Fiscalité : impôt sur le revenu, taxe foncière Wallis et Futuna pour les expatriés

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer à Wallis et Futuna, ou y monter une structure, c’est entrer dans l’un des régimes fiscaux les plus atypiques de l’espace français. Pas d’impôt sur le revenu, pas d’impôt sur la fortune, pas de TVA, pas de CSG… À première vue, le tableau ressemble à celui d’un petit paradis fiscal. Mais cette absence d’impôt direct local ne signifie ni absence totale de prélèvements, ni disparition des obligations vis-à-vis de la France métropolitaine dès qu’il s’agit d’immobilier ou de revenus de source française.

Bon à savoir :

Wallis et Futuna est considéré comme un territoire fiscalement ‘étranger’ par la France, avec son propre système d’imposition. Il n’existe pas de convention de non-double imposition. Pour les expatriés (salariés, retraités, entrepreneurs, investisseurs), il est crucial de bien distinguer ce qui est imposé localement (comme l’impôt sur le revenu et la taxe foncière) de ce qui reste imposable en France métropolitaine.

Sommaire de l'article masquer

Un territoire français… mais fiscalement autonome

Wallis et Futuna est une collectivité d’outre‑mer régie par l’article 74 de la Constitution. À ce titre, elle dispose d’une autonomie fiscale complète. La compétence pour créer les impôts, en fixer l’assiette et les taux appartient exclusivement à l’Assemblée territoriale, sur la base de la loi statutaire du 29 juillet 1961 et du décret du 22 juillet 1957.

Attention :

Le droit fiscal métropolitain (Code général des impôts, TVA, impôt sur le revenu) ne s’applique pas par défaut. Le territoire a établi son propre système, principalement basé sur la fiscalité indirecte et des taxes professionnelles ciblées, tandis que l’État français finance la majorité des dépenses publiques.

On peut résumer ce paysage en opposant le fonctionnement fiscal local à celui de l’Hexagone.

Panorama comparé des grands impôts

Type de prélèvementFrance métropolitaineWallis et Futuna
Impôt sur le revenuOui, barème progressifNon
Impôt sur les sociétésOuiNon
TVAOui (taux normal 20 %…)Non (fiscalité de consommation spécifique)
Impôt sur la fortune immobilière (IFI)Oui (seuil 1,3 M€)Non
CSG / CRDSOui, sur la plupart des revenusNon
Cotisation foncière des entreprises (CFE)OuiNon
Taxe foncière localeOuiNon mentionnée, système foncier coutumier
Douanes / taxes à l’importMarginalesMajeures (jusqu’à 32 % sur pro)

Cette autonomie place Wallis et Futuna dans le petit club des collectivités françaises sans impôt sur le revenu – avec Saint‑Barthélemy et la Polynésie française –, tout en restant en dehors des listes françaises et européennes de territoires « non coopératifs ».

Impôt sur le revenu : l’impôt qui n’existe pas… localement

Le point central pour tout expatrié est simple : Wallis et Futuna n’a pas mis en place d’impôt sur le revenu des personnes physiques. La direction fiscale territoriale l’a confirmé par un communiqué officiel daté du 23 janvier 2023. Conséquence directe : aucun avis d’imposition sur le revenu n’est émis, et aucune attestation personnalisée de situation fiscale en matière d’IR ne peut être délivrée sur place.

Pour un résident sur le territoire, les salaires, pensions ou revenus professionnels de source locale ne supportent donc pas d’impôt sur le revenu local. En revanche, des cotisations sociales spécifiques existent, et surtout, la France continue de taxer les revenus de source française selon les règles des non‑résidents.

Un « trou noir » fiscal local pour les particuliers

Le régime de Wallis et Futuna se caractérise par une absence quasi totale de fiscalité directe sur les personnes :

Avantages fiscaux

Principaux impôts et taxes dont les particuliers sont exonérés dans cette juridiction

Impôt sur le revenu

Pas d’impôt sur le revenu.

Revenus de capitaux

Pas d’impôt sur les revenus de capitaux mobiliers (dividendes, intérêts).

Impôt sur la fortune

Pas d’impôt sur la fortune ni de déclinaison immobilière (IFI).

CSG et CRDS

Pas de CSG ni de CRDS.

Cotisation foncière

Pas de CFE pour les personnes physiques exerçant à titre individuel.

Taxes formation

Pas de taxes d’apprentissage ou de formation professionnelle.

