Vivre avec la religion au quotidien : guide des pratiques locales pour expatriés à Oman

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer à Oman, c’est entrer dans un pays où la religion n’est pas seulement une affaire de foi privée, mais un cadre qui structure les rythmes de la journée, les relations sociales, le calendrier des fêtes, la manière de se vêtir et même la politique étrangère. Pour un expatrié, comprendre ces codes n’est pas qu’une question de politesse : c’est la clé pour se sentir vraiment intégré et éviter les faux pas.

Bon à savoir :

Ce guide explique les spécificités de la vie dans un pays à majorité ibadite. Il détaille le déroulement des fêtes religieuses comme le Ramadan, l’Aïd al-Fitr et l’Aïd al-Adha, ainsi que les comportements attendus dans l’espace public, en entreprise et dans les mosquées. Il précise également comment la politique officielle de tolérance religieuse s’applique concrètement pour les non-musulmans.

Un pays musulman… mais pas comme les autres

Oman est situé à l’extrémité sud-est de la péninsule Arabique. Moderne, pacifique et réputé pour sa stabilité, le pays reste profondément attaché à ses racines islamiques et à ses valeurs traditionnelles : importance de la famille, respect des aînés, modestie dans l’attitude et l’habillement, sens aigu de l’accueil.

L’identité ibadite, colonne vertébrale d’Oman

Contrairement à la plupart de ses voisins majoritairement sunnites ou chiites, Oman est, de façon unique au monde, un pays à majorité ibadite. L’Ibadisme est une des plus anciennes branches de l’islam, antérieure à la séparation sunnite-chiite. En Oman, environ 70 % des musulmans sont ibadites selon certaines estimations, et d’autres sources chiffrent les ibadites et les sunnites chacun autour de 45 % des musulmans, les chiites représentant environ 5 %. Quoi qu’il en soit, c’est l’Ibadisme qui façonne l’imaginaire religieux national.

Attention :

L’Ibadisme se distingue par son insistance sur la modération, la justice et la responsabilité personnelle. Contrairement aux courants extrémistes, il rejette la pratique du takfir (excommunication). Les ibadites considèrent les autres musulmans non comme des apostats, mais comme des « ingrats » envers Dieu, favorisant ainsi une coexistence pacifique entre les différentes écoles de l’islam.

Cette tradition religieuse a fortement inspiré le positionnement politique du pays : recherche du compromis, refus des alignements de bloc, rôle de médiateur dans les conflits régionaux, dialogue avec tous – de l’Iran aux pays du Golfe, en passant par les acteurs occidentaux. Pour un expatrié, cela se ressent dans une atmosphère généralement tolérante et peu conflictuelle au quotidien.

Diversité religieuse et cadre légal

L’article 2 de la Loi fondamentale omanaise affirme que l’islam est religion d’État, mais la constitution garantit aussi la liberté de croyance et interdit la discrimination fondée sur la religion. Environ 90 à 95 % de la population est musulmane ; le reste se compose de chrétiens, d’hindous, de quelques bouddhistes, sikhs et d’autres minorités.

Bon à savoir :

Les non-musulmans peuvent pratiquer leur religion dans des lieux de culte officiellement reconnus ou en privé. Mascate dispose d’églises (catholiques, protestantes, orthodoxes), de deux grands temples hindous, ainsi que de lieux de culte pour sikhs et bouddhistes. Tous ces lieux doivent être enregistrés auprès du ministère des Affaires religieuses (Ministry of Endowments and Religious Affairs, MERA).

Le même cadre légal qui protège les minorités fixe aussi des limites : il est par exemple interdit de faire du prosélytisme en public. La diffamation de toute religion (islamique ou non) est pénalement réprimée, y compris lorsqu’elle est commise en ligne. Pour un expatrié, cela signifie que l’on peut vivre sa foi (ou son absence de foi) tranquillement, mais qu’il faut éviter les débats religieux agressifs, les critiques de l’islam ou du prophète, et toute activité de conversion visible.

