Comprendre les pratiques religieuses locales à Wallis et Futuna : guide essentiel pour expatriés

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer à Wallis et Futuna, c’est entrer dans une société où la religion ne se cantonne pas au dimanche matin, mais structure le temps, l’espace et les relations sociales au quotidien. Pour un expatrié, comprendre cette centralité du religieux – et apprendre à s’y comporter avec tact – est l’une des clés d’une bonne intégration, au travail comme au village.

Bon à savoir :

À Wallis et Futuna, la quasi-totalité de la population est catholique. L’identité polynésienne et la foi catholique sont perçues comme complémentaires. La vie sociale, les grandes fêtes, les mariages, les réconciliations familiales et les décisions politiques importantes s’articulent principalement autour de l’église, de la chefferie coutumière et des cérémonies collectives.

Ce guide propose une plongée dans cet univers singulier, avec un objectif très concret : permettre à un expatrié de savoir comment se comporter dans les églises, pendant les fêtes religieuses, lors des katoaga, et plus largement dans la vie de tous les jours, sans commettre d’impairs.

Un archipel où le catholicisme est partout… mais jamais seul

Wallis et Futuna est un petit territoire français du Pacifique, composé de deux groupes d’îles séparés d’environ 260 km : les îles de Wallis (Uvea) d’un côté, les îles de Futuna et Alofi de l’autre. Environ 11 000 habitants y vivent, très majoritairement de culture polynésienne, répartis dans trois royaumes coutumiers : Uvea (sur Wallis), Sigave et Alo (sur Futuna et Alofi).

Dans ce cadre insulaire restreint, la présence de l’Église catholique est massive. Le territoire forme un diocèse à part entière, avec un évêque, une cathédrale à Mata Utu, une basilique dédiée à Saint Pierre Chanel à Futuna, et des églises ou chapelles dans quasiment chaque village. On compte environ 26 monuments religieux sur Wallis et 22 sur Futuna.

Exemple :

Le catholicisme aux îles Marquises n’est pas une simple importation. Il résulte d’un processus d’échange, initié par l’arrivée des missionnaires maristes en 1837, entre la foi chrétienne et les croyances polynésiennes préexistantes. Cette hybridation produit une religion structurée par l’autorité de Rome, mais continuellement influencée par la coutume locale et une vision du monde héritée des anciens systèmes religieux polynésiens.

De la religion polynésienne au catholicisme local

Avant l’arrivée des missionnaires français, les habitants pratiquaient une religion polythéiste d’inspiration polynésienne : culte de multiples dieux, importance des ancêtres, notion de mana (puissance sacrée), et règles de tapu (tabou) régulant les comportements, les relations sociales et l’accès à certains lieux ou objets sacrés.

Lorsque les maristes débarquent à la fin des années 1830 – Pierre Chanel à Futuna, Pierre Bataillon à Wallis – ils proposent un christianisme romain très organisé. Mais pour être accepté, ce catholicisme doit composer avec les structures existantes. Il ne remplace pas simplement l’ancien système, il le réorganise : les souverains coutumiers gardent un rôle central, les rituels collectifs demeurent, certains symboles changent de sens sans disparaître.

La canonisation de Pierre Chanel, martyrisé à Futuna en 1841 et proclamé saint en 1954, consacre cette histoire particulière : l’un des principaux saints du territoire est à la fois une figure de l’Église universelle et un repère clé de la mémoire locale futunienne.

Une religion au cœur du pouvoir politique et du droit

Autre originalité : la religion ne se limite pas à la sphère privée. Le statut de 1961, qui transforme l’ancien protectorat en collectivité française, reconnaît formellement le rôle de la religion dans le territoire. Les rois coutumiers des trois royaumes sont officiellement reconnus par l’État ; ils siègent au Conseil du Territoire aux côtés du représentant de la République et jouent un rôle de premier plan dans la justice coutumière, surtout pour les conflits civils et fonciers.