Pour un salarié, la seule pression récurrente porte sur les cotisations sociales locales : 6 % à la charge du salarié pour la retraite, 20 % pour l’employeur (14 % retraite, 6 % prestations familiales), versées à la caisse de prestations sociales (CPSWF). Ces contributions n’ont pas la nature d’un impôt sur le revenu, mais conditionnent la couverture sociale locale.

Quand l’Hexagone vous considère comme non‑résident

Fiscalement, la France distingue strictement les résidents et les non‑résidents. Dès lors que votre domicile fiscal est à l’étranger – ce qui inclut les collectivités à fiscalité autonome comme Wallis et Futuna – vous n’êtes plus imposable en France que sur vos revenus de source française.

C’est ici que la situation se complexifie pour les expatriés :

Exemple :

Un résident de Wallis et Futuna n’est pas imposé en France métropolitaine sur ses revenus locaux, tels que les salaires versés sur le territoire ou les bénéfices d’une activité exercée sur place. En revanche, ses revenus de source métropolitaine, comme les loyers perçus d’un appartement à Lyon, les dividendes d’actions françaises ou la plus-value réalisée sur la vente d’une maison à Toulouse, restent soumis à l’impôt en France.

En pratique, pour l’année de départ, vous devez en principe :

déposer une déclaration classique (formulaire 2042) pour la période du 1er janvier à la date de départ, couvrant vos revenus mondiaux tant que vous étiez résident français ;

déposer une déclaration 2042‑NR pour la période postérieure à votre départ, en n’y incluant que les revenus de source française.

Une fois installé à Wallis et Futuna, c’est le Service des impôts des particuliers non‑résidents (SIPNR) de Noisy‑le‑Grand qui pilote votre dossier pour l’impôt sur le revenu lié à la France.

Barème français et taux minimum pour les non‑résidents

Les non‑résidents sont taxés en France sur leurs revenus de source française au barème progressif, mais avec un garde‑fou : un taux minimum effectif de 20 % sur la fraction de revenu imposable inférieure à un certain seuil, puis 30 % au‑delà. Autrement dit, même si l’application mécanique du barème donnerait un taux moyen inférieur, l’administration retient au minimum ces 20 % / 30 %, sauf si vous démontrez, en déclarant vos revenus mondiaux, que votre taux moyen serait plus faible.

Bon à savoir :

Pour un expatrié installé à Wallis et Futuna qui loue un appartement en France, l’impôt sur le revenu se calcule comme pour tout non-résident fiscal français, avec une règle de sécurité au bénéfice du Trésor public français.

Un cas emblématique : le fonctionnaire d’État à Wallis et Futuna

Les fonctionnaires d’État métropolitains détachés à Wallis et Futuna constituent un cas particulier. Leurs rémunérations sont très majorées :

salaire de base augmenté de 105 % ;

indemnité d’éloignement représentant 9 mois de traitement pour un contrat de 2 ans (soit l’équivalent de 42 mois payés pour 24 mois sur place) ;

majorations familiales (10 % pour le conjoint, 5 % par enfant).

Si leur résidence principale est considérée comme située à Wallis et Futuna, cette rémunération n’est pas imposable à l’impôt sur le revenu français, en application des règles propres aux agents publics à l’étranger. Ils restent toutefois redevables, le cas échéant, d’impôts en France sur d’autres revenus de source française (locatifs, financiers, etc.) et éventuellement de l’IFI sur leur patrimoine immobilier situé en métropole, si les seuils sont franchis.

Taxe foncière : pas de taxe locale, mais une lourde facture possible en métropole

Sur le territoire lui‑même, les textes disponibles ne font état d’aucune taxe foncière structurée comme en métropole. La gestion du foncier y est largement coutumière, avec des droits d’usage et de propriété collectifs qui rendent difficile la mise en place d’un impôt cadastral classique. Cette absence est d’ailleurs considérée comme un frein au développement de projets d’infrastructures et à l’essor entrepreneurial.

En revanche, un expatrié installé à Wallis et Futuna qui possède un bien immobilier en France reste pleinement soumis à la taxe foncière métropolitaine. Et cette taxe ne disparaît pas avec le départ à l’étranger.

Comment fonctionne la taxe foncière en France pour un expatrié

En métropole, la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) est due par le propriétaire, qu’il soit résident ou non‑résident, dès lors qu’il possède le bien au 1er janvier de l’année d’imposition. Le fait que le bien soit loué ou vacant ne change rien au principe : l’avis est adressé au propriétaire.