Comment la religion rythme la vie quotidienne

À Oman, la pratique religieuse est profondément imbriquée dans l’organisation du temps, le fonctionnement des entreprises, le paysage urbain et les usages sociaux.

Les cinq prières quotidiennes et le vendredi

Les cinq prières canoniques – Fajr (aube), Dhuhr (midi), Asr (après-midi), Maghrib (coucher du soleil), Isha (nuit) – rythment la journée. L’appel à la prière (adhan) retentit des minarets dans toutes les villes, rappelant ce tempo spirituel.

Astuce :

Bien que la loi civile n’impose pas la prière aux non-musulmans, la société s’adapte à ces moments. Les commerces peuvent fermer brièvement, le trafic se calme près des mosquées et les employés pratiquants s’absentent quelques minutes, notamment pour les prières de Dhuhr et Asr. Le vendredi, jour de la prière communautaire (Jumu’ah), est le principal jour de repos, remplaçant le dimanche. De nombreux bureaux et commerces ont alors des horaires réduits ou sont fermés.

Pour s’adapter, un expatrié gagne à :

intégrer les horaires de prière dans la planification des rendez-vous,

éviter de programmer des réunions cruciales pendant le créneau de la prière du vendredi,

accepter qu’un collègue se retire brièvement pour aller prier.

Les études sur la prière en général montrent qu’elle joue un rôle de régulation émotionnelle, de discipline et de cohésion sociale. À Oman, cela se voit dans l’importance accordée à la régularité des prières et à leur dimension communautaire.

Rôle central de la mosquée

La mosquée n’est pas qu’un lieu de culte : c’est un point de rassemblement social, un espace d’enseignement religieux, parfois même un lieu associé à des événements de vie (premières récitations coraniques des enfants, annonces de mariage).

Exemple :

À Oman, les fidèles des principales écoles de l’islam (ibadite, sunnite et chiite) prient souvent ensemble dans les mêmes mosquées. Un exemple emblématique est la Grande Mosquée Sultan Qaboos à Mascate, dont l’architecture intègre délibérément des éléments des trois traditions. Cette coexistence s’accompagne d’une régulation stricte : les imams doivent être enregistrés, les prêches du vendredi sont harmonisés à partir de textes validés par le Ministère des Affaires Religieuses (MERA), et les sermons ne peuvent pas aborder de sujets politiques.

Pour un non-musulman, la mosquée est avant tout un espace sacré qui impose un comportement irréprochable : tenue modeste, voix basse, déplacements respectueux, aucune photo des fidèles en prière, chaussures retirées à l’entrée de la salle de prière.

Ramadan à Oman : ce que les expatriés doivent vraiment savoir

Ramadan est sans doute le moment où la dimension religieuse d’Oman se fait le plus sentir dans la vie quotidienne des expatriés. C’est le neuvième mois du calendrier lunaire islamique, considéré comme l’un des plus saints. Les musulmans jeûnent de l’aube au coucher du soleil : ni nourriture, ni boisson, ni cigarette dans ce laps de temps. Ramadan est aussi un mois de prière renforcée, de lectures coraniques, de charité et de vie communautaire.

Le cadre légal : une règle qui s’applique aussi aux non-musulmans

À Oman, le respect du jeûne se double d’un encadrement juridique. L’article 277 du Code pénal interdit de manger et de boire en public pendant les heures de jeûne, pour toute personne de plus de 15 ans, quelle que soit sa religion. Les contrevenants risquent une peine de prison allant de 10 jours à trois mois.

Concrètement, un expatrié ou un voyageur non-musulman doit :

Bon à savoir :

Pendant le mois de Ramadan, il est important de respecter les pratiques locales en public. Il convient d’éviter de manger, de boire, de fumer ou de mâcher du chewing-gum entre l’aube et le coucher du soleil. Les repas doivent être pris uniquement dans des espaces privés (domicile, chambre d’hôtel, véhicule fermé) ou dans des zones discrètes aménagées dans certains restaurants d’hôtels. De plus, la musique forte est proscrite en journée ; la législation et l’usage privilégient le calme ou la diffusion de récitations coraniques dans les lieux publics.

