S’installer au Danemark en tant qu’expatrié : le guide complet

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Avec un score de 7,62 sur 10 au World Happiness Report et une place quasi permanente sur le podium des pays les plus heureux, le Danemark fascine de plus en plus de candidats à l’expatriation. Qualité de vie, sécurité, système social performant, villes à taille humaine et culture du hygge attirent chaque année des dizaines de milliers de nouveaux arrivants. Mais derrière l’image de carte postale, s’installer au Danemark demande une préparation minutieuse, un budget solide et une vraie stratégie administrative.

Bon à savoir :

Ce guide synthétise les démarches clés pour une installation durable : obtention des visas, recherche de logement et d’emploi, gestion de la fiscalité et des services bancaires, accès au système de santé et d’éducation, évaluation du coût de la vie et conseils pour l’intégration culturelle.

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Comprendre le Danemark d’aujourd’hui

Le Danemark compte environ 5,8 millions d’habitants, dont un peu plus de 10 % d’étrangers. En 2022, plus de 24 000 permis de séjour ont été accordés pour le travail, 15 700 pour les études et 3 400 pour le regroupement familial. Le pays affiche un chômage extrêmement faible (autour de 2,6 % en 2024) et un revenu annuel moyen d’environ 395 500 DKK (près de 58 000 USD).

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Le Danemark est considéré comme le pays le plus durable sur le plan environnemental.

Côté quotidien, il faut cependant composer avec un coût de la vie élevéquatrième plus cher d’Europe – et un climat rude : hivers longs, gris et venteux, étés courts autour de 18 °C en moyenne. Le pays est plat, bordé par la mer du Nord et la Baltique, avec une multitude d’espaces naturels (Møns Klint, Wadden Sea, Thy National Park…) très accessibles.

Un aperçu chiffré : qualité de vie et coûts

Le tableau ci-dessous donne un ordre de grandeur de ce qui attend un expatrié seul ou en famille.

IndicateurEstimation au Danemark (hors Copenhague)À Copenhague (environ)
Population totale~5,8 millions~615 000
Part d’étrangers~10,5 %Plus élevée que la moyenne
Chômage (2024)~2,6 %Légèrement plus bas
Salaire net moyen mensuel2 700 – 3 000 €~6 300 € brut médian
Coût de la vie mensuel personne seule (hors loyer)~800–1 100 €~1 100–1 150 €
Coût de la vie mensuel personne seule (avec loyer)~2 200–2 500 €~2 700–2 750 €
Coût mensuel famille de 4 (avec loyer)~5 800 €~7 000 €

Ces montants restent indicatifs : tout dépend du style de vie et de la ville choisie. Un couple avec 38 000 DKK nets par mois est jugé « juste » pour vivre sans véritable marge de loisirs à Copenhague.

Où vivre : panorama des villes et régions

Le Danemark concentre ses opportunités dans quelques pôles urbains majeurs, mais offre aussi des alternatives plus abordables dans les régions.

Copenhague : capitale chère mais ultra attractive

Copenhague est la plus grande ville du pays. Moderne, verte, très cyclable, elle cumule un marché du travail dynamique, une scène culturelle riche, des parcs et une atmosphère détendue. C’est aussi la ville la plus chère.

Les loyers pour un appartement d’une chambre en centre-ville se situent souvent entre 1 075 et 1 810 € par mois, et entre 834 et 1 223 € hors centre. Les factures de base (électricité, chauffage, eau, déchets) tournent autour de 152 à 201 € pour un logement standard de 85 m², avec environ 215 USD mentionnés comme moyenne.

Le tableau suivant illustre l’ordre de grandeur des loyers par type et localisation.

Type de logement (mensuel)Centre de CopenhagueHors centre de Copenhague
1 chambre1 075 – 1 810 €834 – 1 223 €
3 chambres1 907 – 2 991 €1 443 – 2 075 €

Les quartiers prisés sont variés : Indre By (hyper-centre historique), Østerbro (familial), Vesterbro (tendance), Christianshavn (canaux), Nordhavn (quartier neuf au bord de l’eau) ou Valby. Des secteurs plus abordables existent, comme Amager, Tingbjerg, Brønshøj, Husum ou Bispebjerg.