50

Pourcentage de réduction forfaitaire appliqué à la valeur locative cadastrale avant le calcul de la taxe foncière.

La taxe foncière a plusieurs composantes :

Astuce :

La taxe foncière se compose de trois éléments principaux : la taxe sur les propriétés bâties (applicable aux maisons, appartements, locaux commerciaux, parkings, etc.) ; la taxe sur les propriétés non bâties (pour les terrains) ; et la taxe ou redevance d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM), qui est souvent récupérable sur le locataire via les charges locatives.

Pour un non‑résident, les règles de calcul sont strictement les mêmes que pour un résident. Il n’existe pas, aujourd’hui, de régime dérogatoire propre aux expatriés installés dans une collectivité comme Wallis et Futuna. La seule différence pratique tient à la réception des avis et au paiement, qui nécessitent de maintenir une adresse postale fiable ou un accès dématérialisé.

Tableau récapitulatif : ce qu’un expatrié doit encore payer en France

Type de bien possédé en FranceTaxe foncière due ?Particularités pour un résident à Wallis et Futuna
Résidence principale conservée en FranceOuiTaxe foncière intégrale, TEOM éventuelle, pas d’exonération spéciale
Résidence secondaireOuiTaxe foncière intégrale, surcharges locales possibles
Bien locatif (appartement, maison)OuiTaxe foncière pour le propriétaire, TEOM récupérable sur le locataire
Terrain nuOui (TFPNB)Régime de la taxe foncière sur les propriétés non bâties
Aucun bien immobilier en FranceNonPas de taxe foncière, mais IFI possible si immobilier via société

Les exonérations et abattements (pour petits revenus, personnes âgées, handicapées, etc.) restent, en pratique, difficiles à mobiliser pour un non‑résident, dont les revenus ne sont plus appréhendés de la même manière par l’administration.

Revenus immobiliers en France : l’impôt reste dû malgré l’absence d’IR local

Même si l’on ne paie aucun impôt sur le revenu à Wallis et Futuna, les revenus locatifs provenant de biens situés en France demeurent imposables en métropole. Pour l’administration française, ces revenus sont de source française, et le domicile fiscal à Wallis et Futuna vous classe dans la catégorie des non‑résidents.

Location nue : micro‑foncier ou régime réel, même pour un expatrié

Pour un appartement loué nu à Paris ou à Bordeaux, deux régimes sont possibles :

le micro‑foncier, si les loyers bruts annuels n’excèdent pas 15 000 € : l’administration applique alors un abattement forfaitaire de 30 % pour charges, et vous êtes imposé sur 70 % des loyers ;

le régime réel, obligatoire au‑delà de 15 000 € ou sur option, qui permet de déduire les charges réelles (travaux, intérêts d’emprunt, assurances, charges de copropriété, taxes foncières, etc.).

Bon à savoir :

Le résultat net foncier, qu’il soit positif ou négatif, est intégré à votre base imposable française et soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Pour les non-résidents, des taux minimums de 20 % et 30 % peuvent s’appliquer. La déclaration nécessite de compléter l’annexe 2044 pour détailler vos revenus fonciers et les charges associées, puis de reporter les montants calculés sur votre déclaration principale (formulaire 2042).

Location meublée : bénéfices industriels et commerciaux

Pour une location meublée – qu’il s’agisse d’un studio étudiant ou d’un bien touristique – le traitement bascule dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) :

régime micro‑BIC si les recettes annuelles sont inférieures à un certain seuil, avec un abattement de 50 % (ou 71 % pour les meublés de tourisme classés) ;

régime réel BIC, sur option ou au‑delà du seuil, avec déduction des charges et, surtout, amortissement de l’immeuble et du mobilier.

Le résultat est soumis au même mécanisme de taux minimum pour non‑résidents. En pratique, la location meublée peut, bien gérée, réduire fortement la base imposable, mais ne vous exonère pas d’impôt.

Prélèvements sociaux : une question de régime de sécurité sociale

Les revenus immobiliers de source française supportent également les prélèvements sociaux, en principe au taux global de 17,2 %. Néanmoins, pour les non‑résidents affiliés à un régime de sécurité sociale d’un autre État de l’Espace économique européen ou de la Suisse, ces contributions peuvent être réduites à 7,5 %, via une exonération partielle de CSG/CRDS.