Cette rigueur distingue Oman de destinations voisines comme Dubaï, où l’on tolère davantage le fait que des non-musulmans mangent dans certains espaces publics.

Ambiance et horaires pendant Ramadan

La journée est plus lente : fatigue, baisse d’énergie, chaleur et jeûne expliquent un rythme moins soutenu. Les horaires de travail sont d’ailleurs officiellement réduits : cinq heures quotidiennes dans la fonction publique (par exemple 9 h–14 h), six heures par jour dans le secteur privé. Beaucoup de petits commerces ferment plus longtemps en journée pour rouvrir en soirée.

Les restaurants et cafés hors hôtels sont, en général, fermés pendant la journée. Les hôtels internationaux restent le principal refuge pour déjeuner à l’abri des regards, souvent derrière des cloisons ou dans des salles non visibles depuis l’extérieur. Les grandes surfaces et centres commerciaux ouvrent mais adaptent leurs horaires, avec une forte affluence en fin de journée et en soirée.

Exemple :

À l’approche du coucher du soleil (Maghrib), la circulation devient intense alors que les gens se pressent pour rentrer chez eux ou rejoindre la mosquée. Immédiatement après l’appel à la prière, les familles rompent le jeûne avec l’Iftar, commençant traditionnellement par des dattes et de l’eau avant de partager un repas plus substantiel. Les villes s’animent alors : les souks et marchés se remplissent, tandis que les parcs et les plages se transforment en lieux de pique-nique nocturne, illustrant l’atmosphère communautaire et festive de ce moment.

Pour les expatriés, il est judicieux de :

éviter de conduire juste avant l’Iftar, où la circulation devient nerveuse ;

anticiper les achats alimentaires en dehors de ce créneau ;

accepter une invitation à l’Iftar lorsqu’elle se présente : c’est l’une des expériences culturelles les plus riches du pays.

Conseils pratiques pour expatriés et visiteurs pendant Ramadan

Voyager ou travailler à Oman pendant Ramadan n’a rien d’impossible, à condition de bien l’anticiper.

Voici un tableau récapitulatif de quelques effets concrets de Ramadan sur la vie quotidienne et la bonne façon de s’y adapter :

Aspect de la vie quotidienneParticularités pendant RamadanConseils pour expatriés et visiteurs
Restauration en journéeRestaurants de rue et cafés fermés ou à huis closPrivilégier les restaurants d’hôtels, stocker snacks/eau à consommer discrètement
Horaires de travailJournée raccourcie (5–6 h), productivité concentrée le matinProgrammer les réunions importantes en début de journée
Conduite et traficCirculation dense avant Iftar, baisse de vigilance chez certains conducteursÉviter de conduire avant le Maghrib, prévoir des marges horaires
Tenue vestimentaireAttente accrue de sobriété et de pudeurAllonger manches et bas de vêtements, éviter tenues moulantes ou trop décontractées
Vie socialeActivité nocturne intense : Iftar, souks, visites familialesDécouvrir les marchés nocturnes, accepter les invitations, rester flexible
Consommation d’alcoolVente stoppée dans les points de vente spécialisés, service retardé dans les hôtelsAnticiper, accepter une consommation très limitée et plus tardive

Les applications de livraison (Talabat, par exemple) continuent de fonctionner, ce qui peut aider à organiser ses repas dans l’intimité. Lors d’excursions de journée, emporter de l’eau et des encas dans un sac, et convenir avec le guide de moments discrets pour se restaurer, est généralement accepté.

Eid al-Fitr et Eid al-Adha : deux fêtes majeures à connaître

Au terme de Ramadan arrive Eid al-Fitr, la “fête de la rupture du jeûne”. Plus tard dans l’année, Eid al-Adha, la “fête du sacrifice”, commémore la volonté d’Ibrahim de sacrifier son fils sur l’ordre de Dieu. Ces deux fêtes sont des jours fériés nationaux et ont un impact concret sur la vie des expatriés.

