S’installer à l’étranger implique toujours une part d’inconnu, et la question de l’accès aux soins arrive très vite en tête des préoccupations. Pour les expatriés à Oman, la situation est plutôt favorable : le pays dispose d’un système de santé moderne, d’hôpitaux bien équipés et de nombreux médecins parlant anglais. Mais entre public et privé, assurances obligatoires, réseaux de cliniques et spécificités locales, il est facile de s’y perdre.
L’accès aux soins, leur coût, les assurances santé nécessaires, les établissements médicaux à connaître et les démarches à anticiper avant et après l’expatriation sont des points essentiels à maîtriser.
Comprendre le système de santé omanais
Le système de santé d’Oman est souvent cité en exemple au Moyen‑Orient. En quelques décennies, le pays est passé de deux petits hôpitaux et une poignée de médecins à un réseau dense et moderne de structures publiques et privées couvrant presque tout le territoire.
Les indicateurs de santé reflètent cette transformation : l’espérance de vie a bondi, la mortalité infantile a fortement reculé et la quasi‑totalité des enfants est vaccinée. L’Organisation mondiale de la santé a d’ailleurs classé Oman parmi les systèmes de santé les plus performants au début des années 2000, ce qui reste cohérent avec la qualité de prise en charge observée aujourd’hui, en particulier dans les grandes villes.
Le système de santé omanais repose sur un double modèle. Le secteur public, financé par l’État, assure la plupart des services hospitaliers pour les citoyens omanais. Parallèlement, un secteur privé en forte croissance, concentré à Muscat et dans quelques grandes villes, attire une grande partie des expatriés grâce à des délais d’attente plus courts, des infrastructures confortables et des équipes médicales souvent formées à l’international.
Une couverture publique généreuse… mais surtout pour les nationaux
Les citoyens omanais, ainsi que les ressortissants des pays du Conseil de coopération du Golfe (GCC), bénéficient d’une prise en charge gratuite ou très fortement subventionnée dans les structures publiques. Les expatriés, eux, n’ont accès gratuitement au secteur public que dans des cas bien précis : urgence vitale, ou situation où le privé ne peut pas fournir le soin nécessaire et où un transfert vers un hôpital public est organisé.
Les expatriés employés directement par le gouvernement ou dans certains organismes publics font figure d’exception : ils peuvent, ainsi que leurs ayants droit, bénéficier gratuitement de certains services publics. Mais pour la grande majorité des étrangers, un principe simple s’applique : toute consultation, examen, admission ou transport en ambulance dans le secteur public est facturé, et le règlement est exigé immédiatement.
De nombreux expatriés se tournent vers les cliniques et hôpitaux privés, car ces établissements sont perçus comme étant mieux adaptés à leurs attentes en matière de soins et de services. Cette préférence persiste malgré des tarifs généralement plus élevés que dans le secteur public.
Un maillage territorial dense et des projets d’envergure
L’infrastructure sanitaire omanaise a été pensée pour couvrir aussi bien les grands centres urbains que les zones plus isolées. Le pays compte aujourd’hui près de 70 hôpitaux et environ 900 centres et dispensaires de santé. Les autorités avancent qu’il existe au moins un centre de santé à moins de cinq kilomètres de quasiment n’importe quel point du territoire.
Pour visualiser l’évolution du système, il suffit de comparer quelques chiffres clés.
| Indicateur | Années 1970 (approx.) | Aujourd’hui (données récentes) |
|---|---|---|
| Nombre d’hôpitaux | 2 | ~69–70 |
| Nombre de centres / cliniques | < 10 | ~900 |
| Médecins pour 10 000 habitants | ~2 | ~18 |
| Lits pour 10 000 habitants | très faible | ~15,5 |
Cette croissance s’appuie sur une stratégie de long terme : modernisation des hôpitaux, construction de grands complexes tertiaires comme Sultan Qaboos Medical City ou International Medical City, et partenariat étroit entre le ministère de la Santé et les acteurs privés.