Dans le cas de Wallis et Futuna, qui n’appartient pas à l’EEE, cette réduction n’a, en l’état, pas vocation à s’appliquer directement. Les cotisations au régime local (CPSWF) ne sont pas assimilées à un régime d’un autre État membre, ce qui laisse, en pratique, la pleine charge des prélèvements sociaux français sur les revenus immobiliers.

L’IFI : la fortune immobilière reste imposable en France

Autre point sensible : l’impôt sur la fortune immobilière (IFI). Le fait de résider à Wallis et Futuna ne supprime pas l’IFI sur les biens immobiliers français. Si la valeur nette de vos biens immobiliers situés en France dépasse 1,3 million d’euros au 1er janvier, vous restez redevable de cet impôt, même si votre lieu de vie principal se trouve à 22 000 kilomètres de Paris.

Un résident de Wallis et Futuna :

n’est pas imposé localement sur son patrimoine immobilier, faute d’IFI territorial ;

– mais peut être imposé en métropole sur ses immeubles français, comme tout non‑résident, via la déclaration 2042‑IFI.

Propriété foncière locale : coutume, absence de cadastre et impôt introuvable

L’une des grandes particularités de Wallis et Futuna tient à son régime foncier. La terre relève majoritairement du droit coutumier, avec des droits d’usage collectifs et familiaux qui ne se traduisent pas par des titres individuels stables comme en France métropolitaine. Cette situation complique fortement l’introduction d’une taxe foncière classique, assise sur une valeur cadastrale.

Les rapports officiels soulignent que :

Bon à savoir :

L’absence de droits de propriété sécurisés et d’un cadastre fiable entrave les projets publics et l’accès au crédit pour les projets privés. En conséquence, les recettes fiscales locales dépendent principalement des douanes et de taxes spécifiques, et non d’une imposition foncière.

Pour un expatrié qui envisagerait d’acheter un terrain ou de construire une maison sur place, la question fiscale est donc paradoxalement secondaire par rapport à la question juridique : quel droit de propriété ou d’usage sera reconnu, et selon quelles règles coutumières ? À ce stade, aucun dispositif de taxe foncière territoriale ne vient structurer la détention immobilière.

Un « paradis » pour les sociétés sans activité locale

Au‑delà des particuliers, Wallis et Futuna attire aussi l’attention pour ses règles destinées aux sociétés, en particulier celles sans activité locale. Là encore, la logique est radicalement différente de celle de la France métropolitaine.

Il n’existe pas d’impôt sur les sociétés au sens classique, ni de TVA. À la place, le territoire a mis en place des contributions forfaitaires et des taxes de patente.

La patente pour les entreprises ayant une activité locale

Toute personne physique ou morale qui exerce, pour son propre compte et à but lucratif, une activité dont le siège est établi à Wallis et Futuna doit acquitter une patente. Celle‑ci comprend :

un droit fixe annuel, variable selon la nature de l’activité, entre environ 84 € et 7 542 € ;

– un droit additionnel spécifique pour le commerce d’alcool, entre 126 € et 838 € ;

une taxe additionnelle de 30 % au profit de la chambre de commerce (CCIMA), calculée sur le montant principal de la patente.

On est donc face à un impôt de capitation professionnelle, plutôt qu’à un impôt proportionnel aux bénéfices. Que l’entreprise gagne ou perde de l’argent, la patente est due.

Caractéristique de l’impôt

À côté de cette patente, les entreprises subissent la forte fiscalité indirecte sur les importations professionnelles : environ 32 % de la valeur des marchandises (20 % de taxe d’entrée, 10 % de droits de douane, 2 % de droit proportionnel). Pour un commerce, une industrie ou un artisanat local, c’est ce poste, plus que l’impôt sur les bénéfices, qui pèse sur la rentabilité.

La taxe sur les sociétés sans activité à Wallis et Futuna

Le dispositif le plus emblématique, pour les expatriés investisseurs ou pour les montages de holding, est la « Taxe sur les sociétés sans activité à Wallis‑et‑Futuna ». Elle vise les entreprises qui ont un lien juridique avec le territoire (enregistrement, siège…) mais n’y exercent aucune activité effective.

Cette taxe est : la contribution sociale généralisée.

8360

Montant annuel du droit fixe forfaitaire, indépendant du chiffre d’affaires ou du bénéfice, pour les opérateurs concernés.

Le montant est donc connu à l’avance, et ne varie pas selon la santé économique de la structure. C’est ce caractère résolument déconnecté du résultat qui explique que Wallis et Futuna ait parfois été décrit comme une destination pour boîtes aux lettres du Pacifique, même si le territoire ne figure pas dans les listes noires françaises ou européennes.