Eid al-Fitr : célébrer la fin du jeûne

Eid al-Fitr commence après l’observation du nouveau croissant lunaire. La veille, les familles font le ménage, achètent des vêtements neufs, préparent des plats festifs et versent l’aumône spécifique de fin de Ramadan (Zakat al-Fitr), destinée aux plus démunis.

Le matin d’Eid, les fidèles se rendent à une grande prière collective (Salat al-Eid) organisée dans les mosquées ou sur de vastes esplanades. Les hommes portent souvent une dishdasha immaculée, les femmes des abayas élégantes, parfois des robes traditionnelles colorées. Les salutations ‘Eid Mubarak’ fusent dans tous les sens, et les visites familiales s’enchaînent. Les enfants reçoivent cadeaux et enveloppes d’argent.

Célébration de l’Eid

Sur le plan culinaire, c’est l’occasion de savourer des spécialités comme le shuwa (agneau cuit lentement dans un four creusé dans le sol), les grands plats de riz et viande (kabsa, mandi, majboos), la halwa omanaise parfumée au safran et à l’eau de rose, et bien sûr des montagnes de dattes.

Pour les non-musulmans, Eid al-Fitr est un moment privilégié pour :

voir un Oman plus festif, avec des tenues traditionnelles partout ;

profiter d’offres spéciales dans les hôtels et restaurants ;

– accepter, là encore, les invitations dans les familles ou les majlis (salons de réception).

En contrepartie, beaucoup de services sont perturbés : administrations fermées, certains commerces réduits à un service minimum. Mieux vaut éviter de lancer un gros projet professionnel pendant la semaine d’Eid.

Eid al-Adha : la fête du sacrifice et de la solidarité

Eid al-Adha se tient environ 70 jours après Eid al-Fitr. Elle coïncide avec le grand pèlerinage à La Mecque (Hajj), que les Omanais accomplissent en nombre chaque année. Si La Mecque reste interdite aux non-musulmans, vous verrez à Oman l’écho de ce pèlerinage dans les sermons et dans l’ambiance générale.

Exemple :

Le rituel central de cette fête est le sacrifice d’un animal (l’Udhiya, souvent un mouton ou une chèvre). La viande est ensuite divisée en trois parts égales : une pour la famille, une pour les proches et les voisins, et une pour les personnes dans le besoin. Ce partage symbolise l’esprit de sacrifice personnel et de solidarité communautaire qui définit la célébration.

Les journées d’Eid al-Adha sont également fériées et s’étalent sur plusieurs jours. Conséquence pratique pour les expatriés : une grande partie des commerces ferme, les administrations s’arrêtent, et la logistique de voyage (par exemple pour un road trip ou un week-end dans le désert) doit être planifiée avec soin.

Voici une comparaison synthétique des deux grandes fêtes pour mieux s’y retrouver :

Élément cléEid al-FitrEid al-Adha
Moment de l’annéeImmédiatement après RamadanEnviron 70 jours après Eid al-Fitr (pendant Dhu al-Hijja)
Sens principalFin du jeûne, gratitude, pardonSacrifice, charité, lien avec le Hajj
Rituel centralPrière d’Eid, aumône de fin de jeûne (Zakat al-Fitr)Prière d’Eid, sacrifice animal (Udhiya)
Impact sur la vie proFermeture partielle des entreprisesFermeture marquée des commerces et services
Expérience pour expatriésAmbiance festive, Iftar spéciaux dans les hôtelsCalme relatif, nécessité d’anticiper ses déplacements

La Grande Mosquée Sultan Qaboos : un pont entre foi et découverte

Pour comprendre la place de la religion à Oman, une visite s’impose : la Grande Mosquée Sultan Qaboos, à Mascate. Ce n’est pas seulement la plus grande mosquée du pays, c’est aussi un symbole puissant de la politique d’ouverture contrôlée du Sultanat.

Un lieu de culte et un centre culturel

Inaugurée en 2001 comme “cadeau du sultan au peuple”, la mosquée a la capacité d’accueillir quelque 20 000 fidèles, dont 6 500 dans la salle de prière principale et 750 dans la salle réservée aux femmes. Cinq minarets, rappel des cinq piliers de l’islam, dominent un vaste complexe de plus de 400 000 m².