Attention :

Pendant des décennies, l’État a confié l’enseignement primaire à l’évêché : les écoles étaient financées par la République mais gérées par le diocèse, avec le catéchisme intégré au programme. La loi française de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État ne s’y appliquait pas de la même manière qu’en métropole.

Pour un expatrié, cela signifie que les frontières habituelles entre « État » et « Église », ou entre « religieux » et « culturel », ne fonctionnent pas ici comme en France métropolitaine ou dans de nombreux pays occidentaux. Comprendre les pratiques religieuses revient en partie à comprendre le fonctionnement même de la société.

Fréquentation des églises : codes, attitudes et attentes

Dans un territoire presque entièrement catholique, assister à la messe du dimanche, participer à une fête patronale ou entrer dans une église de village relève à la fois de la spiritualité et de la vie sociale. Un expatrié y sera presque toujours bienvenu, mais certaines règles implicites sont importantes à connaître.

L’importance de la modestie vestimentaire

La règle de base, largement partagée dans le monde catholique, est la modestie. Elle prend ici un relief particulier, car la société est à la fois très pratiquante et conservatrice sur la question de l’habillement.

Astuce :

Dans les églises et les villages grecs, une tenue couvrante est attendue pour les hommes et les femmes : épaules et genoux doivent être cachés. Évitez les débardeurs, tops très échancrés, mini-jupes, shorts courts et vêtements trop moulants. Les tissus transparents, les tenues de sport ou de plage (maillots, paréos légers, tongs) sont inappropriés dans un contexte religieux.

À l’inverse, une tenue simple, propre et soignée suffit largement : pour les femmes, une robe ou une jupe au genou minimum, un haut à manches, éventuellement un foulard pour se couvrir davantage ; pour les hommes, un pantalon léger ou un lava-lava (pagne traditionnel attaché à la taille) avec une chemise à col. Beaucoup de paroissiens portent ce que l’on pourrait appeler ici leur « tenue du dimanche », plus habillée que la tenue quotidienne.

Le tableau ci-dessous résume les grandes tendances, sans prétendre couvrir toutes les situations possibles.

Situation religieuseTenue recommandée pour femmesTenue recommandée pour hommes
Messe dominicale ordinaireRobe/jupe au genou ou plus, épaules couvertes, sandales sobresPantalon ou lava-lava, chemise à col, chaussures fermées ou sandales
Fête patronale, grande cérémonieRobe longue ou jupe traditionnelle, accessoires discretsChemise formelle (souvent blanche), lava-lava ou pantalon, parfois veste
Visite d’église hors cérémonieTenue simple couvrant épaules et genoux, sandalesTenue simple couvrant épaules et genoux, sandales

Pour les enfants, la logique reste la même : vêtements confortables mais modestes, propres, couvrant épaules et genoux. Les tenues trop sportives ou négligées passent mal le jour de fête.

Gestes, postures et comportements pendant la messe

Les messes à Wallis et Futuna suivent globalement le rite romain, avec les mêmes grandes étapes qu’ailleurs : liturgie de la Parole, liturgie eucharistique, communion, bénédiction finale. Mais elles sont souvent plus longues, plus chantées, et très marquées par la langue locale (wallisienne ou futunienne) et les codes polynésiens.

Bon à savoir :

Avant d’entrer dans l’église, les fidèles font généralement le signe de croix avec de l’eau bénite. Ensuite, ils s’agenouillent brièvement devant le tabernacle, un geste de respect envers l’eucharistie. Cet agenouillement se fait spécifiquement sur le genou droit, une pratique de dévotion classique dans le catholicisme.

Pendant la messe, on alterne positions debout (prières, Évangile), assises (lectures, homélie) et à genoux (consécration, selon les habitudes locales). Un nouvel arrivant n’est pas obligé de connaître tout par cœur : il suffit de suivre les fidèles, d’imiter leurs gestes sans ostentation.