Aarhus : deuxième ville, esprit étudiant et tech

Fondée par les Vikings, Aarhus est la deuxième ville du pays et un grand centre universitaire (plus de 30 000 étudiants). Elle offre un bon compromis entre dynamisme culturel (musée ARoS, festival d’Aarhus, vieux quartier-musée Den Gamle By) et taille humaine.

6280

Le prix d’achat moyen par mètre carré dans le centre-ville est d’environ 6 280 €.

Odense : ville de H. C. Andersen et robotique

Troisième ville du pays sur l’île de Fionie, Odense, berceau de Hans Christian Andersen, est en pleine transformation avec un vaste projet de réaménagement de 30 milliards de couronnes. La ville compte environ 200 000 habitants de plus de 155 nationalités.

Elle se positionne fortement sur la robotique et l’innovation en santé. Les loyers d’un 1 chambre y sont généralement compris entre 6 500 et 9 000 DKK (130–180 DKK/m²), pour un coût de vie inférieur à Copenhague.

Aalborg, Esbjerg, Vejle et autres villes clés

Aalborg, grande ville universitaire du nord du Jutland, se distingue dans l’ingénierie, les télécoms, l’IT et l’énergie durable. On y trouve plus de 9 500 entreprises et des événements majeurs comme le plus grand carnaval de Scandinavie. C’est aussi l’une des villes les moins chères parmi les grandes : un 1 chambre en centre tourne autour de 790 €, un 3 chambres autour de 1 500 €.

Bon à savoir :

Esbjerg est la cinquième ville du Danemark et un port stratégique majeur pour les secteurs du pétrole, du gaz et, surtout, de l’éolien offshore, avec près de 250 entreprises de l’énergie. À proximité immédiate se trouve le parc national de la mer des Wadden, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

D’autres villes proposent un bon rapport qualité-prix : Vejle (technologies, architecture durable, vie nocturne), Roskilde (cathédrale UNESCO, festival mondialement connu), Herning (commerce et textiles, important nœud d’affaires), ou des villes plus petites comme Silkeborg (nature et tech verte), Sønderborg, Horsens ou Randers.

Pour un budget plus serré, des régions comme Southern Zealand, Langeland, Lolland et Falster se révèlent nettement plus abordables, au prix de moins d’emplois qualifiés et de services.

Focus logement : niveaux de loyers par ville

Ce tableau synthétise quelques ordres de grandeur pour un appartement 1–2 chambres.

Ville / tailleLoyer mensuel typique (DKK)Prix indicatif au m² (DKK)
Copenhague (1–2 ch.)9 500 – 14 000175 – 250
Aarhus (1–2 ch.)8 000 – 11 500150 – 210
Odense (1–2 ch.)6 500 – 9 000130 – 180
Aalborg (1–2 ch.)6 000 – 8 500120 – 160
Petites villes4 500 – 7 00090 – 140

Dans Copenhague, on trouve difficilement un 1 chambre en dessous de 5 800 DKK, et dans Aarhus centre sous 4 500 DKK.

Visas, permis et formalités d’entrée

Le statut dont vous aurez besoin dépend de votre nationalité, de la durée et du motif du séjour.

Citoyens nordiques, européens et suisses

Les ressortissants des pays nordiques (Suède, Norvège, Finlande, Islande) peuvent vivre, travailler et étudier au Danemark sans visa ni permis, avec de simples papiers d’identité.

Les citoyens de l’UE, de l’EEE et de la Suisse peuvent s’installer et travailler sans visa, mais doivent, pour un séjour dépassant trois mois, obtenir un document de résidence (certificat UE) auprès des autorités, étape préalable pour décrocher le numéro CPR.

Ressortissants hors UE/EEE

Pour les non-Européens, les démarches sont plus lourdes. Pour un séjour de moins de 90 jours (tourisme ou affaires), beaucoup de nationalités – dont les Américains – n’ont pas besoin de visa pour entrer (règle Schengen 90/180 jours). Mais ce court séjour n’autorise ni emploi, ni installation.

