Le Sultanat d’Oman s’est longtemps appuyé sur la main‑d’œuvre étrangère pour accompagner son développement. Aujourd’hui, le pays change de modèle : diversification économique, nouvelle législation du travail, politiques d’« Omanisation » plus strictes. Pour les expatriés, le paysage devient plus complexe, mais loin d’être fermé, surtout pour les profils qualifiés.
Cet article s’appuie sur les données récentes concernant l’économie, les salaires, le coût de la vie et les politiques d’emploi pour offrir une analyse nuancée des opportunités professionnelles actuelles à Oman pour les travailleurs étrangers.
Une économie en mutation qui reste ouverte aux talents étrangers
Oman est situé à la pointe sud‑est de la péninsule Arabique, à la jonction du Golfe d’Oman, de la mer d’Arabie et du détroit d’Hormuz. Sa position en fait un hub naturel entre Moyen‑Orient, Afrique et Asie, atout que le pays exploite de plus en plus dans la logistique, le commerce et les services.
L’économie reste portée par le pétrole et le gaz – environ un million de barils de brut par jour, avec une production de gaz en hausse –, mais les autorités ont clairement engagé un virage. La feuille de route « Vision 2040 » fixe un cap : diversifier l’économie, développer une croissance hors hydrocarbures, s’appuyer sur une économie de la connaissance et renforcer le capital humain.
Le PIB par habitant en parité de pouvoir d’achat d’Oman, en dollars, classant le pays parmi les économies à revenu élevé.
Cette dynamique s’accompagne d’un fort besoin de compétences. Les expatriés représentent encore environ 68 % de la main‑d’œuvre totale et près de 86 % des effectifs du secteur privé. Dans certains domaines techniques, Oman dépend clairement des travailleurs étrangers, faute de vivier local suffisamment large ou formé.
Cependant, ce tableau doit être mis en regard d’un défi majeur : près de la moitié de la population a moins de 24 ans et le chômage des jeunes atteignait environ 48,7 %. D’où une politique volontariste pour donner la priorité à l’emploi des nationaux.
Omanisation : comprendre la nouvelle donne pour les étrangers
Depuis la fin des années 1980, le gouvernement applique une stratégie dite d’« Omanisation », qui consiste à réserver un nombre croissant de postes aux citoyens. Dans la dernière décennie, cette politique est montée d’un cran, avec une série de décrets et de quotas sectoriels de plus en plus précis.
Le recrutement d’un expatrié n’est autorisé que si aucun Omanien ne peut occuper le poste et dans le respect de quotas sectoriels. De nombreuses professions (RH, relations publiques, support administratif, vente, tourisme, certaines fonctions IT et de supervision) sont désormais fermées aux étrangers pour les nouveaux visas.
Le tableau ci‑dessous illustre la logique générale, sans détailler la longue liste des postes interdits aux expatriés mais en synthétisant les tendances par secteur.
| Secteur / Famille de métiers | Tendance pour les expatriés | Commentaire principal |
|---|---|---|
| Administratif, RH, support client | Forte restriction, nombreux postes réservés | Expatriés rarement éligibles aux nouveaux visas |
| Vente, retail, front office | Restrictions élevées | Omanisation très poussée |
| IT de base (support, opérateurs, techniciens) | Restreint progressivement | Réservation croissante aux nationaux |
| IT avancée (data, cybersécurité, architecture) | Encore ouvert, mais sous surveillance | Postes qualifiés toujours demandés |
| Ingénierie, énergie, grands projets | Ouvert pour profils expérimentés | Pénurie de compétences locales sur des profils pointus |
| Santé (médecins, spécialistes) | Forte dépendance aux expatriés | Omanisation lente mais encouragée |
| Enseignement supérieur, formation | Ouvert, surtout dans le privé et l’international | Besoin de professeurs, formateurs, experts |
| Tourisme & hôtellerie (management) | Encore des ouvertures, mais quotas en hausse | Préférence croissante pour des managers omanis |
La nouvelle loi du travail (décret royal 53/2023) a encore renforcé ce cadre. Les entreprises de 25 salariés et plus doivent désormais présenter un plan annuel détaillé d’Omanisation (effectifs, salaires, répartition hommes‑femmes, postes vacants), validé par le ministère du Travail. Toutes les sociétés doivent être enregistrées sur la plateforme nationale « Tawteen » dédiée au suivi des quotas.