Exemple chiffré : une holding immatriculée sur place sans activité locale

ScénarioCharge fiscale annuelle locale
Holding immatriculée à Wallis et Futuna,8 360 € de taxe forfaitaire
sans activité sur le territoire(hors droits additionnels spécifiques éventuels)
Bénéfice de 0 € ou 10 M€Charge locale identique

Pour un groupe international cherchant à optimiser sa fiscalité sur les dividendes ou les plus‑values, l’absence d’impôt sur les sociétés et de retenue locale sur les distributions est évidemment attractive. Mais ces structures restent exposées aux règles anti‑abus des juridictions où se situent réellement les activités et les actionnaires.

Importations, douanes et effets pour les expatriés

Si l’impôt sur le revenu local est nul, le coût de la vie, lui, ne l’est pas. Wallis et Futuna dépend massivement des importations pour l’alimentation, les matériaux de construction, l’énergie. Or ces flux constituent la base principale de la fiscalité territoriale.

Les marchandises importées pour un usage professionnel sont lourdement taxées, avec un cumul de :

taxe d’entrée (en moyenne autour de 20 % de la valeur) ;

droits de douane (environ 10 %) ;

droit proportionnel (2 %).

Attention :

Une taxe d’environ 32 % sur la valeur des biens impacte directement les prix de vente. Pour les expatriés, cela se traduit par un coût de la vie élevé sur de nombreux produits, et ce, malgré un salaire net d’impôt sur le revenu.

Lors d’un transfert de résidence vers le territoire, les biens mobiliers personnels peuvent bénéficier d’une admission en franchise de droits et taxes, sous certaines conditions (propriété et usage antérieurs prouvés, non‑revente pendant 12 mois, etc.). Les véhicules (voitures, motos, bateaux, avions) restent cependant exclus de cette franchise.

Résidence fiscale : Wallis et Futuna vue depuis Paris

Pour l’administration française, Wallis et Futuna fait partie des collectivités « à fiscalité autonome », assimilées à des États étrangers au regard de l’impôt. Concrètement :

Astuce :

Un contribuable domicilié à Wallis-et-Futuna est généralement considéré comme non-résident fiscal de France, sauf exceptions spécifiques (comme les fonctionnaires en service). En cette qualité, il n’est imposable en France que sur ses revenus de source française, selon les règles applicables aux non-résidents. Ses revenus perçus à Wallis-et-Futuna sont considérés comme des revenus de source étrangère. Ces revenus devront être déclarés, le cas échéant, via le formulaire 2047 s’il redevient résident fiscal français par la suite.

Cette qualification a des effets importants en cas de retour en France. L’année du retour, le contribuable doit de nouveau scinder sa déclaration : revenus français et étrangers avant la date de retour (sous statut non‑résident), puis revenus mondiaux après le retour (sous statut résident).

Ce que cela change pour l’impôt sur le revenu

Pour un expatrié qui aurait passé plusieurs années à Wallis et Futuna sans payer d’impôt local, un retour en métropole s’accompagne d’un basculement complet :

Attention :

À compter du retour en France, vous êtes redevable de l’impôt sur le revenu sur l’ensemble de vos revenus mondiaux. Le prélèvement à la source s’appliquera avec un taux personnalisé calculé après votre première déclaration. Vous devez également déclarer vos comptes bancaires étrangers, contrats d’assurance-vie souscrits à l’étranger et comptes d’actifs numériques, même s’ils sont liés à votre ancienne résidence à Wallis et Futuna.

Pour un investisseur qui aurait construit un patrimoine à partir de revenus non imposés localement, le choc fiscal peut être significatif dès le retour en France.

Double imposition : une zone grise faute de convention

Autre élément décisif : contrairement à la Polynésie française, qui bénéficie d’un accord d’assistance administrative avec l’État et d’un traité ancien sur les revenus de capitaux mobiliers, Wallis et Futuna ne dispose d’aucune convention bilatérale avec la France destinée à éviter les doubles impositions.

En théorie, cela signifie que les revenus de source Wallis et Futuna pourraient être imposés en France si le contribuable y redevenait résident, sans mécanisme conventionnel explicite de crédit d’impôt. En pratique, l’absence d’impôt sur le revenu local atténue le risque de double imposition économique, mais laisse entière la question de la qualification des revenus étrangers et de leur intégration dans le calcul du taux effectif français.