Muscat reste le cœur du dispositif, avec la majorité des hôpitaux spécialisés, des centres de diagnostic de pointe et des cliniques privées. D’autres villes comme Salalah, Sohar, Nizwa ou Sur disposent toutefois d’hôpitaux importants, souvent publics mais complétés par des structures privées comme Badr Al Samaa ou Starcare.
Public ou privé : quels choix pour un expatrié ?
Pour un expatrié, la ligne de partage est assez nette : la plupart des consultations et hospitalisations se feront dans le privé, sauf en cas d’urgence majeure où les grands hôpitaux publics acceptent tout le monde.
Les établissements publics emblématiques de Muscat – Royal Hospital, Khoula Hospital, Sultan Qaboos University Hospital, Al Nahda Hospital, Ibn Sina – sont bien équipés, assurent des soins hautement spécialisés (cardiologie lourde, neurochirurgie, grands brûlés, etc.) et sont souvent le dernier recours, y compris pour des patients venant du privé. Mais pour y accéder en dehors de l’urgence, il faut en général une lettre de référence d’un médecin.
À l’inverse du système public, les cliniques et hôpitaux privés d’Oman, privilégiés par les communautés expatriées, offrent un accès direct et rapide. La prise de rendez-vous s’effectue par téléphone, site web ou application, avec des consultations disponibles en anglais, des diagnostics rapides et un confort de type hôtelier. Des établissements comme le Muscat Private Hospital, le Burjeel Hospital, l’Oman International Hospital ou ceux du groupe Badr Al Samaa sont devenus des références pour les étrangers.
Exemple d’établissements à Muscat
Le tableau ci‑dessous donne un aperçu de quelques grandes structures accessibles aux expatriés dans la capitale.
| Établissement | Type | Capacité approximative | Particularités pour les expats |
|---|---|---|---|
| Royal Hospital | Public | ~635 lits | Centre de référence cardio‑pulmonaire, soins complexes |
| Khoula Hospital | Public | ~470 lits | Grand centre de traumatologie, neurochirurgie, brûlés |
| Sultan Qaboos University Hosp. | Public | ~275 lits | Hôpital universitaire, consultants souvent occidentaux |
| Al Nahda Hospital | Public | ~300 lits | Référence ORL, ophtalmologie, dermatologie, dentaire |
| Muscat Private Hospital | Privé | 72 lits | 1er hôpital JCI d’Oman, personnel très international |
| Burjeel Hospital | Privé | 74 lits | Bloc opératoire moderne, maternité, imagerie avancée |
| Oman International Hospital | Privé | 100 lits | “Centres d’excellence” cardio, ortho, ophtalmo, derma |
| Starcare Hospital | Privé | 50 lits | Urgences 24h/24, obstétrique, pédiatrie, orthopédie |
Dans le reste du pays, des groupes privés comme Badr Al Samaa ou Aster Al Raffah sont implantés dans plusieurs villes (Salalah, Sohar, Barka, Nizwa, Sur…), ce qui offre aux expatriés une continuité de services hors de Muscat.
Coûts et réalités financières : pourquoi l’assurance est indispensable
Pour un expatrié, la première réalité à intégrer est simple : en cas de souci de santé à Oman, la facture vous reviendra, directement ou via votre assureur. Ni votre pays d’origine ni le système public omanais (sauf cas très spécifiques) ne se substitueront à vous.
Le coût moyen en rials omanais d’une consultation d’un quart d’heure dans un cabinet privé à Mascate.
En parallèle, le prix d’une assurance locale de base reste relativement modéré par rapport à d’autres pays du Golfe : des primes annuelles autour de 50 à 150 OMR sont courantes pour des couvertures standard. Les contrats internationaux plus complets, avec évacuation médicale, prise en charge à l’étranger et plafonds élevés, sont nettement plus chers, mais ils couvrent des risques autrement inaccessibles.