Depuis 2024, toute entreprise à capitaux étrangers opérant à Oman est tenue de recruter au moins un citoyen omanais dans l’année suivant sa création. Le non-respect de cette règle expose l’entreprise à des sanctions. La conformité est vérifiée par des comités dédiés, qui peuvent restreindre l’activité de l’entreprise via la plateforme gouvernementale Oman Business en cas de manquement.
Pour les expatriés, cela ne signifie pas la fermeture du marché, mais une hiérarchisation plus nette des opportunités : les postes très qualifiés, rares ou techniques restent accessibles, alors que les fonctions généralistes et intermédiaires se ferment progressivement.
Quels secteurs restent porteurs pour les étrangers ?
Malgré la pression de l’Omanisation, plusieurs secteurs continuent d’offre un réel potentiel pour les travailleurs étrangers, en particulier ceux disposant de compétences rares ou d’une solide expérience.
Énergie, pétrole et gaz : toujours le socle du marché
L’industrie pétrolière et gazière reste la colonne vertébrale de l’économie. Elle affiche des taux d’Omanisation élevés (80 à 90 % dans certains segments), mais conserve une forte appétence pour des profils étrangers très spécialisés : ingénieurs réservoir, chefs de projets complexes, experts en LNG, ingénieurs forage, spécialistes HSE de haut niveau.
Les salaires y sont parmi les plus attractifs du pays. Les fourchettes moyennes estimées pour 2025 positionnent le secteur nettement au‑dessus de la moyenne nationale.
| Poste (pétrole & gaz) | Salaire mensuel estimé (OMR) |
|---|---|
| Technicien de terrain | 1 200 – 2 000 |
| Ingénieur généraliste | 3 000 – 3 800 |
| Ingénieur pétrolier | 4 500 – 5 500 |
| Chef de projet senior | 7 000 – 10 000 et plus |
Dans ce secteur, les expatriés les plus expérimentés continuent de jouer un rôle clé, y compris dans des projets de grande envergure comme les terminaux LNG ou les grands chantiers d’infrastructures énergétiques et pétrochimiques.
Technologies de l’information : levier de la transformation numérique
Le gouvernement a adopté une stratégie large de digitalisation (National Broadband Strategy, modernisation des services publics, cybersécurité, e‑gouvernement). La demande en compétences IT dépasse l’offre locale, notamment sur les métiers pointus : data scientists, data engineers, spécialistes cybersécurité, architectes cloud, développeurs full‑stack, experts IA et machine learning.
Les salaires dans le secteur des technologies de l’information (IT) sont compétitifs à l’échelle régionale, bien qu’ils restent légèrement inférieurs à ceux pratiqués dans des villes comme Dubaï ou Doha.
| Poste IT | Salaire mensuel estimé (OMR) |
|---|---|
| Développeur logiciel | 1 500 – 2 500 |
| Data engineer junior | 1 700 – 2 300 |
| Data engineer senior | 3 500 – 5 300 |
| Data scientist | 2 900 – 3 300 |
| Responsable IT / IT Manager | 3 500 et plus |
Le secteur reste toutefois concerné par l’Omanisation : certains rôles de support ou de niveau intermédiaire sont progressivement réservés aux nationaux. Les postes les plus techniques demeurent, pour l’instant, largement ouverts aux expatriés.
Santé, éducation, tourisme : trois piliers en montée en puissance
La stratégie Vision 2040 fait de la santé, de l’éducation et du tourisme des axes prioritaires. Dans ces trois domaines, la demande de main‑d’œuvre qualifiée dépasse encore la capacité de formation nationale.