Attention :

Un permis est généralement indispensable pour vivre et travailler au Danemark. Il doit être demandé avant l’arrivée auprès de l’Agence danoise pour le recrutement international et l’intégration (SIRI). Différentes formules existent selon le profil du demandeur.

Pay Limit Scheme : destiné aux salariés avec une offre d’emploi bien rémunérée. Le salaire annuel minimal requis dépasse 400 000 DKK (la barre citée tourne autour de 448 000 DKK, certains dispositifs récents mentionnent plus de 500 000 DKK).

Positive List : pour les métiers en tension (santé, IT, ingénierie, enseignement…).

Fast-Track Scheme : pour les profils très qualifiés recrutés par des entreprises certifiées, avec instructions accélérées (dix jours possibles).

Start-Up Denmark : pour les entrepreneurs présentant un projet innovant validé par l’autorité danoise de l’entreprise.

Permis étudiant : pour suivre des études dans un établissement danois, avec droit au travail à temps partiel.

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Le délai de traitement peut atteindre jusqu’à dix mois pour certains dossiers de regroupement familial.

Vers la résidence permanente et la citoyenneté

La résidence permanente est généralement accessible après huit ans de séjour légal, parfois quatre ans pour certains profils très intégrés (par exemple avec un niveau de danois confirmé par l’examen PD3 et une activité professionnelle stable). Les citoyens de l’UE peuvent solliciter un droit de séjour permanent après cinq ans.

Les conditions incluent l’âge (plus de 18 ans), la maîtrise du danois (au moins Prøve i Dansk 2 pour certains dispositifs), une activité professionnelle, l’absence de casier grave et de dettes publiques, et parfois des exigences spécifiques de durée de travail.

L’accès à la nationalité est plus restreint encore : en 2022, seuls 1 400 nouveaux citoyens l’ont obtenue, niveau le plus bas depuis 40 ans.

CPR, fiscalité et système danois : les bases à connaître

Au Danemark, impossible d’avancer sans comprendre quelques sigles : CPR, AM-bidrag, Skattestyrelsen, NemKonto, MitID

Le numéro CPR, clé de voûte de l’intégration

Le CPR (Central Person Register) est le numéro d’identification personnel à 10 chiffres. Il est indispensable pour :

accéder à la santé publique,

ouvrir un compte bancaire,

signer un bail,

obtenir un abonnement télécom,

travailler et payer ses impôts.

Pour l’obtenir, il faut disposer d’un permis de résidence valide (le cas échéant), d’une adresse fixe au Danemark et s’enregistrer dans un centre de services aux citoyens (Borgerservice). L’inscription déclenche l’émission de la carte jaune de santé (Sundhedskort), sur laquelle figurent votre CPR, votre adresse et le nom de votre médecin généraliste référent.

Fiscalité : un pays à haute pression… mais à forts services

Le système fiscal danois combine plusieurs strates :

Système fiscal danois

Présentation des principaux impôts et taxes au Danemark, avec leurs taux applicables.

Contribution marché du travail (AM-bidrag)

8 % prélevés sur le revenu.

Impôt d’État

Taux bas : 12,01 % sur le revenu personnel plus le capital positif. Un taux haut (top tax) de 7,5 % s’applique au-delà de 845 543 DKK de base imposable.

Top-top tax

Un prélèvement supplémentaire de 5 % au-delà de 2 818 152 DKK de base imposable.

Impôt municipal

En moyenne autour de 25 %, ce taux varie selon la commune de résidence.

Taxe d’église

Environ 0,64 % pour les membres de l’Église nationale danoise. Cette contribution est facultative.

TVA

Taux standard de 25 % sur la plupart des biens et services.

Le taux marginal global peut avoisiner 57 % (et techniquement jusqu’à 60,5 % hors certaines contributions), même si le taux effectif réel est souvent plus bas grâce aux déductions.

Pour les revenus du capital et des actions, des taux spécifiques s’appliquent (27 % jusqu’à un certain seuil de dividendes, puis 42 % au-delà par exemple). Le Danemark n’a pas d’impôt sur la fortune, mais dispose d’une fiscalité sur la valeur des biens immobiliers et les plus-values.