Exemple de fourchette de coûts
| Poste de dépense | Estimation courante* |
|---|---|
| Consultation généraliste privée à Muscat | ~15 OMR (souvent 5–50 OMR selon cas) |
| Assurance santé locale annuelle simple | ~50–150 OMR |
| Assurance internationale famille (4 personnes) | ~6 000–11 000 USD / an (ordre de grandeur) |
| Facture en cas d’urgence lourde sans assurance | >10 000–20 000 OMR possibles |
Estimations issues des données disponibles ; les montants varient selon l’établissement et la nature des soins.
Dans ce contexte, venir à Oman sans couverture ou avec une assurance inadaptée relève de la prise de risque pure. Au‑delà des aspects financiers, une bonne assurance conditionne aussi votre liberté de choix : possibilité d’aller directement dans un hôpital privé réputé, accès à des spécialistes de haut niveau, chance d’être évacué vers un centre international si nécessaire.
Le rôle central de l’assurance santé à Oman
À Oman, la question de l’assurance santé ne relève pas seulement du bon sens : elle est désormais largement encadrée par la réglementation. Les autorités ont mis en place un schéma d’assurance obligatoire qui change la donne pour tous les salariés du secteur privé.
Dhamani : la police d’assurance unifiée obligatoire
Le dispositif clé à connaître est la politique d’assurance unifiée, appelée « Dhamani » (Unified Health Insurance Policy – UHIP). Entrée en vigueur en 2023, elle est supervisée par l’Autorité du marché des capitaux (CMA) et s’applique à l’ensemble des employés du secteur privé, omanais comme expatriés.
Les grands principes sont les suivants :
Obligations légales de l’employeur privé en matière d’assurance santé pour les salariés et leurs ayants droit, conformément au régime Dhamani.
Tout employeur privé doit fournir à ses salariés une assurance santé de base conforme au régime Dhamani.
La couverture s’étend aux ayants droit (conjoint et enfants) selon les modalités définies par l’employeur.
Le contrat couvre au minimum les consultations, traitements, hospitalisations, services d’ambulance et médicaments prescrits pour un ensemble défini de pathologies.
Un plafond annuel est fixé, généralement compris entre 3 000 et 4 500 OMR par personne, selon le contrat.
L’employeur assume intégralement le paiement de la prime pour cette couverture santé obligatoire.
En pratique, cette politique vise à homogénéiser un marché jusque‑là très disparate, et à faire en sorte qu’aucun salarié du privé ne soit totalement dépourvu de protection face aux frais médicaux.
Les limites des couvertures de base
La contrepartie de ce caractère obligatoire et standardisé, c’est que le panier de soins Dhamani reste limité. Il se concentre sur les besoins médicaux « essentiels » : hospitalisation, urgences, maladies courantes, quelques examens, médicaments sur ordonnance. Des postes importants comme la maternité, le dentaire, l’optique ou certaines prises en charge longues (cancers, maladies chroniques complexes) ne sont souvent inclus que de manière optionnelle, si l’employeur choisit de surclasser la couverture.
C’est là que beaucoup d’expatriés complètent leur contrat d’entreprise avec une assurance internationale, ou souscrivent individuellement un plan plus généreux, pour sécuriser notamment :
– une meilleure couverture des hospitalisations lourdes ;
– la prise en charge plus étendue des maladies chroniques ;
– l’accès aux soins en dehors d’Oman (retour au pays d’origine ou dans un autre pays disposant d’hôpitaux ultra‑spécialisés) ;
– la maternité, le dentaire, l’optique, la psychiatrie ou la psychologie, qui sont souvent mieux remboursés par les grands assureurs internationaux.