Dans la santé, les hôpitaux publics et privés recrutent médecins généralistes, spécialistes, dentistes, infirmiers expérimentés, pharmaciens et techniciens. Les rémunérations varient fortement selon la spécialité et l’ancienneté, mais se situent clairement au‑dessus de la moyenne nationale pour les médecins.
| Profession de santé | Salaire mensuel estimé (OMR) |
|---|---|
| Infirmier(ère) | 800 – 1 500 |
| Médecin généraliste | 2 200 – 2 800 |
| Dentiste / pédiatre | 2 800 – 4 500 |
| Médecin spécialiste (cardio, etc.) | 4 000 – 5 000 et plus |
Dans l’éducation, la croissance des établissements privés et internationaux crée des débouchés pour enseignants expérimentés, coordinateurs pédagogiques et universitaires, notamment en anglais, sciences, ingénierie et management. Les salaires dans le privé se situent souvent entre 900 et 1 500 OMR mensuels, pouvant monter davantage dans les écoles internationales de haut niveau.
Le secteur du tourisme et de l’hôtellerie à Oman, pilier de la diversification économique, offre des postes accessibles aux expatriés, notamment en direction d’hôtel, revenue management, gestion de la restauration et marketing digital. Les projets incluent des développements côtiers, des resorts de luxe et des niches comme l’écotourisme. Un directeur d’hôtel peut percevoir un salaire mensuel de 2 000 à 2 800 OMR, souvent complété par des avantages en nature (logement, repas, véhicule).
Logistique, ports et zones industrielles : effet de levier géographique
Avec ses ports (Sohar, Duqm, Salalah) et sa position stratégique sur les grandes routes maritimes, Oman mise lourdement sur la logistique. Les métiers de supply chain, transport, gestion portuaire, ingénierie maritime ou direction d’entrepôt sont en tension, particulièrement dans les zones économiques spéciales et les free zones qui appliquent des quotas d’Omanisation plus souples.
Des fonctions comme supply chain manager, responsable d’exploitation portuaire, expert en logistique internationale ou chef de projet d’infrastructure trouvent encore preneur sur le marché expatrié, souvent à des niveaux de rémunération comparables à ceux de l’ingénierie classique.
À quoi s’attendre en matière de salaires ?
Oman affiche un niveau de vie confortable à l’échelle régionale, avec des salaires inférieurs aux grandes places comme Dubaï ou Doha, mais souvent supérieurs à ceux de nombreux pays d’origine des expatriés, notamment en Asie du Sud. La particularité omanaise tient à l’absence d’impôt sur le revenu pour les particuliers jusqu’en 2028, ce qui se traduit par un pouvoir d’achat réel relativement élevé pour les étrangers.
Les données disponibles permettent de tracer une image assez précise des rémunérations.
Niveaux moyens et fourchettes générales
Le salaire moyen mensuel dans le pays tourne autour de 1 800 OMR, avec une médiane à 1 500 OMR. Le spectre est large : les revenus mensuels vont d’environ 450 OMR pour les postes d’entrée de gamme à plus de 2 800 OMR pour les profils confirmés, et jusqu’à 5 000 OMR et plus au‑delà du 90e percentile, notamment pour les cadres dirigeants et certaines spécialités techniques.
Le tableau ci‑dessous synthétise les principaux repères.
| Indicateur de rémunération | Montant mensuel (OMR) |
|---|---|
| Salaire moyen national | ≈ 1 800 |
| Salaire médian | ≈ 1 500 |
| 25e percentile | ≈ 800 |
| 75e percentile | ≈ 3 000 |
| 90e percentile et plus | 5 000 et plus |
| Fourchette générale (majorité des cas) | 450 – 2 850 |
Les expatriés se situent souvent, selon leur profil, entre 800 et 3 000 OMR, avec des hausses significatives pour les cadres supérieurs et les experts techniques (jusqu’à 4 500 OMR et plus).