La règle implicite peut se résumer en trois mots : silence, respect, attention. La nef n’est pas un lieu de discussions informelles. On arrive avant le début de la célébration, on éteint son téléphone, on évite de circuler dans l’église pendant la liturgie, sauf nécessité réelle. Les applaudissements ne font pas partie des usages standard au moment de la messe, sauf consigne explicite du célébrant pour une circonstance particulière.

Qui peut communier, et comment ?

Au moment de la communion, les fidèles catholiques pratiquants communient en recevant l’hostie, parfois aussi le vin consacré selon les dispositions locales. Les règles générales de l’Église s’appliquent : être baptisé, avoir fait sa première communion, être en situation spirituelle jugée appropriée, et respecter un temps de jeûne d’environ une heure avant la messe (hors eau et médicaments).

Bon à savoir :

Pour un expatrié non catholique ou un catholique non pratiquant, il n’y a aucune obligation de communier. Il est possible de rester à sa place dans une attitude respectueuse. Dans certaines paroisses, on peut s’avancer les bras croisés pour recevoir une bénédiction à la place de l’hostie, mais il est recommandé d’observer d’abord les coutumes locales ou de demander conseil au prêtre.

Après la communion, le silence et la concentration priment. C’est un moment de recueillement important pour les pratiquants ; quitter l’église juste après avoir reçu l’hostie, comme on sortirait précipitamment d’une réunion, est considéré comme irrespectueux.

La vie rythmée par les fêtes religieuses et les katoaga

On ne comprend pas la religiosité locale sans s’intéresser au calendrier des fêtes. L’année à Wallis et Futuna est scandée par les grandes fêtes catholiques communes au monde entier (Noël, Pâques, Ascension, Toussaint, etc.), mais aussi par des célébrations propres au territoire, comme la fête de Saint Pierre Chanel ou la Journée du Territoire, toutes deux intimement liées à la mémoire religieuse et coutumière.

Les grandes dates catholiques dans l’archipel

Les jours fériés religieux classiques – Noël, Pâques, Ascension, Pentecôte, Assomption, Toussaint – sont largement célébrés. Les messes de ces jours-là sont très fréquentées, souvent suivies de repas communautaires ou de petites fêtes de village.

À côté de ce calendrier universel, certains jours prennent un relief particulier :

Bon à savoir :

Le 28 avril, la fête de Saint Pierre Chanel, martyr et patron de Futuna, est célébrée par des messes, processions, danses et l’honneur des reliques à la basilique de Poï. La fête de Saint Joseph, patron des familles et travailleurs, donne lieu à des célébrations animées avec prières, danses et repas communautaires, notamment dans la paroisse de Mala’efo’ou à Wallis.

Un expatrié qui souhaite s’intégrer gagnera beaucoup à suivre ce calendrier, ne serait-ce que pour comprendre pourquoi, tel jour, toute l’activité semble suspendue au profit de la messe, et pourquoi les obligations professionnelles s’adaptent souvent aux grandes fêtes.

Le katoaga : quand la coutume rencontre le religieux

Autour de ces fêtes, une institution domine la vie sociale : le katoaga. Il s’agit d’une grande cérémonie coutumière qui accompagne aussi bien un événement religieux (fête patronale, commémoration d’un saint, jubilé) qu’un événement familial (mariage, deuil) ou politique (Jour du Territoire, Fête nationale française).

Le cœur du katoaga est l’offrande de nourriture et de biens, selon une logique de don et contre-don. Les porcs y tiennent une place centrale : élevés avec soin, ils sont présentés entiers, cuits au four traditionnel umu ou disposés de façon spectaculaire. Autour de ces offrandes s’organisent discours, danses, chants et distribution aux différents acteurs : roi, chefferies, Église, familles, invités.

Pour un expatrié, assister à un katoaga est une expérience inoubliable, mais qui suppose de connaître quelques codes :

Le rang coutumier des personnes détermine la place où elles s’assoient, l’ordre de passage pour les discours, la part des offrandes qu’elles reçoivent.

