Les sports populaires à pratiquer à Wallis et Futuna

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Archipel discret du Pacifique sud, la collectivité française de Wallis et Futuna occupe à peine 142 km² et compte un peu plus de 11 000 habitants. Pourtant, dans le paysage sportif français et océanien, son influence dépasse largement son poids démographique. Rugby, volley-ball, va’a, kirikiti, athlétisme ou encore sports nautiques : le territoire vit au rythme de disciplines qui structurent le quotidien, les parcours d’excellence et même l’image internationale de l’archipel.

Bon à savoir :

Cet article présente les sports les plus pratiqués dans l’archipel, en s’appuyant sur les données des fédérations locales, l’histoire des compétitions régionales en Océanie et l’évolution des infrastructures, notamment depuis l’organisation des Jeux du Pacifique Mini en 2013.

Un territoire minuscule, une culture sportive immense

La pratique sportive à Wallis et Futuna s’inscrit dans un contexte géographique et historique très particulier. L’archipel est composé de trois îles principales – Wallis (Uvea), Futuna et Alofi – réparties en trois royaumes coutumiers : Uvea, Sigave et Alo. Wallis se situe à environ 140 milles marins de Futuna et d’Alofi, ce qui complique mécaniquement l’organisation régulière de compétitions inter-îles.

Exemple :

Avant 1888, les activités physiques en Nouvelle-Calédonie étaient principalement des jeux traditionnels organisés par les rois coutumiers, comme l’aviron ou des joutes, nécessitant peu d’infrastructures. L’instauration du protectorat français, puis l’intégration à la République, ont transformé ce paysage avec l’introduction du football, du rugby et, plus tard, la participation aux Jeux du Pacifique.

Aujourd’hui, le sport est coordonné par le Comité Territorial Olympique et Sportif des Îles Wallis et Futuna (CTOSWF), basé à Hahake sur l’île de Wallis. Ce comité chapeaute les ligues, clubs et comités territoriaux. Le territoire a par ailleurs accueilli en 2013 les Pacific Mini Games, un tournant majeur qui a permis la modernisation et la multiplication des installations sportives.

Le paradoxe de Wallis et Futuna est frappant : la population représente environ 0,05 % des habitants de la France, mais l’archipel pèse beaucoup plus lourd dans le sport français, notamment grâce au rugby et à l’athlétisme.

Infrastructures : du stade unique aux équipements des Mini-Jeux

Longtemps, Wallis et Futuna ont disposé de très peu d’équipements structurés. Le seul stade doté de tribunes était le stade de Mata-Utu, sur Wallis, avec une capacité d’environ 1 500 spectateurs, principalement utilisé pour le football. Deux autres enceintes complétaient le dispositif : le stade Laione Rugby (dédié au rugby) et le stade Lomipeau (pour le football).

À Futuna, la pratique se faisait de manière plus sommaire, avec un terrain de volley-ball et des espaces aménagés au fil des besoins. Le véritable saut qualitatif s’est produit à partir de la fin des années 1990, lorsque des élus locaux ont porté un projet ambitieux de complexe sportif à Mata-Utu pour rendre crédible la candidature de l’archipel à l’accueil de Jeux du Pacifique.

Le tournant des Pacific Mini Games 2013

Sous l’impulsion notamment du sénateur Basile Tui, des financements publics ont été obtenus dès 1998 pour la construction d’un nouveau stade à Kafika. Le projet prévoyait une piste d’athlétisme, des terrains de football et de rugby, une salle d’haltérophilie et un gymnase. L’ensemble a été achevé en moins de cinq ans, pour un coût estimé à environ 15 millions de francs français.

1500

Cet événement continental a rassemblé environ 1 500 participants venus de 22 pays.

Les sites de compétition ont été répartis sur plusieurs lieux, comme le montre ce tableau de synthèse :

Site / CommuneÎleDisciplines accueillies
Complexe de KafikaWallisAthlétisme, sports collectifs, haltérophilie
KolopeluWallisBeach-volley
Uvea (divers sites couverts)WallisTaekwondo, volley-ball, haltérophilie
Baie de GahiWallisVa’a (pirogue polynésienne)
Base nautique de LikuWallisVoile, sports nautiques
Plage de FutunaFutunaBeach-volley
Gymnase de LeavaFutunaSports en salle, activités multisports

Certaines infrastructures ont été livrées de justesse, comme l’a reconnu l’administrateur supérieur Michel Aubouin, et il a fallu acheminer du sable par bateau pour aménager le terrain de beach-volley à Futuna, faute de site immédiatement disponible en accord avec la chefferie. Mais l’événement a aussi mobilisé la population, certaines familles hébergeant chez elles des délégations, les capacités hôtelières étant insuffisantes.