Régime fiscal spécial pour expatriés hautement qualifiés

Le pays propose un dispositif attractif pour les chercheurs et cadres très qualifiés. Sous conditions, ils peuvent bénéficier d’un taux forfaitaire de 27 % sur leur salaire brut (32,84 % en incluant l’AM-bidrag) pendant jusqu’à 84 mois (7 ans).

Pour y avoir droit, il faut notamment :

être employé par une société danoise ou une entité étrangère avec établissement stable au Danemark,

percevoir un salaire minimum garanti (environ 65 400 DKK mensuels en 2026),

– ne pas avoir été imposable au Danemark (résident ou non-résident) durant les dix années précédentes,

– être considéré comme profil clé ou chercheur.

Ce taux s’applique au salaire en cash et à certains avantages (voiture de fonction, téléphone, assurance santé…). Aucune déduction n’est autorisée sur cette tranche, et une fois les 7 ans écoulés, on bascule dans le régime classique.

Coût de la vie : prévoir un budget réaliste

Au-delà des loyers, le quotidien danois pèse sur le portefeuille.

Les produits de base sont chers : un gallon de lait tourne autour de 7,50 USD, un pain blanc standard à 2,85 USD. Au restaurant, un repas simple revient souvent entre 10 et 20 €, et un dîner trois plats pour deux personnes avoisine 70 à 100 €, avec une pinte de bière à 5,50–8 € et un cappuccino à 4–5,50 €.

Bon à savoir :

Les transports en commun, bien qu’efficaces, représentent un budget : un ticket simple coûte entre 3,20 € et 4,80 €, et un abonnement mensuel entre 60 € et 80 €. Pour faciliter les déplacements, la carte prépayée Rejsekort est une solution pratique. Les visiteurs peuvent également opter pour des passes touristiques comme la Copenhagen Card, qui inclut l’accès aux transports et à de nombreux musées.

L’énergie, dans un pays froid et venteux, représente également un budget significatif. Pour un appartement de 85 m², il faut compter 152 à 201 € par mois pour les charges (chauffage, électricité, eau, déchets), et environ 34 € et plus pour une connexion internet.

Exemples de paniers et dépenses récurrentes

Poste de dépense (mensuel)Personne seuleCoupleFamille de 4 (estimations)
Courses alimentaires250–400 €500–800 €800–1 200 €
Abonnement transports (Copenhague)60–80 €120–160 €180–240 €
Énergie + eau (85 m²)152–201 €IdemIdem, voire plus
Internet34–50 €IdemIdem
Salle de sport20–70 €40–140 €Variable

Pour limiter l’addition, beaucoup de résidents se tournent vers les supermarchés discount (Netto, Rema 1000, Fakta, Lidl), suivent les promotions via les applis (eTilbudsavis, Too Good To Go) et privilégient le vélo ou les transports publics.

Trouver un logement : marché tendu, dépôts élevés

La recherche d’appartement est l’un des plus gros défis pour un nouvel arrivant, en particulier à Copenhague et Aarhus où les taux de vacance sont faibles. La haute saison des locations se situe en fin d’été, avec l’arrivée massive d’étudiants ; l’hiver est parfois un peu moins compétitif.

Les Danois privilègent largement leur réseau pour se loger. Les expatriés doivent plutôt passer par les plateformes en ligne (BoligPortal, Lejebolig, Akutbolig, DBA…), Facebook ou des services spécifiques à Copenhague. La plupart des annonces sont en danois, les contrats également.

Les locations sont habituellement non meublées, mais les cuisines sont rarement complètement vides : cuisinière, four et frigo sont souvent fournis, parfois un lave-linge ou lave-vaisselle.

Coûts d’entrée à ne pas sous-estimer

Les propriétaires demandent presque systématiquement :

un dépôt de garantie équivalent à 3 mois de loyer,

un prépaiement pouvant aller jusqu’à 3 mois de loyer,

plus le premier mois.

70000

Pour un appartement à 10 000 DKK de loyer, la caution et les avances peuvent représenter jusqu’à 70 000 DKK.