Différences entre nationaux et expatriés
Un point contre‑intuitif pour de nombreux candidats étrangers : en moyenne, à poste équivalent dans le privé, les citoyens omanais gagnent davantage que les expatriés, parfois jusqu’au double, surtout dans les métiers peu ou moyennement qualifiés (vente, administratif, construction). Ce différentiel provient notamment de l’alignement sur les grilles du secteur public, de l’absence de salaire minimum légal pour les étrangers et de la surabondance de candidats expatriés sur certaines fonctions.
Quelques exemples pour visualiser l’écart entre différentes situations ou concepts
Comparaison entre la distance Terre-Lune (384 400 km) et la circonférence de la Terre (environ 40 075 km)
Comparaison entre la taille d’un atome et celle d’un ballon de football
Comparaison entre une seconde et un siècle, pour illustrer les échelles géologiques
Comparaison entre l’énergie d’une pile AA et celle libérée par la foudre
| Poste (privé) | Omani (OMR) | Expat (OMR) | Écart approximatif |
|---|---|---|---|
| Vendeur en magasin | 1 000 | 600 | ~ 67 % |
| Assistant administratif | 1 200 | 700 | ~ 71 % |
| Ingénieur civil | 2 800 | 2 200 | ~ 27 % |
| Développeur logiciel | 2 500 | 2 000 | ~ 25 % |
Dans les métiers très qualifiés (ingénierie, finance, IT), l’écart se réduit nettement : les expatriés compensent parfois une base légèrement inférieure par un package d’avantages plus riche (logement, école, billets d’avion, etc.).
Facteurs qui influencent le salaire
Plusieurs variables déterminent la rémunération à Oman :
Principaux éléments déterminant les niveaux de rémunération dans le secteur privé omanais, basés sur les données statistiques et réglementaires.
Au-delà de 10 ans d’ancienneté, les salaires peuvent être deux fois plus élevés que pour un profil de moins de 5 ans.
Un diplômé d’université gagne en moyenne 33 % de plus qu’un titulaire d’un diplôme de collège, lui-même environ 38 % au-dessus du niveau lycée.
Les secteurs du pétrole et gaz, de l’IT, de la finance et de la santé se situent largement au-dessus de la moyenne nationale.
Les salaires à Mascate dépassent le reste du pays de 15 à 30 %, avec un salaire moyen estimé autour de 2 000 OMR par mois dans la capitale.
Décret royal imposant une augmentation annuelle minimale de 3 % pour les salariés privés ayant au moins six mois d’ancienneté et une performance jugée satisfaisante.
Exemples par métiers clés
Pour se faire une idée concrète, voici quelques ordres de grandeur pour des postes qualifiés, tous secteurs confondus.
| Poste | Salaire mensuel approximatif (OMR) |
|---|---|
| Analyste financier | ≈ 3 000 |
| Ingénieur civil | ≈ 2 500 |
| Développeur logiciel | ≈ 2 000 |
| Médecin généraliste | ≈ 2 500 |
| Médecin spécialiste | ≈ 5 000 |
| Directeur IT | ≈ 4 946 |
| CEO | ≈ 5 191 |
| Directeur centre d’appels | ≈ 4 463 |
Ces montants restent indicatifs : les packages d’expatriés peuvent inclure une part importante d’avantages non monétaires qui modifient sensiblement le niveau de vie réel.
Packages d’expatriés : bien plus qu’un salaire
À Oman, comme dans de nombreux pays du Golfe, la rémunération des étrangers repose souvent sur un « package » décomposé en plusieurs éléments. Sur les postes qualifiés, il n’est pas rare que la valeur globale (salaire + avantages) représente deux à trois fois le salaire de base.
Parmi les composantes les plus fréquentes :
Les postes à l’étranger, notamment au Moyen-Orient, sont souvent assortis d’un ensemble d’avantages substantiels en plus du salaire de base. Voici les principaux éléments à considérer.
Allocation ou logement fourni, représentant souvent 25 à 35% du salaire de base. Peut couvrir un appartement ou une villa selon le poste et la localisation.
Indemnité mensuelle ou voiture de fonction avec carte carburant fournie par l’employeur.