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Le tapis du hall principal de la mosquée est l’un des plus grands au monde, tissé d’une seule pièce.

Mais la mosquée n’est pas qu’une carte postale : elle abrite aussi une bibliothèque de plus de 20 000 volumes, un centre d’information islamique, et sert de cadre à des conférences, expositions, cours de sciences religieuses et d’arabe. Elle illustre de manière concrète le double objectif omanais : rester fidèle à l’islam tout en promouvant le dialogue.

Conditions de visite pour les non-musulmans

La mosquée est l’un des rares lieux de culte du pays accessibles aux non-musulmans pendant des plages horaires dédiées. L’entrée est gratuite, mais plusieurs consignes sont non négociables :

Attention :

L’accès aux visiteurs non-musulmans est limité à certains horaires (généralement du samedi au jeudi, le matin). Une tenue vestimentaire stricte est exigée : bras et jambes couverts pour tous, cheveux couverts pour les femmes, avec des vêtements amples et opaques. Il est impératif de retirer ses chaussures avant d’entrer dans les salles de prière et d’adopter un comportement discret : pas de discussions bruyantes, téléphone en mode silencieux, et pas de photos intrusives des fidèles ou du personnel.

Des abayas et foulards peuvent être loués sur place pour les visiteuses insuffisamment couvertes. Il est fréquent qu’une femme portant une jupe au-dessus de la cheville soit refusée à l’entrée, preuve que le règlement est appliqué sans complaisance.

Des guides bénévoles ou professionnels proposent des visites commentées, souvent très pédagogiques sur l’islam en général et l’Ibadisme en particulier. C’est l’endroit idéal pour poser des questions dans un cadre pensé pour le dialogue interreligieux.

Tenue vestimentaire : la modestie comme langage commun

Qu’on soit croyant ou non, la tenue vestimentaire est l’un des premiers terrains où l’on est appelé à s’adapter. À Oman, la modestie est autant une norme sociale qu’une valeur religieuse.

Ce que l’on attend des expatriés dans l’espace public

La règle d’or est simple : épaules et genoux couverts, vêtements non moulants, matières non transparentes. Ce principe vaut pour les hommes comme pour les femmes, même si la pression sociale est souvent plus forte sur ces dernières.

Astuce :

Dans les grands centres urbains comme Mascate, une tenue ‘conservative chic’ (robes midi, manches mi-longues, pantalons près du corps) est appropriée pour les expatriés. En dehors de la capitale, dans les villages, wadis ou régions de montagne, il est recommandé d’allonger manches et pantalons. Les femmes peuvent prévoir un foulard pour la tête si la situation le suggère.

Sur les plages publiques, on évitera le bikini classique. Les Omanaises portent généralement des burkinis ou des maillots couvrants. Une expatriée qui choisit un maillot une pièce avec short et t-shirt ou des leggings de bain s’inscrit dans un compromis respectueux. Dans les piscines d’hôtels et les plages privées, les maillots occidentaux sont acceptés.

Les codes vestimentaires traditionnels, repères utiles

Les tenues traditionnelles donnent un bon aperçu des standards locaux de pudeur :

Bon à savoir :

Les hommes portent la dishdasha, une tunique longue souvent blanche, avec une kumma (calotte) ou un mussar (turban). Pour les grandes occasions, ils ajoutent un bisht (cape) et un khanjar (poignard). Les femmes portent généralement une abaya sombre avec un hijab. Pour les fêtes, elles optent pour des robes colorées et brodées, parfois agrémentées de bijoux.

Personne ne vous demandera de porter la dishdasha ou l’abaya en tant qu’expatrié, mais acheter une tenue traditionnelle pour les grandes fêtes ou certains événements formels peut être un signe apprécié d’intégration.

Comportements et étiquette à forte tonalité religieuse

Même si toutes ces règles ne sont pas écrites dans la loi, elles relèvent d’un “code implicite” profondément nourri par les valeurs islamiques et par la culture tribale.