La restitution du dépôt peut prendre 1 à 3 mois après le départ, et les propriétaires retiennent souvent des montants pour peinture et rafraîchissements. D’où l’importance de bien documenter l’état des lieux d’entrée (photos, rapport indflytningsrapport) et de veiller à ce qu’un rapport soit formellement établi : en son absence, le propriétaire perd le droit de retenir le dépôt pour dégradations.

Droits des locataires et prévention des arnaques

Le droit locatif danois est plutôt protecteur pour les locataires : encadrement des hausses de loyer, obligation de préavis raisonnable pour les visites du logement, recours possible devant une commission des loyers. Dans les immeubles d’avant 1992, un plafond légal au m² existe sur les loyers, théoriquement, et peut être contesté en justice en cas d’abus.

Attention :

Les arnaques au logement existent, particulièrement en ligne et dans les grandes villes. Soyez vigilant face aux signaux d’alerte fréquents.

propriétaire à l’étranger impossible à rencontrer,

demande de paiement via un compte étranger ou une plateforme de type « Airbnb » en dehors des circuits officiels,

loyer très inférieur aux prix habituels du quartier,

impossibilité de visiter le bien,

contrat flou, absence de version en danois.

La règle de base reste de ne jamais verser d’argent avant d’avoir vu le logement et signé un contrat en bonne et due forme, et de se méfier des offres trop belles pour être vraies.

Travailler au Danemark : marché porteur, culture très équilibrée

Le Danemark affiche un taux de chômage bas et un marché du travail globalement solide, en particulier dans l’IT, l’ingénierie, la santé, l’éducation, la finance et les sciences de la vie. Des groupes comme LEGO, Novo Nordisk, Carlsberg, Mærsk ou L’Oréal y emploient de nombreux talents internationaux.

Conditions de travail et culture d’entreprise

La semaine standard est de 37 heures, avec cinq semaines de congés payés garanties pour tous. Les hiérarchies sont peu marquées, les échanges directs, l’ambiance collaborative. La ponctualité est non négociable et le temps passé en famille est sacré.

Astuce :

Le modèle danois de « flexicurité » combine une relative facilité de licenciement pour les employeurs avec un système généreux d’indemnisation chômage et un accompagnement soutenu à la reconversion professionnelle. Pour les expatriés, cela se traduit généralement par un fort respect de l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Cependant, les processus de recrutement peuvent être longs et exigeants, en particulier pour les candidats ne maîtrisant pas la langue danoise.

Les salaires sont élevés par rapport à beaucoup de pays, avec une médiane mensuelle autour de 5 320 € au niveau national et environ 6 300 € à Copenhague. Il n’y a pas de salaire minimum légal national, mais des conventions collectives fixent les planchers dans chaque secteur.

Chercher un emploi : ressources incontournables

Pour les candidats étrangers, les principales plateformes à explorer sont :

Work in Denmark (site officiel),

English Jobs Denmark,

Jobs in English,

– les grands portails généralistes (Jobindex.dk),

LinkedIn pour le réseautage.

Les postes anglophones se concentrent dans la finance, l’hôtellerie-restauration, le tourisme, certaines ONG, les grandes entreprises internationales, ou la tech. Pour accéder à la fonction publique et à la majorité des emplois du secteur public, le danois est quasiment incontournable.

Système de santé : gratuit pour les résidents, mais à connaître

Le système de santé danois est un exemple souvent cité : universel, principalement financé par l’impôt, décentralisé entre cinq grandes régions. Environ 90 % des Danois se disent satisfaits des soins reçus.

Accès et fonctionnement

Pour bénéficier de la santé publique, il faut :

1. être résident légal et enregistré (CPR), 2. recevoir sa carte de santé jaune (Sundhedskort), 3. choisir ou accepter un médecin généraliste attitré (régime « Groupe 1 », adoptée par ~98 % de la population).

Les consultations chez le généraliste, les soins hospitaliers et la plupart des urgences sont gratuits au point d’utilisation. Le généraliste joue un rôle de « gatekeeper » : il oriente vers les spécialistes et les hôpitaux, sauf pour certains actes (dentistes, ophtalmologues, ORL, dans certains cas).