Attention :

Le centre sportif de Kafika propose athlétisme, volley-ball, handball et badminton, avec une piste éclairée très fréquentée le soir. Futuna dispose d’un gymnase à Leava et d’un terrain de volley. La base nautique de Liku, gérée par l’association Vakala, organise les activités de voile et de kayak.

Le rugby, sport-roi à Wallis et Futuna

S’il y a un sport qui symbolise Wallis et Futuna, c’est le rugby. L’archipel est souvent décrit comme une « terre de rugby », au point d’être l’un des viviers les plus prolifiques de joueurs professionnels par habitant dans le monde.

Une implantation ancienne et profonde

Introduit par les Français dès la fin du XIXe siècle, le rugby union est pratiqué depuis plus d’un siècle sur l’archipel. La création de la sélection territoriale et du Comité de Rugby de Wallis et Futuna remonte à 1960. La première apparition internationale de l’équipe à XV date de 1966, lors des Jeux du Pacifique à Nouméa. Le baptême du feu est rude : une lourde défaite 54–5 contre la Papouasie-Nouvelle-Guinée, suivie de plusieurs rencontres face à d’autres sélections océaniennes dans les années 1966–1976.

Les résultats restent modestes. La seule victoire recensée est un succès 3–0 contre Tahiti en 1971. Après une dizaine de matches en une décennie, l’activité de la sélection à XV s’étiole, jusqu’à s’éteindre. Un XV local demeure théoriquement rattaché à la Fédération d’Océanie, mais n’a plus disputé de match officiel depuis la fin des années 1970.

XV de Wallis et Futuna

La bascule vers le rugby à VII accompagne une tendance générale dans le Pacifique. Le rugby à 7, moins coûteux à organiser et mobilisant des effectifs réduits, s’impose dans les Jeux du Pacifique à partir des années 1990, remplaçant progressivement le XV. Wallis et Futuna y trouve un format plus réaliste compte tenu de sa démographie et de l’éloignement de ses îles.

Une densité de talents sans équivalent

Au-delà du terrain local, Wallis et Futuna occupe une place spectaculaire dans le rugby professionnel français. En 2020, on recensait une trentaine de joueurs originaires de l’archipel évoluant dans les clubs professionnels (Top 14 et Pro D2) et plus de 200 dans les équipes métropolitaines, de l’élite à la Fédérale 3. Pour une population d’environ 11 000 habitants sur place, cette densité est sans équivalent.

Internationaux français de Wallis et Futuna

Liste des joueurs issus de Wallis et Futuna ou de sa diaspora ayant porté le maillot de l’équipe de France de rugby.

Vincent Pelo

A porté le maillot du XV de France.

Yann David

A porté le maillot du XV de France.

Christopher Tolofua

A porté le maillot du XV de France.

Sébastien Vahaamahina

A porté le maillot du XV de France.

Jocelino Suta

A porté le maillot du XV de France.

Romain Taofifénua

A porté le maillot du XV de France.

Emerick Setiano

A porté le maillot du XV de France.

Peato Mauvaka

A porté le maillot du XV de France.

Raphaël Lakafia

A porté le maillot du XV de France.

Manae Feleu

A porté le maillot du XV de France.

Yoram Moefana

A porté le maillot du XV de France.

Pierre-Gilles Lakafia

S’est distingué avec l’équipe de France de rugby à 7.

Dimitri Pelo

A marqué le rugby professionnel.

Laurent Simutoga

A marqué le rugby professionnel.

Aliki Fakate

A marqué le rugby professionnel.

Mikaele Tuugahala

A marqué le rugby professionnel.

