spécifiques existent pour les enfants non danophones.
Inscription à l’école publique
L’inscription à la Folkeskole est gérée par la commune de résidence, le plus souvent via une plateforme de services en ligne, parfois appelée Digital Skoleindskrivning. L’une des conditions clés est que l’enfant dispose d’un CPR, ce qui suppose que la famille ait déjà accompli les étapes d’enregistrement en mairie.
Les parents doivent inscrire leur enfant l’année de ses 6 ans. Sans démarche, la commune l’affecte automatiquement à l’école de secteur selon l’adresse. Une demande pour une autre école publique est généralement possible, sous réserve de places disponibles. Les documents requis sont : pièce d’identité et CPR de l’enfant, carnets de vaccination, relevés scolaires antérieurs et, pour les arrivants de l’étranger, les documents de transfert.
Voici, à titre d’exemple, le type de calendrier adopté dans une grande commune pour l’inscription au CP danois (données indicatives inspirées du cas d’Aarhus) :
| Étape | Période indicative |
|---|---|
| Période d’inscription en ligne | Automne – début d’hiver |
| Réunions d’information des écoles | Octobre – novembre |
| Réponse aux demandes de report de scolarité | Début d’année civile |
| Notification pour les demandes d’école hors secteur | Printemps |
| Notification de place en accueil périscolaire (SFO) | Printemps |
| Lettres d’information pour la rentrée | Fin de printemps – début d’été |
Pour les enfants peu ou pas danophones, les communes proposent des classes d’accueil (modtagelsesklasse) jusqu’à 17 ans. Avant d’intégrer une classe ordinaire, ces élèves passent également une évaluation de niveau en danois langue seconde. Des priorités particulières peuvent exister pour orienter ces enfants vers des écoles disposant de tels dispositifs.
Les parents peuvent demander un report de l’entrée à l’école obligatoire si l’enfant n’est pas jugé prêt. La demande se fait généralement via la même plateforme d’inscription ou directement auprès de l’école de secteur.
Le système scolaire danois propose un accueil périscolaire appelé SFO (Skolefritidsordning) pour les enfants en primaire, généralement jusqu’à la 3e ou 4e année. Cet accueil couvre la période après la classe. L’inscription s’effectue via un service municipal spécifique, Digital Pladsanvisning, et est payante.
Alternatives : écoles privées et internationales
Environ 15 à 16 % des élèves du primaire et du début du secondaire fréquentent des écoles privées. Ce sont des établissements autonomes, subventionnés par l’État mais financés aussi par des frais de scolarité. Ils doivent respecter le niveau de l’enseignement public mais disposent d’une grande liberté pédagogique et organisationnelle. Les frais mensuels se situent souvent entre 1 000 et 2 000 DKK.
Les grandes agglomérations, surtout la région de Copenhague, accueillent aussi de nombreuses écoles internationales, publiques et privées. Certaines, comme les écoles européennes, sont gratuites pour les résidents, d’autres facturent des frais annuels pouvant aller de 20 000 à 100 000 DKK. Toutes doivent prévoir au moins deux heures de danois par semaine pour favoriser l’intégration locale.
L’offre s’étend de la maternelle au lycée, et bon nombre de ces écoles suivent des programmes internationaux (IB, Cambridge, etc.). En raison des listes d’attente, il est fortement conseillé de contacter ces établissements le plus tôt possible, idéalement avant même l’arrivée.
Gérer ses impôts et son statut fiscal
Une fois installé, travaillant ou percevant des revenus au Danemark, la relation avec l’administration fiscale (Skattestyrelsen) devient centrale. La fiscalité danoise est lourde mais finance un système social et éducatif très étendu.
Pour pouvoir percevoir un salaire, il faut disposer d’une carte d’impôt (skattekort). Sans cette carte, l’employeur doit prélever 55 % du salaire par défaut. L’obtention de la carte suppose au minimum un numéro CPR ou, pour les séjours très courts (moins de trois mois, ou six mois pour certains Européens), un numéro fiscal limité.
La démarche s’effectue en ligne ou par formulaire après identification avec MitID. L’administration calcule un taux basé sur une déclaration prévisionnelle de revenus (forskudsopgørelse). Cette estimation doit être impérativement actualisée en cas de changement important de situation (variation significative des revenus, déménagement, etc.).
Le système danois combine plusieurs composantes : contribution au marché du travail de 8 % sur les salaires, impôt d’État progressif avec un palier supérieur, impôt municipal variable d’une commune à l’autre, éventuellement impôt d’Église pour les membres de l’Église nationale, et imposition spécifique des revenus du capital (actions, etc.). Un plafond global limite le taux marginal maximal autour d’un peu plus de 50 %, hors certaines contributions spécifiques.
Chaque printemps, l’administration fiscale danoise fournit une déclaration annuelle préremplie (årsopgørelse). Le contribuable doit la vérifier et ajouter tout revenu ou déduction manquant. Un trop-perçu est remboursé sur le NemKonto, tandis qu’un solde à payer donne lieu à un échéancier. Il existe des régimes particuliers, comme un dispositif pour les cadres et chercheurs étrangers éligibles, permettant une imposition à un taux forfaitaire réduit pour une durée limitée, sous des conditions strictes de salaire et de fonctions.