Exemple de structure de plan local : Sahatuna de GIG Gulf
Pour comprendre comment se traduisent concrètement ces couvertures obligatoires, on peut prendre l’exemple d’un grand assureur régional comme GIG Gulf, très présent dans le Sultanat. Son offre « Sahatuna » illustre bien la gradation des garanties.
| Plan Sahatuna (exemple) | Plafond annuel / personne | Réseau hospitalier | Participation de l’assuré | Délai préexistants* |
|---|---|---|---|---|
| Bronze | 3 000 OMR | Réseau Liva désigné | 2 OMR / visite | 6 mois, puis 250 OMR / an |
| Silver | 3 000 OMR | Réseau Band B | 10 % | 12 mois |
| Gold | 3 000 ou 5 000 OMR | Réseaux Band A et B | 10 % | 12 mois |
| Platinum | 5 000 ou 10 000 OMR | Réseaux Band A+, A et B | 10 % | 12 mois |
*Préexistants / chroniques : non couverts pendant la période d’attente.
Ce type de contrat couvre notamment : les obligations des parties, les conditions de résiliation, les modalités de paiement, les pénalités en cas de non-respect.
– les séjours hospitaliers (chambre privée dans de nombreuses offres),
– les honoraires des médecins, chirurgiens, anesthésistes,
– les frais de laboratoire, d’imagerie et de pharmacie,
– les soins de réanimation,
– un nombre limité de jours de soins infirmiers à domicile,
– une couverture ambulancière plafonnée par trajet.
Les plans « Basic » d’une gamme, bien qu’alignés sur les exigences minimales de la politique unifiée, sont très épurés. Cela illustre que la conformité réglementaire ne garantit pas un niveau de confort maximal pour l’assuré.
Assurances internationales : Cigna, Allianz, AXA, Bupa…
Le marché de l’assurance santé internationale est très développé à Oman, et plusieurs grands acteurs mondiaux y opèrent : Cigna Global, Allianz Care, AXA, Bupa Global, William Russell, IMG, VUMI, Now Health International, GeoBlue, entre autres.
Leur promesse est d’offrir une protection globale, qui suit l’expatrié dans tous ses déplacements, souvent avec :
– des plafonds annuels élevés, voire illimités (plusieurs millions de dollars) ;
– une prise en charge très large (hospitalier, ambulatoire, maternité, cancer, évacuation médicale, dentaire et optique selon options) ;
– un réseau de prestataires dans le monde entier, permettant le tiers payant dans d’innombrables hôpitaux ;
– des services annexes (applications mobiles, téléconsultation, deuxième avis médical, assistance 24h/24).
Quelques grandes lignes de garanties illustrent l’ampleur de ces couvertures.
| Assureur / Plan (exemples) | Plafond annuel approximatif | Points marquants |
|---|---|---|
| Cigna Global Silver | 1 000 000 USD | Hospitalisation, cancer, nouveau‑nés, options |
| Cigna Global Gold | 2 000 000 USD | Couvre plus d’examens et de services privés |
| Cigna Global Platinum | Illimité | Niveau le plus complet, options bien‑être, etc. |
| Allianz Care | 2 500 000 USD | Chambre semi‑privée, évacuation, oncologie |
| Allianz Care Plus | 4 000 000 USD | Chambre privée, dentaire urgent en plus |
| Allianz Care Pro | 5 000 000 USD | Ajout de chirurgie préventive, laser yeux |
| AXA Prestige Plus | Jusqu’à 8 000 000 USD | Maternité, bilans annuels, chroniques, etc. |
| William Russell Gold | 5 000 000 USD | Services premium, gestionnaire dédié |
Pour un expatrié installé à Oman sur plusieurs années, la question à se poser n’est pas « ai‑je besoin d’une assurance internationale ? » mais plutôt « jusqu’où dois‑je compléter ma couverture locale pour dormir tranquille ? ».
Comment choisir sa couverture santé à Oman
L’offre est vaste, et il est facile de se perdre entre polices locales basiques, extensions d’entreprise et grands plans internationaux. Quelques repères permettent de structurer sa réflexion.