Le tableau suivant illustre ce contraste entre poids démographique et présence dans le rugby de haut niveau :

IndicateurValeur approximative
Population de Wallis et Futuna (territoire)~11 000 habitants
Diaspora principale en Nouvelle-Calédonie~21 000 personnes
Joueurs professionnels (Top 14 / Pro D2) originaires WF*~30
Joueurs évoluant dans des clubs métropolitains (tous niveaux)>200
Part de WF dans la population française~0,05 %

WF : Wallis et Futuna

Le géographe Jean-Christophe Gay souligne le rôle de l’armée dans les années 1960 dans la détection des premiers athlètes de haut niveau issus de l’archipel. Par le biais du service militaire et des structures sportives, plusieurs talents ont été repérés puis accompagnés vers des carrières nationales.

Astuce :

La réussite des joueurs polynésiens en rugby professionnel comporte des risques humains. Des témoignages révèlent des joueurs déracinés en métropole, confrontés à l’isolement, à des conditions de vie difficiles, voire à des situations d’exploitation par certains intermédiaires ou clubs. Le film « Mercenaire » (2016) a illustré ces sacrifices personnels. Des drames, incluant des suicides, ont été rapportés. Des organisations comme la Pacific Rugby Players Welfare, avec des représentants comme Mikaele Tuugahala, œuvrent désormais pour renforcer la protection et la représentation des joueurs polynésiens en Europe.

Une culture rugbystique omniprésente

Dans l’archipel, le rugby est partout. On décrit volontiers la scène suivante : si l’on ne joue pas au volley-ball, on joue au rugby dans le jardin. La langue elle-même reflète ce métissage : le dialecte local se situe à mi-chemin du samoan et du tongien, deux nations majeures du rugby mondial. On rappelle souvent que le kailao, cette danse guerrière devenue emblématique de la sélection tongienne, trouve son origine à Wallis.

La pratique structurée est coordonnée par le Comité Territorial de Rugby, sous l’égide de la Fédération française via un comité territorial, associé à Oceania Rugby. Même sans équipe nationale active à XV, le rugby à 7 et les compétitions locales font vivre cette culture, tandis que les idoles professionnelles, souvent originaires des mêmes villages, servent de modèle aux plus jeunes.

Pour un visiteur ou un résident, pratiquer le rugby à Wallis et Futuna, c’est autant participer à un sport qu’entrer dans un marqueur fort de l’identité locale.

Le volley-ball, autre passion de l’archipel

Le volley-ball occupe une place de choix parmi les sports populaires de Wallis et Futuna. Les habitants sont régulièrement décrits comme d’excellents volleyeurs, et l’archipel dispose de plusieurs clubs, terrains et une forte tradition familiale.

Un développement continu depuis les années 1980

Le volley-ball connaît un essor marqué à partir des années 1980. À Wallis, des associations comme l’Association de Volley-ball de Fatima, la section volley-ball Santé ou Takafa Volley-ball dynamisent la pratique, notamment en Hahake et Hihifo. À Futuna, plusieurs clubs structurent l’offre, en particulier dans la commune d’Alo, avec une attention particulière portée à la formation des jeunes et à la responsabilité par le sport.

La fédération territoriale de volley-ball n’est pas détaillée dans les documents, mais la densité d’associations est notable. Certains clubs se spécialisent dans le volley féminin, d’autres s’orientent vers une pratique loisirs et de masse. Le beach-volley a pour sa part bénéficié d’un coup d’accélérateur avec les Pacific Mini Games 2013, qui ont vu l’aménagement de sites à Kolopelu (Wallis) et sur Futuna.

Un tableau permet de mieux visualiser cette couverture territoriale, côté volley :

Commune / ÎleClubs et initiatives volley marquantsType de pratique
Uvea (Wallis)Association de Volley-ball de Fatima, Santé Section Volley-Ball, Takafa VBVolley en salle, compétitions
Alo (Futuna)Association du Volley-Ball de Futuna, clubs Utugata, Kolia, Ono VBFormation jeunes, volley loisirs
Sigave (Futuna)Cowafdis, AS VB de Fiua, PALE O AVA MAFOA, Beach Volley FutunaVolley loisir, volley féminin, beach-volley

Les résultats au plus haut niveau illustrent ce foisonnement. Plusieurs volleyeurs et volleyeuses originaires de Wallis et Futuna ont rejoint les équipes de France. Leyla Tuifua et Samuele Tuia ont tous deux porté le maillot tricolore, tandis que d’autres noms, comme Toafa Takaniko, incarnent cette tradition locale. Fait marquant : nombre de joueurs viennent des mêmes lignées familiales – Tupou, Takaniko, Kolokilagi, Moleana, Masei, Sekeme, Tafilagi –, preuve de la transmission intergénérationnelle.