Un aller-retour annuel vers le pays d’origine pour le salarié et, souvent, pour les membres de la famille.
Couverture médicale privée complète pour le salarié et sa famille, parfois incluant dentaire et optique.
Participation aux frais d’école internationale, généralement entre 1 000 et 3 000 OMR par enfant et par an.
Environ 30 jours de congés payés + 9 à 12 jours fériés. Indemnité de fin de service (‘gratuity’) calculée sur l’ancienneté.
Prise en charge du déménagement, hébergement temporaire et assistance pour les visas et titres de séjour.
Les salaires étant versés sans impôt sur le revenu pour les individus (jusqu’à l’entrée en vigueur attendue d’un impôt limité en 2028), la capacité d’épargne des expatriés demeure significative, à condition de maîtriser son niveau de vie.
Coût de la vie : Mascate, Salalah et les autres
Pour évaluer une offre d’emploi à Oman, il faut la mettre en perspective avec le coût de la vie, qui reste plus doux que dans la plupart des autres pays du Golfe. Ainsi, Oman est globalement moins cher que les Émirats arabes unis ou le Qatar, même si Mascate est nettement plus onéreuse que le reste du pays.
Les comparaisons de coût de la vie entre la capitale et la ville de Salalah, deuxième grande agglomération du pays, sont instructives.
| Poste de dépense | Mascate (OMR) – ordre de grandeur | Salalah (OMR) – ordre de grandeur |
|---|---|---|
| Appartement 2 ch. centre | 500 – 800 | nettement inférieur (≈ 98 – 240 pour 1 ch.) |
| Appartement 1 ch. hors centre | 81 – 157 | plus bas qu’à Mascate |
| Repas restaurant bon marché | ≈ 2 | ≈ 2 |
| Abonnement transport mensuel | 21 – 25 | comparable |
| Internet fixe mensuel | 26 – 29 | niveau similaire |
| Coût de vie global | Référence haute | 16 à 23,5 % moins cher qu’à Mascate |
Les estimations de budget mensuel indiquent :
Le budget mensuel maximal estimé pour une famille de quatre personnes vivant confortablement à Oman, incluant logement, scolarité et loisirs.
À noter que les loyers peuvent peser très lourd dans le budget à Mascate : une villa peut se louer entre 800 et 1 500 OMR par mois ; un appartement de deux chambres, entre 500 et 800 OMR. La présence d’une allocation logement dans le package devient alors un facteur clé dans l’arbitrage.
Pour les expatriés, l’un des attraits majeurs d’Oman réside dans la fiscalité personnelle très légère.
Jusqu’en 2028, aucune imposition sur le revenu des personnes physiques n’est appliquée : ni impôt sur le salaire, ni sur les plus‑values, ni sur la fortune, ni droits de succession. Les rémunérations sont donc perçues « nettes » de toute retenue fiscale, sous réserve d’éventuels prélèvements obligatoires qui, en pratique, concernent essentiellement les employeurs et les salariés omanais (cotisations sociales, fonds de sécurité de l’emploi).
Un impôt sur le revenu de 5 % sera introduit en 2028, applicable uniquement aux revenus annuels dépassant 42 000 OMR. Selon le gouvernement, cette mesure ne toucherait qu’environ 1 % de la population. La grande majorité des expatriés ne sera donc pas concernée ou sera très peu impactée en raison du seuil d’imposition très élevé.
Du côté des cotisations sociales, les règles distinguent clairement nationaux et non‑nationaux :
Pour les Omani·e·s, les cotisations sociales (employeur + salarié) dépassent 20% du salaire et couvrent la retraite, l’assurance accident du travail et le fonds de sécurité de l’emploi. Pour les expatrié·e·s, il n’y a pas de cotisation sociale obligatoire donnant droit à une retraite locale. Une taxe de 5% est cependant prélevée sur les frais de permis de travail pour alimenter le fonds de sécurité de l’emploi des nationaux.