Un premier niveau consiste à comprendre ce que couvre exactement le contrat obligatoire fourni par l’employeur. Il faut, si possible avant même d’accepter un poste, demander :
– le nom de l’assureur et du plan ;
– le plafond annuel par personne ;
– la liste des hôpitaux et cliniques partenaires à Oman ;
– les franchises et coassurances à la charge de l’assuré ;
– le traitement des maladies préexistantes (délais avant prise en charge, exclusions) ;
– la couverture des ayants droit (conjoint, enfants) ;
– la présence ou non de garanties maternité, dentaire, optique, psychiatrie/psychologie.
Une fois ce socle clarifié, on peut déterminer s’il est nécessaire de l’étendre par une sur‑complémentaire locale, ou d’opter pour une police internationale autonome.
Pour les familles, les étudiants de longue durée, les retraités ou les travailleurs indépendants, les priorités suivantes reviennent souvent :
Une bonne assurance santé à Oman doit inclure : l’accès à un réseau d’hôpitaux privés à Muscat et dans votre région, la couverture des consultations de spécialistes (pédiatrie, gynécologie, cardiologie…), la prise en charge de la grossesse et de l’accouchement, des garanties pour les pathologies lourdes (cancer, maladies cardiovasculaires…), l’évacuation et le rapatriement médical, ainsi que le remboursement des consultations de psychologue ou psychiatre.
Dans un marché où l’on recense plus de 300 plans internationaux disponibles pour Oman et des dizaines de milliers de combinaisons possibles, beaucoup d’expatriés choisissent de passer par un courtier spécialisé. Ces intermédiaires, souvent installés dans la région, comparent les offres de plusieurs assureurs, négocient les tarifs de groupe et accompagnent les assurés dans la gestion quotidienne de leur police (questions, sinistres, optimisations).
Accès aux soins : du quotidien à l’urgence
Une fois installé, le réflexe est le même qu’ailleurs : il faut rapidement identifier les structures de référence à proximité de son domicile et de son lieu de travail.
À Muscat, les expatriés se tournent volontiers vers les hôpitaux privés majeurs comme Muscat Private Hospital, Oman International Hospital, Burjeel, Starcare, Aster Royal Al Raffah, ou encore vers des polycliniques privées bien équipées pour la médecine générale, la pédiatrie, la gynécologie ou les examens de routine. Des centres comme Medident, Al Hayat International Hospital, Al Massaraat Medical Centre ou Al Rimah Medical Centre combinent souvent consultations, imagerie, laboratoire et petite chirurgie ambulatoire.
En dehors de la capitale, les hôpitaux publics régionaux (Sultan Qaboos Hospital à Salalah, Sohar Hospital, Nizwa Hospital, etc.) coexistent avec des cliniques privées (Badr Al Samaa, Starcare Barka, Aster Al Raffah Sohar…), ce qui permet aux expatriés des grandes villes de garder le même niveau de confort et de rapidité qu’à Muscat.
En cas d’urgence
Oman dispose d’un numéro d’urgence unique : 9999. Ce numéro permet de joindre les services de police, les pompiers et les ambulances. Les opérateurs sont en général capables de traiter les appels en arabe et en anglais, ce qui rassure de nombreux expatriés.
Le service ambulancier public, bien que récent, est parfois critiqué pour sa lenteur. Il fonctionne correctement en zone urbaine, mais de nombreux résidents préfèrent se rendre aux urgences par leurs propres moyens (voiture, taxi) pour les situations non vitales.
Les grands hôpitaux mentionnés plus haut – Royal Hospital, Khoula Hospital, Muscat Private Hospital, Oman International Hospital, Burjeel – disposent de services d’urgences 24h/24. En cas de blessure grave, de suspicion d’infarctus, d’AVC ou de polytraumatisme, les deux grandes références publiques pour la capitale sont Royal Hospital (cardio‑pulmonaire) et Khoula Hospital (traumatologie et neurochirurgie). Les hôpitaux privés bien équipés traiteront d’abord le patient, puis assureront un transfert vers le public si nécessaire pour des soins ultra‑spécialisés.