Une pratique populaire et accessible

Sur le plan pratique, le volley-ball est l’un des sports les plus accessibles à Wallis et Futuna. Un terrain sommaire, un filet, un ballon suffisent à lancer un match, que ce soit au bord du lagon, dans la cour d’école ou dans un gymnase. La présence de nombreux terrains de pétanque et d’espaces ouverts en bord de mer facilite également l’organisation de parties de beach-volley improvisées.

Bon à savoir :

Les compétitions structurées des Mini Games se concentrent au centre sportif de Kafika, rénové pour l’occasion. À Futuna, les principaux sites sont le terrain de volley et le gymnase de Leava. Pour les habitants comme pour les visiteurs, il est facile de rejoindre un entraînement de club ou un match amical, car le volley est profondément intégré à la vie communautaire locale.

Va’a, voile et sports nautiques : le Pacifique comme terrain de jeu

Impossible d’évoquer les sports populaires à Wallis et Futuna sans parler d’océan. La mer entoure tout, et les lagons constituent un terrain naturel pour le va’a (pirogue polynésienne), la voile, le kayak, le stand up paddle ou encore la plongée.

Le va’a, héritage polynésien vivant

Le va’a – terme polynésien désignant la pirogue à balancier – est l’un des sports les plus emblématiques du Pacifique. À Wallis et Futuna, il figure clairement parmi les disciplines majeures. Des associations comme Lifuka Wallis Va’a ou Tau’aalo o Fugauvea organisent l’entrainement et les sorties. Le Comité Régional Wallis et Futuna Taua’alo Canoë-Kayak est affilié à la Fédération française de canoë-kayak, ce qui permet l’intégration aux circuits de compétition nationaux et internationaux.

Bon à savoir :

Les épreuves de va’a des Pacific Mini Games 2013 se sont tenues dans la baie de Gahi. Ce sport, central dans l’archipel, propose des courses en pirogue individuelle (V1) ou en équipage (V6) sur différentes distances. Plus qu’une compétition, le va’a est un lien avec la culture océanienne ancestrale de la navigation, et un excellent sport d’endurance et de cohésion.

Sur Futuna, des clubs comme Vaka Moana Futuna ou Va’a de Ava Mafoa prolongent cette tradition de part et d’autre de l’île. Pour un pratiquant extérieur, rejoindre un équipage de va’a, même ponctuellement, permet de découvrir physique­ment le lagon, mais aussi de partager un pan important de la culture locale.

La base nautique de Liku et les activités de voile

La base nautique de Liku, sur Wallis, constitue un autre pilier des sports de mer. Portée par l’association Vakala, elle propose principalement de la voile et du kayak, mais plus largement toute une palette d’activités nautiques. Lors des Mini Games, Liku a accueilli les épreuves de voile, ce qui a justifié l’amélioration des équipements (flotte, pontons, zone technique).

Exemple :

L’association Wallis Gliss’ promeut le kitesurf, le wakeboard et le paddle via une coopérative de matériel. Parallèlement, la structure Life Lagoon est spécialisée dans le jet-ski et l’apnée. Le lagon offre également aux touristes et résidents des activités comme la plongée sous-marine, le stand up paddle, ou des excursions en pirogue traditionnelle ou taxi-boat vers les îlots.

En pratique, un séjour sportif à Wallis et Futuna peut très facilement combiner sorties en va’a, séances de voile légère, balades en kayak et découverte du snorkeling, à partir des structures existantes à Liku et dans les villages lagonaires.

Kirikiti : le cricket à la mode polynésienne

Moins connu en Europe, le kirikiti – parfois orthographié kilikiti – est très populaire à Wallis et Futuna. Il s’agit d’une forme de cricket traditionnel polynésien, originaire de Samoa, adaptée aux usages et codes culturels locaux.

Un cricket communautaire et festif

Introduit initialement par les missionnaires anglais à Samoa, le cricket a été totalement réapproprié dans le monde polynésien, donnant naissance au kirikiti. À Wallis et Futuna, cette version traditionnelle est la plus répandue, bien plus que le cricket « standard ». La preuve de son enracinement est visible jusque sur les timbres : au moins deux émissions philatéliques ont représenté des scènes de kirikiti, en 1998 et 2005.