Saluer, parler, se comporter

La salutation standard est “As-salamu alaykum” (“Que la paix soit sur vous”), à laquelle on répond “Wa alaykum as-salam”. Utiliser cette formule, même en tant que non-musulman, est un signe de respect très apprécié. On peut la combiner avec des formules comme “sabah al khayr” (bonjour) ou “misa al khayr” (bonsoir).

Lorsqu’on rencontre quelqu’un, il est courant de prendre quelques instants pour demander des nouvelles de sa santé, de sa famille. Se précipiter sur le sujet professionnel sans ce préambule peut être perçu comme brusque.

Attention :

La poignée de main est la norme entre hommes. Entre personnes de sexe opposé, il faut faire preuve de retenue : attendez que la personne omanaise tende la main en premier. Si ce n’est pas le cas, un signe de tête ou une salutation verbale (‘salam alaykum’) suffit. Forcer le contact physique est très mal vu.

Le corps lui-même parle : on évitera de pointer du doigt, de montrer la plante de ses pieds, de hausser le ton ou d’exprimer sa colère en public. Les gestes obscènes, les insultes ou les disputes bruyantes peuvent aller jusqu’à entraîner des plaintes en justice.

Hospitalité et repas : une dimension presque sacrée

L’hospitalité omanaise est célèbre. Lorsqu’on vous propose un café (kahwa, parfumé à la cardamome) et des dattes, il est généralement impoli de refuser. On tient la petite tasse de la main droite, on la tend pour qu’on vous resserve, et lorsqu’on ne souhaite plus boire, on la secoue légèrement ou on dit simplement que l’on est rassasié.

Astuce :

Lorsque vous êtes invité, il est d’usage d’enlever ses chaussures avant d’entrer et d’apporter un petit cadeau, comme des dattes, des sucreries ou un souvenir de votre pays. Les repas sont souvent servis dans un plat commun posé sur une nappe au sol ; chacun se sert avec la main droite. Attendez que l’hôte commence à manger, évitez de vous lever brusquement et ne finissez pas tout le plat : laisser un peu de nourriture signifie que l’abondance était suffisante.

Toutes ces habitudes sont imbriquées dans un imaginaire religieuxnourrir l’autre, accueillir l’étranger et partager sont des actes méritoires aux yeux de Dieu.

Tolérance officielle et dialogues interreligieux

Au-delà du quotidien, Oman a investi beaucoup de symbolique et de moyens dans la promotion d’une image d’islam tolérant et ouvert. Ce n’est pas seulement un slogan : il existe de nombreux programmes et institutions qui en témoignent.

Le Ministère des Affaires religieuses (MERA) organise depuis des années des conférences internationales, expositions, rencontres interreligieuses. Le projet “Tolerance, Understanding, Coexistence: Oman’s Message of Islam” est une exposition itinérante qui a été présentée plus de cent trente fois dans près de quarante pays, mélangeant panneaux explicatifs, calligraphies, films multilingues et objets. Son objectif est affiché : montrer un islam omanais attaché à la paix, au dialogue et à la diversité.

À Mascate, l’Al Amana Centre, issu à l’origine d’une initiative missionnaire de l’Église réformée américaine, s’est transformé en plateforme de dialogue interreligieux. Il organise des programmes d’étude à l’étranger, conseille parfois des organismes internationaux comme l’ONU, et coanime des lectures scripturaires partagées entre différentes confessions.

Pour un expatrié chrétien, hindou, athée ou autre, cela se traduit concrètement par :

la possibilité d’assister à des conférences ou événements publics liés à ces thématiques ;

un environnement où l’affichage d’une identité religieuse différente ne provoque pas, en soi, de rejet social ;

– une attente réciproque : la tolérance va de pair avec la retenue (pas de prosélytisme inopiné, pas de provocations).