Pharmacies, médicaments et traitements au long cours
Les pharmacies sont nombreuses à Oman, avec des enseignes nationales connues comme Muscat Pharmacy, Scientific Pharmacy, Khimji Pharmacy et d’autres chaînes régionales, et certaines sont ouvertes 24 heures sur 24. De plus, la plupart des grands hôpitaux et cliniques disposent de leur propre pharmacie interne.
Pour les expatriés sous traitement de fond (comme pour l’hypertension, le diabète, les troubles thyroïdiens ou sous anticoagulants), il est fortement recommandé de planifier soigneusement la gestion de leur santé. Cela inclut de s’assurer d’un approvisionnement continu en médicaments, de comprendre les procédures locales pour renouveler les ordonnances et de consulter un professionnel de santé dans le pays d’accueil pour adapter si nécessaire le suivi médical.
– demander à son médecin d’origine d’établir un résumé médical et une liste de traitements avec le nom générique des molécules (les marques commerciales peuvent changer d’un pays à l’autre) ;
– conserver des copies numériques de ces documents, idéalement en anglais ;
– vérifier avant le départ si certains médicaments sont restreints ou interdits à Oman (cas typiques : opioïdes, psychotropes, certains stimulants) ;
– prévoir une réserve raisonnable de médicaments pour couvrir les premières semaines, le temps de s’enregistrer auprès d’un médecin local.
Si un médicament n’est pas disponible sous son nom de marque habituel, le pharmacien proposera souvent un générique ou un équivalent produit par un autre laboratoire. En cas de doute, il est judicieux de vérifier avec un médecin ou de contacter l’assureur, qui peut parfois orienter vers un spécialiste connaissant bien les équivalences internationales.
Santé mentale et soutien psychologique pour expatriés
L’expatriation est souvent présentée comme une aventure, mais elle s’accompagne fréquemment de stress, d’isolement, de difficultés d’adaptation culturelle, voire de dépression ou d’anxiété. À Oman, la prise en compte de la santé mentale a beaucoup progressé, y compris pendant la pandémie de Covid‑19, période durant laquelle autorités et acteurs privés ont mis en place une palette de services de soutien à distance.
Oman dispose d’un hôpital psychiatrique public de référence, Al Masarra à Mascate, ainsi que de services dans plusieurs hôpitaux régionaux (comme à Salalah). Des psychiatres et psychologues exercent également dans des cliniques privées et des centres spécialisés, certains étant explicitement destinés aux communautés expatriées.
Des initiatives originales ont vu le jour, comme :
– des lignes d’écoute psychologique pour les personnes en quarantaine pendant la pandémie ;
– la campagne « Not Alone », portée par la clinique Whispers of Serenity, qui propose un soutien anonyme via WhatsApp dans plusieurs langues (arabe, anglais, urdu, italien, tagalog, persan) ;
– la plateforme « Tataman », élaborée par une équipe de psychologues bénévoles pour offrir du conseil en ligne, des ressources éducatives et des outils d’auto‑aide ;
– une application de méditation guidée en arabe, « Nafas », conçue pour aider à gérer stress, anxiété et troubles du sommeil.
Pour les expatriés, en complément des consultations en personne avec des psychologues anglophones ou francophones disponibles dans des centres spécialisés (comme Al Harub Medical Centre, Oasis of Hope Counselling Center, Beautiful Mind, Whispers of Serenity, Eunoia Clinic), d’autres ressources existent. Ces structures sont souvent référencées par les ambassades étrangères.
La culture locale reste marquée par une certaine réserve vis‑à‑vis des troubles psychiques, et la stigmatisation peut freiner la consultation, en particulier chez les Omanais. Les expatriés, eux, ont plus facilement recours à des thérapeutes privés, souvent formés en Europe ou en Amérique du Nord, ou à des services de télé‑consultation proposés par leurs assureurs internationaux.