– Les gestes adressés au roi, aux chefs ou aux représentants de l’Église suivent des protocoles précis, souvent liés à la manière de saluer, de se tenir ou de présenter les dons.

– Les danses traditionnelles, comme le soamako (compétition de danse), le kailao (danse guerrière) ou l’eke (créée à Futuna en mémoire de Pierre Chanel), ne sont pas de simples divertissements : elles portent des récits, des hommages, parfois des messages adressés à la royauté ou à l’Église.

La meilleure attitude, pour un nouvel arrivant, consiste à se laisser guider par ses hôtes, à observer, à poser des questions en dehors des moments solennels, et à accepter qu’une partie du sens profond de ces rituels lui échappe au début.

Le tableau suivant met en regard la dimension religieuse et la dimension coutumière d’un katoaga type.

Dimension religieuseDimension coutumière
Messe d’ouverture (souvent en plein air)Présentation des porcs et des produits agricoles
Bénédiction des offrandes et des personnesAttribution des dons selon les rangs et alliances
Prières pour la communauté et le territoireD danses, chants et discours codifiés
Processions avec statues ou reliquesCérémonial du kava et interventions des chefs

Visiter les lieux de culte : plus qu’un patrimoine, des espaces vivants

Pour un expatrié, la découverte de Wallis et Futuna passe souvent par la visite de nombreux édifices religieux, qui sont à la fois des lieux de foi, des repères architecturaux et des morceaux de mémoire collective.

La cathédrale de Mata Utu : symbole d’un double pouvoir

Au cœur de la capitale Mata Utu se dresse la cathédrale Notre-Dame de l’Assomption, construite en pierre volcanique bleutée taillée à la main. Deux tours massives encadrent une croix de Malte bleue, motif que l’on retrouve aussi sur le drapeau du territoire. Elle domine le lagon et forme, avec le palais du roi d’Uvea voisin et la place coutumière, un triptyque révélateur : Église, royauté et espace public s’y côtoient littéralement.

La cathédrale est aussi un lieu de sépulture pour les souverains coutumiers : plusieurs Lavelua (rois d’Uvea) et reines y sont enterrés, de même que certains évêques. En y entrant, on ne visite donc pas seulement un monument classé, on pénètre dans un espace où s’entrelacent continuités dynastiques, histoire missionnaire et mémoire collective.

Bon à savoir :

Les règles de conduite sont similaires à celles d’une église paroissiale, mais avec une vigilance accrue car la cathédrale est le siège de l’évêque et un symbole important. Il faut éviter les visites pendant les offices, parler à voix basse, et ne pas photographier les fidèles en prière sans leur autorisation.

Chapelles, basiliques et lieux de pèlerinage

L’archipel compte une constellation de lieux saints, chacun avec son histoire et sa fonction dans la dévotion locale. Futuna abrite par exemple la basilique Saint Pierre Chanel à Poï, où se déroulent chaque année d’importantes célébrations le 28 avril. Des reliques du saint y sont exposées, et les pèlerins viennent parfois de très loin, y compris d’autres régions du Pacifique.

D’autres chapelles, comme celle de Saint Pierre Chanel sur le mont Mauga ou la grotte de Loka consacrée à la Vierge, accueillent des pèlerinages annuels. Ces déplacements à pied ou en véhicule, suivis de processions, de prières et parfois de katoaga, s’inscrivent dans une logique où la marche, l’effort et la nature deviennent supports de la quête spirituelle.

Exemple :

À Wallis, des églises de village comme Saint-Joseph à Mala’efo’ou, ou celles de Vaitupu, Hihifo et Lausikula, illustrent l’évolution de la présence missionnaire. Elles matérialisent la transition des premières huttes de prière vers des bâtiments en pierre, conservent les traces de l’architecture coloniale mariste, et témoignent des restaurations nécessaires après les cyclones. L’ancien séminaire, où furent formés les premiers prêtres autochtones, est un élément clé de cette histoire.