Les expatriés bénéficient en revanche d’une indemnité de fin de service prévue par la loi du travail, calculée en jours de salaire par année d’ancienneté, et couverte par l’employeur.
À cela s’ajoute une TVA de 5 % sur la plupart des biens et services, mise en place progressivement depuis 2021. Ce taux reste faible à l’échelle internationale et n’entame que modérément le pouvoir d’achat.
Conditions de travail et droits des salariés étrangers
Les conditions de travail en Oman sont encadrées par une loi du travail modernisée, qui s’applique à la fois aux nationaux et aux expatriés, avec quelques différences sur les aspects de protection sociale déjà évoqués.
Temps de travail, heures supplémentaires, congés
Le temps de travail standard dans le privé est désormais limité à 8 heures par jour et 40 heures par semaine, avec au moins une demi‑heure de pause au cours de la journée. Dans la pratique, de nombreuses entreprises appliquent des semaines de 40 à 45 heures, parfois six jours sur sept dans certains secteurs.
Les heures supplémentaires doivent donner lieu à des majorations, plus élevées la nuit, les week‑ends et jours fériés. Sur le terrain, ces heures sont parfois compensées en repos plutôt qu’en argent, notamment pour les expatriés.
Les droits à congés se sont nettement améliorés :
Synthèse des principaux congés payés et de leurs conditions selon la réglementation en vigueur.
30 jours calendaires (ou 20 jours ouvrables selon les termes du contrat).
98 jours payés, sans limite du nombre de maternités. Inclut une heure quotidienne rémunérée pour l’allaitement.
7 jours payés.
Jusqu’à 182 jours par an. Maintien dégressif du salaire : 100% (21 premiers jours), puis 75%, 50% et 35%.
Des règles spécifiques allègent la durée du travail durant le mois de Ramadan (6 heures par jour pour les musulmans, et souvent, par extension, pour une partie des salariés), et interdisent le travail en plein soleil aux heures les plus chaudes de l’été sur les chantiers extérieurs.
Sécurité de l’emploi et fin de contrat
La nouvelle loi clarifie les conditions de rupture de contrat, y compris pour raison économique (baisse d’activité, fermeture, pertes récurrentes) ou insuffisance professionnelle. Un employeur souhaitant licencier pour motifs économiques doit obtenir l’aval d’un comité ad hoc du ministère du Travail. Pour l’insuffisance de performance, un délai de six mois d’amélioration, après notification écrite, est requis.
Pour les expatriés, la fin de contrat s’accompagne du paiement de l’indemnité de fin de service (gratuity). En cas de licenciement jugé abusif (discrimination, grossesse, activité syndicale, non‑respect de la procédure disciplinaire), les tribunaux peuvent accorder une indemnisation pouvant aller jusqu’à 12 mois de salaire (plancher de 3 mois).
Un salarié, qu’il soit omanais ou étranger, a le droit de rompre son contrat de travail sans préavis si son employeur ne l’a pas payé pendant deux mois consécutifs.
Visas et mobilité professionnelle
Travailler légalement à Oman suppose de disposer d’un visa de travail sponsorisé par un employeur local, généralement valable deux ans et renouvelable. Le visa est nominatif : il n’autorise à travailler que pour la société qui le sponsorise.
Le schéma classique :
1. Offre d’emploi formelle émise par une entreprise enregistrée. 2. Demande d’autorisation de travail déposée par l’employeur auprès du ministère compétent. 3. Délivrance du visa par la Police Royale d’Oman. 4. Examen médical et émission de la carte de résident à l’arrivée.
Historiquement, changer d’employeur était très compliqué : sans lettre de non‑objection (NOC), un expatrié devait quitter le pays pendant deux ans avant d’y retravailler. Cette contrainte a été largement assouplie. Désormais, certaines situations – par exemple l’absence d’enregistrement du nouveau contrat dans les 30 jours suivant un renouvellement de permis – permettent un changement d’employeur sous conditions, même si la pratique reste à manier avec prudence. Les règles restent strictes et évolutives ; il est donc crucial de se référer aux informations actualisées du ministère du Travail et de son ambassade.