Se préparer avant le départ et dans les premières semaines
Une bonne partie du succès de votre installation à Oman se joue avant même d’embarquer dans l’avion. Les démarches suivantes gagnent à être anticipées.
Pour les dossiers médicaux, il est utile de demander à vos médecins habituels :
– un résumé de votre historique de santé (pathologies importantes, opérations, allergies, antécédents familiaux) ;
– la liste et les dosages de vos traitements actuels ;
– si possible, quelques comptes‑rendus d’examens récents (bilan sanguin, imagerie, cardiologie…).
Il est recommandé de disposer d’une traduction anglaise de vos principaux documents médicaux. Prévoyez des copies papier à présenter aux médecins à Oman, ainsi que des versions numériques sauvegardées sur un espace sécurisé pour éviter toute perte en cas d’incident.
S’agissant des vaccinations, Oman impose peu d’obligations supplémentaires par rapport aux recommandations internationales, mais les autorités et les organisations de santé conseillent d’être à jour pour :
– les vaccins de routine (diphtérie‑tétanos‑coqueluche, rougeole‑oreillons‑rubéole, polio) ;
– l’hépatite A et B, surtout si vous comptez séjourner longtemps ou voyager dans la région ;
– la typhoïde, en fonction des activités et des déplacements ;
– la rage pour certaines professions ou pratiques (travail avec des animaux, randonnée en zones isolées) ;
– la fièvre jaune, si vous arrivez d’un pays où la maladie est endémique.
Dès votre arrivée dans un lieu public, un bon réflexe est de repérer physiquement les issues de secours les plus proches pour pouvoir évacuer rapidement en cas d’urgence.
– l’hôpital ou la clinique privée la plus proche de votre domicile, en vérifiant qu’elle est bien dans le réseau de votre assureur ;
– la pharmacie ouverte tard ou 24/24 la plus accessible ;
– l’accès au numéro d’urgence 9999 depuis votre téléphone local (et d’enregistrer les coordonnées de votre ambassade ou consulat).
Pour contourner la barrière de la langue en dehors de Muscat, où l’anglais est moins répandu, quelques expressions arabes simples liées à la santé peuvent être utiles, même si dans la pratique la majorité du personnel médical a au moins des notions d’anglais.
Risques sanitaires locaux et conseils de prévention
Oman est considéré comme un pays relativement sûr sur le plan sanitaire, surtout comparé à d’autres régions du Moyen‑Orient. L’eau potable et l’assainissement ont été massivement améliorés, ce qui a fait reculer les maladies infectieuses classiques comme la typhoïde ou la rougeole. La vaccination des enfants est proche de la couverture totale, et les grandes épidémies sont rares.
Les risques auxquels les expatriés sont principalement confrontés sont d’un autre ordre :
Plusieurs facteurs environnementaux et comportementaux présentent des risques pour la santé : la chaleur extrême (déshydratation, coup de chaleur), l’exposition solaire intense (brûlures, cancers cutanés), la circulation routière (accidents graves), certaines maladies infectieuses (dengue, leishmanioses) et la pollution atmosphérique (aggravation des troubles respiratoires). Une vigilance particulière est requise pour les nouveaux arrivants non acclimatés.
Quelques habitudes simples réduisent fortement ces risques : hydratation régulière, usage systématique de crème solaire, limitation des activités extérieures aux heures les plus brûlantes, vigilance renforcée au volant et usage systématique de la ceinture de sécurité.
Les autorités recommandent par ailleurs de ne pas s’approcher de la frontière avec le Yémen, où la situation sécuritaire et sanitaire est instable, et où les risques (terrorisme, enlèvements, conflits armés) se cumulent à des capacités médicales limitées.
Se repérer dans l’offre de soins : quelques repères concrets
Pour illustrer l’accessibilité des soins pour les expatriés à Oman, il est utile de synthétiser les grands types de structures et leurs atouts.