Lieux sacrés, coutume polynésienne et attitude de visite

Même si la religion dominante est catholique, l’idée polynésienne de lieux « tapu », où s’exerce une présence particulière des ancêtres ou du sacré, continue à imprégner les pratiques. Un vieux cimetière familial, un site d’ancienne fortification tongienne, une pierre liée à un récit mythique peuvent être ressentis comme des espaces puissants, à approcher avec respect.

Concrètement, certaines règles inspirées de l’ensemble du monde polynésien peuvent guider un expatrié :

– Ne pas grimper sur les murs, les plateformes ou les autels, surtout lorsqu’ils sont manifestement d’anciens lieux de culte ou de sépulture.

– Rester sur les chemins tracés, éviter de déplacer des pierres ou d’emporter « en souvenir » galets, coquillages ou fragments de construction.

– Demander, quand c’est possible, l’autorisation à un habitant ou à un responsable coutumier avant d’entrer sur un terrain qui n’est manifestement pas public.

– Garder une posture discrète : peu de paroles, pas de cris, pas de musique forte.

Là encore, l’idée n’est pas de « jouer aux ethnologues », mais simplement de se souvenir que ces lieux, même s’ils n’ont pas tous de panneaux explicatifs, sont souvent chargés de sens pour les populations locales.

Religion, langue et éducation : une même trame

À Wallis et Futuna, la religion est aussi une affaire de langue. La liturgie, le catéchisme, les chants, les sermons sont largement en wallisien ou en futunien, deux langues polynésiennes que plus de 90 % des adultes savent lire et écrire. Le français est présent, en particulier dans les institutions d’État, mais reste une langue minoritaire dans la vie familiale.

Pour un expatrié, cela a plusieurs conséquences :

Bon à savoir :

Assister à la messe implique souvent d’entendre principalement le wallisien ou le futunien, bien que la liturgie reste familière. Pour comprendre les prêches et annonces, il est nécessaire de maîtriser la langue locale ou de se faire traduire les points essentiels. Les enfants, quant à eux, suivent le catéchisme à l’école primaire dans le cadre de programmes adaptés du système français, ce qui les familiarise très tôt avec cette double dimension scolaire et religieuse.

Les choses évoluent – le transfert récent de la gestion de l’enseignement primaire de l’Église vers la vice-rectorat d’État en est un signe – mais la continuité reste forte : une école reste souvent, concrètement, « l’école du frère » ou « l’école de la sœur », tant les religieuses et prêtres y ont façonné l’histoire locale.

Religion, mariage et vie familiale : un cadre partiellement invisible pour les expatriés

Dans la vie quotidienne, la dimension religieuse se manifeste aussi dans des domaines qui, pour un expatrié, paraissent d’abord « privés » : le mariage, la gestion de la famille élargie, la répartition des tâches et des biens.

Le mariage, par exemple, est presque toujours pensé comme un événement à la fois coutumier et religieux. Une cérémonie civile à la mairie n’a guère de sens si elle n’est pas suivie d’une messe nuptiale et d’un katoaga. Le rôle des parents, des « papa » et « mama » (aînés respectés), est majeur ; leurs bénédictions, parfois mises en scène dans une liturgie familiale, valent reconnaissance sociale de l’union.

Pour un expatrié amené à participer à un mariage local – comme invité, collègue, voisin – l’attention aux codes est cruciale :

Astuce :

Lors d’un katoaga, la tenue vestimentaire doit être particulièrement soignée, souvent plus encore que pour une messe ordinaire. Les cadeaux offerts peuvent prendre la forme de biens de consommation ou de participation à l’achat d’objets traditionnels comme des porcs, des tissus ou des nattes, qui circuleront durant la cérémonie. Il est essentiel de respecter les longues séries de discours, de chants et de danses, qui constituent un échange symbolique complexe et non un simple spectacle. Pour cela, il convient de rester assis, d’être attentif et d’éviter de se lever fréquemment.