Disparités de genre et emploi des femmes
Oman affiche, sur le plan légal, un principe clair : à travail égal, salaire égal, sans discrimination entre hommes et femmes. Les lois de base et la législation du travail prévoient explicitement cette égalité de rémunération.
Dans la réalité du marché, l’écart salarial de genre persiste, principalement en raison de :
Les femmes restent sous-représentées dans les postes de direction et les secteurs les mieux rémunérés (ingénierie, finance, IT), tandis qu’elles sont surreprésentées dans des domaines moins rémunérateurs comme l’éducation et la santé, notamment pour les fonctions non médicales. De plus, dans certaines régions, des normes sociales continuent de limiter leur accès à certains métiers.
Le taux de participation des femmes au marché du travail était d’environ 31 % en 2020, loin derrière celui des hommes (près de 90 % pour les Omanais). Les réformes en cours et la pression pour créer des emplois locaux pourraient cependant ouvrir davantage de portes aux femmes, notamment omanaises, à mesure que les entreprises cherchent à diversifier leurs recrutements pour répondre aux exigences d’Omanisation.
Pour les expatriées, ces réalités se traduisent par un environnement professionnel qui progresse, mais où les postes de direction restent dominés par les hommes, surtout dans les secteurs traditionnels. Les entreprises internationales et certains secteurs comme la santé, l’éducation ou l’IT sont toutefois plus ouverts à la mixité.
Comment se positionner en tant qu’expatrié ?
Face à ce contexte à la fois attractif et contraignant, la clé pour un candidat étranger est de se positionner là où il apporte une valeur ajoutée évidente par rapport au vivier local.
Plusieurs tendances se dégagent.
Miser sur les compétences rares et certifiées
Les secteurs les plus ouverts aux expatriés sont ceux qui souffrent d’un déficit de compétences nationales :
– ingénierie complexe (pétrole & gaz, LNG, énergies renouvelables, grands travaux) ;
– IT avancée (cybersécurité, data science, architecture cloud, IA) ;
– médecine spécialisée, chirurgie, professions médicales hautement qualifiées ;
– enseignement supérieur, formation professionnelle de haut niveau, encadrement pédagogique ;
– logistique internationale, gestion portuaire, supply chain stratégique.
Dans certains secteurs, les autorités omanaises autorisent le recrutement de profils internationaux pour répondre à des besoins spécifiques. Cette ouverture s’accompagne d’un objectif à long terme : former et qualifier la main-d’œuvre omanaise pour assurer, à terme, un transfert des compétences et une localisation des emplois.
Comprendre les limites imposées par l’Omanisation
À l’inverse, les métiers de support administratif, de vente, de service client, ou encore certaines fonctions intermédiaires dans le tourisme et la restauration sont empêchés ou fortement restreints pour les expatriés. Les listes de professions interdites aux étrangers dépassent les 200 intitulés et s’étendent au fil des décrets.
Certains postes, comme réceptionniste, agent RH, chargé de relations publiques ou vendeur, sont souvent réservés aux citoyens omanais. La loi interdit également aux employeurs de remplacer un employé omanais par un expatrié sur un poste correspondant.
Adapter ses attentes en termes de carrière
Les expatriés hautement qualifiés trouvent encore des perspectives de carrière de long terme, mais doivent accepter l’idée que les postes de direction intermédiaire ou de supervision seront de plus en plus confiés à des Omanais au fil du temps. Le rôle de l’expatrié tend alors à se concentrer sur :
– le transfert de compétences ;
– des missions de transformation ;
– la gestion de projets à forte intensité technique ;
– des fonctions d’expertise plutôt que de gestion purement hiérarchique.
Pour les profils plus juniors, le marché est plus concurrentiel. Sans spécialisation forte ni expérience en environnement international, il devient difficile de justifier l’octroi d’un visa de travail face à un candidat local.