Comprendre certaines limites : sujets sensibles et interdits

La liberté religieuse à Oman s’inscrit dans un cadre très précis. Plusieurs lignes rouges ne doivent pas être franchies :

Attention :

Critiquer ouvertement l’islam, les autorités ou le Sultan, organiser des activités de conversion publiques, utiliser internet pour diffuser des propos offensants envers la religion ou troublant l’ordre public, ainsi que consommer de l’alcool en public, apparaître ivre ou consommer des drogues sont des comportements tabous, illégaux ou sévèrement sanctionnés.

Les expatriés doivent aussi intégrer que certains axes de discussion – politique régionale, tensions confessionnelles dans d’autres pays, critiques des imams – sont mieux évités dans les conversations, sauf avec des interlocuteurs de très grande confiance et en privé.

Se repérer dans le calendrier : fêtes islamiques et jours nationaux

Le calendrier omanais combine fêtes islamiques, basées sur le calendrier lunaire, et quelques grandes dates nationales.

Les principales observances religieuses sont :

le mois de Ramadan, temps de jeûne et de prière ;

Eid al-Fitr, la fête qui le clôt ;

– Eid al-Adha, le grand Eid du sacrifice ;

– l’Année musulmane (1er Muharram) ;

– le Mawlid (naissance du prophète), célébré selon les traditions sunnites et parfois à des dates légèrement différentes pour les chiites ;

– des nuits spéciales comme Lailat al-Miraj (ascension nocturne du prophète).

Bon à savoir :

Le 18 novembre célèbre l’indépendance du pays vis-à-vis du Portugal et l’anniversaire de l’ancien sultan Qaboos. Le 23 juillet, appelé Journée de la Renaissance, commémore son arrivée au pouvoir en 1970, marquant le début de la modernisation du pays.

Ces jours fériés se traduisent par des fermetures d’administrations et une ambiance festive : parades, feux d’artifice, décorations lumineuses, concerts et animations mettent en avant un patriotisme qui assume pleinement sa coloration islamique.

Les expatriés qui planifient vacances, retours au pays ou projets professionnels gagnent à connaître ces dates (souvent annoncées officiellement au début de l’année) pour éviter de programmer des démarches administratives ou de gros déplacements pendant ces périodes.

Pour conclure : adopter une posture de respect actif

Vivre à Oman comme expatrié, ce n’est pas simplement “tolérer” la religion des autres, c’est apprendre à évoluer dans un environnement où la dimension spirituelle imprègne l’espace public, les lois, les rythmes et les manières de se comporter.

Quelques principes simples permettent de s’y sentir à l’aise :

Astuce :

Pour s’intégrer respectueusement en Oman, il est conseillé d’observer et d’imiter les comportements locaux, comme la tenue vestimentaire et les salutations. Il faut accepter de ralentir son rythme pendant le Ramadan et d’organiser ses journées autour de ce calendrier. Exprimez une curiosité sincère mais non intrusive en posant des questions dans des cadres appropriés (visite de mosquée, majlis), sans provoquer de controverse. Comprenez enfin que la tolérance omanaise repose sur un équilibre : une large liberté privée est accordée aux minorités, mais l’espace public est fortement encadré par les normes islamiques.

En retour, la société omanaise offre un environnement sûr, chaleureux et étonnamment accueillant pour qui accepte ce contrat implicite. La religion, loin d’être un mur, peut alors devenir un langage commun – même pour ceux qui ne la partagent pas – et un point d’entrée privilégié pour comprendre en profondeur ce pays singulier qu’est Oman.

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Après analyse de plusieurs destinations attractives (Portugal, Émirats arabes unis, Maurice, Grèce), la stratégie retenue consiste à cibler Oman, bénéficiant de l’absence d’impôt sur le revenu des particuliers, d’une fiscalité patrimoniale favorable et d’un environnement économique stable dans le Golfe. La mission inclut : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions FR‑OM), obtention d’un titre de séjour via investissement immobilier ou programme pour retraités, détachement ou réorganisation de la protection sociale, transfert de la résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors de France, centre des intérêts économiques déplacé à Oman), mise en relation avec un réseau local (avocats, immigration, agents immobiliers) et restructuration patrimoniale internationale si nécessaire.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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