Enregistrer sa voiture et comprendre les règles de circulation
Arriver au Danemark avec son véhicule personnel implique de se confronter à l’une des fiscalités automobiles les plus rigoureuses d’Europe. Une règle de base domine : toute personne résidant au Danemark n’a en principe pas le droit d’utiliser, sur le territoire, un véhicule immatriculé à l’étranger au-delà d’un délai de 30 jours après son installation. Au-delà, il faut l’enregistrer dans le registre danois des véhicules (Motorregistret), ce qui passe par le paiement d’une taxe d’immatriculation pouvant atteindre des montants très élevés.
Un véhicule importé doit passer une inspection technique dans un centre agréé. La taxe d’immatriculation est calculée sur son prix de marché théorique danois, avec un système de tranches progressif. Les montants peuvent souvent doubler ou tripler la valeur du véhicule. Il faut également prévoir des frais pour les plaques, une redevance de service et l’assurance responsabilité civile obligatoire. Ensuite, une taxe de circulation (grøn ejerafgift) est due régulièrement, basée sur le type et la consommation du véhicule.
Des régimes spécifiques existent pour les séjours temporaires, les non‑résidents ou les résidents ayant conservé un foyer à l’étranger. Ils peuvent, sous conditions strictes, obtenir un permis d’utilisation temporaire de leur voiture étrangère pour un usage privé ou professionnel, parfois en payant la taxe par trimestre plutôt qu’en une fois. Les véhicules importés depuis des pays extérieurs à l’UE sont, en plus, soumis à des droits de douane et à la TVA, sauf exception.
L’Agence des véhicules à moteur met à disposition des calculateurs et des formulaires pour permettre aux expatriés de simuler la taxe applicable ou de demander un permis de conduire temporaire avec des plaques étrangères, afin d’éviter les mauvaises surprises.
Vie quotidienne numérique : Digital Post et services en ligne
Une fois CPR et MitID obtenus, la quasi-totalité des échanges avec l’administration basculent dans l’univers numérique. Chaque résident se voit attribuer une boîte aux lettres électronique officielle, accessible via plusieurs portails (par exemple lifeindenmark.dk, e-Boks, mit.dk, app Digital Post). Les hôpitaux, les impôts, les communes ou les organismes de prestations sociales y envoient courriers, convocations, décisions et factures. La consultation régulière de cette messagerie est incontournable.
De nombreux services essentiels sont centralisés sur des portails uniques : recherche d’informations sur la vie au Danemark, démarches d’enregistrement ou de départ, prise de rendez-vous en mairie, déclaration des changements d’adresse et accès aux données de santé. De plus, les communes et les régions disposent de leurs propres portails pour gérer des services locaux comme l’inscription à la crèche, à l’école, à l’accueil périscolaire, aux cours de danois pour adultes ou à d’autres prestations spécifiques.
Conclusion : anticiper, documenter, numériser
Vivre au Danemark, c’est profiter d’un niveau élevé de services publics : éducation gratuite, santé très largement couverte, forte protection des locataires, administration efficace, environnement numérique intégré. Mais cette qualité repose sur un maillage administratif dense et une exigence documentaire parfois déroutante pour les nouveaux arrivants.
Pour une installation réussie au Danemark, il est conseillé de respecter un ordre logique d’étapes administratives. Commencez par trouver un logement, puis obtenez votre numéro CPR (registre civil). Activez ensuite votre MitID (identification numérique), ouvrez un compte bancaire et désignez un NemKonto (compte de notification). Pensez à vous inscrire à la sécurité sociale (sygesikring) et à organiser la scolarisation des enfants. Maîtriser les règles fiscales locales est également essentiel. Enfin, si nécessaire, prévoyez les démarches pour l’importation de votre véhicule et de vos animaux de compagnie. Chaque étape implique généralement des formulaires, des délais, des justificatifs précis et une forte dimension numérique.
Anticiper les démarches, garder systématiquement des copies de tous les documents, préparer les traductions nécessaires, se familiariser avec les portails officiels et les sigles (CPR, MitID, NemKonto, SIRI, SKAT, Borgerservice, etc.) permet de transformer ce parcours administratif dense en transition maîtrisée. Une fois ces fondations posées, le quotidien au Danemark devient beaucoup plus fluide, laissant enfin place à ce que le pays sait offrir de mieux : qualité de vie, sécurité, services publics et une culture sociale basée sur la confiance et la transparence.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers le Danemark pour optimiser sa charge imposable à long terme, sécuriser ses revenus et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, relocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après étude de plusieurs destinations (Portugal, Pays-Bas, Suède, Danemark), la stratégie a consisté à cibler le Danemark, combinant stabilité institutionnelle, haut niveau de protection sociale, environnement économique robuste et accès UE/Schengen. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), demande de résidence danoise et enregistrement auprès du CPR, coordination avec CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre des intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, conseiller fiscal, agents immobiliers) et intégration patrimoniale globale (analyse et éventuelle restructuration).
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