On peut distinguer :
Le système de santé omanais est composé de plusieurs types d’établissements, offrant chacun des services adaptés à des besoins spécifiques, des soins de premier recours aux pathologies les plus complexes.
Véritables piliers du système, ils sont souvent sollicités pour les pathologies très complexes et les traumatismes lourds.
Concentrent l’offre ciblée expats : chambres individuelles, blocs opératoires modernes, imagerie avancée et services d’urgences autonomes.
Maillage dense offrant une médecine de premier recours adaptée à la vie quotidienne : pédiatrie, médecine générale, gynécologie, dermatologie, dentaire et petites chirurgies.
Dédiés à des domaines comme la dermatologie, l’ophtalmologie, la dialyse ou la cardiologie interventionnelle, souvent intégrés à de grands hôpitaux ou opérés par des groupes régionaux.
Pour un expatrié, l’expérience typique consiste à vivre dans un nouveau pays, s’adapter à une culture différente, faire face à des défis linguistiques, et naviguer à travers des formalités administratives. Les expatriés peuvent également découvrir de nouvelles cuisines, établir des relations internationales, et se confronter à des différences professionnelles.
– consulter en premier recours dans une polyclinique privée proche de son domicile ou de son lieu de travail ;
– être adressé, si besoin, à un spécialiste exerçant dans la même structure ou dans un grand hôpital privé ;
– voir son cas pris en charge à l’hôpital public en dernier ressort si l’intervention dépasse les capacités du privé, en particulier pour certains types de chirurgie hautement spécialisée ou de greffe.
Dans cette chaîne, l’assurance joue un rôle pivot : elle détermine si vous devrez avancer les frais avant remboursement, si vous avez accès au tiers payant dans les établissements que vous privilégiez, et jusqu’à quel niveau de dépense vous êtes protégé.
En résumé : un environnement médical performant, mais à maîtriser
Les soins de santé pour les expatriés à Oman s’inscrivent dans un cadre globalement favorable : infrastructures modernes, médecins expérimentés, forte présence d’anglais dans les grandes villes, assurance santé désormais obligatoire pour les salariés du privé, et développement rapide du secteur hospitalier.
Mais cette situation confortable suppose de bien maîtriser plusieurs paramètres :
L’accès aux soins publics est gratuit pour les nationaux, mais les expatriés doivent généralement payer, même dans les établissements publics. Le régime Dhamani offre une couverture minimale obligatoire pour les salariés du privé, mais une assurance complémentaire est souvent recommandée. Les coûts médicaux varient fortement, des consultations simples aux traitements lourds, rendant une bonne assurance indispensable pour éviter des dépenses imprévues. Il est conseillé de préparer son arrivée en regroupant ses dossiers médicaux, traitements et vaccins, et d’établir un réseau de professionnels de santé dès les premières semaines sur place.
Pour qui prend le temps de se préparer, s’informer sur les établissements de référence, lire attentivement son contrat d’assurance et adopter quelques bons réflexes de prévention, vivre à Oman n’implique pas de compromis majeur sur la qualité de sa prise en charge médicale. Au contraire, beaucoup d’expatriés témoignent qu’un système aussi structuré, mêlant secteur public solide et offre privée performante, contribue à faciliter leur installation et à les rassurer sur la durée de leur séjour.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaite changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Grèce, Chypre, Maurice, Oman), la stratégie retenue a consisté à cibler Oman pour son environnement fiscal très favorable pour les non-résidents (absence d’impôt sur le revenu des particuliers, pas d’ISF), son stabilité politique, son coût de vie inférieur aux grandes capitales européennes et son positionnement stratégique entre Europe, Asie et Afrique. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention d’un residency permit via investissement immobilier ou preuve de ressources, organisation de la couverture santé internationale, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors de France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, agents immobiliers, banques islamiques et conventionnelles) et adaptation patrimoniale (intégration de la dimension succession dans un pays de droit inspiré de la charia).
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