Même en dehors des grandes occasions, la morale familiale reste fortement imprégnée de catholicisme : importance des liens conjugaux, valorisation des familles nombreuses, place centrale des grands-parents, interdits sur certains comportements jugés contraires aux valeurs chrétiennes. Un expatrié peut ne pas partager ces normes, mais il gagnera à ne pas les heurter frontalement en public.

Travailler, gouverner, croire : un système à trois têtes

Autre point crucial pour toute personne appelée à travailler avec les institutions locales : Wallis et Futuna fonctionnent sur un équilibre délicat entre trois pôles d’autorité – l’administration française, la chefferie coutumière, et la mission catholique.

Pour un projet d’infrastructure, une politique publique, un événement sportif ou culturel, il ne suffit pas d’avoir l’accord du représentant de l’État ou de la collectivité territoriale. Il faut souvent aussi l’aval des rois et, de manière plus informelle, la bienveillance de l’Église. Les opérations de développement qui ignorent ce triangle institutionnel, ou qui traitent la dimension religieuse comme un simple folklore, s’exposent à des blocages ou à une méfiance durable.

Concrètement, cela signifie que :

Lorsqu’une inauguration a lieu, une messe ou au minimum une bénédiction est souvent organisée.

Le roi, l’évêque (ou son représentant) et le haut administrateur sont régulièrement assis côte à côte dans les cérémonies publiques.

– Un projet touchant aux terres, aux villages ou aux ressources naturelles gagnera à intégrer d’emblée, dans ses réunions de concertation, les autorités coutumières et, lorsque c’est pertinent, les paroisses.

Pour un expatrié missionné pour du développement, de la coopération, de l’enseignement ou de la santé, l’apprentissage de ces codes relationnels est au moins aussi important que la maîtrise des procédures administratives françaises.

Conseils pratiques pour expatriés : tisser des liens sans se renier

On peut vivre à Wallis et Futuna sans être croyant, sans aller à la messe chaque semaine, ni participer à toutes les fêtes. Mais on ne peut pas y vivre confortablement en ignorant ou en méprisant la dimension religieuse de la société.

Quelques axes peuvent aider à trouver un équilibre personnel :

Astuce :

Pour s’intégrer harmonieusement à Wallis-et-Futuna, il est important de respecter les pratiques locales. Cela inclut d’accepter d’assister à des messes importantes (lors des grandes fêtes, d’événements professionnels ou familiaux) en adoptant une posture respectueuse sans simuler des gestes de croyance. Apprenez quelques mots de wallisien ou de futunien, comme les salutations et remerciements, souvent utilisés après l’église. Renseignez-vous sur le calendrier des fêtes majeures auprès de collègues ou voisins pour éviter de planifier des réunions importantes durant un jour sacré. Enfin, portez une tenue sobre lorsque vous traversez les villages, car une tenue jugée normale sur une plage touristique ailleurs peut être considérée comme déplacée, surtout loin des zones de baignade.

Enfin, il est utile de garder en tête que l’attitude compte souvent davantage que la connaissance exhaustive des règles : une personne perçue comme respectueuse, curieuse sans être intrusive, prête à demander pardon si elle commet une maladresse, sera généralement très bien accueillie, même si elle ne partage pas la religion locale.

Conclusion : une foi vécue au collectif

Ce qui frappe le plus, pour un expatrié qui découvre Wallis et Futuna, c’est peut-être la dimension profondément collective de la religion. La messe dominicale, les katoaga, les pèlerinages, les grandes fêtes : tout se vit en groupe, en famille élargie, en village. On y vient pour prier, certes, mais aussi pour affirmer des solidarités, renouveler des alliances, régler des conflits, et transmettre un héritage commun.

Bon à savoir :

Dans ce contexte, il ne s’agit pas seulement de protocole dans les églises. C’est une clé pour saisir une société où la foi, la coutume et le politique sont étroitement liés. Pour un expatrié, savoir décoder et respecter ces codes avec tact favorise la confiance, améliore l’efficacité professionnelle et enrichit considérablement l’expérience humaine.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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