Oman dans le paysage régional des destinations pour expatriés
Comparé aux autres pays du Golfe, Oman occupe une position intermédiaire. Les niveaux de salaire y sont globalement plus bas qu’aux Émirats arabes unis, au Qatar ou parfois en Arabie saoudite, mais la qualité de vie est souvent jugée meilleure par ceux qui privilégient un environnement plus calme, moins ostentatoire et plus « authentiquement » arabe.
Les comparaisons de pouvoir d’achat montrent :
– des salaires moyens, en parité de pouvoir d’achat, inférieurs d’environ 81 % à ceux des États‑Unis, 69 % à ceux de l’Allemagne, 57 % au Royaume‑Uni ;
– mais nettement supérieurs à ceux de plusieurs pays d’origine des expatriés : environ 70 % de plus que l’Inde, 75 % de plus que les Philippines, par exemple.
Un responsable IT senior peut gagner jusqu’à 6 000 OMR à Dubaï, le salaire le plus élevé mentionné dans le Golfe pour cette profession.
Les enquêtes de satisfaction auprès des expatriés placent régulièrement Oman dans la moyenne supérieure des destinations pour travailler à l’étranger, même si certains considèrent que, pour maintenir un standard de vie “occidental” avec famille, un salaire « tout compris » de 3 000 OMR peut être jugé juste mais pas confortable par tous, surtout si les frais de scolarité et de logement ne sont pas intégralement pris en charge par l’employeur.
Conclusion : un marché plus sélectif, mais toujours riche en opportunités ciblées
Le marché du travail à Oman traverse une phase de transformation profonde. D’un côté, le pays reste très dépendant de la main‑d’œuvre étrangère, en particulier dans les secteurs techniques et les métiers hautement qualifiés. De l’autre, la pression démographique, le chômage des jeunes et l’ambition de Vision 2040 obligent les autorités à prioriser l’emploi des citoyens via des quotas, des interdictions de métiers et un encadrement strict des visas.
Pour les expatriés, les opportunités d’emploi généralistes ou dans les postes de support se raréfient. Le pays favorise désormais les profils hautement spécialisés, dont l’expertise rare est immédiatement utile et contribue aux objectifs de transfert de compétences.
Les candidats étrangers qui souhaitent s’y projeter doivent :
Pour recruter efficacement à Oman, il est crucial de : cibler précisément les secteurs en tension comme l’énergie, l’IT avancée, la santé, l’éducation et la logistique ; soigner le positionnement salarial en intégrant l’ensemble des avantages (logement, scolarité, billets d’avion, assurance) ; anticiper les contraintes administratives liées aux visas, à l’Omanisation et aux restrictions de mobilité ; et, surtout, privilégier les candidats prêts à évoluer dans un environnement où la relation de confiance, la compréhension du contexte culturel et le respect des sensibilités locales sont aussi importants que la maîtrise technique.
Dans ce cadre, Oman demeure une destination intéressante pour bâtir une carrière internationale, en particulier pour les ingénieurs, médecins, experts IT, managers de projets complexes et enseignants qualifiés. À condition d’entrer dans le pays avec une vision claire : les opportunités existent, mais elles se gagnent désormais au mérite, à l’expérience et à la capacité à s’inscrire dans la trajectoire de transformation du Sultanat plutôt qu’en marge de celle‑ci.
Un retraité de 62 ans, disposant de plus d’un million d’euros de patrimoine financier bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers Oman pour réduire sa charge imposable, diversifier ses investissements et rester connecté à la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après étude de plusieurs destinations (Grèce, Chypre, Maurice, Émirats), la stratégie retenue a été l’installation à Oman, bénéficiant de l’absence d’impôt sur le revenu des personnes physiques, d’aucun impôt sur la fortune et d’un environnement stable et sécurisé, avec un coût de vie inférieur à Paris. La mission a inclus : audit pré‑expatriation (exit tax, convention fiscale FR‑OM), obtention du residence visa avec achat/location de résidence, organisation de l’assurance santé privée, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (séjour hors de France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, family office) et restructuration patrimoniale internationale.
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