Bon à savoir :

Le kirikiti, version samoane du cricket, se distingue par plusieurs particularités : la batte (pate) est inspirée d’une massue de guerre et souvent plus longue, la balle est en caoutchouc dur enveloppé de feuilles de pandanus, les équipes peuvent être très nombreuses et mixtes (hommes, femmes, enfants), et les règles, plus souples, privilégient le divertissement collectif plutôt que la compétition stricte.

Une partie de kirikiti est souvent un évènement communautaire d’ampleur, mêlant chants, danses, repas partagés et rituels. On évoque même cette règle symbolique selon laquelle l’équipe qui reçoit perd la partie si elle n’est pas capable de nourrir tous les participants. Dans le Pacifique, le plus important n’est pas seulement le score, mais la qualité du rassemblement.

Tentatives de structuration et limites

Au début des années 2000, des efforts ont été entrepris pour développer la pratique du cricket « classique » à Wallis et Futuna. Une association territoriale de cricket a été créée, la Wallis & Futuna Cricket Association, avec l’intention de rejoindre le programme de développement du cricket de l’ICC (East Asia-Pacific) et de participer au tournoi de cricket des Jeux du Pacifique 2003 à Fidji. Ces objectifs n’ont finalement pas été atteints, et les données les plus récentes indiquent que la structure est aujourd’hui inactive, voire inexistante.

Bon à savoir :

Le kirikiti reste une pratique culturelle vivante aux Samoa. Pour les visiteurs, il est difficile d’y participer spontanément car les matchs sont souvent organisés lors d’événements communautaires spécifiques. Cependant, assister à une partie offre déjà une immersion intéressante dans la vie sociale locale.

Athlétisme et l’école du javelot

Autre pilier du sport à Wallis et Futuna : l’athlétisme, avec une spécialisation spectaculaire dans les lancers, en particulier le javelot. Le centre de Kafika, avec sa piste rénovée pour les Mini Games, est aujourd’hui le cœur de cette pratique.

Une filière javelot unique en France

La petite taille du territoire n’a pas empêché l’émergence de grandes signatures du lancer de javelot. Jean-Paul Lakafia en est l’illustration la plus célèbre : cet athlète originaire de l’archipel a porté deux fois le record de France du javelot, le portant à 83,56 m en 1980, puis à 84,74 m en 1983. D’autres lanceurs et lanceuses se sont distingués, comme Lolésio Tuita, Vitolio Tipotio, Monika Fiafialoto, Péta Tauhavili, Pételo Wakalina ou encore Penisio Lutui. En para-athlétisme, Tony Falelavaki s’est également illustré au niveau international.

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En 2019, sept des vingt-cinq meilleurs lanceurs de javelot français étaient originaires de Wallis et Futuna.

Indicateur (javelot)Donnée mentionnée
Record de France par Jean-Paul Lakafia (1983)84,74 m
Améliorations successives du record national83,56 m (1980), 84,74 m (1983)
Nombre de lanceurs WF parmi les 25 meilleurs FR (2019)7 sur 25
Spécialité reconnue de l’archipelLancer de javelot

Le rôle de l’armée, là encore, a été déterminant dans les années 1960 pour repérer les premiers talents. Si certains ont réussi de brillantes carrières en métropole, d’autres ont connu des trajectoires plus heurtées, soulignant l’importance d’un accompagnement social et éducatif solide dans ces parcours d’exil sportif.

Une pratique quotidienne au stade de Kafika

Aujourd’hui, la piste éclairée de Kafika attire de nombreux pratiquants en fin de journée, lorsque la chaleur se fait moins lourde. On y voit autant de jeunes scolaires dans le cadre des associations sportives d’établissements que des adultes en quête de maintien en forme, sur fond de séances plus structurées pour les lanceurs et sprinteurs.

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Nombre total de médailles remportées par Wallis et Futuna aux Jeux du Pacifique depuis 1981.

Pour quiconque souhaite pratiquer l’athlétisme sur place, Kafika est la porte d’entrée évidente, avec des sections qui proposent des activités allant du loisir (type « bootcamp » et remise en forme) à la préparation plus exigeante de compétitions.