Bon à savoir :

Les temps d’attente pour les soins non urgents sont souvent longs, avec une moyenne de 60 jours pour consulter un spécialiste. Près d’un patient sur cinq attend même plus de trois mois. Cependant, si la liste d’attente dépasse 30 jours, le patient bénéficie d’un droit étendu lui permettant de choisir un autre établissement, y compris dans le secteur privé.

Ce qui est mal ou pas du tout remboursé

Le système public ne couvre pas intégralement :

les soins dentaires des adultes,

une partie des médicaments sur ordonnance,

l’optique (lunettes, lentilles),

la kinésithérapie, la chiropraxie, certaines psychothérapies,

les actes esthétiques non médicaux.

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Plus de 40 % de la population danoise a une couverture auprès de Sygeforsikringen ‘danmark’ pour réduire les restes à charge.

Pour les expatriés, des assureurs internationaux comme Allianz Care, Cigna Global, GeoBlue, William Russell ou d’autres peuvent compléter la couverture publique, surtout durant les premières semaines sans CPR ou pour des besoins particuliers (rapatriement, soins hors Europe).

Urgences et pharmacies

En cas d’urgence, le numéro unique est le 112 (ambulance, police, pompiers), avec des opérateurs capables de gérer les appels en anglais. En dehors des heures d’ouverture des cabinets, un service de médecin de garde (lægevagt) prend le relais.

Les pharmacies (apotek) sont répandues, avec un système de garde pour la nuit. Les médicaments sont strictement régulés : beaucoup de produits vendus librement ailleurs ne sont délivrés que sur ordonnance.

Scolarité et études : options publiques et internationales

L’école publique danoise est gratuite de 6 à 16 ans (Folkeskole, classes 0 à 9), avec une éventuelle 10e année optionnelle. Les journées sont longues (8h-15h en moyenne) et le système met l’accent sur l’égalité, la coopération et le bien-être.

Environ 15 % des élèves fréquentent des écoles privées ou internationales, souvent subventionnées par l’État, ce qui permet de maintenir des frais moins élevés qu’ailleurs pour ce type d’enseignement.

Écoles internationales et bilingues

Pour les familles expatriées qui souhaitent un enseignement en anglais, français, allemand ou un cursus international, l’offre est dense à Copenhague et présente dans la plupart des grandes villes (Aarhus, Odense, Aalborg, Esbjerg, Sønderborg, etc.).

On y retrouve des programmes :

International Baccalaureate (PYP, MYP, DP),

Cambridge / IGCSE / A-Levels,

Baccalauréat français,

cursus allemand,

European Baccalaureate.

Tous les établissements internationaux doivent intégrer au moins deux heures de danois par semaine et aligner le niveau de fin de scolarité obligatoire sur les classes 9 ou 10 danoises.

15000-25000

Fourchette de budget annuelle réaliste pour une école internationale payante, en dollars américains.

Enseignement supérieur

Les universités danoises offrent plus de 600 cursus en anglais, avec des institutions reconnues comme l’Université de Copenhague, le DTU, Aarhus University, Aalborg University ou la Copenhagen Business School.

Les études supérieures sont gratuites pour les citoyens de l’UE/EEE et les résidents permanents. Pour les autres, les frais varient d’environ 6 000 à 20 000 € par an. Les étudiants danois ou assimilés peuvent bénéficier de bourses d’État (SU) allant jusqu’à environ 914 € par mois s’ils vivent de manière indépendante.

Ouvrir un compte bancaire et gérer son argent

Le secteur bancaire danois est solide, mais très encadré et parfois peu accommodant avec les non-résidents. La devise est la couronne danoise (DKK) et le moyen de paiement standard est la carte de débit locale, le Dankort.

Prérequis : CPR, adresse, MitID

Pour ouvrir un compte courant classique, la plupart des banques exigent :

un numéro CPR,

une adresse danoise attestée (contrat de location, facture récente),

un passeport valide (parfois certifié),

– et parfois un contrat de travail ou une attestation d’inscription universitaire.

Bon à savoir :

Après la création de votre compte, vous devrez créer un identifiant numérique sécurisé (MitID) pour effectuer vos démarches en ligne, comme la déclaration d’impôts. Vous devrez également désigner un NemKonto, le compte bancaire sur lequel l’État danois versera tous vos remboursements et allocations (bourses, indemnités chômage, allocations familiales, remboursements d’impôts, etc.).