Exemple :

La doctrine fiscale française distingue deux grands mécanismes pour l’imposition des revenus de source étrangère : l’imposition selon le régime de droit commun (avec un crédit d’impôt pour éviter la double imposition) et le régime de l’exonération sous conditions, notamment pour certains revenus professionnels.

l’exonération avec prise en compte pour le taux effectif : le revenu étranger n’est pas taxé en France, mais sert à déterminer le taux moyen applicable aux revenus imposables en France ;

le crédit d’impôt : la France taxe le revenu mais accorde un crédit égal soit à l’impôt étranger, soit à l’impôt français correspondant, afin de neutraliser la double imposition.

En l’absence de texte spécifique, c’est le droit interne qui s’applique et peut aboutir à une imposition pleine et entière en France des revenus passés perçus à Wallis et Futuna, si le contribuable devient à nouveau résident français. La prudence et un accompagnement spécialisé s’imposent donc avant tout changement de statut.

Entre attractivité fiscale et faible niveau de vie

Les données économiques replacent ce régime dans son contexte. Wallis et Futuna figure parmi les territoires les plus pauvres de la République française en termes de PIB par habitant, avec environ 10 000 € annuels, très loin de la moyenne métropolitaine. Les prélèvements obligatoires représentent environ 16 % du PIB, contre plus de 40 % en métropole, et ne financent qu’un cinquième des dépenses publiques. L’État français couvre près des trois quarts du budget local.

Bon à savoir :

La collectivité, caractérisée par une faible densité fiscale et une économie de subsistance, ne prélève ni impôt sur le revenu ni taxe foncière structurée. Ses recettes proviennent principalement des droits de douane et de taxes spécifiques (tabac, hydrocarbures, électricité, immatriculations).

Pour un expatrié, l’attractivité fiscale (zéro IR local, charges sociales modérées, absence de TVA) est tempérée par :

un coût de la vie élevé dû aux importations fortement taxées ;

– un marché de l’emploi limité, très dépendant du secteur public ;

une économie peu diversifiée, où l’investissement productif reste contraint par le foncier coutumier.

Ce qu’il faut retenir si vous êtes expatrié à Wallis et Futuna

Pour conclure, quelques points clés s’imposent lorsque l’on aborde la fiscalité – impôt sur le revenu et taxe foncière – à Wallis et Futuna pour les expatriés :

Bon à savoir :

Sur place, vous ne paierez pas d’impôt sur le revenu, de taxe foncière locale, d’ISF ou de CSG/CRDS. Les prélèvements principaux sont les cotisations sociales locales et les droits de douane. Vis-à-vis de la France, vous êtes considéré comme non-résident : vos revenus et biens français (immobiliers notamment) restent imposables en France (impôt sur le revenu, prélèvements sociaux, taxe foncière, IFI). Il n’existe pas de convention fiscale spécifique pour éviter la double imposition, nécessitant une attention particulière aux années de départ/retour et à la structuration du patrimoine. Pour les sociétés sans activité locale, le régime est attractif (pas d’IS, pas de taxation des dividendes) mais soumis à une taxe forfaitaire annuelle de 8 360 € et aux dispositifs anti-abus internationaux.

Ce territoire fonctionne donc comme une enclave fiscale très singulière au sein de la République, où la quasi‑absence d’impôt sur le revenu et de taxe foncière locale ne doit jamais faire oublier que la France métropolitaine continue de taxer, sans ménagement particulier, tout ce qui reste ancré dans son propre sol : loyers, plus‑values, patrimoine immobilier. Pour un expatrié, la clé réside dans l’anticipation : cartographier ses revenus et ses actifs par source géographique, organiser son départ, son éventuel retour, et éviter de confondre absence d’impôt local et disparition pure et simple de toute obligation fiscale.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Wallis et Futuna, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler Wallis et Futuna, territoire français d’outre-mer sans impôt sur le revenu local et sans impôt sur la fortune, permettant une forte réduction de la pression fiscale tout en restant dans l’écosystème juridique français. La mission a inclus : audit fiscal pré-expatriation (exit tax ou non, conventions applicables), obtention du statut de résident sur place, organisation de la protection sociale (CPAM, couverture locale), transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors métropole, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, notaire coutumier, experts bilingues) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire).

Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.

Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.

RETROUVEZ-MOI RÉGULIÈREMENT DANS LA PRESSE

Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.

A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux :
  • LinkedIn
  • Twitter
  • YouTube
Nos guides :