Football : de l’âge d’or à la quasi-disparition

Le football a longtemps été un sport majeur à Wallis et Futuna, notamment sur Wallis, avant de connaître un net déclin à partir des années 1990. Il reste toutefois pratiqué, surtout chez les jeunes, mais sans la structuration d’autrefois.

Une introduction précoce et un développement rapide

Le goût pour le football est apparu dès les années 1920, avec le passage du navigateur français Alain Gerbault, qui séjourne quatre mois à Wallis en 1926. Passionné de ballon rond, il initie des groupes de jeunes au jeu sur la place de Mata’Utu le dimanche. L’engouement reste alors localisé.

Exemple :

En 1933, l’arrivée du résident de France Jean-Joseph David, amateur de football, marque un tournant. Convaincu des bienfaits du sport pour la condition physique de la population autochtone, il encourage massivement sa pratique. Cette promotion coïncide avec la création de la première école publique. Il impulse également la construction de deux stades : Lomipeau à Hihifo et Laione à Hahake, jetant les bases infrastructurelles du développement du football à Wallis.

L’équipe de Wallis et Futuna est officiellement fondée en 1934 et dispute son premier match international en 1966 contre Tahiti, lors des Jeux du Pacifique à Nouméa. Score final : 5–0 pour Tahiti. La sélection, non affiliée à la FIFA ni à la Confédération océanienne (OFC) en raison de la taille réduite du territoire, participe tout de même à six éditions des Jeux du Pacifique jusqu’en 1995.

Une désaffection progressive

À partir des années 1990, un changement administratif éloigne plusieurs entraîneurs impliqués, ce qui porte un coup dur à la structure du football. L’absence de relais institutionnels solides, combinée à l’attraction grandissante du rugby, affaiblit durablement la discipline.

En 2009, reconnaît avoir tenté de contacter Wallis et Futuna pour relancer des liens autour du football, sans parvenir à obtenir un numéro de téléphone fonctionnel. En 2015, seuls quelques matches à onze ont encore lieu, et en 2017 n’apparaît plus qu’un embryon de football à 7. Une association Jeunesse Football Uvea (AJFU) se crée néanmoins pour relancer la pratique chez les jeunes, avec du futsal et un rattachement à l’UFOLEP en 2020. Mais les constats récents évoquent « peu de football sur les îles ».

Secrétaire général de l’OFC

Pour un amateur de ballon rond souhaitant jouer à Wallis et Futuna, il reste possible de trouver des créneaux locaux, surtout à Wallis via l’AJFU, mais la structure de compétition est très limitée. Le stade de Mata-Utu accueille encore ponctuellement des rencontres, de même que Lomipeau et Laione.

Arts martiaux, sports de force et autres disciplines

Au-delà des grands sports collectifs et des activités nautiques, l’archipel propose une diversité surprenante de disciplines, du karaté au golf en passant par la pétanque.

Karaté, taekwondo et sports de combat

Les sports de combat occupent une niche dynamique. La Ligue territoriale de karaté de Wallis et Futuna est affiliée à la Fédération française, et plusieurs clubs assurent une pratique régulière. Le taekwondo est lui aussi présent, avec des sections pour enfants affiliées à la fédération française (FFTDA).

Exemple :

L’athlète Jennifer Vegi illustre la vitalité des sports de combat en Nouvelle-Calédonie. Médaillée de bronze aux Championnats de France de karaté-contact en 2006, elle est ensuite devenue championne de taekwondo lors des Jeux du Pacifique de 2007. Son parcours montre comment ces disciplines, centrées sur la discipline, le respect et l’expression individuelle, offrent une alternative populaire aux sports collectifs traditionnels comme le rugby ou le volley.

Haltérophilie, culturisme et sports de force

L’haltérophilie et la force athlétique disposent d’une ligue territoriale couvrant Wallis et Futuna, et plusieurs clubs – dont certains aux noms évocateurs comme Power Avengers – proposent musculation, powerlifting et culturisme. Ces sports ont trouvé leur place dans le dispositif des Mini Games, avec une salle dédiée au sein du complexe de Kafika.

Pour les habitants, la musculation est à la fois un outil de performance pour les rugbymen, volleyeurs, lanceurs et un loisir de plus en plus prisé, dans un territoire où l’activité physique traditionnelle reste parallèlement omniprésente (pêche, travaux agricoles, etc.).