Les banques traditionnelles (Danske Bank, Nordea, etc.) facturent souvent des frais de tenue de compte et des commissions sur carte. Certaines appliquent même des taux d’intérêt négatifs au-delà de montants importants sur le compte.

Pour contourner parfois la lourdeur d’ouverture de compte ou faciliter les transferts internationaux, des solutions comme Wise (multi-devises), N26 (banque mobile avec licence européenne) ou certains acteurs en ligne peuvent être utiles – tout en gardant à l’esprit que beaucoup d’employeurs exigent un compte danois pour les salaires et que le NemKonto reste indispensable pour les relations avec l’administration.

Langue, culture et intégration : au-delà du cliché du « hygge »

Si 86 % des Danois parlent anglais, le danois reste la langue de la vie quotidienne, du travail et des relations administratives. La maîtrise de la langue ne sera pas forcément critique pour un premier poste dans une grande multinationale, mais elle devient vite incontournable pour évoluer, élargir son réseau et se sentir chez soi.

Apprendre le danois : un investissement rentable

Le danois est réputé difficile pour les étrangers : grammaire particulière, nombreuses contractions, sons « avalés ». Pour encourager l’apprentissage, l’État finance jusqu’à cinq ans de cours gratuits pour les nouveaux résidents, à condition de disposer d’un CPR et de déposer un cautionnement remboursable d’environ 2 000 DKK. Le programme est structuré en modules avec examen à chaque niveau.

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Nombre d’années requis pour l’accès à la résidence permanente au Danemark après la réussite du PD3, au lieu de 8 ans.

Les municipalités travaillent avec des écoles de langue comme SPEAK, UCplus, Studieskolen, et de nombreuses plateformes en ligne (Duolingo, Babbel, italki, etc.) permettent de compléter les cours.

Janteloven, hygge et relations sociales

Deux concepts culturels reviennent sans cesse :

Exemple :

Le ‘Hygge’ désigne la recherche du confort et de la convivialité simple, à travers des moments chaleureux comme allumer des bougies, partager un café dans un intérieur cosy ou passer du temps avec ses proches. Le ‘Janteloven’ est une loi sociale informelle qui valorise l’humilité, décourage l’ostentation et rappelle qu’il ne faut pas se croire supérieur aux autres.

Les Danois sont réputés chaleureux mais réservés. Les cercles d’amis se forment tôt, l’intimité est importante, la vie sociale est moins orientée vers les grandes démonstrations que dans d’autres cultures. Une enquête internationale a même classé les Danois parmi les peuples les plus difficiles à se faire comme amis.

Pour briser cette barrière, il est conseillé de s’investir dans des clubs de sport, des associations, des groupes Facebook d’expatriés, des événements locaux, ou des programmes comme « Friends Show the Way », qui mettent en relation nouveaux arrivants et volontaires locaux.

En pratique : conseils pour une installation réussie

Arriver au Danemark sans préparation est le meilleur moyen de se heurter de plein fouet à la réalité : marché du logement tendu, coût de la vie élevé, procédures administratives serrées et temps sombre en hiver. Quelques pistes pour éviter les pièges les plus fréquents.

Préparer le terrain avant l’arrivée

Clarifier le fondement de votre séjour : permis de travail, regroupement familial, études… Chaque statut implique un trajet administratif différent.

Commencer la recherche de logement très tôt : plusieurs mois à l’avance si possible, en envisageant une solution temporaire meublée (Airbnb, colocation, résidence courte durée) pour les premières semaines.

Constituer un fonds de sécurité : entre les dépôts de garantie, les meubles, les frais de visa et les premiers salaires, disposer de plusieurs mois de dépenses en réserve permet d’éviter beaucoup de stress.

Choisir une ville en fonction de son secteur et de son budget : Copenhague concentre les opportunités, mais aussi les coûts. Des villes comme Aarhus, Odense, Aalborg, voire des petites villes du Jutland, peuvent offrir de meilleures marges financières.

Les premières semaines sur place

Les démarches clés à accomplir rapidement :

Démarches administratives essentielles au Danemark

Checklist des formalités clés à accomplir pour s’installer et vivre au Danemark.