Pétanque, tennis, golf, tennis de table…

La pétanque est particulièrement populaire : on évoque une véritable armée de boulistes et de terrains disséminés le long du lagon. De nombreux clubs existent à Wallis, affiliés à la Fédération française de pétanque, ce qui ouvre la porte aux compétitions nationales. La pratique se fait souvent en fin de journée, dans une ambiance conviviale, et constitue l’un des loisirs les plus accessibles aux adultes de tous âges.

Bon à savoir :

En plus des sports traditionnels, le territoire propose plusieurs activités structurées : un Tennis Club actif depuis les années 1970, une ligue territoriale de golf avec plusieurs associations, ainsi que des clubs de tennis de table sur Wallis et Futuna. Ces disciplines, bien que minoritaires, enrichissent considérablement le paysage sportif local.

Les fédérations scolaires, particulièrement dynamiques, utilisent cette palette pour varier les activités proposées aux élèves : football, volley, handball, athlétisme, mais aussi badminton, tennis de table ou encore activités nautiques, ce qui contribue à diffuser une culture du « sport pour tous ».

Marcher, randonner, vivre dehors : le sport du quotidien

À côté des disciplines organisées, la marche occupe une place importante dans les loisirs des habitants. Les îles offrent de nombreux itinéraires de balade et de randonnée, entre bords de lagon, forêts intérieures et reliefs volcaniques. La chaleur, les moustiques et la présence de chiens errants sont toutefois des contraintes, ce qui explique que l’on recommande de marcher tôt le matin ou en fin d’après-midi, voire de tenter des randonnées de nuit pour profiter de températures plus clémentes.

Bon à savoir :

Les activités familiales à Wallis et Futuna incluent l’exploration des îlots en pirogue ou en bateau-taxi, la baignade, la plongée libre et la découverte de sites historiques. La vie sur ces îles est largement rythmée par des activités physiques récréatives liées à la mobilité, à l’eau et aux rencontres sociales.

Un petit territoire, une grande leçon de culture sportive

Rugby-roi et filière d’excellence jusqu’au XV de France, volley-ball familial et performant, va’a et voile comme évidence du Pacifique, kirikiti festif, école du javelot, pétanque au bord du lagon, randonnées sur les crêtes et plongées dans le lagon… Pour qui s’intéresse aux sports populaires, Wallis et Futuna offre un condensé saisissant de ce que peut être une culture sportive intégrée à la fois à un territoire, à une histoire coloniale et à une aire civilisationnelle, en l’occurrence la Polynésie.

Bon à savoir :

Les infrastructures des Pacific Mini Games 2013, soutenues par le CTOSWF et les associations locales, offrent aujourd’hui une grande variété de sports, des plus traditionnels aux plus globalisés. Wallis-et-Futuna participe activement aux compétitions océaniennes et démontre, à travers le sport, comment un petit archipel peut avoir une influence significative sur des scènes sportives nationales et internationales bien plus vastes.

Pour le visiteur comme pour le résident, pratiquer un sport à Wallis et Futuna, ce n’est donc pas seulement « faire de l’exercice ». C’est, presque inévitablement, entrer en contact avec une société, des familles, des récits d’exil, des réussites et des blessures, des fêtes de village, des chants autour d’un match de kirikiti ou de rugby, et une certaine idée du Pacifique où le jeu, la mer et la communauté sont indissociables.

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Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers Wallis et Futuna pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien fort avec la France métropolitaine. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation logistique, structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs existants.

Après comparaison de plusieurs options (Polynésie française, Nouvelle-Calédonie, Maurice, Portugal), la stratégie retenue a consisté à cibler Wallis et Futuna, territoire français appliquant le droit civil français mais avec une fiscalité locale spécifique (absence d’impôt sur la fortune, pression fiscale modérée) et un coût de la vie inférieur à la métropole. La mission a inclus : audit fiscal pré-départ (exit tax, conventions, régimes DOM-COM), organisation du changement de résidence principale, affiliation au régime de protection sociale local et articulation avec la Sécurité sociale française, transfert de la résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux métropolitains (calendrier de présence, centre des intérêts économiques), et mise en relation avec un réseau local francophone (avocat, notaire coutumier, banques) pour sécuriser ses investissements immobiliers et sa transmission.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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