Enregistrement et CPR

S’enregistrer auprès du Borgerservice (ou International Citizen Service dans les grandes villes) pour obtenir son numéro CPR, indispensable pour la vie quotidienne.

Système de santé

Demander la carte de santé jaune (sundhedskort) et choisir un médecin généraliste (egen læge) pour accéder aux soins.

Compte bancaire et NemKonto

Ouvrir un compte bancaire danois et le désigner comme NemKonto, le compte officiel pour toutes les communications financières avec les autorités.

Apprentissage de la langue

S’inscrire à des cours de danois (danskundervisning) si l’installation est de longue durée, pour faciliter l’intégration.

Contrats de services

Mettre en place les contrats d’énergie (électricité, chauffage), d’internet et de téléphonie mobile pour son logement.

Les nouveaux venus ont tout intérêt à garder une trace écrite de tout : contrats, échanges e-mail, récapitulatifs fiscaux, preuves de présence, etc.

Erreurs courantes à éviter

Les expériences d’expatriés convergent sur une série de faux pas fréquents :

Astuce :

Pour une expatriation réussie au Danemark, il est crucial d’anticiper plusieurs aspects. Premièrement, ne sous-estimez pas la complexité des visas et permis : arriver avec un simple visa tourisme en pensant « régler sur place » mène souvent à des séjours écourtés. Deuxièmement, ne prenez pas à la légère le coût de la vie : sans recalibrer son budget, la réalité des prix (loyer, nourriture, transports) peut rapidement déstabiliser. Troisièmement, ne remettez pas l’apprentissage du danois à « plus tard » : ceux qui s’y mettent tôt s’intègrent mieux, trouvent plus facilement un travail local et se sentent moins isolés. Quatrièmement, ne négligez pas les obligations fiscales : le Danemark a une administration fiscale très structurée, et les doubles résidences (par exemple pour les Américains) imposent un suivi attentif des conventions fiscales, déclarations US (Form 1040, FBAR, FATCA…), etc. Enfin, anticipez l’impact du climat et de l’hiver : les jours très courts et la météo souvent grise peuvent affecter le moral. Planifier des activités intérieures, une vie sociale et du sport aide à tenir le cap.

Faut-il franchir le pas ?

S’installer au Danemark, c’est miser sur un pays où la sécurité, la qualité des services publics, la place accordée au temps libre et la préoccupation écologique sont réelles. Le système social fonctionne, la santé et l’éducation sont accessibles, l’équilibre travail-vie privée est plus qu’un slogan.

En contrepartie, il faut accepter : la responsabilité de ses actes.

une pression fiscale élevée,

un coût de la vie important,

des formalités parfois rigoureuses, surtout pour les non-Européens,

– un climat qui teste le moral,

une culture sociale plus réservée qu’elle n’y paraît au premier abord.

Pour ceux qui prennent le temps de se préparer, qui anticipent leur budget, qui étudient sérieusement les démarches et qui s’engagent dans l’apprentissage de la langue et la découverte de la culture locale, le Danemark peut offrir ce que beaucoup recherchent sans le trouver ailleurs : un quotidien relativement sûr, une société plutôt égalitaire, et une vraie place laissée à la vie en dehors du travail.

Conseil pour les futurs expatriés

C’est cette combinaison – exigeante mais gratifiante – qui explique qu’année après année, malgré ses coûts et sa météo, le Danemark reste en haut des classements du bonheur, et que de plus en plus d’expatriés font le choix de s’y installer pour de bon.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Danemark, Grèce, Chypre, Portugal), la stratégie retenue a consisté à cibler le Danemark, combinant haut niveau de protection sociale, cadre juridique stable, forte sécurité, qualité de vie (Copenhague) et accès UE / Schengen. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec location ou achat de résidence principale, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, immigration, banquier privé) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire). Ce type d’accompagnement lui permet de tirer parti des opportunités d’expatriation (diversification géographique, investissements nord‑européens, transmission optimisée) tout en maîtrisant les risques (contrôles fiscaux français, conventions de non‑double imposition, adaptation culturelle).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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